Le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal reconnaissent officiellement l’État de Palestine

Au total, au moins 145 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent désormais l’État palestinien, selon un décompte de l’AFP. Cette reconnaissance ne modifie toutefois pas le statut actuel des Palestiniens à l’ONU, leur adhésion pleine et entière restant bloquée par les États-Unis.

Ce lundi, d’autres pays devraient rejoindre le mouvement lors de la réunion prévue à l’ONU, parmi lesquels la France, Andorre, la Belgique, le Luxembourg, Malte et Saint-Marin.

Avant même cette rencontre, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal avaient annoncé, dimanche 21 septembre, leur reconnaissance officielle de l’État palestinien.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que son pays reconnait officiellement l’État de Palestine. « Aujourd’hui, pour raviver l’espoir de paix pour les Palestiniens et les Israéliens, et une solution à deux États, le Royaume-Uni reconnaît officiellement l’État de Palestine », a-t-il dit dans une vidéo publiée sur son compte X.

Pour sa part, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé que le Canada reconnaît officiellement l’État de Palestine, soulignant que cette décision vise à préserver la possibilité d’une solution à deux États. « Le Canada inscrit cette mesure dans le cadre d’un effort international concerté visant à préserver la possibilité d’une solution à deux États », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a également annoncé que son pays reconnaît officiellement l’État de Palestine. « Aujourd’hui, le 21 septembre 2025, l’État portugais reconnaît officiellement l’État de Palestine », a indiqué le chef de la diplomatie portugaise dans une déclaration à la presse à New York. Il a souligné que « le Portugal soutient la solution à deux États, comme la seule voie vers une paix juste et durable, favorisant la coexistence et des relations pacifiques entre Israël et la Palestine ».

Le Premier ministre australien a annoncé que son pays reconnait officiellement l’État de Palestine. « À partir de ce dimanche 21 septembre 2025, le Commonwealth d’Australie reconnaît officiellement l’État de Palestine en tant qu’État indépendant et souverain », a souligné M. Albanese dans un communiqué publié sur le site du ministère des Affaires étrangères. Cette décision, a-t-il ajouté, traduit la reconnaissance par Canberra « des aspirations légitimes et de longue date du peuple palestinien à un État qui lui soit propre ».

La France pourrait reconnaître l’État palestinien « en juin », dit Macron

« On doit aller vers une reconnaissance [de l’État palestinien, ndlr], et donc dans les prochains mois on ira », a déclaré le président français dans une interview à l’émission « C’est à vous » sur France 5 accordée à son retour d’Égypte le mardi 8 avril, et diffusée le lendemain.

« Notre objectif, c’est, quelque part en juin, avec l’Arabie saoudite, de présider cette conférence où on pourrait finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs », a-t-il ajouté.

La conférence vise à la création d’un État palestinien.

Près de 150 pays reconnaissent l’État palestinien. En mai 2024, l’Irlande, la Norvège et l’Espagne ont ainsi franchi le pas, suivis de la Slovénie en juin. La solution à deux États reste toutefois rejetée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« Je le ferai […] parce que je pense qu’à un moment donné ce sera juste, et parce que je veux aussi participer à une dynamique collective qui doit permettre à tous ceux qui défendent la Palestine de reconnaître à leur tour Israël, ce que plusieurs d’entre eux ne font pas », a relevé le président français.

L’Autorité palestinienne a aussitôt salué l’annonce d’Emmanuel Macron. Une reconnaissance par la France « serait un pas dans la bonne direction, conforme à la défense des droits du peuple palestinien et à la solution à deux États », a déclaré à l’AFP Varsen Aghabekian Shahin, ministre d’État aux Affaires étrangères.

Le lundi 7 avril au Caire, le président français a apporté son soutien au plan arabe pour Gaza, s’opposant « fermement aux déplacements de populations » face aux ambitions de Donald Trump.

L’initiative arabe se veut une réponse au plan du président américain qui prévoit de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’en expulser ses habitants.

Préparée par l’Égypte, elle ambitionne de reconstruire la bande de Gaza, détruite par quinze mois de guerre entre Israël et le Hamas, sans déplacer ses 2,4 millions d’habitants.

