Tunisie: ouverture des bureaux de vote pour le second tour de la présidentielle

A l’étranger, le vote pour ce tour de la présidentielle anticipée a commencé vendredi pour prendre fin dimanche.

Jusqu’à samedi à 16h, le taux de participation des Tunisiens à l’étranger était de 9,3%, soit 35.820 votants avec une légère hausse par rapport au premier tour de la présidentielle et aux législatives à la même heure.

Selon les résultats annoncés par l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), le candidat indépendant Kais Said est arrivé en tête du premier tour du scrutin avec 18,4% des voix, suivi de Nabil Karoui qui a obtenu 15,6%.

En détention depuis le 23 août dernier pour soupçon de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale, Karoui a été libéré mercredi dernier. Son incarcération a suscité une polémique sur l’application du principe de l’égalité des chances entre les candidats.

La Cour de cassation a ordonné sa libération immédiate ainsi que l’annulation de la décision de la chambre d’accusation près la Cour d’appel laquelle avait, le 2 octobre, refusé la remise en liberté du propriétaire de la chaîne de télévision « Nesma » et considéré « la procédure nulle et non avenue ». La demande de libération de Nabil Karoui, présentée par ses avocats, a été rejetée à trois reprises.

En réaction à l’incarcération de Nabil Karoui, le candidat Kaies Said avait annoncé sa décision de ne pas mener une campagne électorale pour des raisons morales et pour lever toute ambiguïté concernant la question de l’égalité des chances entre les candidats du 2e tour.

Le collectif de défense de Karoui a intenté, mardi 8 octobre courant, un procès auprès du Tribunal administratif pour reporter la date de la présidentielle, qui a été rejeté par la justice.

Sur cette demande du report de cette échéance électorale, le président de l’ISIE, Nabil Baffoun, a souligné l’engagement de la Tunisie à respecter les délais constitutionnels de l’élection d’un président devant succéder au président de la République par intérim, Mohamed Ennaceur, investi de ses fonctions suite au décès de Béji Caid Essebsi le mois de juillet dernier.

Lors d’une conférence de presse samedi, Baffoun a fait savoir que l’annonce des résultats préliminaires du deuxième tour de ce scrutin sera faite ce lundi ou au maximum mardi.

(Avec agences)

Le parti islamiste Ennahda en tête des législatives en Tunisie

En Tunisie, le parti islamiste Ennahda est arrivé en tête des législatives de dimanche, avec 52 sièges sur 217, très loin de la majorité requise de 109 voix pour former un gouvernement seul, selon les résultats préliminaires officiels publiés mercredi 9 octobre.

Le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui se présentait pour la première fois à une élection, a été élu député à Tunis.

Ennahda devance « Qalb Tounes », le parti du candidat à la présidentielle Nabil Karoui, qui comptera 38 députés. Le Courant démocrate « Tayyar » est crédité de 22 sièges alors que le mouvement islamo-populiste « Karama » obtient 21 sièges.

De son côté, le Parti destourien libre de l’avocate anti-islamiste Abir Moussi a récolté 17 sièges. Candidate déçue à la présidentielle, Abir Moussi, qui a défendu le régime du président déchu Zine el Abidine Ben Ali, est élue députée de Tunis.

Ces chiffres sont conformes au sondage sortie des urnes publié dimanche dans la foulée du scrutin et qui laissait entrevoir un Parlement morcelé.

Rappelons que peu avant la publication de ces résultats, la justice tunisienne ordonné la libération de Nabil Karoui, incarcéré depuis le 23 août dernier des faits présumés d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent.

Faible taux de participation

Plusieurs partis se sont vu retirer des sièges, dont l’un, Errahma, en raison de « propagande à la radio durant la campagne électorale », a annoncé l’instance chargée des élections.

En revanche, l’instance des élections n’a pas retiré de siège à « Qalb Tounes », bien que la chaîne Nessma, fondée par le dirigeant du parti Nabil Karoui, ait été sanctionnée pour son manque d’objectivité par le contrôleur de l’audiovisuel tunisien, la Haica.

Au total, 2,9 millions d’électeurs ont voté le 6 octobre, sur plus de 7 millions d’inscrits.

(Avec Agences)

Présidentielle en Tunisie: Nabil Karoui reste en prison sur décision de justice

« Le juge a refusé de statuer, se déclarant incompétent », a indiqué Me Kamel Ben Messoud, qui a déposé mardi dernier une demande de libération auprès du juge d’instruction chargé du dossier.

« Nous allons faire appel », a-t-il ajouté, selon l’agence tunisienne de presse TAP et des médias étrangers citant l’AFP. Le tribunal n’a pas répondu aux demandes de confirmation.

Nabil Karoui, un publicitaire poursuivi depuis 2017 pour blanchiment d’argent et évasion fiscale, a été arrêté le 23 août. La date de son arrestation, dix jours avant le début de la campagne, avait suscité des interrogations sur une instrumentalisation de la justice par le politique.

