Rabat accueille la 9ᵉ conférence annuelle sur la paix et la sécurité en Afrique, les 19 et 20 juin

Organisée par le Policy Center for the New South, cette rencontre réunira des experts, des diplomates, des responsables militaires et des décideurs pour débattre des principales dynamiques sécuritaires et géopolitiques qui façonnent le continent, indique vendredi un communiqué des organisateurs.

L’APSACO 2025 vise aussi à engager des discussions sur les moyens de renforcer la résilience stratégique de l’Afrique, de consolider ses institutions de gouvernance et de sécurité, et de se repositionner dans un ordre mondial en mutation.

Cette édition abordera plusieurs sujets se rapportant notamment à la fragmentation des blocs régionaux africains et l’émergence de réalignements politiques, à l’évolution des conflits critiques au Soudan, en Libye et dans la région des Grands Lacs, ainsi qu’au positionnement du continent dans un contexte de concurrence renouvelée entre grandes puissances et à l’adaptation de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) aux menaces nouvelles et complexes.

Parmi les intervenants attendus figurent Kainga Patricia Wellington, vice-ministre des Affaires étrangères du Malawi, Adamu Garba Laka, général de division et coordinateur du centre nigérian de lutte contre le terrorisme, Hélio Sanches, ancien secrétaire général du gouvernement du Cap-Vert, Jérôme Mellon, représentant des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, ainsi que Stephen Klingebiel, expert de l’Institut allemand IDOS.

Par ailleurs, le Policy Center for the New South publiera, le 18 juin, la 8e édition de son rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique, une référence incontournable pour mieux comprendre les dynamiques stratégiques du continent.

Ce rapport, qui propose une Afrique racontée par des Africains, une Afrique observée dans sa complexité, ses défis et ses ambitions, est structuré en quatre parties : « Dynamique électorale », « Guerres et conflits », « L’Afrique et le monde » et « L’Afrique atlantique ».

Emploi. Les programmes et politiques actives du marché du travail passés au crible par le PCNS

Le rapport « Politiques actives du marché du travail au Maroc : bilan des programmes phares, défis et pistes d’amélioration » offre une analyse exhaustive inédite des différents programmes et politiques actives du marché du travail (PAMT). Ce document dresse un état des lieux alarmant du marché du travail marocain, marqué par un taux de chômage inédit de 13,7% au premier trimestre 2024, le plus élevé depuis les années 2000, ainsi que par une destruction massive de l’emploi rural.

Face à ces défis, le rapport propose une série de recommandations visant à remédier aux dysfonctionnements du marché du travail. Ces recommandations, essentielles pour la revitalisation économique et sociale du pays, incluent notamment :

Extension et amélioration du ciblage des programmes

Extension de la cible des programmes : pour maximiser l’impact, les programmes de l’ANAPEC doivent s’étendre au-delà des chômeurs diplômés pour inclure les jeunes en rupture de scolarité, les diplômés des petites villes, les chômeurs de longue durée, et les personnes en situation de handicap. Cette extension permettra de répondre aux besoins spécifiques de chaque groupe et d’améliorer l’efficacité des interventions.

Amélioration du ciblage : il est essentiel d’affiner le ciblage des jeunes chômeurs en adaptant les programmes aux besoins spécifiques de chaque groupe. Par exemple, les jeunes en rupture de scolarité nécessitent des formations de base avant d’accéder à des formations spécialisées, et les personnes handicapées ont besoin de dispositifs d’accompagnement particuliers pour leur intégration professionnelle.

Collaboration et coordination interinstitutionnelle

Coordination et complémentarité : mettre en place des dispositifs intégrés couvrant toutes les étapes de la création d’entreprise pour maximiser l’efficacité des interventions et éviter les redondances. Par exemple, un soutien intégré incluant formation, financement, mentorat et accès à des réseaux professionnels.

Concertation avec les parties prenantes : impliquer toutes les parties prenantes, y compris les institutions, entreprises, associations, et bénéficiaires potentiels, dans la conception et l’implémentation des programmes actifs du marché du travail (PAMT) pour garantir qu’ils répondent aux besoins réels du marché et des bénéficiaires.

Convergence des programmes : assurer une convergence des PAMT avec les autres programmes et politiques publiques pour maximiser leur impact. Par exemple, aligner les programmes de formation professionnelle avec les besoins des entreprises locales et intégrer les initiatives de soutien à l’entrepreneuriat aux politiques de développement économique régional.

Évaluation et adaptation continue

Systématisation de l’évaluation : mettre en place une évaluation systématique des PAMT, de leur conception à leur implémentation, pour identifier les points forts et faibles et ajuster les programmes en conséquence. Utiliser des indicateurs de performance et des mécanismes de feedback réguliers pour adapter les programmes en fonction des résultats obtenus.

Évaluation sectorielle : effectuer des évaluations spécifiques à chaque secteur économique pour adapter les programmes aux besoins et dynamiques propres de chaque secteur. Par exemple, adapter les programmes de formation aux besoins en compétences du secteur technologique ou agricole.

 Renforcement de la gouvernance et des capacités

Renforcement des capacités : améliorer les compétences et qualifications des acteurs institutionnels et renforcer les capacités de l’ANAPEC en ressources humaines, systèmes d’information, et procédures. Par exemple, offrir des formations continues aux agents de l’ANAPEC et améliorer les infrastructures technologiques.

Gouvernance et décentralisation : adapter la gouvernance des programmes pour favoriser la décentralisation et l’accès aux services pour les populations rurales. Par exemple, décentraliser les services vers les municipalités et bureaux locaux pour développer des actions spécifiques pour les communautés rurales.

Recours aux nouvelles technologies

Intégration des nouvelles technologies : accélérer la mise en place de solutions technologiques pour optimiser les processus de recherche d’emploi, faciliter l’accès à la formation, et créer de nouveaux services. Par exemple, développer des plateformes en ligne pour offrir des cours à distance, des outils de matchmaking entre employeurs et demandeurs d’emploi, et des services de mentorat virtuel.

Optimisation des programmes spécifiques

Adéquation formation-emploi : assurer que les formations offertes correspondent aux attentes et aux besoins du marché du travail en collaborant avec les universités et les entreprises. Par exemple, établir des partenariats pour offrir des stages et des formations pratiques.

Surveillance des pratiques des entreprises : mettre en place des contrôles stricts pour surveiller les pratiques des entreprises et éviter la rotation excessive des stagiaires. Par exemple, effectuer des audits réguliers et instaurer des mécanismes de reporting transparents.

Capitalisation sur les récents changements : consolider et promouvoir les améliorations récentes, comme la réduction de la durée du stage et la couverture médicale, pour renforcer l’attractivité des programmes.

Facilitation et appui à l’entrepreneuriat

Renforcement de l’accompagnement post-création : améliorer l’accompagnement des entrepreneurs après la création de leur entreprise en offrant des services de mentorat, des réseaux de soutien, et des formations continues.

