Urbanisme. L’arrondissement du Maârif a adopté son plan d’aménagement

Le conseil de l’arrondissement du Maârif a tenu le vendredi 31 octobre 2025 une session extraordinaire, avec un point unique relatif à l’adoption du plan d’aménagement urbain du Maârif.

Dans le cadre des attributions de la commune en matière d’urbanisme édictées notamment par l’article 235 de la loi 113-14 relative aux communes, cette session permet au conseil de l’arrondissement de donner son avis sur l’établissement, la révision ou la modification de ce document d’urbanisme.

À cet effet, en présence du représentant de l’Agence urbaine, les élus ont exposé l’ensemble de leurs remarques et questionnements sur ce projet avant d’adopter à l’unanimité le projet de plan d’aménagement, avec la nécessité de prendre en compte l’ensemble des oppositions des citoyens.

De leur côté, une dizaine de citoyens de Derb Ghallef ont assisté à cette session, craignant leur relogement forcé en raison de rumeurs liées au projet de la rénovation urbaine prévue dans leur quartier.

Précédemment, nous avons détaillé le projet de ce nouveau plan d’aménagement, mettant en lumière ses principales composantes projetées : projets d’équipements urbains, nouvelle zonation, le ressort du marché de Derb Ghalef, le changement de zoning de certains quartiers…

Les recommandations de la commission de l’urbanisme

Clôturée le 10 octobre 2025, l’enquête publique a fait l’objet de 301 remarques et oppositions de la part des citoyens, comme l’a précisé le président de l’arrondissement Abdessadeq Mourchid.

À la conclusion de cette enquête publique, la Commission de l’urbanisme et de l’environnement s’est réunie le 29 octobre 2025 pour discuter des propositions des citoyens et des élus, et déterminer dans quelle mesure ce projet répond aux besoins des habitants, et ce, dans le cadre du processus d’émission d’avis par la Commission.

Derb Ghallef au cœur des débats

À cet effet, Mostafa Haiker, en sa qualité de président de la commission de l’urbanisme et de l’environnement, a présenté l’ensemble des remarques formulées lors de cette réunion. Celles-ci se sont focalisées sur plusieurs points, dont le plus controversé est le projet de rénovation urbaine de Derb Ghallef.

Pour mettre fin à toutes ces rumeurs, le Conseil demande l’adoption de solutions alternatives capables d’instaurer la stabilité sociale au sein de ce quartier historique. Il privilégie une approche participative avant toute prise de décision, qu’il s’agisse de restructuration ou de rénovation urbaine, et ce, par l’implication des représentants des habitants, de la société civile, des autorités locales et des élus, le tout dans le but de préserver les droits des habitants et la paix sociale.

À propos du marché de Derb Ghallef, l’arrondissement du Maârif demande que la vocation d’équipement public du terrain à exproprier soit actée, afin d’empêcher toute utilisation pour d’autres projets. D’autres propositions plus spécifiques ont été formulées par la commission de l’urbanisme. Elles concernent les points suivants :

Après son adoption en conseil d’arrondissement du Maârif, ce projet de plan d’aménagement devrait être adopté par la commune de Casablanca dans sa prochaine session avant d’être remis au département ministériel chargé de l’urbanisme pour statuer sur les remarques et propositions. Le plan d’aménagement ne commencera à produire ses effets qu’après sa publication dans le Bulletin officiel.

Les élus de la majorité et de l’opposition refusent le relogement des habitants de Derb Ghallef en dehors de leur quartier

Dans le cadre de l’examen du plan d’aménagement, la majorité et l’opposition du conseil d’arrondissement se sont montrées unanimes pour rejeter tout relogement des habitants de Derb Ghallef en dehors de leur quartier.

Les conseillers demandent que le projet de plan d’aménagement prenne en compte les opportunités économiques, à la même échelle que les opportunités sociales, et qu’il fasse preuve de clarté envers les citoyens.

Les interventions des élus se sont principalement focalisées sur le projet de rénovation urbaine de Derb Ghallef, décrit sans détails clairs concernant l’avenir de ce quartier historique casablancais, situé au cœur du Maârif.

À cette fin, le député parlementaire Abdessamad Haiker a proposé de lever l’ambiguïté et d’apaiser la crainte d’un relogement qui s’est propagée parmi les habitants. Il suggère pour cela de s’orienter vers une restructuration urbaine plutôt que vers la rénovation urbaine prévue dans le projet de plan.

Par ailleurs, les élus ont exprimé leurs points de vue concernant le classement des bâtiments historiques du Maârif. Si une majorité s’accorde sur l’importance de préserver le patrimoine, d’autres ont déploré le manque de clarté de ce classement dans le document d’urbanisme.

Ils ont souligné que cette ambiguïté risque de porter atteinte aux droits de propriété des habitants, en limitant leur capacité à obtenir des autorisations de construire ou des permis de réviction normaux. Le caractère arbitraire du classement a également été pointé du doigt, certains notant que des immeubles similaires, situés dans la même rue, n’étaient pas traités de manière uniforme. Enfin, ils ont alerté sur le fait qu’en l’absence d’un cadre réaliste de préservation et de valorisation, ces bâtiments historiques continueraient à se dégrader.

D’autre part, les élus ont constaté l’absence de protection effective des espaces verts, alors que nombreux sont ceux qui se trouvent dans un état de dégradation avancée et nécessitent des travaux urgents d’aménagement et de sauvegarde.

S’ajoute à cela le fait que le zonage n’a pas beaucoup évolué et impose de fortes limitations en matière de hauteur d’immeubles, ce qui ne permet pas de renforcer l’attractivité souhaitée. Les élus se sont ainsi interrogés : pourquoi ne pas autoriser des constructions jusqu’à R+7 et ainsi saisir l’ensemble des opportunités qui pourraient être créées au niveau du quartier ?

