Sardines entre 30 et 40 DH/kg : comment le Maroc en est-il arrivé là ?

Le prix de la sardine est de nouveau sous les projecteurs, atteignant des niveaux record dans un pays pourtant riche en poissons pélagiques, dont elle est l’espèce reine.

Les cours oscillent désormais entre 30 et 40 DH/kg, du jamais-vu sur les marchés. Et cette tendance pourrait s’accentuer dans les prochains jours, sous l’effet conjugué des conditions climatiques extrêmes que connaît le Royaume et du repos biologique périodique instauré par le Département de la pêche.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, une période de repos biologique a été décrétée pour les pêcheries de surface le long de la côte atlantique, 46 jours pour la zone atlantique centrale (jusqu’au 15 février 2026 entre Taghnajet et le Cap Boujdour) et 60 jours pour la zone sud (jusqu’au 28 février 2026 au sud du Cap Boujdour).

Pour accompagner la raréfaction de l’offre, le Département a également anticipé la suspension des exportations de la sardine congelée et interrompu l’approvisionnement en sardine destinée à la production de farine de poisson.

Cependant, bien que prises en amont, ces mesures n’ont, à ce jour, produit aucun apaisement tangible sur le marché. Alors que le débat refait surface autour de ce poisson populaire dans l’assiette des Marocains, une question s’impose : quelles sont les causes réelles de cette flambée inédite de la sardine ? Facteurs naturels ou décisions humaines ?

Impact naturel : des stocks de pélagiques sous haute pression

Depuis 2022, le secteur halieutique marocain fait face à un signal d’alarme sans précédent. Le volume des captures de poissons pélagiques est tombé de 1,3 million de tonnes à seulement 909.750 t en 2025, soit une chute brutale d’environ 30% en seulement trois ans.

Cette baisse reflète la réduction des ressources halieutiques, sous la pression combinée de la pêche et du réchauffement climatique des océans, qui contraint notamment la sardine à migrer vers des eaux aux conditions plus favorables.

Les grandes concentrations de poissons pélagiques sont naturellement liées aux courants d’upwelling, qui remontent des nutriments essentiels à leur développement. Dans le cas du Maroc, c’est le courant d’upwelling canarien, au large de Safi et qui se prolonge vers le sud jusqu’au Sénégal, qui est à l’origine de la richesse pélagique du pays. Aujourd’hui, fortement impactée par les changements climatiques, cette chaîne alimentaire est fragilisée, ce qui impose une réduction des volumes de pêche.

La décision du département de la Pêche n’est donc pas un choix, mais une nécessité. Elle vise à préserver les ressources halieutiques, largement dominées par les poissons pélagiques (plus de 60%), et à assurer leur renouvellement.

La raréfaction de l’offre, une conséquence attendue du repos biologique

L’envolée des prix de la sardine s’explique en grande partie par la raréfaction de l’offre, conséquence directe du repos biologique instauré dans les principaux ports de production.

Au nord de Safi, les volumes de poissons pélagiques débarqués sont bien plus faibles que ceux des ports situés au sud de Safi. En 2025, le port de Mehdia plafonne ainsi à 13.947 t de pélagiques tandis que celui de Casablanca enregistre seulement 7.197 t. Ces chiffres sont quatre fois inférieurs aux rendements des ports d’Agadir ou de Safi, situés au centre du pays et qui font actuellement l’objet d’un repos biologique des petits pélagiques (sardine, anchois, maquereau…).

Les mercuriales portuaires confirment cette tendance. À El Jadida, la dernière vente de sardines enregistrée remonte au mercredi 21 janvier 2026, avec un prix plafond de 20,96 DH/kg et un prix moyen de 9,15 DH/kg. À Casablanca, pour la même date, le prix maximal s’établissait à 25,87 DH/kg, avec un prix plancher très proche de 16,30 DH/kg. À titre de comparaison, le prix plafond ne dépassait pas 16 DH/kg le 10 janvier 2025, soit une augmentation brutale de près de 10 DH/kg en seulement dix jours.

