Le binôme Oukacha-Joundy reconduit à la tête de la Fédération des pêches maritimes de la CGEM

Mohamed Ali Oukacha a été réélu à l’unanimité lors de l’assemblée générale ordinaire élective de la fédération, aux côtés de Taoufik Joundy, indique la FPM dans un communiqué.

Cette assemblée a été l’occasion pour les professionnels du secteur d’échanger sur les défis et enjeux majeurs de la pêche maritime, en mettant en avant les problématiques actuelles et les perspectives d’évolution, fait savoir la même source.

Regroupant aujourd’hui 240 membres, dont les chambres des pêches maritimes, associations professionnelles et entreprises, la FPM de la CGEM joue un rôle clé dans la défense des intérêts du secteur, tout en agissant pour son essor, sa valorisation et son impact à l’échelle nationale.

Un nouveau catamaran pour renforcer les recherches aquacoles de l’INRH

L’Institut national de recherche halieutique (INRH) a inauguré, le jeudi 6 février, en marge de la 7e édition du Salon Halieutis, un nouveau catamaran aquacole destiné à la recherche et à l’innovation dans le domaine de l’aquaculture. La cérémonie a été présidée par Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime.

Conçu dans le cadre de la stratégie de recherche et d’innovation aquacole de l’INRH, ce catamaran AMAN, d’une longueur de 17,1 mètres, représente la septième unité de la flotte de recherche de l’Institut. Il sera principalement dédié aux activités aquacoles, en particulier aux interventions techniques et à la maintenance des installations aquacoles de l’institut, explique un communiqué du secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime.

Construit par la société espagnole Talleres Blanchadell pour un montant de 11 millions de DH, ce catamaran se distingue par sa grande manœuvrabilité, son pont de travail de 65 m², sa capacité de charge supérieure à 20 tonnes, ainsi qu’une grue télescopique de manutention d’une capacité de 200 kNm, précise le communiqué.

Il constitue un atout majeur pour renforcer les capacités d’intervention en mer de l’Institut et représente un outil essentiel pour la ferme aquacole expérimentale offshore de Sidi Ifni, qui constitue un projet innovant visant à faciliter, par la recherche et le développement (R&D), l’investissement dans la pisciculture offshore le long des côtes atlantiques marocaines.

Inauguration du navire de recherche « Al Hassan Al Marrakchi »

Le même jour, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, et l’ambassadeur du Japon au Maroc, Kuramitsu Hideaki, ont inauguré, au port d’Agadir, le navire de recherche « Al Hassan Al Marrakchi ».

Avec une longueur hors tout de 48,5 mètres, une largeur de 11,83 mètres et une puissance motrice de 1 500 kW (2 040 CV), le navire peut accueillir jusqu’à 33 personnes, indique un communiqué conjoint.

Le navire, avec sa vitesse de croisière de 12 nœuds et son tirant d’eau moyen de 4,2 mètres, renforce les capacités du Maroc en matière de préservation et de gestion durable des écosystèmes marins.

En marge de cette inauguration, Mme Driouich et le représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) au Maroc, Kawabata Tomoyuki, ont signé un accord de don pour le financement du projet du Village de pêcheurs nouvelle génération à Souiria K’dima.

Doté d’un financement global d’environ 129 millions de DH, ce projet vise à moderniser les infrastructures de pêche, à promouvoir des activités économiques connexes telles que l’écotourisme et l’artisanat local et à renforcer l’attractivité touristique de la région.

Ce partenariat s’inscrit dans la continuité de l’Échange de notes signé à Safi le 22 janvier 2025 entre la secrétaire d’État et l’ambassadeur du Japon au Maroc, officialisant l’appui du Japon à ce projet de don.

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Modernisation du village de pêche de Souiria Kdima à 129 MDH

La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, et l’ambassadeur du Japon au Maroc, Kuramitsu Hideaki, ont signé, le mercredi 22 janvier à Safi, un échange de notes relatif au projet de développement du village de pêcheurs (VDP) de nouvelle génération à Souiria Kdima (36 km au sud de Safi).

S’exprimant à cette occasion, Zakia Driouich s’est félicitée de « l’excellente relation de partenariat liant le Maroc et le Japon dans le domaine de la pêche maritime, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI et de l’Empereur du Japon Naruhito, concrétisée par le soutien et l’accompagnement continus de ce secteur stratégique ».

Elle a, dans ce sens, mis l’accent sur l’importance de cette coopération pour le développement du secteur halieutique marocain, « pilier stratégique de l’économie nationale », précisant que ce projet pilote représente un modèle innovant destiné à être réalisé également dans d’autres régions du Royaume, et qu’il constituera un levier stratégique pour la transformation et la modernisation du secteur de la pêche artisanale et l’accompagnement des opérateurs de cet important segment de pêche.

« Le choix de Safi pour accueillir ce projet structurant n’est pas anodin. Cette région, dotée d’un riche patrimoine maritime et d’une forte vocation pour la pêche, joue un rôle clé dans l’économie nationale et se veut un pilier du secteur halieutique grâce à son potentiel exceptionnel et à l’engagement de ses acteurs locaux », a affirmé Zakia Driouich.