Encouragement des projets prometteurs : mettre en place des concours de start-ups, des incubateurs, et des programmes de financement pour soutenir les jeunes entrepreneurs.

Adaptation des dispositions législatives : simplifier les démarches et adapter les dispositions législatives pour faciliter la création d’entreprise, par exemple en proposant des processus d’enregistrement simplifiés et des exemptions fiscales temporaires.

Mobilisation et diversification de l’appui financier : encourager les investissements privés et explorer de nouvelles sources de financement, comme les fonds de capital-risque et les programmes de microcrédit, pour offrir des options de financement diversifiées.

Solutions pour les locaux et le foncier : proposer des solutions pour faciliter l’accès aux espaces de travail pour les jeunes entrepreneurs, par exemple en offrant des espaces de co-working subventionnés et des pépinières d’entreprises.

Amélioration de l’équité et de l’accessibilité

Équité catégorielle et territoriale : étendre progressivement le programme « Taehil » aux non-diplômés et mettre en place des mesures d’appui à la mobilité pour garantir un accès équitable à la formation. Par exemple, introduire des bourses de mobilité et des dispositifs de formation décentralisés pour assurer l’égalité des opportunités.

Solutions pour les locaux et le foncier : faciliter l’accès aux espaces de travail pour les jeunes entrepreneurs en offrant des espaces de co-working subventionnés, des pépinières d’entreprises, et des terrains à coût réduit pour soutenir les nouvelles entreprises.

Démarrage des Atlantic Dialogues 2023 à Marrakech, une rencontre pertinente et audible

Le coup d’envoi des Atlantic Dialogues a été donné ce mercredi 14 décembre à Marrakech. Cette 12e édition, axée sur le thème « Un atlantique plus affirmé : sa signification pour le monde », rassemble plus de 400 invités de 80 nationalités différentes du bassin atlantique.

L’évènement annuel organisé par le Policy Center for the New South (PCNS) a prouvé sa pertinence, plus que jamais, tellement l’espace atlantique gagne en importance géostratégique. Plusieurs initiatives internationales en témoignent, dont celle du Maroc annoncée par le Roi Mohammed VI dans le discours du 48e anniversaire de la Marche verte.

Plus que jamais au centre des enjeux géopolitiques, les initiatives pour l’Atlantique se multiplient

Les Etats-Unis aussi misent de plus en plus sur le bassin atlantique. En septembre dernier, l’administration Biden a annoncé la création du « Partenariat pour la coopération atlantique » qui réunit 32 pays riverains de l’Atlantique, dont 15 africains.

A travers cette initiative, les Etats-Unis ambitionnent de se rapprocher des pays du Sud global et de contrer l’influence croissante de la Russie et la déferlante chinoise sur les pays d’Afrique, notamment par le biais de l’initiative des nouvelles routes de la soie, ainsi que la montée en puissance des BRICS. Si la guerre froide a été à l’origine de la création de l’OTAN, ce nouveau mécanisme de coopération internationale est synonyme d’une nouvelle polarisation que connaît le monde, indique le think tank américain Atlantic Council.

De son côté, le Portugal a lancé en 2021 l’initiative du « Centre atlantique » qui rassemble 16 pays du Nord et du Sud de l’Atlantique. Axée sur « le soutien de la paix et de la stabilité dans l’océan atlantique », cette nouvelle institution veut œuvrer principalement sur les questions sécuritaires.

En contrepartie, l’initiative marocaine destinée aux pays africains riverains de l’Atlantique adopte une approche ancrée dans le développement économique et social. Axée sur la connectivité entre les pays africains par l’infrastructure de transport multimodal et l’énergie, elle ambitionne d’inscrire l’Afrique dans une nouvelle ère de croissance et de développement. L’initiative royale vise même à contribuer à solutionner les problématiques sécuritaires du Sahel par la voie du développement et du désenclavement. Ce serait l’initiative de la route de la soie africaine. D’ailleurs, peut-être serait-il plus juste de l’appeler la route de l’or.

Rappelons que l’initiative marocaine se concrétise d’ores et déjà à travers le lancement du processus des Etats africains atlantiques qui réunit 22 pays africains et a déjà tenu plusieurs réunions ministérielles. Le projet du gazoduc Maroc-Nigeria, quant à lui, réalise des avancées significatives en matière de mobilisation du financement nécessaire.

L’intérêt croissant pour l’Atlantique, une consécration pour le Policy Center et ses Atlantic Dialogues

La constitution d’un Atlantique élargi comprenant autant les pays du Nord que ceux du Sud, avec une identité géopolitique plus affirmée, devient donc un véritable enjeu pour les pays de cet espace, notamment ceux qui soutiennent ces initiatives, dont le Maroc.

C’est dans ce contexte qu’intervient l’édition des Atlantic Dialogues cette année, qui comprend plusieurs panels avec des intervenants de taille abordant différentes thématiques telles que l’avenir des partenariats stratégiques et du multilatéralisme, l’émergence du Sud global, la refonte de l’architecture financière internationale et les défis actuels de la démocratie, outre les enjeux du changement technologique pour une transition durable.

« Nous publions des dizaines de papiers et organisons plusieurs événements sur l’Atlantique. Nous croyons en cette idée ! Bien sûr, c’est difficile d’impacter les politiques publiques et le monde réel, mais à un moment donné, la petite idée fait son petit bout de chemin », a déclaré El Karim Aynaoui, président du PCNS, dans son discours d’introduction.

« Je pense que les choses n’arrivent pas par accident ; il faut que les idées se structurent et s’organisent », a-t-il lancé en guise de motivation aux participants, les appelant à fournir des efforts pour dépasser les résistances au changement.

Publication de la 10e édition du rapport « Atlantic Currents »

Cette première journée des Atlantic Dialogues 2023 a aussi été l’occasion d’annoncer la publication du nouveau rapport intitulé « Atlantic Currents ». Coordonnée par Mohammed Loulichki, ancien ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies et Senior Fellow au PCNS, cette 10e édition comprend des contributions d’auteurs représentant 24 pays.

Lors du panel de présentation du rapport, Ian Lesser, vice-président du German Marshall Fund (USA), a insisté sur l’importance de dépasser l’approche sécuritaire dans le dialogue Nord-Sud accompagnant les initiatives qui visent à instituer la coopération multilatérale dans l’Atlantique, et de se focaliser sur les opportunités de développement, notamment celles relatives à l’infrastructure, au numérique et à l’énergie.

Jessica de Alba-Ulloa, professeure à l’Université autonome de Nuevo León (Mexique), estime quant à elle que l’identité atlantique ne peut se construire que si elle produit des résultats positifs réels et palpables pour les populations des pays concernés. Elle signale par la même occasion que les opportunités existent entre les pays d’Amérique du Nord, qui représentent 27% du PIB mondial, et les pays d’Afrique riches en ressources humaines et naturelles. Pour elle, le partenariat passe par le développement progressif des accords de libre-échange dans le bassin atlantique.

