L’inclusion des femmes rurales au Maroc peut générer un gain économique de 25,3 MMDH (HCP)

Le Haut-commissariat au plan (HCP) a présenté, mardi 25 mars à Rabat, les résultats de trois études portant sur l’autonomisation des femmes et leur intégration dans le marché du travail. Ces résultats ont été présentés lors d’une conférence-débat organisée par le HCP, en partenariat avec ONU Femmes et avec l’appui de la délégation de l’Union Européenne (UE), sur l' »Autonomisation des Femmes au Maroc : comprendre les défis pour mieux agir ».

Un gain de 2,2% à 3% du PIB

Ainsi, la première étude prend la forme d’un policy report analysant l’impact des politiques publiques en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation économique des femmes. Il s’agit d’un benchmark des effets de plusieurs mesures sur la participation des femmes à l’emploi, ainsi que de leur impact sur les indicateurs socio-économiques. À travers un nouveau cadre analytique, ce policy report évalue les politiques de réduction des écarts salariaux, d’amélioration de la productivité des femmes, de réallocation du temps des femmes entre tâches domestiques et professionnelles et de réduction des biais à l’embauche fondés sur le genre. L’étude met en évidence que les politiques isolées ont un impact limité et que seule une approche intégrée et cohérente peut produire des résultats significatifs.

La combinaison de plusieurs interventions dans un cadre politique cohérent permettrait d’accroître la participation des femmes de 9 points de pourcentage et d’augmenter le PIB de 3% en 2035 par rapport au scénario de maintien des mêmes tendances économiques et sociales.

S’agissant de la 2e étude, elle traite des coûts d’opportunité de l’autonomisation des femmes rurales, mettant en lumière les bénéfices socio-économiques d’une meilleure inclusion.

Cette étude porte un regard spécifique sur la participation des femmes à la vie économique en milieu rural. Celles-ci sont confrontées à des emplois non rémunérés, à un faible accès aux services de santé et d’éducation, ainsi qu’à des difficultés d’accès à la propriété et au financement.

L’étude fournit une analyse de la dynamique démographique et socioéconomique des femmes rurales à partir des données du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2024 et des enquêtes nationales sur l’emploi et modélise leur participation au marché du travail pour estimer le manque à gagner lié à leur autonomisation à l’aide de méthodes économétriques. Cette modélisation a révélé que l’inclusion de ces dernières pourrait générer un gain économique de 25,3 milliards de DH, soit 2,2% du PIB.

ODD et égalité des genres

La troisième étude a permis, quant à elle, de compléter un certain nombre d’indicateurs ODD (objectifs de développement durable), à partir des données issues de l’enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages 2022, notamment ceux relatifs aux droits fonciers, aux ressources économiques et aux soins de santé reproductive.

Elle a permis de mettre en évidence les liens entre les différents ODD liés à l’égalité des genres, soulignant leur interdépendance et la nécessité d’approches intégrées pour accélérer les progrès vers une égalité durable. Des avancées sur les indicateurs de genre contribuent directement à la réalisation des autres ODD, en renforçant la résilience économique et sociale du pays.

Les panels organisés dans le cadre de cette rencontre ont permis aux décideurs, aux experts et aux chercheurs de débattre des enjeux de l’inclusion économique des femmes, d’échanger sur les résultats des études mentionnées et d’approfondir la compréhension des dynamiques en jeu.

(Avec MAP)

ANALYSE. Fouzi Lekjaa relance le débat sur la sous-évaluation du PIB

Lors de sa rencontre avec les membres de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Fouzi Lekjaa a abordé plusieurs thématiques stratégiques pour l’économie nationale, marquant les esprits par des déclarations fortes à un moment où le débat se fait rare. Toutefois, celle qui a le plus capté l’attention concerne sa réflexion sur le Produit Intérieur Brut (PIB) marocain.

Selon le ministre délégué chargé du Budget, le PIB du Maroc est peut-être sous-estimé. Une déclaration qui, sans surprise, alimente les débats économiques et interroge sur les méthodologies de mesure.

