« Maroc, le Royaume des cavaliers » : 2M célèbre le patrimoine de la Tbourida
En 2024, le Qatar a dédié son année culturelle au Maroc, mettant en lumière les liens historiques et culturels entre les deux nations. Le point culminant de cette célébration fut un grand spectacle de Tbourida, organisé au prestigieux centre équestre Al Shaqab, à Doha. Dans un documentaire récemment diffusé sur la chaîne 2M, le réalisateur Frédéric Coconier entraîne le public dans les coulisses de cet événement unique, véritable hommage à un patrimoine ancestral.
Plus qu’un sport : une culture vivante
Des intervenants, invités à définir la Tbourida en un mot, ont évoqué des termes tels que « amour », « authenticité », « Maroc » et « passion ».
Le documentaire s’ouvre sur l’intervention d’un expert en Tbourida, qui explore les multiples facettes de cet art équestre marocain. L’accent est mis sur l’authenticité des costumes, fabriqués avec des matériaux locaux, ainsi que sur le savoir-faire des artisans spécialisés dans les selles et les fusils. Classée aupatrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2021, la Tbourida est décrite comme une véritable philosophie de vie, un témoignage de l’esprit communautaire et de la fierté d’appartenir à une tribu.
Le documentaire nous emmène dans les ateliers des mâalems, ces maîtres artisans spécialisés dans la broderie et la fabrication de fusils, etc. On y découvre les matières premières et les procédés de fabrication qui confèrent à cet art son unicité.
Dans les coulisses
Les caméras ont suivi les sorbas dans leur quotidien, capturant l’ambiance intergénérationnelle des jeunes participants et les témoignages émouvants reliant passé et présent. Chaque équipe se distingue par des costumes reflétant son identité régionale. Le documentaire s’est également rendu au Haras national de Bouznika, où étaient rassemblés les 50 chevaux des cinq sorbas sélectionnées. Les chevaux ont été soigneusement préparés pour leur voyage et leur participation sous la supervision de dresseurs et de maréchaux-ferrants.
Le documentaire accompagne les sorbas depuis l’aéroport de Casablanca jusqu’à Doha, offrant des images captivantes de leur arrivée et de leur premier contact avec la piste d’Al Shaqab. Ce spectacle équestre, méconnu de la plupart des spectateurs qataris, suscite leur curiosité et leur enthousiasme.
Tradition et modernité
À leur arrivée, les cavaliers commencent à s’entraîner sur la piste dédiée à l’événement. L’hyper-modernité du site Al Shaqab, en regard des traditions marocaines, confère une dimension singulière au spectacle. Selon le directeur général de la SOREC, cet événement est l’occasion unique de mettre en valeur cet art ancestral, soulignant, l’importance de préserver l’authenticité de la Tbourida tout en valorisant les métiers artisanaux qui lui sont liés.
Présidé par Son Altesse Lalla Hasnae et Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Al-Thani, l’événement a réuni des personnalités politiques, sportives et artistiques des deux nations. Les tribunes d’Al Shaqab vibraient au son de la musique marocaine, tandis que des jeunes vêtus de djellabas servaient le traditionnel thé à la menthe.
Chaque sorba a offert cinq passages spectaculaires devant un public conquis, avant de conclure par un passage commun symbolisant l’unité des Marocains sous un même étendard.
Patrimoine. À Safi, après cinq siècles d’existence, Ksar El Bahr menacé de disparition
Ksar El Bahr (le château de mer) de Safi a été victime d’un nouvel effondrement causé par les vagues et des vents violents qui en ont emporté une partie, une de plus, apprend Médias24 auprès de plusieurs sources locales.
Datant de l’époque portugaise, ce château militaire a été construit entre 1516 et 1523 pour le contrôle du trafic portuaire et commercial dans l’embouchure de l’oued Chaâba. Classé au patrimoine national par dahir du sultan dans les années 1920, ce monument n’a cessé de subir les aléas de l’érosion causée par les vagues de l’Atlantique et les vents violents auxquels il est exposé.
La situation, selon nos sources, a continué à se dégrader lors des deux dernières décennies, malgré les efforts consentis pour sauver ce qui peut encore l’être de la principale attraction touristique à forte charge historique.
« Ce jeudi 3 avril est une triste journée non seulement pour Safi et ses habitants, mais aussi pour tous les Marocains et pour notre mémoire collective. Cela fait mal au cœur de voir ce monument disparaître partie par partie, malgré les grands efforts consentis par l’État pour le sauver de la disparition », déplore El Mekki Gaouane, vice-président de l’association Safi Patrimoine, dans un échange avec Médias24.
El Mekki Gaouane, natif de Safi et ancien ambassadeur du Maroc au Qatar, s’étonne du retard pris pour prendre le taureau par les cornes et sauver ce précieux patrimoine alors que ce ne sont pas les ressources qui manquent.
Lors d’une visite sur place en mars 2023, Mehdi Bensaid, ministre de la Culture, avait annoncé la mobilisation d’un budget de 388 millions de dirhams pour réhabiliter les monuments de Safi dont, en premier lieu, Ksar El Bahr. Lors de la session de mars 2025, le conseil communal a voté un budget de 248 MDH, et ce, pour la première tranche des projets de réhabilitation des monuments et des sites historiques de la ville.
« Nous sommes reconnaissants à Mehdi Bensaid d’avoir sauvé Dar El Baroud, l’église espagnole ou encore la maison de l’écrivain Edmond Amran El Maleh. C’est aussi grâce à lui que la partie est de Ksar El Bahr tient toujours debout », admet notre interlocuteur.
