JO 2024. Maroc-États-Unis : les clés du match

Ce vendredi 2 août (14 h), le Maroc tentera de réaliser l’exploit inédit d’atteindre les demi-finales du tournoi de football des Jeux olympiques 2024. Cependant, Achraf Hakimi et ses coéquipiers auront fort à faire face aux États-Unis, sur la pelouse du Parc des Princes à Paris.

Le joueur du Paris Saint-Germain aura à cœur de briller dans son jardin. Il sera capitaine d’un onze classique, où l’on retrouvera Munir El Kajoui dans les cages. Grâce à ses parades décisives, le portier marocain a été l’un des artisans de la qualification du Maroc. Son expérience est tout aussi précieuse. Le nouveau gardien de la Renaissance Sportive de Berkane (RSB) commande de main de maître un quatuor défensif qui a peu de vécu.

Cet attelage composé d’Achraf Hakimi, de Oussama El Azzouzi (habituel milieu défensif), de Mehdi Boukamir (20 ans) et de Zakaria El Ouhadi (un droitier à gauche) a globalement donné satisfaction. Amir Richardson et Oussama Targhaline ne sont pas étrangers à la solidité défensive du onze national. Ils n’ont certes pas su maintenir l’équilibre du bloc équipe lors de la défaite face à l’Ukraine (2-1), mais leur capacité à annihiler les contres adverses a été prépondérante face à l’Argentine et à l’Irak.

Cette notion d’équilibre est primordiale car le Maroc aligne quatre joueurs à vocation offensive. Bilal El Khannouss a pour mission de maintenir le lien entre les milieux de terrain défensifs et les attaquants. Omniprésent dans la création, il est impliqué dans quasiment tous les buts inscrits par son équipe. 

Sa capacité à apporter le surnombre sur les côtés est utile aux ailiers. Que ce soit Ilias Akhomach ou Abdessamad Ezzalzouli, ils bénéficient souvent d’une solution de passe grâce à Bilal El Khannouss. La présence du milieu de terrain leur permet également de se retrouver dans des situations de un contre un pour créer des déséquilibres, dont profite in fine Soufiane Rahimi.

Malgré une blessure à la cheville contractée face à l’Ukraine, l’avant-centre d’Al-Aïn (Émirats arabes unis) a serré les dents pour tenir sa place lors du dernier match, inscrivant au passage son quatrième but pour prendre seul la tête du classement des buteurs. Il sera donc encore plus attendu, aussi bien par les supporters que par les adversaires.

Si l’identité des onze joueurs sélectionnés par Tarik Sektioui fait peu de doute, l’incertitude demeure quant à leur capacité de récupération. En raison d’une préparation imparfaite, le sélectionneur a dû effectuer 13 remplacements en cours de match lors de la phase de groupes, afin de mieux gérer les formes disparates de ses hommes, qui disputeront leur quatrième rencontre en dix jours. Ce choix s’avère judicieux face à une sélection américaine dont les attaquants mettent à rude épreuve les défenses adverses.

Des qualités similaires mais des schémas de jeu différents

Le premier quart de finale des JO 2024 s’annonce prometteur. Il mettra aux prises deux équipes d’une grande qualité technique, mais qui exploitent cet atout de manière différente. La principale différence réside au moment de la récupération du ballon. D’un côté, le Maroc privilégie les redoublements de passes dans les petits espaces et les séquences de jeu construites.

De l’autre, les États-Unis favorisent la verticalité. La sélection américaine, qualifiée pour la compétition après avoir remporté le Championnat U-20 de la Concacaf 2022, compte sur des joueurs rapides, capables de se projeter rapidement dans le dos des défenses adverses.

Ce constat est corroboré par trois statistiques :

– 43% de possession en moyenne (15e du tournoi) ;

– 38 passes longues par match (6e) ; 

– 10 hors jeu (2e). 

Après un an et demi aux commandes des U-19 américains, Marko Mitrović a été promu à la tête de la sélection olympique en septembre 2023. Pour exploiter au mieux la vitesse de ses attaquants, le Serbe structure son équipe en 4-3-3, qui se transforme en 4-1-4-1 en phase défensive.

Ce schéma de jeu permet de maximiser le potentiel offensif des couloirs, avec deux ailiers très offensifs. Contrairement à d’autres équipes qui utilisent ce système pour la possession, la stratégie américaine privilégie les transitions rapides et verticales. La capacité du bloc marocain à éviter les situations de déséquilibre après une perte de balle sera cruciale.

Les déplacements coordonnés des attaquants ouvrent des espaces dans les défenses adverses.
Les latéraux marocains devront constamment être vigilants aux déplacements dans leur dos.

Les latéraux devront être particulièrement vigilants, tant sur les passes en profondeur que sur les centres au second poteau. En phase de possession, les Lionceaux de l’Atlas devront se montrer habiles pour sortir du pressing américain en effectuant des passes vers l’avant. Lorsque le Maroc perd le ballon haut sur le terrain, les joueurs américains cherchent à le récupérer rapidement, mais se replient en bloc médian en cas d’échec.

Sur cette situation de jeu, six joueurs américains ont été éliminés en une seule passe.

Les Marocains devront trouver des solutions pour faire face au pressing adverse et tenter des contre-attaques avant que la défense américaine ne se restructure. Une première relance efficace peut permettre d’éliminer plusieurs joueurs américains. Par séquences, leur animation défensive repose sur un seul milieu reculé. Lorsque les milieux relayeurs sont plus haut, ce milieu défensif peut se retrouver démuni face aux grands espaces à couvrir.

Dans ce contexte, Soufiane Rahimi aura un rôle clé à jouer. Il devra varier ses actions offensives, en demandant le ballon dans les pieds ou en prenant la profondeur. Au-delà des aspects tactiques et physiques, le sort du match dépendra aussi de la détermination des Marocains à ne jamais lâcher et à croire en leurs chances jusqu’au bout.

