« Poisson à prix raisonnable » : 2.150 tonnes de produits congelés ont été écoulées

Selon le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, l’initiative « poisson à prix raisonnable », dont le coup d’envoi officiel a été donné le 22 février 2025, a permis de « répondre à la demande croissante en produits de la mer à des prix compétitifs, tout en garantissant une qualité irréprochable ».

Le nombre de villes où les points de vente sont opérationnels a dépassé 40 villes à travers le territoire national, parmi lesquelles Casablanca, Benslimane, Rabat, Salé, Aïn Aouda, Fès, Témara, Tamesna, Agadir, Tan-Tan, Dakhla, Tiznit, Guelmim, Assa-Zag, Khénifra, Béni Mellal, Tadla, Marrakech, Essaouira, Fqih Ben Saleh, M’diq, Sidi Ifni, Ouarzazate, Taroudant, Chichaoua et Afourar, en plus de caravanes mobiles reliant plusieurs autres villes.

Les points de vente atteignent près de 400 citoyens par jour, selon le département de tutelle, qui note que « tous ces poissons font l’objet d’un contrôle strict de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), garantissant ainsi leur qualité et leur sécurité alimentaire ».

En complément des villes déjà citées, et dans le cadre d’un partenariat avec plusieurs enseignes de distribution, des points de vente supplémentaires ont été mis en place afin d’étendre la disponibilité des poissons congelés aux zones non couvertes par l’initiative.

Ainsi, les magasins « BIM » disposent d’environ 780 points de vente, les magasins « Label’Vie » mettent à disposition 183 points de vente sur l’ensemble du territoire national, et les magasins « Super U » comptent six points de vente à Casablanca et Rabat.

Un approvisionnement renforcé pour le Ramadan

Dans les semaines à venir, la distribution sera renforcée à travers des efforts logistiques supplémentaires et une coordination accrue entre les différents acteurs du secteur de la pêche, afin d’assurer un approvisionnement régulier des marchés tout au long du mois de Ramadan, souligne la même source.

De plus, l’initiative « poursuivra son engagement en faveur du pouvoir d’achat des familles marocaines, en proposant des prix débutant à 17 dirhams le kilogramme ».

Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime assure qu’il intensifiera ses efforts pour garantir l’approvisionnement des marchés en produits maritimes, malgré les conditions météorologiques instables qui perturbent les activités de pêche dans plusieurs ports du Royaume.

Cette période se caractérise par des vagues dépassant les cinq mètres dans certaines zones, tandis que les prévisions météorologiques pour les 48 prochaines heures annoncent la persistance du mauvais temps, notamment en Méditerranée, avec des vents violents affectant particulièrement la zone de Saïdia à Tanger.

De plus, des vagues dangereuses sont attendues entre Tanger et Essaouira, ce qui risque de perturber les opérations de pêche et d’obliger les navires à éviter certaines zones afin de garantir la sécurité des bateaux et des marins.

(Avec MAP)

Sardines à 5 DH : ce que l’engouement pour le geste de Abdelilah dit de nous

Mercredi 26 février 2025, dans le tumulte coloré du quartier Al Massira à Marrakech, une scène inattendue se joue sous le regard curieux et solidaire d’une foule rassemblée. Au cœur du marché animé, parmi les étals débordants et les charrettes chargées de fruits et légumes, Abdelilah (alias Japony), jeune poissonnier fils de poissonnier, l’homme qui défie le marché, est le héros du jour.

À quelques jours du Ramadan, ce poissonnier avait fait l’événement en vendant le kilo de sardines à 5 DH, soit 60% à 75% moins cher que les prix moyens relevés dans les grandes villes.

Devant son commerce fermé (un garage dans la maison des parents qu’il nomme « Port de Marrakech »), des dizaines et des dizaines de personnes attendent. Qui par curiosité, qui pour acheter la sardine. Des tickets numérotés ont été distribués à la foule pour organiser le processus de vente.

À 16h30, au bout donc d’une longue attente pour la foule rassemblée et occupant une grande partie de la chaussée, « il » apparaît. La suite est impressionnante. Debout sur le marche-pied d’un camion blanc, il porte un drapeau marocain autour du cou. Bruyamment salué, applaudi, il arbore un large sourire assuré, tandis que fusent des youyous [Voir vidéo à la fin de l’article].

Abdelilah est à tout moment entouré d’une garde rapprochée, dont un homme barbu, habillé en treillis et keffieh qui déclare à l’assemblée qu’il est venu du Gharb pour le soutenir.

Ses accompagnateurs annoncent que la cargaison de poisson que le camion a ramenée de Boujdour ne sera pas mise en vente ce jour-là, mais le lendemain.

Devant les caméras, il raconte qu’il a été reçu par le wali Farid Chourak, qui lui a dit qu’il pouvait « ouvrir sa poissonnerie et vendre son poisson à bas prix au peuple ». Les autorités, selon cette même version, lui ont donné des conseils en matière d’équipement et d’hygiène, pour que le poisson reste sain et bien conservé.

