Loi sur la grève mais pas seulement : la CGEM rappelle ses attentes dans le dialogue social

En réaction à l’annonce du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, d’un nouveau round de dialogue social ce jeudi 11 juillet pour discuter des dispositions de la loi organique sur la grève, le président de la CGEM affirme sa « confiance dans le gouvernement pour respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord social d’avril 2024, et mettre en œuvre l’agenda de cet accord, notamment en ce qui concerne la promulgation de la loi sur la grève, la révision du Code de travail, la réforme des retraites et la révision juridique et institutionnel du cadre de la formation professionnelle continue en amendant la loi n°60-17 relative à la formation professionnelle. ».

« Le respect des engagements pris contribuera de manière significative à réaliser la justice sociale, à accroître la compétitivité des entreprises marocaines, à libérer des énergies pour l’investissement, à créer des opportunités d’emploi et à accélérer le développement économique et social de notre pays », a conclu Chakib Alj dans un message diffusé ce mercredi 10 juillet.

Lors d’une session consacrée le mardi 9 juillet à la politique générale de l’Etat, le chef du gouvernement a déclaré que la loi organique sur la grève sera inscrite parmi les priorités de la nouvelle session du dialogue social, et que son contenu sera soumis au Parlement cette année.

LF 2024 : la CGEM sur sa faim au sujet de la TVA et inquiète face à la montée de l’informel structuré

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a reçu la presse ce vendredi 15 décembre à son siège de Casablanca, dans le cadre d’une conférence sur la loi de finances 2024 (LF 2024).

Le patronat a partagé certaines inquiétudes vis-à-vis de la LF 2024 et de ses impacts sur le monde des affaires et des entreprises. Il a notamment tiré la sonnette d’alarme sur la matérialisation des réformes, et est revenu sur celle de la TVA. Il a également abordé l’importance croissante de l’économie informelle et le malaise qu’elle traduit.

Une réforme de la TVA jugée pas assez franche

Cette réforme d’envergure, attendue depuis longtemps, est obligatoire puisqu’elle est inscrite dans le calendrier de cinq ans fixé par la loi-cadre n° 69-19 portant réforme de la fiscalité, entrée en vigueur en juillet 2021. Une loi qui consacre le principe de la neutralité fiscale en matière de taxe sur la valeur ajoutée. En somme, la TVA est un impôt sur la consommation qui doit être payé par les consommateurs. L’entreprise, elle, ne fait que collecter cet impôt pour le compte de l’État et ne doit pas en subir le coût.

Une réforme très complexe qui aboutira en 2026 et qui, dans cette LF 2024, laisse le patronat sur sa faim. « Sur la réforme de la TVA, nous considérons que le principe général de neutralité n’a été que légèrement touché dans cette loi de finances, contrairement à la réforme de l’IS l’année précédente. Les réformes sont moins franches que ce qui a été fait sur l’IS« , a déclaré Mehdi Tazi, vice-président de la CGEM, lors de la conférence.

Le chantier de la TVA n’est pas achevé. Tel que recommandé par les dernières Assises de la fiscalité et revendiqué par le patronat, la TVA passera de cinq taux actuellement (0%, 7%, 10%, 14% et 20%) à trois taux (0%, 10% et 20%). La réforme se poursuivra l’an prochain.

L’inquiétude du patronat face à la progression de l’informel structuré

Le patronat s’est également épanché sur la nécessité d’élargir l’assiette fiscale et d’agir pour réduire l’importance du secteur informel dans l’économie. Le président de la CGEM, Chakib Alj, a réagi à la progression du secteur informel dans l’économie. Un constat qui laisse transparaître, selon lui, un malaise quant à la pression fiscale appliquée.

« L’informel va devoir être atténué. Il se développe actuellement, et c’est cela qui nous inquiète. Nous parlons ici d’un informel structuré. La pression fiscale est toujours orientée sur les entreprises performantes : 2% paient 80% de l’impôt. Il y a quelque chose qui ne va pas. Pour financer tous les projets de l’État, il va falloir élargir l’assiette fiscale et intégrer l’informel. Nous n’allons pas les forcer, il faut qu’ils aient un intérêt économique et social à intégrer le formel », a souligné Chakib Alj.

