Tourisme : la guerre commerciale ravive les craintes marocaines d’une rechute mondiale

« Bien qu’il soit encore trop tôt pour en mesurer les effets, nous n’avions vraiment pas besoin de ce nouvel épisode qui pourrait fragiliser l’économie mondiale », confie une source officielle, avant d’ajouter : « Cet épisode menace de saper la confiance, ce qui constitue l’élément vital de notre secteur, qui se remet à peine de la crise sanitaire ».  Cette réaction prudente, teintée d’inquiétude, reflète l’état d’esprit qui gagne aujourd’hui une partie des acteurs économiques marocains.

Car les soubresauts provoqués par les annonces de Donald Trump en matière de commerce international n’épargnent pas le Maroc, en particulier son secteur touristique. Déclarations intempestives, hausses de droits de douane, incertitudes sur les marchés : l’instabilité actuelle pèse déjà sur les décisions de voyage, notamment en provenance des marchés américains, européens et asiatiques.

« La confirmation des droits douaniers pourrait reporter des décisions de voyage au Maroc »

Tout aussi circonspects, voire inquiets, des présidents de fédérations affiliées à la Confédération nationale du tourisme (CNT) estiment en effet que la confirmation à terme des annonces spectaculaires du président Donald Trump pourrait générer des répercussions négatives sur la fréquentation hôtelière du pays.

Dirigeant du groupe privé Atlas Voyages, le président du Conseil régional du tourisme Casablanca-Settat Othmane Cherif Alami avance que les soubresauts actuels qui déstabilisent toutes les places boursières de la planète suscitent un manque de visibilité dans le secteur. Celui-ci est à l’origine d’un report des décisions de voyage des marchés américains, chinois et européens.

Tout en se réjouissant de la suspension américaine de l’application des droits douaniers durant 90 jours pour l’ensemble des pays (à l’exception de la Chine), M. Alami estime que ce genre d’annonces nuit à toute la profession du fait d’une instabilité qui incite les touristes à reporter leur voyage ou à opter pour des destinations européennes moins lointaines.

« Une nouvelle récession impacterait en premier lieu les investissements hôteliers »

Citant la crise des subprimes qui avait démarré aux États-Unis en 2008 avant de contaminer l’Europe, un investisseur touristique craint que la guerre commerciale qui se prépare à Washington ne finisse par provoquer une inflation et une b à l’origine d’une nouvelle récession mondiale impactant l’hôtellerie de luxe.

Selon lui, la reproduction de ce scénario pourrait générer une baisse significative du nombre de touristes en provenance des États-Unis et de l’Europe, un recul de la fréquentation des hôtels de luxe, une réduction des voyages, et surtout un ralentissement des investissements étrangers.

Une nouvelle période d’incertitude économique pourrait en effet se traduire par une diminution des décisions d’investissement dans les grands projets d’infrastructures hôtelières qui requièrent de la visibilité et de la confiance.

 « La profession craint un retour de bâton dans quelques mois »

« Alors que tous les indicateurs sont au vert depuis 2022, l’ensemble des professionnels interrogés par notre fédération craignent que la confirmation des mesures américaines ne finisse par provoquer une inversion de la tendance actuelle dans quelques mois », renchérit le président d’une association régionale hôtelière d’une grande destination touristique du Royaume.

« S’il convient de rester très vigilants par rapport à la possibilité d’un krach boursier mondial, la récente suspension de la hausse des droits de douane laisse penser que le président américain est en train de comprendre que l’économie de son pays pourrait, au final, être la première victime de sa politique protectionniste », tempère l’opérateur pour qui le bon sens devrait finir par triompher.

Se voulant malgré tout optimiste grâce aux échéances de la Coupe d’Afrique 2025 et du Mondial 2030 dont les chantiers ne seront pas remis en cause, l’hôtelier conclut son propos en ajoutant qu’il faudra certainement attendre la fin de la prochaine saison estivale pour savoir s’il y aura une véritable crise financière qui impactera l’industrie touristique mondiale et, in fine, marocaine.

CRT Casablanca-Settat : 2 millions d’arrivées espérées en 2026 (Othman Cherif Alami)

Durant la conférence de ce vendredi 28 février au siège du CRTCS, le président Othman Cherif Alami a déclaré devant la presse que si la région s’inscrit dans la dynamique haussière nationale, son potentiel en termes d’arrivées ne pourra être vraiment exploité qu’à partir du moment où ses grands chantiers achevés seront inaugurés.

Lancement de grandes campagnes sur le web et dans la presse

Sur les actions de promotion entreprises tout au long de l’année dernière, Othmane Cherif Alami a rappelé plusieurs initiatives de son équipe qui ont permis de renforcer l’attractivité de la région grâce aux divers partenariats avec l’ONMT, le conseil régional et le conseil municipal à travers la SDL Casablanca Events et Animation.

Citant le lancement de plusieurs grandes campagnes internationales de marketing digital de type B2B et B2C, sous le slogan « Live it, love it« , le président a affirmé que ces initiatives ont permis de toucher des millions de personnes afin de renforcer l’attractivité de Casablanca au niveau du tourisme d’affaires et de loisirs.

Ainsi, le président nous a déclaré qu’une campagne de presse dans des supports spécialisés a été à l’origine du classement de la région comme destination « Must visited«  par le site touristique Trip Advisor.

Création d’un événement M.I.C.E., digitalisation de l’offre, présence renforcée dans les salons étrangers, fam trip

Désireux de conforter le positionnement de destination spécialisée en meetings, incentives, conferences and exhibitions (M.I.C.E), le CRT Casablanca-Settat (CRTCS) a organisé en octobre dernier la première édition d’un salon dont l’objectif était de présenter le potentiel événementiel de la région auprès des entreprises intéressées.

Selon lui, la refonte du site VisitCasablanca.ma et la création de 214 plateformes dédiées aux acteurs du tourisme rural ont également contribué à dynamiser l’offre en ligne et à promouvoir les produits régionaux.

Le renforcement de la participation de représentants de son conseil dans plusieurs salons internationaux majeurs (Fitur Madrid, ITB Berlin, ATM Dubaï, WTM Londres…) leur a permis de multiplier les opportunités de partenariats B2B mais aussi d’accroître la visibilité à l’international de la destination auprès des médias étrangers spécialisés.

De plus, le recensement et la digitalisation des très petites et moyennes entreprises (TPME) spécialisées dans les secteurs de l’’hébergement, de la restauration et de l’animation dans les zones rurales ont élargi l’offre de produits avec plusieurs sites populaires qui sont désormais cités en exemple sur les réseaux sociaux.

En dernier lieu, le conseil régional a organisé deux Fam trips (voyages de familiarisation) en provenance d’Italie et d’Espagne pour promouvoir la région du grand Casablanca auprès des plus grands tour opérateurs de ces deux pays.

« Hausse moyenne de 10% des arrivées et des nuitées, de 12% du taux d’occupation et de 9% du revenu par chambre »

Après avoir recensé le bilan de la stratégie marketing du CRT Casablanca-Settat durant l’année écoulée, Othman Cherif Alami a ensuite détaillé les résultats chiffrés des actions entreprises en termes d’arrivées, de nuitées, de taux de remplissage hôtelier et de recettes d’hébergement.

« Sachant qu’en 2024, le secteur a réalisé des performances nationales exceptionnelles avec une croissance de 20% des arrivées aux postes-frontières, la hausse dans le Grand Casablanca a été de 10% avec 130.000 visiteurs supplémentaires, soit 1,4 million d’arrivées contre 1,3 million en 2023 ». Selon notre interlocuteur, le nombre de nuitées a connu une progression quasi similaire avec un taux de 11%, à savoir 2,8 millions de nuitées contre 2,5 durant la même période.

