Conservation foncière : le e-paiement des frais déployé à la mi-avril

À partir du 14 avril 2025, le paiement électronique des frais de conservation foncière sera adopté pour toutes les demandes de dépôt ou d’inscription dans les registres fonciers.

La mesure concerne les demandes soumises via le registre de dépôt des documents pour étude (R1), lit-on dans une note adressée par le conservateur général aux conservateurs de la propriété foncière.

L’initiative fait partie de la mise en œuvre progressive des dispositions du décret n° 218181 du 2 Rabii al-Akhir 1440 (décembre 2018), visant à moderniser la gestion électronique des opérations de conservation foncière, lit-on dans la note datée du 20 mars.

La direction de la conservation foncière fournira des détails supplémentaires sur cette nouvelle procédure et sa mise en œuvre. Les conservateurs sont appelés à se référer aux services centraux compétents concernant les difficultés qui pourraient survenir lors de l’application.

Comment la start-up Alya compte démocratiser le paiement fractionné au Maroc

Le paiement fractionné, ou « Buy Now Pay Later » (BNPL), est un modèle financier qui gagne en popularité à l’échelle mondiale, et le Maroc ne fait pas exception. Cette solution de financement permet aux consommateurs d’acquérir des produits ou des services immédiatement tout en étalant le paiement sur plusieurs échéances, généralement sans frais supplémentaires.

Le BNPL connaît un véritable essor, notamment en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient, avec des entreprises comme Klarna, Affirm ou encore Tabby qui ont non seulement transformé les comportements d’achat, mais aussi redéfini les pratiques financières dans leurs régions respectives.

Ce mode de paiement représente ainsi une alternative plus accessible au crédit classique, souvent associé à des taux d’intérêt élevés. Il permet de répondre à une demande croissante de flexibilité dans la gestion des dépenses des consommateurs, tout en favorisant une croissance des ventes pour les commerçants, qui peuvent constater une augmentation de leur panier moyen allant de 20% à 50%.

Une start-up marocaine pionnière dans le BNPL

Alya, la première start-up marocaine dans le domaine du paiement fractionné, s’illustre comme un acteur clé de cette transformation. Fondée par Brahim Zaid, Alya se positionne non seulement comme un facilitateur pour les consommateurs, mais aussi comme une solution novatrice pour les commerçants marocains.

Dans un échange avec Médias24, Brahim Zaid, fondateur et CEO d’Alya, nous explique les enjeux et les ambitions de sa start-up qui pourrait bien révolutionner l’écosystème économique national.

Comment le BNPL pourrait-il révolutionner l’écosystème économique national ?

Le paiement fractionné est un phénomène international qui connaît un grand succès dans des régions comme l’Europe, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient. En introduisant ce modèle au Maroc, Alya vise à dynamiser la consommation en permettant aux consommateurs marocains d’accéder à des produits et services de manière plus flexible.

Selon Brahim Zaid, « Le BNPL va stimuler la demande et accompagner la croissance du retail, avec des augmentations de ventes qui peuvent atteindre 50% ». Il ajoute que le modèle permet également d’améliorer l’inclusion financière, notamment en offrant des solutions plus accessibles que le crédit traditionnel.

Alya se positionne comme le premier acteur BNPL ayant obtenu le feu vert de Bank Al-Maghrib au Maroc. Son cadre légal solide repose sur une approche de co-construction avec la banque centrale qui encourage l’innovation fintech sérieuse et responsable. « Nous avons obtenu le feu vert officiel grâce à une gouvernance rigoureuse et une gestion prudente du risque », souligne Brahim Zaid.

Une solution concrète face à la crise économique ?

Dans un contexte économique difficile, marqué par une baisse du pouvoir d’achat et une stagnation des crédits à la consommation, le BNPL se présente comme une alternative efficace. Brahim Zaid affirme que « le BNPL offre une solution concrète pour mieux gérer son budget ».

Il permet aux consommateurs d’échelonner leurs paiements en 2, 3 ou 4 fois sans frais supplémentaires, rendant l’accès à des biens de consommation courante plus abordable ». Il cite des exemples de produits que les Marocains peuvent acheter en plusieurs fois, allant des appareils électroménagers aux vêtements pour enfants en passant par des abonnements à des salles de sport ou même des voyages.

Les risques de surendettement, une préoccupation légitime

Toutefois, la question du surendettement reste d’actualité. Brahim Zaid reconnaît ce risque, mais insiste sur les mécanismes de contrôle rigoureux mis en place par Alya. « Nous utilisons des modèles de scoring avancés pour évaluer la solvabilité des utilisateurs, garantissant que chaque consommateur dispose d’une capacité de remboursement adaptée », explique-t-il.

Alya veille ainsi à plafonner les crédits en fonction des revenus et de l’historique de paiement des utilisateurs. Il précise également qu’Alya adopte une approche transparente et éthique, avec des conditions claires et sans frais cachés, afin d’éviter l’accumulation de dettes.

Une alternative aux crédits bancaires classiques ?

Alya se distingue également par son modèle économique innovant. Contrairement aux crédits classiques, qui imposent souvent des intérêts élevés et des frais supplémentaires, Alya propose un service gratuit pour les consommateurs, se rémunérant par une commission auprès des commerçants.

« Nous avons une approche orientée retail, où nous aidons les commerçants à augmenter leur taux de conversion, leur panier moyen, et à améliorer leur gestion du besoin en fonds de roulement (BFR) », souligne Brahim Zaid.