Il précise d’ailleurs que certaines mesures de la LF 2024 auront probablement un effet catalyseur sur certains secteurs déjà largement imprégnés par les activités informelles. « Les droits de douane sur les téléphones sont passés de 2,5% à 30%. Sachant que 40% des téléphones sont vendus dans le secteur informel, il est certain que la pratique se développera. Nous avons passé un amendement et sommes passés à 17,5% au lieu de 30%. Mais nous aurions aimé conserver le taux initial », confie le président de la CGEM.

Le patronat tient à rappeler que le cœur du problème demeure l’informel structuré, à savoir les entreprises organisées qui ont des salariés et une activité non déclarée, leur permettant de se soustraire totalement à l’impôt. « L’informel structuré est le réel problème. Il est dans cette situation pour ne pas payer de taxe, et concurrence des emplois formels et des entreprises qui paient des taxes », abonde Mehdi Tazi.

De là naissent l’injustice et le besoin de mettre de l’ordre dans les pratiques. « À la fin, si ce n’est pas légal, ce n’est pas légal. Il faut arrêter les gens qui ne respectent pas cela, car c’est une énorme injustice. Nous comprenons qu’il y ait besoin d’argent pour financer les projets de développement. C’est plus facile d’aller chercher les ressources chez celui qui a pignon sur rue que chez celui que l’on ne connaît pas », conclut-il.

https://medias24.com/2023/12/01/plf2024-voici-les-amendements-propose-cgem-a-la-chambre-des-conseillers/

Opportunités économiques au Maroc, regard sur les AA2023, entretien avec Mehdi Tazi

Le 12 octobre, Médias24 recevait sur son plateau, le vice-président général de la CGEM, Mehdi Tazi, en marge des Assemblées annuelles du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se tiennent à Marrakech.

L’occasion de sonder la vision du patronat sur cet événement et la position de l’économie marocaine sur l’échiquier mondial, ainsi que les forces, les faiblesses et les opportunités pour le Maroc.

Le vice-président général de l’organisation s’est dit « extrêmement fier que le Maroc organise cet événement, surtout un mois après la tragédie d’Al Haouz. L’organisation est parfaite, et cela renvoie une très bonne image du Maroc en termes de qualité d’accueil et de capacité à rebondir ».

Il est également revenu sur le newsflow très positif autour du Royaume ces dernières semaines. « Je pense que la perception des entrepreneurs marocains sur notre capacité à faire, sur les forces de notre économie et sur l’avenir, se montre positive parce que nous avons aussi eu de bonnes nouvelles : le monde entier est tourné vers Marrakech cette semaine-là ; la confirmation de l’organisation de la CAN 2025 ; Sa Majesté nous a donné une bonne nouvelle sur l’organisation de la Coupe du Monde 2030. »

Voici quelques citations de Mehdi Tazi lors de son entretien :

« En termes de contenu, on reçoit à peu près 200 délégations dont des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales, des ministres et des patrons, tous secteurs confondus, dont ceux des plus grandes entreprises mondiales qui sont venus échanger avec les Marocains et non-Marocains sur les sujets auxquels le monde est confronté. Ce qui est extrêmement positif pour le Maroc. »

« Selon une étude, un pays qui organise une Coupe du Monde connaît une surcroissance de 2% sur les six années qui précèdent l’organisation de la Coupe du Monde. De façon plus terre à terre, il y aura des projets autour de l’énergie, de l’hôtellerie, des infrastructures, etc. Ces projets en attireront d’autres, et nous entrons, je l’espère, dans une phase très bonne de notre économie. »

« Je pense que les opportunités du Maroc sont vers le Sud, et nous avons largement débattu de ce sujet-là. Beaucoup de nos entreprises sont déjà allées s’y développer. Un changement d’état d’esprit a été observé durant le Covid, avec un aspect plus décomplexé. Il y a un plafond de verre qui a été brisé, avec des marchés que nous n’allions pas chercher et que nous allons conquérir désormais. »

Le reste de l’entretien est à découvrir dans la vidéo intégrale ci-dessous :

Impôt sur le revenu : aucune révision des taux à la baisse n’est proposée dans le PLF 2023 !

Comme récemment annoncé par Médias24, le gouvernement s’est opposé à toute révision du barème de l’IR durant les négociations sur le pouvoir d’achat menées par Faouzi Lekjaa avec les syndicats, dans le cadre au dialogue social, se contentant de proposer des abattements nouveaux sur le résultat imposable.