Répétant de nombreuses fois « Aach Al Malik » (Vive le Roi), il annonce que la cargaison du jour lui a été expédiée par un notable de Boujdour, possédant des bateaux de pêche. Cette cargaison sera vendue à 0,50 DH le kilo, promet-il. Un prix exceptionnel, facilité par le fait que le poisson et son transport ont été payés par le donateur.

Abdelilah, rock star du jour, savoure son succès et sa notoriété. Mais cet épisode inédit, que dit-il de nous, de notre société, de notre situation ?

Il est certain que les nombreux supporters de Abdelilah s’identifient à lui. Il les représente en quelque sorte, lui qui est un enfant du peuple (weld chaâb) qui les comprend, les défend et qui est honnête. Le phénomène entourant ce jeune poissonnier vendant des sardines à prix réduit révèle plusieurs dimensions sociologiques et économiques au Maroc.

Cette initiative peut être perçue comme une contestation spontanée contre les intermédiaires et les pratiques spéculatives qui contribuent à l’augmentation des prix des denrées de base. En proposant des prix défiant toute concurrence, le jeune homme met en lumière les marges élevées pratiquées par certains acteurs du marché et souligne les dysfonctionnements dans la chaîne de distribution. Son succès sur les réseaux sociaux témoigne d’un ras-le-bol général face à la cherté de la vie et à l’injustice perçue dans la formation des prix.

L’engouement autour de cette initiative révèle une solidarité communautaire forte et un désir de transparence dans les transactions commerciales. Il met en évidence les défis persistants liés à l’économie informelle et à la spéculation, tout en soulignant l’importance croissante des réseaux sociaux comme catalyseurs de changement et de mobilisation citoyenne.

Ce phénomène est révélateur des tensions socio-économiques actuelles et souligne la nécessité d’une réflexion approfondie sur les pratiques commerciales et la protection des consommateurs au Maroc.

Il illustre une défiance croissante envers les structures commerciales installées et les intermédiaires perçus comme abusifs. Il reflète également une prise de conscience collective et une volonté d’agir pour une justice économique. Politiquement, cette situation devrait inciter les décideurs à revoir les mécanismes de régulation des prix et à renforcer les contrôles contre les abus.

En cette période de pré-campagne électorale, les politiques doivent savoir que le prochain scrutin législatif en 2026 se jouera certainement sur le terrain du pouvoir d’achat et également de l’intégrité. L’offre politique devra s’adapter.

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Aquaculture. 200 fermes opérationnelles à fin 2024

À la fin de l’année 2024, le Maroc comptait plus de 200 fermes aquacoles opérationnelles capables de fournir une production cible de plus de 124.000 tonnes par an, apprend Médias24 de sources informées au sein de l’Agence nationale de développement de l’aquaculture (ANDA).

Selon les mêmes sources, ces fermes aquacoles ont permis la création de 5.000 emplois directs et de 10.000 emplois indirects.

Pour les objectifs futurs de l’ANDA, il est question de la mise en place de 61 nouveaux projets pour atteindre une production supplémentaire de 24.800 tonnes par an.

Le secteur aquacole au Maroc bénéficie d’un cadre juridique distinct grâce à la loi n°84-21 relative à l’aquaculture marine, publiée en mars 2023. Cette loi modernise le secteur en le différenciant clairement de la pêche maritime, renforçant ainsi son identité et sa structure réglementaire.

L’ANDA, agence dédiée créée il y a une décennie, a réalisé des plans d’aménagement aquacole couvrant 2.400 km de côte, soit plus de 70 % du littoral marocain, répartis sur 8 régions : Dakhla-Oued Eddahab, Souss-Massa, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Casablanca Settat, Laâyoune Sakia El Hamra, Marrakech-Safi, Guelmim Oued Noun et l’Oriental.

Une superficie maritime totale d’environ 24.000 ha a été identifiée au niveau de ces régions, répartie sur 1.540 fermes potentielles, dédiées à la pisciculture, la conchyliculture et l’algoculture, pour un potentiel de production cible de plus 300.000 tonnes.

Actuellement, l’ANDA s’attelle au développement de pôles aquacoles intégrés, renforçant ainsi l’écosystème du secteur par plusieurs mesures dont :

À cela s’ajoutent des incitations à l’investissement dont :

– Des exonérations fiscales : TVA sur les intrants aquacoles (alevins, naissains et aliments) et droits de douane sur l’aliment réduits à 2,5 % (contre 25 % auparavant) jusqu’en 2026 ;

– Des appels à manifestation d’intérêt : 16 appels à manifestation d’intérêt qui ont permis de sélectionner plus de 415 projets d’investissement en aquaculture dans les 8 régions du Royaume et l’attribution de plus de 50% des espaces identifiés par les plans d’aménagements aquacoles. Ces projets concernent 785 parcelles aquacoles et occupent une superficie maritime totale de plus de 14.000 ha ;