Air Arabia : une nouvelle ligne Tétouan-Paris-Charles-de-Gaulle à partir du 27 octobre

Les vols débuteront avec deux fréquences hebdomadaires, opérant chaque jeudi et dimanche, a annoncé Air Arabia dans un communiqué.

Avec cette nouvelle ligne, Paris deviendra la 7e destination de la compagnie à Tétouan.

Voici les détails relatifs à cette nouvelle ligne :

La CDG et la Caisse française des dépôts veulent renforcer leur partenariat

Signée par le directeur général de la CDG Khalid Safir et le directeur général de la CDC Éric Lombard, cette convention a pour objet de fixer un cadre de référence pour le renforcement et l’approfondissement du partenariat entre les deux institutions sur la période 2024-2029 selon trois axes principaux, à savoir les métiers d’intérêt général, les métiers du développement économique, social et environnemental, et les activités « Banque, Finance et Assurance ».

Dans une déclaration à la presse à cette occasion, M. Safir a indiqué que cet accord permettra aux deux caisses, marocaine et française, de collaborer et d’échanger sur divers sujets d’intérêt général et commun, essentiels pour les deux pays, notamment en matière de gestion, de transitions énergétiques, de développement durable, de transformation digitale, d’inclusion financière, et de renforcement de la protection et de la couverture sociales.

Cette convention, a-t-il poursuivi, renforce ainsi une relation « ancienne » et « historique » entre nos deux institutions, relevant que celle-ci vient à point nommé dans le cadre des relations franco-marocaines.

Dans une déclaration similaire, M. Lombard a souligné que « le lien entre la CDG et la CDC est très ancien, remontant à la création de la CDG », en 1959.

Depuis, « nous avons développé un très grand nombre de coopérations, qu’il s’agisse d’investissements communs, d’échanges de savoir-faire, ou encore d’une amitié solide entre les équipes de nos deux institutions », a-t-il poursuivi.

Saluant la relation amicale entre la France et le Maroc, M. Lombard a précisé que la coopération entre les deux institutions « contribue non seulement au développement de nos deux pays, mais renforce également les liens opérationnels, institutionnels et, surtout, humains ».

Par le biais de cette convention, les deux parties conviennent également de mettre en œuvre un dispositif efficace et durable d’échange et de partage sur le long terme dans le champ de leurs missions respectives.

Il s’agit aussi de développer en commun les travaux du « Forum des Caisses de Dépôt » et de contribuer à identifier collectivement des solutions pour faire face aux défis majeurs du bassin méditerranéen.

(Avec MAP)

JO 2024. Pas de foot féminin, mais le Maroc sera représenté dans au moins 13 disciplines

La victoire arrachée il y a quelques jours dans les arrêts de jeu par le Maroc en Zambie (1-2) n’aura pas suffi. Mardi 9 avril, en match retour du quatrième et dernier tour des qualifications africaines, au Complexe sportif Prince Moulay El Hassan à Rabat, Khadija Er-rmichi et ses équipières ont vu leur rêve de participer aux Jeux Olympique de Paris 2024 se briser en prolongations (0-2).

Privées de leur capitaine, Ghizlane Chebbak, suspendue pour accumulation de cartons jaunes, les Lionnes de l’Atlas n’ont pas réussi à contenir la puissance physique et la vitesse des Zambiennes qui ont ouvert le score, quelques minutes avant le retour aux vestiaires (39’), par l’intérmédiaire de Barbra Banda.

Lors du second acte, les protégées du sélectionneur national, Jorge Vilda, n’ont pas réussi à recoller au score, en dépit du soutien du public. En prolongations, elles ont fini par céder sur un pénalty transformé par Barbra Banda, consécutif à une faute évitable dans la surface de réparation (105+4).

C’est un coup d’arrêt pour une équipe qui restait sur une mémorable participation à l’occasion de la dernière Coupe du monde, en Australie, atteignant les huitièmes de finale pour la première fois de son histoire. Désormais, les Marocaines seront les premières supportrices de leurs homologues masculins. Car le football national sera tout de même représenté lors des Jeux Olympiques d’été à Paris.

En remportant la Coupe d’Afrique des nations de la catégorie, les U23 masculins ont composté leur billet pour l’événement planétaire. Les hommes de Tarik Sektioui auront fort à faire dans le groupe B, le plus relevé de la compétition, où ils affronteront les Argentins, tombeurs des tenants du titre brésiliens en qualification. 

Le Maroc affrontera également l’Ukraine et une nation asiatique, dont l’identité n’a pas encore été déterminée. Voici le calendrier des U23 marocains :

Maroc – Argentine. Le mercredi 24 juillet, à 15h, sur la pelouse du stade Geoffroy-Guichard, à Saint-Étienne ; 

– Maroc – Ukraine. Le samedi 27 juillet, à 17h, toujours au stade Geoffroy-Guichard ; 

– Maroc – une nation asiatique. Le mardi 30 juillet, à Allianz Riviera, à Nice ; 

Les sports nautiques à l’honneur 

Outre le ballon rond, le Maroc tentera de décrocher des médailles olympiques dans plusieurs autres disciplines. A commencer par le Surf. Programmées à Tahiti, en Polynésie française (du 27 au 30 juillet 2024), les épreuves de surf verront la participation pour la seconde fois consécutive de Ramzi Boukhiam, après les JO de Tokyo. 

Le natif d’Agadir doit sa présence « à son excellente prestation lors des mondiaux de surf, organisés du 22 février au 3 mars 2024 à Porto Rico, qui lui a permis de décrocher la médaille d’argent de la compétition », précise le Comité national olympique marocain (CNOM). 

Loin d’être le sport le plus populaire au Maroc, l’aviron sera quand même présent aux JO grâce à la qualification de Majdouline El Allaoui à l’épreuve du Skiff. Elle sera présente au Stade nautique de Vaires-sur-Marne en raison de sa participation remarquée au championnat d’Afrique, où elle a fini en tête de la finale B de l’épreuve du skiff, qui s’est tenue, du 23 au 26 octobre 2023, en Tunisie. 