Et de poursuivre que le secteur hôtelier a réalisé un taux moyen annuel d’occupation hôtelière de 59%, soit une hausse de 12% par rapport à celui de l’année précédente et un revenu par chambre disponible en progression de 9%.

« 2 millions d’arrivées prévues en 2026 contre 750.000 en 2019 »

Tout en se félicitant de la croissance du taux de remplissage et des recettes, Othman Cherif Alami a cependant estimé que la hausse annuelle des arrivées et des nuitées était au final « très largement insuffisante » au regard de l’énorme potentiel de la destination, notamment pour le tourisme d’affaires ou les séjours de type city break.

Et d’ajouter que ces chiffres ne pourront décoller qu’après l’inauguration des nombreux chantiers structurels initiés par le conseil de la ville et le conseil régional à l’image du Grand Théâtre de Casablanca, du quai de croisières, tous deux achevés depuis 2022, sans compter le méga-palais des congrès très attendu par tous les opérateurs touristiques.

Malgré le manque de visibilité sur leur ouverture, le président a estimé que la région devrait réaliser 1,8 million d’arrivées à la fin de l’année grâce aux supporters de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) et un minimum de 2 millions de visiteurs à la fin de 2026 qui coïncidera avec la fin de son deuxième et dernier mandat de président.

L’occasion de rappeler qu’avant son arrivée courant 2020 à la tête du CRT Casablanca-Settat en pleine crise sanitaire, la région du Grand Casablanca réalisait à peine 750.000 arrivées soit 50% des résultats obtenus en 2024.

Tourisme : voici la recette pour augmenter la durée moyenne de séjour (opérateurs)

Partant du constat que la durée moyenne de séjour est d’au-moins 7 nuitées dans des destinations concurrentes comme l’Égypte ou la Turquie contre seulement 1,6 pour le Maroc, son allongement doit être une priorité pour les acteurs publics et privés, déclarent plusieurs opérateurs avant de revenir sur les moyens d’y arriver pour développer le volume des recettes en devises à l’horizon 2030.

Marrakech et Agadir sont les seules destinations à tirer leur épingle du jeu

« En réalité, la DMS dépend de chaque région, avec par exemple Marrakech où une grande partie des touristes français, anglais et allemands viennent pour une semaine dans les clubs-hôtels, alors que les touristes nationaux ne dépassent pas les deux ou trois nuitées en dehors des périodes de vacances scolaires », nous explique Othman Cherif Alami qui préside le CRT de Casablanca-Settat en ajoutant que le développement du tourisme balnéaire est le meilleur vecteur pour allonger la durée de séjour.

Ainsi, en dehors de la ville ocre qui compte 14 clubs-hôtels all inclusive, le président du CRT Agadir-Souss-Massa, Salah Eddine Benhammane révèle que sa région, qui fonctionne presque toute l’année, réalise une durée moyenne de séjour de 4,5 nuitées grâce à son segment balnéaire très prisé de la station Taghazout.

Casablanca, Saidia, Fès-Meknès, Ouarzazate à la traîne

Selon le président du CRT de Casablanca, si Marrakech et Agadir sont les mieux loties avec une durée de séjour largement supérieure à la moyenne nationale, le tourisme city break domine toujours dans la capitale économique qui génère une moyenne de 2 à 3 nuitées.

Alors que les stations balnéaires d’Égypte et de Turquie réalisent de très nombreuses nuitées, celle de Saidia, dans la région de l’Oriental, n’arrive toujours pas à décoller avec seulement deux mois de réelle activité sur les 12 de l’année.

Idem pour les destinations de Fès-Meknès, Rabat, Ouarzazate où la durée de séjour est très courte.

Les changements des habitudes de consommation et l’accord de l’Open Sky ont fait chuter la DMS

Constatée depuis plusieurs années, la baisse croissante de la durée moyenne de séjour s’explique en premier lieu, selon Othman Cherif Alami, par le changement des habitudes de consommation des clients étrangers.

« L’intérêt décroissant pour les circuits en autocar qui réunissaient des groupes de plusieurs dizaines de touristes a encouragé les voyages city break qui durent souvent le temps d’un week-end », estime le président du CRT de la capitale économique en ajoutant que l’essor des croisières a également participé à mettre un coup d’arrêt aux longs séjours dans les hôtels.

Sollicité à son tour, un autre grand opérateur estime qu’il n’est pas possible d’être une destination comme le Maroc, à savoir signataire en 2006 de l’accord de l’open sky, et d’avoir une durée moyenne de séjour élevée.

« En effet, la multiplication des lignes aériennes qui a suivi cet accord a encouragé le tourisme city break au détriment des destinations all inclusive auparavant desservies par des tours opérateurs », explique le professionnel pour qui la libération du ciel marocain a permis de développer les séjours d’une durée inférieure à 4 nuitées mais aussi de multiplier leur fréquence.

Même explication pour Salah Eddine Benhammane qui tient à rappeler que, dans le passé, Agadir, qui n’était desservie que par des tour-opérateurs et des charters, avait une durée moyenne de séjour comprise entre 8 et 14 jours, avant d’ajouter qu’avec la signature de l’accord d’open sky, la multiplication des lignes aériennes desservant la ville a eu pour effet d’écourter les séjours.

Allonger le nombre de nuitées en diversifiant l’offre et les marchés

Selon Othman Cherif Alami, les pays ayant atteint un grand nombre de nuitées sont ceux qui offrent des produits adaptés aux nouvelles habitudes de consommation comme le tourisme balnéaire, le camping, le caravaning…

Pour allonger la durée moyenne de séjour, notre interlocuteur affirme que les destinations impactées par la baisse de la durée moyenne de séjour doivent proposer des animations et des activités de loisirs avec des programmations de manifestations culturelles (théâtre, parcs de loisirs…).

Et d’expliquer que le programme Go Siyaha, qui va financer de nombreux produits d’animation, pourrait faire gagner 1 nuitée supplémentaire d’ici 2030 et donc générer 5 à 10 % de recettes supplémentaires.

Unanimes, nos interlocuteurs avancent que si le renforcement de l’offre balnéaire permettra d’augmenter le nombre de nuitées, la priorité pour les autres destinations non côtières est de développer les marchés lointains qui ont une durée de séjour beaucoup plus longue que les city breaks et un budget beaucoup plus conséquent.

Ainsi, en dehors du nécessaire développement de l’offre de clubs all inclusive et de destinations balnéaires, les acteurs publics et privés doivent privilégier les voyageurs qui prennent des vols long-courriers pour se rendre au Maroc car ils ont un budget plus conséquent et restent plus longtemps que les marchés proches dont les européens.

Tourisme : China Eastern Airlines va booster le nombre d’arrivées chinoises au Maroc (experts)

Et de deux ! Après la prochaine reprise des vols directs de RAM entre les deux métropoles, China Eastern Airlines va ouvrir, le 19 janvier, sa deuxième route africaine vers Casablanca, après le Caire en décembre, à partir de son hub de Shanghai-Pudong. Une première pour le deuxième transporteur chinois qui montre que le marché marocain suscite un intérêt croissant auprès des compagnies régulières étrangères, à l’instar de United Airlines (USA) et Air Transat (Canada).

« Un vol indirect pour tester l’intérêt des touristes chinois »

Opéré trois fois par semaine, à savoir le mardi, le vendredi et le dimanche, le nouveau vol long-courrier reliera l’aéroport international de Shanghai-Pudong à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca, avec une escale de quelques heures à Marseille.