Alors que de grands projets ont été initiés dans d’autres arrondissements, notamment à Sidi Othmane, l’opposition craint que le Maârif ne perde son attractivité économique, commerciale et de services, si ce plan d’aménagement ne propose pas de véritables alternatives pour la maintenir.

Enfin, sur un plan plus global, les élus s’interrogent sur la compatibilité du plan d’aménagement du Maârif avec les documents d’urbanisme des autres arrondissements, afin d’assurer une unité urbaine et une complémentarité des équipements à l’échelle de la ville.

Les réactions de l’Agence urbaine aux remarques des élus

De son côté, le représentant de l’Agence urbaine, Aberahim Amrani, a rappelé que l’ensemble des remarques et propositions, formulées lors de l’enquête publique et par la commission de l’urbanisme, seront examinées attentivement dans les prochaines semaines par le comité central.

Ce comité, auquel se joindront également la présidente de la commune de Casablanca et le président de l’arrondissement du Maârif, travaillera à améliorer, perfectionner et renforcer la qualité de ce document d’urbanisme afin de le rendre réalisable et catalyseur du développement souhaité.

Concernant les remarques des élus, le représentant de l’Agence a souligné que le diagnostic des problématiques n’était pas divergent entre les élus et l’agence urbaine. La différence réside seulement dans la manière de mise en œuvre. Il a également expliqué que la complémentarité entre les arrondissements est prise en compte lors de l’élaboration des plans d’aménagement des arrondissements de Casablanca, permettant une meilleure efficience de la planification urbaine.

L’élaboration de ce plan d’aménagement a dû faire face à la problématique du faible taux de réalisation des équipements prévus par l’ancien plan d’aménagement de 2014, ne dépassant pas le quart de ce qui était prévu. Or, selon l’article 28 de la loi 12.90 relative à l’urbanisme, aucune nouvelle déclaration d’utilité publique visant le même objet ne peut intervenir sur les zones réservées auxdits équipements avant un délai de dix ans. Dans le cas du Maârif, la rareté du foncier a rendu la programmation des équipements dans le cadre du nouveau plan d’aménagement une tâche extrêmement délicate.

Concernant le projet de Derb Ghallef, le représentant de l’Agence urbaine a précisé qu’il ne s’agit pas d’une requalification ou restructuration urbaine, mais bel et bien d’un projet de rénovation urbaine, avec tout ce que ce mot implique techniquement.

Ce quartier, à l’image d’autres secteurs sous-équipés tels que Derb Moulay Chérif et l’ancienne Médina, souffre d’un grave déficit en normes de sécurité et d’hygiène. La résurgence de maladies liées au manque de lumière et d’aération, comme la tuberculose, a imposé une action urbaine urgente pour garantir aux citoyens la dignité et le droit à un logement décent.

L’Agence urbaine a clarifié qu’il n’est pas question de reloger les habitants en dehors de Derb Ghallef, mais de mener une opération de rénovation sur place. Aucune action ne sera toutefois engagée avant la réalisation d’une étude technique qui intégrera en priorité les dimensions sociale et historique du quartier. Cette étude sera menée dans le cadre d’une approche participative, impliquant, outre le ministère de tutelle, l’arrondissement du Maârif, la commune de Casablanca et l’administration territoriale compétente, présidée par le wali.

L’Agence urbaine reconnaît la problématique du manque d’espaces verts et de parkings, dont l’offre reste insuffisante dans ce plan d’aménagement, et ce, en raison de la rareté du foncier disponible et d’une densité de bâtiments très élevée. En revanche, elle propose de rehausser le taux des espaces verts, qui ne dépasse actuellement pas 1,14 dans les quartiers de l’arrondissement par l’adoption de la labellisation d’éco-quartier au niveau de l’arrondissement.

Les principaux changements apportés par le plan d’aménagement du Maârif

Plan d’aménagement Marrakech Ouest : les habitants du quartier militaire de Guéliz refusent leur relogement en périphérie

La session d’octobre du conseil communal de Marrakech a été agitée, ce 7 octobre, marquée par la colère de plusieurs habitants des douars du quartier militaire qui ont perturbé et interrompu la session. Ils rejettent leur relogement dans la périphérie de la ville, près de la nouvelle gare routière d’Al Azzouzia, prévu par le nouveau plan d’aménagement de Marrakech Ouest, alors qu’ils étaient au centre-ville.

Les vidéos de la session montrent l’intervention de certains habitants, qui a entravé à plusieurs reprises l’avancement des débats, et particulièrement la prise de parole de Fatima Ezzahra El Mansouri, malgré une réunion préalable tenue juste avant la session, selon la maire.

De Guéliz à Al Azzouzia : les habitants des Bin Lakchali rejettent le nouveau Plan d’aménagement de Marrakech Ouest

Situé au cœur de Marrakech, le quartier militaire jouit d’un emplacement stratégique. Il abrite actuellement des casernes et des installations militaires, ainsi que des logements pour d’anciens militaires, sur une superficie totale de 260 hectares.

Le nouveau plan d’aménagement considère que la dynamique urbaine actuelle ne justifie plus la présence d’installations militaires au cœur des zones résidentielles, et encore moins dans un quartier aussi attractif que Guéliz. Il paraît donc plus pertinent de déplacer ces installations en dehors de la ville et de reloger les habitants concernés à proximité de la nouvelle gare routière d’Al Azzouzia.

Après la délocalisation des entités militaires, cette zone libérée (identifiée par le sigle ZPU6 dans le Plan d’aménagement) deviendra un pôle urbain multiservices. Celui-ci comprendra, outre des logements, des équipements d’intérêt général, des commerces, divers services et toute autre activité visant à renforcer sa vocation de pôle urbain structurant.

La localisation de la zone concernée par la relocalisation des installations militaires d’après le projet de plan d’aménagement de Marrakech Ouest.