Troisième juridiction à se déclarer incompétente

Le juge d’instruction avait décidé en juillet le gel des biens de Nabil Karoui et de son frère Ghazi, ainsi que d’une interdiction de quitter le territoire. « C’est la troisième juridiction à se déclarer incompétente », a déploré un des avocats de Nabil Karoui, Me Nazih Souii, rappelant que la Cour d’appel a également refusé de statuer le 3 septembre tout comme la Cour de cassation le 13 septembre.

Nabil Karoui, dont la candidature a été validée par l’Isie, instance chargée d’organiser les élections, a fait campagne par l’intermédiaire de la chaîne de télévision qu’il a fondée, Nessma, et de son épouse Salwa Smaoui.

La date du second tour incertaine

A l’issue du scrutin de dimanche, un universitaire sans parti, Kais Saied, est arrivé en tête du premier tour avec 18,4% des voix, devant Nabil Karoui qui a rassemblé 15,58% des suffrages selon les résultats officiels préliminaires publiés mardi.

Le parti de Nabil Karoui, mais aussi l’Isie et les observateurs européens, ont appelé à ce que le candidat incarcéré puisse faire campagne de façon équitable pour le second tour de la présidentielle.

En fonction du temps de traitement des recours, le second tour pourrait être organisé le 6 octobre, soit le même jour que les législatives, ou le 13 octobre, a précisé l’Isie.

(Avec AFP)

Présidentielle en Tunisie: le face-à-face surprise Saied – Karoui confirmé

M. Saied confirme son avance, en engrangeant 18,7% des voix, devant M. Karoui (15,5%), selon l’Instance indépendante chargée des élections (Isie).

« Les Tunisiens ont dit leurs maux », a titré le journal Le Quotidien, estimant que les électeurs avaient voté pour des candidats ayant fait campagne contre les élites politiques. Ils ont « préféré plonger dans l’inconnu que de retendre la main à ceux qui ont trahi ses espérances », a estimé le journal.

Le chômage qui continue à toucher plus de 15% de la population, dont de nombreux jeunes diplômés, l’inflation qui grignote inexorablement des revenus déjà bas, ou encore le délitement continu des services publics ont alimenté le ressentiment envers les pouvoirs en place depuis la révolution de 2011.

Cette exaspération a été exacerbée par une classe politique qui a donné à voir d’interminables luttes d’égos.

Tout en évoquant un taux de participation « acceptable » de 45%, le président de l’Isie Nabil Baffoun a invité lundi soir les partis et la société civile à « étudier les raisons de ces chiffres ».

L’Isie est également en train de se pencher sur les infractions à la présidentielle. Parmi celles évoquées, la campagne menée tambour battant pour Nabil Karoui par la chaîne Nessma TV, qu’il a fondée.

« Nous analysons (…), mais pour déchoir un candidat, il faut avoir une raison valable et solide d’infraction », a noté la porte-parole de l’instance, Hasna Ben Slimane.

Les avocats de M. Karoui, accusé de blanchiment d’argent et fraude fiscale et en détention provisoire depuis le 23 août, ont indiqué qu’ils déposeraient une nouvelle demande de libération dès les résultats confirmés. M. Karoui reste éligible tant qu’aucune condamnation ne le prive de ses droits civiques, a souligné l’Isie.

Fragmentation

En fonction des recours, le second tour pourrait être organisé le 6 octobre, soit le même jour que les législatives, ou le 13 octobre, a précisé l’instance électorale.

L’issue en reste indécise, d’autant que les deux candidats, très différents, ont puisé sur le même registre « anti-système ».

Kais Saied est aussi ascétique et déconnecté des élites que Nabil Karoui est flamboyant et proche du gotha tunisien.

L’incarcération de M. Karoui à dix jours du début de la campagne, qu’il a dénoncée comme une « injustice », a confirmé son statut d’outsider, bien qu’il ait longtemps été un important soutien du défunt président Béji Caïd Essebsi.

Kais Saied, lui, est un universitaire farouchement indépendant, qui prône une décentralisation radicale du pouvoir, avec une démocratie locale et des élus révocables en cours de mandat.

« Les problèmes sociaux ne seront pas résolus par le pouvoir central », a-t-il déclaré à l’AFP lundi. « Je ne vends pas un programme, c’est aux citoyens de le fixer, de faire les grands choix pour dépasser la misère ».

Des tractations sont déjà en cours entre partis, en particulier dans l’optique de législatives cruciales dans un régime parlementaire mixte.

Cette échéance devrait redessiner le paysage politique, au vu du rejet essuyé par les partis traditionnels.

La formation d’inspiration islamiste Ennahdha, principale force au Parlement, qui avait présenté pour la première fois un candidat, a vu celui-ci arriver troisième avec 12,8% des voix, confirmant l’érosion de son électorat depuis 2011.

