Bourse, OPCVM, OPCI, immobilier… : le point sur les rendements

Il existe plusieurs types de placements au Maroc, répondant à des stratégies d’épargne et d’investissement très différentes selon l’horizon choisi, court, moyen ou long terme.

Les rendements qui en découlent varient fortement d’un produit à l’autre : certains privilégient la sécurité et la liquidité, d’autres misent sur la performance et la prise de risque.

Pour optimiser son épargne, l’investisseur peut combiner plusieurs approches, en mixant placements prudents et dynamiques. Mais il n’existe aucune recette miracle, car chaque épargnant agit selon ses objectifs, son profil et son appétence au risque.

Pour mieux évaluer les rendements offerts par les différents supports au Maroc, Médias24 a croisé les données les plus récentes et sollicité plusieurs acteurs du marché.

L’objectif est de dresser une photographie fidèle des rendements moyens observés sur les cinq dernières années, tout en mettant en lumière les tendances qui se redessinent sur le marché des placements.

Le marché boursier

La Bourse de Casablanca affiche une hausse de près de 26% depuis le début de l’année 2025. Sur un horizon de cinq ans, la progression dépasse 80%, illustrant le potentiel de rendement élevé qu’offre ce segment pour les investisseurs disposés à accepter une certaine volatilité.

« La Bourse reste un levier d’investissement puissant, mais elle exige une approche sélective et une vraie discipline de gestion », explique un analyste de marché. « Les investisseurs doivent raisonner en termes de stratégie de long terme, de diversification et de tolérance au risque ».

« Si le rendement moyen annualisé du MASI ressort autour de 12% à 13% sur les cinq dernières années, il s’accompagne d’une volatilité bien supérieure à celle des produits de taux ou de l’immobilier. Par ailleurs, le marché actions se distingue par sa capacité à créer de la valeur sur la durée, mais il demeure exposé aux cycles économiques et aux comportements spéculatifs », explique le même analyste.

Les OPCVM : un éventail de rendements selon la stratégie et l’horizon

Les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) continuent d’occuper une place centrale dans les portefeuilles d’épargne au Maroc. Leurs performances reflètent la diversité des stratégies d’investissement, entre prudence monétaire et exposition aux actions.

Les fonds monétaires affichent un rendement moyen de 2,7% sur un an, tandis que les obligataires court terme (OCT) se situent autour de 3,4%. Ces produits, à faible volatilité, restent privilégiés pour les placements de trésorerie à court horizon.

Les fonds obligataires moyen et long terme (OMLT) enregistrent une performance moyenne de 7,1% sur un an et un rendement annualisé de 3,1% sur cinq ans.

« Les niveaux de taux observés depuis deux ans demeurent attractifs. La détente amorcée par Bank Al-Maghrib soutient les portefeuilles obligataires, notamment sur les maturités longues », explique un gestionnaire d’actifs.

Les fonds diversifiés, qui combinent actions et obligations, se distinguent par leur capacité à capter la hausse des marchés. Ils affichent 18,2% sur un an et environ 5,5% par an sur les cinq dernières années.

« Ces fonds offrent un bon compromis entre rendement et risque. Ils profitent de la dynamique boursière tout en conservant une composante obligataire qui limite la volatilité ».

Enfin, les fonds actions dominent largement le paysage. Leur performance atteint 34,6% sur un an, soit la meilleure progression du marché et environ 18,8% par an sur cinq ans, selon les rendements annualisés.

L’action reste la classe d’actifs la plus performante sur le long terme, mais aussi la plus exposée aux corrections de marché. Sur cinq ans, les fonds actions ont presque doublé, ce qui illustre la profondeur du rebond boursier.

Immobilier locatif et OPCI

« Le rendement locatif brut pour un appartement à usage résidentiel oscille en moyenne entre 5% et 8% par an », estime une source de gestion des actifs immobiliers.

Cette performance dépend fortement de la localisation du bien, et du rapport entre le prix d’achat et le loyer perçu.