– Des financements dédiés : le programme, placé sous l’emblème «Making Aquaculture Work for Market and Social Inclusiveness Project » mobilisant une enveloppe totale de plus de 200 millions DH sur 4 années. En plus d’un programme de développement de l’économie bleue avec la Banque mondiale et d’un programme de financement porté par le ministère de l’Économie et des finances, visant à fédérer les différentes parties prenantes autour d’activités littorales génératrices de revenus et valorisant le patrimoine national littoral ;

– La formation professionnelle : plus de 300 bénéficiaires, qu’ils soient jeunes entrepreneurs ou coopératives de pêche artisanales, relevant des régions de Dakhla-Oued Eddahab, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, l’Oriental, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun ont été formés aux techniques d’aquaculture, de sécurité maritime et de gestion d’exploitations ;

– Des fermes pédagogiques : installations de 3 fermes aquacoles de démonstration et de vulgarisation : une ferme aquacole pédagogique installée au niveau de la région de Dakhla-Oued Eddahab, une ferme mytilicole pédagogique au niveau de la région de l’Oriental et une ferme mytilicole pilote au niveau de la région de Souss-Massa ;

Projets sociaux : 112 initiatives sociales soutenues par une enveloppe de 164 millions de dirhams du fonds de l’appui sectoriel de l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’UE et le Maroc.

Sécheresse et prix du poisson : une question qui fait débat et des réponses qui surprennent

« Est-ce que même les poissons en mer souffrent de la sécheresse ? Ayez du respect pour l’intelligence des Marocains ! »

C’est par une interrogation ironique que la députée Rim Chabat, du Front des forces démocratiques (FFD), s’est adressée au ministre de l’Agriculture à propos de la hausse des prix des produits agricoles, question qui a rapidement été partagée sur les réseaux sociaux.

Le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a répondu qu’il existe un lien direct entre la sécheresse et les populations de poissons avant d’entrer dans le vif du sujet et de présenter les actions du département d’agriculture pour équilibrer le pouvoir d’achat des Marocains.

L’analyse des commentaires postés sur les réseaux sociaux révèle une dualité d’opinions. Certains estiment que la question soulevée est pertinente et qu’il n’existe aucun lien direct entre les précipitations et le poisson vivant en milieu aquatique ni, par conséquent, entre la hausse des prix des produits de la mer et la sécheresse. D’autres, plus nombreux, cherchent à savoir quelle position est la plus juste dans ce débat.

Afin d’apporter une réponse objective à cette question, nous avons survolé les travaux scientifiques en relation avec le sujet.

Les courants d’upwelling, fil conducteur de cette énigme

Théoriquement, la majeure partie de la production halieutique est principalement associée à trois processus d’enrichissement en nutriments : le mélange turbulent induit par les marées, l’apport des cours d’eau continentaux et l’upwelling côtier.

 

Représentation schématique du processus d’upwelling (d’après l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique NOAA).

L’upwelling est un processus océanographique alimenté par les vents, où des eaux profondes riches en nutriments remontent à la surface de l’océan, ce qui favorise la croissance du phytoplancton, une source essentielle de nourriture pour de nombreux poissons.

L’eau du fond a tendance à être plus froide en raison du manque de lumière solaire, plus riche en nutriments du fait de la décomposition de la matière organique qui se dépose, et plus acide et moins oxygénée. Lorsque cette eau remonte à la surface et est exposée au soleil, les nutriments qu’elle contient contribuent à nourrir un écosystème alimenté par une production primaire élevée.

La richesse halieutique du Maroc est en grande partie due à la présence d’un système de courant d’upwelling. Il s’agit du système de courant d’upwelling canarien qui s’étend des côtes marocaines au Nord jusqu’en Guinée au Sud, et correspond à l’une des quatre zones d’upwelling les plus riches au monde.

 

Carte mondiale des zones d’upwelling les plus productives.

Grâce à ce système, l’explosion de vie planctonique nourrit l’ensemble de la chaîne alimentaire marine, de la sardine au maquereau, en passant par les grands prédateurs marins. Cette abondance biologique est à l’origine de pêcheries prospères et constitue un moteur socio-économique de l’activité halieutique.

 

La carte de distribution de la chlorophylle A (production primaire marine, base de la chaîne alimentaire marine) en surface de l’océan. Elle met en évidence un pic de concentration au niveau du courant d’upwelling des Canaries, témoignant d’une forte productivité primaire dans cette région allant du Maroc jusqu’en Guinée (carte générée par la plateforme Oceancolour).

La relation entre le climat et les populations de poissons est certaine et multifactorielle. Au vu des changements climatiques qui ne font plus débat, les océans se réchauffent à un rythme plus rapide que les continents, en raison de l’augmentation exponentielle d’émissions de gaz à effet de serre. La fonte des glaces polaires, due en grande partie au réchauffement climatique, exacerbe ce phénomène et favorise l’acidification des océans.

Ces changements des conditions physico-chimiques de l’eau entraînent une modification des habitats, rendant ceux-ci inadaptés à la survie de nombreuses espèces de poissons. En effet, chaque espèce possède des exigences environnementales particulières qui, si elles ne sont plus remplies, l’obligent à migrer ou à disparaître localement.