Interrogé sur le projet de Donald Trump d’en faire la « Riviera du Moyen-Orient », Emmanuel Macron martèle que la bande de Gaza n’est « pas un projet immobilier ».

« Le simplisme, parfois, n’aide pas. Je dis au président Trump : […] C’est vrai que c’est trop lent tout ça, je comprends ton impatience, peut-être ce serait formidable si un jour ça se développait de manière extraordinaire, mais là, notre responsabilité, c’est de sauver des vies, de retrouver la paix et de négocier un cadre politique », a-t-il souligné.

« Si tout cela n’existe pas, personne n’investira. Aujourd’hui, personne ne mettra un centime à Gaza », a-t-il martelé.

(Avec AFP)

L’Agence Bayt Mal Al Qods a distribué plus de 1.500 paniers et 3.000 rations durant le Ramadan

À la veille du premier jour de l’Aïd Al Fitr en Palestine, l’Agence Bayt Mal Al Qods Acharif a clôturé, le samedi 29 mars, sa campagne humanitaire ramadanesque à Al Qods par la distribution de 200 tenues de fête au profit d’orphelins pris en charge par l’institution, grâce à une subvention de l’Association marocaine d’appui à la reconstruction en Palestine.

Les enfants bénéficiaires, accompagnés de leurs proches, ont été accueillis dans plusieurs magasins partenaires à travers la Ville sainte pour choisir leurs habits de l’Aïd, dans le cadre d’une initiative conjointe de l’Agence et l’Association donatrice.

Outre les 200 vêtements de l’Aïd au profit des orphelins, le bilan de l’Agence pour sa campagne d’aide humanitaire du mois de Ramadan de cette année fait état de la distribution de plus de 1.500 paniers alimentaires aux familles bénéficiaires et d’environ 3.000 rations alimentaires à la Sainte Mosquée Al Aqsa ainsi qu’à plusieurs centres sociaux.

(Avec MAP)

Le sommet arabe adopte un plan pour reconstruire Gaza

Le communiqué final adopté à l’issue du sommet a exhorté la communauté internationale ainsi que les institutions financières internationales et régionales à « apporter rapidement le soutien nécessaire à ce plan, sachant que les efforts de reconstruction doivent aller de pair avec l’amorce d’un processus politique dans la perspective d’une solution durable et juste, permettant au peuple palestinien de réaliser ses aspirations légitimes à l’établissement de son État indépendant et à vivre en paix et en sécurité ».

Le plan présenté par l’Egypte représente un montant de 53 milliards de dollars sur cinq ans, une estimation équivalente à celle de l’ONU, pour reconstruire la bande de Gaza.

Le sommet a en outre salué la tenue prochaine, au Caire, d’une conférence internationale sur le relèvement et la reconstruction de Gaza, en coopération avec l’État de Palestine et l’ONU, et a appelé la communauté internationale à y participer activement pour accélérer la réhabilitation et la reconstruction de la bande de Gaza. Il a aussi préconisé la mise en place d’un fonds où seront déposées les contributions de tous les États et des institutions de financement donatrices, en vue de réaliser les projets de reconstruction.

Le communiqué final a insisté sur « l’importance impérieuse de poursuivre l’application intégrale de l’accord de cessez-le-feu dans ses deuxième et troisième phases » et sur « la nécessité pour chaque partie de respecter ses engagements, en particulier la partie israélienne ».

Il a également salué la décision palestinienne de créer un Comité de gestion de Gaza sous l’égide du gouvernement palestinien, composé de compétences issues de la bande de Gaza, pour une période de transition visant à faciliter le retour de l’Autorité nationale palestinienne à Gaza.

Rejet de toute forme de déplacement du peuple palestinien

De même, le sommet a exhorté le Conseil de sécurité à « déployer des forces internationales de maintien de la paix pour contribuer à assurer la sécurité des peuples palestinien et israélien aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza, dans le cadre d’une perspective politique menant à la création de l’État palestinien ».

Il a également apporté son soutien aux efforts de la Coalition internationale pour la mise en œuvre de la solution à deux États, sous la présidence de l’Arabie Saoudite, en sa qualité de présidente du Comité arabo-islamique conjoint sur Gaza, l’Union européenne et la Norvège.

