Complexe Mohammed VI de football. Au croisement de la performance et de l’innovation

Après avoir battu la Tunisie (2-0) en match de préparation à la Coupe d’Afrique des nations 2025, les Lions de l’Atlas ont prolongé leur séjour à Fès, où ils ont accueilli le Bénin (1-0), lundi 9 juin. Une décision logique en termes de logistique qui leur a aussi offert l’occasion d’honorer d’anciens internationaux ayant fait honneur à la capitale spirituelle, même si l’on ne serait pas surpris que certains joueurs n’auraient pas été contre l’idée retrouver les installations du complexe Mohammed VI.

L'entrée du Complexe Mohammed VI de football
L’entrée du complexe Mohammed VI de football

Depuis son inauguration en 2019 par le Roi Mohammed VI, sur une trentaine d’hectares de la forêt de Maâmora à Salé, ce centre d’entraînement ultramoderne est devenu le lieu de rassemblement incontournable de toutes les équipes nationales marocaines.

Une sorte de QG dont l’harmonisation entre les différents départements assure le bon fonctionnement. La conception même du site a été pensée pour offrir une continuité logique entre hébergement, restauration, soins médicaux, réathlétisation et entraînement.

« Le site accueille en permanence 26 équipes nationales toutes catégories confondues », explique à Médias24 Hassan Kharbouch, le directeur du complexe Mohammed VI. À cela s’ajoutent de nombreuses activités footballistiques, notamment les stages de préparation de plusieurs sélections et clubs étrangers, à l’image du Real Madrid, qui y avait séjourné lors du Mondial des clubs en 2023.

Plusieurs sélections étrangères effectuent leurs stages de préparation au sein du Complexe Mohammed VI
Plusieurs sélections étrangères effectuent leurs stages de préparation au sein du complexe Mohammed VI

Plusieurs niveaux de formation y sont également proposés, tant au sein de la direction technique nationale que dans le domaine de la médecine du football, sans oublier un programme sport-études dont bénéficient plus de 150 jeunes. Bien qu’ils soient loin de l’être, ils se rendent à l’école à l’extérieur du complexe, comme des enfants lambda. Mais ils ont la chance d’avoir un emploi du temps aménagé avec des entraînements et des cours de soutien.

« Fait rare en Afrique et même dans le monde, le complexe propose également un sport-études dédié à l’arbitrage. Une trentaine de jeunes en bénéficient. L’objectif est de les préparer à rayonner sur la scène internationale », ambitionne M. Kharbouch. En moyenne, 300 personnes sont présentes chaque jour sur le site du complexe Mohammed VI.

Cette affluence peut grimper jusqu’à 550 à 600 personnes lors des dates FIFA. « En une année, le complexe peut accueillir jusqu’à 80.000 personnes, ce qui inclut les équipes nationales, leurs stages, les activités de la DTN ainsi que les actions menées avec les fédérations partenaires. La fédération entretient plus de 45 partenariats avec des fédérations du continent africain”, précise notre interlocuteur.

Le Complexe Mohammed VI dispose de plus de 500 chambres.
Le complexe Mohammed VI dispose de plus de 500 chambres.

Tout ce beau monde prend ses quartiers dans les cinq hôtels du complexe, qui totalisent plus de 550 lits répartis sur 66 chambres et quatre suites. « Un hôtel est exclusivement réservé à l’équipe nationale A et à l’équipe nationale féminine. Il comprend toutes les commodités : hébergement, restauration, espaces de récupération, installations médicales et bureaux. Les autres résidents partagent des espaces communs tels qu’une salle de fitness centrale, un restaurant principal, ainsi que les autres équipements du complexe », souligne le directeur du complexe. 

Les équipes nationales féminies et masculines A disposent d'un hôtel qui leur est spécialement dédié.
Les équipes nationales féminine et masculine A disposent d’un hôtel qui leur est spécialement dédié.

En outre, un centre médical de 6.000 m² répartis sur trois niveaux. Ce centre propose des consultations, de la réathlétisation, de la réadaptation, ainsi que des services d’exploration fonctionnelle, y compris la radiologie. Au-delà des entraînements, les onze terrains, hybrides, synthétiques de dernière génération et naturels accueillent bon nombre de matchs internationaux, dont évidemment ceux de toutes les catégories des équipes nationales.

« Mais aussi des sélections venues d’Europe, d’Afrique, de France, du Brésil, de Russie, entre autres. En moyenne, entre 140 et 150 matchs internationaux sont organisés chaque année », affirme Hassan Kharbouch. Forcément, avoir une pelouse de qualité est non négociable. Mais ce n’est jamais gagné d’avance.

Le maintien de la qualité des pelouses repose sur une planification rigoureuse et continue, même entre deux séances d’entraînement. « Deux variétés de gazon sont utilisées : le bermuda en été et le ray-grass en hiver. Cette alternance permet de garantir une qualité constante des terrains tout au long de l’année », assure notre interlocuteur.

Les pelouses du Complexe Mohammed VI sont entretenues continuellement.
Les pelouses du complexe Mohammed VI sont entretenues continuellement.

