Élections 2026. Le PAM intègre des « jokers » à sa direction et décrète la mobilisation générale

Samedi dernier à Salé, les membres du Conseil national du PAM ont eu droit à une grande surprise : la réintégration au bureau politique de Hicham El Mhajri, député de Chichaoua, dont les missions partisanes avaient été gelées en novembre 2022. À cette époque, où il était également président de la commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants, il avait été sanctionné par son parti pour avoir critiqué l’action du gouvernement, en séance plénière, lors des discussions autour du PLF de 2023.

Débarqué du bureau politique, il avait démissionné de la présidence de la commission de l’Intérieur et disparu dans la nature pendant deux ans.

Son retour constitue-t-il une véritable surprise ? « Pas vraiment, et on sentait que le moment approchait où il allait reprendre sa place à la direction et prendre part à la bataille électorale de 2026 », répond un membre du Conseil national du PAM.

Notre interlocuteur explique que le retour du célèbre député de Chichaoua s’inscrit dans le cadre d’un travail de réconciliation avec les mécontents qui avaient claqué la porte ou avaient été exclus sous la direction de Abdellatif Ouahbi.

« À l’exception de ceux qui font ou qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour de graves délits », précise notre source.

El Mhajri et El Bitar, superstars et électrons libres

Selon nos sources, ce travail de réconciliation est mené par la direction collégiale dont les trois membres (El Mansouri, Bensaid et Saâdi) ont d’ailleurs rencontré Hicham El Mhajri vendredi dernier dans la ville ocre, en marge d’une grande réunion des élus, des présidents des conseils et des responsables locaux de la région Marrakech-Safi.

Ancien responsable provincial du PAM à Chichaoua, Hicham El Mhajri est aussi une superstar dans sa circonscription et dans sa région. Cet entrepreneur de 45 ans est connu pour sa proximité avec ses électeurs. Et surtout pour son franc-parler. Très sensible aux questions sociétales (santé, enseignement et emploi), il ne prend pas de gants pour dire ce qu’il pense. D’ailleurs, après l’annonce de son retour au bureau politique du parti, il a déclaré qu’il allait continuer à s’exprimer en toute liberté.

El Mhajri et El Bitar en compagnie de la direction collégiale du PAM.

Lors du scrutin législatif du 8 septembre 2021, la liste Hicham El Mhajri à Chichaoua avait remporté 51.689 voix, un record national. « Le PAM a besoin de lui au niveau régional et au niveau national », affirme une source en interne.

Adil El Bitar, député de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, rejoint la direction du PAM pour la première fois. Ce jeune notaire, qui siège à la Chambre des représentants pour un deuxième mandat, a aussi une solide expérience comme conseiller régional à Casablanca-Settat. Connu également pour son franc-parler – les habitués de l’Hémicycle se souviennent sûrement de ses vifs échanges avec les députés du PJD –, il aime la précision et son discours va toujours à l’essentiel, comme la minute d’un notaire.

Son parti compte sur lui pour redresser l’organisation du PAM dans la région Casablanca-Settat qui bat de l’aile depuis que plusieurs figures de premier ordre ont été éclaboussées par des scandales ou écartées par le parti à l’instar de Salaheddine Aboulghali.

Mobilisation générale pour 2026

La mobilisation générale a été le maître-mot des PAMistes lors de leur rencontre samedi dernier. Il s’agit avant tout de restructurer les sections locales et régionales et de redynamiser l’organisation de la jeunesse pour les échéances de 2026. Lors de cette rencontre, Mehdi Bensaid, membre de la direction collégiale, a insisté sur la nécessaire cohésion des partis de la majorité. « La cohésion ne peut pas gommer l’existence de divergences dans les visions et les positions, et c’est plutôt un phénomène sain », a affirmé le dirigeant du PAM.

Mehdi Bensaid a appelé toutefois à se mobiliser pour les intérêts supérieurs du Maroc et des Marocains. « Nos véritables responsabilités et souci sont avant tout et en dernier lieu la patrie et le Maroc du Mondial, et non pas le gouvernement du Mondial », a-t-il affirmé dans ce qui ressemble à une allusion à la course des partis de la majorité à la première place du podium en 2026.

https://medias24.com/2025/05/20/scrutin-de-2026-comment-le-pam-se-prepare-pour-la-campagne-electorale-m-bensaid/

Hicham El Mhajri de retour au bureau politique du PAM

L’annonce a été faite par Fatima Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du secrétariat général du parti, en ouverture de la 30e session du Conseil national du PAM, ce samedi 31 mai.

La présidente du Conseil national a salué l’arrivée de ces deux profils, qualifiés de « valeurs ajoutées ». Leur expérience politique et leur connaissance des enjeux législatifs devraient, selon elle, renforcer le travail stratégique du bureau politique et nourrir les réflexions sur les réformes en cours.

Hicham El Mhajri avait été écarté du bureau politique pour avoir exprimé des positions « jugées contraires aux principes, règlements et orientations du parti, notamment en matière d’alliances gouvernementales ».

 

Scrutin de 2026 : comment le PAM se prépare pour la campagne électorale (M. Bensaid)

« Contrairement aux spéculations qui ont suivi la convocation d’un conseil national, ce rendez-vous semestriel ne sera pas l’occasion de faire une annonce sur un changement de direction », a tenu à corriger le membre de la direction collégiale du PAM en ajoutant qu’il s’inscrit dans l’agenda normal du « parlement du parti » qui prévoit une première réunion au mois de novembre et une deuxième en mai.

La direction actuelle du parti ne changera pas

Mehdi Bensaid explique que la tenue du conseil national permettra en réalité de discuter des préparatifs de l’échéance électorale de 2026.