« Ce VDP nouvelle génération, rendu possible grâce à la confiance et au soutien du Japon, vise à améliorer les conditions de travail des marins-pêcheurs de la région, tout en intégrant des pratiques durables et respectueuses de l’environnement », a-t-elle expliqué dans une déclaration à la presse.

De son côté, Kuramitsu Hideaki s’est réjoui de « l’excellence des relations de collaboration fructueuse entre le Maroc et le Japon dans le secteur halieutique, qui datent de 1979 », notant que ce projet ambitionne de transformer le VDP de Souiria Kdima en un port de pêche alliant attrait touristique et sécurité, afin d’accueillir les visiteurs dans des conditions optimales.

« Le Maroc partage avec le Japon une reconnaissance commune en matière de développement durable des ressources halieutiques« , a relevé Kuramitsu Hideaki, faisant part de l’engagement de son pays à « poursuivre son soutien envers le Royaume dans ses efforts visant à moderniser le secteur halieutique ».

Le projet de développement du VDP à Souiria Kdima, construit initialement en 2001 grâce à la coopération financière du Japon, a pour principaux objectifs la séparation des flux de poisson entre professionnels et public, la création de nouvelles activités économiques autour de l’activité pêche, telles que l’écotourisme, l’artisanat local, ainsi que le développement d’une attractivité touristique renforcée.

Ce modèle novateur vise à faire de ce VDP un pôle économique, social et culturel dynamique, tout en promouvant une gestion durable des ressources halieutiques et une meilleure qualité de vie pour les communautés locales.

Selon les données du secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, la mise en œuvre de ce projet devrait permettre, d’ici 2029, le débarquement de poissons dans des conditions sanitaires optimales, réduisant ainsi les risques de contamination.

Par ailleurs, le nombre de barques stationnées hors des zones désignées sera réduit, passant de 105 à moins de 5. En parallèle, plus de quatre unités commerciales seront mises en service pour dynamiser l’économie locale, tandis que la modernisation des infrastructures contribuera à accroître les revenus des pêcheurs artisanaux de Souiria Kdima.

Il est à noter qu’en 2024, ce projet a directement bénéficié à 1.200 marins-pêcheurs artisanaux, à 366 propriétaires de barques artisanales et à 82 mareyeurs. En outre, le volume de production a connu une progression significative, passant de 500 tonnes à environ 1.964 tonnes au titre de l’année 2024, pour une valeur estimée à 57 millions de DH ».

La signature de cet échange de notes représente ainsi une étape déterminante dans le processus de développement de ce projet devant permettre la modernisation des infrastructures et le renforcement de son impact socio-économique.

(Avec MAP)

Le Maroc augmente son quota de l’espadon de l’Atlantique-Nord et du thon obèse

Durant cette session, organisée du 11 au 18 novembre, la délégation du Maroc a œuvré pour la préservation des intérêts et des acquis nationaux de l’ensemble des segments et espèces confondus, indique un communiqué du Secrétariat d’État chargé de la pêche maritime. Pour le stock de l’espadon de l’Atlantique-Nord, la Commission a adopté la nouvelle stratégie de gestion de cette espèce qui a permis une révision à la hausse du Total admissible des captures (TAC), précise la même source.

Par conséquent, le Maroc a pu bénéficier d’une augmentation de son quota actuel, passant de 850 tonnes à 1.186 tonnes, en plus d’un quota supplémentaire de 175 tonnes transférée du Japon à raison de 150 tonnes et de Trinité-et-Tobago à raison de 25 tonnes pour la période 2025-2027. De plus, la Commission a entériné un plan pluriannuel de conservation et de gestion des thonidés tropicaux ainsi que les autres mesures de gestion. Le Maroc a, ainsi, décroché un quota très important du thon obèse (1.600 tonnes), ajoute-t-on, notant que ce plan prévoit de maintenir le TAC annuel pour l’albacore à son niveau actuel de 110.000 tonnes.

En ce qui concerne, la pêcherie du thon rouge, le Royaume a maintenu son quota actuel, soit 3.700 tonnes pour l’année 2025. Par ailleurs, poursuit le Secrétariat d’État, plusieurs mesures de conservation et de gestion relatives à l’écosystème ont été adoptées notamment en matière de conservation des requins qui ont bénéficié d’une attention particulière de la Commission.

En outre, les délibérations du Comité d’application ont, une fois de plus, démontré que le Maroc a œuvré pour la mise en place de toutes les mesures de conservation et de gestion adoptées par l’ICCAT. En effet, le Royaume est l’un des 14 pays sur 57 pays qui ont montré une pleine conformité. D’ailleurs, dans son discours prononcé par visioconférence à l’ouverture de la réunion extraordinaire, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a mis en avant les efforts réalisés par le Maroc durant les deux dernières décennies en matière de protection des ressources halieutiques et des espèces vulnérables.

Mme Driouich, qui assure la première vice-présidence de l’ICCAT, a également mis en lumière la forte contribution du Maroc en faveur de la réalisation des objectifs tracés dans la convention de l’ICCAT.