Au ministère de la Culture, interrogée par Médias24, une source autorisée nous répond qu’une délégation menée par le directeur du patrimoine de ce département, se trouve déjà sur place. « Cette délégation procédera à une évaluation des dégâts pour arrêter les contours d’une intervention urgente », confie notre interlocuteur, qui précise que Mehdi Bensaid suit le sujet de très près.
À qui incombe la responsabilité ?
« C’est la faute à un laisser-aller qui a duré trop longtemps, mais il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu », explique une source locale qui suit ce dossier. Notre interlocuteur affirme que la disparition de Ksar El Bahr pourrait mettre en péril une grande partie de l’ancienne médina, puisque le château sert de rempart contre les vagues violentes de l’Océan.
Seront alors particulièrement menacés d’autres précieux monuments de la ville comme la retraite de Cheikh El Jazouli et celle de Sidi Mohamed Bensaleh.
Qui est alors responsable de la situation de Ksar El Bahr ? « Ce serait long à expliquer, mais je ne peux accuser personne. On relève cependant un manque de coordination entre plusieurs intervenants et, surtout, entre les instances élues : le conseil communal, le conseil provincial et le conseil de la région », nous répond El Mekki Gaouane, qui ajoute que ce n’est pas la priorité du moment.
« Je m’étonne qu’au XXIᵉ siècle un pays comme le nôtre peine à restaurer et à sauver un monument construit en pierre avec de la chaux ! », conclut notre interlocuteur.
Assilah : trois monuments juifs, dont une synagogue, inscrits sur la liste du patrimoine
Cette décision, signée par Mehdi Bensaid et publiée au Bulletin officiel du 20 février, concerne trois monuments juifs de la ville d’Assilah à la suite d’une demande formulée par la communauté israélite marocaine en janvier 2024.
Il s’agit de la synagogue Kahal, un lieu de culte d’une superficie de 181 mètres, construite en 1824 et qui a été reconstruite et réouverte en 2022.
La même décision concerne le cimetière israélite de la ville, ainsi que le mikvé (hammam ou bain rituel) en plus d’un four.
Le mikvé d’Assilah.
En vertu de la loi 22-80 portant sur la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des objets d’art et d’antiquités, il est interdit d’apporter la moindre modification au monument classé sans en avoir informé le ministère de tutelle (Département de la Culture) au moins six mois avant le début des travaux.
Archéologie : découverte des épaves de deux navires au large d’El Jadida
Cette découverte s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, qui vise à découvrir de nouveaux sites archéologiques subaquatiques et à procéder à la documentation archéologique d’autres sites déjà découverts, fait savoir le Centre.
Il s’agit des épaves de deux navires en métal, l’un près de la plage de la ville d’El Jadida et l’autre à proximité de l’entrée du port, ajoute la même source.
Selon les premières descriptions des épaves, ces navires datent probablement de la seconde moitié du 19e siècle, période d’apogée des activités de l’ancien port d’El Jadida, considéré à l’époque comme l’un des principaux ports commerciaux du Maroc.
Les données historiques et les cartes maritimes font état de plusieurs accidents maritimes à l’entrée du port d’El Jadida, qui ont entraîné le naufrage de plusieurs navires, dont l’Alcyne, Le Papin, Le Maroc, La Marne et L’Amazone.
Ces accidents sont principalement dus à la difficulté d’accès au port, en particulier avant la construction des brise-lames, ainsi qu’aux conditions météorologiques défavorables.
Protection du patrimoine : voici ce qui va changer
La législation nationale prévoit des textes de loi portant sur la protection du patrimoine. Sauf que l’arsenal législatif existant devait subir une refonte de fond en comble pour accompagner les évolutions dans ce domaine, aux niveaux national et international. C’est le principe qui a guidé l’élaboration et l’adoption du projet de loi n° 22.33 par les services du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, et qui se décline en pas moins de 133 articles.
Contrer la spoliation
L’une des grandes nouveautés apportées par ce texte concerne la préservation du patrimoine national contre les tentatives de spoliation. L’on se rappelle toutes les tentatives de certains pays qui voulaient s’approprier des composantes du patrimoine marocain, du caftan au zellige en passant par le couscous. Le nouveau texte renforce la protection du patrimoine matériel et immatériel comme l’un des fondements de notre histoire collective.
Par ailleurs, ce texte étend le spectre du patrimoine national à d’autres domaines, dont :
Le patrimoine subaquatique : au vu de l’étendue de nos côtes, ce patrimoine inclut, entre autres, les épaves des bateaux et des aéronefs submergées par les eaux territoriales du Royaume. Ce patrimoine englobe aussi les restes humains ou animaux se trouvant dans la même situation. Ce pan du patrimoine n’inclut cependant pas ce qui relève du domaine de l’histoire militaire du Maroc et qui est géré par une commission spéciale (la Commission marocaine d’histoire militaire).
Le patrimoine naturel et écologique : tous les sites naturels ayant une valeur scientifique, écologique ou géologique.
Les communautés historiques : ce qui se rapporte aux cités disparues, aux ksours et autres kasbahs.
Les trésors humains vivants : des citoyens dépositaires d’un savoir en relation avec le patrimoine (cela peut aller des contenus aux artisans par exemple) et qui seront chargés, contre rémunération et reconnaissance, de transmettre leur savoir aux nouvelles générations.
Les tableaux, les sculptures et les produits d’artisanat : des productions dont les auteurs sont décédés et dont l’exploitation, le commerce ou l’exportation seront soumis à des autorisations.
Un registre, une commission et un label
Ce projet de loi instaure plusieurs mécanismes et instances pour la protection du patrimoine. Il prévoit d’abord la nécessité de procéder à un travail de recensement et de classification. La finalité est d’établir un Registre national du patrimoine. Des registres nationaux par thèmes seront également créés.
