Maroc Telecom : CFG Bank valorise le titre à 105 dirhams malgré l’amende et le recommande à l’achat

Malgré les déboires judiciaires du groupe, Maroc Telecom affiche un bon potentiel en bourse d’après CFG Bank.

Dans une note sur la valeur, CFG Bank estime que le titre Maroc Telecom est sous-valorisé et dispose d’un potentiel de croissance de 14% à 105 dirhams, contre 92 dirhams à la mi-séance du 10 juillet.

La société de recherche précise dans sa note qu’elle conserve une approche conservatrice, en intégrant l’indemnité de 6,4 MMDH que l’opérateur devra verser à Wana Corporate sur les fonds propres du groupe. « Si toutefois le recours de Maroc Telecom s’avère concluant ou si le groupe parvient à négocier un montant inférieur, le cours cible serait d’autant plus élevé », estime CFG Bank.

Le potentiel de croissance du groupe en bourse est catalysé par plusieurs facteurs opérationnels.

Une activité internationale en bonne tenue portée par la data mobile

La dynamique de croissance du groupe à l’international affiche une croissance bien supérieure à celle observée sur le marché local. « Le chiffre d’affaires réalisé par les filiales africaines a augmenté selon un TCAM de 3,5% entre 2015 et 2023, contre un TCAM de -0,9% pour l’activité au Maroc sur la même période », note CFG Bank.

Les marchés africains où le groupe est présent, notamment le Burkina Faso, la Mauritanie et la Gabon affichent des taux de pénétration du téléphone mobile assez élevés avec, à l’instar du Maroc, une mutation des usages de la voix à la data mobile. Ainsi, l’opérateur cherche à consolider sa position sur ces marchés et à proposer d’autres services tels que la fibre (FTTH) et le mobile money.

D’autres pays comme le Togo, le Tchad ou encore le Niger disposent de taux de pénétration mobile encore faibles et affichent donc un fort potentiel de croissance pour Maroc Telecom. « De manière générale, nous estimons que le secteur des télécoms devrait encore présenter des opportunités intéressantes en Afrique à moyen et long terme. Nous pensons que les caractéristiques démographiques et économiques du continent devraient être les premiers drivers de la croissance du secteur des télécoms, spécialement le segment Mobile », précise CFG Bank.

Cette année, le groupe anticipe un chiffre d’affaires à l’international de près de 19 MMDH pour croître de 3% par an jusqu’en 2027 et atteindre 20,7 MMDH.

Une rentabilité opérationnelle saluée

IAM affiche l’une des rentabilités opérationnelles parmi les meilleures au niveau mondial, par comparaison à d’autres acteurs du secteur si on se concentre sur les activités au Maroc. « La marge d’EBITDA moyenne des opérateurs télécoms serait de 31% au niveau mondial et de 28% dans les pays émergents selon la base de données Damodaran ; alors qu’au cours des cinq dernières années, le groupe a enregistré une marge d’EBITDA consolidée variant autour des 52% après une stagnation sur la période 2014-2018 où elle s’établissait en moyenne à 49% », souligne CFG Bank.

Cette progression de la marge d’EBITDA du groupe a notamment été portée par la hausse de la marge sur les activités africaines qui est passée de 41,2% en 2019 à 44,1% en 2023. L’EBITDA au Maroc devrait légèrement décroître dans les années à venir, compensé par l’EBITDA en croissance dans les pays subsahariens. « In fine, la marge d’EBITDA consolidée devrait rester relativement stable en s’établissant à 52,3% en 2027, contre 52,7% en 2023. Profitant de la croissance de l’activité, l’EBITDA devrait augmenter selon un TCAM de 1,4% pour atteindre 20,4 MMDH en 2027″, précise CFG Bank.

Avec une meilleure dilution des charges de dépréciation et d’amortissement, l’EBIT consolidé devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2% sur la période 2023-2027. « Nous estimons que le RNPG ajusté d’éléments exceptionnels (provisions, dons, pénalités/amendes, etc.) devrait rester relativement stable à court terme et s’établir à des niveaux similaires à celui observé en 2023. En 2026, il devrait cependant profiter de la non-reconduction de la Contribution sociale de solidarité pour enregistrer un bond d’environ 400 MDH », note la société de recherche. La marge nette du groupe devrait se positionner à 17% en 2027 contre 16,6% en 2023, avec un RNPG ajusté qui devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2,1% sur la période 2023-2027.