(Avec MAP)

Pêche côtière et artisanale : les débarquements en baisse de 11% en 2023

Le poids de ces produits s’est établi à 1.350.190 tonnes, en repli de 11% par rapport à 2022, indique l’Office national des pêches (ONP) dans son récent rapport sur les statistiques de la pêche côtière et artisanale au Maroc.

Par espèce, la valeur des débarquements des algues, crustacés, poissons blancs et céphalopodes a augmenté, respectivement, de 232%, 22%, 20% et 2%.

En revanche, les valeurs des coquillages et des poissons pélagiques ont accusé des baisses respectives de 23% et 7%.

Par port, un total de 16.981 t de produits de la pêche côtière et artisanale a été débarqué dans les entrées portuaires méditerranéennes à fin décembre 2023, en diminution de 7%. En termes de valeur, ces ports ont enregistré un repli de 4% à 586,93 MDH.

S’agissant des ports situés sur l’Atlantique, ils ont baissé, en poids, de 11% à 1.333.210 t, tandis que leur valeur a augmenté de 3% à près de 9,4 MMDH.

(Avec MAP)

Les marins-pêcheurs s’élèvent contre un projet de loi qui autorise les étrangers à travailler dans le secteur

L’octroi du carnet professionnel de la pêche maritime à des étrangers résidant au Maroc suscite un vent de contestation chez les marins-pêcheurs marocains. Cette disposition est prévue dans le dernier paragraphe de l’article 4 du projet de loi qui dessine les contours de la délivrance des carnets professionnels de la pêche maritime.

Les marins-pêcheurs exclus des débats

Ce document d’identification individuelle est indispensable pour l’exercice des fonctions dans le secteur, et pourra donc être octroyé à des étrangers justifiant une résidence permanente au Maroc. Le projet de loi en question a été rendu public par la Chambre de la pêche maritime Atlantique-Centre, le 19 octobre dernier, et fait actuellement l’objet de débats houleux et de négociations entre les professionnels du secteur.

Sondé par Médias24, le coordinateur de l’Alliance nationale de la pêche pour la région Dakhla-Oued Ed-Dahab, Adil Sendadi, déplore que les marins-pêcheurs ont été exclus des débats au sein des Chambres de la pêche maritime. « La parole est donnée uniquement aux armateurs et aux propriétaires des bateaux de pêche ; nous ne pouvons ni participer aux discussions ni aux votes« , regrette-t-il. 

Par ailleurs, selon notre interlocuteur, ce projet a été pensé pour « combler une pénurie de main-d’œuvre » qu’il attribue aux « conditions déplorables » dans lesquelles vivent et travaillent les marins pêcheurs au Maroc. « Les flottes délabrées, les revenus instables et les doléances non prises en compte poussent les pêcheurs à chercher un autre emploi », constate-t-il.

S’appauvrir ou changer de métier

« Au lieu d’améliorer nos conditions de travail, ce projet de loi va ouvrir la voie à des étrangers qui acceptent des rémunérations dérisoires. Cette décision va sans doute paupériser les professionnels marocains du secteur et les contraindre, soit à s’adapter à des salaires bas, soit à changer de métier« , poursuit-il.

Par ailleurs, dans un communiqué de l’Alliance nationale de la pêche, partagé ce lundi 13 octobre et consulté par nos soins, les marins pêcheurs réclament entre autres le retrait du dernier paragraphe de l’article 4 concernant le carnet professionnel et le paiement des aides gazoles, ainsi que des solutions aux problèmes qui subsistent dans la filière de la pêche.

Le communiqué cite à titre d’exemple « les arrêts imposés des flottes de sardines en raison des attaques de dauphins noirs, ce qui impacte les conditions socio-économiques des marins pêcheurs ».

Notons que larticle 4 du projet de loi offre également la possibilité à des stagiaires étrangers qui suivent une formation professionnelle dans les établissements de formation maritime reconnus, d’obtenir un « permis de navigation temporaire » pour poursuivre leur formation pratique à bord des navires de pêche maritime. Une disposition qui ne semble pas contrarier les professionnels du secteur ; en tout cas, pas autant que celle qui offre la possibilité aux étrangers de travailler dans le secteur.

Accord de pêche avec l’UE : le Maroc prêt à toute éventualité (Sadiki)

Auteur d’une présentation exhaustive sur le secteur agricole à l’occasion du Forum de la MAP, mercredi 5 avril, Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, a répondu à une question de l’agence de presse espagnole EFE sur le renouvellement de l’accord de pêche qui lie le Maroc à l’Union européenne.  

« Pour le moment, nous n’avons aucune idée de ce qui adviendra de l’accord de pêche avec l’Union européenne », a affirmé le ministre de l’Agriculture. « Les débats seront ouverts au moment opportun, mais nous sommes prêts à toute éventualité », a-t-il ajouté. 

« Le secteur de la pêche maritime est un secteur qui a de grandes capacités au niveau de l’exportation et de la valorisation », a poursuivi M. Sadiki. Une chose est sûre, le Maroc prévoit de partir sur de nouvelles bases lors des négociations. « Mais jusqu’à présent, nous n’avons aucun indicateur qui nous permette de savoir ce qui va se passer », a-t-il conclu.