Les vols des appareils de type Boeing 787-9 d’une capacité de 285 sièges, dont 26 en classe affaires, partiront de Shanghai à 1h55 (heure locale) pour atterrir à Casablanca à 13h10, tandis que les départs du Maroc auront lieu à 17h10 et arriveront à Shanghai le lendemain à 16h50.

Malgré une durée du voyage avec escale estimée à 22 heures, qui peut s’avérer décourageante pour les passagers, le spécialiste des flux touristiques, Zoubir Bouhoute, insiste sur le fait que ce vol indirect a d’abord pour vocation de tester l’intérêt des Chinois pour la nouvelle destination marocaine, avant de mettre en place une ligne directe.

En choisissant de faire une escale technique et commerciale à Marseille proche de la Côte d’Azur, dont les Chinois sont très friands, la compagnie China Eastern Airlines espère, selon lui, assurer la rentabilité de ce vol long-courrier à son démarrage avec une offre combinée incluant le Maroc.

Et de rappeler que si cette compagnie vient d’ouvrir récemment une première route africaine vers Le Caire, il est fort probable que le vol Shanghai-Marseille-Casablanca constitue un galop d’essai qui devrait, en cas de succès, aboutir à une liaison directe vers le Maroc.

 « Un tournant qui ouvre la voie à d’autres compagnies chinoises »

S’il ne s’agit pas d’un vol point à point, notre interlocuteur estime que cette nouvelle liaison constitue un véritable tournant qui aura pour effet de booster la fréquentation du marché chinois et de pousser, à terme, d’autres compagnies régulières ou low cost à desservir le Maroc.

« Avant de se décider à ouvrir ce vol, China Eastern Airlines a identifié une opportunité commerciale lucrative qui lui permettra de transporter des Chinois et des Français pour que l’avion soit complet », avance Zoubir Bouhoute, en ajoutant qu’après la réouverture imminente de la ligne de RAM, cette nouvelle offre devrait initier une concurrence qui pourrait avoir une incidence positive sur les prix des billets.

Mais, en réalité, le principal intérêt de cette ouverture réside dans le fait qu’une importante compagnie étrangère, régulière de surcroît et qui dispose d’une flotte de 600 avions, se soit intéressée au marché marocain où elle a détecté un potentiel important en termes de trafic de passagers.

Selon notre interlocuteur, l’intérêt manifesté par le deuxième transporteur chinois aiguisera certainement l’appétit d’autres compagnies du pays en quête d’opportunités commerciales.

« Un timing d’ouverture propice »

Tout en rappelant que l’ouverture de cette nouvelle ligne indirecte coïncide avec le Nouvel An chinois, Zoubir Bouhoute estime que le choix de son timing s’est imposé à la compagnie pour tester l’attractivité du Maroc auprès d’une clientèle aisée, adepte de découvertes culturelles et de shopping.

En effet, la date du lancement de la liaison Asie-Europe-Afrique du Nord, qui coïncidera avec les célébrations entre fin janvier et mi-février, n’est pas anodine, sachant que « la fête du printemps » draine des millions de touristes qui en profitent pour voyager en Chine ou à l’étranger.

« Un effet boule de neige qui peut engendrer 500.000 à 1 million de visiteurs chinois d’ici 2030 »

Résolument optimiste, Zoubir Bouhoute estime que la poursuite du trend haussier inédit des arrivées, qui a bouleversé les prévisions de la feuille de route, devrait encourager des compagnies low cost chinoises à investir le Maroc et contribuer à générer près d’un million de visiteurs à l’horizon 2030.

Se félicitant de « cette opportunité exceptionnelle » qui renforcera la compétitivité des compagnies desservant les deux pays et captera davantage de touristes chinois, le président du CRT de Casablanca-Settat, Othmane Cherif Alami, se veut cependant plus prudent en termes d’arrivées potentielles.

« Faute d’études prospectives sérieuses, il est difficile de se prononcer. Mais, avec les deux prochaines ouvertures, le Maroc devrait être en mesure de recevoir 200.000 visiteurs chinois en 2025 et environ 500.000 à l’horizon 2030 », conclut le président du CRT qui, malgré le tournant stratégique indéniable et la consécration politique découlant de l’escale technique du président chinois reçu par le prince héritier, préfère ne pas s’enthousiasmer trop rapidement.

Le renforcement des liaisons aériennes entre les deux pays aura de bonnes retombées sur les relations entre le Maroc et la Chine. Abdelkader El Ansari, ambassadeur du Royaume en Chine, s’en félicite dans une tribune publiée ce jeudi 9 janvier dans les colonnes du quotidien à grand tirage China Daily.

« Ces vols permettront de rapprocher les gens en réduisant le temps et la distance, tout en contribuant à l’augmentation du nombre de touristes chinois voyageant au Maroc », écrit le diplomate marocain.

« Le Royaume du Maroc espère attirer de plus en plus de touristes chinois afin qu’ils puissent découvrir et apprécier la civilisation, l’architecture, la culture, les traditions, la gastronomie et le mode de vie d’un État profondément enraciné dans une histoire de plus de quatorze siècles, caractérisé par son ouverture, sa tolérance, sa modernité et son bien-être », commente Abdelkader El Ansari.

Marrakech : pourquoi l’offre hôtelière de luxe pourrait bientôt être dépassée pour les fêtes de fin d’année ?

Après les vacances scolaires de la Toussaint qui ont généré un pic historique de fréquentation touristique à Marrakech, plusieurs hôteliers sollicités par Médias24 estiment que les fêtes de fin d’année produiront les mêmes effets en termes d’affluence des marchés, voire à terme une saturation avec une offre insuffisante pour satisfaire la croissance constante de la demande d’hébergement de luxe.

Les réservations prises d’assaut dès le mois d’octobre

« Sachant que la semaine du 27 décembre au 3 janvier, qui constitue la très haute saison de la destination, est très attendue par la profession, les perspectives sont plus qu’excellentes avec la plupart des établissements de luxe qui affichent déjà complet », nous révèle le directeur général du groupe Es Saadi, Jean-Alexandre Bauchet-Bouhlal, en rappelant que les réservations dans son établissement n’ont pas cessé de croître depuis les vacances de la Toussaint au mois d’octobre dernier.

Epargnés par le phénomène des réservations last minute, plus courant dans les 3 et 4 étoiles, les hôtels 5 étoiles ou palaces accueillent principalement une clientèle fidèle depuis des années.

Ainsi, malgré des tarifs très élevés durant cette période de très forte demande et une clause de « minimum stay » qui impose de séjourner à l’hôtel au moins 4 à 5 nuits, incluant celle du 31 décembre, leurs clients n’hésitent pas à réserver une année à l’avance.

Le surbooking menace l’offre hôtelière de luxe de Marrakech

Optimiste sur les perspectives prometteuses de fréquentation des hébergements de luxe, le directeur général du groupe Saadi considère que la ville ocre a le vent en poupe. Cette dynamique ira croissante grâce aux réaménagements de son aéroport, qui permettront de mieux gérer les flux d’arrivées avec une réduction du temps d’attente, en vue d’améliorer la satisfaction et le taux de retour des visiteurs.

« Initiés par le nouveau dirigeant de l’ONDA après plusieurs épisodes de saturation avant son arrivée, les travaux pour réduire les files d’attente devraient s’achever avant la fête de fin d’année », conclut Jean-Alexandre Bauchet-Bouhlal, pour qui l’engagement des pouvoirs publics pour résoudre certains problèmes structurels ne manquera pas de renforcer l’attractivité de la destination en 2025.