La conférence, qui vise également à promouvoir le dialogue intergénérationnel, intègre le programme Emerging leaders (ADEL). Ce dernier se conçoit comme un hymne à la jeunesse atlantique entreprenante, en œuvrant à impliquer les jeunes leaders des pays du bassin atlantique dans les rouages des décisions publiques.

L’ambition de cette édition est d’enrichir et d’approfondir la réflexion entamée depuis déjà une décennie sur un Atlantique partagé, pour remédier à l’asymétrie qui caractérise les rapports Nord-Sud et œuvrer à la densification des rapports entre les pays du Sud des deux rives, annonce un communiqué du PCNS.

 

43 jeunes leaders rejoignent la communauté ADEL du Policy Center for the New South

Chaque année, le Policy Center for the New South réunit 30 à 50 jeunes leaders de 25 à 35 ans, démontrant leadership et initiative dans des domaines variés tels que la politique, la finance, les affaires, la société civile, la recherche et les médias. Ces jeunes aspirent à générer un impact significatif dans leurs domaines respectifs.

« Le programme Atlantic Dialogues Emerging Leaders (ADEL) permet à ces jeunes leaders de participer à l’élaboration des politiques et à la construction des récits. Cette année, 43 jeunes leaders issus de 26 pays rejoindront la communauté déjà constituée de 380 anciens participants. Ils prendront part aux séminaires et ateliers de formation au leadership, prévus du 11 au 13 décembre, contribuant ainsi à enrichir les échanges d’idées et d’expériences au sein du Programme ADEL », lit-on dans un communiqué du Policy Center for the New South.

« Le programme ADEL se distingue par son engagement envers la région de l’Atlantique et l’Afrique, offrant aux participants une perspective spécifique et pertinente pour ces zones géographiques. Sa singularité réside dans son approche inclusive, intégrant activement les anciens participants dans sa programmation continue, créant ainsi une communauté dynamique et collaborative. Le programme établit des liens entre les jeunes professionnels du Nord et du Sud, favorisant un échange culturel riche et une compréhension mutuelle accrue », indique le communiqué.

1.200 candidatures déposées 

« Pour cette 12e édition, 1.200 jeunes, âgés de 25 à 35 ans, ont déposé des candidatures exceptionnelles. Un signe du succès du programme et de son excellence atlantique et marocaine. Le processus de sélection, rigoureux et se déroulant en trois étapes, fait en sorte que seuls les candidats les plus qualifiés et les adaptés au programme y sont retenus, renforçant ainsi la qualité de chaque cohorte. Le processus de sélection se base sur quatre critères : esprit d’initiative, potentiel de leadership, vision et ambition de renforcer les liens transatlantiques », souligne la même source.

« Les Emerging Leaders 2023 comptent 29 femmes et 14 hommes. Parmi eux, figurent 15 Africains, 10 Européens, 9 Nord-Américains, 8 Sud-Américains et Caribéens et 1 Asiatique. En ce qui concerne la répartition sectorielle, les participants se déclinent comme suit : 30% sont issus de la société civile ou d’organisations non gouvernementales (ONG), 15% du secteur privé, 15% des gouvernements, 12,5% des organisations internationales, 7,5% du secteur public et 5% du monde universitaire », précise-t-on.

Le programme ADEL vise à créer une communauté qui vit au-delà du cadre de la conférence Atlantic Dialogues, en se voyant proposer diverses opportunités tout au long de l’année : contribuer aux publications du Policy Center ou tenir des rôles de speakers dans les événements et conférences du think tank, conclut le communiqué.

Focus sur la présence du Maroc dans le Programme des AA2023 et sur les membres du Comité scientifique

Le Royaume, co-organisateur de cinq manifestions avec les deux institutions de Bretton Woods-dont le lancement du Livre Maroc et la session « African creative economy showcase »-organisera cinq « évènements Maroc », lesquels permettront une présence remarquée du pays dans le programme des AA2023.

Concrètement, le premier « évènement Maroc » portera sur le thème « Maroc, terre privilégiée pour les investissements privés », prévu lors de la première journée des AA2023 du lundi 9 octobre.

Le mardi 10 octobre sera marqué par l’organisation d’une « manifestation Maroc » sur le thème « Faire face aux grands chocs systémiques : comment valoriser la stabilité en mouvement ».

Les organisateurs ont prévu le mercredi 11 octobre l’organisation  d’une « rencontre Maroc », avec une thématique originale : « Résilience, émergence, solidarité et neutralité carbone ».

Enfin pour les journées du samedi 14 et dimanche 15 octobre, les « évènements Maroc » portent  respectivement sur l’inclusion financière et le rôle des institutions supérieures de contrôle dans l’accomplissement de l’Agenda 2030 des Nations unies.

Un Comité composé de dix membres

A l’instar des éditions précédentes des assemblées annuelles organisées hors de Washington, le Comité scientifique a été créé afin d’apporter une réflexion sur la présence du Maroc dans le programme des assemblées annuelles 2023 et de veiller à la convergence de la campagne de communication vers les sujets qui seront traités lors de cette manifestation internationale, que l’Afrique abrite pour la deuxième fois.

Outre les ministres de l’Economie et des finances, de la Transition énergétique et du développement durable et de la Transition numérique et de la réforme administrative, ainsi que le représentant du ministre des Affaires étrangères, le Comité, présidé par Abdellatif Jouahri, est composé de cinq autres membres. Il s’agit du président de l’Université Mohammed V, du président de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), du patron du Policy Center for the New South, de la représentante de l’ONU-Femme au Maroc et du président de la Confédération marocaine des entreprises du Maroc (CGEM).

Bank Al-Maghrib aux avant-postes

Dans le cadre des initiatives « Road to Marrakech », visant à préparer les assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods, Bank Al-Maghrib (BAM) s’est associée au FMI pour l’organisation d’une table ronde de haut niveau sur les monnaies numériques des banques centrales, en juillet 2023, à Rabat. L’évènement a été rehaussé par la présence de Kristalina Georgieva, directeur général du FMI.

Dans le même ordre d’idées, la troisième édition de la Conférence du réseau de recherche des banques centrales de la région MENA, qui s’est déroulée les 14 et 15 septembre à Rabat, s’inscrit dans le cadre de « la Route vers Marrakech », une série d’évènements visant également à promouvoir les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. La thématique retenue lors de la conférence − fruit d’une étroite collaboration entre la Banque mondiale et les banques centrales (dont Bank Al-Maghrib), membres du Réseau de recherche − est un sujet d’actualité aussi bien pour les Etats du Sud que ceux du Nord. Il s’agit des marchés du travail et de la transformation structurelle.

L’UM6P et le Policy Center for the New South : programme dense, invités prestigieux

Outre Bank Al-Maghrib, mentionnons que l’UM6P et le Policy Center for the New South se distinguent également par l’élaboration d’un riche programme d’événements, organisés en marge des assemblées annuelles, lesquelles enregistreront  la participation de près de 12.000 à 15.000 personnes dont des délégations officielles venues de 150 pays.