“Grâce à la stratégie Halieutis, le secteur de la pêche maritime s’est amélioré à tous les niveaux” (Sadiki)

Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, a annoncé, ce vendredi 3 février, les données de performances enregistrées par le secteur halieutique en 2022. Il fait le bilan de la stratégie Halieutis à l’occasion du Salon international Halieutis, qui se tient du 1er au 5 février à Agadir.

« Grâce à cette stratégie, le secteur de la pêche maritime s’est amélioré tant au niveau de la production qu’au niveau de l’exportation et de l’investissement », estime M. Sadiki. Ces résultats se sont traduits par la génération d’impacts macro-économiques et sociaux, dont :

un doublement de la valeur ajoutée sectorielle et du chiffre d’affaires à l’export ;

– la création de près de 48.000 nouveaux emplois directs à terme ;

– une hausse annuelle moyenne de 15% des investissements dans les industries de la pêche.

« Malgré une longue période de repos biologique, la production nationale halieutique a atteint 1,56 million de tonnes, une hausse de 10% par rapport à 2021 », affirme le ministre. Ce repos biologique, notamment celui du poulpe à haute valeur ajoutée, a eu un impact sur la valeur après vente de cette production (13,6 milliards de DH), en recul par rapport à 2021 (15,1 milliards de DH). 

Les exportations de l’année 2022 ont atteint 883.000 tonnes, d’une valeur de 28 MMDH, soit une hausse, aussi bien en volume (+13%) qu’en valeur (+16%) par rapport à l’année 2021. Elles étaient destinées aux marchés européen (58%), africain (15%), hors UE (9%), Amérique (9%) et Asie (6.5%).

Les principaux clients sont l’Espagne (33%), l’Italie (10%), la Turquie (5%), la France (4%) et le Japon (3%). Quant aux principaux produits, ils se déclinent ainsi : conserve de sardine, poisson congelé, farine de poisson, huile de poisson.

S’agissant du secteur naval, « quarante navires ont été fabriqués jusqu’à présent au niveau national, à raison de huit navires par an dont deux destinés à la Mauritanie et au Sénégal. C’est un secteur qui monte en puissance », se réjouit M. Sadiki.

La stratégie Halieutis financée à hauteur de 8 MMDH 

Actuellement, le secteur génère près de 240.000 emplois directs et près de 650.000 emplois indirects, faisant vivre entre 3 et 4 millions de personnes. La pêche artisanale génère environ 60.000 emplois directs en mer. Elle mobilise quelque 17.000 barques sur plus de 150 sites de pêche le long du littoral marocain. Des sites de pêche formant des micro-pôles de développement, générateurs d’emploi et de prospérité dans l’espace littoral.

S’agissant du bilan de la stratégie Halieutis 2022, en termes d’investissements, un budget global de plus de 8 MMDH a été consacré au financement de l’ensemble des projets inscrits dans le cadre de la stratégie, dont plus de 1,5 MMDH octroyé sous forme de subventions et d’aides.

Pour ce qui est de l’axe de durabilité des ressources, la recherche scientifique a été renforcée par des moyens et des programmes adaptés aux défis du secteur, avec un budget de près de 1,55 MMDH d’investissements, et un équipement de 6 navires de recherche océanographique. Le dernier a été récemment acquis pour 500 MDH.

La traçabilité et le contrôle des pêches ont été renforcés par l’équipement des navires de pêches côtiers et hauturiers en balises de géolocalisation par satellite (VMS), de même que les plans d’aménagement ont couvert plus de 20 stocks qui concernent les principaux stocks d’importance commerciale.

En particulier les petits pélagiques qui constituent plus de 80% des ressources halieutiques nationales, les espèces démersales (poulpe, crevettes, merlu, grands crustacés), les grands pélagiques et plusieurs espèces littorales.

Actuellement, 96% des débarquements sont gérés durablement. L’objectif initial était d’atteindre 95% en 2020.

L’aquaculture n’est pas en reste. Des études ont été réalisées au niveau de huit régions côtières sur 2.343 km, afin d’identifier les zones propices à l’aquaculture pour les différentes espèces marines et ainsi orienter l’investissement. 

Les cinq plans d’aménagement élaborés à ce jour permettent d’estimer le potentiel de production aquacole à plus de 380.000 tonnes par an. « Nous avons présenté un projet de loi pour encadrer les pratiques aquacoles et attirer les investisseurs », assure Mohammed Sadiki.

Dix marchés de gros au poisson

Concernant les infrastructures de débarquement et de commercialisation, 11 halles de nouvelle génération et dix marchés de gros au poisson ont été construits. Ils permettent de disposer de centres régionaux de distribution à même de rapprocher les lieux de débarquement et de commercialisation. De surcroît, 47 sites de pêche ont été aménagés en plus de l’introduction et la généralisation de l’utilisation des contenants normalisés et l’équipement de la flotte artisanale en caissons isothermes. 

Le programme d’aménagement du littoral par les Villages de pêcheurs (VDPs) et Points de débarquements aménagés (PDAs) s’est traduit par la création et l’organisation de plus de 100 coopératives et associations de pêche artisanale au niveau de ces sites de pêche.