L’incompréhension sur le timing de sa convocation s’expliquerait, selon notre interlocuteur, par un des ordres du jour du Conseil national qui prévoit de discuter de l’initiative partisane (Mubadara Hizbiya) destinée à soutenir et renforcer la langue amazighe au sein des instances internes du parti.

Pour mettre fin aux spéculations autour d’un changement au sein de la direction collégiale du PAM, Mehdi Bensaid tient à rappeler que, quand cela avait été le cas avec Salaheddine Aboulghali, le parti avait organisé une conférence de presse pour expliquer la situation.

« Le prochain Conseil national portera sur les problématiques électorales »

« En réalité, la prochaine réunion du Conseil national aura pour vocation de préparer notre approche politique du futur programme électoral. Ce programme est destiné à parer aux problématiques diverses auxquelles sont actuellement confrontés nos concitoyens », estime notre interlocuteur en nous invitant cependant à être patients, car son contenu ne sera connu qu’au premier trimestre 2026.

Tout en soulignant la nécessité de commencer à préparer les échéances électorales, Mehdi Bensaid relativise. Il ajoute ainsi qu’il est trop tôt pour avoir une véritable visibilité en termes de propositions de projets réalistes au regard des probables évolutions d’ici l’année prochaine au niveau international.

« Passer à la vitesse supérieure en avril 2026 avec un discours de vérité »

Le dirigeant du PAM avance que si la tenue du scrutin législatif a lieu en septembre 2026, les choses sérieuses commenceraient vraiment au mois de mars ou au plus tard en avril 2026.

« Durant la campagne électorale, la vraie intelligence politique consistera à mettre en avant les avancées obtenues dans le cadre de notre participation au gouvernement avant de présenter à nos concitoyens ce que notre parti peut apporter de plus s’il obtient la majorité des voix », explique le ministre.

Pour lui, seul le langage de vérité prime et il ne pourra pas y avoir de victoire aux urnes pour le Parti Authenticité et modernité si ce dernier choisit de s’attaquer à ses partenaires d’hier.

 « Le PAM assumera ses responsabilités pour pouvoir diriger le gouvernement du Mondial »

Mehdi Bensaid confirme son ambition de voir le PAM diriger le gouvernement du mondial. Il affirme aussi que cela ne remet pas en cause les réalisations de l’actuel gouvernement et qu’il n’y aurait par conséquent aucune attaque ad hominem contre ses alliés du RNI et du parti de l’Istiqlal.

Pour espérer remporter les prochaines élections législatives, Mehdi Bensaid estime que le PAM devra avant tout convaincre les électeurs avec des réponses concrètes à leurs préoccupations, plutôt que de rejeter la responsabilité des difficultés actuelles sur ses partenaires de coalition.

Quelles alliances pour 2026 ?

Au-delà de la stratégie électorale, une question se pose : la coalition actuelle avec le RNI et le Parti de l’Istiqlal sera-t-elle reconduite après le scrutin ?

Dans l’hypothèse où le PAM sortirait en tête des législatives et serait en position de diriger la future majorité, Mehdi Bensaïd juge prématuré de se prononcer sur les alliances à venir.

« Avant de se prononcer sur les alliances qui pourront être mises en œuvre, il faudra nécessairement attendre que le contenu des programmes électoraux de tous les partis politiques soient rendus publics à partir du mois de mars 2026 », explique le dirigeant en laissant entendre que les rapprochements partisans ne pourront se faire que sur la base de propositions programmatiques communes.

« Notre programme sera centré sur les leviers de développement inexploités »

Notre interlocuteur nous confie que la structure du programme du parti est « plus ou moins posée ». Son contenu détaillé dépendra aussi des évolutions de la santé de l’économie mondiale et de ses impacts sur le Maroc.

Sur l’absence de résultats gouvernementaux décriée par nombre de citoyens, qui n’incitent pas à l’optimisme pour une reconduction de la coalition actuelle, le ministre tient à relativiser. Il assure que le Maroc est bien mieux loti que plusieurs pays d’Europe en termes de réservoirs de croissance.

Il évoque les réussites des industries automobile et aéronautique et pense que le Maroc dispose de plusieurs leviers de développement dans le département ministériel qu’il dirige, à l’instar des futurs écosystèmes du gaming et du cinéma qui incitent à l’optimisme avec un potentiel énorme en termes de parts de marché à prendre.

« Le Conseil national de mai permettra de jeter les premiers jalons programmatiques »

« S’il est vrai que l’automobile et l’aviation ne pourront pas éternellement créer de l’emploi, il y a cependant lieu d’être optimiste, car il y a de nombreuses niches à développer dans d’autres secteurs où il y a des écosystèmes à mettre en place », confie le dirigeant en ajoutant que le Conseil national qui aura lieu à la fin du mois courant sera l’occasion d’étudier les premiers jalons programmatiques d’une feuille de route exposant la vision globale du PAM pour les prochaines échéances électorales.

Et de conclure que le second Conseil national de l’année, qui se tiendra en novembre, permettra d’y voir plus clair avec une deuxième feuille de route comportant des éléments beaucoup plus précis.

Belkacem Mir : « Saïd Naciri m’a remis 1 million de dirhams au parking du Parlement »

L’affaire « Escobar du Sahara » révèle des ramifications complexes, notamment des transactions immobilières opaques potentiellement liées au trafic international de drogue. Ce vendredi 4 avril 2025, la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca a entendu l’ancien parlementaire du PAM, Belkacem Mir, longuement interrogé sur la mystérieuse villa du quartier Californie à Casablanca, un des points focaux de ce dossier.