Alya ne compte pas s’arrêter là. La start-up envisage de diversifier son offre en proposant de nouveaux produits financiers pour répondre aux besoins croissants des consommateurs. Selon Brahim Zaid, « Le marché BNPL au Maroc est estimé entre 15 et 20 milliards de DH, avec un potentiel de 50 MMDH d’ici 2030″.

L’expansion régionale fait également partie de ses objectifs, avec des ambitions de s’étendre vers d’autres pays d’Afrique francophone et d’Afrique du Nord.

Alya a su tisser des partenariats stratégiques avec des acteurs de la monétique et de la finance, tant au niveau national qu’international. « Nous avons conclu des partenariats avec des investisseurs comme Plug and Play, Proparco et MFounders, et nous continuons à renforcer nos collaborations dans des secteurs clés comme la banque, l’assurance, et le retail », explique Brahim Zaid.

La start-up envisage également d’annoncer de nouveaux partenariats dans des domaines comme l’assurance automobile et l’électroménager, des secteurs où la demande pour des solutions de paiement flexible est en pleine croissance.

Inclusion financière : une caravane pour digitaliser les paiements des commerçants

Développée en concertation avec les associations de commerçants, cette offre comprend plusieurs services adaptés à leurs besoins. Elle propose un compte bancaire dédié, une solution de crédit avantageuse pour financer leurs activités, ainsi que l’acquisition de terminaux de paiement électronique (TPE) afin de faciliter les transactions numériques.

En plus de ces services bancaires, une offre Barid Cash est également mise en place, permettant aux commerçants de bénéficier de services financiers plus accessibles et adaptés à leur réalité. L’objectif est de démocratiser les paiements digitaux et d’aider ces professionnels à moderniser leurs méthodes de transaction.

Pour assurer la diffusion de cette initiative, une caravane va parcourir plusieurs régions du Maroc afin de sensibiliser les commerçants aux bénéfices de l’inclusion financière et de la numérisation des paiements. Un projet pilote a été lancé dans la région Rabat-Salé-Kénitra. La généralisation à l’ensemble des régions du pays est prévue d’ici fin 2025.

Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a insisté sur la nécessité de moderniser le commerce via la digitalisation des paiements. Selon lui, cette initiative accompagne les mutations de l’économie nationale et répond aux défis de la transformation numérique, tout en renforçant la compétitivité des commerçants.

Al Amine Nejjar, président du directoire d’Al Barid Bank, a mis en avant l’impact concret de cette offre. Il a expliqué qu’elle a été conçue en concertation avec les représentants des commerçants, afin de répondre directement à leurs attentes et de leur offrir des solutions adaptées pour mieux gérer leurs transactions financières.

Hassan Sakhi, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Rabat-Salé-Kénitra, a affirmé le soutien de son institution à cette initiative. Il a souligné l’importance d’accompagner les commerçants dans cette transition vers le numérique, en leur offrant des outils qui facilitent leur gestion quotidienne et renforcent leur position face à la concurrence.

De son côté, Sami Romdhane, directeur général de Visa au Maroc, a rappelé que les paiements numériques représentent un levier essentiel pour la croissance des commerçants. Il a cité une étude réalisée par Visa, révélant que deux tiers des petits commerçants préfèrent aujourd’hui les paiements numériques et que ceux qui les ont adoptés ont constaté une augmentation de leur clientèle et de leurs revenus.

Étude. Ce que les clients au Maroc attendent de leurs banques

L’étude se concentre sur trois grandes villes, Casablanca, Rabat et Marrakech, mettant en lumière les perceptions, frustrations et priorités des consommateurs dans le secteur bancaire.

Selon le rapport, « Affinytix a récupéré 4.300 avis publics mentionnant les principales banques marocaines, que sont Attijariwafa bank, Bank of Africa, Banque Populaire, BMCI, CIH Bank, Crédit du Maroc et Société Générale. » Ces avis couvrent une période allant du 1er février 2022 au 28 mars 2024, et représentent « un échantillon statistiquement significatif » pour examiner les préoccupations des clients dans plusieurs domaines clés.

Les auteurs expliquent que cette analyse vise à « déballer les principaux moteurs de satisfaction et frustration des consommateurs », afin de mesurer si les attentes des clients en matière de service client et de comportement sur le marché sont satisfaites.

L’étude met également l’accent sur les disparités régionales et les expériences des clients entre les trois villes scrutées. L’objectif principal, tel que précisé dans le rapport, est d’ »explorer les disparités régionales en matière de satisfaction et d’insatisfaction clientèle, en mettant en exergue les spécificités et convergences des retours clients. »

Ce que demandent les clients des banques marocaines

Les attentes des clients marocains, mises en lumière dans le rapport, révèlent des besoins clairs et récurrents qui orientent leurs expériences et interactions bancaires. Ces exigences peuvent être résumées en quatre axes fondamentaux, reflétant une aspiration à des services plus personnalisés et efficients.

1. Service client personnalisé et dynamique

Les consommateurs expriment une forte préférence pour une approche qui valorise leurs besoins spécifiques. Ils recherchent des réponses « promptes et adaptées » à leurs demandes, tout en insistant sur l’importance d’une interaction agile et d’une assistance accessible. Comme le souligne le rapport, « l’importance d’une interaction client agile, caractérisée par une prise en charge instantanée des requêtes », est cruciale pour fidéliser une clientèle exigeante.