D’autre part, le sommet arabe a souligné le rôle vital de l’UNRWA dans l’assistance des réfugiés palestiniens conformément à son mandat défini par les Nations unies dans les zones de son intervention, en particulier en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza.

Il a réaffirmé que le choix stratégique des pays arabes repose sur l’instauration d’une paix juste et globale, garantissant tous les droits du peuple palestinien, notamment son droit à l’établissement d’un État indépendant et souverain sur son territoire national, conformément à la solution des deux États et à l’Initiative arabe de paix.

Le Sommet a réitéré son rejet de toute forme de déplacement du peuple palestinien, que ce soit à l’intérieur de son territoire ou à l’étranger, sous quelque prétexte que ce soit, tout en condamnant fermement la récente décision du gouvernement israélien de bloquer l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza.

Soutien constant du Maroc à la cause palestinienne

Lors du sommet extraordinaire de la Ligue arabe au Caire, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réaffirmé le soutien constant du Roi Mohammed VI aux droits légitimes du peuple palestinien. Il a souligné que la position du Maroc repose sur des principes clairs, affirmant que Gaza et la Cisjordanie font partie intégrante du territoire palestinien et que seul le peuple palestinien doit décider de son avenir.

Il a insisté sur la nécessité de consolider le cessez-le-feu, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et d’assurer une reconstruction durable dans un cadre politique inclusif. Il a également mis en garde contre les pressions et les confusions entourant l’avenir de Gaza, appelant à une approche concertée avec l’Autorité palestinienne.

Le ministre a par ailleurs rappelé l’importance de préserver le statut juridique et historique d’Al-Qods, réaffirmant l’engagement du Roi, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods, en faveur de la protection de la Ville sainte et du soutien à ses habitants. Il a mis en avant le rôle clé du Comité Al-Qods et de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif dans ces efforts.

Les premiers contours de l’accord imminent de cessez-le-feu à Gaza

Les négociations entre Israël et le Hamas semblent sur le point d’aboutir à un accord de cessez-le-feu, désormais « au stade final » selon le Qatar, après un conflit de 15 mois qui a causé des pertes humaines et des destructions considérables dans la bande de Gaza.

Les discussions indirectes se sont intensifiées à Doha en vue d’une trêve associée à une libération d’otages retenus à Gaza depuis le 7 octobre 2023.

Alors que les deux parties posent encore leurs exigences, les présidents américain Joe Biden et égyptien Abdel Fattah al-Sissi, lors d’un appel mardi, les ont exhortées « à faire preuve de la flexibilité nécessaire », selon la présidence égyptienne.

Le Qatar, principal pays médiateur avec les Etats-Unis et l’Egypte, a déclaré que les négociations étaient « au stade final », les « principaux problèmes » ayant été réglés, sans toutefois préciser lesquels.

« Nous espérons que cela mènera à un accord très bientôt », a dit un porte-parole de la diplomatie qatarie.

Selon l’agence Associated Press, l’accord proposé, qui pourrait être sujet à des modifications, se déploierait en trois phases distinctes, chacune d’une durée de 42 jours.

Phase 1 : Suspension des hostilités et échanges initiaux

Phase 2 : Poursuite des retraits et libérations supplémentaires

Phase 3 : Reconstruction et normalisation

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a souligné l’importance de cet accord potentiel dans une déclaration faite à Washington. « Cet accord représente une opportunité de mettre fin aux souffrances, mais sa mise en œuvre nécessite des garanties solides et l’engagement de toutes les parties », a-t-il affirmé.

Blinken a également confirmé que les États-Unis attendaient la réponse finale du Hamas pour conclure cet accord, tout en réitérant leur soutien à une solution durable.

Sahara : la République d’Irak réitère sa position de soutien à l’intégrité territoriale du Royaume

Lors d’un point de presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, M. Al-Araji a indiqué que cette rencontre a été l’occasion d’aborder plusieurs questions régionales, ajoutant que « le dialogue et l’action diplomatique sont la base pour la résolution de tous les problèmes et les différends ».

Les deux parties ont également évoqué les questions d’intérêt commun et mis l’accent sur les relations enracinées et durables liant les peuples marocain et irakien, ainsi que sur l’importance de renforcer les relations bilatérales qui demeurent « stratégiques, anciennes et que nous œuvrons à développer davantage », a-t-il ajouté.