« Dans les grandes villes comme Casablanca ou Rabat, un appartement bien situé rapporte rarement plus de 5% à 6% brut. En revanche, dans les zones périphériques ou dans certaines villes secondaires, on peut atteindre 7% à 8%, mais au prix d’un risque de vacance plus important ».

Pour évaluer la rentabilité réelle d’un investissement locatif, il faut déduire plusieurs éléments du rendement brut. Les frais d’acquisition, les charges de copropriété, d’entretien et de gestion, la vacance locative structurelle ainsi que la fiscalité sur les revenus locatifs.

« Quand on intègre l’ensemble de ces paramètres, le rendement net réellement perçu tourne plutôt autour de 3% à 4% par an. C’est un rendement raisonnable, mais surtout régulier, ce qui fait tout l’intérêt de l’immobilier dans un portefeuille à long terme ».

Sur un horizon de cinq ans, le rendement cumulé d’un placement locatif se situe entre 16% et 22%, selon les hypothèses retenues

« Autrement dit, un investissement d’un million de dirhams génère entre 160.000 et 220.000 DH de revenus locatifs nets sur cette période, hors éventuelle plus-value », poursuit notre source.

« L’immobilier n’est pas un produit de spéculation rapide. C’est un placement de construction patrimoniale, stable, tangible, et qui sert souvent d’ancrage de sécurité face à la volatilité des marchés financiers », conclut-il.

Par ailleurs, le secteur offre aussi d’autres portes d’entrée. Les investisseurs peuvent y accéder indirectement via le marché actions, notamment à travers des sociétés comme Aradei Capital ou Immorente Invest, spécialisées dans l’immobilier professionnel et qui rémunèrent régulièrement leurs actionnaires grâce à la distribution de dividendes issus de loyers commerciaux.

En ce qui concerne les OPCI, ce sont des placements de long terme, conçus pour générer des revenus réguliers à partir d’actifs locatifs : bureaux, commerces ou plateformes logistiques.

Leur horizon d’investissement est généralement de dix ans, même si les investisseurs peuvent souscrire ou racheter leurs parts deux fois par an, selon les dispositions prévues dans le règlement de gestion.

Leur modèle repose sur un équilibre entre performance, sécurité et liquidité, l’objectif étant de produire un flux de revenus stable tout en préservant la valeur du capital investi. Un gestionnaire de fonds souligne que la vocation première d’un OPCI est de « créer de la valeur à long terme à travers un immobilier structuré et professionnellement géré, offrant des rendements durables et maîtrisés ».

« En moyenne, le rendement locatif brut des actifs immobiliers intégrés dans les OPCI se situe entre 6% et 9%, selon les catégories d’immeubles et la qualité des locataires ».

Un placement en OPCI offre sur un horizon de cinq ans une rentabilité globale située entre 34% et 53% cumulés

« Le métal jaune reste une valeur refuge. C’est un placement qu’on peut intégrer dans une stratégie d’investissement à long terme, mais il ne faut pas en abuser. Accumuler trop d’or comporte ses propres risques, notamment en matière de sécurité ou de volatilité du cours », estime un autre gestionnaire interrogé.

L’or évolue aujourd’hui à des niveaux records, portés par les incertitudes économiques mondiales. « Cela reste un actif complémentaire, précise-t-il. En général, on recommande d’y consacrer entre 3% et 5% d’un portefeuille bien diversifié. Il est très difficile de prévoir son rendement et son évolution », poursuit le même gestionnaire.

Comptes sur carnet, dépôts à terme et bons du Trésor

« Les comptes sur carnet restent un placement de précaution plus qu’un produit de rendement. Sur les cinq dernières années, leur rémunération est restée particulièrement basse, autour de 1,8% en moyenne, avec un point bas proche de 1% en 2022″, explique une source de marché contactée par nos soins.

« Même lorsque les taux ont commencé à se redresser, l’ajustement sur les carnets d’épargne est resté très limité. En 2025, les taux se situent entre 1,9% et 2,2%, soit leur niveau le plus élevé depuis 2019. Mais c’est une amélioration symbolique car en termes réels, le rendement reste faible et à peine supérieur à l’inflation ».