Concrètement, en plus de la publication de contenus connexes (consultables via le lien suivant https://www.policycenter.ma/imf-annual-meetings), le Policy Center for the New South tiendra plus de 20 panels de haut niveau dans le cadre du Festival économique, organisé en marge de l’évènement international durant lequel le Royaume mettra sur la table une kyrielle de sujets en lien avec l’Afrique, mais aussi avec le reste du monde.

L’une des particularités du festival axé sur quatre grandes thématiques − économie mondiale, financement du développement, dette publique, résilience en lien avec la sécurité alimentaire et transition énergétique − est le fait de rassembler d’éminentes personnalités connues à l’échelle internationale, pour ne citer que Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

Pour sa part, l’UM6P a annoncé l’organisation de l’évènement « The Voice of Africa », du 10 au 14 octobre 2023, sur son campus de Benguérir. Le cycle de rencontres et de conférences entre dirigeants, scientifiques et économistes de premier plan traitera des enjeux cruciaux tels que la sécurité alimentaire, le développement durable et l’entrepreneuriat en Afrique. Le rendez-vous de l’UMP connaîtra aussi la participation de personnalités éminentes, notamment Rattan Lal, lauréat du prix Nobel de la paix et du Prix mondial de l’alimentation, Jacques Attali, économiste, essayiste et écrivain de renom, Daniel Nahon, expert en pédologie, Alpha Barry, PDG d’Atos Afrique ou encore Silvia Massruhà, présidente de l’entreprise Embrapa, engagée dans l’amélioration de l’agriculture et de la durabilité environnementale.

En définitive,  il convient de rappeler que le Comité scientifique est chargé des actions suivantes :

Séisme: 3 initiatives solidaires du Policy Center for the New South

Conscient de la dimension tragique des conséquences du séisme d’Al Haouz et animé par le devoir de solidarité nationale, le Policy Center for the New South, à travers l’ensemble de ses composantes, se mobilise autour des trois initiatives ci-après :

1- Stage-formation.

Une offre de stage-formation de six mois sera mise en place au profit de 30 étudiants en master, résidents ou ayant des ascendants résidents dans les provinces sinistrées. Ces stages leur permettront d’acquérir une expérience professionnelle et de formation au sein du Policy Center for the New South. Ce programme s’étalera sur une période de trois années et couvrira les principaux domaines de spécialisation du think-tank : recherche en économie et en relations internationales, intelligence économique et veille stratégique, communication et valorisation de la recherche, gestion de projet et de programme.

2- Programme d’immersion.

Ce programme sera mis en œuvre au profit des étudiants de licence, résidents ou ayant des ascendants résidents dans les provinces sinistrées pour acquérir des compétences dans l’organisation des activités du think-tank. Les bénéficiaires seront pris en charge et travailleront en étroite collaboration avec le personnel du Policy Center for the New South dans la réalisation de ses événements de haut niveau.

3- Expertise et travaux analytiques au service de l’Administration.

Le Policy Center for the New South met à la disposition des autorités et de l’Administration son expertise et ses réseaux, nationaux et internationaux, en matière d’analyse et de recherche. Cette démarche vise à soutenir activement les efforts de reconstruction.

Ces initiatives traduisent la mission du Policy Center for the New South, association reconnue d’utilité publique, qui est de contribuer à l’amélioration des politiques publiques, aussi bien économiques que sociales et internationales.

(Source: communiqué)

Géopolitique. Comment va l’Afrique? Un entretien avec Abdelhak Bassou (PCNS)

Médias24 : Parlez-nous de ce rapport annuel de la géopolitique en Afrique. Quels sont ses objectifs et quelle est votre méthodologie de travail ?

Abdelhak Bassou : L’idée a commencé à germer en 2017. Elle se résume dans le fait que les chercheurs et membres du Policy Center for the New South qui traitent de l’Afrique dans leurs travaux durant toute l’année peuvent, chacun dans son domaine de prédilection, participer à un rapport sous forme d’ouvrage collectif qui rassemble les idées, réflexions, constats et observations sur la géopolitique de l’Afrique pendant l’année.

Cette idée initiale a été enrichie par une autre, celle de faire participer aux côtés des auteurs marocains d’autres experts et analystes parmi leurs frères africains. Le rapport devient ainsi une tribune de rencontres africaines où se croisent chaque année les perceptions des Africains sur la géopolitique de leur continent. L’une des ambitions du rapport est également de substituer aux discours afro-pessimistes et afro-optimistes, un narratif afro-réaliste qui raconte l’Afrique telle qu’elle est afin de mieux concevoir ce qu’elle doit être.

– Quels ont été les faits les plus marquants de la géopolitique africaine retracés dans ce rapport ?

– Nos auteurs présentent des analyses qui vont au-delà des faits géopolitiques ; ils analysent une année géopolitique et tentent d’en dégager une vision.

Certains faits géopolitiques ne sont pas traités en eux-mêmes en tant que faits, mais comme générateurs de problématiques géopolitiques. Le rapport raconte l’année 2021 et se trouve donc marqué par les effets de la pandémie et les efforts déployés pour un retour à la normale. Les événements du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée ne sont pas sans marquer le panorama général de l’Afrique et par conséquent du rapport ; il en va de même de la persistance du climat d’instabilité en Libye ou de la situation qui secoue la Corne de l’Afrique.

Tous ces événements qui marquent l’année ne détournent pas les esprits de nos auteurs des questions structurelles et des facteurs constants qui doivent être rappelés, et sur lesquels nous revenons constamment, comme les problématiques de la gouvernance, du genre et du changement climatique.

– Comment l’Afrique a-t-elle géré la crise du Covid et comment en est-elle sortie ?

– Je crois que sur la gestion de la Covid-19 ou des crises en général, l’Afrique est à traiter au cas par cas. On ne peut pas, comme le font les analystes non africains, mettre dans un même panier les cinq régions et les 54 pays, pour ne finalement regarder que ceux qui s’en sortent mal, généraliser la vision et conclure que l’Afrique a mal géré la crise.

La réalité est que la gestion de la pandémie a changé d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre. Cependant, la pandémie a révélé certaines défaillances africaines.

D’abord, un manque de solidarité entre pays africains. Si le Maroc par exemple a pris certaines initiatives pour soutenir des pays sur le continent, beaucoup d’autres pays africains nantis n’ont pas fait le geste. Ensuite, aucun pays africain n’est suffisamment développé en termes d’industrie médicale pour pouvoir donner à l’Afrique une assistance africaine. Toute l’Afrique est restée dépendante de l’étranger.

– L’Afrique a longtemps souffert de l’insécurité et de la violence. C’est une image qui lui colle. Est-ce toujours le cas ?

– Malheureusement oui. En tout cas jusqu’en 2021, année étudiée par le rapport, le continent n’est pas seulement un foyer de tension et d’insécurité, mais ce climat d’insécurité s’aggrave et s’étend. Aux antres classiques et connus depuis les deux dernières décennies comme le Sahel, la Corne de l’Afrique ou la région des Grands Lacs, s’ajoute le Bassin du lac Tchad, le Mozambique et l’Afrique centrale, sans parler de la situation en Libye et au Soudan.