2. Accessibilité et commodité des services

L’intégration des outils numériques et l’amélioration des dispositifs physiques, comme les guichets automatiques, restent des priorités. Les clients souhaitent une expérience utilisateur fluide, sans friction, où l’accessibilité devient un pilier central. « Une facilité d’accès aux services bancaires […] est impérative pour favoriser une expérience harmonieuse ».

3. Conseil financier et accompagnement stratégique

Au-delà des services transactionnels, les clients recherchent des conseils personnalisés pour prendre des décisions éclairées en matière de crédit ou de gestion patrimoniale. L’accompagnement stratégique joue un rôle essentiel dans la relation entre les banques et leurs clients, renforçant la confiance et l’engagement.

4. Construction de relations bancaires durables

L’étude met en évidence une aspiration forte à « forger des partenariats pérennes avec les établissements bancaires ». Cette relation repose sur une confiance mutuelle et un accompagnement tout au long du parcours financier du client.

Le rapport révèle que 43% de tout les avis sondés traitent du service client, soulignant son rôle central dans l’expérience bancaire.

Les perceptions des clients par ville

À Casablanca, qui se positionne comme le centre économique du pays, une diversité d’opinions a été observée. Cependant, une forte proportion de retours négatifs, estimée à 72%, domine les avis. Les clients expriment fréquemment leur frustration face à des processus opérationnels jugés inefficaces, des délais de réponse prolongés et des interruptions récurrentes des technologies bancaires, notamment les guichets automatiques (GAB) et les systèmes de communication.

À Rabat, le rapport met en lumière une tendance similaire, avec 72% de retours négatifs. Ici, les préoccupations majeures concernent la qualité du service client et le comportement du personnel, deux éléments centraux dans la relation bancaire. Les clients pointent un manque de réactivité et de professionnalisme, signalant un besoin d’amélioration dans ces domaines pour renforcer la satisfaction et la confiance envers les banques opérant dans la capitale administrative.

Marrakech, elle aussi, affiche des résultats similaires avec 72,9% de retours négatifs. Les principales plaintes concernent le service client et, surtout, les temps d’attente en agence, perçus comme excessifs.

La qualité de service : un équilibre fragile

Les évaluations portant sur la qualité de service représentent 12% du total des avis examinés, selon le rapport d’Affinytix. Parmi ces avis, 54,24% expriment un sentiment positif, ce qui reflète une perception globalement équilibrée des services offerts par les banques marocaines. Cependant, 40,68% des avis relatifs à ce sujet formulent des critiques, mettant en évidence des zones importantes d’amélioration.

À Marrakech, les retours sur la qualité de service sont principalement axés sur un manque de fluidité et d’organisation en agence. Cette ville enregistre le score de sentiment net le plus bas, avec -83%, indiquant une insatisfaction généralisée. Casablanca, de son côté, ne fait pas beaucoup mieux avec 61% des retours exprimant des observations négatives, confirmant que la qualité de service reste un défi majeur pour les banques opérant dans cette ville.

En revanche, Rabat se distingue par des performances meilleures en termes de qualité de service. Avec 46% d’avis positifs, la capitale affiche le meilleur score de sentiment net, soit -7,5%, un positionnement nettement plus favorable par rapport à Marrakech et Casablanca.

Service client : une source majeure d’insatisfaction

La catégorie « Service Client » occupe une place centrale dans le feedback des consommateurs concernant les banques marocaines. Selon le rapport, 43,47% des avis analysés sont liés à cette catégorie, reflétant une préoccupation majeure pour les clients. Cependant, la majorité de ces retours sont négatifs, avec 85,45% des avis exprimant une insatisfaction contre seulement 13,15% d’avis positifs. Ce constat s’applique uniformément aux trois villes étudiées.

La répartition des avis par ville révèle que les retours concernant le service client proviennent principalement de Casablanca (42,86%) et de Marrakech (42,75%), puis de Rabat (seulement 27,10%). Cette distribution met en évidence une concentration des problèmes liés au service client à Casablanca et Marrakech, où les attentes élevées des consommateurs sont souvent déçues.

Parmi les trois villes, Marrakech affiche néanmoins les performances les moins mauvaises, avec un score de sentiment net de -58 %, contre -75% pour Rabat et -76% pour Casablanca, qui détient le score le plus bas. Ces résultats indiquent que les banques de Casablanca et Rabat ont encore un long chemin à parcourir pour répondre aux attentes des clients en matière de service client.

Le professionnalisme : un point fort apprécié des clients

Les avis relatifs au professionnalisme représentent 2,65% de l’ensemble des retours analysés, révélant une constatation positive et cohérente dans les trois villes étudiées. Une majorité de 77% des clients expriment un sentiment positif, témoignant ainsi d’un niveau élevé de satisfaction à l’égard de ce critère. Casablanca se distingue avec le plus fort taux de perception positive, affichant un sentiment net de 62,5%, ce qui en fait le point fort principal du secteur bancaire dans cette région.

Les temps d’attente : une source majeure de frustration

La problématique des temps d’attente émerge comme un élément central de frustration pour les clients des banques marocaines. Ce thème représente 8% de l’ensemble des retours analysés, avec une incidence particulièrement élevée à Marrakech (14,5%) et Rabat (13,43%).

Le rapport révèle que 97% des avis liés à cette catégorie sont négatifs, traduisant un besoin urgent d’amélioration dans la gestion des flux en agence. Les clients dénoncent des files d’attente prolongées et une lenteur dans les opérations, mettant en lumière l’impératif crucial de renforcer l’efficacité opérationnelle.