« Dans ce cadre, les comptes sur carnet restent une épargne d’attente, pratique et sans risque, mais qui ne protège pas contre l’érosion du pouvoir d’achat ».

Concernant les dépôts à terme, ils restent un choix rassurant pour beaucoup d’épargnants. Ils permettent de placer son argent en toute sécurité, avec une visibilité claire sur le rendement, même si celui-ci reste modeste.

« Sur les cinq dernières années, la rémunération de ces produits s’est en effet située autour de 2,4% pour les dépôts à court terme et un peu moins de 2,7% pour ceux dépassant un an. Après plusieurs années de recul, une amélioration a commencé à se dessiner à partir de 2023″, ajoute notre interlocuteur.

« On a vu une petite tension sur les taux à partir de 2023. Les banques ont légèrement relevé leurs grilles, mais la hausse est restée contenue. En 2024, les rendements se sont stabilisés autour de 2,8% à 3% pour les dépôts d’un an, avant un léger repli observé depuis le début de 2025.

Sur cinq ans, en cumul, un compte sur carnet a généré à peine 9% de rendement, contre environ 13% à 15% pour les dépôts à terme, selon la durée et les conditions offertes par les banques

« Maintenant, si on parle du marché obligataire, il est globalement détendu. Sur le court terme, les bons du Trésor à un an se négocient autour de 2,2%, tandis que ceux à cinq ans s’établissent à environ 2,5%. Les maturités à dix ans affichent un rendement proche de 2,8%, et la courbe se redresse progressivement pour atteindre 3,3% sur vingt ans et 3,7% sur trente ans ».

« Les conditions d’émission sont restées confortables depuis le début de l’année », indique notre interlocuteur. « La demande des investisseurs institutionnels demeure forte, ce qui permet au Trésor de financer ses besoins sans exercer de pression sur les taux ».

Malgré des performances notables, voici pourquoi le secteur bancaire décolle peu en bourse

Le secteur bancaire affiche une bonne dynamique de croissance et des résultats en bonne forme depuis plusieurs mois. En 2023, les banques de la place ont enregistré des niveaux de croissance importants. À titre d’exemple, Attijari a affiché une amélioration de son RNPG consolidé de 23% à 7,5 MMDH, tandis que BCP a enregistré un résultat net consolidé de 4,1 MMDH en progression de 17%, et Bank of Africa une hausse de 16% de son RNPG à 2,7 MMDH.

Les résultats affichés sont également très encourageants au premier trimestre 2024 de la part des bancaires. Cependant, l’indice affiche en bourse une hausse de 11,5%, en légère sous-performance par rapport au MASI qui a pris 12,6% sur la période [à la mi-séance du 23 juillet, ndlr].

Un secteur qui est actuellement peu cher au vu de ses performances

L’indice traite d’ailleurs à des niveaux historiquement bas, comme l’a expliqué la société de recherche Attijari Global Research dans une noté diffusée le 16 juillet dernier. « Nous relevons un niveau de spread assez ‘atypique’ qui s’écarte de la tendance normative observée au cours des quinze dernières années », explique AGR dans sa note, soulignant que le MASI traite à un P/E ajusté de 19,1x ses bénéfices, alors que l’indice Banques traite à 15x.

In fine, AGR anticipe une forte progression du secteur à moyen terme. « Nous anticipons une performance cible du secteur bancaire en Bourse de +20% sur le MT. Une telle progression permettrait le retour du secteur bancaire coté à un P/E cible de 18x équivalent à un ratio de 0,91 par rapport au P/E moyen de l’indice MASI », précise la société de recherche dans sa note.

Cette reprise en bourse à moyen terme serait principalement conduite par une capacité du secteur à surperformer la cote en terme de croissance des bénéfices. AGR note également « le redressement continu du ROE des banques sur la période 2021-2025E, passant de 8% à 11,4%. Cette amélioration de la rentabilité financière du secteur bancaire ne s’est pas encore totalement reflétée sur l’évolution de son P/E ».