LIRE ÉGALEMENT : Dialogue social : les syndicats rejettent la proposition du gouvernement sur l’impôt sur le revenu

Une mesure alors rejetée par les syndicats, qui nous avaient déclaré que la hausse du niveau de quelques abattement aurait peu d’incidence sur le pouvoir d’achat des salariés et des fonctionnaires, qui sont actuellement les principaux contributeurs aux recettes de l’IR de l’État, avec un taux de participation dépassant les 70%.

Il semble donc que les négociations soient restées au point mort et que le gouvernement ait campé sur sa position, comme le montre le projet de loi de finances (PLF) 2023.

Pour cette catégorie de travailleurs, le PLF propose deux mesures qui visent, selon lui, à améliorer le pouvoir d’achat des ménages :

– le relèvement du taux forfaitaire de déduction pour frais inhérents à la fonction ou à l’emploi de 20% à 30%, pour les personnes dont le revenu brut annuel imposable est inférieur ou égal à 78.000 dirhams. Toutefois, ce taux forfaitaire est fixé à 25% pour les personnes dont le revenu imposable est supérieur à 78.000 dirhams. Le plafond de déduction est relevé, quant à lui, de 3.000 à 35.000 dirhams.

– le relèvement du taux d’abattement forfaitaire applicable en matière de pensions et rentes viagères (retraites ou assurance vie) de 60 à 70% sur le montant brut imposable de ces revenus, avec une limite de 168.000 dirhams l’année.

Nouvelles recrues : propagation de l’exonération de l’IR

Cela étant dit, le gouvernement a interagi avec la proposition des syndicats et du patronat concernant les nouvelles recrues.

Ainsi, il est proposé dans le PLF 2023 la prorogation du délai de l’exonération de l’IR pour les employés nouvellement recrutés.

Actuellement, les dispositions du Code général des impôts (CGI) prévoient l’exonération de l’IR au titre du salaire mensuel brut plafonné à 10.000 dirhams, versé par les entreprises créées durant la période allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2022, dans la limite de dix salariés. Cet avantage est accordé pour une période de 24 mois à compter de la date de recrutement du salarié, sous réserve du respect des conditions suivantes :

– le salarié doit être recruté dans le cadre d’un CDI ;

– le recrutement doit être effectué dans les deux premières années à compter de la date du début d’exploitation de l’entreprise, de l’association ou de la coopérative.

Pour encourager et soutenir l’emploi et améliorer la compétitivité des entreprises, il est proposé de proroger le délai d’application de ce dispositif jusqu’au 31 décembre 2026.

Enseignants, revenus fonciers, locatifs et agricoles… Ce qui changera en 2023

Autres mesures touchant l’IR dans ce PLF : l’application progressive du principe de l’imposition du revenu global des personnes physiques, tel que préconisé par la loi-cadre de la réforme de la fiscalité.

Il est ainsi proposé de réinstaurer l’imposition du revenu global annuel de ces personnes selon les taux du barème progressif d’IR, avec application de la retenue à la source pour certaines catégories de revenus.

Ainsi, il est proposé de modifier le régime d’imposition actuel et d’introduire l’obligation de dépôt de la déclaration du revenu global pour les titulaires de certains revenus comme suit :

Pour les revenus fonciers :

– la conservation du mode de recouvrement actuel par voie de retenue à la source applicable sur le montant brut desdits revenus, en précisant que les taux de cette retenue à la source sont non libératoires ;

– la réinstauration de l’abattement de 40% au titre des revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non bâtis et des constructions de toute nature à l’exclusion des revenus provenant de la location d’immeubles agricoles, et ce, pour la détermination du revenu foncier net imposable lors du dépôt de la déclaration du revenu global ;

– l’abrogation de l’option pour le paiement spontané ;

– l’imputation de la retenue à la source sur le montant de l’IR global avec droit à restitution.

Pour les rémunérations et indemnités versées par les établissements d’enseignement ou de formation professionnelle à des enseignants ne faisant pas partie de leur personnel permanent :

– l’imposition en matière d’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 30%, au lieu du taux libératoire en vigueur de 17%. L’impôt prélevé sera imputable sur l’IR global avec droit à restitution.

Pour les rachats des cotisations et primes se rapportant aux contrats individuels ou collectifs d’assurance retraite :

– l’imposition en matière d’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 30%, au lieu des taux du barème actuel. L’impôt prélevé est imputable sur l’IR global avec droit à restitution.