Sera mise en place également une Commission nationale du patrimoine, une supra-structure qui supervisera toutes les actions en coordonnant l’intervention des autres acteurs concernés : départements ministériels, institutions et autorités locales. Les services de cette commission interviendront, de manière plus concrète, dans les actions d’assistance pour la réhabilitation des éléments du patrimoine.
Enfin, l’Etat aura la main haute pour exproprier des composantes du patrimoine appartenant à des particuliers. Ceux-ci seront indemnisés et auront le droit d’aller devant les tribunaux s’ils jugent la compensation inadéquate.
En vertu de ce projet de loi, un label « Patrimoine du Maroc » sera mis en place.
Jusqu’à 10 ans de prison ferme
En matière de sanctions contre les éventuels contrevenants aux dispositions de ce projet de loi, la justice aura la main lourde, parfois même très lourde. Par exemple, celui qui se livre à des fouilles sans autorisation préalable risque une peine de prison allant de 6 mois à deux ans et une amende de 10.000 à 200.000 DH, ou l’une de ces deux sanctions.
En cas de vol d’une composante du patrimoine ou de son exportation sans autorisation, l’auteur de la contravention risque 1 à 5 ans de prison et une amende de 35.000 à 200.000, ou l’une de ces sanctions. Quand ces deux délits sont commis dans le cadre d’une bande organisée, ces sanctions sont portées à 3 à 10 ans de prison et des amendes variant entre 50.000 et 500.000 DH.
Dans la majorité des délits, les sanctions et les amendes sont portées au double en cas de récidive en l’espace de 4 ans.
Pour ce qui est des agents habilités à constater les infractions, le législateur évoque un large éventail entre les éléments de la police judiciaire (OPJ), les douaniers, mais aussi les éléments de la Marine royale ou les agents de l’Agence des eaux et forêts quand il s’agit du patrimoine subaquatique.
Un marathon législatif collectif
Le texte préparé par les services du département de Mehdi Bensaid prévoit des dispositions transitoires, mais ne fait aucune allusion à son entrée en vigueur. Évidemment, il doit passer par le circuit législatif du Parlement, mais son application risque de prendre un temps considérable en raison du nombre de textes qu’il faudra adopter et promulguer (décrets d’application).
Ces décrets, dont certains nécessitent une grande clarté et précision, seront disséminés entre plusieurs départements et services : le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Culture, celui de la Justice (car il faudra encore amender le Code pénal), celui de la Transition énergétique, voire celui de l’Agriculture, en plus du département des Finances.
Dans le Marrakech extra-muros d’Amine Kabbaj. Quatrième escale : Tamesloht
Attestée une première fois au début du XIIIe siècle, Tamesloht était une sorte de fief d’un haut dignitaire Almohade qui s’y était retranché à la suite de luttes intestines opposant divers partis au sein du pouvoir Almohade en cours de désintégration. Ce n’est que deux siècles plus tard que Tamesloht est associée au grand courant de la confrérie religieuse la « Jazouliya », dont le maître au début du XVIe siècle est Abû Abdallah Al Ghazouani, un des « Sept Saints Patrons » de Marrakech.
Un beau matin, il prit la tête d’un petit cortège de disciples, parmi lesquels se trouvait Abdellah Ben Hssain. Le cortège chemina lentement en direction de Tamesloht. Le lieu, jadis irrigué et prospère, était presque désert. Les nombreuses sources et dérivations des oueds dont les eaux autrefois drainées par l’ingénieux système d’irrigation des « Khettaras » (canalisations souterraines) étaient taries et tout le système d’infrastructure traditionnel abandonné, les arbres fruitiers desséchés et le peu qui en restait à la merci des moineaux ravageurs. L’effondrement démographique consécutif aux précédentes années de sécheresse, de famines et de pestes avait dépeuplé la région.
Arrivé sur place, Al Ghazouani révéla alors son intention de faire ressusciter ce lieu mort et confia la tâche à Abdellah Ben Hssain : «Installe-toi ici, dit-il au disciple. Par la grâce d’Allah et par son action, ce pays revivra, les eaux couleront dans leurs rigoles, les arbres donneront leurs fruits, les oiseaux ne ravageront plus les récoltes, les femmes frappées de stérilité concevront leur progéniture. Allah t’accordera la faveur de les rendre fécondes par simple toucher de ta main…, etc. »
Ainsi naquit la « Zaouia » de Tamesloht, lieu de culture populaire attaché à la personne du fondateur Abdellah Ben Hssain et de ses descendants. Lieu placé d’abord sous le signe de la revivification de la terre, la région déshéritée se transforma en oasis verdoyante et peuplée. L’olivier constitue depuis l’arbre miracle de cette œuvre de renaissance.
Entrer dans une nouvelle ère de dialogue, changer de mode de réflexion
Tamesloht est située à environ 30 km au Sud de Marrakech sur la route d’Amizmiz et du barrage de Lalla Takerkoust. Ville ancienne donc, elle a joué un rôle important dans la Vallée du Haouz comme l’atteste Paul Pascon dans son ouvrage « Le Haouz de Marrakech ».
L’expérience de Tamesloht montre l’isolement total des sites ruraux par rapport au reste du réseau urbain du pays. On peut prendre, pour exemple, l’établissement du plan de développement Tamesloht qui a mis énormément de temps à sortir et qui ne tient pas compte des nécessités et des potentialités de ce site. Ce plan d’aménagement se devait d’être un vecteur de développement important.