Des relations « privilégiées et très solides »

Nasser Bourita a indiqué que cette rencontre a été l’occasion « de transmettre l’estime que porte Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux autorités irakiennes et de féliciter l’Irak pour tout ce qu’il a accompli ces dernières années en termes de stabilité et de développement grâce à sa direction et à son peuple », ajoutant que l’Irak a réalisé des avancées significatives pour recouvrir sa sécurité, sa stabilité, et établir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et préserver l’unité de son peuple.

Il a rappelé que « les Marocains n’ont jamais oublié que l’Irak a été le premier pays arabe à reconnaître l’indépendance du Maroc en 1956, et que le drapeau irakien était présent aux côtés du drapeau marocain lors de la Marche Verte en 1975 ».

M. Bourita a également rappelé les mécanismes régissant les relations bilatérales, notamment, le dialogue politique et la commission mixte, qui seront mis à profit pour tirer parti des nombreuses opportunités offertes par les relations entre les deux pays, qui demeurent encore non exploitées dans les domaines du commerce, de l’investissement et du tourisme.

Les Marocains n’ont jamais oublié que l’Irak a été le premier pays arabe à reconnaître l’indépendance du Maroc en 1956

Les discussions ont également porté sur plusieurs questions régionales, notamment la situation en Syrie, en Palestine et au Liban, a-t-il relevé, notant la convergence des points de vue entre les deux parties sur toutes ces questions.

M. Bourita a relevé que le prochain Sommet arabe prévu Irak sera l’occasion d’aborder toutes ces questions, soulignant l’appui du Maroc à l’ensemble des préparatifs menés par l’Irak pour assurer le succès de ce sommet, tant au niveau de l’organisation que des conclusions, étant donné que « le monde arabe traverse une période cruciale, et le sommet de Bagdad sera une étape importante pour accompagner ces transformations ».

(Avec MAP)

BHL attaque Villepin après ses propos en faveur des droits palestiniens

Dans une intervention marquante et vibrante, Dominique de Villepin a pris position pour la création d’un État palestinien, appelant à la justice et à une paix durable au Moyen-Orient. Sa déclaration s’inscrit dans la continuité de ses positions sur les conflits internationaux, notamment son plaidoyer pour la diplomatie lors de la guerre en Irak en 2003, et la manière dont il s’était opposé à l’administration Bush au Conseil de sécurité sur cette question.

Dans un discours passionné, Villepin a souligné l’échec des interventions militaires pour résoudre des crises complexes, insistant sur l’importance d’une solution politique au conflit israélo-palestinien. Pour lui, seule la reconnaissance des droits du peuple palestinien pourra instaurer une paix durable dans la région.

Dominique de Villepin a évoqué l’injustice historique subie par les Palestiniens depuis 1948, lorsque 700.000 d’entre eux ont été contraints de quitter leurs terres, et a réaffirmé la nécessité de mettre fin à cette situation. Pour lui, « la sécurité d’Israël ne peut être garantie à long terme tant que l’injustice faite aux Palestiniens perdure ».

Son plaidoyer a rapidement suscité des réactions. Bernard-Henri Lévy (BHL), inspirateur de tant d’interventions militaires dans le monde, a violemment attaqué Villepin, l’accusant d’antisémitisme. Selon BHL, les propos de Villepin mettent en cause la légitimité d’Israël et renforcent une rhétorique hostile à l’État hébreu.

Dans un droit de réponse, Dominique de Villepin a fermement rejeté ces accusations, qu’il qualifie de « calomnie ». Pour lui, ces attaques visent à détourner le débat démocratique et à empêcher toute discussion sur la question palestinienne. Il a affirmé que son appel ne portait en aucun cas sur une remise en cause d’Israël, mais sur la nécessité de corriger une injustice historique pour aboutir à une paix durable. Villepin s’est dit « atterré » par la réaction de BHL, jugeant que cette calomnie « nie le débat démocratique » et empêche une réflexion sereine sur des solutions politiques pour la région.

Dominique de Villepin a également critiqué l’inaction des grandes puissances occidentales, les accusant de ne pas porter la voix de la justice au Moyen-Orient. Il a notamment pointé l’absence d’une prise de position forte de la France sur la reconnaissance de l’État palestinien. Selon lui, c’est le moment où jamais pour la communauté internationale de s’impliquer, sous peine de voir le conflit s’enliser davantage et menacer la stabilité de la région.