Cependant, le projet de relogement des habitants du quartier militaire (Camp Tachfine) dans une nouvelle zone (identifiée par le sigle ZPU1 dans le Plan d’aménagement), située près d’un projet résidentiel en cours de réalisation par l’Agence du logement et des équipements militaires (ALEM), est rejeté par plusieurs habitants de Bin Lakchalli.

La zone de projet pour relocaliser les habitants du quartier militaire de Guéliz.

En raison de l’éloignement du site et de l’absence d’équipements de base, plusieurs résidents demandent la restructuration de leur habitat sur place, bien qu’ils n’aient pas la propriété du foncier qu’ils occupent depuis des décennies.

Située au nord-ouest de la ville, la zone d’Al Azzouzia accuse un important retard de développement. La nouvelle gare routière, pourtant achevée, n’a toujours pas été mise en service, faute d’un réseau de transport adapté pour y accéder.

Le plan d’aménagement prévoit plusieurs projets destinés à renforcer la connectivité et la mobilité urbaine dans cette partie de Marrakech. Il devra intégrer les nouvelles orientations en matière de déplacements et s’articuler avec l’écosystème d’intermodalité créé par les futurs grands projets de transport de l’ouest de la ville, notamment le bus à haut niveau de service (BHNS) et la gare LGV.

Les explications de Fatima Ezzahra El Mansouri sur le sujet

Dans ses déclarations à la presse régionale, la présidente du conseil communal de Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri, a reconnu la complexité du dossier et appelé à la patience et à la concertation pour parvenir à des solutions durables.

Elle a précisé que les autorités locales n’ont en aucun cas imposé le relogement, mais ont proposé une démarche volontaire. Les habitants concernés pouvaient ainsi choisir de s’installer dans la zone d’Al Azzouzia, avec la possibilité de devenir propriétaires, en contrepartie de l’abandon de leurs logements actuels, occupés sans titre foncier. « D’autres voies étaient possibles pour les autorités, notamment le recours à la justice, mais nous avons préféré une approche participative », a-t-elle expliqué.

Selon elle, « une partie importante des familles concernées a accepté cette proposition, car ils obtiennent un terrain, une aide financière et la possibilité de construire un R+3. D’autres, en revanche, refusent et demandent une restructuration sur place », a déclaré Fatima Ezzahra El Mansouri.

Les habitants opposés au projet rejettent le nouveau plan d’aménagement, qui modifie la vocation de leur zone en la classant comme zone de projet urbain (ZPU), ouvrant ainsi la voie à leur relogement. « Le plan d’aménagement n’a pas gelé la zone, il l’a définie comme une zone de projet urbain. C’est un cadre de gouvernance locale où le Wali, l’agence urbaine et les élus décident ensemble du devenir de ce territoire », a précisé la présidente du conseil communal.

Fatima Ezzahra El Mansouri a indiqué vouloir temporiser avant de trancher définitivement. Elle propose de finaliser d’abord le relogement des ménages volontaires ayant accepté la proposition des autorités, puis de soumettre le dossier au Wali de la région pour évaluer les scénarios possibles, y compris celui d’une restructuration in situ.

Le Plan d’aménagement de Marrakech Ouest attend son homologation finale

À ce jour, le plan d’aménagement de Marrakech Ouest n’est pas encore adopté et il est maintenant en phase finale, où le département de l’urbanisme statue sur les remarques en coordination avec l’Agence urbaine de Marrakech et la commune, avant la publication au Bulletin officiel pour produire ses effets.

Le projet a été adopté à l’unanimité par le conseil communal lors d’une session exceptionnelle tenue le 23 juin 2025. Cette approbation des élus a été accompagnée d’une requête de l’arrondissement de Ménara, ainsi que de plusieurs remarques soulevées, afin que la version finale du plan d’aménagement prenne en considération ces observations.

Parmi les remarques soulevées par les élus figurent l’indemnisation insuffisante des habitants de certains douars et des logements menaçant ruine. Cette situation risque de faire proliférer l’habitat insalubre dans d’autres zones et d’entraver les efforts déployés.

Durant la phase d’enquête publique, du 12 mai au 11 juin 2025, 783 observations et oppositions ont été formulées par les citoyens.

Outre le quartier militaire, le plan d’aménagement de Marrakech Ouest prévoit de traiter et de restructurer l’ensemble des habitats insalubres situés au sein du périmètre. Pour les douars implantés dans des propriétés privées, soit le relogement sur place, soit le relogement dans d’autres projets, conformément aux engagements contractuels des opérateurs privés, tels qu’établis lors de l’autorisation de leurs projets.

Pour les douars implantés sur du foncier privé encore non urbanisé, le plan a précisé qu’aucune urbanisation ne pourra y être autorisée sans une convention préalable conclue et validée par l’ensemble des parties prenantes, garantissant le relogement des habitants concernés.

D’autre part, d’autres douars comme les douars Bouchareb, Azib Goundafi et Aït Ssi, situés dans l’arrondissement de Ménara, bénéficieront d’un programme de requalification piloté par les pouvoirs publics.

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Maârif : les prix de l’immobilier s’agitent avant le nouveau plan d’aménagement

La commune de Casablanca a lancé, le 11 septembre 2025, l’enquête publique sur le projet de plan d’aménagement de l’arrondissement du Maârif. Les citoyens et professionnels disposent jusqu’au 10 octobre pour consulter le document et formuler leurs remarques.

Ce plan, qui doit remplacer celui de 2014 arrivé à échéance en 2024, fixera les règles urbanistiques qui encadreront le quartier pour les dix prochaines années. En attendant son adoption officielle, les rumeurs autour de son contenu agitent déjà le marché immobilier local.

Le marché attend la publication du nouveau plan

Médias24 a pris contact avec un agent immobilier de renom sur le marché casablancais. Pour lui, il est prématuré de se fixer tant que le plan d’aménagement n’a pas  été publié.

