Les élus face à la justice : la liste s’allonge
Après avoir publié une première liste d’élus poursuivis ou condamnés par la justice, Médias24 s’est penché sur d’autres affaires concernant ces responsables et parlementaires.
Parmi elles, deux sont très récentes. L’une concerne l’arrestation puis le placement en détention préventive de Mohamed Karimine, député (PI) de la circonscription de Benslimane. Il fait actuellement l’objet d’une enquête approfondie par la Brigade nationale de la police judiciaire.
Bien que nous ne connaissions pas pour l’heure les chefs de poursuite officiellement retenus contre lui, Mohamed Karimine a été arrêté avec son présumé complice, Aziz El Badraoui, PDG du groupe Ozone et ancien président du Raja Club Athletic suite à une plainte déposée par un conseiller de la commune de Bouznika, que présidait Mohamed Karimine.
Le conseiller accuse l’ancien président communal d’exploitation illégale du domaine public. Il l’accuse également d’avoir octroyé un marché à Aziz El Badraoui, malgré un conflit d’intérêt et malgré le non-respect, par la société d’El Badraoui, des cahiers des charges à appliquer. Les détails de la plainte sont consultables ici.
Autre affaire récente : celle de Mohamed Aberkane. Le député USFP de Nador a été condamné à cinq ans de prison ferme et à 100.000 DH d’amende pour « corruption », « octroi d’attestations administratives à une personne qui sait ne pas en avoir le droit » et « octroi d’une exemption fiscale sans autorisation légale ». Le verdict est tombé le 6 février dernier.
Également condamné, Abdelilah Lafhal (RNI) a perdu son siège de parlementaire à la Chambre des conseillers. C’est suite à un courrier du ministre de la Justice adressé à la Cour constitutionnelle que celle-ci l’a déchu de son siège, dans le cadre de sa plus récente décision n° 228/24, datée du 6 février 2024.
La Cour constitutionnelle base sa décision sur des jugements à l’encontre de Abdelilah Laflah, l’un d’eux ayant acquis la force de chose jugée après que la Cour de cassation a rejeté son pourvoi en 2016. Cette décision porte sur une condamnation pénale fixée à un mois de prison avec sursis et une amende de 2.000 DH en premier ressort, augmentée à deux mois de prison ferme en appel.
Une décision de laquelle découle l’interdiction de se présenter à deux élections consécutives. Ce qui justifie, selon la Cour constitutionnelle, la déchéance de son siège.
Pas encore condamnés, deux PAMistes sont impliqués dans deux affaires pénales distinctes. Il s’agit d’Ahmed Touizi, président du groupe parlementaire à la Chambre des représentants, poursuivi pour dilapidation de deniers publics suite à une plainte déposée par l’Association marocaine de protection des deniers publics. La prochaine audience a été fixée au 1er mars 2024. Le second est Hicham M’hajri, député de la circonscription de Chichaoua, ancien président de la commission de Justice et ex-membre du bureau politique du PAM, duquel il a été suspendu en novembre 2022 dans le cadre d’une mesure disciplinaire.
Invité en 2020 à l’émission « Sans langue de bois » de MedRadio, le député expliquait que les faits qui lui sont reprochés portent sur « une opération administrative avec une institution constitutionnelle ». Ces faits lui sont reprochés dans le cadre de la direction de société et remontent à 2005. Depuis, l’affaire a connu plusieurs rebondissements jusqu’à être cassée et renvoyée par la Cour de cassation. Elle est désormais entre les mains de la Cour d’appel de Casablanca.