Il a offert la possibilité d’exporter l’expertise marocaine à travers la construction et l’équipement de 5 PDAs en Afrique d’un montant global de 115 MDH. De même, l’ensemble du programme a contribué à concrétiser un modèle unique de pilotage des VDPs et des PDAs, fondé sur le principe de la « co-gestion », par la création d’un comité local de suivi composé de représentants de l’administration et de pêcheurs (coopératives et/ou associations de pêcheurs artisanaux).

Un projet de marketing institutionnel

Concernant le volet compétitivité du secteur, les industries de valorisation des produits de la pêche ont bénéficié d’actions qui facilitent leur approvisionnement en matières premières. La stratégie a également œuvré à l’organisation de l’activité de mareyage, et au développement d’un projet de marketing institutionnel qui promeut et renforce la notoriété des produits halieutiques marocains à l’échelle nationale et internationale.

Par ailleurs, une attention particulière a été accordée par le département de la Pêche maritime au volet social, à travers la mise en place d’importants projets dont l’objectif était d’améliorer le quotidien, les conditions de travail et le niveau de vie des acteurs.

Il s’agit notamment de la généralisation de la couverture sociale et médicale, à laquelle souscrivent environ 36.000 pêcheurs, à l’ensemble des segments de la pêche. L’objectif réside aussi dans l’amélioration des conditions de travail et la sécurité de la navigation, via le renforcement de l’organe opérationnel du dispositif national du sauvetage maritime par le Centre de coordination du sauvetage maritime (MRCC).

Le département de la Pêche maritime accorde aussi un intérêt particulier aux coopératives opérant dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture, à travers des actions d’encadrement et de renforcement de leurs capacités qui leur permettent d’être autonomes et rentables. 

Halieutis 2023 : comment le Maroc compte préserver durablement ses ressources marines

Du mercredi 1er au dimanche 5 février à Agadir, le Salon international Halieutis fait la part belle à l’économie bleue. Orienté vers l’identification de leviers propices à la durabilité des ressources, « ce Salon contribue aussi à la dynamique du secteur de la pêche maritime », a affirmé le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.    

Le Maroc est leader en Afrique en termes de production halieutique nationale en 2022, avec 1,55 million de tonnes. L’équivalent d’environ 1% de la production halieutique mondiale. Le secteur mobilise 19.064 unités opérationnelles dont 334 actives dans la pêche hauturière, 1.800 dans la pêche côtière et 17.130 dans la pêche artisanale. La flotte nationale compte 119.147 employés.

Selon le chef du gouvernement, qui a inauguré le Salon international Halieutis, mercredi 1er février, le secteur halieutique, dont « les exportations ont atteint plus de 28 milliards de dirhams en 2022, soit une augmentation de 16% en un an », est marqué par une croissance significative, mais fragile. 

Composante essentielle de la stratégie Halieutis, l’économie bleue tend justement à réduire ses fragilités. Aux antipodes de l’économie rouge, destructive pour l’environnement, l’économie bleue promeut une solide gouvernance des ressources marines et côtières, dont regorgent les 3.500 km de côtes marocaines. 

Les océans, un puits de carbone bleu

Or, les activités humaines poussent ces ressources au bord de l’asphyxie. Ces dernières décennies, les stocks de poissons du domaine maritime marocain ont diminué à cause de : 

– la pêche illicite, non réglementée et non déclarée, qui représente près de 15% des prises totales selon la FAO ;  

– la surpêche et la surcapacité ; 

– des habitats halieutiques qui pâtissent de la pollution, de l’aménagement du littoral et des pratiques de pêche destructrices qui entravent la reconstitution des stocks de poissons.

A terme, l’impact environnemental de la dégradation de la santé des océans pourrait avoir des conséquences dramatiques. Car les mangroves et autres habitats végétaux marins sont des puits de carbone bleu qui peuvent fixer 25% des émissions de CO2. Ils constituent également des remparts contre les tempêtes et les inondations côtières. 

Pour éviter le pire, le département de la Pêche maritime est à l’initiative de plusieurs mesures dans le cadre de la stratégie Halieutis et du Programme national de développement de l’économie bleue, en étroite collaboration avec l’Institut national de recherche halieutique (INRH). 

Acteur majeur de la révolution Halieutis, « le budget de l’Institut a triplé en l’espace de dix ans, passant de 100 millions de dirhams à plus de 300 MDH« , indique Abdelmalek Faraj, directeur de l’INRH. « Sur la même période, nous avons également mobilisé plus de 1,5 milliard de dirhams dans la recherche halieutique, soit en termes d’infrastructures ou de projets », indique-t-il. 

Il n’en faudra pas moins au regard des exigences fixées : instaurer la productivité des océans, engendrer des bénéfices pour les opérateurs du secteur et garantir aux populations côtières croissance, sécurité alimentaire et emplois pour l’avenir. 