Tout aussi optimiste, Othman Chérif Alami, qui préside le groupe Investour (Atlas Voyages , Investour Hospitality, Valeria Hôtels & Resort, Atlas Rider , Fractalite , Wemiceyou , Marmara Club  …) nous révèle que son offre all inclusive de clubs de vacances 4 étoiles à Marrakech est déjà presque écoulée.

« Alors que d’ordinaire, l’activité de nos clubs de vacances culmine durant la période estivale, ils ont affiché complet depuis le mois de septembre dernier, grâce notamment à la croissance exceptionnelle des clients anglais qui se classent deuxièmes après le marché français« , déclare le président du groupe Atlas Voyages, qui n’exclut pas des complications ultérieures liées au surbooking.

L’occasion de rappeler que, hormis les établissement de moins de 5 étoiles qui constituent l’essentiel de son offre, le créneau du luxe à Marrakech dispose d’une capacité d’accueil limitée (le Selman avec 84 chambres, le Fairmont 140, la Mamounia environ 200, le Royal Mansour 90, le Sofitel 250…) qui ne lui permet pas, durant les périodes de haute saison, de satisfaire la demande élevée.

 Un manque de plusieurs milliers de lits pour satisfaire le retour massif des clients du luxe

Selon le président du groupe Atlas Voyages, il manquerait dans les deux principales destinations du Maroc, à savoir Marrakech et Agadir, environ 2.500 à 3.000 chambres pour accueillir convenablement le retour massif des clients.

Tout en précisant que l’offre hôtelière devient insuffisante pour contenter le rush des arrivées étrangères, à l’image du marché allemand qui fait un grand retour en force depuis 2019, Othmane Cherif Alami explique que le Maroc est « victime » de sa stabilité sécuritaire qui le distingue d’autres pays arabo-musulmans comme l’Egypte ou la Tunisie, davantage plébiscités pour leur offre bon marché.

Citant la guerre en Ukraine et la situation au Proche-Orient qui pèsent sur le moral des voyageurs, le professionnel estime que le Maroc et son voisin espagnol constituent des destinations rassurantes qui séduisent un nombre croissant de visiteurs européens, adeptes de produit medium et premium.

Si les perspectives de développement de l’activité touristique restent excellentes pour 2025 à Marrakech, il faudra cependant multiplier et accélérer la construction d’hôtels de luxe pour être en mesure d’accueillir davantage de visiteurs fortunés et de renforcer les recettes en devises. L’objectif est de faire du Maroc une destination haut de gamme, et pas seulement de tourisme de masse, beaucoup moins lucratif.

Othmane Chérif Alami veut multiplier par six le nombre de touristes dans la région de Casablanca-Settat

Partant du constat que la principale porte d’entrée du Royaume attire beaucoup moins de visiteurs que les villes de Marrakech et d’Agadir, le président du CRT de Casablanca-Settat a lancé une feuille de route régionale de développement touristique cap 2026-2030. Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la feuille de route du ministère de tutelle et de la Confédération nationale du tourisme qui vise à atteindre 6 millions d’arrivées d’ici 2030 contre un million en 2023.

« Les prérequis pour multiplier par six le nombre de visiteurs à l’horizon 2030 »

Avant de dérouler les grands axes de son plan d’action, Othmane Cherif Alami estime nécessaire de mettre en œuvre plusieurs prérequis de développement pour concrétiser les prévisions du Plan de développement régional qui ambitionne, à l’horizon 2030, de multiplier par six le nombre de visiteurs (4 millions d’étrangers et 2 millions de nationaux).

Et de citer la standardisation de l’écotourisme, les nombreux projets à réaliser dans le secteur balnéaire comme les hôtels all inclusive, les lieux d’animation, les parcs d’attraction, la réalisation de plusieurs musées, les grandes infrastructures comme le stade de football de Benslimane, la création d’un troisième terminal aéroportuaire et d’une deuxième piste internationale à l’aéroport Mohammed V pour doubler ses capacités aériennes, le grand quai de croisières qui doit ouvrir dans trois mois, l’ouverture de centres commerciaux avec des zones outlet détaxées pour encourager le shopping, l’extension programmée de l’Office des foires, la création d’un Palais des congrès…

En parallèle du tourisme d’affaires et des séjours de courte durée (City break) qui ne manqueront pas d’être boostés par ces nombreux projets d’infrastructure, le président estime nécessaire de développer le tourisme rural qui fait défaut à l’offre de la région, en dépit de ses atouts.

« Développer l’offre rurale pour booster les arrivées »

Pour cela, une compétition inter-écoles intitulée « Rural Tourism Challenge » sera organisée le 25 avril par le CRT Casablanca-Settat en partenariat avec l’ONMT et le Conseil de la région Casablanca-Settat.

Grâce à la participation des étudiants de l’enseignement supérieur qui devront trouver des réponses aux problématiques rencontrées dans le rural, cette initiative inédite vise à valoriser le tourisme rural selon les thématiques de recherche suivantes :

– l’innovation dans les modèles d’hébergement rural ;

– l’amélioration de la restauration dans les établissements ruraux en utilisant des produits locaux et du terroir, tout en minimisant l’impact sur l’environnement ;

– la création d’expériences captivantes de randonnées et d’excursions ;

– la mise en place de solutions techniques et technologiques pour optimiser la consommation d’eau et d’électricité dans les établissements ruraux existants;

– des use cases pour l’intelligence artificielle visant à améliorer l’expérience opérationnelle des acteurs du tourisme et du client dans le rural.

Cette compétition sera suivie d’une campagne d’influence et d’une chasse au trésor afin d’initier les utilisateurs aux potentialités rurales de la région.

« Améliorer la visibilité de la région grâce à une digitalisation croissante »

Sachant que ce créneau est confronté à une digitalisation insuffisante, le CRT compte redynamiser le tourisme rural en s’adressant à l’ensemble de ses intervenants dans la restauration, l’hébergement, les activités de loisirs… L’objectif étant d’équiper les opérateurs ruraux d’outils numériques pour améliorer leur visibilité sur le marché touristique et maximiser leur potentiel de commercialisation, en renforçant leur présence digitale sur un site web dédié, sur les réseaux sociaux et les plateformes d’information et de vente.

De plus, le site web www.visitcasablanca.ma sera mis à jour avec la création de trois rubriques : Business Events, destinée aux professionnels de l’industrie des meetings ; Tourisme rural pour mettre en avant ses différents acteurs ; Espace membres, dédié aux professionnels du tourisme de la région, qui met à leur disposition les outils de promotion de la région.

Sans compter les réseaux sociaux qui seront régulièrement alimentés en contenu digital destiné aux touristes nationaux afin de les informer sur l’activité culturelle, sportive… de Casablanca et région.

 « Développer la communication et la promotion pour les marchés domestiques et étrangers »

Réservée aux résidents du Royaume, une grande campagne de communication domestique a été lancée par le CRT entre janvier et mars dernier afin de présenter la région de Casablanca comme une destination incontournable offrant un patrimoine culturel riche à travers sa gastronomie, ses plages et son agenda d’animation (concerts, spectacles, évènements…).

En parallèle, le Forum interactif du tourisme, qui se tiendra à Casablanca en juillet prochain, aura pour mission de rassembler les parties prenantes directes et indirectes du secteur (élus, autorités, professionnels…) pour coordonner les projets structurants ; et ce, avant la tenue, en novembre, du Forum africain du tourisme de Casablanca (FATC) qui débattra des enjeux du tourisme intra-africain

Destinée aux professionnels du tourisme en Europe, une campagne de communication internationale BtoB fait un focus sur deux segments : le tourisme d’affaires (MICE) et les séjours City break à Casablanca qui a été élue « must visited city en 2024 » par le site de voyages TripAdvisor.