« Pour l’instant, il est difficile de se prononcer sur la dynamique future des prix. Tant que ce document officiel n’est pas publié, les habitants n’ont aucune visibilité réelle. Ils déposent des demandes, mais ils ignorent si elles seront acceptées ou rejetées », explique-t-il.

Selon lui, l’impact réel se fera sentir uniquement au moment où le zonage sera acté et que de nouvelles règles viendront élargir le potentiel constructible.

« Cela dit, tout le monde sait que le jour où le plan sera adopté, la donne peut radicalement changer. Si le zonage prévoit de transformer certains terrains en zones immeubles en R+3 ou R+4, alors les prix vont mécaniquement grimper, puisque la valeur du foncier dépend directement du potentiel constructible. Mais, pour le moment, rien n’est conclu et il est donc prématuré de se prononcer », précise notre source.Le changement de zonage agit comme un choc d’offre virtuel modifiant les anticipations et conduit rapidement à une réévaluation des prix« Le prix ne reflète pas seulement l’usage actuel, mais également la capacité à générer des revenus futurs. Un terrain classé en zone villa conserve une valeur limitée par la faible densité de construction. En revanche, si ce même terrain est reclassé en zone R+3 ou R+4, son rendement potentiel augmente fortement puisqu’il peut accueillir un plus grand nombre d’unités, générant ainsi davantage de ventes ou de loyers », poursuit-il.

À Maârif, la spéculation défie la logique de l’offre et de la demande.

Contacté par Médias24, un autre agent immobilier opérant à Maârif estime que l’annonce d’un nouveau plan d’aménagement a suffi à relancer la spéculation, même si le marché reste déséquilibré.

« Avec les rumeurs et l’annonce d’un nouveau plan d’aménagement en préparation, les prix ont commencé à monter légèrement. Dans les grandes villes, et plus encore dans les arrondissements centraux comme Maârif, le marché ne suit plus la loi de l’offre et de la demande. Les vendeurs, malgré des prix déjà très élevés, commencent à en demander davantage en raison d’un plan d’aménagement qui n’est même pas encore publié. Le mécanisme classique de l’offre et de la demande ne suffit plus à expliquer cette situation. C’est une pure spéculation », souligne notre interlocuteur.

« Les propriétaires regardent autour d’eux et constatent que les autres affichent des prix élevés. Alors, ils s’alignent. Ils ne sont pas pressés de vendre. Ils fixent un prix, parfois illogique, et disent clairement : voilà le bien, voilà le prix, tu achètes ou tu pars », conclut-il.

Les prix réels pratiqués à l’arrondissement Maarif en 2023

Dans l’immobilier à Casablanca, le Maârif est très recherché. Nous lui avions consacré un article en 2024 pour présenter le nombre de transactions réelles et les prix réels pratiqués dans cet arrondissement.  En 2023, il représentait 13% des ventes effectuées dans la capitale économique (26.000 transactions). Mais tous les quartiers ne se valent pas.

Les données exclusives fournies par notre partenaire immobilier, Yakeey, sont basées sur les transactions concrétisées en 2023 et 2022. Ceci est possible grâce au partenariat établi entre Yakeey et le Conseil national de l’ordre des notaires.

Ici, les données proposent des évolutions du nombre de transactions immobilières effectuées par acte notarié au cours de l’année 2023. Elles permettent également de connaître l’évolution du prix réel au mètre carré, car le calcul se fait sur la base des transactions finalisées.

Le Maarif regroupe des quartiers en vogue dont Les Princesses, Palmier et l’Oasis.

Parmi les quartiers qui composent l’arrondissement, celui des Hôpitaux rassemble le plus grand nombre de transactions. Il enregistre à lui seul 23% du total des transactions. Viennent ensuite Les Princesses (14%) et Palmier (11%).

Plan d’aménagement de Marrakech-Ouest : nouvelles prescriptions pour les commerces et les habitations

En phase d’enquête publique jusqu’au 11 juin 2025, le nouveau plan d’aménagement de Marrakech couvrant la partie ouest de Guéliz et l’arrondissement de Ménara devrait donner un nouveau souffle à l’urbanisme dans les dernières zones de la ville non couvertes par un document d’urbanisme valide.

Dans un article précédent, nous avions présenté les principaux projets urbains qui sont prévus pour rénover une grande partie de la ville. Ces nouveaux projets devront d’abord redynamiser les alentours de la nouvelle gare routière par des projets de logements et de mobilité destinés à rendre la zone plus attractive qu’auparavant. Ce nouveau document devra également renforcer la centralité de Guéliz par de nouveaux équipements structurants, en relocalisant les casernes militaires du quartier, en accentuant la vocation verte de la ville et en résorbant l’ensemble des habitats insalubres. La réorganisation des activités informelles devra également être entreprise en vue de leur intégration dans le tissu économique et de l’amélioration de l’ordre urbain.

Dans la continuité de la lecture de ce nouveau document, nous présentons les prescriptions architecturales qui y figurent. Les nouveaux projets de construction de bâtiments sont invités à respecter ses dispositions pour permettre une production architecturale de qualité, compatible avec le patrimoine de la ville datant de l’époque protectorale, qui correspond à la création du premier quartier en dehors des murailles historiques de la médina.

Les prescriptions architecturales définies dans le plan d’aménagement de Marrakech-Ouest

Le nouveau plan d’aménagement Marrakech-Ouest conserve les tons de rouge emblématiques de Marrakech. En dehors des murailles de la médina, les styles architecturaux autorisés sont les styles arabo-mauresque, oasien et Art déco.

Les palettes de couleurs autorisées par le plan d'aménagement de Marrakech-Ouest
La palette de couleurs autorisées par le plan d’aménagement de Marrakech-Ouest.

Dans le quartier Guéliz, le style architectural admis est le style Art déco. Le plan d’architecte doit donc renseigner clairement sur trois éléments principaux : la base inférieure, le corps de la façade, les couloirs et le couronnement.