Les trois villes affichent des scores de sentiment net fortement négatifs, Rabat enregistrant le plus bas score, à -80%. Cette situation indique que les banques doivent adopter des stratégies spécifiques pour réduire les temps d’attente, améliorer l’expérience en agence et restaurer la satisfaction client sur cet aspect critique.

Le comportement du personnel : un domaine à améliorer

Dans les trois villes scrutées, la catégorie « Comportement du personnel » occupe une place centrale dans les retours clients, représentant 40% de l’ensemble des avis analysés. Selon le rapport, « 84% de tous les commentaires relatifs à cette catégorie expriment un sentiment négatif », ce qui souligne les défis persistants dans les interactions humaines des banques marocaines avec leur clientèle.

À Casablanca, les retours négatifs mettent en lumière un « manque de respect » ou un manque d’empathie dans certaines situations. Cependant, les avis positifs mentionnent des points tels que « l’attention, la courtoisie et l’efficacité du personnel », montrant qu’une partie des clients reconnaît des efforts individuels. Malgré tout, le rapport précise que cette ville enregistre un « sentiment net de -73% », confirmant que des améliorations substantielles sont nécessaires pour répondre aux attentes des clients.

À Rabat, le rapport met en avant des retours plus nuancés, où des éloges sont adressés au personnel démontrant un « haut niveau de courtoisie et d’efficacité », tandis que des critiques ciblent « les cas d’indifférence ou de manque de réactivité ». Le sentiment net de -68% illustre que des ajustements sont nécessaires pour répondre à ces préoccupations et améliorer l’expérience globale des clients.

Ces données, telles que rapportées par Affinytix, mettent en évidence l’urgence d’investir dans des formations spécialisées pour le personnel bancaire. « Une amélioration du comportement du personnel est essentielle pour renforcer la confiance des clients et améliorer l’image des banques marocaines. » Ces efforts doivent être orientés vers une interaction client plus respectueuse, proactive et efficace.

L’accessibilité 

La catégorie « Accessibilité » est cruciale pour évaluer la manière dont les clients interagissent avec leurs banques. Elle regroupe des aspects tels que la disponibilité des services bancaires, les heures d’ouverture des agences, l’accès aux guichets automatiques, ainsi que la facilité d’utilisation des plateformes en ligne et mobiles.

Selon le rapport, 80% des avis exprimés sont négatifs, contre seulement 11,11% d’avis positifs, traduisant une insatisfaction générale quant à l’accessibilité des services bancaires. La ville de Casablanca se distingue toutefois en obtenant le meilleur score dans cette catégorie, bien que des améliorations soient nécessaires pour répondre aux attentes des clients.

La gestion de compte : des avis préoccupants

Les avis concernant la « Gestion de compte » se concentrent sur des éléments tels que l’ouverture de comptes, la maintenance, l’accès aux informations, la personnalisation des services et la résolution des problèmes. Bien que la catégorie soit importante pour les interactions client-banque, elle affiche des résultats préoccupants avec 25% d’avis positifs, 70% d’avis négatifs et 5% d’avis neutres.

Marrakech obtient les meilleurs retours dans cette catégorie, se démarquant par un pourcentage plus élevé d’avis positifs que les autres villes.

Les services bancaires : des critiques récurrentes

La catégorie « Services bancaires » englobe les avis concernant les opérations courantes, comme les dépôts, les retraits, et les transferts d’argent. Les clients ont un mélange d’expériences positives et négatives avec les services bancaires, incluant des problèmes de gestion de compte, d’utilisation de carte internationale et de prélèvements non autorisés. Les retours sont à 30% positifs, 27% négatifs, et 42% neutres.

Parmi les villes étudiées, Casablanca affiche les résultats les plus encourageants pour cette catégorie, se positionnant légèrement au-dessus des autres.

Les priorités pour améliorer la satisfaction client

Le rapport d’Affinytix identifie quatre axes prioritaires pour améliorer la satisfaction client dans le secteur bancaire marocain. Ces priorités s’appuient sur des scores de sentiment net qui mettent en évidence les domaines les plus problématiques à traiter.

– Le temps d’attente, avec un score de sentiment net de -94%, est identifié comme le point le plus critique pour les clients.

– Le comportement du personnel, avec un score de sentiment net de -73%, constitue la deuxième priorité. Les clients sont souvent mal accueillis et les interactions inadaptées.

– Le service client dans son ensemble nécessite une refonte, affichant un score de sentiment net de –71%. Cette performance traduit une érosion de la confiance des clients envers les services bancaires.

Les systèmes technologiques apparaissent comme une priorité urgente, avec un score de sentiment net de -69%. Investir dans des mises à jour technologiques et des infrastructures modernes est donc impératif.

Distribution des aides sociales : les établissements de paiement font toujours face au défi du cash

Les aides sociales directes vont boucler leur première année de déploiement en décembre 2024. À travers ce programme, ce sont plus de 4 millions de familles, ainsi que 5,4 millions d’enfants et 1,2 million de personnes âgées de plus de 60 ans, qui en bénéficient, selon les chiffres arrêtés à octobre 2024.

C’est également un an de rodage pour les acteurs « intermédiaires » qui acheminent ces aides aux bénéficiaires, à savoir les banques et les établissements de paiement.