Les écosystèmes marins, en lien avec le processus d’upwelling, reposent sur plusieurs mécanismes écologiques et climatiques interconnectés, jouant un rôle clé dans l’évolution de ces dynamiques. En réduisant les apports en nutriments essentiels au phytoplancton, les dérèglements climatiques fragilisent la base de la chaîne alimentaire marine, compromettant ainsi la survie des espèces marines, en particulier lors de leurs phases de reproduction.

De leur côté, les précipitations jouent un rôle très important dans le processus d’upwelling en favorisant la création d’une stratification haline. En diluant l’eau de mer, les précipitations créent une couche supérieure moins salée et moins dense que la couche inférieure. La différence de salinité entre les eaux de surface et les eaux profondes crée un gradient de densité et permet ainsi le déplacement des masses d’eau essentiel pour développer une vie abondante le long de la ceinture d’upwelling.

L’augmentation de la salinité des eaux de surface, couplée à une diminution des précipitations, influence la stratification haline. Cette influence limite les échanges verticaux des masses d’eau, atténuant ainsi les processus d’upwelling et réduisant la disponibilité en nutriments pour les écosystèmes marins. À long terme, ces modifications peuvent induire des déplacements des zones de haute productivité biologique et entraîner des bouleversements significatifs dans la disponibilité des espèces marines et leurs recrutements biologiques.

La pluie, un facteur clé pour la vie halieutique ?

Plusieurs avis concernant la problématique du stress hydrique au Maroc pensent, naïvement, que notre pays perd des milliards de mètres cubes de ses ressources hydriques qui se retrouvent annuellement dans l’océan. Or, il serait sage de reconsidérer cette idée dominante puisque les volumes d’eau versés dans les mers sont très importants pour la vie marine en transportant les éléments et nutriments, présents en quantités limitées dans les océans.

 

Apports des eaux douces (pluies et fleuves) pour favoriser le développement des ressources halieutiques (d’après Broadley et al., 2022)

Si l’azote est un élément essentiel à la vie, les eaux marines en sont souvent déficitaires. Les études scientifiques convergent pour montrer que les précipitations constituent une voie de transport de l’azote inorganique dissous de l’atmosphère vers les eaux de surface marines. Ainsi, après les événements pluvieux, des quantités significatives de chlorophylle et de nutriments dans les eaux de surface se développent, stimulent la croissance du phytoplancton, et c’est cette augmentation de la production primaire qui favorise, en retour, le développement des populations de poissons.

Un travail scientifique de Gillson, intitulé « Chaque goutte de pluie n’est pas perdue« , met en évidence l’impact significatif des variations saisonnières et interannuelles des débits d’eau douce sur les écosystèmes aquatiques. En modifiant les conditions physico-chimiques, ces variations influencent directement la croissance, la survie et le recrutement des poissons et des invertébrés, avec des conséquences notables sur la production halieutique.

Ainsi, les événements extrêmes tels que les inondations et les sécheresses ont les conséquences les plus marquées sur la production halieutique, en induisant des changements rapides des conditions physico-chimiques de l’eau, ce qui modifie la richesse et la diversité des espèces aquatiques.

La même étude a recensé une dizaine de travaux scientifiques portant sur l’influence des précipitations sur certaines espèces de poisson. La plupart de ces études ont mis en évidence une corrélation positive entre les précipitations et l’abondance de ces espèces, notamment les sardines, les anchois, les poulpes, les crabes et les soles. Toutefois, deux études de cas, l’une sur le Crossie blanc au Chili et l’autre sur les crevettes roses dans un environnement lagunaire brésilien, ont montré des résultats négatifs.

Une autre étude (Stewart et al.,2020) portant sur la courbine japonaise a révélé que les précipitations jouent un rôle crucial dans le cycle de vie de cette espèce. Les données recueillies entre 1984 et 2013 montrent que les années à fortes précipitations sont associées à un recrutement plus important, probablement en raison de l’amélioration des conditions de nurserie dans les estuaires. De plus, l’analyse des captures commerciales a mis en évidence un décalage temporel entre les précipitations et l’abondance du poisson, suggérant que l’augmentation significative est vraisemblablement liée aux précipitations datant de deux à trois années auparavant, mais pas aux précipitations de l’année de capture.

Dans le contexte de l’upwelling canarien, une récente étude de Sarré et al. (2024) s’est intéressée à l’impact du changement climatique sur la distribution des petits poissons pélagiques au nord et au sud de Lagouira (Cap Blanc du côté mauritanien). Selon les résultats de cette étude, les poissons semblent avoir modifié leur répartition spatiale en réponse à ces changements. Ces changements migratoires varient d’une année à l’autre, les sardines tendant à se diriger soit vers le nord, soit vers le sud, en fonction des conditions environnementales plus favorables.