Côté rétribution aux actionnaires, le groupe devrait afficher une amélioration du dividende par action dans les années à venir. « Il devrait croître selon un TCAM de 5,9% sous l’hypothèse d’un taux de distribution stable à 70%. Cette progression émane principalement de l’impact de certaines charges non récurrentes sur le RNPG en 2023, à savoir la provision de 500 MDH pour le litige avec Wana Corporate et le don de 700 MDH au profit du Fonds dédié à la gestion des effets du séisme d’Al Haouz, ainsi que la non-reconduction de la CSS en 2026 », conclut CFG Bank.

Le groupe note que ces prévisions peuvent être impactées par plusieurs facteurs, notamment le litige judiciaire entre Maroc Telecom et Wana Corporate.

D’ailleurs, ce mercredi 10 juillet ont été reprises par la presse des déclarations du management d’Etisalat, actionnaire majoritaire de Maroc Telecom à hauteur de 53%. Si le management a fait part de sa volonté de se conformer aux lois du pays, il déplore néanmoins un environnement réglementaire difficile qui « affecte négativement les perspectives d’avenir de nos investissements au Maroc ».

Débat sur l’emploi: Nizar Baraka et Chakib Alj devant l’Alliance des économistes istiqlaliens

A l’approche de son 18e congrès qui aura lieu du 26 au 28 avril 2024, l’Istiqlal vit un remue-méninges. 7 commissions thématiques ont travaillé sur le congrès et l’Aliance des économistes istiqlaliens a organisé une conférence sur la thématique Ô combien complexe de l’emploi. D’autres conférences devraient suivre sur les thèmes chers à l’Istiqlal et qui relèvent de son positionnement sur l’échiquier politique.

Ce parti est membre de la coalition gouvernementale et il n’est pas tombé dans le piège de la critique. Au contraire, en choisissant ce thème propice aux populismes, il n’a pas hésité à mettre en avant les inititiaves gouvernementales, tout en ajoutant ce que les orateurs du parti ont qualifié de propositions et pistes pour créer des emplois.

Avec sa voix douce et son ton didactique, Nizar (comme l’appellent les dirigeants istiqlaliens dans les conversations courantes) qui s’adressait à une salle conquise, a eu une approche constructive. Il a rappelé avec des mots objectifs, le pic de chômage de 2023, l’imputant, à raison, à la sécheresse qui a fait perdre 200.000 emplois dans le monde rural.

Parmi les mécanismes pour la création d’emplois figure la croissance. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes très loin des 6% de croissance annuelle fixés par le Nouveau Modèle de développement, ce qui impacte bien évidemment les opportunités d’emploi créées ».

Avec les avancées technologiques, le contenu de l’emploi dans le développement a régressé, souligne par ailleurs Nizar Baraka. « Un point de croissance permettait la création de 35.000 emplois. Aujourd’hui, il n’en crée que 20.000″, constate le secrétaire général de l’Istiqlal.

« Ces chiffres ont été enregistrés malgré les efforts fournis par le gouvernement : augmentation des investissements publics qui ont atteint cette année 330 MMDH, mise en place des programmes Awrach et Forsa, le dispositif d’exonération d’impôt sur le revenu durant les deux premières années de recrutement des entreprises… ».

Le ministre ajoute toutefois sur un ton confiant : « Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour savoir s’il est possible de dépasser cette situation. Nous affirmons, à cette occasion, que le Maroc a de fortes chances de dépasser cette problématique, notamment en profitant des changements à l’échelle mondiale (baisse de la natalité, pénurie de cadres qualifiés…) pour libérer le potentiel de la création d’emplois et exploiter les nouveaux gisements de l’emploi. Or, de nouveaux métiers, au niveau national comme international, se présentent aujourd’hui ».