Désireux de promouvoir sa région, le CRT sera également présent dans plusieurs salons internationaux, comme celui de l’ATM (Arabian Travel Market) qui se tiendra du 6 au 9 mai à Dubaï pour drainer du business sur place et sur les marchés asiatiques.

Enfin, plusieurs Eductours seront organisés au profit d’une douzaine d’agences de voyages et de tour-opérateurs en provenance de trois marchés émetteurs en Europe, dans l’objectif de faire découvrir la destination aux participants et de déclencher des opportunités de business lors de ces rencontres.

Reste à savoir si les nombreux projets structurants programmés par la feuille de route pour soutenir les régions touristiques comme Casablanca seront effectivement sortis de terre avant 2030…

Des retards administratifs reportent à 2025 la mise en place d’un palais des congrès à Casablanca

« Les travaux n’ont toujours pas démarré mais, lors d’une récente réunion avec la présidente du conseil communal de Casablanca, le nouveau wali a confirmé l’intérêt stratégique de ce projet, qui aurait dû être opérationnel en 2024, en déclarant qu’il fallait faire valider toutes les conventions préalables le plus rapidement possible », nous a déclaré le président du conseil régional du tourisme.

« Un montage administratif qui s’éternise »

Et de préciser que le retard s’explique par les formalités administratives préalables qui n’ont toujours pas été accomplies par la ville, alors que le financement de 80 millions de DH a déjà été débloqué par les différents acteurs impliqués, à savoir le conseil régional de Casablanca-Settat, le conseil communal, le ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, la société de développement local (SDL) Casa Events et Animation, ainsi que le conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat.

Inscrit dans la feuille de route ministérielle visant à développer la filière du tourisme d’affaires, ce projet structurant avait en effet été définitivement acté en mars 2023, lors de son adoption par les élus dans le cadre du Plan de développement régional (PDR 2023-2027) de la région du Grand Casablanca, suivie d’autres réunions du conseil communal et préfectoral au cours des mois suivants.

Dans un premier temps, il faudra attendre deux à trois mois avant que l’appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner un maître d’ouvrage soit lancé, puis bouclé juste avant le début du chantier.

« Une ouverture prévue en juin 2025 »

« Après quoi, le montage de l’amphithéâtre, qui accueillera le palais des congrès d’une superficie de 5.940 m² et le parc des expositions de 11.880 m², nécessitera environ 12 mois de travaux à partir d’aujourd’hui », estime Othmane Cherif Alami. Il table sur une ouverture au début de l’été 2025, permettant de créer 2.200 emplois directs et indirects et de générer une hausse des nuitées de 6%.

Le président du CRT de Casablanca-Settat rappelle que le palais des congrès, d’une capacité comprise entre 1.500 et 2.000 congressistes, permettra d’organiser environ six congrès durant les mois qui suivront son ouverture, puis une quarantaine d’événements du même type en 2033, alors que sa composante ‘expositions’ permettra d’accueillir une trentaine de salons au même horizon.

D’ici là, Othmane Cherif Alami indique que la récente transformation de l’église du Sacré-Cœur en un centre de conférences et d’expositions, qui vient répondre aux besoins de la capitale économique en matière d’événements M.I.C.E, commence à susciter un intérêt grandissant à l’international.

Casablanca. Du laboratoire d’architecture du XXe siècle à la capitale africaine contemporaine

Casablanca est le territoire de tous les possibles. Économie, histoire, architecture, art ou culture… la ville n’a cessé de se réinventer et de surprendre au fil des siècles. Ainsi, la petite ville portuaire de la province de Tamesna s’est muée d’abord en une médina d’à peine 45 km2 en 1900, avant de se métamorphoser en métropole contemporaine africaine avec ses 1.650 km2 de nos jours. Si le saut historique semble vertigineux, il témoigne néanmoins de l’évolution phénoménale de ce territoire. Et ce n’est certainement pas la ligne d’arrivée. Car la ville blanche continue de déployer ses branchements territoriaux comme ses ambitions de grandeur, tous azimuts.

Photo d’archives : Casablanca en 1916.

 

La métamorphose 

Le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat, Othmane Cherif Alami, nous confirme cet état de fait. « Avec les lignes de tramway, le busway, les ponts, les routes, ainsi que le Grand Théâtre de Casablanca, la rénovation du parc de la Ligue arabe, de l’ancienne église du Sacré-Cœur, transformée en centre culturel et d’événementiel, du zoo de Ain Sebaâ, etc., le visage de Casablanca a changé pour le Casablancais et pour le visiteur, avec une meilleure qualité de vie, de l’animation et des moyens de transport modernes ».

À ce bilan de réalisations au beau fixe s’ajoutent les projets d’avenir. Pour le renouveau de Casablanca et de sa région, notre interlocuteur compte aussi sur la rénovation « actée » du centre de congrès et d’expositions du palais de la foire, d’une capacité de 2.000 places à l’horizon 2025, sur l’ouverture prochaine du Grand Théâtre de Casablanca (conçu par le tandem d’architectes Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi), sur le quai de croisière de la ville et sur le lancement des travaux du terminal 3 de l’aéroport Mohammed V. « Tous ces projets programmés vont permettre définitivement, après douze ans de grands travaux, de positionner cette belle ville en capitale contemporaine africaine », projette Othmane Cherif Alami.

Tous les projets programmés permettront définitivement, après douze ans de grands travaux, de positionner cette belle ville en capitale contemporaine africaine

Othmane Cherif Alami, président du Centre régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat

 

Un musée à ciel ouvert

Cette mue, qui semble ne jamais s’arrêter, ne date pas d’hier. L’histoire de Casablanca est inextricablement liée à celle de son architecture qui accompagne le passage des époques et marque l’évolution des tendances. La spécificité de la ville réside dans cette capacité à ne jamais se cloisonner dans un seul courant, à être dans un continuel « tout à la fois ». Une simple balade dans les principales artères de la ville permet d’apprécier le caractère protéiforme de ses styles architecturaux, allant de l’Art déco au baroque, en passant par les mouvements néo-classiques. « La ville était un laboratoire architectural pendant le XXe siècle et a accueilli plusieurs architectes européens qui ont construit des bâtisses de style Art déco », rappelle à juste titre le président du CRT de Casablanca-Settat.

Parmi les grandes constructions architecturales de la ville, on peut citer l’immeuble Assayag sur le boulevard Hassan Seghir, réalisé par l’architecte français Marius Boyer à partir de 1930. Ce bâtiment, à la fois très moderne et intemporel, a su traverser l’histoire et le temps sans prendre une ride. « On a l’impression qu’il a été construit hier », nous confiait, en février 2022, l’architecte Rachid Andaloussi.

Immeuble Assayag, réalisé par l’architecte français Marius Boyer à partir de 1930.

 

Il y a aussi l’immeuble Liberté, avec ses 17 étages construits entre 1949 et 1951 par l’architecte suisse Léonard René Morandi, et qui évoque l’élégance et la sensualité du style architectural dit « Paquebot ».

L’autre bijou architectural de Casablanca est la Villa ronde construite en 1965 par l’architecte allemande Wolfgang Ewerth sur le haut de la colline d’Anfa, permettant de contempler la ville à 360°. Il s’agit tout simplement d’un beau manifeste et d’une leçon d’architecture casablancaise. Des circuits pour découvrir ou redécouvrir ce patrimoine architectural sont régulièrement organisés par l’association Casamémoire, qui œuvre justement pour sa promotion et sa sauvegarde.