Un soin tout particulier est donc accordé aux espaces verts. Et pas seulement comme des alliés de la performance. « Sous l’impulsion du président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), M. Fouzi Lekjaa, un effort constant est fait en matière de respect de l’environnement. Le complexe récupère les eaux pluviales, traite les eaux usées pour les réutiliser dans l’arrosage et utilise l’énergie solaire pour assurer une partie de ses besoins énergétiques », souligne Hassan Kharbouch.

Enfin, la fédération travaille actuellement sur des projets de digitalisation de toutes les activités du complexe. « Un datacenter est déjà opérationnel, permettant de collecter, de centraliser et d’exploiter les données liées aux aspects médicaux, aux entraînements et aux profils des joueurs », conclut-il. Ces données peuvent être mises à profit par les équipes nationales pour améliorer leur performance, qui semble être le maître mot à tous les niveaux au sein du complexe Mohammed VI.

Avec sa capacité à générer du cash et ses bonnes performances, HPS est à un bon point d’entrée (Alpha Mena)

La valeur HPS avait l’habitude de connaître de fortes croissances après son introduction en bourse. Mais depuis l’année 2021, le cours évolue très timidement, malgré des performances en constante amélioration.

Les derniers chiffres disponibles à fin septembre 2022 montrent que l’année écoulée a été, encore une fois, marquée par de très bons résultats. Dans une note diffusée le 24 janvier, la société de recherche Alpha Mena revient sur les performances et les perspectives du groupe. Elle anticipe une hausse de 18% du cours à 7.359 dirhams d’ici six mois et change sa recommandation sur le titre, d’ »alléger » à « accumuler ».

Une année 2022 record en termes de résultats

Opérant sur un segment en pleine croissance et qui est amené à prendre de l’ampleur, le groupe améliore constamment ses résultats et ses revenus depuis plusieurs années. A fin septembre, il affichait un chiffre d’affaires en hausse de 27% à 734 MDH, dont 541 MDH de revenus récurrents.

« Cette croissance a été réalisée grâce au développement des activités du groupe et à l’intégration réussie des acquisitions réalisées en 2021. Ainsi, la diversification réussie des business modèles du groupe s’est traduite par le renforcement des revenus récurrents, +42,7% par rapport au 9M 2021, représentant désormais 74% des revenus consolidés contre 66% durant la même période en 2021 », note la société de recherche.

Côté profitabilité, les améliorations sont également au rendez-vous. A fin juin de l’année dernière, le groupe affichait une envolée de près de 84% de ses bénéfices à 68 MDH. La société de recherche précise que le groupe a affiché « une marge opérationnelle de 18,2% (+220 pb), et une marge nette de 14,5% (+450 pb) grâce à la croissance soutenue des revenus et à un pilotage efficace des coûts ». Cette performance de HPS est notable par rapport à ces pairs, qui affichent en moyenne une marge opérationnelle de 12,5% et une marge nette de 10,6%.

Les chiffres démontrent une bonne résilience du groupe malgré la détérioration du climat économique global. « Pour les prochaines années, nous pensons que les nouvelles acquisitions (IPRC et ICPS) devraient booster davantage la croissance des activités du groupe, étendre son empreinte géographique et renforcer son modèle économique », note Alpha Mena. Pour l’année 2022, elle s’attend à un résultat net de 146 MDH et des revenus de 935 MDH.

De belles perspectives en 2023 et un point d’entrée actuel intéressant

Cette année encore, le groupe devrait afficher des performances en bonne forme malgré le climat économique incertain qui se profile et la récession attendue dans différents pays. Son directeur général, Brahim Berrada, nous expliquait dans un précédent article que le groupe allait poursuivre son expansion géographique en 2023 et la consolidation de ses parts de marché dans ses zones porteuses.

« Le premier axe consiste à poursuivre notre développement géographique. Nous avons aujourd’hui une forte présence en Afrique francophone et au Moyen-Orient. Sur ces zones, nous sommes dans une stratégie de consolidation de nos parts de marché et d’accompagnement de nos clients », confiait-il. Le groupe a d’ailleurs procédé récemment au remplacement de son ancien bureau à Singapour pour accompagner ses clients et sa croissance régionale.

La société compte également poursuivre sa diversification, notamment à travers son activité de Processing, incluse dans son activité paiement, qui connaît une forte croissance. A fin septembre, l’activité paiement voyait son chiffre d’affaires croître de 38,2%.

A l’instar des opérations menées en 2021 avec l’acquisition des sociétés IPRC et ICPS, la croissance externe est un des leviers de croissance du groupe. « Nous avons l’objectif de générer 10% à 15% de croissance additionnelle par an grâce à la croissance externe. Nous envisageons plusieurs cibles. Elles peuvent avoir des fonctions de consolidation, c’est-à-dire qu’elles sont déjà dans notre métier et nous permettent d’accroître nos parts de marché et nos revenus », indiquait à ce sujet le directeur général du groupe.

In fine, avec un bon potentiel de croissance de l’industrie des paiements électroniques, une forte résilience de son business model et une bonne aptitude à générer du cash, le titre représente actuellement un bon point d’entrée pour la société de recherche. « Le momentum positif est désormais de retour. Les réalisations rassurantes du groupe ainsi que ses perspectives prometteuses à long terme devraient encore soutenir la reprise du titre », conclut Alpha Mena.