Ce que veut dire Baraka, c’est que dans l’évolution du monde, et dans le contexte international, se présentent de nouvelles opportunités. Mais celles-ci, bien évidemment, ne fourniront pas une solution immédiate à l’impatience des chômeurs et au pic de chômage. Ce sont des dispositifs qui se mettront en place progressivement. Tout y est passé: les grands chantiers en prévision du Mondial 2030; le tourisme et les dizaines de milliers de lits supplémentaires prévus; l’offre hydrogène vert et les énergies renouvelables; le gaz et la feuille de route d’infrastructures gazières; les nouvelles technologies; la formation d’ingénieurs; le déclin démographique de l’Europe; le co-développement; l’intégration économique africaine…

« La nouvelle Charte de l’investissement et le produit Cap Access permettront d’accélérer la dynamique de création d’emplois » (Chakib Al Alj)

Présent également lors de la conférence- et c’est une première car il s’agit d’un parti politique, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a rappelé les messages du patronat. A juste titre, il a évoqué le problème de la compétitivité des entreprises et de l’économie marocaine: « Notre objectif est d’assurer une relance économique forte et pérenne, via la promotion de l’investissement productif et le renforcement de la compétitivité des entreprises nationales qui souffrent aujourd’hui des séquelles d’une conjoncture mondiale difficile, à laquelle vient s’ajouter une sécheresse sans précédent ». Il affirme que le patronat reste très optimiste, et rappelle CapAccess et la charte de l’Investissement, sans oublier le programme ambritieux d’investissements à l’horizon 2030. Le secteur privé veut atteindre l’objectif de 550 milliards de DH d’investissements d’ici 2026et d’une part des deux tiers pour l’investissement privé.

Mais « à la CGEM, nous attendons avec impatience le dispositif de la charte de l’investissement relatif aux PME ». Il évoque les zones industrielles, revient sur les TPME, le financement bancaire dédié aux PME qu’il qualifie de lent et difficile, la réduction des coûts des facteurs, la nécessaire libération de l’investissement dans la production électrique et la simplification des procédures. Pour le dialogue social, la CGEM « demande un dialogue équilibré, elle ne tient pas à tirer la couverture ». Concernant la formation professionnelle, « financée par les entreprises, celles-ci sont assez rares à pouvoir y accéder ». Le patronat, attend également, énième rappel, la loi organique sur la grève et les amendements du code du travail.

TGCC : de bonnes perspectives se dessinent

Le groupe TGCC a connu une forte ascension en bourse l’an dernier, après une année 2022 défavorable sur le marché boursier. En 2023, le cours de l’entreprise de construction a connu un fort redressement de près de 50%, pour terminer à 186 dirhams après avoir été introduit à 150 dirhams deux années auparavant.

La hausse du cours a d’abord été portée par les bonnes performances du groupe tant sur les revenus que la profitabilité. À fin septembre, le produit d’exploitation de TGCC progressait de 78% sur une année glissante à 4,9 MMDH. Le groupe affichait un carnet de commandes en progression de 13% sur la même période, à 7,4 MMDH.

Le groupe a également bénéficié d’un redressement de sa profitabilité, notamment grâce à l’accalmie sur les prix des intrants. À fin juin, les bénéfices progressaient de 30% à 122 MDH. Cette année, les perspectives s’annoncent encore encourageantes.

Dans son document de référence relatif à l’exercice 2022 et au 1er semestre 2023, publié en ce début d’année 2024, le groupe est revenu sur les perspectives dans le Royaume et à l’international.

Une stratégie tournée vers l’internationalisation

Déjà dans ses projections sur l’année 2023, le groupe notait « une baisse des tensions sur certains produits, en raison de la baisse de la demande à l’étranger et du repli des coûts de l’énergie ».

De fait, le groupe devrait connaître un allègement de sa chaîne d’approvisionnement et une amélioration de la production. En 2024, avec une inflation qui devrait s’orienter à la baisse, la situation devrait s’améliorer et bénéficier à l’industrie. Le contexte global est également positif avec l’annonce de grands projets d’infrastructure (ports, barrages), ainsi que les développements engendrés par la Coupe du monde 2030 qui devraient bénéficier à TGCC.

Le groupe dispose d’une stratégie de développement bien établie pour assurer sa croissance future. Cette dernière passe notamment par l’internationalisation. Entamée il y a dix ans, sa présence sera renforcée en Côte d’Ivoire d’ici 2025, et de nouveaux projets sont prévus dans la sous-région, ainsi qu’au Cameroun. Le groupe s’est plus récemment développé en créant une filiale en Guinée, en France et en Libye.