 

Évolution des distributions de huit espèces de poissons pélagiques selon les relevés acoustiques (1995-2015) de Cap Juby au Sénégal (Sarré et al., 2024)

Les prix de détail des produits alimentaires durant le mois de Ramadan au Maroc : écarts remarquables entre les régions

Au Maroc, la variabilité des prix de détail des produits alimentaires, révélée par les données du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts au 2 avril 2024, dessine un paysage économique complexe. Entre les légumes, les fruits, la viande et le poisson, les écarts tarifaires d’une région à l’autre mettent en lumière les défis de l’accessibilité alimentaire et soulignent la nécessité d’une gestion attentive des ressources pour assurer une alimentation équitable à l’échelle nationale.

Légumes 

Tomates :

Le prix minimum est de 4 DH/kg à Sous-Massa, tandis que le maximum atteint 10 DH/kg à Dakhla-Oued Eddahab.

Pommes de terre rouge et blanche :

Les prix varient de 3 DH/kg à Sous-Massa (minimum) à 4 DH/kg dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab (maximum).

Oignons :

Pour les oignons secs, le prix minimum est de 5,5 DH/kg à Sous-Massa, tandis que le maximum s’élève à 12 DH/kg à Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Quant aux oignons frais, leur prix minimum est de 2,5 DH/kg à Souss-Massa et Marrakech-Safi, tandis que le maximum atteint 7 DH/kg dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab.

Haricots verts :

Le prix minimum est de 12 DH/kg à Souss-Massa, tandis que le maximum est de 7 DH/kg dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra, Dakhla-Oued Eddahab et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Carottes :

Les carottes sont proposées à un prix minimum de 3 DH/kg à Sous-Massa, et le prix maximum est de 7 DH/kg dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra, Dakhla-Oued Eddahab et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Poivrons verts :

Le prix minimum des poivrons verts est de 7 DH/kg dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, tandis que le maximum atteint 20 DH/kg à Dakhla-Oued Eddahab.

Medias24
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Fruits 

Dattes d’Irak :

Le prix minimum des dattes d’Irak est de 13 DH/kg dans la région de Fès-Meknès, tandis que le prix maximum atteint 25 DH/kg dans la région de l’Oriental.

Dattes de Tunisie :

Pour les dattes de Tunisie, le prix minimum est de 20 DH/kg à Fès-Meknès, tandis que le prix maximum s’élève à 40 DH/kg dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Pommes locales :

Le prix minimum des pommes locales est de 9 DH/kg dans la région de Casablanca-Settat, tandis que le maximum est de 21 DH/kg à Souss-Massa.

Oranges :

Les oranges sont disponibles au prix minimum de 6 DH/kg dans les régions de Casablanca-Settat et Béni Mellal-Khénifra, tandis que le prix maximum est de 10 DH/kg dans la région de Souss-Massa.

Bananes locales :

Les bananes locales sont proposées au prix minimum de 9 DH/kg à Souss-Massa et au prix maximum de 15 DH/kg dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

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Viande et œufs

Viande ovine :

La viande ovine est vendue à partir de 90 DH/kg dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Fès-Meknès, tandis que son prix atteint un maximum de 120 DH/kg dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, ainsi que dans la région de l’Oriental.

Viande caprine :

La viande caprine est disponible à partir de 90 DH/kg dans les régions de Fès-Meknès et de l’Oriental, et son prix maximal atteint 120 DH/kg dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra et Laâyoune-Sakia El Hamra.

Viande bovine :

La viande bovine est vendue à un prix minimum de 75 DH/kg dans la région de Marrakech-Safi, et atteint un maximum de 100 DH/kg dans la région de Fès-Meknès.

Poulet de chair vif (kg) :

Le prix minimum est de 16 DH/kg dans la région de Fès-Meknès, tandis que son prix maximum s’élève à 22 DH/kg dans la région de Souss-Massa.

Œufs calibre moyen (Unité) :

Les œufs de calibre moyen sont disponibles à partir de 1,25 DH/unité à Souss-Massa, et atteignent un maximum de 1,80 DH/unité dans les régions de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et Laâyoune-Sakia El Hamra.

 

Medias24
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Poisson

Le poisson affiche également des écarts de prix notables. Par exemple, la sole est proposée à un prix minimum de 70 DH/kg dans les régions de Casablanca-Settat, Souss-Massa et Fès-Meknès, mais peut atteindre jusqu’à 170 DH/kg dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, pourtant région de pêche par excellence.

La sardine présente un prix minimum de 4 DH/kg  dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, mais peut grimper jusqu’à 25 DH/kg dans les régions de Fès-Meknès et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Quant au merlan, son prix varie de 40 DH/kg dans la région de Souss-Massa à un maximum de 105 DH/kg dans la région de Marrakech-Safi.

Medias24
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*L’écart entre le prix minimum et le prix maximum pour chaque produit est justifié par la qualité.
*En ce qui concerne les produits alimentaires transformés, l’écart de prix minimum et maximum est attribué à la qualité et à la marque.

Source : Asaar, ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts ; traitement Médias24.