Des milliards de DH qui finissent en cash 

Lancé il y a près d’un an, le système de distribution des aides sociales a rapidement démontré son efficacité. « Aujourd’hui, tout fonctionne à merveille, le système est bien huilé », affirme Hazim Sebbata, président de l’Association professionnelle des établissements de paiement (APEP), dans une déclaration à Médias24.

Les bénéficiaires reçoivent leurs allocations via des virements, soit sur des comptes bancaires, soit sur des comptes de paiement mobile, comme exigé par le gouvernement et la Banque centrale.

Cela dit, la tendance observée les premiers mois s’est confirmée : la majeure partie de ces fonds est retirée en espèces après réception. « L’écrasante majorité des virements qui sont reçus sont « cashOutés » immédiatement. Les gens retirent la totalité de cet argent et font ce qu’ils veulent, souvent pour rembourser des dettes ou effectuer des paiements en liquide », explique Hazim Sebbata. Ce comportement met en lumière une résistance culturelle au changement et limite l’impact de cette initiative sur la promotion des paiements numériques.

L’écrasante majorité des virements qui sont reçus sont « cashOutés » immédiatement. Les gens retirent la totalité de cet argent, souvent pour rembourser des dettes ou effectuer des paiements en liquide

Cette préférence pour le cash impose une charge importante aux établissements de paiement, qui jouent un rôle central dans la mise en œuvre du programme. « Chaque mois, ce sont plusieurs milliards de dirhams qui doivent être mis à disposition en liquidités. Cela demande un effort extraordinaire pour garantir que tous les bénéficiaires puissent retirer leur argent dans un délai restreint », souligne Hazim Sebbata.

Cette logistique complexe détourne également des ressources qui pourraient être consacrées à la modernisation et au développement des solutions numériques. « Nous devons trouver un équilibre entre répondre aux besoins actuels et investir dans l’avenir », ajoute le président de l’APEP.

Créer un cercle vertueux : le double défi

Pour que l’on puisse s’appuyer sur ce programme pour accélérer l’inclusion et la digitalisation financières, il est essentiel de transformer les habitudes des bénéficiaires et des commerçants. « Le défi, c’est de convaincre les bénéficiaires de maintenir leur argent sur leurs comptes et de l’utiliser pour des paiements numériques« , précise Hazim Sebbata. Cela passe par des campagnes d’éducation financière, mais aussi par des incitations concrètes, comme la réduction des frais de transaction.

Le défi, c’est de convaincre les bénéficiaires de maintenir leur argent sur leurs comptes et de l’utiliser pour des paiements numériques

Du côté des commerçants, l’enjeu est tout aussi crucial. « Si les commerçants acceptaient plus de paiements digitaux, cela inciterait les bénéficiaires à conserver leurs fonds dans l’écosystème numérique. Ce serait un cercle vertueux« , explique-t-il. Pour cela, des efforts sont nécessaires pour réduire les barrières à l’adoption des terminaux de paiement et des applications mobiles.

La préférence des bénéficiaires pour le retrait en espèces illustre des défis structurels liés à des réalités économiques et comportementales. Dans la théorie économique, notamment celle de Keynes, la préférence pour la liquidité est un comportement rationnel dans un contexte de vulnérabilité, car il répond à des besoins immédiats ou imprévus. Cependant, il maintient la dépendance au cash et limite l’impact des paiements numériques sur l’économie.

La forte prévalence de l’économie informelle dans des pays comme le Maroc pousse les individus à privilégier le cash, qui offre une flexibilité adaptée aux transactions non régulées. Ce phénomène s’explique aussi par une confiance limitée dans les institutions financières.

Si les bénéficiaires conservaient leur argent sur leurs comptes, les effets économiques pourraient être significatifs. D’un côté, une épargne, même temporaire, offrirait davantage de liquidités au système financier, ce qui renforcerait la capacité des banques et des établissements de paiement à octroyer des crédits ou à financer des projets. D’autre part, les paiements numériques traçables apporteraient une meilleure structuration des flux financiers, ce qui allègerait le poids de l’économie informelle et favoriserait une inclusion économique plus large.

Une opportunité pour transformer le marché des paiements

Malgré les défis, Hazim Sebbata reste optimiste quant à l’impact de ce programme sur le marché des paiements. « Cette initiative est une étape louable vers un monde moins dépendant du cash. Elle s’inscrit dans une vision plus large d’inclusion financière et sociale, même si l’histoire reste à écrire », souligne-t-il.

Néanmoins, « l’initiative du gouvernement de distribuer les aides directes exclusivement via des virements est une initiative louable parce qu’elle va dans le sens de l’inclusion financière et sociale, dans le sens d’un monde avec moins cash ».

Le président de l’APEP estime que cette dynamique peut également bénéficier aux établissements de paiement, en encourageant l’innovation et la compétitivité. Les modèles économiques traditionnels, basés uniquement sur le cash ou le digital, montrent leurs limites. « L’avenir est dans l’omnicanal, qui offre une flexibilité à la fois pour les clients et les entreprises. C’est là que réside la clé du succès », conclut-il.

CMI vs NAPS : au Conseil de la concurrence, l’affaire n’est pas terminée

Attaqué par NAPS pour abus de position dominante sur le marché des paiements électroniques par carte, le CMI reste sous pression. Bien que les banques actionnaires aient proposé des engagements pour répondre aux « préoccupations » soulevées par le Conseil de la concurrence, la décision finale du régulateur est encore en attente.