TGCC souhaite se renforcer dans les travaux publics

Dans son document relatif à l’année 2022 et au S1 2023, le groupe affiche sa volonté de diversifier ses activités pour garantir sa croissance et consolider sa position sur le marché. Cela passera par l’augmentation de sa présence dans les marchés de travaux publics. « Notamment les barrages, les ports et les ouvrages d’art », précise le groupe, tout en rappelant que « le nouveau plan stratégique 2020-2027 du ministère prévoit la construction de 20 barrages et 3 stations de dessalement de l’eau de mer, avec un coût de 115,4 MMDH ».

Ce renforcement dans les travaux publics permettra à TGCC d’avoir une plus grande empreinte à l’international, notamment au niveau de l’Afrique de l’Ouest où le marché dédié aux travaux publics est nettement plus important que celui du bâtiment.

« Ce développement se fera soit par croissance externe, si des opportunités d’acquisition de sociétés existantes se concrétisent, soit par création », explique le groupe.

Dans sa stratégie de développement, le dernier pilier après l’internationalisation et la diversification est la verticalisation. Une manière d’optimiser sa chaîne de valeur.

Une optimisation de la chaîne de valeur à travers des filiales dédiées

Le groupe a également pour objectif de développer l’intégration verticale dans le but d’améliorer la qualité de ses produits, notamment pour une plus grande maîtrise de la chaîne de valeur et une meilleure compétitivité pour les réponses aux appels d’offres, et pour une meilleure absorption de la rentabilité.

Le groupe, qui dispose de 4 filiales spécialisées, a récemment lancé Deco Excell, une filiale spécialisée dans les domaines de l’agencement, de la décoration, de l’aménagement et de la rénovation, venue enrichir son portefeuille de services.

« Au-delà des filiales déjà intégrées au sein du groupe, la direction stratégique de TGCC a poussé sa réflexion vers d’autres pistes de verticalisation. Il s’agit notamment des métiers des lots techniques (MEP), étant donné le volume critique qu’ils représentent pour le groupe », explique TGCC. In fine, cette stratégie à terme permettra au groupe de devenir une entreprise tous corps d’état. Une stratégie qui lui permettrait de mieux respecter le délai de livraison et la qualité des produits finis.

RCI Finance Maroc : émission obligataire de 100 MDH et redressement des bénéfices attendu cette année

Le 12 décembre, le groupe RCI Finance Maroc a annoncé que l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) avait visé une émission d’obligations subordonnées pour un montant de 100 MDH.

L’opération portera sur 1.000 obligations d’une valeur nominale de 100.000 dirhams à maturité 10 ans. Le taux d’intérêt facial est le taux plein 52 semaines (taux monétaire) déterminé en référence à la courbe des taux de référence du marché secondaire des bons du Trésor, telle qu’elle sera publiée par Bank Al-Maghrib le 15 décembre 2023, augmenté d’une prime de risque de 170 points de base.

La période de souscription s’étendra du 18 au 20 décembre inclus, et sera réservée aux investisseurs qualifiés de droit marocain.

Le but de l’opération sera notamment de renforcer les fonds propres réglementaires de RCI Finance, de renforcer le ratio de solvabilité de l’entreprise, d’optimiser son coût de financement et de financer son développement.

Mais que sait-on de la situation financière de l’entreprise ?

Une profitabilité en forte hausse à fin juin

Dans les derniers chiffres disponibles à fin juin 2023, le groupe affiche des indicateurs de performance en nette amélioration. Le PNB s’améliore de 12,8% à 215,1 MDH par rapport à la même période en 2022. Sur la période, la marge opérationnelle est en légère amélioration et s’établit à 3,57% contre 3,31% au premier semestre 2022.

Le groupe a vu son coût du risque globalement décroître, passant de 0,85% en 2022 à 0,65% à fin juin de cette année. Cette diminution tient en partie au retrait de près de 14% des dotations aux provisions à 41,2 MDH, qui « s’explique par la baisse combinée des reprises de provisions et récupérations sur créances amorties de 17,7 MDH entre S1-2022 et S1-2023 et des dotations aux provisions et pertes sur créances irrécouvrables de 24,4 MDH, malgré la hausse des autres dotations aux provisions de 12,7 MDH », indique le groupe.