Toujours sur les flots, le Maroc sera également représenté dans l’épreuve du K1 1000m sprint en canoë-kayak. Achraf El Aidi a en effet décroché sa place au village olympique à Paris en dominant le championnat d’Afrique, qui s’est déroulé du 23 au 26 novembre 2023 au Nigéria.

« Il s’agit du deuxième sportif marocain qualifié aux Jeux Olympiques de Paris 2024 en canoë kayak, après Mathis Soudi en slalom suite à sa brillante médaille de bronze lors des derniers championnats du monde », souligne le Comité national olympique Marocain.

Taekwondo, lutte, boxe…

Médaillée d’or lors des Jeux olympiques de la Jeunesse, disputés en 2018, à Buenos Aires (Argentine), Fatima-Ezzahra Aboufaras tentera de décrocher une médaille olympique en Taekwondo, à Paris, dans la catégorie des +67 kg. Elle aura à cœur de maintenir la dynamique positive entretenue par sa première place au tournoi africain de la discipline, qui s’est recemment tenu au Sénégal. 

En lutte gréco-romaine (-130kg), les chances Marocaines seront entre les mains de Oussama Assad, 2ᵉ au tournoi qualificatif organisé, du 22 au 24 mars 2024, en Égypte. En Boxe, le Royaume place ses espoirs en Khadija Mardi (75kg), Yasmine Mouttaki (50kg) et Widad Bertal (54kg). En revanche, aucun boxeur n’a réussi à se qualifier.

Houssam El Kourd a quant à lui dégainé vite et avec précision en se qualifiant en escrime, dans l’épreuve de l’épée. Sa deuxième qualification olympique après celle de Tokyo 2020. Pour sa part, Driss Haffari, triple champion du Maroc (2021,2022,2023) et champion d’Afrique, est en passe de participer à ses premières olympiades en tir sportif, dans l’épreuve du trap masculin.

En deux roues, Nadeem Larhmouchi, médaillé d’or lors du championnat d’Afrique en Zimbabwé, s’élancera en cyclisme BMX pour la première fois dans l’histoire de la discipline au Maroc. Sur route, l’équipe nationale « a obtenu un quota (2 coureurs) de qualification attribué par l’Union Cycliste Internationale, après avoir terminé à la 26ᵉ place au classement général de l’année 2023″, indique le CNOM.

« L’équipe marocaine de cyclisme participe ainsi pour la 4ᵉ fois consécutive aux Jeux Olympiques, ayant déjà été qualifiée aux éditions de Londres 2012, Rio de Janeiro 2016 et Tokyo 2020″, ajoute la même source. Et de souligner : « l’équipe nationale de cyclisme a occupé la 2ᵉ place africaine, avec trois coureurs cyclistes marocains dans le Top 10 africain. Il s’agit de Achraf Ed-Doghmi (3ᵉ), Adil El Arbaoui (4ᵉ) et Youssef Bdadou (10ᵉ) ».

Contrairement au cyclisme, le Breakdance a nouvellement été introduit dans le programme des Jeux Olympiques. Bilal Mellakh, alias B-Boy Billy et Fatima Zahra El Mamouni, alias B-Girl El Mamouni, auront l’honneur d’inaugurer la participation marocaine dans la discipline lors des olympiades. 

Autre première historique, la qualification de Noor Slaoui, qui sera la première cavalière marocaine alignée sur les épreuves olympiques du concours complet. Elle sera accompagnée lors des compétitions de sports équestres par Yessin Rahmouni dans l’épreuve du dressage. Enfin, en Athlétisme, le champion olympique Soufiane El Bakkali sera une figure de proue et aura la lourde tâche de conserver sa médaille olympique acquise lors des JO de Tokyo aux 3.000 m. 

Un barème de primes réévalué 

S’agissant des primes consacrées aux participants marocains, elles ont été réévaluées. Désormais, elles récompensent la performance et ne sont plus attribuées uniquement à la qualification, « dans le but d’inciter les sportifs qualifiés à donner le meilleur d’eux même, pour rehausser qualitativement la participation marocaine », avance le Comité national olympique marocain. 

« Ces primes seront octroyées aux sportifs ayant gagné au moins un combat ou ayant passé au moins un tour. Pour les disciplines sportives qui n’ont pas de phases éliminatoires, les sportifs doivent être classés parmi la première moitié du classement général », poursuit la même source. Le barème des primes s’établit comme suit :

Le nouveau barème des primes (Source : CNOM)

Concernant les sportifs qui réalisent des records lors des Jeux Olympiques, ils auront, en plus, une prime selon le barème suivant :

– Record du monde : 1.000.000 DH ; 

– Record olympique : 500.000 DH.

A noter que l’encadrement technique responsable de la préparation des sportifs qualifiés, dont les noms figurent dans les conventions signées entre le CNOM et les Fédérations Royales Marocaines, recevront des primes équivalentes à 50% du total des récompenses attribuées pour la performance des sportifs lors de ces Jeux.

« Ces compensations financières seront calculées en fonction des spécificités de chaque épreuve sportive, du format de la compétition et du classement final enregistré par chaque sportif, selon des conditions de comportement, de conduite et d’éthique à respecter », indique le CNOM. 

Lecture des récents signes de réchauffement entre Rabat et Paris

La plus récente éclaircie remonte au lundi 19 février, quand les princesses Lalla Meryem, Lalla Asmae et Lalla Hasnaa ont été reçues à l’Elysée, à l’invitation de Brigitte Macron. Trois jours auparavant,  le vendredi 16 février, Christophe Lecourtier s’était exprimé sur les relations maroco-françaises devant un parterre universitaire, économique et politique, à l’invitation de la Fondation universitaire Links présidée par Mohamed Berrada. Dans son exposé, il a longuement parlé de l’avenir des relations entre les deux pays, dans le cadre d’un nouveau partenariat à créer ensemble.

