PLF 2026. Les amendements adoptés à la Chambre des représentants
Les députés ont entamé ce mardi 11 novembre l’examen et le vote des propositions d’amendements de la première partie du PLF 2026.
La séance a démarré à 10 h. Médias24 livre dans cet article les principales modifications apportées au projet de loi.
Il convient de noter que 350 amendements ont été présentés, dont 328 portaient sur la première partie du PLF et 22 sur la seconde. Au terme de l’examen, 30 amendements ont été retenus dans la première partie, tandis que 236 ont été rejetés et 62 retirés par leurs auteurs.
La première partie du PLF 2026, ainsi amendée, a finalement été adoptée par 24 voix favorables, contre 10 voix défavorables et aucune abstention
L’article sera mis à jour au fur et à mesure de l’avancement des débats et du vote.
>> Baisse du droits d’importation sur les lattes en bois
Cette modification vise à réduire le droit d’importation de 30% à 17,5% sur les lattes assemblées en bois, classées sous la position tarifaire n° 4421.99.90.80, tout en les spécifiant dans le tarif douanier, afin d’encourager les industries du bois au Maroc et de renforcer leur compétitivité.
>> Augmenter le droit d’importation de 2,5% à 17,5% uniquement sur les machines à laver semi-automatiques
Le PLF propose une augmentation du taux du droit d’importation de 2,5% et 10% à 17,5% applicable aux machines à laver et aux congélateurs à usage domestique.
Les députés expliquent que la hausse proposée par le PLF du DI inclut les machines à laver automatiques ou entièrement automatiques qui ne sont pas fabriquées localement, tandis que seules les machines semi-automatiques sont produites localement et doivent donc être protégées.
En conséquence, il est proposé d’augmenter le taux du droit d’importation de 2,5% à 17,5% uniquement sur les machines à laver semi-automatiques, tout en les spécifiant dans le tarif douanier.
>> Maintien du droit d’importation à 2,5% applicable aux cellules photovoltaïques assemblées en modules ou constituées en panneaux
Le PLF proposait d’augmenter les droits d’importation à 10% afin de développer la compétitivité de l’industrie nationale des panneaux photovoltaïques. En commission, les députés ont annulé cette hausse « étant donné que la capacité de production locale actuelle de ces produits reste très limitée et ne répond pas aux besoins nationaux croissants, que ce soit pour les usages personnels ou industriels ».
Ils ont expliqué que le recours aux importations est nécessaire pour soutenir le développement actuel de l’équipement dans ce domaine et pour atteindre les objectifs de la transition nationale dans le secteur de l’énergie, et ce, malgré les investissements importants en cours de réalisation dans le domaine des énergies renouvelables.
>> Hausse du DI sur les les pare-brise à 17,5%
Cette modification vise à augmenter le droit d’importation de 2,5% à 17,5% sur les pare-brise automobiles classés sous la position tarifaire n° 8708220000, afin de renforcer la compétitivité de la production nationale de ce produit face aux importations du produit fini prêt à être installé.
>> Relèvement du droit d’importation à 17,5% sur les sacs en polyéthylène à usage industriel
La modification vise à porter le droit d’importation de 10% à 17,5% pour les sacs en polyéthylène utilisés dans l’industrie. L’objectif est de renforcer la protection de la production nationale.
L’argumentaire : Le secteur du conditionnement industriel constitue un maillon essentiel pour plusieurs branches économiques, notamment la construction, l’agroalimentaire, la chimie, les engrais, les granulés plastiques et certains segments miniers. Les sacs plastiques extrudés y jouent un rôle clé en raison de leur résistance, de leur technicité et de la diversité de leurs usages.
La commission explique que la baisse des droits d’importation fragiliserait les producteurs locaux, alors que l’industrie nationale dispose des capacités nécessaires pour couvrir une part significative de la demande. Le relèvement du taux vise ainsi à réduire la dépendance aux importations, à encourager l’approvisionnement local et à renforcer la compétitivité des entreprises marocaines opérant dans ce segment.