Marée humaine à Rabat dans une grande marche de soutien à la Palestine et au Liban

Le dimanche 6 octobre, des milliers de Marocains venus de tout le pays ont convergé vers l’avenue Mohammed V à Rabat et ses environs, pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien.

 

Cette marche, organisée par le « Groupe de travail national pour le soutien au peuple palestinien », a rassemblé des représentants de divers partis politiques, organisations civiles et syndicats.

Les participants ont signé une déclaration appelant la communauté internationale à agir contre ce qu’ils ont qualifié de « génocide » en Palestine et au Liban.

Dans la foulée, de nombreux manifestants arboraient fièrement le maillot de l’international marocain Hakim Ziyech, en signe de soutien à sa prise de position en faveur de la Palestine. Fin septembre, le joueur marocain avait exprimé son indignation sur Instagram. Cette déclaration a renforcé sa popularité parmi les manifestants, qui voient en lui une voix influente et engagée pour la cause palestinienne.

ONU : Bourita souligne le soutien constant du Roi à la cause et au peuple palestiniens

Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a souligné, le lundi 23 septembre à New York, le « soutien constant du Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, à la cause et au peuple palestiniens ».

S’exprimant lors d’une réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés (NAM), en marge de la 79e session de l’Assemblée générale de l’ONU, Nasser Bourita a indiqué que le Maroc place la question palestinienne au même rang que sa première cause nationale et en fait une constante de sa politique étrangère, notant que le Royaume soutient l’Autorité palestinienne dans tous ses efforts pour préserver les droits légitimes du peuple palestinien.

Quatre priorités

Le ministre a relevé que le Roi, Président du Comité Al-Qods, issu de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a fixé quatre priorités impérieuses pour mettre fin aux cycles de violences avec, en premier, l’urgence d’une désescalade des tensions en vue d’un cessez-le-feu permanent et contrôlable et la protection des civils conformément au droit international et au droit international humanitaire.

Il est tout aussi primordial, a ajouté le ministre, d’assurer l’acheminement fluide des aides humanitaires en quantité suffisante à la population de Gaza, et de favoriser une perspective politique à la question palestinienne à même de relancer la solution à deux États.

Le ministre a, en outre, insisté sur la nécessité de préserver le cachet de la ville d’Al Qods et son statut juridique, culturel, historique et démographique, en tant que centre spirituel de coexistence et de compréhension entre les adeptes des trois religions monothéistes.

La coopération Sud-Sud, au cœur des priorités du Royaume

Évoquant par ailleurs la coopération Sud-Sud, Nasser Bourita a indiqué qu’en droite ligne de la vision royale, le Maroc érige le partenariat avec les autres pays africains au cœur de ses priorités, à travers des partenariats efficaces dans des secteurs de développement stratégiques comme la sécurité alimentaire, la santé et la formation.

Il a, dans ce cadre, rappelé le discours du Roi Mohammed VI à l’occasion du 13e sommet du NAM dans lequel le Souverain souligne que le Maroc « ambitionne d’élever la question de la coopération Sud-Sud à un niveau prioritaire, étant entendu qu’il est dans l’intérêt de nos pays de promouvoir une coopération et un partenariat en comptant davantage sur leurs propres moyens pour affronter ensemble les défis de la mondialisation ».

Conscient des difficultés auxquelles font face les pays du Sahel et du Sahara, le Roi a lancé, à l’occasion du 48e anniversaire de la glorieuse Marche verte, une initiative internationale visant à permettre aux pays de cette région d’avoir un accès à l’Atlantique, a ajouté Nasser Bourita.

Cette initiative royale représente, selon le ministre, le prolongement de l’adhésion active et solidaire du Maroc et de l’engagement personnel du Roi aux côtés des pays du Sahel, et souligne l’importance primordiale que le Souverain accorde à la dimension humaine et de développement durable de cette région du continent.

Yahya Sinouar désigné nouveau dirigeant du Hamas

Le Hamas a annoncé ce mardi 6 août au soir que son chef à Gaza, Yahya Sinouar, avait été désigné comme le nouveau chef politique du mouvement, une semaine après l’assassinat à Téhéran de son prédécesseur, Ismaïl Haniyeh.