Au-delà des causes naturelles, la spéculation accentue l’envolée des prix de la sardine

Au vu des éléments précédents, un prix de vente aux consommateurs de 30 DH incluant une marge de 5 DH, soit environ un cinquième du prix de vente aux halles de pêches, semble cohérent avec la complexité des circuits de distribution.

Rappelons que dans les ports au nord d’Agadir, les sardines sont vendues aux enchères, tandis que dans ceux situés entre Agadir et Dakhla, elles sont écoulées à un prix fixe ne dépassant pas 3 DH/kg.

Dans ces conditions, une situation de surenchère est donc très probable, en raison de la raréfaction de l’offre à l’approche du mois de Ramadan.

La suspension des exportations de sardine congelée relève d’une volonté gouvernementale de réguler les prix. Toutefois, le calendrier de cette mesure, effective à partir du 1ᵉʳ février 2026, paraît peu compréhensible. Elle intervient alors que les grandes pêcheries sont déjà en plein repos biologique, et que la reprise de l’activité sur la côte atlantique centrale n’aura lieu que deux jours avant le ramadan.

Plusieurs options auraient été préférables. Par exemple, instaurer cette suspension avant le début du repos biologique, ou décaler la fin de celui-ci d’une semaine avant le ramadan pour contrer les pratiques spéculatives.

Si les fondements scientifiques du repos biologique sont indéniables, les mécanismes actuels semblent inefficaces pour empêcher la surenchère et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs.

La pénurie actuelle de l’offre est certes due à l’incapacité des ports du Nord à fournir des volumes importants. Mais elle résulte aussi des pratiques des intermédiaires, qui stockeraient la marchandise en attendant des conditions de marché plus favorables, qui ne sauraient être meilleures que le mois de ramadan.

Ce mois sacré représente une opportunité majeure pour ces acteurs de maximiser leurs profits, misant sur une préférence accrue pour la sardine fraîche et une forte augmentation du poisson congelé.

Pour en revenir aux causes naturelles, il est vrai que les sardines sont moins abondantes en début d’année, surtout entre janvier et mars. Mais cette rareté saisonnière alimente également l’appétit des acteurs intermédiaires.

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Pêche côtière et artisanale : valeur en hausse, poids en baisse à fin février 2025

Le poids de ces produits s’est établi à 67.644 tonnes (T), en repli de 27% par rapport à fin février 2024, indique l’ONP dans son dernier rapport sur les statistiques de la pêche côtière et artisanale au Maroc.

Par espèce, les débarquements des algues et des poissons pélagiques ont reculé respectivement de 89% à 383 T et de 46% à 29.565 T. En revanche, les coquillages, les céphalopodes, le poisson blanc et les crustacés ont augmenté respectivement de 182% (33 T), de 10% (19.697 T), de 15% (16.877 T) et de 1% (1.087 T).

Par ports, un total de 3.504 T de produits de la pêche côtière et artisanale a été débarqué dans les entrées portuaires méditerranéennes à fin février 2025, en augmentation de 9%. En termes de valeur, ces ports ont enregistré une hausse de 21% à près de 192,24 millions de DH.

S’agissant des ports situés sur l’Atlantique, ils ont baissé, en poids, de 28% à 64.139 T, tandis que leur valeur a augmenté de 13% à environ 2,10 MMDH.

Les prévisions économiques du HCP pour 2025

Comme chaque début d’année, le Haut Commissariat au Plan (HCP) publie ses prévisions pour l’année en cours.

Pour 2025, le HCP prévoit :

Voici son argumentaire.

Reprise du secteur primaire en 2025

La campagne agricole 2024/2025 devrait se caractériser par des conditions climatiques relativement plus favorables que celles de la campagne précédente qui a connu un déficit pluviométrique sévère, menant à une production céréalière limitée à 31,2 MQx, estime le HCP.

Dans son analyse, le HCP s’appuie sur :

Ainsi, la valeur ajoutée agricole devrait évoluer de 4,1% en 2025, sous l’hypothèse d’une production céréalière inférieure à la moyenne, après un repli de 5% estimé en 2024.

Tenant compte d’un accroissement du secteur de la pêche maritime de 6,5% en 2025 après 3,8% estimé en 2024, le secteur primaire devrait s’améliorer de 4,2% en 2025, après une baisse de 4,6% estimée en 2024, contribuant ainsi positivement de 0,4 point à la croissance du produit intérieur brut après une contribution négative de 0,5 point en 2024.