>> Relèvement du droit d’importation sur les profilés en aluminium destinés aux caissons de ventilation
L’amendement adopté porte le droit d’importation de 17,5% à 30% sur les profilés en aluminium dont l’épaisseur ne dépasse pas 1 mm et dont le poids maximal est de 255 grammes par mètre linéaire.
L’argumentaire : Les entreprises marocaines fabriquent déjà environ 26.000 tonnes de ces profilés, alors que le marché intérieur est estimé à 65.000 tonnes. Le volume total de la production nationale d’aluminium atteint par ailleurs près de 100.000 tonnes. Compte tenu de cette capacité installée, la commission juge que l’industrie locale est en mesure de couvrir une part importante de la demande. Le maintien d’un niveau de protection élevé est donc présenté comme nécessaire pour préserver la compétitivité des producteurs nationaux et éviter une pression accrue des importations sur ce segment.
>> Modification du paragraphe III de l’article 20 du Code général des impôts
Dans sa version actuelle : « Les sociétés non résidentes, n’ayant pas d’établissement au Maroc, sont tenues de déposer une déclaration du résultat fiscal au titre des plus-values résultant des cessions des valeurs mobilières réalisées au Maroc, établie sur ou d’après un imprimé-modèle de l’administration. Cette déclaration doit être déposée dans les trente (30) jours qui suivent le mois au cours duquel lesdites cessions ont été réalisées. ».
L’amendement accepté : « Les sociétés non résidentes, n’ayant pas d’établissement au Maroc, sont tenues de déposer une déclaration du résultat fiscal au titre des plus-values résultant des cessions des biens immobiliers et des valeurs mobilières réalisées au Maroc, établie sur ou d’après un modèle établi par l’administration. Cette déclaration doit être déposée dans les trente (30) jours qui suivent le mois au cours duquel lesdites cessions ont été réalisées ».
L’argumentaire :actuellement, les sociétés non résidentes ne disposant pas d’un siège au Maroc et procédant à la cession d’immeubles situés au Maroc doivent déclarer la plus-value réalisée dans le cadre de la déclaration annuelle du résultat imposable à l’impôt sur les sociétés, conformément aux règles générales, et ce dans un délai de trois (3) mois suivant la clôture de l’exercice comptable. Dans un souci de clarification et de simplification du régime déclaratif applicable aux non-résidents, afin de leur permettre de régulariser leur situation fiscale immédiatement après l’opération de cession, il est proposé de prévoir le dépôt de la déclaration susmentionnée dans un délai de trente (30) jours suivant le mois au cours duquel la cession a été réalisée, à l’instar de ce qui est actuellement pratiqué pour les cessions de valeurs mobilières effectuées au Maroc par ces mêmes sociétés, et selon un modèle simplifié établi par l’administration. Par souci d’harmonisation, il est également proposé de modifier et de compléter les dispositions de l’article 170-VIII relatives au recouvrement par voie de paiement spontané. Cette modification s’appliquera aux plus-values réalisées sur les cessions d’immeubles effectuées à compter du 1er janvier 2026.
>> Modification de l’Article 31 relatif aux Exonérations et réduction d’impôt pour ajouter un abattement.
L’amendement propose d’ajouter le point : V. Abattement
« Les personnes physiques dont les revenus professionnels sont déterminés selon le régime de la contribution professionnelle unifiée et qui ne disposent d’aucun régime de retraite bénéficient d’un abattement de 50 % sur le montant de la plus-value réalisée ou constatée relative aux éléments incorporels du fonds de commerce, dans la limite d’un million (1.000.000) de dirhams, lorsqu’elles cessent définitivement d’exercer leur activité professionnelle. Pour bénéficier de cet abattement, les contribuables concernés doivent être âgés d’au moins soixante-cinq (65) ans révolus à la date de la cessation définitive de leur activité professionnelle ».