Aucun des nombreux candidats du camp centriste, issu du parti Nidaa Tounes qui avait gagné la présidentielle et les législatives en 2014, n’atteint les 11%. Cumulés, leurs scores dépassent toutefois celui de M. Saied. Reste à savoir si cette famille politique, minée par les luttes de pouvoir, parviendra à resserrer les rangs.

De sa cellule, M. Karoui a appelé ses partisans à transformer l’essai en donnant à son parti, Qalb Tounes, une place clé au Parlement. M. Saied n’est appuyé par aucune structure partisane.

Vu la fragmentation des camps, « il est possible qu’aucune majorité ne se dégage pour former un gouvernement dans les délais prévus par la Constitution », s’était inquiété International crisis group (ICG) dans un rapport avant les scrutins.

(Avec AFP)

Tunisie: suspense total avant le premier tour de la présidentielle

Vingt-six candidats, dont un en prison, des familles politiques éclatées, des programmes parfois peu différenciés: rarement l’incertitude aura été si forte dans ce pays qui a connu plusieurs scrutins depuis la révolution de 2011, dont une présidentielle en 2014, et a poursuivi sur la voie démocratique malgré les embûches.

« Il y a un peloton de favoris, et toutes les combinaisons sont possibles: même le Bon Dieu ne peut pas nous dire le résultat du premier tour, encore moins la suite », souligne l’éditorialiste Zied Krichen. « Cette élection est vraiment celle de l’incertitude », renchérit le politologue Hatem Mrad.

Si la ligne de partage était claire lors de la présidentielle de 2014, entre islamistes et anti-islamistes, ce n’est plus le cas dans le paysage politique de 2019, qui s’éparpille en plusieurs pôles, selon M. Mrad: islamistes, laïques, populistes et partisans de l’ancien régime.

Crise sociale

L’un des candidats en vue, le publicitaire controversé Nabil Karoui, poursuivi depuis 2017 pour « blanchiment d’argent », a été placé en détention provisoire trois semaines avant les élections.

La situation pourrait devenir ubuesque si M. Karoui passait le premier tour. Le sulfureux homme d’affaires s’est construit une forte popularité en organisant ces dernières années des distributions d’aide médiatisées dans les régions défavorisées, et la chaîne privée Nessma qu’il a fondée fait sa campagne au rouleau-compresseur.

Le Premier ministre Youssef Chahed, qui a démenti toute instrumentalisation de la justice dans cette affaire, fait également figure de poids lourd dans l’élection, même si son niveau de popularité interroge.

Le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi, l’universitaire indépendant conservateur Kais Saied, ou encore un opposant à la dictature de Zine el Abidine Ben Ali et ex-ministre, Mohamed Abbou, sont également cités.

Dans la famille islamiste, le populaire avocat septuagénaire Abdelfattah Mourou porte les couleurs du parti Ennahdha, qui a toujours été au pouvoir -seul ou au travers d’alliances- depuis la révolution.

Deux femmes, dont une avocate farouchement anti-islamiste, Abir Moussi, sont aussi sur la ligne de départ.

La campagne s’achève vendredi 13 septembre, sans qu’aucun candidat ne soit véritablement sorti du lot, en dépit de multiples débats à la radio et de soirées politiques télévisées très commentées, signe d’un regain d’intérêt après le désabusement des scrutins récents.

Deux à trois millions de téléspectateurs ont suivi chacune des trois soirées d’interviews politiques inédites organisées en début de semaine, durant lesquels 24 des 26 candidats ont répondu à des questions tirées au sort.

La lutte antiterroriste, thème longtemps omniprésent dans une Tunisie traumatisée par les attentats de 2015-2016, n’est plus au coeur des débats, remplacée par celui de la lancinante crise sociale et économique.

La révolution a apporté la liberté d’expression mais pas la prospérité économique, et la population est surtout préoccupée par un chômage endémique, des salaires maigres érodés par plusieurs années d’inflation élevée et de chute de la monnaie nationale, et l’incapacité de l’Etat à répondre aux attentes sociales.

Calendrier serré

Dans un pays où le « capitalisme de copinage » perdure selon la Banque mondiale, certains candidats « ne se battent plus pour le pouvoir mais pour la maîtrise des rouages de l’Etat afin de pouvoir faire des affaires », déplore M. Krichen.

Les prérogatives du président restent limitées dans le domaine social: en vertu de la Constitution de 2014, marquée par la volonté de tourner la page de décennies de pouvoirs personnels, c’est le Parlement qui prime.

Le calendrier initial prévoyait la présidentielle en décembre, mais la mort du président Beji Caïd Essebsi en juillet a bouleversé les échéances et les législatives, prévues le 6 octobre, sont passées à l’arrière-plan.

Les luttes de pouvoir qui ont entraîné des candidatures multiples à la présidentielle et le court laps de temps entre les deux élections risquent de compliquer les alliances, et de se traduire par une fragmentation du Parlement.

Pour ce 1er tour, de premières estimations devraient être publiées dimanche soir par des organisations de la société civile et des instituts de sondage.