Poursuite de la bonne performance des activités non agricoles

Les activités non agricoles devraient évoluer de 3,6% en 2025, soutenues par la dynamique continue du secteur du BTP, des activités minières et des activités industrielles, ainsi que par la poursuite de la bonne tenue des activités du commerce, du tourisme et du transport.

L’activité industrielle, représentant 59% de la valeur ajoutée secondaire en moyenne entre 2019 et 2023, devrait connaître un accroissement de 3,7% en 2025 après une amélioration attendue de 4% en 2024.

L’activité des industries chimiques, stimulée par un accroissement de la demande extérieure, aurait connu un rebond de 12,9% en 2024. En 2025, les industries chimiques devraient maintenir leur dynamique quoiqu’en ralentissement, en liaison avec la poursuite prévue de l’amélioration de la demande extérieure pour ces produits.

Par ailleurs, les industries du matériel du transport auraient enregistré une croissance remarquable de 14,4% en 2024, grâce à l’implantation de nouveaux équipementiers et à l’extension des usines de l’automobile qui auraient permis d’accroître les capacités de production. En 2025, ces industries devraient poursuivre leur dynamisme avec une croissance de l’ordre de 9,6%, profitant des investissements directs étrangers dans le secteur de l’automobile, qui devraient permettre d’introduire de nouvelles technologies et de renforcer la production nationale, notamment celle des batteries électriques.

Manque de compétitivité pour le textile

En revanche, l’industrie textile devrait continuer de pâtir de la faible compétitivité sur le marché mondial, de la forte dépendance aux marchés européens et de la prédominance des activités informelles, dans un contexte des coûts élevés de l’énergie et de la faiblesse de l’amont textile local. De ce fait, sa valeur ajoutée aurait connu une croissance négative de 3% en 2024 avant de s’améliorer légèrement de 1,7% en 2025.

De son côté, l’activité de l’industrie agroalimentaire, représentant 27,5% de la valeur ajoutée industrielle en moyenne entre 2019 et 2023, devrait enregistrer une croissance modérée de près de 1,3% en 2025, au lieu 0,9% estimée en 2024 et d’un recul de 0,2% en 2023, suite aux retombées relativement favorables de l’amont agricole.

Progression des activités du BTP

En 2025, les activités du secteur du BTP devraient poursuivre leur progression avec une croissance de 3,8%. Cette dynamique devrait être soutenue par la diminution progressive des prix des matériaux de construction et par l’allègement des conditions de financement, encourageant l’investissement des promoteurs immobiliers.

En outre, elle devrait bénéficier de l’accélération des projets d’infrastructures hydrauliques et énergétiques et de ceux liés à l’organisation de grandes manifestations sportives, ainsi que de la poursuite des mesures en faveur de l’accès au logement et du programme de reconstruction et de réhabilitation des zones sinistrées.

Par ailleurs, l’activité minière, fortement liée à l’industrie des produits chimiques, aurait rebondi de 17,9% en 2024, marquant un retournement positif après deux années consécutives de recul de 23% et 2,7% respectivement en 2022 et 2023. Cette reprise reflète la consolidation de la production du phosphate brut, stimulée par une demande locale accrue des industries de transformation pour les engrais chimiques. En 2025, le secteur devrait poursuivre son raffermissement avec une croissance de 5,9%, soutenue par la hausse continue de la production marchande du phosphate.

Dans ces conditions, le secteur secondaire devrait afficher une valeur ajoutée en hausse de 3,8% en 2025.

Le secteur tertiaire, principalement orienté vers le marché intérieur

Pour le HCP, le secteur tertiaire devrait continuer de soutenir la croissance économique en 2025, avec une progression de 3,5% après 3,2% prévue en 2024.

Cette évolution devrait être attribuable à l’amélioration des services non marchands de 3,2% en 2025, et des services marchands de 3,6% en 2025 :

Dynamique consolidée de la demande intérieure

La consommation des ménages en 2025 devrait s’accroitre de 3% après 3,2% estimé en 2024.