Composition type de la façade selon le style architectural Art Déco
Composition type de la façade selon le style architectural Art déco.

Afin de préserver la valeur historique du quartier Guéliz, une liste des bâtiments et équipements à valeur patrimoniale a été établie. Par ailleurs, d’autres constructions seront soumises à l’examen d’un comité scientifique, désigné par arrêté du gouverneur, qui déterminera le type d’action et la nature des interventions à mener pour chacune d’elles.

Au niveau des nouvelles constructions, l’épaisseur des murs doit être supérieure à 20 cm, ce qui permet de réaliser des formations et des décorations plus variées sur les murs eux-mêmes. Cette épaisseur facilite également l’intégration des mécanismes de murs-rideaux et des protections métalliques des fenêtres à l’intérieur des cavités des portes et des fenêtres.

Les colonnes des portiques doivent présenter une formation classique claire, comprenant la base, le corps de la façade et le couronnement. Le style et la forme des colonnes doivent s’harmoniser avec le style dominant du reste de la façade. Il est préférable d’utiliser des colonnes circulaires ou rondes pour les portiques, ou des colonnes à sections polygonales pour les colonnes engagées.

De leur côté, les balcons et loggias doivent être aménagés d’une manière à ne pas nuire à la composition de la façade et à son rythme visuel, et le choix du type de balcon doit correspondre aux autres éléments de la façade et à la composition volumétrique générale.

À cela s’ajoutent des recommandations environnementales préconisant l’utilisation de volumes, de pergolas, de velums et de plantations bien ombragés, ainsi que des loggias, des jardins et des toits-terrasses ombragés, et l’encouragement à l’installation de systèmes de chauffage d’eau solaire.

Les prescriptions architecturales relatives aux façades des bâtiments

Comme dans d’autres villes marocaines, le plan d’aménagement interdit toute installation visible d’équipements techniques sur les façades. Cette interdiction concerne notamment les antennes paraboliques, les systèmes de ventilation pour restaurants, les unités de climatisation extérieures, les boîtiers de fibres optiques, les câbles électriques apparents, les chauffe-eau et les antennes individuelles.

Les installations techniques sur les façades sont désormais interdites dans les arrondissements de Guéliz et de Ménara.
Les installations techniques sur les façades sont désormais interdites dans les arrondissements de Guéliz et de Ménara.

Dans les nouvelles constructions, les concepteurs doivent prévoir, dès la phase de conception, des espaces dédiés aux équipements techniques. Plus précisément, il faut aménager des conduits techniques, des cavités murales ou des cages spécialement conçues à cet effet. En ce qui concerne les antennes paraboliques, lorsqu’elles sont installées en toiture, elles doivent être placées à au moins 3 mètres en retrait de la ligne de façade. Pour les logements collectifs, une antenne commune est obligatoire, et les installations individuelles sont strictement interdites.

Au niveau de chaque projet de construction, la façade doit clairement exprimer la destination du bâtiment, qu’il s’agisse d’un usage résidentiel ou de bureaux, tout en maintenant une harmonie avec son environnement immédiat.

Le style de la façade doit reseigner sur sa destination
Le style de la façade doit renseigner sur son utilisation.

En ce qui concerne les angles des bâtiments, ils doivent être traités de manière spécifique : les angles droits et les formes libres sont à proscrire au profit d’angles tronqués ou arrondis. De plus, le traitement des angles doit être cohérent entre les bâtiments adjacents.

les angles de la façade, ils ne devraient pas montrer des angles droits ou de formes libres ainsi que des dortiques à largeur ou nombre variable d'une façade à l'autre.
Les angles de la façade ne devront pas montrer des angles droits ou des formes libres, ni des portiques à largeur ou au nombre variable d’une façade à l’autre.

D’autre part, le plan d’aménagement fixe des limites strictes concernant les surfaces vitrées. La superficie totale des fenêtres ne doit pas excéder 33% de la surface de façade. Par ailleurs, tous les éléments vitrés, y compris les murs-rideaux et les grandes baies vitrées, doivent présenter une forme verticale proportionnelle à leur ouverture et s’intégrer harmonieusement à l’ensemble.

La charte architecturale pour les commerces dans le quartier de Guéliz

Le nouveau plan d’aménagement a prévu une charte architecturale commerciale contraignante afin d’organiser principalement les enseignes et affichages publicitaires des commerces, que les architectes et investisseurs devront strictement appliquer.

Par cette charte, l’affichage sur les façades est désormais encadré : seules les devantures commerciales prévues à cet effet peuvent accueillir des publicités, tandis que le corps principal des façades reste vierge de toute enseigne. Les devantures doivent respecter l’alignement des bâtiments et se maintenir en retrait, sans jamais masquer les éléments structurels ou verticaux de l’architecture.

L'emplacement des enseignes des commerces doit être homogène sur la façade.
L’emplacement des enseignes des commerces doit être homogène sur la façade.

Les enseignes sont limitées aux espaces entre les piliers des galeries et doivent être positionnées dans la partie inférieure des vitrines. Les signalétiques, quant à elles, sont strictement confinées à la façade principal,e en évitant toute interférence avec les colonnes des passages.

La conception des enseignes doit s’harmoniser avec celle de la façade, tandis que leur design pourra épouser le style architectural du bâtiment, pouvant intégrer des éléments naturels ou identitaires spécifiques au commerce, mais toujours dans le respect de l’unité esthétique globale.

Exemple d'enseigne compatible avec le style architectural de la ville ocre.
Exemple d’enseigne compatible avec le style architectural de la ville ocre.

Les panneaux publicitaires doivent avoir des dimensions standardisées proportionnées à leur emplacement, sans aucun débordement en hauteur ou en largeur, et rester en retrait des bordures. Une interdiction totale s’applique aux publicités sur les piliers des galeries.

