Médecine et IA : un ouvrage pionnier interroge la place du praticien dans un monde d’algorithmes
Publié en mai 2025 chez Prestige Diffusion, cet ouvrage se distingue par sa portée : il s’agit du premier livre sur ce thème écrit par une praticienne médicale francophone africaine. À la croisée de la médecine, de l’éthique et de la prospective, il s’adresse aussi bien aux professionnels de santé qu’aux étudiants, décideurs et citoyens intéressés par l’évolution du système de soins.
Médecine augmentée ou déshumanisée ?
L’autrice, la Pr Amal Bourquia, néphrologue et figure reconnue de la santé au Maroc, y explore les grands bouleversements induits par les technologies d’intelligence artificielle : diagnostic assisté, médecine personnalisée, prédiction des risques, automatisation des décisions cliniques, etc.
Si ces outils promettent des gains en efficacité et en précision, ils soulèvent aussi des questions de fond : que devient la relation médecin-patient ? L’intuition et l’écoute peuvent-elles être reproduites par des machines ? Comment garantir une utilisation éthique des données de santé ?
Face à ces interrogations, la Pr Amal Bourquia plaide pour une médecine équilibrée, où l’humain reste au centre de la décision, et où l’IA agit comme un outil d’assistance et non de substitution. « Loin d’opposer technologie et humanisme, ce livre invite à penser une complémentarité entre intelligence artificielle et intelligence humaine », souligne-t-elle.
Une perspective marocaine et africaine
L’un des apports majeurs de cet ouvrage réside dans son ancrage local. En s’appuyant sur son expérience de terrain, la Pr Amal Bourquia examine les défis spécifiques des systèmes de santé marocains et africains face à cette transition technologique : fracture numérique, accès aux données, formation des soignants, gouvernance de l’IA, etc. Elle rappelle que toute innovation technologique doit être accompagnée d’une réflexion éthique et adaptée aux réalités locales.
À la fois pédagogique et engagé, Le Médecin à l’ère de l’intelligence artificielle ouvre une discussion nécessaire sur l’avenir de la médecine. Il s’impose d’ores et déjà comme une référence pour comprendre les transformations en cours, sans céder ni à l’enthousiasme aveugle ni à la méfiance systématique.
Publication d’un ouvrage du Pr El Ouali qui débusque les tentatives de domination dans le droit International
« Au terme d’un long parcours qui a démarré à Paris en 1971, il était nécessaire de publier ce recueil. Plusieurs raisons poussaient à le faire. D’abord, le besoin de se retourner en arrière afin de mesurer le chemin parcouru. Ensuite, le besoin de préserver certains écrits qui, faute d’avoir été publiés, pouvaient disparaître définitivement. Enfin, et surtout, le besoin de rendre compte de l’usage qui a été fait du métier d’enseignant-chercheur, ce métier que beaucoup considéraient, il n’y a pas longtemps encore, comme le plus beau métier au monde », souligne le Pr El Ouali dans une présentation du livre.
Ce livre comprend sept tomes, qui regroupent chacun des études portant sur un aspect donné du droit international. Celles-ci peuvent être lues séparément, bien qu’un effort ait été fait en vue de les regrouper, dans la mesure du possible, selon une thématique donnée :
– La construction de son propre regard sur le droit international ;
– La relecture/revisite des grands principes du droit international ;
– L’Etat, la territorialité et les frontières ;
– Les droits de l’Homme et le droit des réfugiés ;
– Le conflit du Sahara.
Aussi, le fil conducteur de la plupart des travaux incorporés dans les 7 volumes de ce recueil « consiste à chercher à débusquer toute tentative de domination dans le droit international, qui se cache souvent derrière le formalisme de ce même droit international », indique l’auteur.
Abdelhamid El Ouali est né à Oujda en 1945. Il a soutenu sa thèse de doctorat d’Etat en droit public à Paris en 1979. Il enseigne depuis 1974 à la Faculté de droit de Casablanca, où il est élu en 1980 chef du Département de droit public. En 1992, il rejoint le haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés où il occupe un poste à hautes responsabilités jusqu’en 2006, date à laquelle il reprend ses enseignements à sa faculté d’origine. En 2010, il est nommé professeur à vie par décision royale pour sa contribution à l’étude du droit international.