Cette tendance s’explique notamment par un niveau maitrisé de l’inflation et par une amélioration des revenus suite aux augmentations salariales décidées dans le cadre du dialogue social, à la bonne tenue des transferts des MRE, et à la poursuite de l’attribution des aides sociales directes.

Ainsi, la contribution de la consommation des ménages devrait atteindre près de 1,8 point à la croissance du PIB en 2024 et 2025.

Ainsi, tenant compte de la consommation des administrations publiques qui devrait enregistrer une évolution de 4,1% en 2025 après une hausse attendue de 3,9% en 2024, la consommation finale nationale devrait afficher un accroissement de près de 3,3% en 2025 après 3,4% estimé une année auparavant, contribuant à hauteur de 2,6 points à la croissance du PIB, après 2,7 points en 2024.

Allégement du déficit budgétaire en 2024 avant une légère accentuation en 2025

Après avoir atteint son pic de 7,1% en 2020 suite aux répercussions de la crise pandémique, le déficit budgétaire s’est inscrit dans une trajectoire descendante depuis 2021, pour atteindre 4,3% du PIB en 2023, grâce notamment aux différentes mesures prises pour rétablir l’équilibre des finances publiques.

Ce niveau reste néanmoins élevé par rapport à la moyenne de 3,7% observée entre 2014 et 2019. Les perspectives des finances publiques devraient être caractérisées par un accroissement plus marqué des dépenses globales que des recettes ordinaires en 2025.

En 2025, ces recettes devraient poursuivre leur raffermissement, profitant de la hausse simultanée des recettes fiscales et non fiscales de 7,5% et 5,6% respectivement.

Les dépenses globales devraient poursuivre leur tendance haussière en 2025, atteignant près de 28,8% du PIB après 28,2% estimé en 2024.

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À Tan-Tan, reprise de la pêche au poulpe pour la saison hivernale 2025

Réunion des armateurs industriels de la pêche pélagique à Dakhla

Cette réunion intervient suite à l’adoption à l’unanimité par les membres de la COMAIP d’une charte éthique lors de leur dernière Assemblée générale extraordinaire du 6 septembre 2024, indique un communiqué de la COMAIP.

Les membres ont abordé le sujet de la montée en puissance de l’écosystème industriel et de leur participation active à l’effort national en faveur de la promotion de l’emploi, en particulier des jeunes dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.

La Commission a décidé de mettre en place un groupe de travail ad hoc chargé d’élaborer une feuille de route permettant aux membres d’allier efficacité économique et efficience sociale, avec des propositions concrètes pour contribuer à la dynamique socio-économique du pays, ajoute le communiqué.

Le président de la COMAIP, Mohamed Lamine Hormatollah a souligné que « les armateurs et industriels du pélagique de Dakhla continuent de s’engager en faveur du développement socioéconomique de la région et sont fermement déterminés à relever les défis de durabilité et de responsabilité ».

La COMAIP représente 11 industriels de la filière halieutique, tous basés à Dakhla, totalisant 25 chalutiers de type RSW et plus de 40 unités de transformation, dont l’activité crée plus de 13.500 emplois directs et 38.600 emplois indirects au niveau national. Ces entreprises génèrent un chiffre d’affaires cumulé de près de 4 milliards de DH.

Pêche au poulpe : démarrage sous de bons auspices pour la saison hivernale 2025

Au 7 janvier, la ville de Dakhla a enregistré un niveau de débarquements de poulpe atteignant 25% du quota, pour un total de 1.690.336,5 kg et une valeur de 176.997.758 DH. Ces chiffres concernent les villages de pêche de Lassargua, Labouirda, Ntireft et Imoutlan, où 3.082 barques sont en activité dans le cadre de la pêche artisanale, précise le secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime dans un communiqué.

Ces chiffres mettent en évidence le succès de la période de repos biologique ayant permis une abondance au niveau de la ressource, qui a impacté positivement le prix de vente dans les halles aux poissons et les marchés de gros relevant de l’Office national des pêches (ONP), souligne la même source.

Pour rappel, le secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime avait annoncé l’ouverture de la saison hivernale de pêche au poulpe pour la période allant du 1er janvier au 31 mars 2025, sur l’ensemble du littoral national.