Devant le juge Ali Torchi, Belkacem Mir a été interrogé sur son rôle dans l’acquisition et la revente de cette propriété de 2.000 m², un bien qui apparaît comme un point central dans le récit embrouillé de cette affaire.

La saga de la villa de Californie, passant de Abdenbi Bioui à Belkacem Mir, puis à Saïd Naciri, tout en étant revendiquée par El Hadj Benbrahim, illustre à elle seule les intrications de cette affaire où ces figures sont accusées d’avoir été les leaders d’un large réseau de commerce de stupéfiants.

La plainte initiale émane du trafiquant de drogue malien El Hadj Benbrahim, actuellement incarcéré au Maroc. Ce dernier affirme avoir été spolié de cette villa qu’il aurait acquise en 2013 auprès de Abdenbi Bioui, figure centrale du dossier.

Selon les déclarations de Benbrahim, l’achat, d’un montant de 30,3 millions de dirhams réglés en espèces, n’a été formalisé que par un simple contrat sous seing privé, le vendeur invoquant à l’époque des « problèmes » liés au bien. La raison de ce manque de formalisme s’est avérée plus tard : Abdenbi Bioui a vendu la villa à l’insu de sa véritable propriétaire, son ex-épouse. Cette dernière avait d’ailleurs déposé une plainte, avant de se rétracter sous la pression de son ancien conjoint.

Face à la police, El Hadj Benbrahim a déclaré avoir résidé dans la villa jusqu’en 2014 avec son ex-épouse, la chanteuse Latifa Raafat. Après leur divorce, sa concubine a continué à occuper les lieux jusqu’en 2019. Durant cette période, le Malien était détenu en Mauritanie.

Devant la BNPJ, Latifa Raafat a également livré son témoignage, affirmant qu’après son divorce avec El Hadj Benbrahim, la villa aurait été transformée en un lieu de débauche où l’accusé Saïd Naciri organisait des soirées.

C’est sur le point de la propriété et de l’occupation du bien que les déclarations de Belkacem Mir divergent considérablement. L’ancien parlementaire a affirmé devant la cour avoir lui aussi acquis la même villa, la même année 2013, auprès du même Abdenbi Bioui. La transaction s’est élevée à 16,5 millions de dirhams, et Abdenbi Bioui a utilisé une fausse procuration de son ex-épouse pour conclure la vente.

L’imbroglio se densifie avec le récit de la rencontre entre Belkacem Mir et El Hadj Benbrahim, également en 2013. Selon l’ancien parlementaire, il aurait prêté les clés de la villa à Benbrahim, alors marié à la célèbre chanteuse marocaine Latifa Raafat, pour qu’ils y résident temporairement. Un prêt qui interroge, alors que Mir affirme être le propriétaire légitime du bien, produisant un certificat de propriété et des factures d’eau et d’électricité à son nom. « C’était ma villa, j’ai les documents qui le prouvent », a-t-il insisté face aux affirmations de Benbrahim.

L’histoire ne s’arrête pas là. Belkacem Mir a ensuite cédé la villa à un autre acteur clé de cette affaire : Saïd Naciri, ancien président du Wydad de Casablanca, également poursuivi dans ce procès. La vente, conclue définitivement en 2019 après un contrat de réservation signé en 2017, s’est faite pour un montant de 16,5 millions de dirhams, soit le prix que Belkacem Mir dit avoir payé à Abdenbi Bioui.

Belkacem Mir a avoué devant le juge Ali Torchi que les montants versés par Saïd Naciri dans le cadre de cette transaction ont été effectués sans l’intervention d’un notaire. L’ancien parlementaire a détaillé les modalités de paiement, évoquant un acompte en espèces et des chèques de garantie versés par Naciri, le solde étant réglé ultérieurement en espèces : « On a signé un contrat de réservation en 2017, dans les locaux du club du Wydad et devant des salariés du club. Saïd Naciri m’a remis 6,5 millions de dirhams en espèces et cinq chèques correspondant chacun à 2 MDH », explique l’accusé.

« C’étaient des chèques de garantie. Saïd Naciri m’a remis le reliquat du montant en plusieurs tranches et en espèces, contre quoi je lui restituais les chèques correspondants. La cession définitive ne s’est faite qu’en 2019, lorsqu’il m’a donné tout l’argent, excepté 500.000 DH en plus d’un montant de 650.000 DH qu’il devait me payer à la suite d’un redressement fiscal », poursuit Belkacem Mir.

« Pourquoi lui faisiez-vous tant confiance alors qu’il s’agit de gros montants ? », lui demande le juge Ali Torchi. « C’est un ami et un collègue au Parlement où l’on se rencontrait une fois par semaine », répond Belkacem Mir, qui ajoute que son partenaire lui a même remis un montant d’un million de dirhams dans le parking de l’institution parlementaire.

Point intéressant, Saïd Naciri aurait acquis la villa non pas en son nom propre, mais au nom de sa « société civile immobilière Prado« , une manœuvre justifiée, selon les dires de Belkacem Mir, par la volonté d’éviter certains frais.

L’interrogatoire de Belkacem Mir se poursuivra le 11 avril 2025. L’accusé sera entendu sur le volet principal du dossier : le trafic international de drogue.

PAM : l’initiative « Génération 2030 » expliquée par Fatima Ezzahra El Mansouri

Que faut-il penser du lancement par le Parti authenticité et modernité (PAM) du programme « Génération 2030 », visant à encourager les jeunes à présenter leurs propositions sur une plateforme digitale et lors de rencontres physiques dans toutes les régions du Maroc pour participer à l’élaboration des futures politiques publiques ?