Mouna Hachim publie un ouvrage inédit qui retrace l’histoire des villes du Maroc
« Quelle est l’origine des noms des villes et des villages du Maroc ? Que nous disent-ils sur l’histoire, la géographie, les langues, les modes de vie, les mentalités, la mémoire des anciens événements, les substrats culturels des civilisations présentes et passées ? » Villes et histoires du Maroc (étymologie, histoire et légendes), (éditions Sochepress) répond à ces interrogations avec plus de 460 entrées listées alphabétiquement. Il couvre ainsi toutes les régions du pays et mêle histoire, étymologie, ethnologie ainsi que d’inédites anecdotes et de passionnants récits mythiques.
Présentée sous la forme pratique d’un dictionnaire, cet ouvrage tente de livrer des pans essentiels à la compréhension de l’histoire du Maroc sous le prisme de la toponymie.
Les noms de lieux confirment en ce sens leur rôle de témoin de la diversité, et nous renseignent sur leurs auteurs que sont les peuples dont les langues et les cultures se sont interpénétrées avec des conséquences surprenantes en matière d’hybridation depuis l’ère antique jusqu’à nos jours.
Mouna Hachim est une chercheuse et une femme de lettres marocaine. Titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA) en littérature comparée de l’Université Hassan II de Casablanca, elle a travaillé deux ans à un projet doctoral avant de s’engager professionnellement dans le journalisme et la communication.
Elle est également l’auteure d’un roman, LesEnfants de la Chaouia (auto-édition, 2004) ; du Dictionnaire des noms de famille du Maroc (auto-édition, 2007), dont une nouvelle édition augmentée a été publiée en 2011 (Casablanca, éditions Le Fennec) ; de Chroniques insolites de notre histoire – Maroc, des origines à 1907 (auto-édition, 2016), qui a fait l’objet d’une édition française en 2018 sous le titre Histoire inattendue du Maroc (Paris, éditions Erick Bonnier), et d’un roman historique, Les Manuscrits perdus (Paris, éditions Erick Bonnier, 2019).
Elle a écrit une série de Chroniques d’hier et d’aujourd’huipour le journal L’Economiste de 2007 à 2012. Elle a aussi animé une chronique quotidienne intitulée « Secrets des noms de famille » sur Radio Atlantic de 2007 à 2009. Elle est encore l’auteure d’une série documentaire pour la chaîne télévisée Medi1 sur la « Route des origines » (« Triq el-Asl » en arabe) sur ses recherches sur la généalogie et les noms de famille du Maroc.
Mouna Hachim est par ailleurs engagée dans des actions citoyennes, notamment autour de la protection du patrimoine et de la ville de Casablanca.
La fin d’un Occident ravagé par le « nihilisme » (Emmanuel Todd)
Dans La défaite de l’Occident, publié aux éditions Gallimard, Emmanuel Todd annonce la fin d’un Occident ravagé par le « nihilisme ».
Au coeur de cet ouvrage, des questionnements sur ce qu’est l’Occident partant d’analyses de l’actualité avec un focus sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine et ce que ce conflit dit de l’Occident.
Emmanuel Todd explique que « comme la plupart des guerres, surtout mondiales, celle-ci ne s’est pas déroulée comme prévu ; elle nous a déjà fourni beaucoup de surprises ». L’essayiste et anthropologue Français en a dénombré dix principales :
L’irruption de la guerre elle-même en Europe.
Les deux adversaires que cette guerre met en présence : les États-Unis et la Russie.
La résistance militaire de l’Ukraine
La résistance économique de la Russie
L’effondrement de toute volonté européenne
Le surgissement du Royaume-Uni en roquet antirusse
L’Europe du Nord révèle un intérêt nouveau pour la guerre
L’industrie militaire américaine est déficiente
La solitude idéologique de l’Occident
La défaite de l’Occident
Ce qu’il dit de la Russie
Dans un entretien avec le politologue Jean Petaux, publié le 22 janvier, Emmanuel Todd explique les points fondamentaux de son analyse.