S’inscrivant dans le cadre des efforts en faveur d’une gestion durable des ressources halieutiques, cette décision fait suite aux recommandations de l’Institut national de recherche halieutique (INRH) et à l’instauration d’un repos biologique automnal qui a été mis en place du 1er octobre au 31 décembre 2024.

Les résultats de la campagne de suivi scientifique de l’INRH, présentés lors du comité de suivi de la pêcherie du poulpe tenu le 17 décembre dernier, mettent en évidence une amélioration significative des stocks de poulpe, notamment au sud et au nord de Sidi Lghazi.

En outre, le secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime souligne que la pêche du poulpe est répartie sur deux saisons (estivale et hivernale) et implique trois segments de flotte, artisanale, côtière et industrielle, qui exploitent le poulpe le long des zones côtières du Royaume.

La gestion des stocks de poulpe repose sur des mesures strictes, notamment la fixation d’un total admissible des captures (TAC) par zone. Ces quotas, répartis selon les catégories de flotte et les navires, sont complétés par des mesures de gestion supplémentaires visant à préserver durablement cette ressource halieutique.

Ces mesures concernent les zones de pêche, les engins de pêche, la fermeture des zones rocheuses, la fixation du nombre de navires, les tailles marchandes minimales, etc.

Depuis le début de la campagne de poulpe Hiver 2025, des mesures de contrôle spéciales ont été mises en place, du débarquement jusqu’aux unités de traitement.

Ces mesures consistent au renforcement du contrôle physique aux points de débarquement (ports et sites de pêche), au niveau des halles à poisson et aussi des unités industrielles par vérification des documents de traçabilité, surtout lors de la certification des captures à destination de l’export.

Ce contrôle renforcé vise à faire respecter les quotas allouées pour chaque segment, à encourager une gestion durable de cette pêcherie du poulpe, et aussi à garantir une meilleure valorisation et une concurrence loyale entre les opérateurs.

(Avec MAP)

Le Maroc augmente son quota de l’espadon de l’Atlantique-Nord et du thon obèse

Durant cette session, organisée du 11 au 18 novembre, la délégation du Maroc a œuvré pour la préservation des intérêts et des acquis nationaux de l’ensemble des segments et espèces confondus, indique un communiqué du Secrétariat d’État chargé de la pêche maritime. Pour le stock de l’espadon de l’Atlantique-Nord, la Commission a adopté la nouvelle stratégie de gestion de cette espèce qui a permis une révision à la hausse du Total admissible des captures (TAC), précise la même source.

Par conséquent, le Maroc a pu bénéficier d’une augmentation de son quota actuel, passant de 850 tonnes à 1.186 tonnes, en plus d’un quota supplémentaire de 175 tonnes transférée du Japon à raison de 150 tonnes et de Trinité-et-Tobago à raison de 25 tonnes pour la période 2025-2027. De plus, la Commission a entériné un plan pluriannuel de conservation et de gestion des thonidés tropicaux ainsi que les autres mesures de gestion. Le Maroc a, ainsi, décroché un quota très important du thon obèse (1.600 tonnes), ajoute-t-on, notant que ce plan prévoit de maintenir le TAC annuel pour l’albacore à son niveau actuel de 110.000 tonnes.

En ce qui concerne, la pêcherie du thon rouge, le Royaume a maintenu son quota actuel, soit 3.700 tonnes pour l’année 2025. Par ailleurs, poursuit le Secrétariat d’État, plusieurs mesures de conservation et de gestion relatives à l’écosystème ont été adoptées notamment en matière de conservation des requins qui ont bénéficié d’une attention particulière de la Commission.

En outre, les délibérations du Comité d’application ont, une fois de plus, démontré que le Maroc a œuvré pour la mise en place de toutes les mesures de conservation et de gestion adoptées par l’ICCAT. En effet, le Royaume est l’un des 14 pays sur 57 pays qui ont montré une pleine conformité. D’ailleurs, dans son discours prononcé par visioconférence à l’ouverture de la réunion extraordinaire, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a mis en avant les efforts réalisés par le Maroc durant les deux dernières décennies en matière de protection des ressources halieutiques et des espèces vulnérables.