Si l’on se doit de se féliciter de la quasi-disparition des guerres chaudes entre les Etats africains, force est de constater que les animosités et hostilités entre ces pays continuent de s’exprimer dans des conflits froids ou même tièdes, via des proxys ou par des moyens subversifs divers dont l’encouragement au séparatisme est la forme la plus classique.

– Parlons un peu de la crise du Sahel, qui concerne aussi le Maroc au vu de la proximité géographique. En quoi cette crise est-elle complexe ? Comment peut-on s’attendre à ce qu’elle évolue ?

– Il y a deux perceptions du Sahel : le concept restreint qui calque le Sahel sur les cinq pays du G5 Sahel et le concept élargi qui va de l’Atlantique jusqu’à la mer Rouge. Les deux formules présentent des situations qui ne peuvent être que complexes ; d’abord en considération de la multitude d’acteurs locaux et étrangers qui interviennent et dont les intérêts divergent. Le Sahel est de ce fait un théâtre de confrontation de stratégies multiples et diverses. Cette multiplicité d’acteurs et de stratégies donne naissance à des alliances qui se font et se défont dans des logiques qui défient la raison.

Tous les paysages géopolitiques sont volatiles et rendent les lendemains incertains. La conjoncture internationale qui ne fait que se compliquer avec la guerre de la Russie en Ukraine et les menaces de conflits dans l’Indopacifique, n’est pas de nature à augurer. Les Russes sont déjà au Mali ; les Iraniens arrivent dans la région ; du moins, c’est ce que laisse croire la multiplication des contacts entre Iraniens et Maliens et les solides relations que les deux parties entretiennent avec la Russie. Les Algériens autorisent désormais leur armée à intervenir à l’extérieur et consacrent 5 milliards de dollars de leur budget militaire à des opérations hors de l’Algérie qui ne peuvent être qu’au Sahel. La situation ira donc en se compliquant, par l’arrivée de nouveaux acteurs qui tenteront certainement d’aller plus loin que le Mali et de déstabiliser toute l’Afrique de l’Ouest.

– Les coups d’Etat ont toujours la peau dure en Afrique. Le rapport en parle. Pourquoi un bon nombre d’Etats africains n’arrivent toujours pas à s’en défaire ?

– Les coups d’Etat que l’on a cru disparaître du paysage politique africain, et surtout ouest-africain ont, hélas, connu un retour fracassant ces derniers temps. Cela a été le cas pour le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, avec, en plus, un phénomène de coup d’Etat dans les coups d’Etat (Mali et Burkina Faso). Ce télescopage entre le militaire et le politique constitue un frein sérieux au processus de construction de l’Etat de droit dans le contexte africain et impacte négativement les performances économiques des Etats concernés.

A ce phénomène du retour du spectre des coups d’Etat militaires, il conviendrait d’ajouter une pratique largement diffuse connue sous le nom de « coups d’Etat constitutionnels », qui consistent en l’introduction de réformes constitutionnelles dans plusieurs Etats africains, et dont l’objectif premier est de contourner la limite de nombre de mandats présidentiels.

– Changeons pour un ton plus optimiste ! Quelles ont été les bonnes nouvelles en termes de géopolitique africaine ?

– Le tableau géopolitique n’est pas complètement négatif en Afrique, comme le précise mon collègue Jamal Machrouh dans sa contribution au rapport. Plusieurs bonnes nouvelles peuvent effectivement être signalées. Il en est ainsi de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) opérationnelle en janvier 2021. Il est également question de l’amélioration des relations diplomatiques entre le Rwanda et le Burundi, après l’arrivée au pouvoir en 2020 d’un nouveau président, Évariste Ndayishimiye. Cette amélioration va aboutir à une réouverture des frontières entre les deux pays en 2022.

Une troisième bonne nouvelle est l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président en Tanzanie, Mme Samia Suluhu Hassan, en mars 2021. La tournée diplomatique qu’elle a effectuée en Ouganda et au Kenya a participé à la suppression de nombreux obstacles, en particulier les mesures non-tarifaires, qui freinaient les échanges commerciaux entre ces pays, membres de la communauté d’Afrique de l’Est.

– Comment évolue le multilatéralisme en Afrique ?

– Il évolue en dent de scie et oscille entre, d’une part, de bonnes performances institutionnelles et normatives et, d’autre part, des réalisations insuffisantes en termes de volumes d’échanges commerciaux et de coordination politique.

Ainsi, la mise en place de la ZLECAF n’a pas encore produit des effets concrets puisque les négociations sur les questions techniques, comme les règles d’origine et la catégorie des produits sensibles, n’ont pas encore été achevées.

Pareillement, l’adoption d’une architecture de paix et de sécurité africaine, avec au centre un Conseil de paix et de sécurité, ne s’est pas traduite par un management inclusif et efficace des crises et conflits en Afrique.

L’Afrique représente une sorte de dernière frontière de développement et de croissance pour le monde

– Que pouvez-vous nous dire sur l’évolution de l’influence des puissances étrangères en Afrique ?

– L’Afrique représente une sorte de dernière frontière de développement et de croissance pour le monde. Les rivalités entre les puissances étrangères globales, mais aussi régionales, pour s’accaparer des parts additionnelles du marché et des potentialités économiques africaines sont de plus en plus apparentes.

La Chine poursuit sa percée économique en Afrique tandis que l’Occident tente d’y préserver ses marges d’influence. Au même moment, la Russie, la Turquie, l’Iran et bien d’autres conduisent des stratégies cohérentes pour renforcer leur présence en Afrique. La question, c’est de savoir si l’Afrique continuera à être un théâtre sur lequel se déploient les rivalités des puissances étrangères ou, au contraire, si elle réussira à s’imposer comme un partenaire à part entière.

– Quelle place pour le Maroc dans cette Afrique, entre un Maghreb qui a l’air impossible, un retour réussi à l’Union africaine et le renforcement des relations bilatérales avec un bon nombre de pays africains ?

– Le Maroc a forgé une vision globale et cohérente pour son action africaine. Celle-ci privilégie la conception et la réalisation de projets de développement structurants dans une approche de coopération Sud-Sud et win-win. Le projet du gazoduc Nigéria-Maroc en est une parfaite illustration. Il s’agit d’un projet d’acheminement du gaz à partir du Golfe de Guinée jusqu’en Europe en passant par onze pays ouest-africains, en plus de la Mauritanie et du Maroc. L’acheminement du gaz n’étant pas une fin en soi mais uniquement un moyen de participer à l’autonomie énergétique de l’ensemble des parties et au développement économique de toute la région.

L’expert, Abdelhak Bassou

Abdelhak Bassou est Senior Fellow au Policy Center for the New South, spécialisé dans les études en sécurité et en stratégies de défense. Il est également professeur affilié à la faculté de gouvernance et des sciences économiques et sociales de l’Université Polytechnique Mohammed VI.