Dessin par Christophe RONEL-Tamesloht
Nous devons œuvrer pour que ce plan de développement émane des véritables besoins de la population, accompagné ainsi d’une politique régionale ou plutôt locale. La pauvreté, qui n’est pas une fatalité, est devenue malheureusement un état d’esprit. Les communes rurales sont totalement démunies des cadres capables d’écouter et de conseiller. Il faut entrer dans une nouvelle ère de dialogue, changer le mode de réflexion et de rapport avec le citoyen, impliquer le citoyen et ses élus dans toute décision concernant la commune ou la région. Il faut accompagner dans un premier temps les décisions en proposant des choix réalistes. Il faut aussi tenir compte des aspects locaux et développer les potentialités latentes. Il faut se placer dans un contexte de développement intégré, combattre le fatalisme. Investir dans les ressources clés : les Hommes, l’alphabétisation et la formation.
Tamesloht est un village organisé entre la vie urbaine autour de la Zaouia, lieu d’habitation des Chorfas Maslohi, et le Darih, tombeau de Sidi Abdallah Ben Hssain qui est le Mausolée vers lequel toute la petite cité se tourne, et en même temps le lieu sacré autour duquel s’organise le moussem annuel. Le Moussem de Sidi Abdallah Ben Hssain représente une activité marquante de Tamesloht qui voit sa population tripler pendant les 3 jours du Moussem. C’est un événement très important qui donnait l’assise au pouvoir local des Maslohi et à leur rayonnement cultuel, tout en favorisant les échanges commerciaux et culturels avec le reste de la région.
Fantasia lors du Moussem, une tradition ancestrale
Tamesloht recèle un patrimoine architectural remarquable, issu du pouvoir de la famille Maslouhi et des demeures construites depuis le XVIe siècle. Un pouvoir qui s’est étendu aux sphères profane et religieuse. Le religieux est très important car, après sa mort, Sidi Abdallah Ben Hssain est devenu un centre de pèlerinage de grande importance au niveau régional et national.
Darih SIDI ABDALLAH BEN HSAIN
Le principal sanctuaire, ou « Darih », est celui de Sidi Abdallah Ben Hssain, mais Tamesloht et son entourage proche pullulent de sanctuaires parsemés dans le centre et ses environs. On compte plus de 20 sanctuaires dont certains sont en ruine et délaissés. Ces sanctuaires arborent des architectures très différentes avec des décors variés. Le plus important et le plus grand est bien sûr celui du fondateur. Il est entouré d’un mur et donne sur un grand patio avec une fontaine en son milieu.
Deux des 30 Salih de Tamesloht
C’est dans ce Darih qu’ont lieu les grandes réceptions, particulièrement lors du Maoulid Annabaoui (anniversaire de la naissance du Prophète) à l’occasion duquel une grande cérémonie est organisée autour du sacrifice d’une chamelle. Elle commence par un périple à travers le village en compagnie de la chamelle, puis une visite au chef du clan dans la Zaouia avant de se rendre au Darih pour le sacrifice. Cette chamelle peut être sauvée du sacrifice si une personne donne son équivalent en argent qui est alors distribué à la population dans le besoin.
Agriculture et eau
Tamesloht était connue pour son importante production d’olives à l’origine de la création d’un nombre considérable de presses qui produisaient de l’huile pour la consommation locale et bien évidemment pour Marrakech aussi. L’huile de Tamesloht était très célèbre jusqu’à dernièrement.
L’élément essentiel pour l’agriculture est bien sûr l’approvisionnement en eau. Tamesloht se caractérise, à ce titre, par divers types d’approvisionnement en eau:
Les Khettaras qui acheminaient l’eau de la montagne. Pour rappel, les Khettaras sont un système de puits horizontaux souterrains qui permettaient de drainer l’eau vers les champs à irriguer et vers des réservoirs qui servaient à alimenter les zones habitées. Ces réseaux souterrains toujours apparents aujourd’hui sont caractérisés par l’existence de puits qui ont servis à la réalisation de ces canaux souterrains qui peuvent atteindre quelques fois plusieurs kilomètres. Technique d’adduction d’eau amenée par les Almoravides du Moyen-Orient, les Khettaras sont assez répandus et existent encore de nos jours dans le sud du Maroc;
Les Noria qui permettent de faire circuler l’eau vers les champs par la rotation d’une grande roue munie de seaux;
La création de grands bassins de stockage d’eau,
Et un système original : les tours d’eau de Tamesloht.
Tours d’eau
L’agriculture était essentiellement tournée vers la culture de l’olivier et sa transformation en huile d’olive. Pour cela, l’irrigation était cruciale et il fallait pouvoir maintenir les grandes étendues d’olivier à l’abri de la sécheresse. L’Agdal, la plus grande étendue d’oliviers de Tamesloht, se trouvait de l’autre côté d’un grand dénivelé à l’est du village. L’eau étant plus rare de ce côté, il a fallu la drainer pour arroser plus d’une centaine d’hectares d’olivier. Le procédé, amené d’Europe lors d’un voyage du cheikh, a consisté dans la construction de « Tours d’eau », un système à siphon encore existant à ce jour.
Tamesloht est caractérisée par le cas particulier de ces tours élévatrices d’eau, vestiges d’une réalisation de la fin du XIXe siècle. Ces tours d’eau partent du coté village à l’ouest et traversent le dénivelé grâce à ces tours érigées entre les deux bords. Construites en briques et terre cuite de fabrication locale, elles mesurent 3 à 6 m de hauteur.
Les tours sont composées de deux cylindres contigus : un gros cylindre de près de 60 cm de diamètre et un petit cylindre de près de 15 cm. Elles sont séparées entre elles de près de 50 m. Elles descendent et remontent le dénivelé jusqu’à un bassin.