L’instance d’organisation des élections (Isie) doit publier des résultats préliminaires le 17 septembre. La date du second tour n’est pas encore connue.

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Présidentielle en Tunisie: Ennahdha présente un candidat, une première

L’annonce de cette candidature a été faite dans un communiqué laconique par le parti qui doit tenir dans l’après-midi une conférence de presse.

Abdelfattah Mourou, 71 ans, est chef du Parlement par intérim, depuis que son prédécesseur Mohamed Ennaceur est devenu président par intérim après le décès le 25 juillet du président Beji Caïd Essebsi à l’âge de 92 ans.

En 2011, 9 mois après la révolution qui a chassé du pouvoir le président Zine el Abidine Ben Ali et mis le pays sur la voie de la démocratie, Ennahdha avait remporté les législatives, le premier scrutin post-révolution.

Mais « c’est la première fois de son histoire que le mouvement présente un candidat à la présidentielle », a déclaré à l’AFP le porte-parole d’Ennahdha, Imed Khmiri.

« Le Conseil consultatif du parti a voté à une majorité de 98 voix en faveur de la candidature de Abdelfattah Mourou à l’élection présidentielle », a indiqué Ennahdha dans son communiqué.

Connu pour sa modération, Abdelfattah Mourou est l’un des membres fondateurs d’Ennahdha au côté de Rached Ghannouchi. Le parti a été fondé en 1981.

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Avant le décès du chef de l’Etat et le bouleversement du calendrier électoral, Ennahdha était réticent à l’idée de présenter son propre candidat à la présidentielle et misait sur un succès aux législatives prévues initialement avant la présidentielle pour laquelle il voulait jouer les faiseurs de roi.

Mais le premier tour de la présidentielle a été avancé au 15 septembre et les législatives sont prévues le 6 octobre.

Forte opposition

Les candidats à la présidentielle ont commencé à déposer le 2 août leur candidature. Mardi, 27 prétendants avaient déjà soumis leur dossier au siège de l’Instance indépendante chargée des élections (Isie).

Parmi eux, l’homme d’affaires et magnat des médias Nabil Karoui. Inculpé pour blanchiment d’argent, il se présente comme le candidat des plus démunis.

M. Karoui est un adversaire de taille pour le Premier ministre Youssef Chahed, candidat du parti Tahya Tounes.

Abir Moussi, pasionaria de l’ancien régime du dictateur déchu Zine el Abidine Ben Ali, s’est également enregistrée dans la course. Elle prône entre autres l’exclusion des islamistes dont ceux d’Ennahdha.

Les candidats ont jusqu’au 9 août pour déposer leur dossier. Le 31 août, l’Isie annoncera la liste de ceux qu’elle a retenus et la campagne se déroulera du 2 au 13 septembre.

Les résultats préliminaires seront annoncés le 17 septembre. La date du deuxième tour n’a pas été décidée, mais il devrait se tenir avant le 3 novembre selon l’Isie.

Pour les législatives d’octobre, Rached Ghannouchi est tête de liste dans la circonscription électorale de Tunis.

Il s’agira de la seconde présidentielle depuis la révolte de 2011. Avant celle de 2014 remportée par Beji Caïd Essebsi, le pays était dirigé par Moncef Marzouki, un laïc, élu par le Parlement.

« Démocrate musulman »

Ennahdha reste marqué par sa première expérience au pouvoir, lorsqu’il s’était retrouvé empêtré dans des crises et confronté à une forte opposition politique, après avoir remporté les législatives de 2011. Il avait dû céder la place à un cabinet de technocrates début 2014.

Depuis qu’il a pris un peu de recul, le parti s’évertue à policer son image, insistant pour être décrit comme un parti « démocrate musulman », et non « islamiste ». A ce titre, il a dit poursuivre sa transformation -annoncée en 2016- en force « civile », en excluant toute activité de prédication religieuse.

En mai, Rached Ghannouchi n’avait pas exclu de présenter « un membre d’Ennahdha » à la présidentielle, tout en ajoutant que « le plus important » était de trouver « un candidat consensuel ».

« Cet oiseau rare, on ne l’a pas encore trouvé », avait dit M. Ghannouchi dont le parti avait gagné la majorité des mairies lors des élections locales de 2018.

Berceau du Printemps arabe, la Tunisie est le seul des pays arabes touchés par les contestations à poursuivre sur la voie de la démocratisation malgré les soubresauts politiques, la morosité économique et des attaques jihadistes.

(Avec AFP)

Imbroglio autour du processus électoral en Tunisie

La non-promulgation par le président Béji Caïd Essebsi de la nouvelle loi électorale, pourtant adoptée par l’Assemblée des représentants du peuple (parlement tunisien) à une majorité confortable et le refus de l’avis de conformité à la Constitution prononcé par l’instance provisoire chargée du contrôle de la constitutionnalité des projets de loi, a surpris puis suscité une vague de réactions hostiles et contradictoires des acteurs politiques, des représentants de la société civile et des experts en droit constitutionnel.