D’ailleurs, dans une note récente diffusée le 22 juillet par l’agence de notation américaine Fitch Ratings, une croissance des bénéfices de 15% à 20% est attendue pour le secteur bancaire marocain sur la période 2024-2025.

Cependant, en bourse, le secteur ne croît pas comme il le devrait.

Les OPCVM peuvent difficilement tirer le secteur à la hausse

Malgré le fait que le secteur bénéficie d’un potentiel de croissance important, cette dernière ne s’est pas encore matérialisée. Cela provient notamment du fait que les OPCVM ont un cadre réglementaire à respecter et des allocations à ne pas dépasser. Pour une source du marché, « le secteur bénéficie d’un momentum positif car le P/E est très en dessous du marché, ce qui justifie un potentiel de rattrapage significatif. Est-ce que cela est réalisable sur le marché ? C’est une autre question. Nous sommes déjà sur des maximums au niveau des allocations OPCVM ».

C’est notamment le cas concernant Attijariwafa bank. Aujourd’hui, la valeur pèse plus de 18% du MASI à elle seule, et la règlementation en vigueur fait que les OPCVM ne peuvent pas la pondérer à plus de 20% de leur portefeuille.

Un gestionnaire de la place nous indique que « le cours peut difficilement progresser, sauf si les institutionnels accélèrent leurs achats sur la valeur. Mais par la suite, les OPCVM seront contraints. Imaginons que la valeur progresse et qu’elle se mette à peser 25% du MASI. De fait, les OPCVM seront structurellement en sous-performance sur ce titre ».

Pour cette même source, la croissance globalement faible des autres bancaires en YTD vient du fait qu’Attijariwafa bank est la locomotive du secteur. « Tant qu’Attijari ne monte pas, il n’est pas stratégique de se positionner sur les autres bancaires, d’autant plus qu’en termes de P/E, Attijariwafa bank est la plus attrayante en termes de valorisation », poursuit notre interlocuteur.

Pour notre source du marché, la libération du potentiel de croissance du secteur en bourse pourrait se faire à travers du cash frais provenant des institutionnels. « Pour initier des arbitrages en faveur du secteur bancaire, c’est difficile avec les quotas en place. S’il y a du nouveau cash dans la filière de la gestion d’actif, en revanche, ce sera possible grâce à la libération d’un certain potentiel », conclut notre source.

Obligations, actions, immobilier… Round-up des meilleurs placements en 2024

Le contexte économique s’inscrit désormais dans un contexte inflationniste baissier. Les rendements réels des placements ont été pour certains dans le négatif pendant près de deux ans mais, avec une inflation qui s’est terminée à 3,4% au mois de décembre 2023 en glissement annuel et des perspectives de décrue sur le reste de l’année 2024, les épargnants devraient bénéficier d’un cadre plus favorable.

Si ces derniers ont une multitude de choix pour investir leur épargne, quels sont les placements les plus recommandés en 2024 ?

Premièrement, il n’y a pas de recette miracle et les stratégies de placement doivent respecter la volonté des épargnants. Certains optent pour du court terme, d’autres pour du long terme, certains ont une appétence au risque, d’autres pas.  Tout est question d’horizon de placement et de profil d’investisseur. Pour se faire une idée des tendances qui se dessinent, Médias24 a sollicité l’expertise d’une filiale d’investissement et placements d’un des groupes bancaires de la place. Voici ce qu’il en ressort.

L’OMLT 5 ans procure en moyenne 3,5% de rendement

« Ce que le client qui entre sur une classe d’actifs doit définir en premier, c’est son horizon de placement. S’il souhaite investir sur trois mois, inutile d’aller chercher de l’action. S’ensuit ce que cherche le client et son aversion au risque », nous explique-t-on. Voici pour les fondamentaux. Voyons les classes d’actifs.

Le resserrement monétaire de Bank Al-Maghrib a fait bondir les taux obligataires depuis la fin de l’année 2022. On observe désormais une détente, dans un contexte international de stabilisation des taux directeurs. Les taux obligataires demeurent toutefois encore attractifs pour les investisseurs, à des niveaux non observés depuis dix ans.