Cette échéance cruciale est fixée au 31 octobre. D’ici là, le Conseil souhaite recueillir les avis de « tiers intéressés » qui doivent se manifester avant le 30 octobre. Ces dates, annoncées fin septembre avec les propositions du CMI, ont été réitérées dans un communiqué publié le 16 octobre. S’agit-il d’un rappel à l’ordre ?

Le communiqué, au ton faussement neutre, insiste sur un élément en particulier : le « taux d’interchange », la part perçue par les banques sur la commission des paiements par carte. Dans cette affaire, c’est le point focal. Historiquement, les banques ont contrôlé la tarification monétique, créant ainsi une situation quasi monopolistique pour le CMI. Malgré une ouverture du marché en 2015, le taux d’interchange a augmenté à plusieurs reprises entre 2012 et 2019, selon le Conseil. Ces hausses ont nui à la concurrence et au développement des paiements électroniques qui ne représentent que 1% des paiements au Maroc, déplore le régulateur.

Pour remédier à ces préoccupations, Bank Al-Maghrib a fixé le taux d’interchange à 0,65% de la valeur des transactions par carte émises au Maroc, à la suite d’une recommandation du Conseil. Auparavant, ce taux atteignait 1,2%.

Là aussi, le Conseil rappelle ce qu’il a déjà annoncé fin septembre. Pourquoi ce rappel ? Des déviances dans l’application de la mesure ont-elles été constatées ? Selon nos informations, certains clients se plaignent du fait que la baisse du taux d’interchange n’a pas été totalement répercutée, se transformant même en marge pour le CMI.

Ainsi, la baisse n’a pas bénéficié à tous les commerçants, nuançant un communiqué de CMI du 11 octobre, où l’opérateur affirme avoir réduit significativement ses commissions pour 55.000 commerçants, sans préciser l’ampleur de la réduction. Le CMI se félicite d’une « initiative » de la Banque centrale, tout en occultant le rôle du Conseil de la concurrence, pourtant à l’origine de ces développement.

Le régulateur fait d’ailleurs savoir, en filigrane, qu’il garde la main sur l’avenir ce dossier. Il continuera de suivre l’impact du plafonnement de l’interchange sur les commissions et le fonctionnement concurrentiel des marchés. Ce suivi a probablement déjà débuté et se poursuivra une fois les engagements validés. Mais pour l’instant, rien n’est acté. Rendez-vous le 31 octobre.

Paiement électronique. Pourquoi les décisions des régulateurs sont historiques, voici les implications immédiates

Le secteur de la monétique, en particulier celui du paiement électronique, va subir une transformation majeure qui démarre dès ce 1er octobre.

Tout est parti d’une plainte déposée par NAPS au Conseil de la concurrence, accusant le Centre monétique interbancaire (CMI), opérateur historique du secteur, d’abus de position dominante et de pratiques anticoncurrentielles sur le marché des terminaux de paiement électronique (TPE).

Deux décisions majeures ont découlé de l’instruction ouverte par le Conseil de la concurrence à laquelle a été associé Bank Al-Maghrib. Elles ont été rendues publiques en l’espace de quelques jours :

1- Le plafonnement des tarifs d’interchange, qui entrent dans la composition de la commission payée sur chaque paiement électronique, annoncé par Bank Al-Maghrib.

2- Le démantèlement du monopole du Centre monétique interbancaire (CMI), annoncé par le Conseil de la concurrence.

En quoi ces deux décisions sont-elles historiques ? La première réglemente et plafonne les frais payés par les commerçants aux banques à la suite d’un paiement monétique ; des frais maintenus à des seuils élevés par manque de concurrence dans le secteur.

La deuxième met fin à un monopole en place depuis vingt ans. Il s’agit de celui du CMI, seul opérateur actif dans l’acquisition de 2004 à 2015. Et qui a maintenu son monopole malgré l’arrivée de la concurrence.

Les pratiques des banques et de leur filiale CMI ont empêché le développement du secteur de la monétique puisque les paiements électroniques ne représentent que 1% des transactions au Maroc.

Les banques actionnaires du CMI.

Une commission Banques-CMI allant jusqu’à 2% (HT) par transaction

Schématisons. Chaque fois qu’un consommateur paie un achat par voie électronique (via TPE ou en ligne), plusieurs acteurs interviennent pour rendre cette opération possible, dont trois principaux :

Un consommateur va régler la facture de son restaurant d’un montant de 1.000 DH via un TPE installé chez ce dernier.

Le client se verra débiter 1.000 DH sur sa carte bancaire. Sur cette transaction, le restaurant, lui, va payer une commission globale de 2% (HT), soit 20 DH hors taxes ou encore 22 DH TTC. 

Ces 20 DH sont à la charge du commerçant et ne doivent en aucun cas être répercutés sur le client final. Car la loi exige que le client règle le produit ou service acheté au même prix, sans frais supplémentaires, quel que soit le mode de paiement choisi : cash, électronique ou chèque…

À qui notre restaurateur va reverser les 20 DH ? 12 DH (1,2%) iront à la banque émettrice de la carte bancaire du client. C’est ce qu’on appelle dans le jargon monétique : frais d’interchange. Pour faire simple, c’est la commission payée par les commerçants aux banques de leurs clients qui effectuent des transactions chez eux.

Les 0,8%, soit 8 DH, représentent les frais d’acquisition. C’est la commission payée par le restaurateur à l’opérateur chez qui il a pris son TPE. En l’occurrence, le CMI ou l’un de ses concurrents.

