Énergie renouvelable : la SFI accorde un prêt de 300 M€ à Iberdrola pour des projets dans des pays émergents, dont le Maroc

La Société financière internationale (SFI), organe du groupe de la Banque mondiale consacré au secteur privé, a accordé à Iberdrola, entreprise espagnole spécialisée dans la production, la distribution et la commercialisation d’électricité et de gaz, un prêt vert de 300 millions d’euros pour des projets renouvelables dans des pays dépendants des combustibles fossiles, dont le Maroc, la Pologne et le Vietnam, rapporte La Vanguardia.

Sur les 300 millions d’euros convenus, 170 ont déjà été engagés par Iberdrola pour financer des projets éoliens en Pologne, précise-t-on. Le reste des fonds accordés sera utilisé pour financer des projets renouvelables dans les pays qui dépendent des combustibles fossiles et pour soutenir des projets d’innovation en matière d’énergie propre, tels que la production éolienne offshore ou l’hydrogène vert.

Le prêt actuel est soumis au respect de deux objectifs ESG (environnemental, social et de gouvernance d’entreprise), ajoute la même source. Le premier consiste à réduire les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre de l’entreprise de plus de 60% d’ici 2030 par rapport à 2020. Le deuxième objectif consiste à plus que doubler la capacité renouvelable installée d’Iberdrola d’ici 2030, qui, à la fin du troisième trimestre 2023, dépassait 41.000 mégawatts propres.

AA2023. Le Maroc affiche de bonnes performances en termes d’exploitation de son potentiel fiscal

L’un des temps forts du 7 ème jour des assemblées annuelles du FMI et de la BM, a été le Forum budgétaire portant sur le renforcement des capacités fiscales des pays en développement. L’occasion pour le FMI de mettre en lumière sa publication relative au potentiel fiscal des pays émergents et des pays à faible revenu. L’idée est simple dans son exposé: les pays en question ont un potentiel fiscal inexploité et leurs ressources budgétaires gagneraient fortement à une meilleure mobilisation de ce potentiel fiscal.

Il ressort même de la publication de l’institution de Bretton Woods que le potentiel fiscal inexploité des pays émergents et des pays à faible revenu est considérable. Il est de l’ordre de 8% à 9% du PIB. Une marge nettement supérieure aux déficits budgétaires des pays concernés.

L’étude du FMI intitulée « Renforcer la capacité fiscale dans les pays en développement« , publiée le 19 septembre 2023, assure en substance que « de nombreux pays peuvent augmenter leur ratio impôts/PIB – ce qui leur permettrait d’assurer des services publics essentiels – dans une proportion allant jusqu’à 9 points de pourcentage, grâce à une meilleure conception de la fiscalité et à des institutions publiques plus solides ».

Tout en indiquant une stagnation des recettes fiscales de tous les groupes de pays depuis 2010, la source renseigne que la moitié des pays émergents et les deux tiers des pays à faible revenu avaient, en 2020, un ratio impôts/PIB inférieur à 15%, un point de bascule au‑dessus duquel il a été constaté que la croissance s’accélérait », renseignent la publication du FMI.

En clair, d’après les auteurs de l’étude,  les pays à faible revenu pourraient augmenter leur ratio impôts/PIB (pression fiscale) de 6,7 points de pourcentage en moyenne. De plus, il ressort de l’analyse des spécialistes du FMI que les recettes fiscales de certains Etats peuvent augmenter de 9 points de pourcentage du PIB, soit une progression de deux tiers par rapport au ratio impôts/PIB en 2020. Une progression à même d’aider les Etats à remplir leur rôle crucial en matière de développement.

Pression fiscale: où se situe le Maroc

L’intervention de Younès Idrissi Kaitouni, directeur général des Impôts (DGI) a permis à l’assistance d’en savoir davantage sur  l’implémentation de la réforme fiscale-sur un horizon temporel de 5 ans-déclinée par la  loi-cadre 69-19 portant réforme fiscale (2021). Tout en précisant le premier axe de réforme concernant les très petites entreprises (personnes physiques), à travers la contribution professionnelle unique (CPU)-en phase avec les objectifs du chantier de la généralisation de la protection sociale-, le DG de l’administration fiscale n’a pas manqué de rappeler que 2023 marque le début de la réforme de l’IS avec l’objectif d’atteindre un taux de droit commun unique pour tous les contribuables de 20%.

« Pour rassurer nos partenaires internationaux, je dois dire que d’ici 2026, le taux d’imposition minimal de l’IS sera de 20% et pas 15%« , souligne Younès Idrissi Kaitouni. Et d’expliquer: « Cette réforme s’est aussi accompagnée par une contribution plus importante des 143 plus grandes entreprises du Maroc générant plus de 10 millions d’euros de résultat net par an ».

M. Idrissi Kaitouni qui loue la visibilité donnée aux contribuables et aux pouvoirs publics pour la réforme précitée, a aussi rappelé, en substance, que l’accent sera mis sur la réforme de la TVA en 2024. Ceci dit, l’un des principaux messages à retenir de l’allocution du DGI est que la pression fiscale du Maroc est passée de 20,3% du PIB en 2019 à 22,6% PIB en 2022. « Nous avons gagné 2,3% points de pourcentage », s’est-il réjoui. A noter sur le plan de la rentabilité fiscale, le mécanisme fiscal de retenue à la source qui devrait rapporter en 2023 près de 2 MMDH de recettes fiscales.