Le mécanisme s’articule autour du remplissage des deux cylindres simultanément. Lorsque ces derniers sont pleins, un remplissage s’exerce du petit vers le grand et un mouvement de pression par siphon se fait, poussant l’eau avec force jusqu’à la tour voisine ou le même mécanisme se répète tour par tour jusqu’à ce que l’eau arrive dans un bassin de retenue qui est le départ de l’irrigation vers les arbres. Cette irrigation est d’ailleurs réalisée par des conduites en terre cuite et lorsque l’eau perd sa pression, une autre tour est construite plus loin pour répéter le même phénomène qui donne à l’eau un regain de force pour mieux irriguer.
Poterie traditionnelle
L’autre spécificité de Tamesloht est son organisation artisanale. L’artisanat de Tamesloht était et est toujours présent dans les domaines de la poterie et du tissage.
La poterie traditionnelle consistait dans la réalisation de pots ou de jarres de grandes tailles essentiellement pour le transport de l’huile d’olives. Bien sûr les potiers fabriquaient aussi des ustensiles domestiques du quotidien. Depuis l’avènement des produits de conditionnement de l’huile d’olives, les potiers se sont spécialisés dans la poterie de décoration. Une production qui marche bien mais avec un mode de fabrication très polluant qui utilise les pneus pour la cuisson. Plusieurs tentatives ont eu lieu pour éradiquer ce mode de cuisson mais sans succès. La modernisation du procédé grâce aux fours électriques, solaires ou au gaz n’a pas abouti pour des raisons financières.
De fil en aiguille
Les deux filières de la broderie et du tissage peuvent être liées, quoique le tissage est aussi un métier très ancien à Tamesloht. Le tissage de Tamesloht était très connu et prisé mais la concurrence avec Marrakech a fait que la qualité des produits s’est énormément dégradée. C’est grâce à l’association Tamesloht 2010 que cette qualité a pu être restaurée, et à l’action aussi de Brigitte Perkins qui a donné un nouveau souffle à la dynamisation des filières de tissage et de broderie et ce depuis le milieu des années 1990.
Brigitte Perkins a des ateliers de broderie et de tissage à Tamesloht depuis 1999, et un atelier de couture à Marrakech, dont les membres participent à des formations données à diverses associations et coopératives. Brigitte Perkins a créé une fondation pour permettre, entre autres missions, la pérennité et la durabilité de ce travail. Dans les ateliers de Brigitte Perkins sont produits sur commande et sur-mesure uniquement, des tissages et broderies pour des décorateurs, architectes d’intérieur et clients privés à l’international.
Je citerai aussi la coopérative d’Abdessadek Ezzeki qui a passé 11 années dans l’atelier de tissage de Brigitte Perkins. Créée en 2009 et spécialisée dans le tissage et la broderie traditionnelle, cette coopérative fait travailler des hommes pour le tissage et les femmes pour la broderie, et fait vivre près de 200 familles.
L’association Tamesloht 2010 a essayé de mener des actions directes avec la délégation de l’artisanat de Marrakech mais sans succès. Les responsables de ce secteur doivent être plus patients et coopératifs pour, non pas aider mais accompagner les artisans qui, tels que je les connais, n’ont besoin que d’assistance, un peu de formation et d’alphabétisation, et les guider dans ce monde digital moderne. Une extension d’un centre artisanal qui fonctionnait a été, par ailleurs, achevée et fermée depuis plus de 10 ans et l’on se demande pourquoi.
En résumé, l’histoire de Tamesloht est celle d’une communauté résiliente, ancrée dans une tradition spirituelle et agricole riche, mais confrontée aux défis de l’isolement, du développement inadapté et de la préservation de son patrimoine en péril face aux pressions modernes.
Dans le Marrakech extra-muros d’Amine Kabbaj. Troisième escale : le site historique de Tinmel
La vallée du Nfis, dans le Haut Atlas au sud de Marrakech, est une vallée montagneuse typique avec des canyons et des couloirs étroits entre des pentes abruptes. Les sommets environnants sont parmi les plus hauts de la chaîne. Le torrent coule au fond de la vallée et, en été, il fait office de route, bien que difficilement carrossable. En hiver et au printemps, la vallée devient impraticable, et le seul sentier menant à Tinmel est étroit et escarpé, accessible avec difficulté même pour les bêtes de somme.
Les historiens arabes ont mentionné sept tribus dans cette région, notamment les Hargha, les Hintata, les gens de Tinmel, les Gadmiwa, les Ganfisa, les Ourika et les Hazarga. Toutes appartiennent au grand rameau berbère des Masmouda. Cependant, les deux dernières tribus sont incertaines et pourraient être remplacées par les Sanhaja (Zanaga) et les Haskodra.
C’est dans ce pays que naquit Ibn Toumert à la fin du XXIe siècle, dans un lieu appelé Giliz, qui pourrait être son village natal. Ibn Toumert a plusieurs généalogies, dont certaines en font un descendant du Prophète, une assertion logique pour quelqu’un qui s’est proclamé Mahdi.
Impact et héritage de l’islam à Tinmel
L’impact de l’islam, introduit par Ibn Toumert, a transformé cette région montagneuse en centre religieux et politique. Ibn Toumert, en tant que Mahdi, a prêché un retour à un islam pur et strict, gagnant rapidement des adeptes parmi les tribus locales. Tinmel est devenu la base du mouvement almohade, avec une forte organisation militaire et religieuse. Après la mort d’Ibn Toumert, son disciple Abd al-Mu’min a poursuivi son œuvre, unifiant le Maghreb et l’Andalousie sous le règne almohade, faisant de Tinmel un lieu historique de grande importance.