Il a précédemment occupé plusieurs fonctions au sein de la Direction générale de la Sûreté nationale marocaine, où il a été chef de la division des frontières de 1978 à 1993. Il a exercé en tant que directeur de l’Institut royal de la police en 1998. Il a également occupé le poste de chef de la sécurité régionale (Errachidia 1999-2003, Sidi Kacem 2003-2005) et a été chef des renseignements généraux centraux de 2006 à 2009.

Abdelhak Bassou a contribué aux travaux de plusieurs organisations internationales, notamment le Conseil des ministres de l’Intérieur arabes de 1986 à 1992, où il a représenté la Direction générale de la sécurité nationale lors de nombreuses réunions. Abdelhak Bassou est titulaire d’une maîtrise en sciences politiques et études internationales de la faculté de droit, d’économie et de sciences sociales de l’Agdal à Rabat.

L’expert, Jamal Machrouh

Jamal Machrouh est Senior Fellow au Policy Center for the New South, où il se concentre sur les questions de géopolitique et de relations internationales.

Il est également professeur associé à la Facultés de Gouvernance, Sciences Economiques et Sociales de l’Université Mohamed VI Polytechnique et professeur de relations internationales à la National School of Business and Management, Ibn Toufaïl University à Kenitra.

Par ailleurs, Pr. Machrouh est chargé de conférences au Collège royal de l’enseignement militaire supérieur de Kénitra et à l’université Södertörn de Stockholm, en Suède. Il est l’auteur d’un livre intitulé « Justice and Development under World Trade Organization » et de divers articles traitant des relations internationales et de la géopolitique.

Récession, fuite des cerveaux… L’Afrique mise à rude épreuve par la crise sanitaire

Le Policy Center for the New South (PCNS) a organisé, mercredi 3 février, un wébinaire consacré à la présentation de son rapport annuel sur l’économie de l’Afrique en 2020. Parmi les auteurs venus partager leur analyse, Larabi Jaidi, Senior fellow au sein du PCNS et par ailleurs membre du Conseil de Bank Al Maghrib et de la Commission spéciale sur le modèle de développement.

« La crise du Covid-19 a mis l’accent sur l’ensemble des risques économiques, sanitaires et sociaux dans une approche systémique. L’Afrique n’a effectivement pas échappé à cette pandémie, mais elle a réussi à conjurer le sort, je dirais, et à contenir ses effets négatifs sur la population« , a introduit Larabi Jaidi, soulignant dans un premier temps les atouts du continent. « Sa jeunesse, son climat, ainsi que les réactions très positives des États et des populations – probablement parce que l’Afrique a déjà été confrontée à des épidémies et qu’elle a su tirer un bénéfice de ces expériences précédenteslui ont permis de limiter la diffusion de la crise sanitaire. Les dégâts humains ont été moins graves que sur les autres continents, mais les effets négatifs sur le plan économique et social ont été particulièrement lourds« , nuance-t-il.

« La récession la plus forte depuis les indépendances« 

Et pour cause, selon les chiffres communiqués par Larabi Jaidi, l’impact global sur le PIB « varie entre 5% et 8 à 9% selon les pays, la configuration de leur système productif et le degré de leur exposition aux chocs extérieurs« . Et d’ajouter : « C’est la récession la plus forte depuis les indépendances.« 

Une récession qui frappe de plein fouet une économie africaine d’autant plus fragile qu’elle est très marquée par l’informel. « L’emploi en Afrique est précaire et instable. Tout confinement a donc un impact et celui-ci a aggravé la situation sociale. » Larabi Jaidi se montre toutefois prudent sur les chiffres, estimant que l’impact de la crise sanitaire et économique n’est pas encore suffisamment maîtrisée en termes de données statistiques. L’impact n’est pas non plus le même selon les régions du continent : « Certains pays présentent plus de risques que d’autres car ils sont plus ouverts sur l’économie internationale ; d’autres sont confrontés à des risques sécuritaires, des conflits et des déplacements de populations ; d’autres sont fragilisés par leur insularité ou leur situation enclavée, ou tout simplement parce qu’ils font partie des pays les moins avancés.« 

Une fuite des cerveaux qui risque de s’aggraver à l’issue de la crise

De son côté, Amal El Ouassif, spécialiste des relations internationales au Policy Center for the New South, a pointé « les constantes » de la crise sanitaire, c’est-à-dire « les constats qui risquent de ne pas changer« . D’abord, les flux migratoires ne vont pas s’infléchir, « à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du continent, mais aussi à destination de l’Europe, qui reste une destination attractive pour certains immigrés africains. Il faut donc s’attendre à ce que la dynamique des flux migratoires africains se poursuive dans ce sens, d’autant plus en raison de l’accroissement des inégalités générée par cette crise sanitaire« .

Un point d’interrogation, en revanche, concerne la prédisposition des pays européens à accepter et intégrer les nouveaux arrivants. « La crise de 2008 a confirmé que les immigrés font généralement partie des catégories très vulnérables, et qu’ils sont particulièrement exposés aux chocs externes de l’économie en raison des barrières d’insertion sur le marché du travail en temps de crise. Beaucoup rencontrent notamment des difficultés à renouveler leur titre de séjour ou obtenir un permis de travail en temps de crise. C’est une tendance qui risque de réapparaître après le Covid. Après 2008 également, les demandes dans les secteurs traditionnellement dominés par les travailleurs masculins d’origine étrangère, comme le BTP, ont diminué en faveur d’autres secteurs comme la santé, le travail domestique et l’agriculture. Il y a eu des transferts de la main d’œuvre entre ces deux secteurs, ce qui a donné lieu à une féminisation de la migration pour occuper ce type de postes« , a-t-elle souligné.

Selon des données statistiques établies par Eurostat en 2018, le taux de chômage en Europe pour les ressortissants européens était de 6.1% contre 12.1% pour les étrangers et non Européens.

Amal El Ouassif s’inquiète également d’une fuite des compétences à l’étranger, qu’elle juge jusqu’à présent « alarmante« , notamment en Tunisie. En Europe, la crise sanitaire « va laisser un souvenir amer de la pénurie de compétences dans le domaine de la santé, ce qui va générer une dynamique forte pour attirer les compétences dans ce secteur. « Les gouvernements africains devront affronter cette fuite des cerveaux et mettre en œuvre une politique adaptée pour maintenir chez eux leurs compétences.« 

Gestion Covid-19: la confiance des Marocains se dégrade, l’inquiétude s’accroît

C’est ce que disent les résultats d’un sondage réalisé par le Policy Center for the New South (PCNS) et Ipsos Maroc. Cette analyse sur la perception des Marocains de la pandémie, de ses conséquences présentes et à venir ainsi que des politiques publiques mises en place pour y faire face, repose sur des réponses fournies, à travers un même questionnaire, en trois vagues de sondage:  à partir de la période de la fin du confinement en juin à la deuxième quinzaine du mois de septembre. 

L’échantillon constitué pour chaque vague est représentatif de la population marocaine en termes d’âge (plus de 18 ans), de genre, de région d’origine et de profession. Le questionnaire a été soumis en ligne ou par téléphone. Les deux premiers échantillons (des 2 premières vagues) comportaient environ 1.000 personnes, et le troisième 1.500 répondants.