A l’approche du Ramadan, baisse des prix des légumes, tandis que ceux des viandes rouges et blanches restent stables

Le mois de Ramadan approche à grands pas, et comme chaque année, la disponibilité et les prix des produits alimentaires est une des principales préoccupations. De nombreux consommateurs ont d’ores et déjà entamé leurs préparatifs et commencent ainsi à s’approvisionner en produits de base, en particulier en tomates, oignons, viandes rouges et en volaille.

Différentes sources du marché, jointes par Médias24, nous ont livré les niveaux de prix actuels et quelques prévisions pour les semaines à venir. Selon les professionnels de la viande rouge, les prix se maintiennent depuis le dernier mois de ramadan et ne devraient pas augmenter davantage d’ici le mois sacré de cette année, prévu selon le calcul astronomique pour le 12 mars prochain, ou encore d’ici Aïd Al Fitr.

En ce qui concerne la volaille, les éleveurs vendent actuellement au prix de revient et espèrent que les prix se maintiendront jusqu’au mois de ramadan pour éviter d’éventuelles pertes.

Pour ce qui est des fruits et légumes, les producteurs relèvent une baisse importante des prix, salutaire pour les consommateurs. A son origine : la hausse des températures et une augmentation des droits de douane en Mauritanie sur les légumes marocains.

La tomate varie entre 1,50 et 3 DH/kg au marché de gros

« Qui dit augmentation de la température dit augmentation de l’offre », nous explique une source de l’Association marocaine des producteurs de fruits et légumes (APEFEL), contactée par Médias24, soulignant que « les températures ont atteint jusqu’à 31°C à Agadir les jours passés ».

« Il y a une augmentation assez importante de l’offre au niveau du marché », poursuit notre interlocuteur, « ce qui impacte par ricochet les prix qui, eux, sont très bas« .

Outre les températures, l’autre facteur qui impacte la disponibilité et les prix des légumes est la hausse des droits de douane en Mauritanie sur les légumes marocains.

« Il y a quelques jours, la Mauritanie a augmenté ses taxes, ce qui a poussé les importateurs mauritaniens à boycotter l’importation des produits marocains, imposant aux directions concernées de revenir sur cette décision », ajoute notre source à l’APEFEL. « Cette mesure, qui a coïncidé avec la hausse des températures, a entraîné une baisse importante des prix pratiqués, mais aussi une augmentation de la disponibilité des légumes sur le marché ».

« Les agriculteurs vendent à présent à perte, mais c’est la loi de l’offre et de la demande. A ce jour, le prix des tomates au marché de gros varie entre 1,5 et 3 DH/kg alors que leur production coûte entre 4 et 5 DH/kg. L’agriculteur perd ainsi entre 2 et 3 DH sur chaque kilogramme. Il en est de même pour l’oignon, dont les prix sont très abordables, environ 2 à 3 DH/kg, et les courgettes, vendues à près de 3,50 DH/kg« , précise encore notre source.

En effet, comme le montrent les infographies ci-dessous, les prix des légumes sont en baisse en ce début d’année 2024 par rapport aux niveaux de prix pratiqués il y a quelques semaines.

Les prix affichés ci-dessous sont ceux du marché de gros de Casablanca. Le kilogramme de la tomate varie ainsi entre 3 et 6 DH/kg contre 3,50 à 5,50 DH/kg pour les oignons secs. Le prix des courgettes varie quant à lui entre 2,50 et 5 DH/kg et entre 1,50 et 2,50 DH/kg pour la carotte. En ce qui concerne les pommes de terre, leur prix varie entre 2,50 et 4 DH/kg.

Comment évolueront les prix à l’approche du Ramadan ? Aucun professionnel du secteur ne peut se prononcer à ce jour. « Deux mois nous séparent du mois sacré. Tout peut arriver. Personne ne peut donc se prononcer. Je pense néanmoins que sur les deux prochaines semaines, les prix se maintiendront aux niveaux actuels, mais on ne peut pas prévoir pour les mois à venir, d’autant plus que la météo est déjà en train de changer ce mardi ».

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Les prix de la viande rouge devraient rester stables

Pour ce qui est des viandes rouges, « les prix sont pratiquement constants depuis le Ramadan passé », nous apprend M’hamed Karimine, président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR).

Selon nos informations, le kilogramme varie actuellement entre 80 et 90 DH en moyenne. Il s’agit du prix de vente au client final. Au niveau des marchés de gros, notamment celui de Casablanca, les prix de la viande rouge varient entre 72 et 75 DH/kg contre 97 à 98 DH/kg pour la viande ovine.

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D’après M’hamed Karimine, « l’Etat va de nouveau reconduire les mesures mises en place en 2023 visant à dispenser les importateurs de la TVA de 20% et des droits de douane de 200% sur la viande bovine. Trois ministères devaient signer cette mesure, à savoir celui des Finances, de l’Industrie et de l’Agriculture pour son entrée en vigueur, et c’est désormais chose faite. Il ne reste plus que son enregistrement et sa diffusion sur les postes-frontières pour qu’elle soit applicable ».