L’argumentaire : Dans le cadre des mesures visant à alléger la pression fiscale pesant sur les contribuables en fin de parcours professionnel, à l’instar des retraités, il est proposé de faire bénéficier les personnes physiques dont les revenus professionnels sont déterminés selon le régime de la contribution professionnelle unifiée et ne disposant d’aucun régime de retraite d’un abattement fiscal.
>> Clarification de l’article 14 relatif aux produits de placements à revenu fixe
L’amendement adopté vise à harmoniser la rédaction de l’article 14 en précisant que les produits de placements à revenu fixe soumis à la retenue à la source concernent aussi bien les personnes physiques que les personnes morales.
>> Revalorisation de la réduction pour charge de famille (article 74 du CGI)
L’amendement modifie l’article 74 du CGI en portant la réduction annuelle pour charge de famille de 500 à 600 DH par personne à charge. Le plafond global des réductions est également relevé, passant de 3.000 à 3.600 DH par contribuable. Cette modification vise à actualiser les montants déductibles afin de tenir compte de l’évolution du coût de la vie et d’améliorer le soutien accordé aux contribuables ayant des personnes à charge.
>> Précision des règles applicables en cas de non-respect des conditions d’avantages fiscaux (article 232 du CGI)
L’amendement introduit un nouveau point 25 à l’article 232, qui n’existait pas dans la version initiale. Cette nouvelle disposition prévoit que, lorsque des contribuables ayant fourni des garanties pour bénéficier d’avantages fiscaux ne respectent pas les conditions exigées pour en bénéficier, l’administration peut procéder immédiatement à l’émission des impôts, taxes, droits, pénalités et majorations dus, sans attendre l’expiration des délais de prescription. L’ajout vise à clarifier la procédure applicable en cas de non-respect des engagements conditionnant l’octroi d’un avantage fiscal.
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>> Débat sur les droits d’importation pour les “tests rapides” et l’aluminium
La Majorité a proposé deux amendements relatifs à l’aluminium et aux tests rapides (Droit d’importation à 17,5%). Ils ont suscité un débat au sein de la commission qui a finalement décidé de les trancher par la deuxième chambre après consultation de la commission compétente et un examen approfondi.
> Argumentaire tests rapides : le Maroc dispose de plus de 12 tests rapides classés sous la position tarifaire 38.22, permettant un diagnostic rapide des affections infectieuses ou chroniques. Dans le but de réduire le coût du diagnostic et d’alléger la charge sur les laboratoires et les hôpitaux, de manière à permettre l’orientation des ressources vers les cas les plus complexes, et de faciliter l’accès au diagnostic dans les zones reculées (du fait qu’ils sont faciles à transporter et à utiliser dans les régions dépourvues de laboratoires avancés), et afin d’augmenter la production locale et de renforcer les chaînes d’approvisionnement, de créer des opportunités d’emploi et de développer des compétences locales, de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité, de développer le secteur des biotechnologies, et par conséquent, de renforcer la souveraineté sanitaire nationale.
>Argumentaire l’aluminium : Le projet de loi de finances a proposé de réduire le droit d’importation sur les profilés en aluminium d’une épaisseur ne dépassant pas 1 mm et d’un poids maximal de 255 grammes par mètre linéaire, utilisés dans la fabrication des boîtiers de ventilation, de 30% à 17,5%, dans le but de soutenir l’industrie nationale des boîtiers de ventilation.
Étant donné que les entreprises marocaines produisent environ 26.000 tonnes de ce type de profilés en aluminium, tandis que la production totale d’aluminium atteint 100.000 tonnes, nous proposons de maintenir le droit actuel fixé à 30%, d’autant plus que ces entreprises sont capables de répondre à la demande intérieure de cette matière, estimée à 65.000 tonnes.