In fine, le résultat net du groupe à fin juin dernier s’est bonifié de plus de 65% à 32,1 MDH, principalement porté par la hausse du résultat courant (+54,47%). La marge nette sur la période progresse de 4,75 points à 14,9%.

Un fort redressement du résultat net social attendu cette année

Adossé aux marques Renault et Dacia, le groupe RCI Finance Maroc anticipe une amélioration du nombre de contrats de financement, passant d’un peu plus de 19.000, à fin 2022, à 23.000 attendus d’ici fin 2023.

« RCI Finance Maroc prévoit un marché automobile de 178.000 unités (soit une hausse de + 10% par rapport au niveau du marché en 2022), avec des ventes constructeurs en hausse de 8,2%, à 65.280 unités », indique le groupe. Ce dernier ambitionne d’ailleurs de porter le taux d’intervention de financement sur immatriculations à 31,7% en 2023, contre 29,2% en 2022, dans un mix de vente qui devrait rester fortement orienté sur les entreprises.

Le résultat net social projeté sur l’année 2023 est attendu à 53 MDH contre 34,1 MDH l’an dernier.

Il convient de rappeler que le capital du groupe est détenu à 99,99% par RCI Banque.

LafargeHolcim Maroc : des perspectives intéressantes se profilent à moyen terme

Le marché national du ciment a connu plusieurs phases de croissance et de déclin durant les deux dernières décennies. Avec les grands chantiers nationaux initiés au début des années 2000 et le boom immobilier entre 2005 et 2011, le Royaume affichait une croissance de consommation annuelle moyenne de près de 8% sur la même période. S’en est ensuivie une période de déclin de 2012 à 2018, avec une baisse moyenne de la consommation annuelle de près de 3%.

Depuis le Covid, la demande de ciment évolue de façon plus instable, mais d’après les prévisions établies par la société de recherche M.S.IN, sur la période 2019-2027, la consommation de ciment devrait évoluer en moyenne de 3,4% par an. Une opportunité dont bénéficiera notamment le premier cimentier du pays LafargeHolcim Maroc. Le groupe devrait profiter de l’amélioration des conditions globales du secteur. La société de recherche anticipe une hausse de 22% de son cours à 2.281 dirhams.

Une conjoncture compliquée, mais des perspectives prometteuses

Malgré une conjoncture 2023 compliquée, avec une inflation encore élevée et des chantiers qui ont été arrêtés à la suite de la forte hausse des prix des matières premières, le groupe LafargeHolcim est parvenu à conserver des chiffres en bonne tenue à fin septembre. Alors que la demande de ciment baissait de 3,6%, le groupe a amélioré son chiffre d’affaires de 3% par rapport à la même période en 2022, à un peu plus de 6 MMDH.

Doté de la plus grande capacité de production parmi les cimentiers du pays, il pourra compter sur de nombreux chantiers nationaux et autres facteurs de croissance. M.S.IN anticipe un taux de croissance annuel moyen des revenus de 11,3% sur la période 2023-2027, pour atteindre 11,3 MMDH.

Le groupe pourra notamment « bénéficier du programme de reconstruction d’Al Haouz suite au séisme, mais aussi d’autres grands chantiers qui vont être lancés l’an prochain, comme le développement des infrastructures routières, hôtelières et sportives dans le cadre de l’organisation de la Coupe d’Afrique et de la Coupe du monde », nous indique une source du marché.

La valeur pourra, dans un troisième temps, bénéficier de l’entrain apporté par les aides au logement annoncées par le gouvernement dans son plan 2024-2028. « Cela impactera positivement la consommation et la demande en immobilier, qui lui-même capte la majorité du ciment consommé dans le pays », souligne notre interlocuteur.

Un redressement des marges à venir

Les cimentiers, et notamment LafargeHolcim Maroc, ont vu leur marge impactée l’année dernière, d’une part par la contraction du marché, mais aussi par la flambée des cours du pétrole qui a fait augmenter les coûts des intrants dans leur chaîne de production. Cela a affecté le petcoke, combustible phare des industriels cimentiers.