N’omettons pas non plus les déclarations du nouveau ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, chargé par Emmanuel Macron d’œuvrer au rapprochement entre la France et le Maroc. Rattrapé par son passé « anti-Maroc », le chef de la diplomatie française a mis l’accent sur la reprise et le caractère essentiel des liens avec le Maroc lors de ses dernières déclarations.

Des signes qui ne trompent pas, selon Ahmed Faouzi 

Joint par Médias24, notre consultant Ahmed Faouzi, ancien ambassadeur et analyste diplomatique, nous fait part de sa lecture du sujet.

« Les signes se multiplient depuis quelques jours, allant dans le sens d’un net réchauffement des relations entre Rabat et Paris, depuis la nomination de la nouvelle ambassadrice du Royaume en France, qui était en soi l’expression officielle d’une volonté de tourner définitivement cette page de mésentente entre les deux pays », explique Ahmed Faouzi.

« Lors de la récente intervention de l’ambassadeur Lecourtier au sein de la fondation Links, ce dernier a laissé entendre que son pays devait prendre en considération les nécessités de l’évolution qu’a connue la question du Sahara marocain au plan international comme au plan régional. Paris devrait être consciente que cette question, qui gangrène la région depuis un demi-siècle, a retardé le développement de l’Union du Maghreb et risque d’avoir des effets néfastes sur l’Europe du Sud comme sur le Sahel si les grandes puissances n’agissent pas pour son règlement », précise l’ex-diplomate.

Il enchaîne : « La visite des princesses en France et leur accueil par Madame Macron à l’Élysée est un signe qui ne trompe pas. C’est sans aucun doute la démonstration que Rabat privilégie une approche par touches pour construire des relations sur des bases solides et sûres qui permettent, tout en renouvelant leur partenariat, de rester fidèles à une longue tradition faite d’amitié et de complicité ».

La classe politique française a contribué à l’essor de la nouvelle volonté affichée par la France

« La classe politique française dans sa grande majorité a fait de la défense des relations maroco-françaises un leitmotiv poussant les autorités françaises, dont l’Elysée et le Quai d’Orsay, à exprimer une nouvelle volonté de rénover ces relations pour les adapter aux exigences d’aujourd’hui« , poursuit Ahmed Faouzi.

« Les difficultés que rencontre la diplomatie française au Sahel, ainsi que les initiatives lancées par le Maroc dans cette région, comme la façade Atlantique africaine, laissent présager des lendemains meilleurs avec toutes les nations, et sans exclusivité ».

« Cette évolution s’inscrit dans la droite ligne d‘une diplomatie ancestrale qui acte par touches et choisit le moment de donner des signes d’évolution et d’adaptation », nuance l’analyste diplomatique avant de conclure : « Le Maroc a fait sa part. Aux responsables français maintenant de jouer la leur, tout en ayant conscience que bien des adversaires feront ce qu’ils pourront pour torpiller l’édifice… ».

Une réconciliation incomplète d’après Emmanuel Dupuy

Médias24 a également joint le président de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE), Emmanuel Dupuy, pour un commentaire. Notre interlocuteur estime que malgré les signaux positifs et encourageants, nous sommes encore loin d’une réconciliation pleine et entière.

« Ce sont des signaux de réchauffement, mais ça s’arrête là. Pour l’instant, il ne s’agit pas d’une réconciliation pleine et entière. Ce sont de bonnes intentions. Stéphane Séjourné a pris une direction opposée, radicalement, à celle de l’année dernière, précisément en janvier 2023, quand il avait lancé un vote contre le Maroc au Parlement européen, dans la perspective de réchauffement avec l’autre voisin, à savoir l’Algérie. À ceci s’ajoutent la réception, le lundi 19 février, des princesses du Maroc à l’Elysée à l’invitation de Brigitte Macron, et la prise de parole tant attendue, le 16 février, de l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, qui semble donner les orientations de ces signaux positifs », affirme Emmanuel Dupuy.

« La position française est évidemment liée à des signaux venant de Paris. Ce sont trois signaux venant de Paris. Maintenant, des signaux sont également attendus du côté marocain. La désignation d’une ambassadrice à Paris est un premier signal. La volonté d’inviter le président Macron est un autre. Sans oublier de mentionner la volonté d’organiser un certain nombre d’événements, par exemple le colloque qui va avoir lieu d’ici mars à la Chambre des conseillers », souligne notre interlocuteur.

« Ce sont donc des signaux positifs et engageants du côté français. Mais sur le fond, rien n’a changé. La position française sur le Sahara n’a pas évolué. Nous restons sur la position de l’autonomie proposée en 2007. Nous sommes dans une logique où nous soutenons les dernières résolutions qui appellent à une médiation et à un dialogue politique », précise-t-il.

« La vraie question demeure : ‘Quelle va être la ligne des discussions, et où est-ce que ces dernières vont bouger ?’ Pour l’instant, aucun signal supplémentaire vis-à-vis du Sahara n’a été émis. Cela signifierait-t-il que la position du Maroc ait un peu changé, dans le sens où elle serait moins exigeante vis-à-vis de la question du Sahara ? Pour l’instant, il y a un point d’interrogation quant aux exigences de part et d’autre. Est-ce que le Maroc exige toujours une modification de la position française pour une pleine reconnaissance du Sahara ?  Est-ce que la France est prête à faire ce geste ? », conclut Emmanuel Dupuy.

https://medias24.com/2024/02/18/declarations-de-lecourtier-sur-le-sahara-une-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps/

Affaire Saïdia : Paris confirme la mort d’un Français et l’incarcération d’un autre en Algérie

La France a confirmé ce vendredi la mort d’un Français et « l’incarcération d’un autre compatriote en Algérie dans un incident impliquant plusieurs de [ses] ressortissants », d’après l’Agence France-Presse (AFP). Cette annonce intervient après que des médias marocains ont relayé l’information selon laquelle deux vacanciers franco-marocains ont été tués par des garde-côtes algériens.

Décès d’un Franco-marocain 

Le ministère français des Affaires étrangères évoque, lui, le décès d’un seul ressortissant et n’a pas précisé les circonstances de sa mort, poursuit l’AFP. Le Quai d’Orsay n’a pas précisé l’identité de la personne décédée.