Au-delà de la simple précision statistique, une éventuelle révision à la hausse du PIB aurait des implications majeures pour l’économie marocaine. En effet, un PIB recalculé à un niveau plus élevé réduirait automatiquement des indicateurs clés, tels que la dette publique en pourcentage du PIB ou encore le déficit budgétaire relatif. Ces ajustements mécaniques modifieraient favorablement la perception de la soutenabilité des finances publiques du Maroc, à la fois auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

Attendue en 2027 ou 2028, la prochaine réévaluation du PIB aboutira fort probablement à une révision à la hausseIl est à noter que, au-delà du débat économique, la réévaluation du PIB est un processus bien établi et reconnu dans les milieux économiques.

Dans le même sens, un économiste spécialisé en comptabilité nationale, contacté par Médias24, souligne que la réévaluation du PIB se fera automatiquement dès que l’année de base, actuellement fixée à 2014, sera mise à jour. En effet, tous les 7 ans, l’année de base change.

« Chaque changement d’année de base génère mécaniquement un changement du PIB en volume et en valeur. Techniquement, ce changement peut aboutir à une réévaluation à la hausse ou à la baisse du PIB. Mais généralement, au Maroc et dans le monde, il s’agit d’une réévaluation à la hausse ».

L’actuelle année de base du PIB est 2014. La prochaine sera 2022. Le processus a déjà commencé. Lorsque les calculs auront été achevés, vers 2027 ou 2028 selon notre estimation, toutes les années précédentes seront réévaluées mécaniquement.

Un débat épistémologique aux implications macroéconomiques majeures

L’hypothèse d’une sous-estimation du PIB anime depuis toujours les débats économiques. Certains estiment en effet que la mesure officielle – actuellement fixée autour de 150 milliards de dollars – ne reflèterait qu’imparfaitement la réalité économique nationale, laquelle pourrait se situer dans une fourchette de 180 à 200 milliards de dollars.

Cette divergence soulève une question importante : si cet écart existe, quels en seraient les déterminants ? Précisons d’emblée que le Haut-Commissariat au Plan (HCP), en charge des statistiques nationales, applique scrupuleusement les normes du Système de Comptabilité Nationale (SCN 2008) établi par les Nations Unies.

Une grande partie de l’économie informelle est prise en compte dans le calcul du PIBFace à la suspicion de sous-évaluation du PIB, la première explication spontanée pointe vers l’économie informelle. En réalité, l’informel fait l’objet d’une intégration méthodique dans le calcul du PIB marocain, conformément aux prescriptions méthodologiques internationales.

Ainsi, l’enquête menée par le HCP en 2013 a révélé que l’économie informelle représentait environ 11,5% du PIB marocain, contre 14,3% dans l’enquête de 2007 et 16,3% dans celle de 1999. Cela signifie que la part informelle de l’activité suit une tendance baissière. Il faut préciser que cette évaluation se fait chaque fois en dehors de l’agriculture. Dans ce secteur, 99% de l’activité est informelle, dans le sens où il n’y a pas de tenue de comptabilité (définition de l’informel). Donc, si l’informel représentit 11,5% du PIB en 2013, il faut ajouter 11 à 12% pour l’agriculture. Sa part était donc, à cette époque, de 23% du PIB environ.

C’est pour cela que d’autres sources avancent des chiffres oscillant entre 20% et 30% comme évaluation de la part informelle de l’économie.

De l’autre, l’OCDE estime que 67% de la main-d’œuvre marocaine opère dans ce secteur. Ces écarts notables dans les chiffres soulèvent une question : quelle est la véritable ampleur de l’économie informelle au Maroc ? Lorsqu’on se promène dans les rues de la médina ou dans les quartiers populaires, l’ampleur de l’informel semble dépasser les estimations les plus prudentes.

Les méthodologies de mesure, bien que conformes aux normes internationales, peinent à refléter pleinement la complexité de l’économie marocaine. Cette limite ne relève pas d’une faiblesse technique intrinsèque, mais plutôt d’un décalage entre des outils standardisés et un contexte économique marqué par l’hétérogénéité des acteurs, l’informalité persistante et des dynamiques socio-culturelles uniques.

À titre d’exemple, parmi les techniques complémentaires utilisées pour évaluer les activités informelles, le shadow pricing (ou valorisation indirecte des biens et services non marchands) figure souvent parmi les approches envisagées. Cette méthode consiste à attribuer une valeur monétaire à des productions non enregistrées, en se basant sur des indicateurs de substitution, comme les salaires moyens observés dans le secteur formel. Toutefois, son application au contexte marocain soulève des questions en raison de la subjectivité des référentiels, car la valorisation repose sur des hypothèses parfois arbitraires (ex. prix du marché formel), qui ne reflètent pas toujours les réalités locales, notamment celles liées à l’économie rurale.