Juin (vague 1): la majorité des Marocains font confiance aux parties impliquées à la gestion du Covid

Les résultats de la première vague de sondage montre que 91% des personnes interrogées déclarent faire « tout à fait confiance » ou « plutôt confiance » aux scientifiques, 86% formulent le même avis à propos des médecins et 71% à propos des policiers et des gendarmes.

Source: PCNS

Les mesures prises par le gouvernement sont globalement approuvées en juin par les personnes interrogées: la majorité des répondants se disent « tout à fait favorables » ou « plutôt favorables » à un confinement général, à l’instauration d’un couvre-feu et d’un contrôle des déplacements par la police et la gendarmerie, à la fermeture des écoles et universités, à la fermeture des commerces non-indispensables et à l’interdiction des déplacements non-indispensables. 

En revanche, l’inquiétude est assez nette à propos de la situation économique. Si les mesures prises par le gouvernement paraissent approuvées dans leur globalité par la population, 36% des personnes interrogées les jugent insuffisantes en matière économique. 70% des sondés pensent que la pandémie va avoir de graves conséquences pour l’économie au Maroc.

La situation financière des ménages explique probablement cette inquiétude: 40% des personnes interrogées déclarent être dans l’incapacité absolue de faire face à une dépense de 2.000 DH qu’elles n’auraient pas prévue. Seulement 21% des sondés considèrent être aptes à le faire. 

Au plan psychologique et concernant la satisfaction à l’égard de la vie menée mesurée sur une échelle de 1 à 10, plus de la moitié des sondés l’évaluent entre 6 et 10.

Toutefois, un mal-être perceptible se dessine avec 67% des personnes interrogées qui déclarent avoir vécu plusieurs jours d’abattement, de dépression ou de perte d’espoir et 81% plusieurs jours de diminution marquée d’intérêt ou de plaisir dans les activités.

Juillet à mi-septembre (vagues 2 et 3): une défiance et une inquiétude croissantes

La deuxième vague de sondage (juillet) et, plus encore, la troisième (septembre), affichent une baisse de tous les indicateurs de confiance, accompagnée d’une augmentation de l’inquiétude des populations interrogées. 

Source: PCNS

Egalement, l’appréciation globale sur la gestion de la pandémie par le gouvernement s’est dégradée. En septembre, seulement 40% des personnes interrogées sont satisfaites, contre 81% en juin.  

Source: PCNS

De la même manière, l’inquiétude à l’égard de la situation économique et des dangers du Covid-19 ont également augmenté à partir de juillet.

Source: PCNS

La situation financière des sondés ne s’est pas améliorée. Comme en juin, 39% des répondants déclarent être dans l’absolue incapacité de faire face à une dépense de 2.000 DH qu’ils n’auraient pas prévue et 21% d’entre eux considèrent être capables de le faire.

Au plan psychologique, la situation s’est également dégradée. Ainsi, à propos du degré de satisfaction à l’égard de la vie menée, 49% personnes interrogées l’évaluent de 6 à 10 en septembre, contre 56% en juin. 

La fréquence des manifestations de mal-être reste, quant à elle, à un niveau stable entre les vagues de sondage 1 et 3.

Enfin, ces 3 vagues de sondage soulignent principalement que la confiance affichée à l’égard du gouvernement, des élus et des mesures qu’ils ont prises pour combattre la pandémie, s’est dégradée entre juin et septembre au Maroc. 

« Corrélativement, les inquiétudes liées à la situation sanitaire et économique du pays se sont accrues. Comme dans beaucoup de pays, cette évolution semble étroitement liée à celle de la pandémie. En effet, les cas du Covid-19 et les décès liés à la maladie déclarés ont fortement augmenté au Maroc aux mois d’août et de septembre’, conclut l’analyse du PCNS.

Par ailleurs, il est à noter que ce sondage s’inscrit dans le cadre du programme de recherche « Attitudes Towards Covid-19 », réalisé avec un consortium de partenaires académiques internationaux (Sciences po, Harvard Business School, Bocconi University, notamment)1. Ce programme vise à comparer les données recueillies dans 8 pays européens, 7 pays africains dont le Maroc, ainsi que le Brésil, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Lire aussi:  Un sondage VQ-Médias24: Les Casablancais semblent résilients face à la crise sanitaire

Débat : Comment répondre aux besoins sociaux à l’ère du Covid-19

Le Policy Center for the New South a organisé, le 26 juin 2020, un webinaire avec la participation de Adnane Addioui, président du Centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social et membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement.

Selon ce dernier, il est possible de définir l’innovation sociale en alliant deux expressions clés. La première est « l’approche besoin » qui permet de savoir comment répondre de manière innovante aux besoins sociaux.

La seconde est celle du « changement systémique » qui a pour objet de répondre à ces besoins tout en transformant le système.

Pour simplifier le concept, M. Addioui a cité l’exemple de « Wikipédia » qui permet de partager l’information gratuitement et en temps réel. Mais aussi « le financement participatif, les énergies renouvelables et les énergies alternatives », qui représentent également « des formes d’innovation sociale, dont l’objectif est de transformer les modes et les codes d’utilisation ».

Les deux autres intervenants du webinaire, Hajar Moujtahid et Yassine Ettayal, sont deux jeunes entrepreneurs sociaux, respectivement à la tête de « Healthcare Innovation » et « EduCall ».

Bien qu’elles aient été lancées avant la pandémie du coronavirus, les deux entreprises agissant dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ont dû s’adapter durant cette période de crise en digitalisant partiellement leurs concepts.

La crise sanitaire a servi d’exemple

Selon Adnane Addioui, la crise sanitaire a servi d’exemple pour « le Marocain lambda qui, sans être directement concerné, a compris que les besoins sociaux sont des besoins transverses ».

« En restant chez lui  durant la période de confinement, le citoyen se protégeait d’un risque de contamination, qui le concerne directement. De plus, il a pu protéger ses concitoyens d’un risque de propagation et limiter les conséquences de la pandémie sur le système de santé », explique M. Addioui.

Avant la crise sanitaire, les médecins n’entretenaient que rarement une communication avec leurs patients. Depuis le début de la pandémie, celle-ci s’est développée, à travers des vidéos de sensibilisation et d’explications publiées sur les réseaux sociaux. Cela dit, « il faut pérenniser cette communication », espère Hajar Moujtahid.

Dans ce sens, l’entreprise sociale « Healthcare Innovation » vise à implémenter la notion « d’approche communautaire » auprès des étudiants en médecine, en les préparant via des programmes éducatifs à être à l’écoute de leurs patients, en développant leurs « soft skills ».

Quant au secteur de l’éducation, Yassine Ettayal, fondateur d’EduCall, rappelle que le covid-19 a permis d’initier des professeurs et enseignants à la technologie.

« Cette dernière n’avait qu’une place minime dans le système éducatif, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui », affirme l’entrepreneur.