Sollicitée par Médias24, la coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM a répondu sans détour à cette question en exposant la finalité participative de cette initiative qui s’inscrit, selon elle, dans l’esprit qui a prévalu à la création de son parti avec le Mouvement de tous les démocrates (MTD). Il ne s’agit pas, selon notre interlocutrice, d’opportunisme électoraliste lié à l’approche des élections, mais d’un choix de fond, une valeur du PAM.

Un concept initié par l’organisation de la jeunesse du parti

« ‘Jeel 2030’ est une initiative qui a été prise par la jeunesse du parti à laquelle notre bureau politique a donné sa bénédiction en la validant », affirme Fatima Ezzahra El Mansouri, pour qui cette démarche retrouve l’esprit initial du PAM qui s’interrogeait sur l’avenir du Maroc à travers des séances d’écoute dans toutes les régions du pays.

Partant du constat que les jeunes sont « peu ou pas entendus » dans la plupart des partis politiques, alors qu’ils sont un réservoir d’idées essentiel, c’est donc le même dispositif inclusif qui a motivé le lancement de cet outil qui vise à recueillir leurs attentes pour élaborer des politiques publiques.

Un concept en trois actions

Rappelant que le PAM s’est toujours prévalu de mettre en avant la jeunesse et la femme, la coordinatrice nationale estime que cette initiative peut se résumer en trois principales actions, dont la première est une plateforme digitale qui a rencontré un grand succès dès le début de son lancement.

Cet outil numérique permet aux jeunes qui s’y inscrivent d’échanger et, surtout, de partager leurs préoccupations ainsi que leur vision du Maroc idéal qu’ils ambitionnent de construire.

Sur le choix de l’agenda 2030, Fatima Ezzahra El Mansouri tient à préciser que si cette date n’est pas une fin en soi, sa portée symbolique s’est imposée à ses concepteurs, dans la perspective du Mondial de football qui a généré une dynamique avec de nombreux chantiers pour encourager son succès.

Hormis la plateforme, notre interlocutrice ajoute que les deux autres actions consistent en des réunions qui seront organisées avec les jeunes de chaque région et des workshops qui permettront de consolider les interactions entre le rendu digital et celui des meetings territoriaux pour apporter un complément à la mise en place du programme du parti.

Une démarche participative au centre de l’initiative

Si la vocation de « Génération 2030 » consiste à recueillir les attentes de la jeunesse, la coordinatrice nationale estime que sa priorité est de favoriser une démarche participative, en citant son expérience à la tête de la mairie de Marrakech et son initiative Demsekken, qui reposaient sur le dialogue.

S’appuyant sur l’historique idéologique du PAM qui, depuis sa création, a toujours choisi de privilégier la jeunesse, les femmes et la territorialité, la dirigeante souligne qu’il est essentiel d’être à l’écoute – préalable pour élaborer des politiques publiques liées à l’emploi, au logement, à la culture…

Aucune ambition électorale

À la question de savoir si l’initiative « Jeel 2030 » ne signait pas en réalité le début officieux de la campagne électorale des scrutins prévus en 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri s’inscrit en faux en déclarant que lancer cette initiative à un an et demi des élections est tout à fait normal.

« Sachant que notre bureau politique a lancé plusieurs initiatives antérieurement, ce nouveau programme s’inscrit simplement dans la continuité de son travail, et sûrement pas dans la perspective du scrutin », précise la dirigeante du PAM, dont le parti sera prêt « le moment venu » à affronter les futures élections législatives avec des candidats qui mèneront la bataille autour d’un programme électoral.

Et d’ajouter qu’à chaque fois qu’un parti est en hibernation, on lui reproche de ne rien faire, et que dès qu’il s’active avec une initiative novatrice, on lui reproche des visées électorales, alors qu’une telle démarche s’inscrit dans la vie normale d’un parti qui active ses différentes instances.

Devant notre insistance pour savoir si le PAM est au gouvernement en semaine et en campagne le week-end, la dirigeante conclut que son parti n’est pas dans une logique de campagne et que sa priorité est de continuer à travailler, sachant que dans le temps politique, un an et demi est une longue durée.

Jeunesse et participation politique : le PAM lance l’initiative « Jeel 2030 »

La cérémonie de lancement s’est tenue au Théâtre Mohammed V à Rabat, en présence de Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collective du secrétariat général du PAM, ainsi que des membres de la direction, Mohamed Mehdi Bensaid et Fatima Saadi. Plusieurs membres du Bureau politique et de la jeunesse du parti ont également pris part à l’événement.

À travers cette initiative, le parti ambitionne de mettre en place des programmes et des politiques permettant de renforcer la participation des jeunes à la prise de décision et de favoriser leur intégration dans les dynamiques de transformation du pays.

Dans une déclaration à la presse, Mohamed Mehdi Bensaid a souligné que cette initiative vise « à s’ouvrir aux jeunes et à les écouter à l’ère du numérique, afin d’établir un dialogue efficace qui porte leur voix auprès des acteurs politiques ». Il a également insisté sur la nécessité de « remédier au désintérêt des jeunes pour la politique », un enjeu que le parti cherche à adresser à travers ce projet.

De son côté, Younes Sekkouri, membre du Bureau politique du PAM, a mis en avant l’importance d’investir dans la jeunesse pour façonner une pensée politique vivante et en phase avec les défis et chantiers gouvernementaux à venir. Il a ajouté que « le saut qualitatif attendu à l’horizon du Mondial 2030, tel que tracé par le Roi Mohammed VI, nécessite une génération qui porte cette ambition royale ».