L’immeuble Liberté, conçu par l’architecte suisse Léonard René Morandi et construit entre 1949 et 1951.

 

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De pierre et d’audace

L’autre circuit très attendu, qui viendrait enrichir la palette des visites de la ville blanche, est celui portant sur le quartier des Habous. Et bonne nouvelle : ce circuit est déjà envisagé par le CRT de Casablanca-Settat pour 2024, nous confie Othmane Cherif Alami. Ce projet s’inscrit dans la mission de promotion du tourisme culturel du CRT. Dans ce quartier, on peut déjà visiter la Mahkama du Pacha, un condensé du génie artisanal des mâalems marocains. Zellige, ébénisterie, arcades et portails, ce bâtiment symbolise l’architecture musulmane dans toute sa splendeur.

Casablanca est finalement cette ville qui opte autant pour l’élégance ivoire aux éclats dorés du marbre que pour la sobriété grise du ciment. Ne pas choisir entre l’une et l’autre relève de l’audace. Et il en fallait pour ériger la Grande Mosquée Hassan II,  construite aux deux tiers sur la mer.

 

La Mosquée Hassan II.

Un circuit touristique dédié au quartier des Habous est prévu par le CRT de Casablanca-Settat pour 2024

Mahkama du Pacha.

 

En plus du quartier des Habous, d’autres lieux casablancais incontournables méritent le détour. Pour Othmane Cherif Alami, il s’agit notamment de « l’ancienne médina, de la magnifique mosquée Hassan II, du boulevard Mohammed V avec ses bâtiments Art déco et son marché central, de la corniche de Casablanca avec ses restaurants et sa nightlife, en plus de ses lieux d’animation ». Le CRT de la région Casablanca-Settat a d’ailleurs procédé au lancement d’outils marketing afin de promouvoir ces lieux, notamment à travers des capsules vidéo de promotion, des photos HD et des flyers dédiés.

 

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La région Casablanca-Settat est la première destination du pays dans les catégories du tourisme d’affaires, médical, de shopping et des foires et expositions

Le tourisme d’affaires en capitale

Au-delà de son architecture éclectique offrant un voyage inédit dans le XXe siècle où baroque et brutalisme s’entremêlent sans complexe, Casablanca se targue avant tout d’être le premier pôle économique du Royaume. Cette région est d’ailleurs « la première destination du pays dans les catégories du tourisme d’affaires, médical, de shopping et des foires et expositions », grâce à ses infrastructures prestigieuses conçues pour fédérer le monde des affaires. Il s’agit notamment de « l’Office des foires et expositions de Casablanca, l’Office des changes et le Parc d’exposition Mohammed VI, à proximité d’El Jadida », rappelle le président du CRT. Casablanca est donc la destination MICE (Meeting, Incentive, Conferences, Events) par excellence.

En plus, pour accueillir visiteurs nationaux et internationaux dans les meilleures conditions en termes de transport et de mobilité, la région s’est dotée, au cours des dernières années, de nombreuses infrastructures, lui conférant ainsi une place de choix sur l’échiquier touristique du Royaume. On citera les lignes de tramway et de busway, son nouveau terminal de croisière, la ligne LGV reliant Casablanca à Tanger, l’aéroport international Mohammed V et son hub financier Casablanca Finance City (CFC), dont le quartier homonyme est considéré comme le « Manhattan » de la ville blanche. Les groupes bancaires du pays et autres sociétés nationales et internationales de haut vol prévoient de s’y installer progressivement dans les années à venir. Des architectes marocains et étrangers ont ainsi doublé d’ingéniosité pour concevoir des bâtiments aux lignes aussi audacieuses que futuristes, faisant de ce quartier, le « QG » de l’avenir économique de Casablanca. Preuve, ci-après, en images.

En termes de liaisons aériennes, il faut savoir que l’aéroport Mohammed V est desservi par 24 compagnies aériennes, opérant 840 fréquences hebdomadaires reliant Casablanca à plus de 96 villes à l’étranger. Ce qui permet à cette dernière de tenir, confortablement, son rang de destination internationale.

Casablanca-Settat prévoit de recevoir 5 à 6 millions de visiteurs à l’horizon 2030

Au-delà des sentiers battus

Les acteurs du tourisme entrevoient même la possibilité de développer davantage les liaisons aériennes, avec un aéroport dédié aux vols low cost, opérés par des compagnies internationales vers la région Casablanca-Settat. Pour faire de cette ambition une réalité, le président du CRT de la région estime que l’aéroport de Benslimane pourrait être une solution, en accueillant les compagnies low cost. Ce qui permettrait aux touristes nationaux et internationaux de bénéficier de vols à des prix compétitifs. D’ailleurs, dans le cadre de la feuille de route régionale, suivant celle nationale 2023-2026, la région prévoit un objectif de 5 à 6 millions de visiteurs à Casablanca-Settat à l’horizon 2030, avec une moyenne de séjour de 3,5 nuitées contre 2,2 nuitées par séjour, aujourd’hui.

En attendant, Casablanca se veut déjà « une véritable capitale contemporaine mondiale avec plus de 7 millions d’habitants », souligne Othmane Cherif Alami. Et ce, grâce aussi à un arrière-pays « incroyable » et une très belle côte balnéaire de 235 kilomètres de plages, dont des spots renommés allant de Bouznika à Oualidia. S’y ajoutent 8 golfs de prestige, 4 barrages propices aux activités nautiques, des forêts verdoyantes, des sentiers de randonnée et des terrains de chasse, avec un terroir favorable au tourisme rural à Benslimane, Settat, Berrechid et El Jadida. « Notre mission au sein du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat, créé en 2002, est de ‘marketer’ les territoires et de promouvoir les différents produits touristiques, tant au niveau du tourisme d’affaires que des week-ends city break et du tourisme rural. D’ailleurs, 70% du territoire de Casablanca-Settat relève du périmètre rural », souligne Othmane Cherif Alami. Mettre à profit ce « capital » rural est sans doute le prochain challenge de la ville aux mille visages.

 

Bab Marrakech au centre-ville de Casablanca.

 

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Tourisme. À Marrakech, un mois de décembre sauvé par les nationaux

En attendant la publication des chiffres officiels du dernier mois de 2023, plusieurs professionnels de l’hébergement contactés par Médias24 font état d’une désaffection croissante des marchés étrangers pour la ville de Marrakech lors du mois de décembre, pourtant synonyme de haute saison.

« Les touristes nationaux plus nombreux que les étrangers »

« Les quatre derniers jours du mois de décembre ont été excellents en termes d’arrivées globales, mais nous sommes en négatif par rapport à la même période l’année dernière », révèle un grand hôtelier. Chez lui, le taux d’occupation mensuel a été de 50% contre 70% en décembre 2023.

Si la plupart des établissements d’hébergement classés ont bien travaillé durant les fêtes grâce aux touristes nationaux bien plus nombreux que les étrangers, Marrakech a accueilli moins de visiteurs par rapport à la même période de l’année écoulée.

En d’autres termes, les nationaux ont été déterminants pour limiter la désaffection des marchés émetteurs traditionnels, qui a commencé au lendemain des événements du 7 octobre dernier.

« Les conflits internationaux continuent d’impacter le secteur »

Sollicité à son tour, le président du groupe Atlas Voyages, Othmane Cherif Alami, confirme une activité importante pour les hôtels de luxe et les clubs de vacances, qui s’est limitée à la seule période des fêtes de fin d’année.