Mme Driouich, qui assure la première vice-présidence de l’ICCAT, a également mis en lumière la forte contribution du Maroc en faveur de la réalisation des objectifs tracés dans la convention de l’ICCAT.

(Avec MAP)

Verdict de la CJUE : une «atteinte aux intérêts économiques européens» (euro-députés)

La CJUE a cédé aux revendications des « terroristes du front polisario » sur le Sahara et « porté atteinte aux intérêts économiques européens et marocains », tout en violant « l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc », a réagi, sur le réseau social X, l’eurodéputé français Nicolas Bay, vice-président de la délégation du Parlement européen à l’Assemblée parlementaire Afrique-UE.

« Le Maroc reste le partenaire le plus fiable en Afrique du Nord et le seul interlocuteur de l’UE pour toutes les questions politiques et commerciales », a commenté l’euro-député Tomáš Zdechovský, du groupe du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen.

Selon lui, le polisario est une « menace pour la stabilité et la sécurité du voisinage de l’UE ».

Le Maroc reste le partenaire le plus fiable en Afrique du Nord et le seul interlocuteur de l’UE pour toutes les questions politiques et commerciales

« Triste jour pour l’Europe », a écrit, de son côté, l’eurodéputé Thierry Mariani, relevant que tout le monde a compris que le Sahara est marocain « sauf la Cour de Justice de l’UE ».

(Avec MAP)

Verdict de la CJUE: voici la réaction des opérateurs marocains de l’agriculture et de la pêche

Contacté par Médias24, Kamal Sabri, président de la Chambre de la pêche maritime de l’Atlantique, a exprimé sa surprise et son incompréhension face à la décision de la Cour de justice de l’UE d’annuler les accords agricole et de pêche entre le Maroc et l’Union européenne. Selon lui, ces accords, qui existent depuis plus de vingt ans, et qui ont été renouvelés à plusieurs reprises, sont essentiels pour les deux parties.

Notre interlocuteur a souligné la solidité des liens entre le Maroc et les opérateurs européens, en insistant sur la qualité des produits marocains qui respectent toutes les normes internationales, tant en matière de gestion durable des ressources halieutiques que d’hygiène. « Nos produits respectent toutes les normes. Nos bateaux sont aux normes, tout comme nos conserveries », a-t-il précisé, tout en exprimant son incompréhension face à la décision. « Je ne trouve pas de motif à ce jugement ».

Malgré cette décision, Kamal Sabri reste serein quant à l’impact économique sur les opérateurs marocains. Selon lui, le Maroc a, durant ces dernières années, diversifié ses marchés d’exportation, notamment vers l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Afrique. « En termes d’impact économique, cette décision n’affectera pas beaucoup les opérateurs marocains. Aujourd’hui, nous exportons vers des marchés en Asie, en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Afrique », a-t-il souligné.

L’Union européenne ne reçoit plus que 20% des exportations de sardines marocaines, car le marché africain a ouvert grand ses portes à nos sardines

Bien que l’Union européenne ait historiquement été un partenaire clé en raison de la proximité géographique, notre interlocuteur estime que si l’Europe ne soutient plus les produits marocains, ce seront « eux les grands perdants ». Il a également précisé que les exportations marocaines de produits halieutiques et agricoles vers le marché européen n’ont cessé de baisser lors des dernières années, au profit d’autres destinations. « Le marché européen ne représente aujourd’hui que 17% des exportations marocaines de produits halieutiques et agricoles. Nous sommes désormais en mesure de diversifier nos marchés ».

Kamal Sabri a également mis en avant la réorientation des exportations marocaines, notamment pour les sardines, vers d’autres marchés en dehors de l’Europe. « À titre d’exemple, l’Union européenne ne reçoit plus que 20% des exportations de sardines marocaines, car le marché africain a ouvert grand ses portes à nos sardines ».

Quant à Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), il a estimé qu’il était essentiel que les engagements pris par l’Union européenne soient respectés, comme ils l’ont été par le passé.