L’architecte, Mohamed Amine Kabbaj
Déclin et renouveau
Après la chute de la dynastie almohade, Tinmel a perdu de son importance et est tombé en ruine. Cependant, les efforts de restauration ont permis de préserver certains vestiges architecturaux, témoins de l’époque glorieuse de la ville. Les campagnes de fouilles archéologiques ont révélé des éléments importants de la culture matérielle almohade, contribuant à une meilleure compréhension de cette période historique.
Architecture et décorations
L’architecture de Tinmel, particulièrement sa mosquée, est un exemple frappant du style almohade. La mosquée de Tinmel, construite vers 1153, présente une architecture sobre mais élégante, avec des arcs en ogive et des décorations en stuc. Les murs de la mosquée sont ornés de motifs géométriques complexes et de calligraphies arabes, reflétant l’art raffiné de l’époque.
Plan de la mosquée.
Photo datant d’avant la restauration des années 1990.
Les minarets et les coupoles illustrent la maîtrise technique des artisans almohades. Les éléments en bois sculpté et les mosaïques ajoutent une touche de sophistication, tandis que l’utilisation de matériaux locaux, comme la pierre et le pisé, démontre une adaptation intelligente aux conditions environnementales.
Malgré son déclin, Tinmel reste un symbole puissant de l’histoire islamique au Maghreb. Le mouvement almohade, initié par Ibn Toumert et consolidé par Abd al-Mu’min, a laissé une empreinte durable sur la région. La préservation et la restauration de ses vestiges architecturaux continuent de rappeler l’importance historique de cette petite ville montagnarde, autrefois cœur battant d’un empire. L’architecture et les décorations de Tinmel, notamment sa mosquée, témoignent de l’élégance et de la sophistication de l’art almohade, contribuant ainsi à la richesse du patrimoine culturel marocain.
J’ai visité la mosquée de Tinmel quatre fois après le séisme de septembre 2023.
Lors de ma première visite, j’ai été choqué par l’ampleur des dégâts causés par le tremblement de terre qui a réduit la mosquée en ruine, avec seulement trois murs partiellement debout, dont l’un abritait le mihrab sous les décombres du dôme principal, appuyé sur le minaret menaçant de s’effondrer complètement.
Lors de mes dernières visites en décembre 2023, puis mai et juillet 2024, j’ai constaté que le site avait été débarrassé des débris, mais que quelques arcs, couloirs et un plafond suspendu étaient les seuls vestiges visibles, ainsi que le mihrab qui était presque intact. Le minaret avait été renforcé pour éviter son effondrement, comme tous les murs restants de la mosquée, avec des supports en bois. Les restes originaux des coupoles et des plafonds en plâtre avaient été soigneusement arrangés de manière à permettre la restauration des inscriptions.
Vue intérieure
Renforcements extérieurs
Le dilemme actuel concerne la décision à prendre : reconstruire la mosquée ou la laisser dans son état actuel.
Je propose de préserver Tinmel en tant que symbole et de laisser ses ruines témoigner de la grandeur de la dynastie almohade dans l’histoire du Maroc. Je suggère que le site et les zones environnantes puissent devenir un musée vivant, inspirant, pour retracer l’épopée des Almohades, au lieu d’être simplement une attraction touristique.
Il faut mettre en avant l’importance de présenter d’autres réalisations architecturales almohades, telles que la construction des mariistans (hôpitaux) et des mosquées comme la Koutoubia et la mosquée Hassan à Rabat, ainsi que plusieurs autres monuments architecturaux dans les régions de la péninsule ibérique, soulignant le rôle des Almohades dans la transformation de Rabat en capitale atlantique du Maroc.
En suivant les principes de la Charte d’Athènes qui régissent la restauration des monuments historiques, l’intervention doit être limitée et claire.
Renforcement du minaret qui menace ruine.
La mosquée a été restaurée trois fois et reconstruite récemment à l’identique, mais la force de la nature a refusé de la laisser en paix. Il faut se demander si cela pourrait être « un signe », que la reconstruction de la mosquée ne devrait pas être une priorité.
La leçon à tirer de Tinmel est de préserver son histoire plutôt que de la reconstruire. Reconstruire la mosquée risquerait de priver ce monument de son riche passé historique almohade.
Vue du village autour de la Mosquée qui mérite une restructuration complète et devenir un site historique de premier ordre.
Vue du village autour de la Mosquée qui mérite une restructuration complète et devenir un site historique de premier ordre.
Sanctuaires et forteresses almohades, par Henri Basset et Henri Terrasse, illustrations de Jean Hainaut, Hespéris Vol. IV, 1924
Tinmel, l’épopée almohade, Fondation ONA, 1992
Laghchiwat. Exploration d’un site historique méconnu aux confins du désert
À 125 km au Sud-Ouest de la ville de Smara, dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, sur un territoire long de 14 km de long sur 4 km de large. Un véritable musée à ciel ouvert : le site Laghchiwat. À même le sol, au milieu de l’immensité désertique. Vu du ciel, c’est une belle mosaïque, une sorte de constellation de points bleus sur fond ocre qui illumine les yeux. Parfois, le bleu vire au gris selon l’heure de la journée et l’intensité de la lumière du jour. D’ailleurs, même vu du sol, et pour mieux apprécier à l’œil nu les traces graphiques incrustées, il est conseillé de s’y prendre en début de matinée ou en fin de journée, avant le coucher du soleil quand la lumière du soleil, encore douce et hésitante, rase le sol.
Quand on y regarde de plus près, on peut d’abord admirer les différentes représentations de la faune sauvage, des animaux qu’on a l’habitude de voir dans la savane africaine, comme des rhinocéros, des autruches, des éléphants et des girafes… et des hippopotames, faisant de ce site archéologique le seul au Maroc à comporter des gravures de cet imposant mammifère semi-aquatique. Ce qui renseigne d’ailleurs sur les conditions climatiques et environnementales plus clémentes et hospitalières qui prévalaient à cette époque antérieure au Néolithique, c’est-à-dire il y a plus de 10.000 ans.