« Le dernier week-end a bien fonctionné grâce aux nationaux, qui ont plus ou moins sauvé la mise, mais les étrangers ont été beaucoup moins nombreux que l’année dernière à cause de l’impact de la guerre en Ukraine et du conflit en Palestine qui s’est poursuivi en décembre », déclare Othmane Cherif Alami. Si les chiffres des arrivées et des recettes en devises sont en progression, la part de la clientèle étrangère, qui ne cesse de baisser, atteint à peine le niveau d’activité de 2019, précise-t-il.

« Un taux d’occupation boosté par les hôtels fermés et minoré par les locations meublées »

Le taux de remplissage hôtelier du mois de décembre pourrait être revu à la baisse si les 20% d’hôtels toujours fermés à Marrakech depuis la crise sanitaire avaient rouvert leurs portes, ajoute-t-il.

« Si ce nombre de lits supplémentaires était inclus dans l’offre commerciale de la ville ocre, nous aurions plutôt un taux d’occupation hôtelier de 30% à 40% contre 50% actuellement », estime le président du groupe Atlas Voyages.

Il met également en cause la concurrence non recensée des appartements meublés. Selon lui, la prise en considération des transferts de nuitées vers les locations meublées permettrait en effet d’obtenir de meilleurs résultats qu’en 2019, aussi bien en nombre de touristes qu’en nombre de nuitées.

La profession attend l’entrée en service de la nouvelle offre aérienne

Interrogés sur les perspectives de l’année 2024, nos interlocuteurs affirment que ce mois-ci, qui correspond à la basse saison et à la période des travaux hôteliers, sera plus calme que janvier 2023. Selon eux, il faudra attendre les vacances scolaires de février pour avoir plus de visibilité.

« S’il n’y a pas de nouvel incident en 2024, nous devrions dépasser les chiffres de 2023. Cependant, il faudra attendre le mois d’avril prochain, lorsque nous disposerons d’une offre aérienne supplémentaire qui fera la différence en termes d’arrivées étrangères », conclut Othmane Cherif Alami.

Tourisme : le Maroc espère doubler le nombre d’arrivées britanniques d’ici 2027

Souhaitant développer la forte croissance qui a caractérisé le 3e marché étranger du Maroc depuis début 2023, l’Office national marocain du tourisme, Royal Air Maroc, les représentants de 9 conseils régionaux du tourisme (CRT) et 37 professionnels, dont 14 agences de voyages, ont participé au World Travel Market (WTM), sur un stand d’une superficie de 760 m2, contre 630 m2 en 2022.

« 12% de croissance des arrivées en 2023, contre une moyenne annuelle de 5,3% de 2010 à 2019 »

La mobilisation croissante des opérateurs a permis d’atteindre, à fin septembre 2023, 455.877 arrivées britanniques aux postes-frontières contre 414.863 durant la même période de 2019, soit une évolution positive de 10% en 9 mois.

Une croissance inédite, sachant que le nombre d’arrivées anglaises est passé de 399.847 en 2010 à 634.000 en 2019, soit une évolution moyenne annuelle de 5,26%, sans tenir compte de l’effondrement des arrivées en raison de la pandémie, durant la période mars 2020-décembre 2021.

Avec une hypothèse d’évolution de +10% au cours des seuls 9 premiers mois de 2023 qui se poursuivrait, le volume de visiteurs britanniques recensés aux postes-frontières du Maroc atteindrait 607.000 arrivées pour l’année 2023 contre 542.000 en 2022, soit un bond annuel d’environ 12%.

« Sans moyens supplémentaires de promotion, la croissance des arrivées britanniques va retomber »

Selon Zoubir Bouhoute, qui dirige le Conseil provincial du tourisme de Ouarzazate, cette forte hausse des arrivées britanniques s’explique surtout par le travel revenge qui a incité les touristes à rattraper le temps perdu durant la crise sanitaire, où les frontières internationales étaient fermées.

Se félicitant du fait que le taux annuel de progression des arrivées de 2023 devrait doubler par rapport à celui de la décennie précédente, notre interlocuteur souligne que cette augmentation n’est pas acquise, car le phénomène de travel revenge n’est pas éternel.

« Quand on sait que la proche Espagne recevra près de 15 millions de touristes britanniques en 2023, contre seulement 600.000 environ pour le Maroc, il est plus qu’urgent d’augmenter les moyens mis en œuvre pour développer le potentiel de ce marché qui a de la marge », estime Zoubir Bouhoute.

 « Un taux de croissance de 20% est nécessaire pour passer de 600.000 à 1,2 million d’arrivées en 2027 »

C’est la raison pour laquelle l’expert juge nécessaire d’augmenter sensiblement le budget de l’ONMT pour renforcer les campagnes de promotion et de communication, ainsi que le montant des subventions destinées aux compagnies aériennes britanniques pour desservir davantage le Maroc.

Rappelant que la ministre du Tourisme avait déclaré, lors du WTM 2022, que la feuille de route ambitionnait de doubler le nombre de visiteurs anglais d’ici 2027, Bouhoute affirme qu’avec le taux de croissance des arrivées qui sera réalisé en 2023 (12,6%) cet objectif ne pourra pas être atteint.

Calculs à l’appui, il affirme qu’il faudra réaliser un taux annuel de progression de plus de 20% pour passer de 600.000 à 1,2 million d’arrivées au cours des trois prochaines années.

« En réalité, avec ce rythme d’évolution annuelle de +12%, le Maroc ne pourra atteindre un chiffre de 1,184 million de touristes britanniques qu’à partir de 2030 ; soit 4,9 fois plus que le taux de progression annuel observé entre 2010 et 2019 (5,3%) ou 1,7 fois plus que le taux de progression annuel qui sera enregistré en 2023.

« Le nombre de connexions aériennes avec la Grande-Bretagne va doubler d’ici 2025 »

S’il reconnaît que l’objectif de doubler le nombre d’arrivées britanniques en seulement quatre années est sans doute ambitieux, le président du groupe Atlas Voyages, lui, avance que les estimations de la feuille de route ne sont pas définitives et peuvent, par conséquent, être revues à la baisse ou à la hausse en fonction du contexte.

« Cela dit, il faut préciser que les capacités aériennes entre le Maroc et la Grande-Bretagne vont être doublées à partir de 2025. Ainsi, lors du salon WTM où j’étais présent, la compagnie anglaise Jet 2 a conclu un contrat avec l’ONMT pour mettre 14 vols sur Marrakech et 16 sur Agadir », conclut Othman Cherif Alami. Optimiste, il pense qu’il est toujours possible d’atteindre ou du moins d’approcher les objectifs de la feuille de route élaborée par le ministère et les opérateurs de la Confédération nationale du tourisme.

Après sa réélection au CRT Casablanca-Settat, Othmane Alami: voici mon programme jusqu’à 2025

Unique candidat à l’élection qui s’est tenue le mercredi 21 juin au siège de la wilaya de Casablanca, le président sortant Othman Cherif Alami a été réélu pour un deuxième mandat à la tête du CRT de la région Casablanca-Settat (CRT-CS), qui court jusqu’au 31 décembre 2025. L’occasion de faire le bilan sur sa première mandature et d’évoquer ses futurs projets.

« Triplement du budget annuel de gestion et de promotion »

Après le désistement en juin 2020 de l’ancien président Omar Kabbaj qui l’a poussé à se présenter, Othman Cherif Alami s’est porté candidat pour un premier mandat de président du CRT Casablanca-Settat dont il nous dévoile les principales réalisations.