« Nous avons pris acte de la décision de la Cour de justice de l’UE. L’Union européenne a pris des engagements clairs, et j’espère qu’ils seront respectés, car il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement », a-t-il déclaré, ajoutant que ces engagements ont été « suivis et respectés jusqu’à présent ».

L’accord doit impérativement respecter l’intégrité territoriale du Maroc

Le président de la Comader a en outre exprimé son soutien total à la position officielle du Royaume du Maroc, notamment en ce qui concerne l’intégrité territoriale du pays. « Nous adhérons pleinement à la position du Royaume du Maroc. L’accord doit impérativement respecter l’intégrité territoriale du Maroc », a-t-il affirmé.

« Le Maroc est un pays unifié et souverain, allant de Tanger à Lagouira. Toute autre proposition sera fermement refusée », a-t-il conclu.

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11 MDH pour l’observation scientifique des activités de pêche en mer le long du littoral marocain

Cette mission couvrira l’ensemble du littoral marocain sur une période de 3 ans. Le coût total de cette prestation est estimé à environ 11 millions de DH.

Le titulaire de ce marché devra affecter au département de la Pêche maritime 20 observateurs scientifiques chargés d’observer les activités de pêche en mer. Ces observateurs embarqueront à bord des navires de pêche nationaux et étrangers, conformément aux accords signés entre le Royaume du Maroc et les pays respectifs de ces navires, ainsi qu’aux conventions de pêche en vigueur.

Le département de la Pêche maritime est l’entité chargée de l’encadrement et la gestion des observateurs scientifiques à bord des navires de pêche maritime. Il assurera le suivi et l’évaluation des performances des observateurs, ainsi que la coordination avec les parties prenantes pour garantir l’efficacité et la fiabilité des observations effectuées.

 

 

Pêche côtière et artisanale : baisse de 10% des débarquements à fin juin

Le poids de ces produits s’est établi à 469.715 tonnes, en repli de 10% comparativement à fin juin 2023, précise l’ONP dans son récent rapport sur les statistiques de la pêche côtière et artisanale au Maroc.

Par espèce, les débarquements coquillages, des algues, des crustacés et des poissons pélagiques ont accusé des baisses respectives de 82% à 24 T, de 39% à 5.914 T, de 25% à 3.863 T et de 12% à 378.849 T.

A l’inverse, les débarquements du poisson blanc et des céphalopodes ont augmenté de 6% à 48.925 T et de 5% à 32.141 T. Par port, un total de 7.222 T de produits de la pêche côtière et artisanale a été débarqué dans les entrées portuaires méditerranéennes à fin juin dernier, en diminution de 20% par rapport à la même période un an auparavant. En termes de valeur, ces ports ont généré 340,28 millions de DH.

Pour leur part, les débarquements au niveau des ports situés sur l’Atlantique ont reculé de 10% à 462.493 T et de 4% à 4,46 MMDH.

Al Massira, un barrage dont il ne reste que le nom

Là où il y avait un immense lac quelques années auparavant, on ne trouve désormais qu’une terre craquelée et au loin une petite mare d’eau. Ce jeudi de la mi-novembre, le froid du matin a rapidement laissé place à une chaleur inhabituelle en cette période de l’année. Le paysage qui s’offre à nous est d’une « beauté » désolante.  Le barrage Al Massira est vide… ou presque ! Si l’on se fie aux chiffres, il resterait bien une dizaine de millions de mètres cubes d’eau dans cette retenue qui peut en contenir plus de 2,5 milliards mètres cubes.

 

En raison d’un déficit pluviométrique qui s’est accentué ces dernières années, l’étendue a rétréci comme peau de chagrin.

Le manque de pluies conjugué à une consommation qui se maintient ont vidé le barrage. Mais la chaleur y a contribué aussi un peu. Ce jeudi aux abords de ce qui reste du lac, l’évaporation des eaux est visible à l’oeil nu. Nous la visualisons au loin tout en nous rapprochons autant que faire se peut du peu d’eau qui subsiste.

Tout autour, la vase qui stagnait au fond de l’édifice a durci après une longue exposition au soleil. Nous avançons et à chaque pas qui foule ce sol censé être recouvert de flots, une idée est omniprésente : le réchauffement climatique n’est pas un phénomène abstrait. C’est une réalité ! Et ses répercussions dépassent de loin une retenue asséchée.