Cette réglementation stricte vise à concilier visibilité commerciale et préservation du cadre bâti, garantissant une intégration harmonieuse des activités commerciales dans le quartier historique de Guéliz.

Après l’homologation de ce document, Marrakech tournera une page : celle d’une longue période marquée par l’absence de documents de planification. Cette situation a engendré de nombreux obstacles et des opportunités manquées pour le développement économique d’une ville qui porte pourtant le flambeau de l’attractivité touristique du Maroc. Ce plan d’aménagement de Marrakech-Ouest constituera la dernière pièce du puzzle, intégrant des projets qui devront repenser la ville en profondeur, notamment en vue des échéances majeures que connaîtra Marrakech en tant que ville hôte de la Coupe du monde 2030.

Un plan directeur de mobilité du nouveau quartier Casa Sud à l’étude

Casablanca s’apprête à connaître la création d’une nouvelle centralité ou quartier au niveau de la ville portée particulièrement par la ligne LGV et les aménagements urbains avoisinant à l’horizon de 2030.

Cette nouvelle centralité portera le nom du quartier Casa Sud. La naissance de ce nouveau quartier trouve ses origines dans « deux principaux projets » :

Le projet Nassim : un lieu de rattachement qui « assure la liaison entre Lissasfa et Sidi Maârouf et constitue avec eux l’expression spatiale des mutations de la banlieue sud-ouest de la capitale économique. »

Le projet de la nouvelle gare LGV de Casablanca, Casa Sud : L’ONCF a lancé un nouveau programme de 1.500 km de lignes à grande vitesse lancé qui permettront de relier Tanger à Agadir en moins de 4 heures. Concernant Casablanca, la future ligne LGV s’imbriquera dans le même couloir que la ligne classique existante. Elle contournera le centre de Casa en ayant comme future gare celle de Casa Sud, qui se trouve à côté de la Foire de l’Office des changes au sein du quartier Nassim et limitrophe au quartier de Casa-Anfa.

Qui dit nouveau quartier, dit mobilité. Surtout quand ce nouveau quartier abritera la gare principale de la LGV. Donc, il est nécessaire d’avoir une desserte efficace en transport en commun » permettant de:

Par ailleurs, le nouveau quartier de la gare Casa Sud « constitue une véritable plateforme qui va générer et attirer des flux importants notamment routier ». Une évaluation du trafic engendré par la zone doit donc être menée.

Le cabinet suisse à qui ce marché a été confié aura deux missions :

● Etude de définition d’une extension du réseau de tramway de Casablanca :

– Diagnostic, analyse des projets et données d’entrée ;
– Analyse de la demande et prévisions de trafic de voyageurs ;
– Elaboration de scénarios de desserte en TCSP : pertinence, coûts, mode, faisabilité et exploitabilité.

● Etude de circulation du nouveau quartier de la Gare Casa Sud :

– Estimation prévisionnelle du trafic induit ;
– Etablissement d’un plan de circulation du quartier de la Gare Casa Sud.

Le délai de réalisation des prestations est fixé à 3 mois.

Adoption du plan d’aménagement d’Akchour à Chefchaouen

L’Agence a souligné, dans une note d’information, que le centre d’Akchour, situé dans la commune territoriale de Talambote, recèle de nombreux atouts naturels et environnementaux, qui en font une destination touristique de choix aux niveaux régional et national.

Le site fait partie du Parc national de Talassemtane et connait une forte affluence de touristes marocains et étrangers, d’où la nécessité de couverture en un document d’urbanisme, visant à tirer profit de ses atouts territoriaux et à organiser sa dynamique urbaine, de manière à préserver le cadre naturel et environnemental du centre.

Les services de l’Agence ont ainsi élaboré le plan d’aménagement du centre, afin de réaliser plusieurs objectifs, notamment la mise en valeur de son territoire, le renforcement de sa fonction touristique et la promotion de sa dynamique économique, à travers le soutien des activités commerciales orientées vers la commercialisation des produits locaux, a indiqué la même source.

Ce document d’urbanisme vise également à programmer les services publics et les infrastructures essentielles, pour répondre aux besoins du centre pour les dix prochaines années, améliorer la circulation, préserver les zones forestières et les terres agricoles, et à créer des espaces verts.

(Avec MAP)

Urbanisme. Enquête publique ouverte pour le projet de plan d’aménagement du plateau d’Akrach à Rabat

Dans un communiqué, la présidente de la commune de Rabat, Fatiha El Moudni, a annoncé l’ouverture de l’enquête publique pour le projet de plan d’aménagement sectoriel du plateau d’Akrach, sur une durée d’un mois à compter du 24 mai 2024, et ce conformément à l’article 25 de la loi 12.90 relative à l’urbanisme. En plus du dossier et du registre des propositions disponibles à la mairie, un géoportail a été mis en place pour permettre une consultation à distance du projet.

Bloqué depuis plusieurs années, ce projet avait été voté par le conseil communal précédent, mais sans être publié au Bulletin officiel. Le nouveau projet d’aménagement de Rabat a confirmé ce constat de gel du projet précédent en annonçant que la tranche 1 fera l’objet d’un futur plan d’aménagement sectoriel.

Longtemps, cette zone a été considérée comme un secteur stratégique placé sous surveillance foncière. L’ouverture à l’urbanisation était tributaire de la validation d’une commission réunissant principalement le wali de la région, la commune, l’agence urbaine et le Centre régional d’investissement, ainsi que d’une étude d’aménagement opérationnelle et intégrée permettant de saisir l’ensemble des opportunités de développement.

Les grandes lignes du plan d’aménagement du plateau d’Akrach, Secteur I

Le présent plan d’aménagement concerne uniquement la partie avoisinant le quartier Souissi, connue sous le nom de « Tranche I ». Il s’agit d’une zone d’une superficie d’environ 420 hectares, qui permettra d’accueillir une population de près de 47.000 habitants. Les tranches II et III feront l’objet de plans d’aménagement sectoriels ultérieurs, en attente de la réalisation de conditions préalables, notamment la validation de la commission présidée par le wali de la région.