Dans son intervention, Hicham Airoud, membre du Bureau politique du PAM, a souligné la volonté du parti d’appuyer les initiatives portées par la jeunesse et les projets innovants visant à améliorer les conditions sociales et économiques des jeunes Marocains. Il a également insisté sur l’importance de promouvoir la conscience politique et la pensée critique au sein des nouvelles générations afin de les encourager à jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques publiques.

À travers cette initiative, le PAM cherche ainsi à consolider son positionnement en tant qu’acteur engagé dans la formation et l’accompagnement des jeunes, dans une dynamique qui s’inscrit dans la préparation des prochaines échéances électorales.

Après le remaniement, des ministres nous racontent leur intégration au gouvernement

La plupart des ministres nommés pour la première fois, entreprennent leur mission avec un mélange de trac et de bonheur; sauf s’ils avaient déjà à leur actif une carrière dans la haute administration.

Que peut-on faire ? Que peut-on dire ? Quelles sont les formules consacrées, les formulations à utiliser et les autres à éviter ?

Un ancien ministre, qui n’est plus aux affaires, nous a raconté comment il avait constamment sur lui des fiches, données, notes, concernant son département. Au cas où il recevrait un appel lui demandant des explications sur un sujet donné. Ce coup de fil est arrivé -et à plusieurs reprises, mais les anti-sèches n’ont jamais été utiles, car les questions portaient sur des sujets auxquels il ne s’attendait pas.

Il arrive aussi qu’un ministre ne passe pas ce test du téléphone et ne montre pas une maîtrise suffisante de ses dossiers.

Et comment gérer son image ? Comment se comporter au parlement ? Comment gérer les équipes? Quels sont les codes dans ce microcosme de Rabat ?

Voici trois témoignages de premier plan concernant les 8 ministres et 6 secrétaires d’Etat nommés lors du dernier remaniement.

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« L’intégration gouvernementale des nouveaux ministres et secrétaires d’Etat a été facilitée par le fait que ces derniers se sont très rapidement adaptés, à savoir en moins de trois mois, aux arcanes du pouvoir et aux spécificités propres à l’administration marocaine », nous assure une source fiable proche du RNI.

Ministre de la Santé: une expérience administrative utile

C’est notamment le cas du ministre de la Santé Amine Tahraoui qui a, selon notre interlocuteur, l’avantage de bien connaître les rouages administratifs grâce à son passé d’ancien secrétaire général de la primature et de chef de cabinet du ministre de l’Agriculture.

Tout en reconnaissant qu’il découvre le secteur de la santé, notre source affirme que son cumul d’expériences préalables l’a habitué à gérer un département ministériel et lui a par conséquent permis de s’intégrer beaucoup plus facilement.

De plus, la création récente des agences du sang, des médicaments et des groupements sanitaires, qui a contribué à déconcentrer ce domaine, a également largement facilité la tâche du remplaçant de Khalid Aït Taleb qui a désormais un rôle administratif qui est plus centré sur la gouvernance et l’implémentation de la réforme.

« S’il n’aura aucun mal à gérer une machine administrative aussi sensible que la santé, on peut cependant reprocher à ce diplômé de la même promotion de l’Institut de sciences politiques de Paris que le président Emmanuel Macron d’être excessivement discret au niveau médiatique mais avec l’aide de communicants, cette situation est amenée à  évoluer », confie optimiste notre interlocuteur en affirmant que le nouveau titulaire n’a plus besoin de faire ses preuves.

« Des lacunes en arabe classique ne sont pas rédhibitoires au parlement »

Interrogé sur les premiers pas au gouvernement du ministre de l’Éducation nationale, notre source estime que si Mohamed Saad Berrada a eu « des débuts assez difficiles » au parlement, son évolution et sa maîtrise actuelle des dossiers de son département donnent désormais l’impression qu’il a toujours fait partie du gouvernement.

Revenant sur sa première séance de questions orales qui n’a pas été une réussite à cause de ses lacunes en arabe classique, l’observateur ajoute que cette expérience négative l’a poussé à redoubler d’efforts et de préparation lors de son deuxième passage où il s’est avéré « très convaincant en s’exprimant en darija sans lire ses notes ».

Nul besoin d’être dans le secret pour comprendre qu’un rendu positif aussi rapide en termes de communication a certainement pour origine plusieurs séances de soutien d’un coach en langue arabe.

« La greffe a pris plus rapidement pour certains secrétaires d’État. »

« Concernant la nouvelle secrétaire d’État à la pêche Zakia Driouch ou son collègue à l’Artisanat, Lahcen Essaadi (RNI): l’une est comme un poisson dans l’eau dans ce secteur qu’elle connaît depuis des années et le deuxième dans son élément grâce à sa simplicité et son aisance relationnelle avec les artisans », avance notre source en laissant entendre que certains profils s’adaptent beaucoup plus rapidement que d’autres.

En guise de conclusion, notre interlocuteur juge qu’au terme des trois mois écoulés depuis leur nomination, « la greffe a rapidement pris » avec l’ensemble des nouveaux venus qui sont désormais totalement intégrés dans une équipe parfaitement homogène malgré leurs différences d’affiliation partisane.

« Un passé de militant est une des clés pour devenir responsable gouvernemental »

« Il n’y a pas de formation pour intégrer un gouvernement mais la plupart des nouveaux venus ont eu un parcours politique qui les a préparés à occuper leurs fonctions », affirme Omar Hejira secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur en rappelant qu’il a occupé plusieurs mandats d’élu avant d’être nommé à son poste actuel.

S’il reconnaît qu’une expérience de technocrate peut également aboutir à une nomination gouvernementale, Omar Hejira affirme cependant que l’encartement de longue date à un parti politique constitue souvent la voie royale pour prendre la tête d’un département ministériel.