©Mouad Jamali Idrissi

Une trentaine de douars et des milliers de personnes dépendent du Barrage

Construit dans les années 70, à 30 kilomètres de la ville de Settat, le barrage Al Massira a pour vocation d’irriguer plusieurs milliers d’hectares et d’alimenter en eau potable plusieurs grandes villes, dont Casablanca et Marrakech. C’est sa vocation première.

Mais là où il y a de l’eau, il y a de la vie ! Tout autour de ce barrage, un écosystème s’est mis en place au fil des ans. Cultures, élevage, pêche, tourisme, etc…. des activités qui font vivre une dizaine de milliers de personnes dans la trentaine de douars avoisinants.

Ils sont dépendants des eaux de la retenue artificielle pour irriguer une culture vivrière et fournir une eau potable, à l’image du douar Oulad Sidi Ghanem que nous visitons ce 16 novembre.

Sécheresse
©Mouad Jamali Idrissi

 

Un horizon économique obstrué

A la lisière des berges du barrage Al Massira, quelques rares parcelles d’oliviers et de cultures fourragères survivent tant bien que mal, grâce à l’eau pompée à partir des puits qui résistent mais qui sont menacés de tarissement eux aussi.

Les bien lotis ont creusé jusqu’à 120 mètres de profondeur pour puiser l’eau dans les entrailles de la terre.  Pour les autres, ils ont tout simplement décidé de vendre leurs parcelles agricoles.

« Il y a quelques années, je possédais 100 ha d’oliviers dont les fruits étaient destinés à mon usine de trituration d’huile d’olive. Mais par manque d’eau, j’ai vendu ma parcelle. Désormais, je suis obligé d’acheter les olives pour faire tourner mon unité », nous confie Abdellah, propriétaire d’une unité de trituration d’huile d’olive.

Si Abdellah s’est adapté à la nouvelle réalité, d’autres n’ont pas réussi. Jawad, un père de famille avec qui nous avons échangé nous explique que « plusieurs pères de famille ont longtemps attendu que la situation s’améliore avant de vendre leur terre et de quitter le village pour s’installer en ville ».

©Mouad Jamali Idrissi

La pêche n’est plus qu’un lointain souvenir

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Il fut une époque, pas si lointaine, où les rives du barrage Al Massira étaient occupées chaque week-end par les caravanes et tentes des amateurs de pêche. Du temps de sa grandeur et splendeur, l’édifice était l’épicentre de la pêche touristique dans la province de Settat. Ces eaux accueillaient notamment le Black Bass, un poisson d’eau douce particulièrement prisé par les pêcheurs.

La pêche était également pratiquée comme activité génératrice de revenus pour nombre d’habitants des douars limitrophes. Aujourd’hui, les barques abandonnées jonchent les rives asséchées. Une scène triste.

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Cette activité qui était florissante permettait aux habitants du douar Oulad Si Ghanem de gagner jusqu’à 700 DH par jour, en accompagnant les pêcheurs amateurs ou en pratiquant la pêche à la ligne sur plus d’une quarantaine de barques, dont certaines sont abandonnées au sein du barrage, comme si le temps s’était arrêté depuis que le taux de remplissage s’est effondré.

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« Dans le village, on comptait jusqu’à 45 barques de pêche. Désormais, il n’y en a plus qu’une demi-douzaine. La pêche à la ligne a fait place à celle au filet, tant les colonies de poissons dans le lac se sont effondrées », témoigne Azzedine, pêcheur.

Pénurie d’eau potable en été

©Mouad Jamali Idrissi
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Comble de l’ironie, le douar Oulad Si Ghanem, limitrophe au barrage Al Massira, n’est pas desservi par l’eau potable courante. Pour étancher leur soif, les habitants comptent sur une borne d’eau installée il y a près de dix ans.

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Sauf que l’eau n’y coule pas de manière régulière. Les habitants déplorent souvent des coupures. Ils ne doivent leur approvisionnement qu’à certains agriculteurs dont les puits ne sont pas asséchés. Du moins pas encore.

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