Zone d’action urbanistique du Plan d’aménagement sectoriel du plateau d’Akrach (Secteur I)

Objet de grandes attentes de la part des professionnels, l’ouverture à l’urbanisation permettra d’insuffler un nouveau dynamisme à la promotion immobilière, actuellement limitée par rapport à d’autres villes comme Casablanca, Tanger, Marrakech… Le projet de la première tranche du plateau d’Akrah promet une forte centralité, soutenue par des infrastructures d’envergure, en vue de bâtir le premier pilier du nouveau pôle urbain de la capitale. Ce plan a été décliné en trois principales zones :

(1) Zones immeubles dont les niveaux peuvent atteindre R+5 ;

(2) Zone d’habitat collectifs dont les niveaux entre 3 et 4 étages ;

(3) Zone villa à deux niveaux (R+1).

Les infrastructures prévues par le plan d’aménagement

Tout comme le plan d’aménagement de la ville de Rabat, ce nouveau projet vise à consolider le statut vert de la capitale en créant une dizaine d’espaces verts équivalant à 14,76% de la superficie du secteur, soit un ratio de 20 m2/habitant conforme à la norme OMS. Les projets d’espaces verts les plus importants incluent la création d’un parc promontoire panoramique, avec vue sur la médina de Rabat au nord du projet, un long corridor vert en son centre, et un autre grand parc urbain au sud offrant une vue panoramique sur la vallée du Bouregreg.

L’autre point anticipé par ce nouveau plan est celui du stationnement, qui demeure une problématique dans la capitale, en particulier dans le centre-ville et les quartiers administratifs. Afin de garantir une gestion optimale du stationnement et de la logistique urbaine, le nouveau plan d’aménagement impose des normes pour les parcs de stationnement, les aires de livraison et les aires d’arrêt pour autocars. Par exemple, chaque nouvelle construction devra envisager au moins une place de stationnement dédiée à chaque logement.

S’ajoutent à cela les infrastructures qui permettront l’attractivité urbaine et touristique de ce nouveau projet urbain. Principalement, il s’agit de la création d’un centre d’affaires qui comprendra un mall, des installations touristiques et une grande esplanade à vue panoramique. Pour ce qui est des équipements publics, le plan prévoit la création d’un ensemble d’installations permettant de renforcer la centralité de cette nouvelle zone, à savoir : un palais des congrès, un centre des expositions, un complexe culturel, un théâtre, un complexe sportif…

Plan d’aménagement de Rabat : ce que prévoit le projet, ce qu’en pensent des experts (carte interactive)

Après le plan d’aménagement de 1998, Rabat se dotera d’un nouveau document d’urbanisme pour répondre aux différentes questions de développement de la capitale. Un projet de plan d’aménagement a été publié le 24 août dernier par l’Agence urbaine de Rabat. Il est actuellement soumis à l’enquête publique pour une durée d’un mois.

Sur le portail dédié à ce projet figure une présentation du plan d’aménagement ainsi que son règlement. Une analyse de ces documents permet de ressortir les objectifs de ce plan et les nouveautés qu’il contient.

Médias24 a également sondé des professionnels − un promoteur immobilier et un architecte − qui partagent avec nos lecteurs leurs principales remarques sur ce nouveau projet.

Entre limites urbanistiques et projets de développement

Rabat est une ville qui a déjà atteint ses limites urbanistiques ; elle est limitée au Nord par l’Oued Bouregreg, à l’Ouest l’Océan Atlantique, à l’Est la vallée d’Akrech et au Sud la ceinture verte.

Ce nouveau plan d’aménagement, après homologation, vient répondre aux directives du rapport du Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) sur les villes, à savoir :

CARTOGRAPHIE: ©MEDIAS24. Tous droits réservés.

Ce plan vise un ensemble d’objectifs dont les plus importants sont :

Le plan d’aménagement de Rabat est principalement composé de :

– Zones urbaines mixtes : où le développement et la création de logements, commerces, services, bureaux, hôtellerie et équipements publics et privés d’intérêt général sont encouragés.

– Zones de renouvellement urbain : prévues au niveau de sites stratégiques, les zones de renouvellement urbain visent principalement à promouvoir le rayonnement international et national de la métropole-capitale à travers le renforcement des vocations touristiques et tertiaires. Cette zone est ordonnée de la manière suivante :

– Zone d’intervention publique : au niveau des quartiers Farah, Bouregreg et Rachad de forte densité non réglementaires et/ou présentant une densité élevée.

– Zones d’activités économiques et axes tertiaires : considérés comme étant de nouveaux leviers de croissance économique de la ville de Rabat, conçus en tant que véritables lieux de vie animés et des espaces de génération de la richesse. Il s’agit de 13 axes et 5 secteurs d’activités économiques qui sont classés en trois catégories :

– Zones de développement urbain intégré : certains secteurs sont jugés stratégiques pour le développement de la ville de Rabat, en attente de leur réalisation. L’ouverture à l’urbanisation dépend de la validation d’un cahier des charges urbanistique couvrant le paysage, la mobilité, le patrimoine et la charte architecturale.

En attente de la réalisation de conditions préalables citées ci-dessus, cette zone est placée sous surveillance foncière. Elle concerne :

– Zones naturelles paysagères et forestières.

– Zones spécifiques : zone du patrimoine du XXe siècle inscrit à l’UNESCO et zone tampon inscrite à l’UNESCO. Ces zones dont le maintien, la conservation et la valorisation du patrimoine architectural sont importants. La gestion des demandes d’autorisation est régie par le plan d’aménagement et de sauvegarde de la Médina de Rabat.