En revanche, « sur demande des professionnels du secteur, l’Etat a décidé de suspendre l’octroi de la subvention de 500 DH par tête sur l’importation des ovins, qui n’a pas servi à grand-chose », précise-t-il.

La mise en place de cette mesure « avait pour objectif de faire rentrer au Maroc des animaux vivants à des prix qui pouvaient soutenir la baisse des prix localement », explique M’hamed Karimine. « Lorsque l’Etat a annoncé l’octroi de cette subvention de 500 DH sur les ovins, les commerçants espagnols en particulier ont augmenté leurs prix. Nous avons alors demandé au gouvernement de suspendre cette subvention parce que le marché a beaucoup augmenté. De plus, les prix au niveau local sont restés relativement stables et nous estimons qu’il y aura suffisamment de moutons pour l’Aïd Al Adha. »

Qu’en est-il des niveaux de prix à l’approche du Ramadan ? « Les prix devraient rester stationnaires, surtout avec la sécheresse qui sévit actuellement. Nous estimons qu’il n’y aura pas de hausse ni pour le Ramadan, ni pour Aïd Al Adha », conclut M’hamed Karimine.

La volaille se maintient à 16 DH

Il en est de même pour la volaille, dont les prix se maintiennent. « Le kilogramme de volaille, sortie ferme, est actuellement à 16 DH« , nous apprend Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), joint par Médias24.

« Nous sommes sur le prix de revient », ajoute notre source, qui espère que les prix resteront à ce niveau pour éviter aux éleveurs de perdre de l’argent.

Une réunion a par ailleurs été tenue récemment par le ministre de l’Agriculture avec les professionnels des produits de la mer. Objectif : mobiliser l’ensemble des acteurs du secteur afin d’approvisionner tous les marchés du territoire marocain en produits de bonne qualité, et surtout à des prix qui soient abordables pour le citoyen.

La réunion a ainsi permis d’établir les actions à même d’assurer l’approvisionnement du marché national avec des prix abordables et à la portée du consommateur durant le mois de ramadan, en l’occurrence :

– la mise en place d’une commission centrale pour assurer le suivi de l’approvisionnement régulier du marché national en produits de la pêche de haute qualité et en quantités suffisantes ;

– la mobilisation des opérateurs économiques du secteur de la pêche pour approvisionner en cas de besoin les différentes villes en poissons frais et congelés ;

– le suivi quotidien des prix du poisson frais le long de la chaîne de valeur, en particulier au niveau des halles aux poissons, des marchés de gros et des marchés de détail dans les différentes villes du Royaume ;

– le suivi quotidien des quantités de poissons congelés commercialisées dans les marchés de gros et les différents points de ventes.

Medias24
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Nezha Sadiqi : “La politique des barrages n’atteindra jamais ses limites”

A la fin des années 1960, le Maroc a lancé une ambitieuse politique d’édification des barrages. Longtemps encensée, elle est aujourd’hui parfois critiquée pour son impact environnemental, l’envasement des barrages et l’évaporation des eaux. D’aucuns s’interrogent même sur l’utilité d’édifier un barrage en temps de pénurie et de déficit pluviométrique puisqu’il risque d’avoir des taux de remplissage très faibles.  

Actuellement, le Maroc est doté de 152 grands barrages, outre les 140 petits barrages et lacs collinaires, et de 16 systèmes de transferts d’eau auxquels s’ajoute l’interconnexion des bassins de Sebou et de Bouregreg d’un linéaire de 67 km.  

Ces édifices ont plusieurs objectifs. Ils servent à retenir de l’eau en période de pluie et de neige afin que la ressource ne se jette pas à la mer. L’idée est donc de retenir l’eau afin de l’utiliser en temps de pénurie. Les barrages servent également à protéger les populations contre les inondations en régulant les flux d’eau.

Cela dit, une retenue d’eau artificielle perturbe le cycle de l’eau naturel et assèche les oueds, empêchant par exemple la migration des espèces aquatiques. Pour Médias24, Nezha Sadiqi, chef de service à la Direction de l’aménagement hydraulique, tord le cou à certaines idées reçues. 

Médias24 : On entend souvent dire que la politique des barrages a atteint ses limites. Qu’en est-il ?  

Nezha Sadiqi : La politique des barrages n’atteindra jamais ses limites car la demande en eau est de plus en plus importante. Certes, la pluviométrie est en baisse mais il y a toujours des crues, à l’image de celle récemment survenue dans l’Oriental. En conséquence, le volume d’eau retenu dans les barrages a nettement évolué. 

– Quelles sont les mesures adoptées pour réduire les effets de l’envasement et de l’évaporation au niveau des barrages ? 

– L’envasement est un phénomène dont on ne peut pas se débarrasser. Mais on peut en réduire l’effet via des opérations de surélévation des barrages. En plus, des équipements techniques sont installés pour évacuer les apports solides de la retenue d’eau afin qu’ils poursuivent leurs cours et ne s’arrêtent pas dans la retenue d’eau. En amont du barrage, des opérations de reboisement sont nécessaires pour réduire l’érosion. 