Quelques minutes après cette annonce, une salve de roquettes a été tirée depuis la bande de Gaza en direction d’Israël, revendiquée par les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas.

L’armée et les autorités israéliennes accusent Yahya Sinouar d’être l’un des cerveaux de l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre en Israël, ce qui fait de lui l’un des hommes les plus recherchés par Israël.

Un responsable du Hamas a déclaré mardi soir à l’AFP que la désignation de Yahya Sinouar à la tête du mouvement envoyait un « message fort » à Israël.

Ce choix est « un message fort adressé à l’occupant (Israël) selon lequel le Hamas poursuit sur la voie de la résistance », a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat.

« L’assassinat de Haniyeh, qui croyait en la conclusion d’un accord de cessez-le-feu et d’un accord d’échange de prisonniers, conduit le Hamas à choisir un dirigeant qui gère la lutte et la résistance contre l’ennemi », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

Un navire émirati arrive à Gaza avec 5.340 tonnes d’aides humanitaires

Le navire a été lancé depuis le port de Fujairah aux Émirats arabes unis (EAU) le 8 juillet dernier, dans le cadre de l’opération « Al Fares Al Shahm 3 » des EAU pour soutenir les Palestiniens à Gaza, à la lumière des conditions difficiles qu’ils ont connues tout au long de ces derniers mois, peut-on lire dans un communiqué.

Il s’agit du quatrième navire à arriver à Al-Arish dans le cadre de l’initiative « Al Fares Al Shahm 3 » et du huitième navire d’aide des Émirats arabes unis à destination de la bande de Gaza. Ce navire transporte 5.340 tonnes de produits de secours et de denrées alimentaires, dont 4.134 t de colis alimentaires (145.000 colis), 145 t de riz et de farine, 110 t d’eau réparties en 200.000 colis, ainsi que plus de 4.000 tentes, 42.000 colis sanitaires pour les femmes et les enfants, 18 t de couvertures résistantes au soleil, au vent et à la poussière, et 1.600 sacs de secours, ajoute la même source.

L’acheminement de cette aide a été rendu possible grâce à la contribution de l’autorité du Croissant-Rouge des Émirats arabes unis, de la Fondation caritative et humanitaire Zayed bin Sultan Al Nahyan et de la Fondation Khalifa bin Zayed Al Nahyan pour les œuvres humanitaires. 313 camions ont été mobilisés pour charger la cargaison sur le navire.

Cité dans le communiqué, Rashid Mubarak Al Mansouri, secrétaire général de l’Autorité du Croissant-Rouge des Émirats arabes unis, a déclaré que ce navire est le plus grand en termes de cargaison et de diversité de contenu, couvrant ainsi les différents besoins des Palestiniens. Il a ajouté que son pays continue à remplir son rôle humanitaire et de secours depuis le début des conditions difficiles vécues par les Palestiniens, en appliquant les directives du président Sheikh Mohammed bin Zayed, dans le but d’alléger la situation humanitaire à Gaza.

Les Émirats arabes unis ont mis en œuvre plusieurs initiatives dans le cadre de l’opération « Al Fares Al Shahm 3 », notamment la création de deux hôpitaux de campagne. Le premier à l’intérieur de la bande de Gaza, avec une capacité de plus de 200 lits sous la supervision d’une équipe médicale émiratie composée de plus de 100 médecins, infirmières, pharmaciens et techniciens de laboratoire. Et le second, un hôpital flottant au large de la ville égyptienne d’Al-Arish, avec une capacité de 100 lits.

De plus, cinq boulangeries automatiques ont été créées pour répondre aux besoins quotidiens en pain de plus de 72.000 personnes. Les Émirats ont également fourni de la farine à huit boulangeries existantes à Gaza pour fournir du pain à plus de 17.000 autres personnes, et ont mis en place six usines de dessalement produisant 1,2 million de gallons d’eau par jour, soit un total de 2 millions de gallons d’eau pompés quotidiennement dans la bande de Gaza, bénéficiant à plus de 600.000 personnes.