« Le centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et nos ambassades au Maroc et en Algérie sont en contact étroit avec les familles de nos concitoyens, à qui nous apportons tout notre soutien », précise-t-il dans un communiqué cité par la même agence.

« Nous sommes en contact avec les autorités marocaines et algériennes. Le parquet a été avisé », a également indiqué une porte-parole du ministère, ajoute-t-on de même source.

Des médias marocains, citant un témoin du drame, ont rapporté jeudi soir que deux vacanciers franco-marocains ont été tués par des garde-côtes algériens alors qu’ils s’étaient égarés en jet-ski dans une zone maritime algérienne à la frontière avec le Maroc.

L’AFP cite nos confrères du 360, selon qui, deux vacanciers franco-marocains (Bilal Kissi et Abdelali Mechouer) ont été tués mardi 29 août dans la soirée par des tirs des garde-côtes algériens dans l’espace maritime algérien après s’être perdus en mer à bord de leurs jet-skis, près de la ville côtière marocaine de Saïdia.

Un troisième homme, présenté comme franco-marocain, Smaïl Snabé, a été arrêté par les garde-côtes algériens et présenté mercredi devant un procureur algérien, selon Le360, qui cite des « sources concordantes ».

Prépas scientifiques: Le lydex, potentiel rival des grands lycées parisiens ?

Il y a quelques jours, il étaient 17 étudiants du Lydex à avoir réussi les concours écrits et oraux de Polytechnique. Aujourd’hui, trois lauréats sur quatre qui caressaient, depuis la liste d’attente, le rêve de rejoindre la prestigieuse école parisienne, sont officiellement admis, ce qui porte à 20 le nombre de lauréats du Lydex qui s’envolent dans quelques semaines pour Paris.

Dans cet établissement qui veut mériter son nom, le directeur du Lydex a reçu quelques organes de presse ce vendredi 4 aout 2023 et a mis l’accent sur l’importance de l’accompagnement des étudiants, « marque de fabrique de l’établissement », selon lui. En effet, les nouveaux bacheliers admis à la prépa de BenGuerir sont encadrés dès les premiers jours au sein de l’établissement et ce, jusqu’à leur départ.

©Médias24

Dans le cadre du processus de sélection, « la mixité sociale et géographique est privilégiée, avec une discrimination positive pour les étudiants dont les parents sont dans le besoin ». L’établissement financé par la fondation OCP abrite d’ailleurs une majorité écrasante de boursiers qui, pour la plupart, sont exonérés de l’intégralité des frais de scolarité, nous fait-on savoir.

L’accompagnement, leitmotiv du Lydex 

Durant les deux années préparatoires aux concours des grandes écoles d’ingénieurs, « les étudiants reçoivent non seulement une formation de haut niveau avec des professeurs engagés tous marocains et issus de l’éducation nationale, mais sont également coachés pour développer des qualités communicationnelles et gagner en aisance à l’oral », tenait à préciser le directeur du Lydex.

Avant les concours écrits et oraux, les étudiants s’entrainent avec leurs professeurs comme dans toute autre prépa, mais ce qui distingue encore une fois le Lydex, c’est l’organisation de simulations avec d’anciens examinateurs aux concours de Polytechnique Paris, nous explique Taoufik Al Hakim, un des trois lauréats présents lors du point presse.

Deux lauréats du lycée Mohammed VI d’Excellence de BenGuerir (Lydex), admis à l’école Polytechnique de Paris. Crédit: Médias24

Cet exercice « a le mérite de mettre en confiance les étudiants et les outiller en leur donnant des conseils et recommandations qui reposent sur une expérience au sein de l’école Polytechnique », précise-t-il.

Très enthousiaste à l’idée de rejoindre les bancs d’X, ce brillant étudiant venu de Casablanca nous confie qu’en première année, il ne visait pas plus que Centrale Supélec, mais « le cadre qu’offre le lycée pousse les étudiants à se surpasser. La préparation mentale est primordiale au Lydex ».

Très plébiscitées par les étudiants qui visent les grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, les classes préparatoires sont des programmes d’enseignement intenses et compétitifs. En raison du rythme de travail très soutenu et de la charge mentale qui en découle, il est fréquent que des étudiants abandonnent.

Pourtant, « au Lydex, il n’y a jamais eu d’abandons, dans le sens où le lycée offre également une série d’activités, notamment sportives pour décompresser et détendre l’esprit », explique Taoufik qui, pour sa part, sait très bien concilier travail rigoureux et pratique quotidienne du sport.

Son ambition après Polytechnique ? Aux antipodes de l’imaginaire collectif qui parle de fuites des cerveaux, Taoufik compte travailler dans le domaine de l’intelligence artificielle dans différents pays notamment l’Allemagne et la Chine avant de revenir s’installer au Maroc. Le retour au pays avec une panoplie d’expériences s’impose naturellement à lui et à ses amis futurs polytechniciens présents, nous confie-t-on.

Soupçons d’ingérence à BFM TV : ouverture à Paris d’une enquête judiciaire

L’enquête a été ouverte « récemment », a précisé l’une de ces sources, et confiée à la sous-direction des Affaires économiques et financières de la police judiciaire parisienne. Le parquet national financier (PNF), qui n’a pas souhaité confirmer l’information, a seulement indiqué à l’AFP avoir reçu « un dessaisissement du parquet de Paris ».

BFM TV a licencié Rachid M’Barki le 21 février et déposé plainte contre X le lendemain pour corruption passive et abus de confiance. Cette plainte faisait suite à une enquête interne ouverte en janvier par la première chaîne d’information de France.

En cause, des soupçons d’ingérence étrangère dans le travail de Rachid M’Barki comme présentateur des journaux de la nuit sur BFM TV. Ils visaient une douzaine de brèves illustrées en image, ayant notamment trait aux oligarques russes, au Qatar ou au Maroc. Le journaliste a ensuite été mis en cause, mi-février, dans une enquête internationale du collectif de journalistes Forbidden Stories, dans laquelle étaient pointées les activités d’une société israélienne, surnommée « Team Jorge », spécialisée dans la désinformation au profit de différents clients, dont des Etats.