« Les niveaux de taux que l’on retrouve aujourd’hui sur l’obligataire sont des niveaux qui n’ont pas été vus depuis 2014-2015. Les espérances de performances sur les trois ou cinq prochaines années sont bien supérieures à ce qu’elles étaient il y a dix ans. L’environnement est globalement favorable. Le resserrement monétaire est arrêté au niveau global et il y a des anticipations de baisse. L’inflation baisse, ce qui favorise une baisse des taux, et cela est favorable pour tous les marchés que ce soit obligataire, actions ou diversifié », explique notre interlocuteur.

Pour un investissement globalement sécurisé, notre gestionnaire préconise les placements Obligations moyen, long terme (OMLT). « Ce que nous privilégions en termes de classe d’actifs sur du moyen, long terme, c’est généralement de l’OMLT si l’aversion au risque est élevée », explique-t-il. En revanche, s’il y a volonté d’investir sur une durée supérieure à trois ans, « le diversifié est plus approprié, surtout que l’on est dans une phase prévue d’investissements importants de l’État et du secteur privé dans le sillage de la Coupe du monde. Cela va être favorable au marché action », poursuit notre gestionnaire d’actifs.

En général, un placement monétaire entre trois mois et une année peut générer 3% de rendement. « Pour l’OMLT, plus la durée s’allonge, plus l’incertitude augmente. En moyenne, un OMLT avec une duration de cinq ans rapporte 3,5%« .

Sur le plus long terme, le diversifié et le marché actions sont intéressants

Généralement, les placements sur le marché actions peuvent s’avérer plus rémunérateurs, bien que plus risqués. C’est notamment le cas avec les fonds diversifiés qui allient obligataire et action. « Pour un diversifié au-delà de trois ans, cela peut générer, selon les stratégies, entre 4% et 5%. Pour l’action, on peut atteindre au-delà de 6%, mais généralement, on parle d’un placement d’une durée supérieure à cinq ans », explique notre source.

Au-delà de cinq ans, cela demeure souvent le meilleur choix en termes de performance. « Le marché action est généralement le meilleur choix sur ce type de duration, avec un rendement qui peut atteindre de 6% à 8%. C’est ce que les performances génèrent en moyenne, tous secteurs confondus. On peut avoir une thématique de croissance ou de rendement… Tout dépend de l’objectif du client », poursuit notre source.

Les investisseurs sont également friands d’immobilier et de placements moins classiques. L’or, par exemple, a été un placement juteux pour plusieurs investisseurs au cours des quatre dernières années. En effet, entre début 2019 et aujourd’hui, le cours de l’once d’or a progressé de 53% à 2.023 dollars l’once.

L’immobilier cyclique mais attrayant, l’or à investir avec parcimonie

Bien que le métal jaune joue régulièrement son rôle de valeur refuge, il n’en reste pas moins un investissement volatil. Cependant, il est pris en compte par certains gestionnaires. Mais étant donné le risque de volatilité du cours, une petite poche d’investissement seulement est recommandée. « L’or est un produit alternatif qu’il faut intégrer. Il faut le considérer légèrement dans l’allocation globale de l’investissement. Généralement, ces allocations sont comprises entre 3% et 5%. Il n’y a pas de rendement, et l’évolution est difficilement prédictible », explique notre gestionnaire.

L’immobilier est apprécié du marché. Il est considéré comme tangible, concret. Cependant il peut être très varié, du fait qu’il existe plusieurs types d’immobilier. « Si vous disposez d’un actif immobilier et que vous y vivez, vous êtes déjà bien exposé à l’immobilier. Vous avez mobilisé votre épargne dans un investissement intéressant. Vous avez un actif, vous épargnez dedans », explique notre source.

Si acheter en propre pour de la location peut être intéressant sur le long terme, d’autres critères doivent être pris en compte. « On parle ici de la liquidité du placement, des impôts… beaucoup de choses peuvent limiter l’attrait pour certains investisseurs. Il faut diversifier », estime notre gestionnaire.