Apparaissent ensuite des illustrations d’animaux domestiques, comme des bovins par exemple, laissant entrevoir le passage du nomadisme à la sédentarisation de la présence humaine sur ce territoire. En plus de cette grande diversité du bestiaire illustré, on peut aisément apprécier toutes les gravures rupestres représentant des hommes, ou plus exactement des cavaliers munis de boucliers et arborant des lances ou des javelots dans ce qui semble être des scènes de combat.
Puis vient un ensemble de représentations graphiques, certaines anthropomorphes, d’autres des symboles inédits non encore déchiffrés, mais également des inscriptions Amazigh et des gravures tifinaghs, et même en arabe, prolongeant la chronologie millénaire de ce site archéologique qui n’a pas encore révélé tous ses secrets.
C’est cette grande diversité des sujets illustrés et la variété du bestiaire représenté dans le marbre de Laghchiwat qui fait l’originalité de ce site hors norme. Et ce n’est pas sa seule particularité. Toutes ces gravures ont été réalisées, contrairement à ce qui a été découvert dans d’autres sites d’art rupestre au Maroc, sur des dalles horizontales, en marbre. Autre spécificité : dès les premières recherches sur ce site, plus d’un millier de gravures ont été répertoriées, en plus de tous les objets et pièces archéologiques trouvés à même le sol, comme des outils en silex ou des tumulus.
Reconnaissance archéologique et valorisation touristique
Le site a été découvert par l’association Mirane pour la protection des sites archéologiques de Smara en 2009. Alertée par des actions de pillage et de destruction, elle a lancé une visite du site qui a débouché sur cette merveilleuse trouvaille de gravures illustrant des représentations humaines et animales.
L’annonce officielle de cette découverte en 2010 a donné le coup d’envoi d’un long et salutaire travail de conservation pour préserver ce site d’intérêt scientifique, à fort potentiel touristique, contre les risques de pillage et de destruction, mais également d’érosion naturelle.
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Cette prise en charge a permis d’organiser en amont l’attrait touristique pour ce site dont les gravures ne sont pas protégées par les parois d’une grotte, mais étalées au sol, en plein air, ce qui en augmente la fragilité. Un travail de préservation qui s’est prolongé vers la valorisation scientifique de cette richesse certes archéologique, mais dont la valeur est aussi culturelle, historique, patrimoniale, écologique et même sociale, puisqu’elle s’intègre à une dynamique plus globale de développement local. C’est d’ailleurs en vertu d’une convention signée entre l’association Mirane et le département de la Culture, en partenariat avec la province de Smara, qu’un tel chantier de protection archéologique a pu être lancée. Depuis, plusieurs missions de recherche, mêlant chercheurs, archéologues, géologues, topographes et paléoanthropologues, marocains, africains et étrangers, se succèdent régulièrement pour révéler tous les mystères encore non élucidés du site de Laghchiwat, à ce jour le plus grand site de gravures rupestres du Maroc.
La découverte de ce site exceptionnel, puis tout le travail de conservation qui a suivi, ont permis de valoriser, au fil des ans, les richesses naturelles et culturelles de Laghchiwat, semant les bases d’un éco-tourisme prometteur, dont les prémices ont d’abord été l’inscription du site au registre du patrimoine national, le partenariat scellé ensuite avec la société civile locale pour la protection archéologique du site de Laghchiwat et, enfin, la création plus tard d’une réserve pour relancer l’intégration d’espèces sauvages sur ce territoire. Autant de réalisations qui ont posé les bases d’un tourisme alternatif à fort potentiel patrimoniale et historique.
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Les Nocturnes du Patrimoine de Casablanca de retour les 22 et 23 mars
Casamémoire propose trois circuits découverte pour cette édition des Nocturnes. Les participants pourront ainsi explorer l’histoire de l’ancienne médina de Casablanca, admirer le paysage urbain du centre historique de la ville, s’immerger dans l’architecture traditionnelle du quartier des Habous, précise un communiqué de Casamémoire.
Après le succès des trois précédentes éditions, Casamémoire promet d’offrir, pour cette 4e édition, une « expérience immersive encore plus riche ».
Aucune réservation n’est nécessaire pour participer à ces balades nocturnes guidées. Les intéressés peuvent se rendre directement au point de départ à 21 h, les soirs des 22 et 23 mars, de l’un des trois circuits :
– l’ancienne médina, départ depuis la Sqala (boulevard des Almohades) ;
– le centre-ville, rendez-vous sur la place Mohammed V devant la fontaine ;
– le quartier des Habous, départ devant le siège de la Région de Casablanca-Settat (ancienne Mahkama du pacha) sur le boulevard Victor Hugo.
La région de Guelmim-Oued Noun se dote d’une SDR dédiée à la culture et au patrimoine
Lors de sa dernière session ordinaire du mois de mars, le Conseil de la région Guelmim-Oued Noun a adopté plusieurs conventions de partenariat relatives aux domaines socio-économique, culturel, de développement, de la santé, de la formation et la recherche scientifique et de la coopération internationale.
Dans l’optique de dynamiser le secteur de l’éducation et du sport dans la région, le Conseil a approuvé une convention de partenariat destinée à financer un programme d’amélioration de l’éducation et du sport, représentant un investissement total de 646 millions de DH. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la feuille de route 2022-2026.