« Une bonne intégration résulte d’une aptitude à savoir travailler en équipe »

« Il faut cependant savoir travailler avec les techniciens, directeurs et fonctionnaires qui maitrisent les dossiers pour être en mesure de faire le point sur l’état d’avancement des programmes », résume notre interlocuteur en ajoutant que cette qualité est essentielle pour pouvoir déterminer les priorités ministérielles et imprimer sa propre touche.

A la question de savoir si un responsable de parti a moins de mal qu’un technocrate à s’intégrer au gouvernement, Omar Hejira s’inscrit en faux en affirmant qu’un technicien qui a multiplié les expériences de gestion dans le secteur privé peut aussi bien exceller au sein du pouvoir exécutif.

Et d’ajouter qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été un responsable politique pour faire preuve d’efficience, la principale difficulté consiste à savoir communiquer avec ses nouveaux interlocuteurs du secteur public.

« Une nécessaire période d’adaptation pour apprendre à communiquer »

Se disant prêt à occuper ses nouvelles fonctions dès le premier jour de sa nomination, notre interlocuteur nuance son propos en affirmant qu’il lui a fallu en réalité une quinzaine de jours pour comprendre le fonctionnement du département et devenir véritablement opérationnel puis efficient.

Ce n’est en effet qu’à l’issue du premier conseil du gouvernement qu’il a pu se mettre dans « la peau de secrétaire d’État qui tranche avec celle d’ancien parlementaire’ habitué à interpeller le gouvernement, alors que son poste actuel lui impose d’être réactif et de répondre aux questions des députés.

« Mon premier passage au parlement n’a pas été de tout repos, car j’ai dû me préparer activement sous peine de passer pour un ministre qui ne maîtrise pas ses dossiers », confie Omar Hejira en précisant qu’il devait être à la hauteur des attentes de sa majorité en étant capable de répondre aux questions de l’opposition qui l’attendait au tournant.

Bien qu’il soit un parfait arabophone habitué à s’exprimer sans difficulté en public, le secrétaire d’État reconnait cependant qu’il est nécessaire pour tout nouveau responsable de passer par une période transitoire pour apprendre à mieux communiquer avec l’aide d’un coach personnel ou de son cabinet ministériel.

« Mon champ d’action a été déterminé dès le début avec le ministre de tutelle »

Tout aussi volontaire que son collègue Omar Hejira, le secrétaire d’État chargé du Travail auprès du ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, affirme n’avoir eu aucune difficulté à s’intégrer à l’équipe gouvernementale remaniée.

Sachant que son rôle est d’accélérer la digitalisation du monde du travail, d’effectuer les démarches nécessaires pour relancer la négociation collective et enfin d’aboutir à la signature des conventions collectives dans le cadre du dialogue social, Hicham Sabiry estime que les axes prioritaires de ses attributions gouvernementales ont permis de décharger le ministre Younes Sekkouri de certaines tâches au sein de son super-ministère.

« Notre département dispose de ses propres locaux »

Sur les étapes ayant suivi son installation au département, créé à l’occasion du remaniement, le secrétaire d’État précise que son ministre de tutelle lui a d’abord présenté tous les responsables de son administration avant de pouvoir accéder à toutes les informations utiles et de déterminer ses attributions.

« Dès le lendemain de ma nomination, qui a eu lieu le 23 octobre dernier, nous avons pu nous installer avec l’équipe que j’ai nommée dans des locaux dédiés annexes à ceux du siège du ministère avant de commencer à enchainer les réunions de travail », confie Hicham Sabiry pour qui il n’a fallu que quelques jours pour être opérationnel.

Dans une démarche de coordination de leurs apports respectifs, le responsable qui est en contact permanent avec son ministre de tutelle, conclut, à l’instar de ses collègues d’autres partis politiques, que le début de sa mission a été grandement facilité par leur appartenance commune au parti de l’authenticité et de la modernité (PAM).

Mehdi Bensaïd : « Le PAM dirigera le gouvernement du Mondial »

Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication et membre de la direction collégiale du PAM, a tenu ces propos lors d’un débat, jeudi 23 janvier, à la Fondation Lafqui Titouani à Salé.

Le jeune dirigeant du PAM a tenu à rassurer quant à la solidité de son parti. « Nous sommes un parti debout après 14 ans dans l’opposition, sinon nous aurions eu 16 sièges (à la Chambre des représentants, Ndlr.), sinon moins », a répondu Mehdi Bensaïd à une question sur les chances de son parti pour les échéances électorales de 2026.

Récemment, quelques polémiques ont eu lieu au sujet de cette échéance entre le PAM et le RNI, chacune des formations déclarant être prête pour remporter les prochaines élections législatives.

Pour autant, Mehdi Bensaïd a tenu à minimiser les conséquences de ces échanges sur la cohésion de la majorité. S’il a admis l’existence de quelques « escarmouches » entre le PAM et le RNI, il a toutefois affirmé que de tels différends doivent être réglés lors des réunions de la majorité.

Celui qui nous provoque nous trouvera!

« Quand vous avez un différend avec votre femme, vous en discutez au sein du domicile conjugal, mais vous ne sortez pas dans la rue pour crier que ce qu’elle fait n’est pas à votre goût », a commenté le dirigeant du PAM qui a cependant émis cette sorte de mise en garde : « Celui qui nous provoque nous trouvera! ».

Ouahbi et le référentiel

Lors de ce débat, Mehdi Bensaïd a rendu hommage à Abdellatif Ouahbi, ancien secrétaire général du parti et ministre de la Justice. Il a affirmé qu’il avait toute sa place au sein du parti et qu’il était toujours membre du Bureau politique, même s’il n’était pas aussi assidu qu’auparavant.