Une nouvelle approche de spatialisation de l’effort de pêche

L’une des options choisie par le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime prend la forme de plans d’aménagement et de gestion des pêcheries. Ils servent à délimiter une ou plusieurs unités d’aménagement, ainsi que des unités marines protégées

Ce plan de redressement détermine également les espèces ou les groupes d’espèces surexploitées et fixe les objectifs de gestion des pêcheries, avec en ligne de mire, la préservation de la biodiversité et les écosystèmes marins en vue d’une exploitation durable et rationnelle des stocks halieutiques. 

Il s’agit aussi de tenir compte de la disponibilités des ressources, des facteurs socio-économiques, des droits de pêches attribués et de l’approche de précaution. Régis par le décret N°2-18-722, du 30 septembre 2019, cette mesure a été appliquée dans le cadre de la pêcherie des petits pélagiques (anchois, sardines…) et la pêcherie de l’espadon

A court terme, un plan d’aménagement est prévu au titre de la pêcherie marocaine aménagée. Celui de la pêcherie des petits pélagiques ambitionne de réduire la mortalité par pêche pour s’ajuster aux capacités biologiques des stocks, mais aussi de protéger les phases sensibles des différents stocks de petits pélagiques, « en particulier la sardine, identifiée grâce au suivi et à la détermination de la dynamique spatio-temporelle des cycles biologiques », précise le département de la Pêche maritime. 

Pour sa part, la pêcherie marocaine aménagée concerne plusieurs espèces, dont les crevettes, les algues et le poulpe. A cet effet, les mesures de gestion, qui n’ont pour l’instant été appliquées qu’aux crevettes, se déclinent comme suit : 

– des unités d’aménagements ; 

– des périodes de repos biologiques ; 

– des zones d’interdiction spatio-temporelle ;

– l’instauration de quotas, de taille marchande des espèces halieutiques et de seuil de tolérances des espèces accessoires.

Le plan d’aménagement de l’espadon se traduit quant à lui par la mise en œuvre, en Méditerranée, d’un programme de rétablissement du stock de l’espadon à l’horizon 2031, à hauteur de 60% au minimum. En Atlantique, ce plan d’aménagement prévoit la conservation du stock de l’espadon à un niveau d’équilibre

Trois aires marines protégées   

Les aires marines protégées (AMP) mises en place au Maroc font partie de la catégorie « Aires protégées pour la gestion des ressources naturelles », selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ce sont des aires marines où l’utilisation durable des écosystèmes naturels est privilégiée.

Actuellement, les trois AMP du Maroc sont gérées par des plans d’aménagement et de gestion des pêcheries, d’une durée de dix ans, réévalués tous les cinq ans :

– d’une superficie de 12.700 ha, l’AMP de Souss-Massa a été créée en 1991 ;

– mise en place en 2004, l’APM d’Al Hoceima compte une superficie marine de 24.400 ha ;

– l’APM de Khnifiss a été instaurée en 2006 et occupe 10.500 ha.

Dans le cadre du Programme national de développement de l’économie bleue, en partenariat avec la Banque mondiale, quatre nouvelles AMP seront créées à Agadir, Larache, au cap des Trois Fourches et à Boujdour. « L’INRH est un chaînon important de ce programme, car il évalue les stocks et alerte lorsqu’une espèce est sur le déclin afin d’instaurer un plan d’aménagement », précise une source au sein du département de la Pêche maritime. 

385 fermes aquacoles pour un investissement de 8,1 MMDH

Selon l’Agence nationale de développement de l’aquaculture, 188 fermes aquacoles sont en cours d’achèvement dans différentes régions du Maroc. Pour l’heure, il en existe 385. D’un investissement global de 8,1 MMDH, elles produisent 370.026 tonnes sur une surface de 10.455 hectares. Elles emploient 5.765 personnes :

– 19 fermes de poissons qui ont nécessité 5 MMDH d’investissement et occupent une superficie maritime de 4.283 ha. Leur production atteint 53.700 tonnes/an et elles emploient 1.017 personnes ; 

– 95 fermes d’algues marines qui produisent 219.950 tonnes par an, sur une superficie de 1.635 ha. Plus de 1.300 personnes y travaillent. Elles ont nécessité un investissement de 1,04 MMDH ;

– 266 fermes de conchyliculture, pour un investissement global de 1,5 MMDH. D’une superficie de 4.377 ha, elles emploient 3.226 personnes et ont un rendement de 91.285 tonnes/an ;

– 5 fermes d’élevages de crevettes, d’un investissement total de 490 MDH. Elles produisent 5.091 tonnes par an sur une superficie de 160 ha et emploient 210 personnes.

« La croissance du secteur halieutique dépend des fermes d’élevage car elles concernent principalement des produits de mer à haute valeur ajoutée », assure un opérateur du secteur. « C’est l’avenir du secteur halieutique« , se réjouit-il.

Cependant, « les investisseurs sont parfois réticents à l’idée de financer des fermes coûteuses sans garantie de retour sur investissement. Car il suffit d’une tempête pour ravager tout un élevage« , déplore d’une même voix plusieurs interlocuteurs, alertant sur la pénurie d’alevins, « qui sont essentiels au lancement d’une activité aquacole ».

L’une des rares fermes aquacoles offshore au monde 

« Le développement de l’aquaculture est confronté à la cherté de l’alimentation et à la disponibilité des alevins« , concède Abdelmalek Faraj. Majoritairement importés d’Espagne, les alevins sont de jeunes poissons destinés au peuplement des rivières, des étangs et des élevages. 