L’économie non observée : au-delà de l’informel

Puisqu’une grande partie de l’économie informelle est déjà incluse dans le calcul du PIB, toute sous-estimation éventuelle de ce dernier ne pourrait provenir que de l’économie non observée. Celle-ci, bien distincte de l’informel traditionnel, englobe les revenus issus d’activités souterraines telles que la fraude fiscale, la prostitution, la contrebande, le trafic de drogues etc.

Si les enquêtes du HCP et les matrices de comptabilité nationale intègrent une partie de l’informel, leur capacité à quantifier les secteurs illicites évoqués ci-dessus reste limitée. Ce déficit de mesure pourrait, in fine, conduire à une sous-estimation du PIB, même si son ampleur exacte demeure sujette à débat.

Si certains éléments échappent aux calculs, cela crée des déséquilibres dans les statistiques de la comptabilité nationaleSelon notre interlocuteur, spécialiste en comptabilité nationale, bien que l’économie non observée échappe aux calculs directs, certains déséquilibres détectés lors des phases d’estimation permettent d’en appréhender en partie l’ampleur et de la réintégrer.

« Si l’informel est en grande partie pris en compte, l’économie non observée, comprenant notamment la fraude fiscale, la contrebande et d’autres activités souterraines, reste en dehors des estimations officielles. Toutefois, bien que ces activités ne soient pas directement intégrées aux comptes nationaux, elles peuvent se manifester indirectement à travers des déséquilibres dans les statistiques de la comptabilité nationale. Ces incohérences permettent alors d’identifier ce qui échappe aux calculs et d’en estimer l’ampleur », explique-t-il.

Pour mieux appréhender ce raisonnement, il est utile de se référer à la matrice de comptabilité sociale (MCS), qui regroupe l’ensemble des comptes nationaux et repose sur des équilibres en lignes et en colonnes. Ces équilibres assurent la cohérence entre les flux économiques, tels que la production, les revenus et les dépenses. Lorsqu’un déséquilibre survient, il peut révéler des données manquantes, des erreurs d’estimation ou l’existence d’activités non observées.

Par exemple, si la consommation des ménages, estimée à partir d’enquêtes de terrain, s’élève à 100 MMDH, mais que les transactions enregistrées dans les comptes nationaux ne totalisent que 90 MMDH, un écart de 10 MMDH pourrait refléter une partie de l’économie non observée. Cependant, ces écarts doivent être interprétés avec prudence, car ils peuvent également résulter de limites méthodologiques ou de décalages dans l’enregistrement des données.

Par ailleurs, notre interlocuteur estime que le PIB marocain est globalement bien évalué. « Le PIB marocain actuel est proche de la réalité, conformément aux normes internationales, notamment celles définies par le Système de Comptabilité Nationale (SCN 2008). », précise-t-il.

PIB : les méthodologies de calcul

Pour calculer le PIB, trois méthodes distinctes mais complémentaires sont utilisées. Chacune met en lumière une facette spécifique de l’activité économique, offrant aux décideurs une vision multidimensionnelle.

Voici une présentation et une explication de ces méthodes :

Cette méthode, dite par la valeur ajoutée, distingue la production brute de la richesse réellement générée. Elle évite le double comptage en soustrayant les consommations intermédiaires (matières premières, énergie, etc.) utilisées dans le processus productif.

PIB = Σ (Valeurs ajoutées brutes) + Taxes sur la production (TVA, droits de douane) – Subventions

A titre d’exemple, dans une économie agricole, une ferme produit du blé pour 100 MMDH. Mais elle utilise 40 MMDH en semences, engrais et tracteurs (consommations intermédiaires). Sa valeur ajoutée brute (VAB) est donc :
100 (production) – 40 (intrants) = 60 milliards.

Ensuite, l’État perçoit 5 MMDH de taxes sur la production et verse 2 milliards de subventions. La contribution finale au PIB devient :
60 + 5 – 2 = 63 milliards.

Cette méthode met en lumière la structure productive de l’économie et aide à identifier les secteurs moteurs de la croissance. Par exemple, elle peut révéler si un pays est dominé par l’agriculture, l’industrie ou les services.