Mais le secteur peut également être investi à travers les opérateurs du secteur. En somme, cela revient à miser sur le marché actions. « Les investissements dans l’immobilier peuvent également se faire à travers le marché actions, notamment auprès d’Aradei Capital et d’Immorente Invest qui font de l’immobilier professionnel et rémunèrent convenablement les investisseurs. Les entreprises qui font de la promotion immobilière ont connu une évolution erratique entre 2008 et aujourd’hui. C’est assez volatil, cela suit les cycles économiques », conclut-il.

Notons que depuis le début de l’année seulement, l’indice ‘MASI Participation et promotion immobilières’ affiche une progression de 20,7% contre 4,4% pour le MASI.

Salon de l’épargne : l’OPCVM, idéal pour investir l’épargne grand public

L’épargne est un sujet qui intéresse de nombreux individus en quête de donner un sens à leur argent ou de préparer leur avenir ou celui de leurs enfants. Ce vendredi 3 novembre, nos confrères de Finances News Hebdo et Boursenews organisaient le premier Salon de l’Épargne au Hyatt Regency de Casablanca.

Une occasion pour des particuliers de venir se renseigner et rencontrer des grands collecteurs d’épargne, banques et assurances pour venir y découvrir les offres disponibles afin d’effectuer des placements intéressants.

L’événement a également donné la possibilité d’assister à des conférences sur cette même thématique et de découvrir les meilleurs moyens d’investir qui s’offrent au citoyen. L’un de ces moyens d’investissement d’épargne a été abordé par Reda Hilali, directeur général de Wafa Gestion et actuel président de l’ASFIM. La thématique abordée par le gérant était « L’épargne programmée : planifier aujourd’hui pour sécuriser demain ».

De l’importance d’épargner, surtout en temps inflationniste

Le premier constat dressé par Reda Hilali est que l’épargne est faible au Maroc. Le Marocain, en plus d’épargner peu, épargne sporadiquement. Une habitude qui mine la performance de son portefeuille. En plus de cela, il a une appétence limitée pour le risque.

Or, l’épargne a son importance et le directeur de Wafa Gestion en a profité pour prodiguer quelques conseils aux particuliers qui recherchent les meilleures solutions pour financer leurs projets, qu’ils concernent l’immobilier, les études de leurs enfants ou leur retraite. Notamment par le biais de l’investissement. La question étant : comment profiter de la pertinence du marché de façon optimale ?

« Un argent non investi perd son pouvoir d’achat. Nous l’avons bien vu au cours des 18 derniers mois avec l’inflation. Forcément, l’épargne oisive perd son pouvoir d’achat, d’où l’intérêt de pouvoir investir son épargne », explique Reda Hilali.

Pour cela, un épargnant dispose de plusieurs options dont la bourse, à savoir sortir directement sur les marchés avec des produits en ligne qui permettent à tout un chacun de pouvoir investir. Cependant, cela requiert un certain niveau de connaissance, d’analyse pour pouvoir faire les bons choix. L’option la plus pratique reste l’OPCVM, l’organisme de placement collectif en valeurs mobilières. Une solution plus pratique qu’un accès direct à la bourse.

L’OPCVM, le véhicule idéal pour l’investissement de l’épargnant 

Avant l’investissement d’une partie de son épargne sur le marché, un grand nombre de questions doivent être posées. « Premièrement, quel est notre profil de risque ? A-t-on le temps d’analyser le marché ou la valeur sur laquelle on souhaite investir ? Quelle est sa politique de distribution ? Est-ce le bon moment d’investir sur le marché ? Beaucoup d’investisseurs particuliers investissent directement en Bourse, mais pour le grand public, ce n’est probablement pas la meilleure option« , souligne de DG de Wafa Gestion.