Un accord de place définit les taux appliqués

Ces taux étaient fixés par les banques d’un commun accord. « Ce taux de 1,2% était pratiqué par toutes les banques. C’est ce qu’on appelle un accord de place. La place bancaire a décidé que la commission de la banque sera de 1,2% (HT) et libre à chaque opérateur, comme le CMI ou NAPS, qui offre des services de paiement, de rajouter la marge qu’il estime suffisante pour lui », nous explique Ismail Bellali, expert du secteur de la monétique et fondateur du cabinet de conseil Unipay.ma.

Dans son communiqué, le Conseil de la concurrence a évoqué des « préoccupations de concurrence », sans en préciser la nature. Ententes ? Abus de position dominante ? La question reste entière, et il revient à l’autorité de la concurrence d’y répondre.

Selon les explications d’Ismail Bellali, le taux de 1,2% est un taux standard. Certains secteurs ont des taux plus bas après « des ajustements décidés par les banques ». C’est le cas du secteur de la distribution alimentaire, de la distribution d’eau et d’électricité et du commerce de proximité pour qui la commission des banques est de 0,55%.

C’est aussi le cas des des stations-service, à qui les banques accordent le taux le plus bas, à savoir 0,15%.

« Comme la commission de la banque est fixe, les acquéreurs monétiques (CMI, NAPS, etc.) se font la concurrence sur leurs marges qui ne dépassent pas les 0,8% dans le meilleur des cas. Et comme cette marge est faible, les baisses qu’ils peuvent se permettre sont très limitées. Un commerçant n’a pas vraiment d’intérêt à changer d’opérateur monétique pour économiser 0,1% ou 0,2%. C’est minime. C’est la raison qui fait que les parts de marché sont restées stables, malgré l’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché. Conséquence, peu ou pas de concurrence », poursuit Ismail Bellali.

Le CMI accapare toujours 97% des parts de marché selon le communiqué du Conseil de la concurrence. Les mesures proposées visent donc à casser ce monopole.

Bank Al-Maghrib divise par deux les frais d’interchange

À partir de ce 1er octobre, l’intervention de Bank Al-Maghrib a d’abord permis de diviser par deux le taux de ces fameux frais d’interchange.

La Banque centrale a plafonné ces frais à 0,65%. Elle a également décidé d’instituer une commission multipartite pour déterminer les niveaux de frais d’interchange sectoriels.

Pour l’heure, c’est une décision importante qui brise un statu quo. Néanmoins, malgré la baisse opérée, ces frais restent élevés en comparaison avec ceux pratiqués dans l’Union européenne, par exemple, où ils sont plafonnés à 0,2% de la valeur de la transaction pour les cartes de débit des consommateurs et à 0,3% pour les cartes de crédit des consommateurs.

Quelle lecture faire de cette décision et quel est son impact immédiat ? « Je tiens à préciser que Bank Al-Maghrib fixe un plafond aux frais d’interchange et ne demande pas aux banques d’appliquer ce taux. Rien n’empêche chaque banque d’appliquer un taux inférieur si elle le souhaite », commente Bellali.

Et d’ajouter : « Théoriquement, la baisse exigée par Bank Al-Maghrib au niveau des frais d’interchange devrait bénéficier aux commerçants. C’est une baisse accordée par les banques à la demande du régulateur et qui ne touche pas les marges des acquéreurs ».

Cependant, « dans la réalité, les choses pourraient se passer différemment. Cette baisse pourrait être répercutée en partie seulement sur les commerçants et l’autre partie servirait à augmenter la marge des opérateurs monétiques », analyse notre expert.

Le CMI abandonnera le marché de l’acquisition monétique d’ici un an

C’est l’un des points de vigilance sur le court terme, car si le CMI récupère une partie de la marge concédée par les banques, celle-ci pourrait leur revenir par le biais des dividendes.

Ce risque, qui est bien réel, ne persistera pas. Car les mesures annoncées par le Conseil de la concurrence vont y remédier d’ici un an.

Le CMI et les neuf banques actionnaires de ce dernier se sont engagés sur un ensemble de mesures pour améliorer le fonctionnement concurrentiel du marché du paiement électronique par carte (TPE et PEL) :

Comment toutes ces mesures se répercuteront-elles sur le marché, notamment la principale, ayant trait au démantèlement du monopole du CMI ? Comment cette activité pourrait-elle être partagée entre les différentes banques actionnaires ?

« En 2004, quand le CMI s’est lancé dans le secteur de l’acquisition, il avait zéro client. Chacune des banques actionnaires a transféré au CMI son portefeuille de clients commerçants. On peut envisager de faire l’opération inverse. Ainsi, le CMI va transférer à chaque banque son portefeuille commerçants », estime Ismail Bellali. « La clé de répartition sera vraisemblablement le RIB de domiciliation du commerçant », précise notre interlocuteur.

À partir de là, chaque banque qui a sa filiale de paiement lui transférera le portefeuille clients. Celle qui n’en a pas optera alors pour un partenariat stratégique avec un établissement existant ou décidera de créer une filiale.

Privé de sa principale activité, que deviendra le CMI ? « Le CMI va devenir un centre de processing de transactions de paiement pour le compte des établissements qui voudront le faire chez lui, à l’image de HPS, S2M ou le nouvel arrivant Network International« , répond Ismail Bellali.

Dossier à suivre…

CMI-NAPS : après la sortie de Jouahri, Rahhou attendu sur un dossier complexe

Au Conseil de la concurrence, on s’apprête à annoncer l’issue de l’instruction du dossier des pratiques anticoncurrentielles sur le marché des terminaux de paiement électronique (TPE).