Parallèlement à l’opération « Al Fares Al Shahm 3 », les Émirats arabes unis ont lancé l’opération « Birds of Charity » pour larguer de l’aide humanitaire dans les zones isolées et non desservies du nord de la bande de Gaza, avec un total de 3.382 t de secours et d’aide humanitaire larguées à ce jour, conclut le communiqué.

À Khan Younès, la détresse des Gazaouis après de nouveaux bombardements israéliens

« En raison d’importantes activités terroristes et de tirs de roquettes en direction d’Israël depuis la partie orientale de la zone humanitaire, il est désormais dangereux d’y rester », a expliqué dans un communiqué l’armée qui a ordonné aux habitants d’évacuer le secteur.

Nombre d’habitants ont décrit des scènes de chaos, expliquant que les frappes les avaient surpris au petit déjeuner. L’intensité des explosions les a poussés hors de chez eux, souvent des tentes installées au milieu des décombres d’immeubles bombardés lors de la récente offensive sur la ville Khan Younès, quelques mois auparavant.

Après des bombardements ces dernières semaines sur ce que l’armée israélienne appelle la « zone humanitaire » d’al-Mawasi, nombre de Palestiniens ont peur d’aller dans ces étendues de tentes dont certaines ne sont que des morceaux de bâches accrochées à des piquets de bois.

« Nous sommes partis au milieu des bombardements de l’aviation, des chars, et des tirs de drones », raconte Youssef Abou Taimah, 27 ans: « Ils ont bombardé les habitations alors que les gens étaient encore à l’intérieur ».

Il dit avoir vu « des blessés et des morts transportés sur des tuk-tuk (petit véhicule à trois roues) et des charrettes tirés par des ânes vers l’hôpital Nasser » alors qu’il allait en direction d’al-Mawasi avec sa famille.

M. Abou Taimah a affirmé s’être déjà déplacé quatre fois depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, il y a plus de neuf mois.

Il craint de ne pas trouver où s’installer. « Nous allons vivre dans la rue, et encore, même les trottoirs sont remplis de monde », dit-il: « On est épuisés, on n’en peut plus de ces déplacements ».

Ahmed al-Bayouk, un habitant de Khan Younès de 53 ans, ajoute: « C’est la troisième fois que nous devons nous déplacer, à chaque fois c’est de plus en plus difficile. On s’installe pour quelques jours mais ensuite l’armée arrive, bombarde, et nous devons nous déplacer à nouveau ».

Il dit ne rien avoir emporté avec lui et s’inquiète surtout « des maladies et des épidémies » pour ses enfants dans la zone surpeuplée d’al-Mawasi.

Resté à Khan Younès, dans le quartier Cheikh Nasser, Mohammad al-Farra est pétrifié: « Si nous restons dans nos maisons, nous mourrons, et si nous sortons sur les routes, nous mourrons aussi ». M. al-Farra a raconté entendre les explosions se rapprocher de chez lui depuis le matin.

Au moins 70 personnes ont été tuées lundi et plus de 200 blessées parmi lesquelles des enfants, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé de la bande de Gaza.

Devant l’hôpital Nasser, des scènes déchirantes ont eu lieu sous le regard impuissant des soignants: un homme brandissant le cadavre d’un bébé en hurlant, une femme effondrée par le chagrin se frappant la tête tandis qu’un proche tente de la raisonner, des gens couverts de sang au regard hagard.

« Il n’y a plus de place pour les patients » ni dans les couloirs ni dans les blocs opératoires, a déclaré Mohammed Zaqout, le directeur général des hôpitaux du territoire palestinien, ajoutant qu’il ne pourrait soigner tous les blessés.

Oum Mahmoud Abou Reida, qui a fui l’est de la ville en catastrophe, alors que sa fille blessée avait à peine quitté l’hôpital cinq jours auparavant, a déclaré avoir vu « beaucoup » de morts sur la route, y compris « des corps démembrés d’enfants, de femmes et de personnes âgées ».

Dans l’est du gouvernorat de Khan Younès s’éloignent les silhouettes de femmes portant des sacs sur la tête, des hommes avec des enfants dans les bras, des adolescents portant des bidons ou des matelas de mousse dans leurs bras. Des milliers de personnes ont fui des maisons qu’elles venaient parfois à peine de retrouver.

(Avec AFP)