Auditionné mercredi par une commission d’enquête parlementaire sur les ingérences étrangères, Rachid M’Barki a estimé être la cible d' »accusations injustes », lors de sa première prise de parole publique depuis sa mise en cause.

Il a reconnu que le lobbyiste Jean-Pierre Duthion, cité dans l’enquête de Forbidden Stories, était l’un de ses « informateurs ».

Interrogé par cette même commission jeudi, le directeur général de BFM TV, Marc-Olivier Fogiel, a révélé que « M. Duthion a essayé de contacter d’autres journalistes de BFM TV après le départ de Rachid M’Barki », sans que cela n’aboutisse.

(Avec AFP)

Grèves en France : la RAM annule des vols en provenance et à destination de Paris

« Faisant suite au préavis de grève de la fonction publique en France les 7 et 8 mars 2023, relayé par les syndicats de la DGAC française, toutes les compagnies aériennes ont réduit leurs programmes de vols pour ces journées sur l’aéroport de Paris Orly », indique la compagnie.

Royal Air Maroc a annulé les vols suivants :

– AT 760, AT 761, AT 740, AT 776, AT 777, AT 664 et AT 665 du 7 mars 2023

– AT 640, AT 641, AT 652, AT 653, AT 665, AT 664, AT 650 et AT 651 du 8 mars 2023

La compagnie invite les passagers à consulter le statut de leur vol, à vérifier et à mettre à jour leurs contacts dans la section « Gérer ma réservation » du site web de Royal Air Maroc : https://www.royalairmaroc.com/ma-fr/gerer-ma-reservation.

Les voyageurs des vols ayant subi un changement, et qui ne souhaitent pas voyager à bord des nouveaux vols mis à leur disposition, peuvent demander un remboursement du billet dans son moyen de paiement d’origine, ou un changement de date gratuit, selon la disponibilité, de et vers la même destination ou une destination du réseau Royal Air Maroc en Europe, pour une nouvelle date de voyage dans les quinze jours suivant la date du vol annulé, sous réserve que la durée de séjour initiale soit maintenue. Pour tout changement de destination, l’éventuelle différence dans les taxes sera à la charge du passager.

La RAM appelle les passagers dont les vols ont été annulés, ou qui n’ont pas reçu de vol de report confirmé, à ne pas se présenter à l’aéroport, et à contacter leur point de vente initial ou le call center de la RAM pour confirmer leur vol de report ou bénéficier des dispositions auxquelles ils ont droit.

Mondial de l’Auto de Paris : retrouvailles en demi-teinte (2/3)

Mobilize : le Duo, “made in Morocco”

La jeune marque de Renault Group, dédiée aux “mobilités alternatives”, faisait sa première sortie publique au salon parisien. À côté de la berline électrique Limo, destinée aux services de VTC, et du concept de trottinette électrique couverte Solo, la vedette de son stand était le Mobilize Duo, bientôt produit dans l’usine Renault de Tanger.

Successeur du Renault Twizy, ce quardicycle électrique en reprend l’architecture à deux places en tandem, mais s’en différencie par l’adoption en série de portières, toujours à ouverture en élytre. L’intérieur étonne par sa présentation ludique et sa planche de bord inspirée des “Boombox” des années 1980 : à titre d’exemple, il faut appuyer sur la touche “Play” pour démarrer et sur “Pause” pour stationner. Le tout est complété par une instrumentation numérique au graphisme rétro… et par des petits textes explicatifs, rappelant que ce véhicule de 2,43 m de longueur est conçu pour s’intégrer dans les flottes des services d’auto-partage.

Sans surprise, l’équipement est assez minimaliste : un airbag, un support de smartphone, un port USB-C et un seul haut-parleur. Deux espaces aménagés de part et d’autre du siège avant peuvent accueillir deux valises au format cabine. Côté motorisation, le Mobilize Duo existera avec deux puissances, pour une vitesse maxi limitée respectivement à 45 km/h et 80 km/h et une autonomie annoncée à 140 km. Des chiffres bien supérieurs à ceux de sa principale rivale, la Citroën Ami, justifiant des prix supérieurs. Toutefois, le Duo ne sera pas proposé à la vente, mais uniquement en location courte ou longue durée auprès de professionnels tiers.

Peugeot : une (future) star nommée 408

Sur le stand de Peugeot, autre acteur local de cette édition du Mondial de Paris, il n’y en avait que pour sa future star, la Peugeot 408, dont un exemplaire “flottait” à l’intérieur d’une immense sphère transparente. Un modèle inédit qui ose le mélange des genres, avec un physique à la croisée des chemins entre la berline, le coupé et le SUV. Si la nouvelle venue reprend la base technique de la récente 308, elle chasserait plutôt sur les terres de la 508 avec son gabarit imposant (4,69 m de long), synonyme d’habitabilité généreuse.

Côté moteurs, pas de Diesel au programme : en attendant l’arrivée d’une déclinaison 100% électrique, la palette se compose d’un bloc essence et de deux hybrides rechargeables, aux puissances allant de 130 à 225 ch. La commercialisation de la 408 démarrera en Europe début 2023, et probablement quelques mois plus tard sur notre marché.

L’autre attraction du stand du Lion, à destination des fans de sport automobile, était la Peugeot 9X8. La nouvelle hypercar, engagée au Championnat du monde d’endurance WEC ainsi qu’aux 24 Heures du Mans 2023, se montrait pour la première fois au public, lui offrant la possibilité d’admirer son design particulièrement travaillé.