« Il y a une écloserie d’alevins de crevette expérimentale qui est en passe d’être mise en exploitation à Dakhla », annonce notre interlocuteur. « L’idée est de maîtriser la technique de production, un processus long et fastidieux. »

« Un système d’élevage intensif sans impact environnemental sera mis en place », reprend-il. « Une fois terminé ce travail de longue haleine, nous essayerons de produire une espèce de crevette marocaine de haute valeur », ambitionne le directeur de l’INRH.  

Mais la problématique principale réside dans « notre incapacité à exploiter notre énorme potentiel maritime, notamment pour la pisciculture en mer, car nous avons très peu de zones protégées. La façade Atlantique du Maroc est ouverte au vent et aux tempêtes. Nous devons apprendre à opérer quelles que soient les conditions », estime M. Faraj, dont les chercheurs testent actuellement une ferme offshore en face de Sidi Ifni, dans l’océan Atlantique.

« Il n’existe que six ou sept fermes offshore dans le monde. Le département de la Pêche maritime nous a octroyé 40 millions de dirhams pour la réalisation de ce projet. L’objectif est d’apprivoiser ce nouveau milieu naturel pour définir un protocole et une marche à suivre », envisage M. Farraj. Ce protocole sera partagé avec des opérateurs privés.

« La ferme existe depuis juillet 2022, nous sommes en train d’observer la phase critique de l’hiver. Ce n’est pas une technologie achetée ou importée de l’étranger. Nous sommes certes accompagnés par des experts internationaux, mais c’est dans le but d’expérimenter des prototypes marocains de fermes offshore marocaines », se félicite-t-il. 

Une application pour combattre les rejets de pêche

Les rejets de pêche sont un fléau pour le secteur de la pêche maritime. Selon la FAO, il s’agit de la partie non débarquée des captures, composée de poissons non commercialisables (espèce protégée), blessés, inférieurs à la taille légale, de faible valeur économique ou dont les quotas sont épuisés. 

« Combattre cette mauvaise pratique n’est pas chose facile », avoue une source au sein du département de la Pêche maritime. « Car la problématique réside dans la surveillance des bateaux de pêche en haute mer. » Pour contourner cette limite, « la Norvège a par exemple adopté la politique zéro rejet. Mais en l’état, une telle politique est inapplicable au Maroc », nuance notre source. Compte tenu notamment de la législation qui impose certains quotas et calibrage des prises.  

De son côté, l’INRH opte pour l’intelligence artificielle. « Nous développons la version 2.0 d’une application baptisée ‘Smart Fishing’« , affirme Abdelmalek Faraj. Cet outil qui allie rentabilité et protection de l’environnement est basé sur des cartes de données biologiques et des prévisions météorologiques mises à jour quotidiennement », décrit-il.  

Dans sa version 1.0, l’application Smart Fishing est expérimentée « sur les petits pélagiques et possiblement dans le cas de la pêche au poulpe« , poursuit-il. Une visée ambitieuse quelques fois contrariée par le manque d’accompagnement et de sensibilisation des pêcheurs. 

Fact checking. Non, les pêcheurs ne rejettent pas les sardines à la mer pour augmenter les prix !

1- Les faits

Jeudi 15 septembre, une vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux où l’on voit des pêcheurs sur une barque artisanale en mer. Près de leur embarcation, une longue coulée de sardines flottant à la surface. En guise d’explication, les auteurs de la vidéo assurent que les bateaux de pêche rejettent une partie de leurs prises, dans le but de créer une pénurie et de maintenir élevés les prix des sardines. Cette explication est-elle plausible ?

2- Le prix de la sardine est stable.

Médias24 a contacté plusieurs professionnels du secteur de la pêche maritime.

Le prix de la sardine est-il élevé ces derniers temps ? Kamal Sabri, président de la Chambre de pêche maritime de l’Atlantique Nord, nous assure qu’il n’y a “aucune hausse et [que] les prix sont stables depuis quelques semaines”.

Des propos qui nous ont été confirmés par une source au département de la Pêche maritime, précisant que “la demande en sardines est très importante, notamment au niveau international. Les pêcheurs n’ont donc aucun intérêt à gaspiller une partie de leurs prises”.

En effet, outre la consommation nationale annuelle qui atteint 12 kg de poisson par personne, le Maroc répond également à la demande internationale. D’ailleurs, l’année 2021 a été marquée par une hausse des exportations des produits de la mer de l’ordre de 15%, pour atteindre 24,2 milliards de DH.

A présent que l’hypothèse d’une manœuvre destinée à augmenter les prix est écartée, comment expliquer que les sardines sans vie flottent à la surface de la mer ?

3- Les explications.

Selon nos interlocuteurs, trois cas de figure peuvent être à l’origine de ce phénomène. “Les filets de pêche subissent parfois des avaries et perdent la totalité ou une partie de la prise”, explique Kamal Sabri.