Il l’a remercié pour avoir permis que le parti soit mené par une direction collégiale. « Je ne suis pas adepte de la logique des leaders (Za3amat) », a-t-il affirmé en précisant que Abdellatif Ouahbi répond présent à chaque fois que le parti le sollicite.

« Nous estimons qu’il fait partie des ministres qui ont une importante cadence politique et législative », a encore dit Mehdi Bensaïd à propos du ministre de la Justice tout en signalant que le parti aurait pu le remplacer lors du remaniement gouvernemental, mais qu’il ne l’a pas fait.

La politique ne doit pas se mêler de la confession des citoyens

Interrogé sur l’identité et l’idéologie du PAM, il a répondu que cette question était posée entre les années 2007 et 2010, mais qu’elle a été tranchée en 2012 avec une plateforme politique dans laquelle le parti a opté pour la démocratie sociale.

« Quand nous avons rejoint les rangs d’une organisation internationale des partis libéraux, nous l’avons fait dans une optique sociale et libérale. Le nom du parti Authenticité et modernité est clair. Nous sommes un parti progressiste qui croit en les valeurs sociales et de progrès, mais dans le cadre des valeurs nationales », a expliqué M. Bensaïd qui a précisé ce qu’il voulait dire en faisant référence aux valeurs nationales.

« Le parti croit en la Commanderie des croyants. La politique ne doit pas se mêler de la confession des citoyens. Dans la religion, nous puisons les valeurs que nous défendons dans notre projet politique, et le monde vit actuellement des guerres de valeurs et non d’idéologies », affirme le jeune dirigeant du PAM.

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Législatives. Les partis entrent en pré-campagne électorale pour le scrutin 2026

Nous sommes à moins de deux années des élections législatives de 2026 qui devraient se tenir, en toute logique, en automne. Mais les partis politiques, pratiquement toutes tendances confondues, semblent engagés dans une pré-campagne électorale avec certaines thématiques comme chevaux de bataille et sujets de clivage, comme la réforme du Code de la famille.

Voici un tour d’horizon de l’ébullition que vit actuellement la scène politique marocaine.

Une alliance électorale à cinq partis ?

Interrogé sur cette pré-campagne engagée, une source au sein de la majorité composée du RNI, du PAM et du parti de l’Istiqlal (PI) laisse entendre qu’il est possible que « l’actuelle majorité élargisse son champ d’actions communes et, pourquoi pas, une alliance électorale en 2026 ? », arguant que « jusque-là, tout va bien au sein de cette majorité et que de nouvelles annonces vont être faites dans un avenir proche ».

Un scénario peu probable. Dans nos annales électorales, une seule expérience du genre. Une alliance à petite échelle entre le PI et l’USFP.

De son côté, un membre dirigeant du PAM apporte une précieuse nuance. « Les grandes annonces sont une chose. Dans la réalité, les alliances électorales sont difficiles à faire aboutir. Sinon, comment résoudre cette équation qui veut que chaque parti politique convoite la première place du podium pour pouvoir ainsi, selon la Constitution, diriger le gouvernement ? », explique notre interlocuteur.

« Il est prématuré de parler d’alliances électorales pour le moment, mais la Majorité se porte bien et renforce même ses rangs », affirme pour sa part un jeune dirigeant de l’Istiqlal. Explications : au début de l’année, l’Union constitutionnelle (UC, 18 députés) de Mohamed Joudar et le Mouvement démocratique et social (MDS, 5 députés) de Abdessamad Archane ont officiellement rejoint la majorité de Aziz Akhannouch et abandonné l’option du « soutien critique ».

Pour l’année législative en cours, Chaoui Belaâssal de l’UC préside les groupes des élus de la majorité à la Chambre des représentants.

« La campagne, c’est dès l’annonce des résultats »

« Bien sûr que nous sommes en campagne électorale. Nous n’attendons jamais l’approche des élections, et les préparatifs commencent dès l’annonce des résultats d’un scrutin », affirme un dirigeant de l’Istiqlal.

Sur le terrain, Nizar Baraka a donné publiquement le ton à l’occasion des célébrations du 81ᵉ anniversaire de la présentation du Manifeste de l’Indépendance. Le 11 janvier à Casablanca, le secrétaire général du plus ancien parti du pays présidait un imposant meeting lors duquel il s’était fait l’avocat des jeunes. Comme le plus dur à cuire des opposants, il a notamment critiqué la situation de la jeunesse marocaine prise dans l’étau du chômage, du manque de perspectives d’avenir et du faible pouvoir d’achat.

« Le SG fait d’une pierre deux coups : il s’adresse à l’opinion publique dans un langage de vérité et ménage en même temps les bases du parti qui ne partagent pas forcément, et tout le temps, les orientations de la direction et les choix de la Majorité », commente une source en interne.

Quant au PAM, autre parti de la majorité, il opte pour le travail en silence. « Nous ne faisons pas trop de bruit autour de notre action, mais, pour nous, les préparatifs des élections commencent dès l’année qui suit le dernier scrutin », affirme un dirigeant du parti. « Pour les alliances, nous aviserons en temps opportun », poursuit notre interlocuteur.

Le RNI n’est pas en reste. Le 11 janvier, Aziz Akhannouch a tronqué sa casquette de chef de l’exécutif contre celle de chef de parti pour lancer la machine électorale, lors de la session ordinaire du conseil national du RNI. Il compte initier dans les mois à venir une nouvelle tournée nationale de communication et de contact avec les citoyens et les élus.