Cependant, il existe une question qui n’est pas tranchée: ces 22 ou 23% du PIB mobilisés dans les recettes fiscales, sont certes une bonne nouvelle pour le budget. Mais cette pression est-elle répartie d’une manière égale et équitable? Nous savons tous que non, et que ce sont surtout les mêmes entreprises, ou les mêmes secteurs, qui sont mis à contribution.

L’administration fiscale a besoin de davantage de moyens pour s’assurer de davantage d’équité dans la contribution. Des secteurs et des entreprises échappent à l’impôt, par la force des choses.

Au final, notons que selon le FMI, le renforcement des capacités fiscales des pays émergents et à faible revenu passe entre autres par la digitalisation [où la DGI marocaine fait partie des précurseurs), l’amélioration de la conception et l’administration des principaux impôts nationaux et l’élargissement de l’assiette fiscale par la rationalisation des dépenses fiscales (en cours au Maroc).

Toujours au chapitre des recommandations, les experts du FMI prônent une imposition plus neutre des revenus du capital et une meilleure utilisation de l’impôt foncier. Le renforcement des institutions qui régissent le système fiscal et pilotent la réforme fiscale et l’établissement des priorités et la coordination des réformes entre les organismes publics sont identifiés comme des solutions à même de booster la rentabilité fiscale des pays émergents et ceux à faible revenu.

Deux fondateurs de Twitter, milliardaires de la high-tech

"L'annonce de l'entrée en Bourse de Twitter confirme qu'être un entrepreneur self-made man est l'une des rares stratégies disponibles pour devenir milliardaire de manière accélérée", souligne David Friedman, président de la société spécialisée dans l'estimation de fortunes Wealth-X.

Cette dernière juge que le principal bénéficiaire de l'opération devrait être Evan Williams, 41 ans, qui avait participé à la fondation du réseau social et en avait assuré la direction générale entre 2008 et 2010.

Le projet d'introduction rendu public jeudi soir révèle qu'il est le premier actionnaire individuel de Twitter avec 12% du capital. Son influence dans le groupe est d'autant plus grande que, selon le même document, un autre co-fondateur, Jack Dorsey, lui a cédé jusqu'à l'entrée en Bourse les droits de vote assortissant sa propre participation de 4,9%.

Le magazine Forbes a indiqué dès vendredi qu'Evan Williams allait entrer dans son classement de référence des milliardaires, estimant pour l'instant qu'il pèse 1,4 milliard de dollars, dont 1,1 milliard pour sa part dans Twitter.

Il y rejoindra Jack Dorsey, 36 ans, concepteur (en deux semaines) du programme de Twitter dont il a aussi écrit le premier tweet, en mars 2006, et été le premier directeur général.

Jack Dorsey devait toutefois jusqu'ici surtout sa place dans la liste à une autre start-up fondée en 2010, celle de paiement par téléphone portable Square. Sa participation dans Twitter devrait toutefois entraîner un relèvement de l'estimation de sa fortune de 1,3 à 1,5 milliard, indique le magazine.

Evan Williams, qui a grandi dans une ferme du Nebraska (centre), et Jack Dorsey, qui vient de l’État voisin du Missouri, ont pour point commun avec d'autres ténors de la high tech comme Steve Jobs, Bill Gates, Michael Dell ou Mark Zuckerberg d'avoir quitté l'université avant d'obtenir leur diplôme pour se lancer dans l'auto-entreprenariat.

Créateurs de start-ups en série

Avant de devenir un des premiers investisseurs de Twitter, Evan Williams avait fondé l'entreprise internet Pyra Labs, à l'origine du site de blogs Blogger et propriété depuis 2003 du géant de l'internet Google.

Il travaille désormais sur une plateforme d'édition sur internet, Medium, qui se décrit comme un moyen de partager "des idées et des histoires qui font plus de 140 caractères et ne sont pas que pour ses amis".

Il s'y présente comme quelqu'un qui "crée des systèmes qui encouragent à taper sur un clavier et réfléchir", mais aussi qui aime "les longues marches dans la ville, le tofu et le bourgogne".

Les goûts de Jack Dorsey apparaissent encore plus éclectiques. Son premier fait d'armes avait été la programmation d'un logiciel pour gérer des véhicules, il s'est intéressé plus jeune à la botanique et à la mode, et il a même envisagé au printemps dernier sur la chaîne CBS de briguer un jour la mairie de New York, la deuxième ville après San Francisco où Twitter a des bureaux.

A plus court terme, "je crois qu'il n'y a jamais deux sans trois, donc théoriquement j'aimerais (fonder) une troisième entreprise" après Twitter et Square, avait-il indiqué l'an dernier à Forbes.

Au Wall Street Journal, qui l'avait nommé "innovateur de l'année" 2012 dans le domaine technologique, il avait mentionné comme possible champ d'intérêt le secteur de la santé, un choix pas forcément illogique pour un homme ayant exercé plus jeune comme masseur certifié.

"J'étais prêt à masser pour le reste de ma vie. J'ai essayé de convaincre un gérant de boîte de nuit de Saint-Louis de me laisser faire des massages sur une chaise au bord de la piste de danse (…). Il a pensé que c'était une très mauvaise idée, donc je suis retourné à la programmation", avait-il d'ailleurs raconté au journal.

(Avec AFP)