Les outils technologiques sont d’ailleurs mis à profit par l’entreprise « EduCall » qui a lancé, pendant cette période de crise, l’initiative « 9ra men dar » destinée à « accompagner les métiers de l’enseignement dans la création d’une, voire de plusieurs écoles virtuelles. L’idée est de permettre aux enfants d’accéder à des cours en ligne, qui complètent les supports publiés sur les plateformes du ministère de l’Enseignement ».

« Il faut qu’on ouvre les portes »

L’impact de la pandémie sur l’aspect social de l’innovation est, selon les intervenants du webinaire, indéniable. Quelles sont donc les perspectives du concept de l’innovation sociale, dans un monde post-Covid ?

Pour Adnane Addioui, il est certain que plusieurs pays feront face à une montée du nationalisme :

« Cela supposera plus de supports pour les initiatives qui sont, à la base, nécessaires pour l’ensemble de la population et qui permettront de mieux répondre aux besoins sociaux. L’Allemagne, ou encore le Canada ont investi des millions de dollars pour favoriser l’inclusion et les projets impacts en termes de création de ventilateurs, de production et de partage de masques, etc. »

Le Président du centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social appelle les institutions telle que le « Policy center for the new south, à mettre en valeur les initiatives locales », car « il est temps qu’on ouvre les portes » estime M. Addioui.

Selon lui, le Maroc est à un moment historique et l’intérêt pour le Royaume « dans un environnement qui sera en transformation, est de libérer les valves et d’ouvrir les possibilités pour créer plus de collaborations. Ces dernières vont nous permettre de réduire les inégalités, générer plus de croissance inclusive et stabiliser les problématiques géopolitiques de la région ».

Le think tank Policy Center for the new south monte en puissance

Deux événements récents marquent la vie de ce think tank :

–          Le changement, fin 2018, de son appellation, en passant d’OCP Policy Center à Policy Center for the new south, pour mieux refléter sa vocation (Maroc, Afrique et pays du Sud) et consacrer son autonomie.

–          Le déménagement, début 2019, dans de nouveaux locaux à Rabat qui correspondent mieux à ses missions et à son rang parmi les think tank internationaux.

Policy Center for the new south est un bien public porté par le groupe OCP, sa fondation mais surtout l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir. Si ses publications sont disponibles en ligne, le centre sera bientôt accessible physiquement au public. C’est ce qu’a appris Médias24 lors d’une rencontre organisée le jeudi 16 mai à Rabat.

L’objectif du centre est d’enrichir la réflexion sur les politiques socioéconomiques au Maroc, en Afrique et dans tous les pays du Sud en observant, décryptant, analysant et évaluant les politiques publiques.

Le think tank est actif dans six programmes de recherche et d’action : 3 dans le domaine des relations internationales (1 sur le Maroc et 2 sur l’Afrique), 2 dans le domaine de l’économie (1 sur le Maroc et 1 sur l’Afrique), et 1 dans le domaine des politiques publiques.

Créé il y a 5 ans par son président Karim El Aynaoui, le think Tank monte en puissance. Il compte 36 Fellows marocains et étrangers (experts externes) dans différents domaines (géopolitique, économie, énergie…) dont d’anciens ambassadeurs et ministres et d’éminents professeurs. Il compte aussi un staff permanent d’une quarantaine de personnes. Cet effectif sera renforcé par le recrutement de nouveaux fellow et de chercheurs permanents.

Policy Center for the new south a produit l’année dernière un total de 212 publications contre 112 en 2017 : des briefs, articles, éditoriaux, papiers de recherche, livres et rapports, publications académiques… Il prévoit d’accélérer la cadence des publications.

Autre domaine d’activité, l’organisation d’événements : une centaine l’année dernière, la moitié à l’international. L’événement phare est Atlantic Dialogues. Sur ce volet aussi, la cadence des manifestations va s’accélérer.

Le think Tank mène par ailleurs des initiatives en faveur de la jeunesse, à travers le soutien des jeunes leaders et l’organisation de stages.

Grâce à toutes ces actions, Policy Center for the new south a amélioré son classement dans l’indice Global Go te Think Tank de l’université de Pennsylvanie. Le think tank est 1er au Maroc et au Maghreb, 8ème dans la région Mena, 16ème au plan mondial pour la qualité de ses conférences, 52ème sur les questions des ressources et de l’énergie…

Notons enfin que le centre marocain collabore avec les plus prestigieux think tank internationaux dans les 4 coins du monde.

Au Maroc, Policy Center for the new south veux mieux s’ouvrir sur son environnement. Il vient d’ailleurs de signer une convention avec la CGEM pour mener des travaux dans des domaines tels que la politique industrielle, le commerce, les nouveaux relais de croissance, les politiques publiques, le secteur privé et les territoires, l’entrepreneuriat et les relations sociales dans l’entreprise. 

Avec 120 millions de dollars de recette, Ouarzazatewood sourit de nouveau

Les tournages étrangers au Maroc rapporteront cette année 120 M de dollars, selon les chiffres du Centre cinématographique marocain (CCM). C'est un nouveau record qui surpasse de 40 M de dollars celui établi en 2008. 

"Ce chiffre est le résultat d'une conjoncture favorable au Maroc. Les producteurs étrangers sont rassurés par la stabilité du royaume alors que la situation politique de pays concurrents comme l'Egypte, la Jordanie et la Tunisie les inquiète", contextualise Abderrazzak Zitouni, directeur de la commission du film de Ouarzazate.

Cette reprise se profilait déjà en 2012, année qui a marqué un retour des grandes productions étrangères au Maroc, après un creux du à la crise économique mondiale. 

"Il faut savoir que les studios américains finançaient leurs films avec l’argent de Wall Street et des banques étrangères. Quand il leur a fallu mettre la main à la poche, ils ont procédé à des coupes budgétaires spectaculaires sur les grandes productions. Le Maroc en a été d'autant plus victime que la grande partie des productions étrangères qui viennent à Ouarzazate sont américaines", nous explique Abderrazzak Zitouni.

Les films à gros budget plébiscitent le Maroc

Aujourd'hui, c'est le retour aux années fastes au vu du nombre de films à gros budget installant leurs bagages sous le soleil marocain :

Werner Herzog vient d'y tourner Queen Of The Desert avec Nicole Kidman,

Clint Eastwood y a filmé American Sniper,

Barry Levinson y a posé ses caméras pour Rock The Casbah avec Bruce Willis,

-ainsi que Tom Tykwer pour A Hologram For The King avec Tom Hanks.

Et last but not least, Tom Cruise a choisi le Maroc pour Mission Impossible 5 au budget faramineux.

En plus de ses productions prestigieuses, le royaume a renoué en 2014 avec le bon vieux fond de commerce de Ouarzazate: le film et la série inspiré de la Bible. "Plus de 5 productions de ce type ont été tournées ou sont en cours de tournage, dont la série biblique King Tut qui marche fort en ce moment  ", nous déclare Abderrazzak Zitouni.