Cette méthode agrège les dépenses des ménages, entreprises, État et étrangers. Elle répond à une question simple : Quelle est la structure des dépenses dans l’économie ?

PIB = C (Consommation) + I (Investissement) + G (Dépenses publiques) + (X – M) (Exportations nettes)

Exemple chiffré :

PIB = 600 + 200 + 300 + 50 = 1.150 MMDH.

Une consommation (C) élevée, signale une économie portée par les ménages. À l’inverse, un investissement (I) robuste, reflète une stratégie de long terme. De même, si les importations dépassent les exportations, cela réduit la contribution nette du commerce extérieur au PIB, comme c’est souvent le cas pour le Maroc.

Cette méthode traque la destination des richesses : qui gagne quoi ? Elle additionne les revenus générés par la production.

PIB = R (Salaires) + E (Profits et revenus mixtes) + (T – S) (Taxes nettes des subventions)

Exemple éclairant :

PIB = 600 + 300 + (150 – 50) = 1.000 MMDH.

Si les salaires (R) représentent 60% du PIB contre 30% pour les profits (E), cela suggère une distribution équilibrée. À l’inverse, un E (profit des entreprises) dominant peut signaler une concentration capitalistique, alimentant les débats sur les inégalités.

Par ailleurs, les trois approches reposent sur des concepts différents, mais elles mesurent une même réalité économique. En théorie, elles doivent aboutir à des résultats identiques, car elles représentent différentes façons de voir la même activité économique.

Toute divergence entre ces approches dans les statistiques nationales est ajustée par un « écart statistique ». Ces écarts sont fréquents, surtout dans les économies où les données peuvent être incomplètes ou difficiles à collecter, comme c’est souvent le cas pour l’économie informelle.

En conclusion:

-le PIB marocain n’est pas exact à 100%.

-les changements d’année de base, effectués tous les 7 ans, provoquent mécaniquement une réévaluation du PIB, toujours à la hause dans le cas marocain.

-une partie de l’économie n’est pas observée directement, c’est celle des activités illicites telles que la fraude fiscale, la prostitution ou le trafic de drogues. Elle est partiellement réintégrée en fin de calcul.

HCP : les sociétés augmentent leur contribution au PIB en 2022

Par cette noté publiée par le HCP, on apprend  que le secteur des sociétés (financières et non financières) a affiché une légère amélioration de sa contribution au PIB, passant de 43,7% en 2021 à 45,3% en 2022.

De son côté, la contribution des administrations publiques s’est établie à 16,1% du PIB. En revanche, celle des ménages et des Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) s’est située à 28,9% du PIB au lieu de 30% une année auparavant. Les impôts nets de subventions sur la production et les importations ont enregistré un recul de 0,6 point par rapport à 2021 pour atteindre 9,7% du PIB.

Hausse de 5,4% du RNBD

Selon la même note, le Revenu national brut disponible (RNBD) a connu une hausse de 5,4% en 2022 pour se situer à 1.436,1 MMDH. Cette évolution est due à la hausse de 4,9% du revenu brut disponible des sociétés (financières et non financières), de 5,3% pour les ménages et ISBLSM et de 6,2% pour les administrations publiques.

Ainsi, les contributions des secteurs institutionnels au RNBD se sont situées à 64,5% pour les ménages et les ISBLSM ; 20,2% pour les administrations publiques ; 15,4% pour les sociétés (dont 2,5% pour les sociétés financières).

Le revenu disponible brut (RDB) des ménages s’est accru de 5,2% pour atteindre 910,6 milliards de DH en 2022, au lieu d’une hausse de 9,2% enregistrée en 2021. La contribution de la rémunération des salariés à ce revenu a été de 46,5%. Le revenu mixte, y compris l’excédent brut du service de logement, a contribué au RDB des ménages à hauteur de 38,7% ; les revenus de la propriété nets, les prestations sociales et autres transferts nets à hauteur de 30,9%. Toutefois, les impôts sur le revenu et le patrimoine et les cotisations sociales ont contribué négativement à hauteur de 16,1%.

Le taux d’épargne des ménages s’est situé à 11,2%

Ayant évolué de 8,3% en 2022 contre 11,7% une année auparavant, la dépense de consommation finale des ménages absorbe 89,3% du revenu disponible brut des ménages. Ainsi, le taux d’épargne des ménages s’est situé à 11,2% en 2022. De leur côté, les transferts sociaux en nature ont évolué de 9,8% contre 11% en 2021. Par conséquent, la consommation finale effective des ménages a atteint 936,4 milliards de dirhams contre 863,4 l’année précédente.