Pour les honoraires et rémunérations versés aux tiers :

Concernant les médecins non soumis à la taxe professionnelle, il est proposé une imposition à l’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 30% au lieu du taux libératoire appliqué actuellement. L’impôt prélevé est imputable sur l’IR global avec droit à restitution.

Quant aux médecins soumis à la taxe professionnelle, l’imposition à l’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 20%. L’impôt prélevé est imputable sur l’IR global avec droit à restitution.

S’agissant des autres personnes soumises à l’IS ou à l’IR selon le régime du résultat net réel ou simplifié, percevant des honoraires, commissions, courtages et autres rémunérations de même nature, il est proposé une imposition à l’IS ou à l’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 20%. L’impôt prélevé est imputable sur l’IS ou l’IR global avec droit à restitution.

Pour les revenus agricoles, le ministère des Finances propose dans son PLF la suppression de la dispense du dépôt de la déclaration du revenu agricole exonéré, fixé actuellement à 5 millions de dirhams, et ce, en harmonisation avec l’obligation de déclaration prévue pour les sociétés agricoles exonérées de l’IS.

Ainsi, les contribuables disposant de revenus agricoles exonérés seront appelés à déposer une déclaration annuelle selon un modèle simplifié établi par l’administration.

Révision du mode d’imposition et de contrôle de l’IR au titre des profits fonciers

Dans le cadre du renforcement de l’efficacité et de l’efficience de l’administration fiscale et la consolidation de la confiance partagée avec les usagers, il est proposé de réviser le mode d’imposition et de contrôle de l’impôt sur le revenu au titre des profits fonciers (IR/PF), en instituant un nouveau mode d’imposition et de contrôle comme suit :

– l’institution de la possibilité pour les contribuables de demander l’avis préalable de l’administration concernant les éléments de détermination du profit foncier net imposable et de l’impôt y correspondant ou, le cas échéant, le bénéfice de l’exonération dudit impôt, dans les 30 jours suivant la date du compromis de vente ;

– la délivrance au demandeur d’une attestation de liquidation de l’impôt ou d’exonération, le cas échéant, dans un délai maximum de 60 jours suivant la date de la réception de sa demande ;

– la dispense du contrôle fiscal des contribuables qui souscrivent leur déclaration d’IR/PF sur la base des éléments de l’attestation de liquidation précitée ;

– l’institution de l’obligation pour les personnes n’ayant pas souscrit la déclaration sur la base des éléments de l’attestation de liquidation et pour celles n’ayant pas demandé l’avis préalable de l’administration fiscale, de verser à titre provisoire, auprès du receveur de l’administration fiscale, la différence entre le montant de l’impôt déclaré et 10% du prix de cession, avec droit à restitution, après engagement de la procédure de rectification.

Parallèlement à cette mesure, les notaires, les adoul et toute personne ayant rédigé ou concouru à la rédaction d’un acte soumis à l’enregistrement, doivent informer les contribuables concernés de ce nouveau dispositif.

Par ailleurs, il est également proposé de supprimer l’exonération des opérations de cession d’un immeuble ou partie d’immeuble occupé à titre d’habitation principale par son propriétaire avant l’expiration du délai de six ans.

Du nouveau pour les régimes de l’auto-entrepreneur et de la CPU

La loi de finances 2014 a institué le régime de l’auto-entrepreneur dans l’objectif de réduire l’informel, de développer l’esprit entrepreneurial et de faciliter pour les jeunes l’accès au marché du travail grâce à l’auto-emploi, à travers l’octroi d’avantages sociaux et fiscaux.

De même, l’institution du régime de la contribution professionnelle unique (CPU) avait pour objectif de simplifier le régime fiscal applicable aux personnes physiques exerçant des activités à revenu modeste et d’élargir le champ d’application de l’Assurance maladie obligatoire (AMO).

Afin d’atteindre les objectifs précités, en respect du principe d’équité fiscale entre tous les contribuables, il est proposé d’encadrer les deux régimes fiscaux précités, en excluant de ces régimes le surplus du chiffre d’affaires annuel dépassant 50.000 dirhams réalisé par les prestataires de services avec le même client.

Ce surplus du chiffre d’affaires sera soumis à la retenue à la source par le client précité au taux libératoire de 30%.