Le nœud gordien de cet imbroglio politique concerne les dispositions de la nouvelle loi électorale qui a été proposée par le gouvernement, hors délais, soit à quelques mois seulement du scrutin.

Les dispositions de cette loi ont été considérées comme taillées sur mesure, visant des figures favorites des sondages qui se recrutent du monde associatif ou du régime déchu, à l’instar de Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL).

Face au gouvernement qui affirmait, à travers cette initiative, protéger la démocratie, le président tunisien a répondu par « une absence de ratification ».

La décision présidentielle a été perçue par la majorité comme une « atteinte aux institutions » du pays, notamment le parlement censé être la source de tous les pouvoirs et une transgression de la loi fondamentale par ceux-là même qui sont censés, les gardiens de la Constitution de 2014.

Il s’agit, pour certains, d’une « décision surprenante » qui s’inscrit, en droite ligne, d’un long conflit qui oppose frontalement les deux têtes du pouvoir et qui empeste la vie politique dans le pays vu le différend entre le président de la république, Béji Caïd Essebsi et le chef du gouvernement, Youssef Chahed qu’il a lui-même nommé en 2016 à ce poste et qui a fini par se rebeller contre son parti, Nidaa Tounes, en nouant de nouvelles alliances tout en se présentant comme un candidat potentiel à la présidentielle, dont le premier tour est fixé pour le 10 novembre prochain.

En attendant la réapparition publique du président de la république, annoncée pour jeudi à l’occasion de la célébration de la fête de la république, la seule explication fournie officiellement par le conseiller politique du chef de l’Etat, Noredine Benticha, avance un argument soutenant que « le président refuse de signer une loi d’exclusion« .

(Avec MAP)

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Tunisie: gel des avoirs du candidat à la présidentielle Nabil Karoui

Nabil Karoui ainsi que son frère Ghazi Karoui sont visés par une instruction judiciaire du pôle financier depuis 2017, après le dépôt par l’ONG anti-corruption I-Watch d’un dossier l’accusant de fraude fiscale, a indiqué à l’AFP le porte-parole de ce pôle, Sofiène Sliti.

« Après l’ouverture d’une enquête suite à la plainte déposée par I-Watch et après avoir convoqué et entendu plusieurs fois les deux hommes au pôle financier, le juge d’instruction a décidé il y a 10 jours d’inculper Nabil Karoui et Ghazi Karoui pour blanchiment d’argent« , a précisé M. Sliti.

Le juge a également décidé « le gel de leurs biens et de leur fonds financiers ainsi que l’interdiction de voyager », a-t-il ajouté.

Personnalité controversée en Tunisie, Nabil Karoui est un ancien commercial pour Colgate et Palmolive qui avait lancé en 2002, avec son frère Ghazi, une agence internationale de publicité, Karoui & Karoui qui s’était implantée au Maroc mais sans rencontrer le succès.

Des commissions rogatoires ont été émises afin d’enquêter sur les activités de leur société à l’étranger et les investigations sont toujours en cours, a souligné M. Sliti.

Il a assuré que cette décision n’avait aucune motivation politique.

Nabil Karoui, qui a été très actif pour l’élection du président Béji Caïd Essbesi en 2014, est aujourd’hui un adversaire de taille pour le Premier ministre Youssef Chahed.

Fondateur de la chaîne Nessma TV, M. Karoui, s’est déclaré en mai candidat à la présidentielle.

Mais des amendements controversés du code électoral ont été votés fin juin, qui visent à écarter plusieurs candidats, dont lui, n’ayant pas respecté ces derniers mois les obligations faites aux partis politiques, notamment celle de ne pas octroyer « des avantages » aux électeurs.

Ces trois dernières années, Nabil Karoui s’est patiemment construit une image d’homme charitable, distribuant électroménagers et biens aux quatre coins du pays sous l’oeil des caméras de Nessma. La chaîne diffuse chaque jour « Khalil Tounes », une émission caritative à la mémoire de son fils Khalil, mort dans un accident de voiture en 2016.

M. Karoui, qui poursuit néanmoins sa campagne électorale, a récemment pris la tête d’un nouveau parti, « 9alb Tounes » (Au cœur de la Tunisie).

Si les sondages restent sujets à caution en Tunisie, plusieurs ont placé M. Karoui nettement en tête des intentions de vote.

Les élections législatives, prévues le 6 octobre en Tunisie, seront suivies par l’élection présidentielle le 17 novembre.

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(Avec AFP)

Chimie: Solvay poursuit sa stratégie de croissance en achetant Chemlogics

"Il s'agit d'un pas très important dans la transformation de Solvay", a commenté lundi le patron du groupe, Jean-Pierre Clamadieu. Il a rappelé au cours d'une conférence téléphonique que Solvay avait "une stratégie de croissance" qui consiste avant tout "à identifier des moteurs de croissance".