Pour promouvoir le secteur culturel, des accords ont été conclus dans le cadre du programme de développement régional 2022-2027 de Guelmim-Oued Noun. Cela comprend une convention de partenariat visant à développer et diversifier l’offre culturelle dans la région, avec un budget total de 312 MDH. Une autre convention vise à soutenir la préservation du patrimoine en créant la société de développement régional « Guelmim-Oued Noun Culture et Patrimoine », avec une allocation de 4 MDH. D’autres accords concernent le développement des festivals culturels, des activités artistiques et le soutien des activités de proximité dans la région, avec un budget total de 48 MDH, ainsi que la restauration du patrimoine régional, avec un montant estimé à 94 millions de DH.
Au cours de cette session, une convention de partenariat a été approuvée pour le financement et la mise en œuvre du projet de réhabilitation de la Médina de Guelmim, avec un budget total de 120 MDH. De plus, une convention de partenariat concerne l’équipement de la salle d’expositions et de conférences de la commune d’Al Mahbas, dans la province d’Assa-Zag, avec un budget total de 8 MDH.
Dans le secteur de la santé, une convention-cadre pour le développement du secteur de la santé dans la région a été approuvée, avec un budget total approchant les 443 MDH. Une autre convention vise l’équipement du centre d’hémodialyse de Tan Tan, avec un budget total de 2 MDH. Une convention modificative a également été approuvée pour l’affectation du terrain nécessaire à l’extension du centre de proximité dans la commune de Lakhsas, pour un montant total de 454.552 DH.
Projets socio-économiques
L’ordre du jour de cette session comprenait également l’approbation d’une convention de partenariat pour améliorer les services aux détenus dans la région, avec un budget total de 6 MDH.
Pour renforcer les infrastructures vitales dans la région, une annexe à la convention de partenariat pour la construction et l’équipement de quatre abattoirs dans les villes de Guelmim, Tan-Tan, Sidi Ifni et Assa, avec un budget total de 92 MDH, a été approuvée. De même, une convention de partenariat a été adoptée pour la réhabilitation des marchés hebdomadaires pour un budget de 60 MDH, ainsi qu’une convention pour le transfert de propriété des terrains nécessaires à l’extension du siège de la région et de l’agence régionale d’exécution des projets à Guelmim.
Dans le cadre de la coopération internationale, le Conseil a approuvé une convention de partenariat pour le financement et la mise en œuvre de projets liés à la réhabilitation du barrage de Kuching, la construction d’une route d’accès sur 3,5 kilomètres, et la mise en place d’infrastructures liées à l’irrigation dans la comté de Siaya, dans la région de Matam, au Kenya, avec un budget total de 4 MDH.
Dans le domaine de la formation et de la recherche scientifique, une convention-cadre de partenariat et de coopération entre le Conseil de la région et la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Abdelmalek Essaâdi à Tétouan a été approuvée, ainsi qu’une convention de coopération dans le domaine de la formation continue et de la recherche scientifique entre le Conseil de la région et la Faculté de gouvernance, des sciences économiques et sociales de l’Université Mohammed VI Polytechnique, avec un budget total estimé à 7,5 MDH.
Le Conseil de la région a également approuvé le réaménagement des crédits en vue de financer les projets liés au développement régional.
La construction du Musée du patrimoine amazigh attribuée à l’Entreprise Mohcine pour 45,5 MDH
L’Entreprise Mohcine est spécialisée en construction génie civil et travaux de bâtiments. Elle est la filiale du groupe Ifssate, un acteur de l’immobilier et du BTP au Maroc.
Ce projet est chapeauté par la Société de développement local (SDL) Agadir Souss-Massa Aménagement. Il s’étale sur une surface couverte de 4.200 m² dont 2.200 m² dédiés au bâtiment. Il s’inscrit dans le programme de développement urbain (PDU) de la ville d’Agadir 2020-2024. Ce projet prendra place à l’arrière du Mur du Souvenir, sur la façade Nord de la place de l’hôtel de ville d’Agadir.
L’ambition du Musée du patrimoine amazigh est de créer un espace d’attraction touristique, qui servira également à promouvoir et à préserver le patrimoine culturel amazigh.
En plus de l’espace d’exposition permanente, le musée comprendra des espaces d’expositions temporaires, un auditorium, des activités pédagogiques, une « place publique » et des espaces de présentations permanentes pour les collections, les réalisations architecturales et les composantes du patrimoine immatériel.
Il comportera également un jardin avec tonnelle, des ateliers participatifs, une bibliothèque, une boutique, un restaurant amazigh et une boutique.
Un nouveau bureau de Casamémoire pour un mandat de deux ans
Le samedi 16 décembre 2023 s’est tenue l’assemblée générale ordinaire de l’association Casamémoire, qui œuvre depuis près de trente ans pour la sauvegarde et la protection du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc, et tout particulièrement à Casablanca.
C’est à cette occasion qu’un nouveau bureau a été élu pour un mandat de deux ans. Il compte désormais les membres suivants :
– Vice-secrétaire général : Aymen Bellab (auto-entrepreneur et étudiant universitaire) ;
– Assesseures : Rabéa Ridaoui (ancienne présidente et formatrice pédagogique), Houda Manjra (architecte) et Khadija Rabeh (architecte).
Plusieurs projets attendent ce nouveau bureau, dont la reconnaissance de l’utilité publique, la poursuite du plaidoyer en vue d’inscrire Casablanca au patrimoine mondial de l’UNESCO (en partenariat avec les autorités publiques), la digitalisation avec le lancement de l’Université numérique du patrimoine et de l’application mobile de l’association, et enfin l’organisation des nocturnes et journées du patrimoine, indique un communiqué de Casamémoire, publié le mardi 23 janvier.
Sont également prévues des actions de sensibilisation, de recherche et de patrimonialisation. Elles seront menées pour l’intégration du patrimoine au développement économique et social de Casablanca.