Un OPCVM permet en somme de sous-traiter l’effort de connaissance de marché nécessaire à la réalisation de l’investissement. C’est une délégation du processus à des professionnels. « Quand un épargnant investit dans un OPCVM, il fait partie d’un ensemble d’investisseurs qui a plus de pouvoir pour négocier de meilleurs frais de transactions. De plus, on confie ce portefeuille à des gens qui ont le temps, l’énergie, les équipe et l’expérience pour analyser le marché et prendre les bonnes décisions, ce que l’on n’a pas nécessairement le temps de faire en tant que particulier », poursuit-il.

L’OPCVM permet également d’avoir de fait un investissement diversifié, qui fait partie des fondamentaux de l’investissement. De plus, les OPCVM sont des véhicules liquides qui permettent au particulier de retirer son argent quand bon lui semble.

Au-delà de ça, l’industrie pèse lourd. Près de 573 MMDH sont investis à travers ces véhicules, soit 40% du PIB national, dont plus de la moitié (52%) détenus par les institutionnels. « Cela représente un gage clair de fiabilité et de professionnalisme », note Reda Hilali. Parallèlement, il faut préciser que les particuliers ne détiennent que 7% des parts d’OPCVM. Une marge de progression existe bel et bien.

Mais désormais, comment bien investir ? Faut-il tout miser d’un coup ? Y aller progressivement ? À cela, Reda Hilali donne des réponses.

L’investissement fructueux est un exercice qui implique une grande discipline

L’investissement est une chose, mais l’investissement régulier en est une autre. Pour le DG de Wafa Gestion, « à partir du moment où l’investissement est fait de façon automatique, régulière et disciplinée, vous n’avez pas grand-chose à craindre même sur des actifs volatils. Mais il faut une discipline militaire. Par exemple, investir le même montant chaque mois, une méthode appelée le Dollar Cost Averaging, qui a prouvé sur plusieurs décennies que cela paie, permet de limiter les baisses de façon importante et est adapté au plus grand nombre », explique-t-il.

Un investissement régulier sur une durée longue connaîtra des cycles de marché, à la hausse comme à la baisse. « La régularité et la discipline permettent de profiter des phases de hausse, puis quand ça baisse, cela peut représenter un bon point d’entrée. Cela permet aussi de prendre d’avantage de risque. Je pense qu’étant donné la structure des placements que l’on voit, dominée par les produits de taux, nous ne prenons pas suffisamment de risques, probablement à tort », explique Reda Hilali.

Plusieurs produits existent pour faire des investissements intéressants comme les assurances-vie en unités de comptes. Mais la discipline fait le succès. Le DG de Wafa Gestion a présenté des résultats de simulations le démontrant. « Nous avons fait des simulations classiques basées sur un investissement de 1.000 dirhams par mois pendant dix ans. Au bout de dix ans, que se passe-t-il ? Nous avons pris des simulations sur les vingt dernières années dépendant des profils avec une appétence au risque et avec une aversion au risque », explique-t-il.

Il s’avère que sur des investissements orientés exclusivement sur des produits taux, peu risqués et qui rémunèrent assez peu, le gain médian à terme se situe autour de 27,8%. Si ces investissements identiques en termes de montant et de durée sont orientés sur des produits plus à risque avec une balance 50% obligataire et 50% action, le gain médian va grimper à 32%. « En investissant de manière régulière, quelle que soit la période que l’on prend sur le marché marocain de 2004 à maintenant, quoi qu’il arrive, les gains augmentent en prenant plus de risque », conclut-il.

Sociétés de placement immobilier : des rendements résilients attendus cette année

L’indice boursier « Masi. Sociétés de Placement Immobilier » a bien résisté aux aléas de l’année 2022. Alors que le Masi baissait de près de 20% sur l’année, l’indice reculait d’à peine 3%. Il est composé de Immorente Invest, Aradei Capital et Balima.

Pour appréhender les perspectives 2023 de cet indice, nous nous focaliserons uniquement sur les deux premières valeurs, Balima étant une petite capitalisation et un titre très peu liquide, qui a traité sur 47 séances en 2022 sur un total de 254.

Dans une conjoncture pour le moins incertaine, marquée par une inflation encore présente et les effets d’un resserrement monétaire amorcé fin 2022, le secteur peut-il représenter une bonne opportunité d’investissement ?