Chemlogics correspond à ce critère puisque le groupe opère dans un marché qui "devrait enregistrer une croissance d'au moins 6% par an", a-t-il noté.

La Bourse a bien réagi à cette annonce: l'action Solvay, cotée à Paris et Bruxelles, gagnait 1,67% vers 09H30 GMT dans un marché en baisse.

La société américaine, qui réalise 500 millions de dollars de chiffre d'affaires et emploie 277 personnes, a enregistré une croissance à deux chiffres de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) sur les cinq dernières années.

C'est une entreprise "modeste en termes d'actifs, mais très proche des clients, des puits de pétrole, et très innovante", a souligné M. Clamadieu. Cela devrait créer des synergies avec Solvay en termes d'innovation, dans un marché ayant un fort potentiel de développement, notamment "en Australie, en Chine, en Argentine, en Russie, voire en Europe même si ce n'est pas à l'agenda à court terme", a-t-il dit.

Solvay évolue ainsi "vers des métiers à forte croissance, avec des marges élevées et un meilleur équilibre entre marchés finaux et entre régions du monde", a-t-il mis en avant dans le communiqué.

Cette acquisition vise à gagner une part significative du marché américain des spécialités chimiques pour l'extraction du pétrole et gaz, qui pèse 8 milliards de dollars. Avec Chemlogics, "nous aurons environ 10% de ce marché", a noté le patron de Solvay.

Chemlogics, fondée en 2002 et basée à Paso Robles en Californie, développe des solutions dédiées à la stimulation et la cimentation des puits de pétrole et gaz. Elle dispose de trois usines d'une capacité de production annuelle supérieure à 300.000 tonnes, de huit centres de formulation et de six centres de recherche.

La société travaille notamment dans le secteur du forage horizontal, dont M. Clamadieu a reconnu qu'il était "controversé, en particulier en Europe où il n'est pas utilisé".

Mais aux Etats-Unis, "il n'y a pas de preuve que cette technologie est polluante", a-t-il insisté.

Pour lui, le rachat de Chemlogics est même "une occasion d'innover et d'améliorer cette technologie, d'ailleurs absolument indispensable pour continuer de fournir une énergie bon marché en Amérique du Nord".

Cette acquisition, pour 1,3 milliard de dollars (1 milliard d'euros), dette comprise, aura un impact positif sur le niveau de liquidités et le bénéfice net par action dès la première année, selon le communiqué.

Le montant de l'opération correspond, selon Solvay, à 10,7 fois l'Ebitda annuel du groupe américain, et 8,7 fois en tenant compte des effets fiscaux.

La transaction sera financée par la trésorerie disponible. Le groupe belge va procéder à un emprunt obligataire hybride de près d'un milliard d'euros afin de renforcer son bilan "avant l'ouverture d'opportunités de remboursement d'une partie de sa dette à partir de 2014".

La finalisation de la transaction, qui reste soumise au feu vert des autorités américaines, devrait être réalisée avant la fin 2013. Il s'agit d'une pierre de plus à l'édifice censé permettre à Solvay de générer plus de croissance, notamment grâce à un retour sur investissement plus élevé.

Depuis le début de l'année, le groupe a déjà opéré plusieurs changements dans son portefeuille d'activités. En mai, il avait annoncé la création d'une coentreprise avec le suisse Ineos pour créer un poids lourd du PVC, avec une clause prévoyant sa sortie d'ici quatre à six ans.

L'agence de notation Fitch avait salué cette décision, soulignant que cela allait "améliorer le profil d'entreprise de Solvay" en limitant son exposition au marché du PVC, en perte de vitesse.

Solvay a enregistré en 2012 un bénéfice net de 710 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 12,43 milliards d'euros et un résultat brut d'exploitation récurrent (Rebitda) de 2,07 milliards d'euros.

(Par AFP)


 

A Nador, un baiser conduit trois ados en prison

Une première au Maroc.

Le 11 octobre prochain, les trois mineurs poursuivis en détention pour attentat à la pudeur, suite à la publication sur le réseau social Facebook, d’une photo d’un baiser, seront entendus par le tribunal de première instance de la ville d’Oujda.

Mais l’ONG à l’origine de la plainte semble changer d’avis face à l’ampleur de la mobilisation sur Internet. Après avoir invoqué la défense des bonnes mœurs, elle met aujourd’hui en avant la lutte contre la pédophilie et demande désormais la libération des prévenus.

Vendredi 4 octobre dans la soirée, un communiqué parvient à Médias 24, dans laquelle, elle demande notamment « la libération immédiate des trois adolescents et annonce qu’elle apportera son soutien aux jeunes, à leurs parents et à toute personne désirant apportant son aide dans cette affaire ».