Les grands projets urbains de ce plan d’aménagement

– Projet corniche Nord de Rabat. Ce projet vise à :

Projet corniche Sud de Rabat. Il présente les mêmes objectifs que celui de la corniche nord de la ville. Ce projet vise des principes d’aménagement incontournables :

– Projet Percée de l’Océan. Il s’agit d’un projet mixte regroupant des équipements touristiques, des activités tertiaires, des activités commerciales et du résidentiel. De même, ce projet opte pour des outils d’aménagements incontournables pour la création de grands équipements touristiques, commerciaux et loisirs érigés en repères urbains marquant la corniche et aussi pour :

– Projet zone attenante au Parc Hassan II. Il s’agit d’un mixte regroupant des équipements touristiques, des équipements commerciaux, tertiaires et du résidentiel. Ce projet vise à :

– Projet cité du savoir et de l’innovation. Ce projet vise à renforcer la vocation nationale et internationale de la cité Al Irfane en tant que pôle universitaire et de recherche scientifique. Et ce, à travers des outils d’aménagements incontournables dont les principaux sont :

– Projet site de l’ex-ferraille : vise le réaménagement de l’ancienne ferraille de Rabat en un mixte regroupant des équipements et du résidentiel.

– Projet pôle multimodal : ce projet vise à doter l’entrée de la capitale d’un nouveau pôle multimodal dans la continuité de la nouvelle gare. Il permet d’adopter les principes du « Transit Oriented Developement » en vue de renforcer le raccordement du pôle multimodal aux quartiers Hay Ryad et Yaacoub Al Mansour.

– Projet équipement structurant : concerne une nouvelle centralité urbaine autour d’un ensemble d’équipements publics tout en renforçant la fluidité de la mobilité vers ce nouveau centre (RN1 et Avenue la Victoire).

Par ailleurs, le projet prévoit une « zone d’intervention publique« . Le plan d’aménagement a fixé les quartiers Farah, Bouregreg, Inbiat et Rachad situés dans l’arrondissement de Youssoufia comme zones d’intervention publique. A l’intérieur de cette zone et en attendant l’aboutissement des études spécifiques, toute construction est interdite.

Ces quartiers d’habitat populaire construits sur des pentes parfois très raides présentent une densité particulièrement élevée et des conditions d’habitabilité en dessous des seuils tolérés en matière d’hygiène, de sécurité, de confort et d’équipement.

« Une nouvelle génération de plans d’aménagement »

Contacté par Médias24, l’architecte et président de Rabat-Salé Mémoire, Fikri Benabdellah, relève deux éléments qui ont retenu son attention dans ce projet de plan d’aménagement. Ils portent sur les zones patrimoniales et l’introduction de la zone A visant à « régénérer les grandes artères de la capitale ».

Concernant le premier point, notre interlocuteur s’explique : « Nous avons probablement migré vers une nouvelle génération de plans d’aménagement, puisqu’il y a prise en compte des zones patrimoniales. C’est la première fois que cela est fait de manière structurée. Toutes ces zones dans la médina ont des plans adaptés, qui entretiennent l’équilibre entre la dimension technique, réglementaire, juridique et les conditions de sérénité et de sauvegarde du patrimoine culturel de Rabat, le jardin d’été, l’Oudaya, etc. C’est quelque chose d’extrêmement important que l’on ne peut pas gérer avec n’importe quel outillage d’aménagement ; il faut qu’il soit propre à une réalité esthétique, historique, etc. Il y a donc une belle avancée dans ce cadre. »

Fikri Benabdellah constate également l’introduction de la zone A, qui permet à la ville d’avoir « la capacité de se régénérer à travers de grandes avenues qui peuvent faire l’objet d’aménagements importants (bâtiments de grande hauteur, de malls, etc.) ».

L’introduction de cette nouveauté est aussi relevée par un promoteur immobilier à Rabat et membre de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Sous couvert d’anonymat, il souligne que « les grandes artères, telles que l’avenue Ben Barka et la route de Zaïr entre autres, ont connu une floraison de banques et de commerces qui se sont implantés en demandant une dérogation. On réalise donc que la nouveauté (zone A) n’est pas le fruit d’une anticipation de l’administration. Il n’y a pas de vision à long terme. Or, il faudrait que l’Etat soit anticipant et novateur ».

« Libérer Akrach et El Boustane pour soulager Rabat »

Ce promoteur immobilier estime que « le plan d’aménagement d’une ville est réalisé dans l’intérêt du citoyen, pour satisfaire ses demandes et ses besoins. La question qui se pose est de savoir si ce dispositif y répond ». Et pour lui, la réponse est non. Le projet de plan d’aménagement publié « ne libère pas de surfaces constructibles susceptibles de faire baisser le prix du foncier », argue-t-il. 

Il estime que la solution est de « libérer Akrach et El Boustane », qu’il faut « transformer en zones immeubles » et ainsi « soulager Rabat ». 

La ville de Rabat « se vide de sa population », souligne-t-il encore. Celle-ci se dirige vers Salé, Témara, Aïn Atig et Aïn Aouda. Ce qui implique, selon notre source, « une hausse du coût du transport qui, en raison de la hausse des hydrocarbures, exerce une pression sur le pouvoir d’achat. Cela engendre un malaise au sein de la population, un malaise social et un surcoût pour l’Etat, qui doit aménager des voies de transport, de nouvelles écoles, etc. ».

De plus, ce promoteur immobilier déplore l’absence de bâtiments en hauteur. Pourquoi gardons-nous des immeubles nains ? Il faudrait augmenter la hauteur des bâtiments pour réduire le coût du foncier. »

Enfin, il estime que malgré les efforts fournis dans la capitale en termes de propreté et d’espaces verts, il est nécessaire d’en réaménager certains qui existent déjà, mais aussi de prévoir « dans chaque quartier un poumon vert ». Et il ne faut pas « compter sur le secteur privé pour des petits bouts d’espaces verts ».