« La hausse des matières premières en général, durant les dernières années, a contribué à la baisse de l’activité sur les chantiers et de la demande en ciment. Désormais, le groupe devrait bénéficier d’une baisse des cours moyens du pétrole dans les prochaines années. De plus, il y a une reprise mondiale de la demande, depuis la baisse progressive de l’inflation et des matières premières », explique notre source.

Parallèlement, le groupe pourrait afficher une meilleure gestion de ses charges du fait de l’absorption progressive des coûts de l’usine d’Agadir. « Au fur et à mesure, le groupe réalisera des économies d’échelle et va monter en production pour atteindre 1,6 million de tonnes de capacité annuelle, qui permettront de limiter ses coûts ».

Sanlam Maroc : tour d’horizon du marché et des perspectives de l’assurance-vie

Le groupe Sanlam Maroc s’est vu décerner, le 15 février, le prix « Innovation Produit » des trophées de l’Assurance pour son offre Continuité scolaire. L’occasion de revenir avec l’assureur sur son activité d’assurance-vie, épargne et prévoyance, et de faire un état des lieux du marché et des perspectives d’évolution dans un environnement en mutation.

Le secteur se positionne pour profiter de la généralisation de l’AMO et d’un cadre favorable apporté par la loi de finances, dont les paramètres favorisent l’épargne à long terme. Médias24 est allé à la rencontre de Marouane Chraibi, Directeur Business Unit Vie & Bancassurance chez Sanlam Maroc, pour prendre le pouls du marché de l’assurance-vie et de ses perspectives d’évolution.

Un marché encore jeune où Sanlam souhaite innover

Aujourd’hui, l’assurance-vie au Maroc, tant sur l’épargne que la prévoyance, est un marché encore jeune qui dispose d’une grande marge de progression. A l’échelle nationale, l’activité compte pour près de la moitié du chiffre d’affaires global, nous indique Marouane Chraibi. Et cette part évolue d’année en année. « Aujourd’hui, l’assurance vie représente près de la moitié du chiffre d’affaires global de l’assurance au Maroc. À fin 2021 au Maroc, nous sommes à environ 23 MMDH pour un chiffre d’affaires global d’environ 50 MMDH. »

Si l’activité pèse de plus en plus, la majorité des revenus de l’assurance-vie proviennent de la bancassurance et pas des sociétés d’assurances elles-mêmes. « Ce chiffre d’affaires est cependant généré majoritairement par le canal bancassurance qui représente environ 70% du chiffre d’affaires global marché, et principalement via des produits d’épargne. Or, il est à rappeler que l’assurance-vie englobe le segment épargne et le segment prévoyance décès », précise Marouane Chraibi.

Les 30% restants sont générés par la vente en collectif à hauteur de 25% à 26%, et la vente individuelle à hauteur de 5% à 6%. C’est à ce niveau que Sanlam Maroc aimerait innover en diversifiant les produits d’assurance-vie et les canaux de distribution. « Nous explorons les gisements de vente en individuel. Nous avons dans ce sens une force de vente individuelle sur le terrain qui accompagne les clients et vulgarise les produits de prévoyance vie pour les commercialiser. Chez Sanlam Maroc, nous avons de fortes ambitions en prévoyance vie ; c’est un marché qui reste encore à développer. Rappelons-le, le taux de pénétration de l’assurance est de l’ordre de 4% ; en comparaison avec d’autres économies émergentes ou pays du Nord, nous disposons d’un taux encore faible », précise Marouane Chraibi.

Pour cela, le groupe a lancé un certain nombre d’innovations en 2021 et 2022, notamment le produit de continuité scolaire qui vient répondre aux besoins des parents d’assurer une scolarité à leurs enfants, quels que soient les aléas. « Nous avons également une innovation sur l’assurance décès emprunteur, Assur’Crédit. Ce type de produit se vend généralement à travers le canal bancassurance. Nous l’avons digitalisé et sommes en train de le vendre à travers un parcours numérique et simplifié. Cela permet d’avoir sa délégation bancaire en quelques clics et de payer en ligne. »

Ces initiatives et cette volonté de moderniser le secteur de l’assurance-vie ne sortent pas de nulle part. L’activité est en effet un relais de croissance important pour Sanlam Maroc, historiquement plus présent sur le secteur Non-Vie.