Le Centre monétique interbancaire (CMI) est au cœur de la procédure. L’opérateur historique est accusé d’abus de positon dominante par son concurrent NAPS, auteur de la saisine.

Pour l’heure, deux éléments sont sûrs : l’enquête a bien confirmé les griefs à l’encontre du CMI. Et, en conséquence, les actionnaires de cette entreprise ont signé des engagements pour remédier aux dysfonctionnements de la concurrence sur le marché national.

Par actionnaires, on vise les neuf banques composant le board de CMI. Et si l’affaire a été ouverte sous l’angle des TPE, différentes sources suggèrent que l’instruction a bifurqué sur le sujet, plus large, de la concurrence dans le secteur bancaire, d’où la complexité du dossier. De sorte qu’à ce stade, on ne sait pas précisément si c’est le CMI ou ses actionnaires (ou les deux) qui sont mis en cause.

Cette piste sera vérifiée à l’aune des engagements signés. Sauf changement de programme, ils seront officiellement dévoilés d’ici la fin de cette semaine ou, au plus tard, fin septembre. En coulisse, on nous annonce des mesures qui vont « révolutionner » un secteur jusque-là vampirisé par la présence excessivement forte du CMI.

En attendant les détails concrets, la première sortie officielle sur l’affaire émane de Bank Al-Maghrib (BAM). Activant ses attributions de régulateur sectoriel, la Banque centrale a émis une circulaire encadrant les frais d’interchange monétique domestique. La décision a été prise par BAM, à la suite des discussions avec le Conseil de la concurrence et en écho au dossier CMI-NAPS.

Au Conseil, ce dossier avait été enclenché par la plainte d’un opérateur (NAPS) qui se disait lésé par les abus de son concurrent (CMI). Par réflexe, on aurait pu s’attendre à l’ouverture d’une procédure contentieuse, avec le régime de sanctions qui en découle. Dans les faits, le régulateur a privilégié l’approche corrective, la finalité étant d’engager les parties à remédier aux dysfonctionnements. D’où de longues négociations avec les banques et BAM, en passant par les acteurs du paiement électronique.

Par la signature des engagements, c’est une phase du dossier qui s’achève. Mais l’affaire n’est pas « terminée ». L’engagement des banques entraîne une procédure à part entière, qui s’étalera dans le temps. Elle concerne le « suivi » des engagements, tâche qui sera assurée par les services d’instruction du Conseil. Un ou plusieurs rapporteurs seront désignés à cet effet.

L’approche corrective n’annule pas des suites potentiellement coercitives. Le non-respect des engagements pourrait impliquer, le cas échéant, l’ouverture d’un dossier contentieux. Déjà scrutées, les banques sont officiellement sous les radars du Conseil de la concurrence.

https://medias24.com/2024/09/25/naps-cmi-voici-les-mesures-prises-par-bank-al-maghrib/

https://medias24.com/2024/09/24/naps-cmi-selon-jouahri-laffaire-est-terminee/

Les explications du CMI sur l’arrêt temporaire des opérations par cartes bancaires

« Un incident technique s’est produit au niveau de la plateforme du Switch national, le HPS Switch. Comme ce dernier permet le routage de toutes les opérations monétiques des cartes bancaires marocaines, aucune opération similaire n’a pu être effectuée« , indique Ismail Bellali, directeur général du Centre monétique interbancaire (CMI), joint par Médias24. Les cartes bancaires étrangères n’ont pas été concernées par ce bug, précise-t-il.

La panne a été résolue le jour même, vers 17 h, poursuit le responsable. Il s’agissait donc d’un arrêt temporaire.

Trois perturbations monétiques en 2022

Outre la panne constatée ce mercredi 16 novembre, des perturbations lors des paiements en ligne ont été observées du lundi 16 octobre au jeudi 20 octobre. Joint antérieurement par Médias24, Ismail Bellali nous avait expliqué que ces perturbations étaient survenues suite à la migration des banques et des acquéreurs de transactions monétiques « vers un nouveau protocole de sécurité, le 3D Secure, imposé par Visa et MasterCard pour authentifier les paiements en ligne ».

Une importante panne monétique avait par ailleurs été constatée en avril dernier. Plusieurs personnes avaient signalé l’impossibilité de payer leurs achats via les TPE. Les terminaux de paiement électronique envoyaient tous le même message : « Banque indisponible ».

« Le samedi 23 avril 2022, à 15h05, un incident Hardware de la plateforme principale du Switch a affecté de manière intermittente les opérations monétiques de la place. Les équipes de HPS ont alors entrepris un ensemble d’actions palliatives pour rétablir la situation à 19h30 », avait précisé HPS Switch dans un communiqué.

Le problème avait été résolu le dimanche 24 avril, après que « les équipes de HPS Switch ont exécuté avec succès le plan de continuité de l’activité ».

Lancement d’une plateforme pour le paiement des droits de la conservation foncière

Dans le cadre de ce partenariat, les notaires peuvent s’acquitter à distance des droits de la conservation foncière via un nouveau canal e-banking de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), « CDGNET+  » et « CDG Mobile ».

Le lancement de ce service constitue un moment de renforcement du partenariat entre la CDG, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) et le Conseil national de l’ordre des notaires du Maroc (CNONM). Il représente une étape cruciale dans l’orientation de la coopération entre les trois institutions dans des domaines d’intérêt commun et l’amélioration des services rendus aux citoyens.