Jeep : première mise au courant

Le spécialiste américain du SUV profite du salon parisien pour dévoiler, en chair et en tôle, son premier modèle 100% électrique. Voici le Jeep Avenger, petit SUV “à piles” qui, avec ses 4,08 m de long, se place un cran sous le Renegade. Et s’il partage la base technique de ses cousins du groupe Stellantis (DS 3, Peugeot 2008 et autre Opel Mokka), il tient à conserver l’ADN Jeep. D’abord par son style typique, avec une silhouette carrée et la caractéristique calandre à 7 fentes, mais aussi par ses capacités de franchissement, autorisées par sa garde au sol généreuse et la disponibilité d’une variante à 4 roues motrices “4Xe”, équipée d’un différentiel électrique sur le train arrière.

Sous le capot se niche un électromoteur de 156 ch, alimenté par une batterie de 54 kWh offrant une autonomie d’environ 400 km. La commercialisation du Jeep Avenger a débuté avec les prises de précommandes d’une édition spéciale “First Edition”, avant un lancement officiel prévu en Europe au printemps 2023.

DS Automobiles : vague de liftings

Pas de réelle nouveauté sur le stand de DS Automobiles, qui se contente d’exposer les versions restylées des deux SUV DS 7 et DS 3, désormais débarrassés du suffixe Crossback. Si le premier a bénéficié d’une mise à jour conséquente (calandre, optiques, boucliers, hayon et feux arrière), les évolutions esthétiques du petit SUV se limitent à des phares retouchés et à une signature lumineuse revisitée. À l’arrière, l’inscription “DS Automobiles” prend place sur le hayon et les chromes cèdent place à des contours noir laqué, alors qu’à l’intérieur, l’écran tactile central passe à 10,3 pouces. Le vrai changement se trouve sous le capot de la version 100% électrique “E-Tense”, qui inaugure un nouvel électromoteur de 156 ch (au lieu de 136 ch), et une batterie de 54 kWh, portant l’autonomie à 402 km.

Les autres attractions du stand étaient la grande berline DS 9 Opéra Première, avec sa motorisation hybride rechargeable de 360 ch, ainsi que le concept DS E-Tense Performance, un coupé sportif à double moteur électrique de 815 ch.

BYD : offensive en règle

Les constructeurs européens ayant été nombreux à bouder le Mondial de Paris, des marques chinoises y ont vu l’opportunité de se faire plus visibles. C’est le cas du géant BYD, qui annonçait pour l’occasion son arrivée sur différents marchés européens avec 4 modèles 100% électriques. Il s’agit d’abord du BYD Atto 3, un SUV compact au style assez classique, affichant une puissance de 204 ch et une autonomie de 420 km. Un cran au-dessus se place le BYD Tang, SUV familial 7-places dont le look passe-partout cache une double motorisation électrique de 517 ch et une batterie de 86,4 kWh, pour une autonomie de 400 km.

Partageant les mêmes dessous techniques, la BYD Han, berline de 5 mètres de long, exploite bien mieux ses kilowatts. Avec des électromoteurs et une batterie similaires, l’actuel vaisseau amiral de la marque affiche des performances de haut niveau (le 0 à 100 km/h est réalisé en moins de 4 secondes) et surtout une autonomie de 521 km.

Le 4e modèle présenté était une première mondiale : la BYD Seal, berline électrique longue de 4,80 m qui se pose en rivale directe de la Tesla Model 3 et de la BMW i4. Véritable arme de conquête pour le constructeur chinois, elle sera proposée avec des puissances allant de 204 à 530 ch, et des autonomies variant de 550 à 700 km.

NamX : de l’hydrogène et de l’audace

Le Maroc était bel et bien représenté au Mondial de Paris, qui plus est par un (futur) constructeur innovant. Nous avons nommé NamX (pour New Automotive Mobility Exploration), start-up franco-marocaine cofondée et dirigée par Faouzi Annajah. Le salon parisien était l’occasion de présenter au public le NamX HUV (Hydrogen Utility Véhicule) et surtout ses stands de capsules à hydrogène.

Car plus que ses lignes racées et sa motorisation à hydrogène (de 350 à 550 ch), c’est le mode d’alimentation de ce SUV qui intrigue. Ainsi, en complément d’un réservoir principal d’hydrogène, le HUV dispose d’un rack de 6 capsules amovibles, ramenant ainsi l’autonomie totale à près de 800 km. Objectif : permettre au conducteur d’échanger ses capsules vides contre des pleines, et d’opérer son ravitaillement (certes partiel) en quelques minutes.

Avec ce système, NamX propose une solution originale et relativement aisée à déployer afin de pallier la rareté des stations à hydrogène, puisque les kiosques de capsules peuvent être proposées sur un large réseau de points de distribution.

Selon les dirigeants de NamX, le HUV devrait passer à la phase de production à l’horizon 2025, et être proposé à des prix estimés entre 65 000 et 95 000 euros.

Mondial de l’Auto de Paris : retrouvailles en demi-teinte (1/3)

Après l’annulation de l’édition 2020 pour cause de crise sanitaire, le Mondial de l’Auto de Paris a retrouvé son public du 17 au 23 octobre derniers. Mais ce qui était le plus grand salon automobile européen n’est plus que l’ombre de lui-même. Avec le désistement d’une majorité de constructeurs, l’exposition parisienne a dû réduire la voilure en termes de superficie, et se contenter de la présence des marques de Renault Group et d’une petite partie de celles de Stellantis, auxquelles s’est adjointe une poignée de constructeurs chinois. À telle enseigne que la tenue du rendez-vous de 2024 semble presque compromise…

Plus que le Covid ou la déprime des marchés automobiles mondiaux, c’est surtout la désaffection des constructeurs pour les salons classiques qui a réduit leur présence comme peau de chagrin. Mais contrairement à celui de Francfort, qui a déménagé à Munich, ou celui de Genève, qui s’exilera au Qatar fin 2023, le Salon de Paris a fait de la résistance, concédant certes une contraction de sa durée à six jours (au lieu de dix auparavant).

Ses organisateurs annoncent d’ailleurs un bilan positif, revendiquant plus de 400.000 visiteurs du côté de la Porte de Versailles. Et malgré le nombre limité d’exposants, ces derniers ont pu découvrir nombre de nouveautés ou de premières internationales, dont Médias24 fait exhaustivement le tour dans ce long article scindé en trois parties.