« Je me suis dit : on s’est complètement trompé. La crise russe était une crise endogène. Je l’avais diagnostiqué. Je l’avais vu venir par la hausse de la mortalité infantile, mais en fait, sa vraie cause – je l’ai compris plus tard –, c’était que le communisme, en tant qu’idéologie ou religion d’État si on peut dire, avait été désintégré par l’augmentation, là-bas aussi, de la masse des éduqués supérieurs… », affirme l’anthropologue et essayiste français.
« Je crois que là on accuse sans arrêt la Russie d’être un empire et d’être impérialiste. Moi je pense que c’est simplement une nation géante, avec une conception assez communautaire de la nation, qui lui permet d’ailleurs d’intégrer des groupes allogènes, mais comme des blocs, par exemple une attitude très positive vis-à-vis des musulmans et qui peuvent être intégrés en tant que Tatars ou en tant que Tchétchènes dans une nation russe globale », note Emmanuel Todd.
« Il n’y a plus de culture américaine centrale, majoritaire, directrice »
« Les États-Unis, pour moi, ont cessé d’être une nation ; c’est-à-dire que c’est un système où l’on ne peut plus distinguer la limite externe… L’économie américaine est devenue complètement dépendante du monde extérieur, le déficit commercial est abyssal et continue d’augmenter malgré les mesures protectionnistes… Il n’y a plus de culture centrale, majoritaire, directrice. Mais la Russie reste la Russie en termes culturels, qu’on aime ou pas. Il y a une culture russe, et le noyau dirigeant de la Russie, c’est des Russes », a-t-il poursuivi.
« Si Trump revient au pouvoir, on va retrouver des gens qu’on appellera protestants ; mais ces protestants-là n’ont plus les vraies valeurs du protestantisme. Ils sont dans ce que j’appelle le ‘protestantisme zéro’. L’incompréhension, je pense qu’elle vient d’une Russie qui est relativement traditionnelle dans ses structures (Etat nation géant) et d’une Amérique qui est un système impérial diffus, qui a toujours un énorme appareil militaire et un système de pouvoir qui s’exerce à l’échelle mondiale, mais qui n’a plus de centre, qui n’a plus de direction et, surtout, qui n’a plus de valeurs directrices. La dissolution de ces valeurs a mené à ce concept central du livre qu’est le nihilisme », affirme-t-il.
Russie vs OTAN
« Quand on regarde les possibilités démographico-militaires de la Russie, pour les Russes il est très clair que s’ils étaient dans un choc militaire frontal avec l’OTAN, compte tenu de la masse de l’OTAN, qui est plusieurs fois supérieure à celle de la Russie, ils n’auraient aucune chance ; et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la doctrine militaire russe a changé, qu’elle n’exclut plus comme autrefois l’idée de frappe nucléaire tactique en première décision, dans le cas où la Russie et son État seraient menacés », souligne l’anthropologue français.
Et ce dernier d’ajouter : « Le sentiment qui domine en Russie, c’est celui d’un très grand pays, d’un pays qui a l’ambition d’être respecté sur la scène internationale et d’un pays qui est, je vais dire, menacé par un adversaire qui est plus fort que lui, et le cœur j’en parle au début du livre. Les Russes sont très attachés à l’idée de souveraineté. Il y a très peu d’États qui disposent vraiment d’une souveraineté. Il y a les États-Unis bien sûr, la Chine et la Russie, mais si on y réfléchit pendant deux minutes, l’idée de souveraineté est tout à fait le contraire de l’idée impériale« .
Emmanuel Todd, né le 16 mai 1951 à Saint-Germain-en-Laye, est un anthropologue et essayiste français spécialiste des systèmes familiaux et de leur influence sur les sociétés humaines. Il intervient régulièrement dans les médias sur l’Europe, l’immigration ou le protectionnisme depuis les années 1990.