Quelques heures, plus tôt, Fayçal El Khaliki, membre de cette ONG de Nador qui se nomme l’Organisation unie pour les droits de l’homme et les libertés individuelles, nous confiait : «nous ne voulons pas que ces jeunes aillent en centre de détention, mais seulement vérifier qu’il n’y ait pas un réseau de pédophilie derrière la publication de cette photo», insiste Fayçal El Khaliki. Que se passe-t-il ? L’ampleur prise par l’affaire du « baiser » pousse-t-elle les plaignants à changer d’avis ?

Depuis mercredi 2 octobre, la toile est en pleine effervescence. Le « baiser » est partout : des photos, des vidéos, des chansons… pour réclamer la liberté du « baiser ». Entre temps, au centre de protection et de rééducation pour mineurs de la ville de Nador, trois collégiens de 14 à 15 ans sont privés de liberté.

Ce jour-même, la police judiciaire interpelle à leurs domiciles les trois jeunes, deux garçons et une fille. Leur méfait : la photo d’un baiser prise par l’un des garçons publiée sur le réseau social Facebook. La plainte est déposée par l’Organisation unie pour les droits de l’homme et les libertés individuelles.

La demande officielle d’ouverture d’une enquête, déposée auprès du procureur général par ladite ONG, a très rapidement été diffusée sur Internet. Le document est daté du 30 septembre 2013. Il y est demandé en substance : «l'inculpation et le transfert devant la justice des trois adolescents (collégiens) parce qu'ils se sont embrassés dans la rue ».

Les raisons y sont également invoquées : « ils sont collégiens et ils ont publié la photo de leur baiser sur Facebook ». Sur le bas du document, on y voit la signature Fayçal El Marsi, président de cette ONG.

« Nous avons réagi dans cette affaire car nous pensons qu’il peut y avoir de l’exploitation de ces jeunes par un réseau de pédophilie. Nous voulons qu’ils soient entendus pour savoir si la publication de cette photo est un acte délibéré et imprudent ou au contraire motivé par d’autres raisons » explique aujourd’hui M. El Marsi.

Cependant, le document du 30 septembre énonce que « la plainte de l’ONG est motivée par le souci de défendre la société contre les dérives morales et que l’acte commis est une atteinte à la pudeur et menace notre société en touchant les fondements de notre éducation et de notre enseignement ».

Contacté par Médias 24, Me Youssef Chehbi, avocat inscrit au barreau de Casablanca rappelle que l’article 483 du Code civil précise que « quiconque, par son état de nudité volontaire ou par l'obscénité de ses gestes ou de ses actes, commet un outrage public à la pudeur est puni de l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams.L'outrage est considéré comme public dès que le fait qui le constitue a été commis en présence d'un ou plusieurs témoins involontaires ou mineurs de dix-huit ans, ou dans un lieu accessible aux regards du public ».

Pour Me Chehbi, « la première condition fondamentale constituant le fait incriminé n’existe pas. L’article parle « d’outrage public », ce qui n’est pas le cas dans cette affaire ». Il ajoute : « la photo a été récupérée sur la page Facebook des jeunes. Ce réseau social n’est pas public et cette page est privée. Celui qui a exploité cette photo a violé le caractère privé de cette page. Et c’est cette personne qui a commis un délit ! » Et de conclure : « ce qui est inquiétant, c’est le fait que le procureur aille dans ce sens ».

L’audience devant la cour du tribunal de première instance de Nador est prévue pour le 11 octobre prochain. Pendant ce temps, ces jeunes adolescents sont privés de liberté, pour un baiser.

ONU: la Syrie au coeur des débats de la 68ème Assemblée générale

Le président américain Barack Obama, qui devait arriver lundi en milieu de journée à New York, son homologue français François Hollande et de nombreux autres chefs d’Etat et ministres se succéderont dès mardi à la tribune de cette 68e Assemblée générale, dans un cadre provisoire moins impressionnant que l’hémicycle habituel, en réfection.

Le nouveau président iranien modéré, Hassan Rohani, est très attendu. Ces derniers jours, il a multiplié les déclarations plutôt conciliantes, saluant en particulier le ton «positif et constructif» de M. Obama.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont pris bonne note mais restent à ce jour prudents. Pour Washington, ces propos récents ne sont «pas suffisants» pour répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien.

La rencontre – prévue mardi – entre Hassan Rohani et François Hollande sera une première depuis 2005: les contacts à ce niveau entre l’Iran et les Occidentaux restent assez rares depuis la révolution islamique de 1979.

Parallèlement à l’Assemblée, les grandes puissances vont poursuivre en coulisses des négociations sur la crise majeure du moment: la guerre en Syrie, qui a fait 110.000 morts depuis mars 2011.

Washington, Paris et Londres d’un côté et Moscou de l’autre s’opposent depuis dix jours sur les moyens d’appliquer un plan pour éliminer les armes chimiques que Damas est accusé par les Occidentaux d’avoir utilisées contre sa population. Dimanche, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé les Etats-Unis d’exercer un «chantage» sur la Russie afin qu’elle accepte une résolution contraignante pour son allié syrien.