Par habitant, le revenu disponible des ménages a atteint 24.833 DH en 2022 au lieu de 23.845 DH en 2021, enregistrant ainsi une hausse de 4,1%. Suite à l’évolution de 6,6% des prix à la consommation en 2022, le pouvoir d’achat des ménages s’est dégradé de 2,5 points après une forte hausse de 6,7 enregistrée en 2021.

L’épargne nationale, avec 356,1 MMDH en 2022, a régressé de 0,9% par rapport à l’année 2021. Les sociétés financières et non financières ayant contribué pour 60,8%, les ménages et ISBLSM pour 29,7% et les administrations publiques pour 9,5%.

Endettement massif des sociétés non financières et du secteur de l’Etat

Globalement, le besoin de financement de la nation a été de 46,9 milliards de DH en 2022 et a représenté 3,5% du PIB au lieu de 2,3% une année auparavant.

Pour couvrir leurs besoins de financement, les sociétés non financières (SNF) ont marqué une très forte augmentation des crédits bancaires. Ainsi, le flux net des crédits accordés aux SNF a enregistré 44,4 milliards de DH en 2022 contre 1,2 milliard de DH en 2021, représentant ainsi 34% et 2% de leurs engagements, successivement pour 2022 et 2021.

Concernant le secteur de l’Etat, les émissions du Trésor public dans le marché intérieur ont marqué une baisse remarquable, affichant un flux net de l’ordre 20,5 milliards de DH en 2022 contre 48,6 milliards de dirhams en 2021.

Baisse de l’endettement des ménages

L’endettement des ménages (y compris les entrepreneurs individuels) auprès des banques a marqué une baisse remarquable : le flux net des crédits est passé de 20,4 milliards de DH en 2021 à 16,3 milliards de DH en 2022.

En revanche, les dépôts ont enregistré une hausse massive, affichant un flux net de 89,6 milliards de DH en 2022 contre 38,9 milliards de DH en 2021, ce qui représente 95% et 63,3% de leurs avoirs respectivement.

Par ailleurs, les sociétés financières ont enregistré un accroissement important au niveau des crédits et des dépôts : le flux net des crédits accordés par ce secteur a atteint 87 MMDH en 2022 contre 34,2 MMDH en 2021. En parallèle, les dépôts auprès de ces établissements ont affiché un flux net de l’ordre de 177,5 milliards de DH en 2022 contre 102,5 milliards de DH une année auparavant

Au 2e trimestre 2023, la croissance économique reste en deçà des prévisions (2,3%)

L’arrêté des comptes nationaux établi par le HCP fait ressortir une croissance de l’économie nationale de 2,3% au deuxième trimestre 2023, au lieu de 2,2% durant le même trimestre de l’année précédente. 2022 avait été une année de faible croissance, avec un taux final de 1,3%.

Au cours de ce 2e trimestre 2023, les activités non agricoles ont affiché une augmentation en volume de 2,1% et celles du secteur agricole une hausse de 6,3%. Les activités non agricoles sont donc en ralentissement par rapport à l’année 2022.

Au total, la croissance économique au 1er semestre 2023 est seulement de 2,9% (comparativement au 1er semestre 2022), selon notre calcul.

Tirée par la demande extérieure, cette croissance a été réalisée dans un contexte de forte inflation et d’une amélioration de la capacité de financement de l’économie nationale, indique le HCP.

Une croissance économique soutenue par l’activité agricole

Après une forte baisse de 13,5% durant le deuxième trimestre de l’année 2022, la valeur ajoutée du secteur primaire en volume, corrigée des variations saisonnières, a augmenté de 6% durant la même période en 2023. Cette évolution s’explique par la hausse de l’activité de l’agriculture de 6,3% au lieu d’une baisse de 13,5% une année auparavant et de celle de la pêche de 0,5% au lieu d’une baisse de 14,6%.

