La plateforme de prise de rendez-vous « Ziara » généralisée à l’ensemble des établissements pénitentiaires

« Le projet a été mis en œuvre de manière progressive, en commençant par le complexe pénitentiaire d’Ain Sebaâ à Casablanca comme expérience pilote avant sa généralisation à tous les établissements pénitentiaires à partir du 10 mars 2025 », a annoncé la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) dans un communiqué.

Afin d’assurer l’accompagnement de cette opération, des formations ont été organisées au profit des fonctionnaires appelés à travailler avec ce système, outre l’équipement de l’ensemble des établissements pénitentiaires avec le matériel logistique nécessaire, dans la perspective d’y intégrer d’autres services, à l’instar des achats en ligne, note la même source.

 

Parallèlement, des campagnes de sensibilisation ont été lancées dans les différents établissements pénitentiaires à l’adresse des détenus et des visiteurs afin de leur faire découvrir les services qu’offre « Ziara », à travers la communication directe, la pose d’affiches et autres moyens.

Cette plateforme numérique permet aux visiteurs de réserver un rendez-vous pour une visite d’un proche, dans la perspective d’assurer la fluidité et d’éviter les encombrements et les longues périodes d’attente, note le communiqué.

Elle facilitera l’accès à l’information dont les conditions pour bénéficier de la visite et les documents requis pour l’obtention de cette autorisation, outre des services en ligne à même de les dispenser de faire le déplacement dans les établissements pénitentiaires.

La DGAPR a lancé la plateforme « Ziara », avec le soutien du ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration et de l’Agence de développement numérique (ADD), dans le but de garantir aux usagers des parcours de visite équitables et transparents dans les établissements pénitentiaires.

Compte tenu du rôle de cette plateforme numérique dans l’amélioration de l’accueil des visiteurs et la création de conditions adéquates permettant aux détenus de bénéficier des visites de leurs proches, la DGAPR invite les familles à réserver désormais leurs rendez-vous sur ce portail. Ce dispositif est désormais disponible dans l’ensemble des établissements pénitentiaires, lesquels restent à disposition des familles des détenus afin de leur fournir les informations nécessaires et de faciliter leur accès à cette plateforme, conclut le communiqué.

Le CESE alerte sur l’absence d’un cadre réglementaire « efficace » pour protéger les enfants sur les plateformes numériques

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté, le 30 janvier, les conclusions de son avis intitulé « Pour un environnement numérique inclusif et protecteur des enfants« , adopté en mars 2024 à l’unanimité lors de la 156e session ordinaire du Conseil.

Lors de la présentation des conclusions de cet avis, Ahmed Réda Chami, président du Conseil, a mis en avant plusieurs chiffres significatifs illustrant l’ampleur du phénomène. Il a révélé que neuf Marocains sur dix utilisent les réseaux sociaux, et que deux enfants sur trois y ont accès. En 2024, 97% des mineurs de moins de 18 ans utilisaient ces plateformes. Selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), 31 millions de Marocains sont connectés à internet.

Ahmed Réda Chami a également souligné les conséquences graves d’une utilisation abusive des réseaux sociaux, notamment l’addiction, la violence, l’anxiété, la dépression et même le suicide. Il a insisté sur le fait que certains utilisateurs peuvent se perdre dans une réalité virtuelle, s’éloignant du monde réel et de ses enjeux. Ces dangers sont aggravés par l’absence d’un cadre réglementaire efficace et d’outils technologiques permettant de protéger les enfants et de réguler leur accès au numérique.

Une consultation citoyenne menée via la plateforme « Ouchariko » du CESE a révélé des perceptions contrastées parmi les familles, quant aux effets des réseaux sociaux sur les enfants. Environ 58% des participants estiment que ces plateformes ne sont pas bénéfiques pour les jeunes, tandis que 42% considèrent qu’elles pourraient avoir un impact positif à partir de l’âge de 15 ans.

Par ailleurs, 69% des sondés ont exprimé leur inquiétude face à l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants, et une majorité s’accorde à dire que ces outils représentent un danger particulièrement élevé pour les moins de 12 ans. Enfin, 88% des participants ont insisté sur l’importance d’intégrer l’éducation numérique dans les programmes scolaires afin de mieux préparer les jeunes aux défis du numérique.

L’utilisation croissante des réseaux sociaux par les enfants représente à la fois une opportunité et un risque. Si ces outils facilitent l’apprentissage et la socialisation, ils exposent également les jeunes utilisateurs à des dangers tels que la cybercriminalité, le harcèlement en ligne et l’addiction aux écrans. Face à ces défis, le CESE souligne la nécessité d’un cadre réglementaire adapté et d’une mobilisation collective pour garantir un environnement numérique sûr et inclusif.

Afin de répondre aux défis liés à l’utilisation du numérique par les enfants, le CESE insiste sur la responsabilité collective de tous les acteurs pour leur assurer une protection effective. Parmi les recommandations émises :