Comme l’expliquait à Médias24, en mai 2022, Yahya Chraibi, directeur général de Sanlam Maroc, la bonne progression de l’activité Vie « a été le fruit d’une stratégie particulièrement volontariste pour développer la prévoyance, dont la part a beaucoup augmenté dans notre portefeuille (que ce soit en bancassurance ou hors bancassurance) ». Il notait que ce secteur représentait un véritable potentiel de croissance profitable. « L’idée est de continuer à croître fortement mais sainement, en ayant une approche plus fine et ciblée de nos clients et marchés », disait-il.

Le groupe avait lancé en 2021 l’offre « Lwoqt ou Zmane », qui permet à l’assuré de « mettre sa famille à l’abri en cas de décès, sans que ce soit à ‘fonds perdus’ puisque, s’il ne subit pas de sinistre, il peut récupérer au bout de quinze ans toutes les primes qu’il a payées jusqu’alors », précisait Yahya Chraibi.

De nombreux facteurs favorisent le développement de l’assurance-vie

Actuellement, le secteur bénéficie de bonnes perspectives, apportées notamment par un environnement favorable à l’épargne à long terme. « Nous sommes cependant convaincus que le moment est propice pour développer l’assurance-vie, car les évolutions réglementaires qui sont en train de s’opérer ouvrent de nouvelles perspectives », estime Marouane Chraibi.

En effet, la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) est intéressante pour l’assureur, qui y voit un potentiel à capter. « C’est un marché qui reste à créer. Nous pensons que c’est le moment propice pour le faire, car il y a des discontinuités réglementaires qui sont en train de s’opérer. Il s’agit notamment de la généralisation de l’AMO, qui a intégré une grande population dans le portefeuille de la CNSS. Cette population devient de plus en plus sensible et développe un appétit pour la prévoyance vie », explique-t-il.

Cette appétence a notamment été catalysée par la crise sanitaire. « Le Covid a également sensibilisé de nombreux citoyens sur l’importance de l’assurance-vie. Nous remarquons un grand intérêt de la classe moyenne pour les produits d’épargne et de prévoyance », témoigne Marouane Chraibi.

De plus, le contexte fiscal actuel est devenu plus propice à l’épargne, notamment grâce à différents volets de la loi de finances 2023. « Les nouvelles dispositions de la LF 2023 touchent l’épargne d’un point de vue fiscal. Selon nous, ces mesures favorisent vraiment l’épargne à long terme, car il y a un abattement fiscal qui devient beaucoup plus intéressant, et un âge de départ à la retraite qui passe de 50 à 45 ans. Il y a une retenue de 15% non libératoire en cas de rachat précoce. »

Ces conditions fiscales avantageuses viennent compenser la perte de rendement connue sur les placements d’épargne, du fait de l’inflation. « Il n’y a pas que le rendement qui entre en jeu. Il s’agit d’une combinaison entre le taux de rendement et les avantages fiscaux », poursuit notre interlocuteur.

Le secteur peut aussi tabler sur une évolution règlementaire de ses activités, notamment en micro-assurance. « Il ne faut pas oublier le cadre juridique de la micro-assurance qui vient d’être mis en place et qui permet de cadrer les produits de micro-assurance et de faciliter leur distribution. Cela a un impact positif dans le cadre de l’inclusion financière. L’idée est d’offrir à une population n’ayant pas accès au système classique, des produits d’assurance-vie », souligne Marouane Chraibi.

« Désormais, il est important d’innover à la fois en termes de canal de distribution et de produit, et de travailler surtout sur la vulgarisation des contrats. » Cela passe notamment par des campagnes de communication, des capsules, son réseau de distribution, ses animateurs patrimoniaux et la digitalisation, pour les rendre accessibles au plus grand nombre et démarcher cette nouvelle cible. « Nous pouvons le faire à travers les partenariats avec différentes institutions, courtage ou en direct/individuel. Sans oublier bien évidement la bancassurance qui reste un canal important », conclut notre interlocuteur.