Une croissance bien présente et durable pour Aradei Capital

La foncière Aradei Capital affiche un plan de développement ambitieux et des revenus en croissance, d’après les derniers chiffres présentés à fin septembre 2022. Les revenus progressaient de 15,6% à 351,2 MDH, portés principalement par l’amélioration du périmètre constant de la foncière, mais aussi par l’élargissement de ce dernier grâce à la nouvelle clinique d’El Jadida et l’OPCI Cleo-Pierre.

« Les revenus du groupe devraient croître au cours des prochaines années. Pour l’année 2023, on sait que le dividende au titre de l’année 2022 devrait rester au même niveau que celui de l’année précédente, d’après les annonces du directeur général lors de la présentation des résultats du T3. Nous anticipons un dividende similaire à 18,1 dirhams ou 18,2 dirhams par action au titre de 2022 », nous indique un spécialiste du marché.

Le groupe a opéré une augmentation de capital en 2022, ce qui signifie qu’un nombre supérieur d’actions est à rémunérer. « Malgré une hausse du capital et une entrée d’actionnaires supplémentaires, le groupe est apte à distribuer un niveau similaire à l’année précédente. Ce qui veut dire que les actionnaires historiques ne seront pas pénalisés par l’opération », souligne notre source. Cela est notamment le résultat de la hausse attendue du FFO en 2022.

En 2023, d’un point de vue opérationnel, le groupe bénéficiera de différents leviers de croissance, notamment des effets de base positifs du fait de l’augmentation du périmètre. Dans le cadre de son partenariat avec Akdital, deux nouvelles cliniques doivent être ouvertes en 2023. De plus, le groupe bénéficie des loyers des cliniques livrées en 2022 sur une année pleine. En plus de ces effets, le groupe bénéficiera de certaines augmentations triennales de loyers, dépendant de ce qui a été négocié avec ses locataires. L’activité connaît donc une croissance pérenne et un versement de dividendes satisfaisant, du fait que légalement, le groupe doit distribuer au minimum 85% de son FFO à ses actionnaires.

Pour l’autre valeur de l’indice, Immorente Invest, le rendement versé aux actionnaires devrait rester très satisfaisant en 2023.

Immorente Invest offrira toujours un rendement sûr

Depuis qu’elle est cotée en bourse, la valeur pierre-papier a toujours été connue pour distribuer un dividende à fort rendement, bien au-dessus de la moyenne du marché. « Le groupe fixe un objectif de rendement. Il est généralement de l’ordre de 6% ou 6 dirhams par action, prenant en référence un cours de 100 dirhams. Ils devraient rester aptes à distribuer entre 5,5 dirhams et 6 dirhams par an dans les prochaines années »,  explique une source de la place.

Le groupe se rapproche de l’idée du versement de loyers à ses actionnaires, en leur livrant trimestriellement des dividendes. En 2022, il a affiché une stagnation de son chiffre d’affaires à fin septembre à 50,4 MDH, notamment du fait de la fin de certains baux, et a entraîné un recul du taux d’occupation.

Dans son communiqué sur ses résultats trimestriels, le groupe indiquait que cette baisse du taux d’occupation était prévue et qu’il anticipait de nouveaux baux à conclure dans les actifs vacants. D’après notre source, « cet impact est limité, dans le sens où le taux d’occupation ne devrait baisser que de quelques points. Il demeure à 90% voire au-delà en 2022 ; ce n’est donc pas une baisse importante pour le groupe ».

Immorente bénéficie également d’une forte situation financière en étant totalement désendettée avec un ratio Loan to Value de 0%. En l’absence d’investissements annoncés cette année et en raison de la qualité de ses actifs à louer, généralement dédiés à de grands groupes internationaux et industriels, le groupe dispose de tous les atouts pour verser un dividende stable à haut rendement. « Il y a une certitude des revenus, qui est rassurante, et qui est représentée par les baux signés entre les locataires et la foncière. Ils sécurisent les revenus locatifs sur une période locative assez longue, généralement 3-6-9 », conclut notre source.