La seconde possibilité est liée au quota de pêche. “Si un bateau n’a pas le droit de pêcher plus de dix tonnes, mais qu’il en attrape douze, il risque d’être pénalisé lors d’un contrôle. Il pourrait donc être tenté de jeter les deux tonnes supplémentaires”, avance notre source au département de la Pêche maritime. “Mais ce cas de figure est assez rare. Les pêcheurs préfèrent en effet vendre leur surplus à un autre bateau avant d’arriver au port plutôt que de le jeter et de le gaspiller.”

La dernière explication tient à l’opportunisme de certains pêcheurs. “Les bateaux qui ont atteint leur capacité de stockage maximum jettent une partie de leurs prises pour la remplacer par du poisson qui coûte beaucoup plus cher”, indique notre source.

4- En conclusion 

S’il est difficile de déterminer avec certitude laquelle des raisons précitées est à l’origine du gâchis constaté dans la vidéo, l’hypothèse d’une manœuvre pour augmenter les prix est à écarter.

Pénurie de poisson sur le marché marocain à cause de l’épidémie Covid-19

Le secteur de la pêche est en souffrance à cause de l’épidémie de coronavirus. L’information nous a été confirmée par plusieurs sources du secteur de la pêche.

« La richesse biologique des eaux marocaines se compose des ressources pélagiques et des espèces démersales chalutables », nous explique une source bien informée du secteur. 

Les ressources pélagiques représentent le principal potentiel halieutique du Maroc, puisqu’elles contribuent avec près de 80% à la production nationale et assurent l’approvisionnement des unités de transformation et du marché intérieur. « La pêche de ce type de poisson, qui regroupe entre autres la sardine, les anchois et le maquereau, se fait durant la nuit. Ce qui pose un grand problème aux pêcheurs« . 

« Il est à noter que la majorité des poissons au Maroc provient du sud du pays, où les ports de pêche se trouvent à plus de 30 km des villes. Il est donc difficile pour les pêcheurs de se déplacer le soir, avec les mesures d’urgence sanitaires et le confinement mis en place par le gouvernement. Il n’y a pas de transport et on ne peut pas mettre à leur disposition des autobus pour les transporter. »

« Pour les espèces démersales, la pêche se fait durant la journée. Mais depuis le début du confinement, ces produits se vendent de moins en moins, surtout pour ce qui est du poisson noble. Ce type de poisson est destiné notamment aux grands restaurants, qui ont fermé leurs portes depuis quelques semaines. Il est également exporté à l’étranger par avion. Depuis la suspension de tous les vols au Maroc, les chalutiers vendent ces poissons à des prix inférieurs à la normale, ce qui ne permet même pas de couvrir leurs frais directs », ajoute notre source.

L’activité reprend progressivement

La pénurie de poisson nous a également été confirmée par le président de la Chambre maritime de l’Atlantique-nord, Kamal Sabri. 

« Au début de l’épidémie, les bateaux sont restés aux ports et les pêcheurs avaient peur. Les gens ne savaient pas comment s’y prendre. »

« A présent, l’activité reprend progressivement, et dans de bonnes conditions. On essaie d’encourager les armateurs à reprendre du service en mettant en place les mesures nécessaires de sécurité. »

Parmi ces mesures: « la désinfection des bateaux et le confinement des marins à bord des navires. On essaie de diminuer la circulation des marins en ville ainsi que le contact avec les autres citoyens, pour éviter tout risque de contamination ».

Concernant la disponibilité, M. Sabri nous confie que « les ressources sont disponibles en mer. Toutefois, l’exploitation doit s’organiser ». Il y a également le retour des bateaux de la pêche hauturière, qui disposent de grands stocks de poissons congelés. Ces stocks, qui sont normalement destinés à l’export, seront à présent consommés localement. »

Qu’en est-il des prix? D’après notre source: « il n’y a pas de flambée des prix. Les prix sont stables et il n’y aura pas de changement au mois de Ramadan. Les prix dépendent de l’offre et de la demande. Les ressources sont là, il n’y a donc aucune raison pour que les prix augmentent ». 

Fishop, une poissonnerie qui dispose de nombreux points de vente à Casablanca et qui propose un service de livraison à domicile, a pour sa part constaté une légère hausse des prix depuis le début du confinement, ainsi qu’une demande en hausse. « Avant les gens mangeaient dehors. Ce n’est plus le cas à présent. Tous les repas se font à la maison. En plus, avec l’arrivée du mois de Ramadan, les ménages font leur stock. » 

Pêche: La liste des ports marocains de déchargement des navires étrangers

Il s’agit d’un arrêté conjoint des ministres de l’Economie, de l’Agriculture et de l’Equipement. Il vient en application du décret 2-17-456 adopté en mars dernier par le Conseil de gouvernement.

Ce décret porte sur le suivi de la traçabilité des produits de la pêche, qui permet de prévenir et de lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, notamment lors des opérations de transbordement et/ou de déchargement des produits de la mer par les navires de pêche étrangers.

L’arrêté, publié au dernier B.O., fixe ainsi la liste des ports dédiés à ces opérations:

– Tanger-Med,

– Tanger ville,

– Larache,

– Mahdia,

– Casablanca,

– Agadir,

– Laâyoune,

– Dakhla.