Livraisons. Un ouvrage sur la gouvernance des finances des collectivités territoriales au Maroc
Ce livre s’intitule Gouvernance des finances des collectivités territoriales au Maroc. Son auteur, Mohammed Houfi, fait partie de la maison. Il a mené une grande partie de sa carrière à la Trésorerie générale du Royaume (TGR) et a été tour à tour trésorier provincial, préfectoral, communal puis régional. Il compte à son actif plusieurs écrits sur les finances publiques (du receveur des finances aux finances locales). Mais cet essai est en quelque sorte sa réalisation phare.
Dans la préface du livre, le Trésorier du Royaume, Noureddine Bensouda, souligne « le grand mérite que l’on peut reconnaître à cet ouvrage » qui, selon lui, « se distingue par son caractère holistique ». En effet, il s’agira probablement d’un ouvrage de référence sur cette question, car il expose les différentes dimensions de la question, de l’époque précoloniale à nos jours. « Rares sont ceux qui se sont attaqués à l’évolution de la gouvernance des finances locales au Maroc sur une si longue période comme l’a fait l’auteur de cet ouvrage, avec patience, concision et minutie », ajoute M. Bensouda.
L’auteur, Mohammed Houfi.
Cet ouvrage vient « combler le vide par cette entreprise périlleuse inédite, d’agglomération, jamais tentée, nécessitant un travail d’ensemblier particulièrement, suite aux transmutations profondes qu’a connues cette discipline » : c’est ainsi que l’auteur, dans son avant-propos, décrit la finalité de cet ouvrage. « Il s’assigne l’objectif de vulgariser la matière des finances territoriales, de rendre accessibles les missions des acteurs d’exécution du budget communal. »
Mohammed Houfi est titulaire d’une licence en droit public et du diplôme du cycle supérieur de l’Ecole nationale d’administration. Il est actuellement enseignant vacataire à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Salé.
« Le tourisme marocain au féminin », nouvel ouvrage d’Ahlam Jebbar
Ecrit par Ahlam Jebbar, journaliste et essayiste, l’ouvrage Le tourisme marocain au féminin retrace le parcours de femmes d’exception qui ont su se frayer un chemin dans le monde du tourisme.
Dans la foulée de la parution du livre Mon Maroc, en hommage aux opérateurs du tourisme qui viennent de traverser deux années d’une extrême difficulté, c’est un livre consacré, cette fois, aux femmes de ce secteur qu’Ahlam Jebbar vient d’écrire, lit-on dans un communiqué.
Loin d’avoir un discours féministe, ce livre ambitionne de mettre en lumière des femmes aux parcours exemplaires qui ont su s’imposer par la force du poignet et dont le parcours est un véritable exemple pour les générations à venir. Car, comme l’aime à le répéter Ahlam Jebbar, « chaque femme qui réussit en inspire beaucoup d’autres », poursuit la même source.
Ce livre s’articule autour de quatre parties :
– La première, intitulée « Elles ont brisé le plafond de verre » ne compte que quelques femmes : Fethia Bennis, qui a été la première et l’unique femme à la tête de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) ; Habiba Laklalech, actuellement directrice générale de l’Office national des aéroports (ONDA) ; Laila Mechbal, à la tête de la compagnie aérienne Air Arabia Maroc.
– La seconde partie s’intitule « Elles sont pionnières ou militantes… et parfois les deux ! ». Elle compte de nombreuses femmes émérites qui ont non seulement mené des carrières exemplaires au sein de grandes entités du pays, mais ont également mené des combats associatifs pour positionner le secteur. On y retrouve notamment Rkia Alaoui, présidente du Conseil régional du tourisme de Tanger, seule femme à occuper ce poste dans tout le Maroc ; Samira Ktiri, directrice générale de l’hôtel Kabila, qui a contribué au rayonnement de nombreux établissements à travers le pays ; Rita Touzani, agente de voyage et grande militante.
– Dans le chapitre « Elles sont au cœur du métier », on retrouve différents profils, notamment hôtelières, restauratrices, agentes de voyage, cheffes de cuisine…
– La dernière partie est relative à « La nouvelle génération » de jeunes femmes qui débutent dans le secteur du tourisme et ont d’ores et déjà su se démarquer.