Selon notre interlocuteur, le CRT-CS ne disposait d’aucune convention avec l’ONMT ni avec la région, sachant qu’entre 2010 et 2022,  la ville était en pleine rénovation avec des grands travaux de mise à niveau, de mobilité, de construction de nouvelles infrastructures…

Un contexte qui empêchait le lancement de grandes campagnes de promotion.

« A partir de là, notre priorité a été de signer des conventions avec la région, la commune et l’ONMT qui n’existaient pas avant mon arrivée, puis de réaliser une mise à niveau juridique du CRT qui nous a permis d’obtenir ensuite plusieurs subventions pour financer nos actions de gestion et de promotion », explique Alami.

De cette manière, le CRT a pu obtenir près de 5 millions de DH par an de la part des professionnels, de la ville, de la région et de l’Office du tourisme.

Soit un budget annuel multiplié par trois comparé aux 1 à 3 MDH qui étaient récoltés tous les deux ans grâce aux événements organisés auparavant par la ville de Casablanca, comme le marathon ou le festival de musique qui généraient certaines recettes indirectes pour le CRT-CS.

« De nouvelles recettes pour renforcer la visibilité de la destination »

Des recettes dont le flux s’est complètement tari après la création de la Société de développement local (SDL) Casa Events et animation qui a pris le relais du CRT pour gérer ces événements, dont une partie des recettes lui permettaient de financer son budget de gestion et de promotion.

Selon notre interlocuteur, ce sont les conventions signées durant son premier mandat qui ont permis au CRT d’obtenir un volume de subventions à la hauteur des ambitions touristiques de la région Casablanca-Settat.

Et d’ajouter que grâce au budget obtenu auprès de la ville, la région et l’ONMT, son équipe a pu mettre en œuvre de nouveaux outils de marketing et de promotion, mettre à jour le site web obsolète du CRT, ainsi et surtout passer de 2 à 12 employés permanents.

Un budget qui a aussi permis au CRT de renforcer la visibilité internationale de la destination grâce à sa  participation à cinq foires internationales par an et de repositionner la destination Casablanca-Settat auprès des prescripteurs étrangers de voyages pour le tourisme d’affaires, tourisme de séjour, city break

« Un centre de congrès de 2.000 places, validé à 90% »

En dehors de la multiplication de la participation du CRT-CS aux plus grands salons touristiques du monde, Alami tient à citer sa proposition de transformer une partie de l’Office des foires en centre de conférences, très rapidement retenue par les partenaires publics qui l’ont validée à 90%.

Nécessitant un investissement de 80 MDH, ce projet consistera à transformer le tiers de l’espace de l’Office des foires en un centre de congrès qui comptera 2.000 places assises.

En effet, l’amphithéâtre sera réalisé sur 6000 m2 et les 12.000 m2 restants pour les expositions habituelles.

Grâce à l’accueil favorable de ses partenaires publics, la région lui a alloué 30 millions de DH, la ville 10 MDH, le conseil préfectoral 15 MDH et le  ministère de l’Investissement 25 MDH, soit un total de 80 MDH.

« En attendant la construction d’un grand palais des congrès de 5.000 places, promise pour 2030 par le Plan de développement régional, cette solution intermédiaire qui nécessitera 14 mois de travaux pourra être achevée en décembre 2024 », indique Alami.

Ainsi, Casablanca pourra devenir, au début de sa dernière année de mandat (1er trimestre 2025), une grande ville africaine de congrès.

 « Un forum pour mettre en place une matrice commune du développement touristique »

Concernant ses projets pour les trente prochains mois, le président cite le lancement le 5 juillet prochain de la 2e édition du Forum interactif du tourisme de Casablanca, qui connaîtra la participation d’élus et du secteur privé pour préparer une matrice du développement touristique de la région.

« Elle sera composée du Plan de développement régional (PDR) 2023-2027 qui comprend des axes stratégiques importants pour le tourisme, le Plan d’action communal (PAC) jusqu’à 2028 qui recèle aussi des éléments utiles et enfin, la feuille de route régionale présentée par la ministre en mai dernier », explique Alami.

Le président compte d’ailleurs sur le partage de la matrice avec les élus et professionnels pour proposer un cadre de pilotage et de gouvernance du CRT avec l’ensemble des parties prenantes.

« Augmenter de 50% le nombre de croisiéristes »

Une feuille de route qui prévoit de parvenir à 6 millions d’arrivées pour la destination Casablanca-Settat à l’horizon 2026 contre 2,4 millions de visiteurs auquel il faudra ajouter 300.000 croisiéristes prévus d’ici fin 2023.

Autre priorité de son mandat : convaincre les autorités concernées d’ouvrir le nouveau quai réservé aux grands paquebots de croisière, qui est prêt depuis longtemps, mais toujours fermé pour des raisons inconnues.

Pour le président, cette ouverture permettra de passer d’ici 2025 à 450.000, voire 500.000 croisiéristes par an.

Réaliste, Alami avance que le CRT devra trouver des moyens financiers supplémentaires, mais surtout disposer d’une méthodologie et initier une vraie synergie entre acteurs publics et privés.

« 4,5 millions d’arrivées et 4 millions de nuitées à la fin du nouveau mandat »

De plus, Alami fait le pari de doubler le nombre de nuitées dans les hôtels classés et appart-hôtels, pour passer de 2 millions à 4 millions de nuitées grâce au futur centre de congrès destiné aux événements nationaux et étrangers, qui devrait être utilisé un minimum de 25 semaines par an.

Même calcul optimisme pour le nombre d’arrivées qu’il espère porter à 4,5 millions à la fin de son mandat, grâce notamment au tourisme rural qui recèle un potentiel de 500.000 visiteurs, dont 80% de nationaux.

« Transformer l’aéroport de Benslimane en espace spécialisé en low cost« 

Dernier projet de taille, faire en sorte que le petit aéroport de Benslimane actuellement réservé à l’aviation privée, soit connecté aux lignes aériennes des compagnies low cost du monde entier.

« Avec ses pistes d’atterrissage permettant d’accueillir un 747, nous espérons qu’en 2025 au plus tard, Benslimane puisse devenir l’aéroport low cost de la région, à l’image de certains petits aéroports belges ou français qui n’accueillent que ce genre de compagnies économiques », promet le président.

A terme, Royal Air Maroc et les compagnies étrangères régulières resteraient au hub de l’aéroport Mohammed V, tandis que les low cost migreraient toutes à Benslimane.

Un sujet qu’il compte traiter avec les parties concernées pour ne pas nuire à la compagnie nationale.

Tourisme : élections à la présidence du CRT Casablanca-Settat

L’assemblée élective du Conseil régional du tourisme de la région Casablanca-Settat, qui s’est tenue le mercredi 21 juin à la wilaya de Casablanca-Settat en présence des autorités, élus et membres du CRT-CS, a permis de réélire le président sortant Othman Cherif Alami et de reconduire son bureau exécutif jusqu’à 2025.

Sous la présidence du secrétaire général de la wilaya, la réunion, composée des représentants des autorités de la wilaya, des élus de la région et de la ville de Casablanca et des représentants des professions touristiques du secteur privé, a procédé à l’approbation du quitus du bilan 2022 en soulignant l’importance du budget de subvention du conseil de la région, de l’ONMT et de la ville de Casablanca.

Lors de cette réunion, il a été procédé dans un premier temps à la présentation des rapports moral, financier et d’activité, ainsi qu’à celle du plan d’action stratégique et du budget prévisionnel 2023-2024.

Enfin, après approbation des rapports, le Plan de développement touristique de la région Casablanca-Settat a été exposé. Ce plan ambitionne d’attirer 6 millions de touristes à l’horizon 2026.