Il a également ⁠annoncé la signature des contrats de performance avec les coordonateurs du parti dans tout le Maroc, et a appelé à l’accélération du processus d’accueil des nouveaux adhérents.

Des alliances et des fronts

Au sein de l’opposition, certains partis tentent des rapprochements. Le plus marquant de ce début d’année est la création, annoncée le 9 janvier, du « Bloc populaire ». Formée par le Mouvement populaire (MP), le Parti marocain libre (PML) et le Parti démocratique national (PDN), cette coalition se présente comme une alternative politique qui ambitionne de faire bouger les choses sur une scène politique incapable d’accompagner les ambitions du « nouveau Maroc ».

Ce bloc promet une série d’initiatives et de programmes, mais on attendra pour juger. À part le MP, qui a une présence au Parlement et dans les collectivités territoriales, les deux autres composantes sont une sorte de « vagues souvenirs » du Parti libéral marocain (PLM) fondé par Mohamed Ziane et du Parti national démocratique (PND) de feu Abdellah El Kadiri. Le PND avait fusionné avec d’autres formations politiques pour donner naissance au PAM, l’été 2008.

À gauche, l’USFP et le PPS avaient annoncé, le 15 décembre 2023, le lancement d’une initiative d’action et de coordination politique commune capable de faire face à « l’hégémonie numérique » de la majorité de Aziz Akhannouch. Plus d’une année plus tard, on n’entend presque plus parler de cette initiative.

« Le débat actuel autour de la Moudawana va être l’occasion de donner du concret à la collaboration entre les deux partis, sur le terrain comme au sein du Parlement. Les deux ont toujours été pour le progrès », affirme une source interne à l’USFP.

Moudawana, une aubaine pour le PJD

Justement, la réforme de la Moudawana est pain bénit, notamment pour le PJD. Les frères de Benkirane avaient été laminés lors du scrutin législatif du 8 septembre 2021, et ne doivent la plupart de leurs sièges à la Chambre des représentants qu’aux listes régionales féminines, aux côtés de quelques rares « rescapés » comme Abdellah Bouanou, député et ex-maire de Meknès.

Depuis qu’il a repris les rênes du PJD, Abdelilah Benkirane est en perpétuelle campagne électorale, faisant feu de tout bois pour critiquer le gouvernement avec des cibles de choix : Aziz Akhannouch et Abdellatif Ouahbi.

Comme un air de déjà vu, le chef du PJD a menacé de « descendre dans la rue » si jamais la future mouture du Code de la famille ne tenait pas compte du rite malékite et ne revenait pas sur certaines dispositions liées au mariage.

En somme, tous les ingrédients d’une pré-campagne électorale sont réunis en attendant 2026.

Chaoui Belassal désigné coordinateur des groupes de la majorité à la Chambre des représentants

Chaoui Belassal assurera les missions de coordinateur des groupes de la majorité à la Chambre des représentants. Le député de l’Union constitutionnelle (UC) au titre de la circonscription d’El Gharb a été nommé à ce poste pour l’actuelle année législative.

La majorité formée autour du Rassemblement national des indépendants (RNI) compte le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal (PI). Sans prendre part au gouvernement, cette majorité est soutenue par l’Union constitutionnelle et le Mouvement démocratique et social (MDS) de Abdessamad Archane.

Réforme de la Moudawana : voici la réaction du RNI et du PAM

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) a réaffirmé son soutien aux réformes législatives visant à réviser la Moudawana, mais aussi à l’approche royale dans le travail qui a impliqué toutes les formations politiques, les organisations de la société civile et les forces vives de la Nation.

Le parti de Aziz Akhannouch invite à poursuivre la réflexion et à adopter un “Ijtihad” [un effort d’interprétation, ndlr] constructif concernant la famille. Pour cela, il faudrait inclure “la création d’un cadre approprié pour approfondir l’étude des problématiques juridiques posées par les évolutions de la famille marocaine et répondre aux exigences de modernité”, lit-on dans un communiqué de presse.

Le parti de la Colombe réaffirme son entière mobilisation derrière le Roi Mohammed VI et s’engage à contribuer à informer l’opinion publique nationale et les Marocains du monde sur les avancées de la révision du Code de la famille.

Au PAM, une réunion extraordinaire du bureau politique

De son côté, le bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM, majorité) a convoqué une réunion extraordinaire le mercredi 25 décembre, sous la présidence de Fatima Ezzahra El Mansouri. L’occasion d’aborder plusieurs questions d’actualité dont la réforme de la Moudawana, après la réunion de travail présidée par le Roi le 23 décembre.

La direction du PAM a suivi un exposé de Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, avant d’entamer un débat autour des axes de cette réforme.

À l’issue de cette réunion, le bureau politique du PAM a, dans un communiqué, :

Jaouad Chami, ex-commissaire du SIAM et député du PAM, est décédé

Selon des sources au sein du Parti authenticité et modernité (PAM), Jaouad Chami a rendu l’âme dans une clinique privée de Meknès, sa ville natale, dans la nuit de mercredi à jeudi (11-12 décembre), des suites d’une longue maladie.

Né dans la capitale ismaélienne le 22 septembre 1962, le défunt a étudié au Maroc et en France. Au Maroc, il a dirigé plusieurs entreprises actives dans les secteurs de l’agriculture et de l’éducation.

En 2006, il a été désigné commissaire du Salon international de l’agriculture de Meknès (SIAM), fonction où il est resté jusqu’à 2023.

Jaouad Chami, qui a également assumé la présidence de la CGEM pour la région Meknès-Tafilalet, a fait son entrée en politique au sein du PAM. Élu communal, il était aussi membre de la Chambre des représentants pour le mandat en cours (2021-2026).