Renault : feu d’artifice de concepts

Jouant “à domicile”, Renault a créé l’événement en présentant pas moins de trois concepts inédits, accompagnant une nouveauté majeure. La star du stand au Losange était bien évidemment le concept Renault 4Ever Trophy, étude de style annonçant la renaissance de la vénérable 4L.

Longtemps espéré, le retour de cette citadine rustique à l’horizon 2025 se fera sous la forme d’un petit SUV 100% électrique, dont le design définitif, déjà figé, réinterprète les identifiants esthétiques de la 4L. Au menu : une calandre englobant des phares ronds (ici à LEDs), des flancs lisses, une troisième vitre latérale en trapèze et un hayon plat encadré de petits feux arrière verticaux à LEDs. Le tout est agrémenté d’une panoplie d’aventurier (boucliers surdimensionnés, garde au sol généreuse, pneus tout terrain, roue de secours sur le toit, pelle et plaques de désensablage sur le hayon…), histoire de célébrer les 25 ans du rallye-raid “4L Trophy” qui se tient chaque année sur les routes marocaines.

Autre icône à l’honneur : la R5, qui reviendra au catalogue en 2024, également en version 100% électrique. Elle est représentée sur le stand parisien par le concept R5 Prototype (dévoilé en 2021), mais aussi par une déclinaison radicale : la Renault R5 Turbo 3E. Évocation moderne de son homonyme des années 1980, ce concept délirant en reprend le look musclé, que l’on jurerait sorti d’un jeu vidéo, et même l’architecture mécanique à motorisation en position centrale arrière. Sauf que cette dernière se compose ici de deux moteurs électriques de 380 ch, permettant à la bombinette d’accélérer de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes. Belle surprise : Renault envisage de produire cette sportive exubérante en petite série.

Troisième concept trônant sur le stand, le Renault Scénic Vision a été dévoilé en mai dernier, mais faisait sa première apparition publique au salon parisien. Ne vous fiez pas à silhouette assez basse, ses portières à ouverture antagoniste, son intérieur futuriste ou sa motorisation combinant moteur électrique et hydrogène. Ce prototype préfigure en réalité la transformation dès 2024 du monospace compact en SUV doté de motorisations exclusivement électriques.

La dernière animation du stand est un modèle de série : le Renault Austral, remplaçant du Kadjar, qui a la lourde mission de repositionner la marque française sur le segment des SUV compacts. Tout juste commercialisé en Europe, il devrait poser ses pneus dans les concessions marocaines à l’automne 2023.

Dacia : un “Manifesto” et le début de l’hybride

Plutôt que des nouveaux modèles, le stand Dacia donnait à découvrir l’intégralité de sa gamme remaniée, arborant la nouvelle identité de la marque. La “réunion de famille” s’est toutefois accompagnée de deux premières. Il s’agit d’abord de la série limitée du Duster, baptisée Duster Mat Edition, qui fête les deux millions d’exemplaires vendus du SUV. Cette édition limitée à 1.500 unités se singularise essentiellement par sa peinture grise mate, et ne sera proposée qu’avec le moteur 1.3 TCe essence de 150 ch, avec boîte automatique EDC et transmission 4×2. Cela signifie que la teinte, très en vogue, ne sera pas proposée chez nous… du moins pour le moment.

Plus significative est l’arrivée de l’hybridation chez Dacia, concrétisée par l’exposition d’un Dacia Jogger hybride. Dérivé de celui de la Renault Clio E-Tech (non commercialisée chez nous), son groupe motopropulseur “full hybrid” est composé d’un 1.6 l essence d’un électromoteur, pour une puissance cumulée de 140 ch et une consommation annoncée à 4,3 l/100 km. Si aucune information n’a filtré sur une éventuelle commercialisation de cette version chez nous, on sait en revanche que le Crossover 7-places fera son entrée sur le marché marocain à la mi-2023, avec l’inusable 1.5 dCi Diesel sous le capot.

Le Mondial parisien a aussi été l’occasion pour le concept Dacia Manifesto, dévoilé il y a quelques semaines, de prendre son premier bain de foule. Comme son nom le suggère, ce buggy futuriste est censé incarner les nouveaux identifiants de la marque, qui ambitionne de tourner définitivement le dos à son image “low-cost”. Au programme : des lignes carrées soulignant la robustesse, une motorisation électrique et un ensemble de solutions favorisant la simplicité et la durabilité. On s’en doute, ce concept n’a pas d’avenir commercial, mais certains éléments, tel le plastique recyclé, se retrouveront sur le futur Duster III, attendu pour 2024.

Alpine : baroud d’honneur et visions d’avenir

Sur le stand Alpine, marque qui sera commercialisée au Maroc courant 2023, le spectacle était assuré par le concept Alpine Alpenglow, annonçant l’allure de l’hypercar participant au Championnat du monde d’endurance WEC en 2024. Motorisée par un moteur à hydrogène, cette étude style donne aussi quelques indices esthétiques sur les futurs modèles de la marque, notamment la signature lumineuse horizontale prenant toute la largeur de la face avant. Deux variantes de la A110 complètent le stand de la marque sportive de Renault Group. Il s’agit d’abord du concept Alpine A110 e-Ternité, mû par deux moteurs électriques de 380 ch, qui amorce le virage “zéro émission” chez le constructeur.

À l’opposée, l’Alpine A110 R est une version radicale de la berlinette qui apparaît comme un baroud d’honneur avant la disparition des motorisations thermiques. Allégée, habillée d’appendices en carbone et dotée d’un châssis ultra-affuté et de performances améliorées, elle existera également dans une édition limitée développée avec Fernando Alonso… qui quittera l’écurie au terme de cette saison 2022. Cette version collector ne sera produite qu’à 32 exemplaires, comme le nombre de courses remportées en F1 par le pilote espagnol, et chacun arborera une plaque mentionnant le circuit et l’année de la victoire.