Concernant l’évaporation des eaux, c’est un phénomène qui a en effet augmenté ces dernières années. Mais c’est un phénomène naturel auquel il est difficile d’apporter une solution. D’ailleurs, le niveau des retenues est en baisse ; pas seulement parce que l’on consomme plus d’eau, mais parce que l’évaporation des eaux est plus importante.   

– Les retenues d’eau artificielle empêchent souvent la migration des espèces aquatiques…

– C’est un aspect que nous prenons en compte lors de l’aménagement d’un barrage, notamment à travers l’installation d’échelles à poisson dans les barrages récents. Ce dispositif permet aux poissons de poursuivre leur migration malgré le barrage qui se dresse. Le problème, c’est que les oueds du Maroc sont quelque peu asséchés. Normalement, ces échelles à poissons sont installées par défaut au niveau international. 

– Le développement social et économique des localités qui accueillent les barrages en aval est mis en avant. Qu’en est-il des localités en amont ? 

– Les zones en amont des barrages sont émergées par les eaux de la retenue. Nous essayons donc de déplacer ces populations, tandis que pour les habitants sur les berges des barrages, nous essayons d’améliorer leur situation à travers notamment des pistes de désenclavement et le réaménagement des infrastructures publiques (mosquées, écoles) avec un développement d’activité socio-culturelle de toute la zone d’action. 

Aquaculture. Une écloserie de poissons marins inaugurée dans le Nord

L’inauguration d’une écloserie de poissons marins, ce mardi 18 juillet, dans la commune de Gueznaya, relevant de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, est un pas capital vers le développement d’une activité aquacole pérenne et à haute valeur ajoutée. 

En effet, pour le département de la pêche maritime, le développement des naissains est essentiel au lancement d’une activité aquacole. Au-delà de la difficulté de trouver des zones protégées des tempêtes sur la façade atlantique – un aspect pénalisant pour l’aquaculture -, l’indisponibilité de naissains en masse a toujours été un frein dans ce secteur. 

De ce fait, le premier projet de production de semences de poissons au Maroc, lancé par le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, est déterminant. « La production d’alevins est considérée comme un levier d’intégration essentiel pour sécuriser la viabilité des projets aquacoles spécialisés dans la pisciculture », assure Mohammed Sadiki. 

Sur une superficie de 2,28 hectares, « ce projet structurant pour le secteur aquacole national a nécessité un investissement de 120 millions de DH, pour doter l’amont de la chaîne de valeur d’une source d’approvisionnement en alevins », précise un communiqué du ministère de l’Agriculture. 

« Il s’agit du premier projet de production de semences de poisson au Maroc pour lequel l’Etat accorde un appui financier sous forme d’une prime à l’investissement aux fins d’acquisition des équipements d’écloserie à hauteur de 20 MDH », ajoute la même source. En détail, l’écloserie produira jusqu’à 30 millions d’alevins locaux de qualité supérieure de dorade, de bar et de maigre, ainsi que d’autres espèces intéressant les fermes aquacoles nationales.

Un nouveau centre de recherche et de technologies conchylicoles 

Symbole de la coopération bilatérale entre le Maroc et le Japon dans le cadre du secteur halieutique, Mohammed Sadiki a inauguré, le lundi 17 juillet, le nouveau Centre de recherche et de technologies conchylicoles à Amsa, commune rurale située à une quarantaine de kilomètres de Tétouan. 

Relevant de l’Institut national de la recherche halieutique (INRH), ce centre a vu le jour grâce à « un financement sous forme de don non remboursable de 100 millions de DH, octroyé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) », indique le département de la Pêche maritime. 

Le centre de recherche est composé de la première écloserie conchylicole expérimentale de recherche marocaine et d’une ferme conchylicole pilote dans la baie d’Amsa. Opérationnelle depuis septembre 2018, cette station est aménagée sur une superficie de 7.000 m2, avec une partie maritime implantée sur une parcelle de 2 hectares au large de la baie.

Pêche côtière et artisanale : recul de 19% des débarquements à fin juin 2023

En valeur, ces débarquements ressortent en augmentation de 3% à plus de 4,98 milliards de DH, précise l’Office national des ports (ONP) dans son récent rapport sur les statistiques de la pêche côtière et artisanale au Maroc.

Par espèce, les débarquements des coquillages, du poisson pélagique et des céphalopodes ont baissé respectivement de 39% à 133 T, 23% à 431.425 T et 18% à 30.481 T, tandis que les débarquements des algues, des crustacés et du poisson blanc ont affiché des hausses respectives de 78%, 26% et 17%.

Par port, un total de 9.002 T de produits de la pêche côtière et artisanale a été débarqué dans les entrées portuaires méditerranéennes à fin juin 2023, en baisse de 10% par rapport à la même période une année auparavant. En termes de valeur, ces ports ont enregistré une hausse de 2% à 339,6 millions de DH.

Pour leur part, les débarquements au niveau des ports situés sur l’Atlantique ont diminué de 19% à 513.812 T et ont augmenté, en valeur, de 3% à plus de 4,6 MMDH.