Si les positions se rapprochent, le Conseil de sécurité pourrait adopter une résolution dans le courant de la semaine, sortant ainsi de sa paralysie dans la crise syrienne.

Baisse de l’aide publique au développement

La journée de lundi sera essentiellement consacrée à des réunions à haut niveau sur les moyens de réaliser les objectifs de développement durable fixés par l’ONU et de ramener la paix en République démocratique du Congo (RDC).

Dans l’est de la RDC riche en ressources minières s’affrontent l’armée congolaise, soutenue par les Casques bleus de la Monusco (Mission de l’ONU), et les rebelles du mouvement M23. Les civils, chassés de leurs foyers et victimes d’exactions, sont les principales victimes de ces combats. Les rebelles ont reculé fin août mais continuent de menacer Goma, la capitale provinciale.

Des pourparlers de paix entre Kinshasa et le M23, ouverts le 10 septembre à Kampala, piétinent. L’ONU et Kinshasa accusent le Rwanda et l’Ouganda voisins de soutenir militairement le M23, ce que ces deux pays démentent.

L’émissaire de l’ONU pour les Grands lacs, Mary Robinson, réunit ce lundi des ministres des grandes puissances et des pays de la région, qui avaient signé en février à Addis Abeba un accord-cadre censé pacifier la RDC.

En 2000, l’ONU s’était fixé comme objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de réduire la pauvreté et d’améliorer l’accès aux soins, à l’eau et à l’éducation sur la planète, avec 2015 pour première échéance.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon doit faire lundi le point des progrès accomplis et encourager chefs d’Etat et ministres à redoubler d’efforts. Selon un récent rapport d’étape de l’ONU, qualifié de «mitigé» par M. Ban, l’aide publique au développement a baissé l’an dernier pour la deuxième année consécutive sous l’effet de la crise économique et les médicaments essentiels sont toujours trop chers dans les pays en développement.

(Par AFP)

Trois jours de grève des transports à compter de lundi

Pourtant, ils avaient prévenu!. Dès le lundi 16 septembre comme nous l'annoncions en primeur dans nos colonnes, les professionnels des transports de voyageurs et de marchandises menaçaient d'une grève de trois jours à partir de ce lundi.

Le gouvernement qui avait toute la semaine pour régir et éteindre l'incendie, n'y est pas parvenu ou n'a pas su s'y prendre.

En tous les cas, la plupart des représentants des transporteurs, réunis ce samedi matin, ont pris la décision d'une grève de 72 heures, reconductible, à compter de ce lundi 23 septembre, dans tout le Royaume.

Sauf accord de dernière minute, tous les transports, marchandises et voyageurs, subiront de graves perturbations, dans les villes ou sur les réseaux interurbains. Par contre, l'ONCF maintient son trafic habituel, a constaté Médias 24 en se renseignant aurpès de l'Office. Auprès de la CTM, il était impossible d'obtenir une réponse malgré notre insistance.

 

 

Selon Elyoubi Eldrissi, président de la fédération de l'Union des transporteurs routiers au Maroc, toute la profession du transport de voyageurs (petits et grand taxis, autocars et autobus urbains) observera un arrêt de trois jours à partir du lundi 23 septembre. "Nous n’avons reçu aucune invitation officielle pour dialoguer, à part un appel téléphonique de la CGEM," a-t-il déclaré à Médias 24.
Au delà de cette exclusion du dialogue, plusieurs décisions des pouvoirs publics sont remises en cause, à commencer par l'indexation partielle et l'augmentation de 2012, suite à laquelle aucune promesse du gouvernement  n'a été tenue indique la même source.
De plus, les transporteurs de marchandises, tous syndicats et fédérations confondus, hormis ceux affiliés à la CGEM, sont concernés par cette grève.
Le pays risque une paralysie si aucune décision n'est prise par le gouvernement au cours des prochaines heures.

 

 

Ce sont une dizaine de syndicats et fédérations représentant les différents secteurs du transport qui se sont joints à cet appel à une grève de 72 heures à partir de lundi.

Pourtant, de son côté, la Fédération du transport de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a indiqué que les propositions adoptées lors d'une réunion, tenue mercredi à Rabat, entre les représentants du ministère de l'Equipement et du transport, le ministère de l'Economie et des finances, le ministère de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, le ministère des Affaires générales et de la gouvernance et les professionnels du transport routier des personnes et des marchandises, "traduisent fidèlement les revendications des professionnels", indique l’agence MAP.

Selon la même source, la Fédération, qui salue les efforts du gouvernement pour promouvoir la transparence du tissu économique national, appelle tous les professionnels à "poursuivre leurs actions dans le cadre de la responsabilité et l'engagement".

Demain dimanche, l’Istiqlal et l’UGTM son bras syndical, organisent des rassemblements de protestation dans la plupart des villes du Royaume, contre la hausse des prix des carburants.
Le gouvernement vit des heures difficiles…