La valeur ajoutée du secteur secondaire, en revanche, a réalisé une baisse de 2,8% au lieu d’une hausse de 0,1% durant le deuxième trimestre de l’année précédente. Ceci a été le résultat de la baisse des valeurs ajoutées :

– de l’industrie d’extraction de 9,4% au lieu d’une baisse de 7,5% ;

– du bâtiment et travaux publics de 2,8% au lieu d’une baisse de 1% ;

– des industries de transformation de 2,1% au lieu d’une hausse de 1,8% ;

– de la hausse de celle de l’électricité et eau de 1,4% au lieu d’une baisse de 1,5%.

La valeur ajoutée du secteur tertiaire, de son côté, a enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement, passant de 6,2% le même trimestre de l’année précédente à 4,4%. Elle a été marquée par la hausse de 2,3% des activités des Services immobiliers au lieu de 1,4% et par le ralentissement de celles :

– de l’hébergement et la restauration à 31,2% au lieu de 57,9% ;

– du transport et entreposage à 5,3% au lieu de 7,2% ;

– des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale à 5,1% au lieu de 6,1% ;

– des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale à 4,8% au lieu de 5,3% ;

– de la recherche et développement et des services rendus aux entreprises à 2,2% au lieu de 6,6% ;

– de l’information et la communication à 2% au lieu de 3,9% ;

– des services financiers et assurances à 1,2% au lieu de 6,6% ;

– du commerce et réparation de véhicules à 1% au lieu de 1,5%.

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu un net ralentissement à 2,1% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 4% le même trimestre de l’année précédente.

Dans ces conditions, et tenant compte de la baisse de 0,4% des impôts sur les produits nets des subventions, le produit intérieur brut (PIB) en volume a enregistré une hausse de 2,3% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 2,2% une année auparavant.

Aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 6,8% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 4,9% le même trimestre de l’année passée. De ce fait, la hausse du niveau général des prix a été de 4,5% au lieu de 2,7% une année auparavant. Aux prix courants, le PIB national a connu une hausse de 4,3% en 2022, dégageant une hausse du niveau général des prix de 3,1% au lieu 2,4% en 2021.

La demande intérieure en baisse

La demande intérieure continue à enregistrer des baisses de son taux d’accroissement en affichant une baisse de 0,2% au deuxième trimestre 2023 après une baisse de 1,6% la même période de l’année 2022, avec une contribution négative à la croissance économique nationale de 0,2 point.

C’est ainsi que l’investissement brut (formation brute de capital fixe, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs) continue à enregistrer des baisses de son taux d’accroissement en affichant un recul de 3,1% au deuxième trimestre 2023 après une baisse de 8,4% le même trimestre de l’année précédente, avec une contribution négative à la croissance de 1,1 point.

En revanche, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 0,4% au lieu de 0,3%, avec une contribution à la croissance de 0,2 point. Cette hausse très faible équivaut en réalité à une stagnation si l’on tient compte de la démographie. De même, la consommation finale des administrations publiques a affiché une augmentation de 3,1% au lieu de 4,9%, avec une contribution à la croissance de 0,6 point.

Contribution positive des échanges extérieurs

Les échanges extérieurs de biens et services ont, en contrepartie, dégagé une contribution positive à la croissance, se situant à 2,5 points au lieu d’une contribution positive de 3,9 points le même trimestre de l’année précédente. C’est ainsi que les exportations de biens et services ont affiché une hausse de 6,5% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 27,7%, avec une contribution à la croissance de 3 points au lieu de 9 points durant la même période de l’année passée. De leur côté, les importations de biens et services ont augmenté de 1% au lieu de 12,2%, avec une contribution négative à la croissance de 0,5 point au lieu d’une contribution négative de 5,1 points une année passée.

La capacité de financement de l’économie nationale s’améliore

Avec la hausse de 6,8% du PIB aux prix courants et l’augmentation de 1,2% des revenus nets reçus du reste du monde, le revenu national brut disponible a progressé de 6,4% au deuxième trimestre 2023 au lieu de 6% le même trimestre de l’année précédente.

Compte tenu de l’augmentation de 6,8% de la consommation finale nationale en valeur ,au lieu d’une hausse de 8,5% enregistrée une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 29,5% du PIB au lieu de 29,9%.

L’investissement brut (formation brute de capital fixe, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs) a représenté 27,9% du PIB au lieu de 35% durant le même trimestre de l’année précédente. Ce qui dégage une capacité de financement de 1,5% du PIB au deuxième trimestre 2023 au lieu d’un besoin de financement de 5,2% du PIB la même période de l’année précédente.