Le Nobel d’économie remis à trois chercheurs pour leurs travaux sur les inégalités mondiales

Les lauréats des sciences économiques de cette année – Daron Acemoglu, Simon Johnson et James Robinson – ont été récompensés pour leurs études sur le rôle important des institutions dans la réduction des grandes disparités de revenus, a indiqué le Comité Nobel.

Selon un communiqué du comité, cette recherche s’est concentrée sur les divers systèmes politiques et économiques mis en place par les colonisateurs européens.

Le Nobel d’économie, seul prix qui n’a pas été prévu dans le testament d’Alfred Nobel, a été créé par la Banque centrale suédoise en l’honneur de l’inventeur.

Le Nobel de médecine récompense la découverte du « microARN »

Le prix Nobel de médecine a ouvert, ce lundi 7 octobre, le bal de la remise des célèbres récompenses.

Il a été attribué à Victor Ambros et Gary Ruvkun pour la découverte du microARN et son rôle dans la régulation post-transcriptionnelle -l’ensemble des modifications qu’un ARN subit après avoir été transcrit- des gènes.

Concrètement, les scientifiques ont étudié comment cette nouvelle classe de minuscules molécules d’ARN jouant un rôle crucial dans la régulation des gènes.

Le Nobel d’économie attribué à l’Américaine Claudia Goldin

Comprendre le rôle des femmes sur le marché du travail est important pour la société. Grâce aux recherches révolutionnaires de Claudia Goldin, nous en savons désormais beaucoup plus sur les facteurs sous-jacents et sur les obstacles qu’il faudra peut-être surmonter à l’avenir, a déclaré Jakob Svensson, président du Comité du prix des sciences économiques.

Les femmes sont largement sous-représentées sur le marché du travail mondial et, lorsqu’elles travaillent, elles gagnent moins que les hommes. Claudia Goldin a parcouru les archives et collecté plus de 200 ans de données aux États-Unis, ce qui lui a permis de démontrer comment et pourquoi les différences hommes/femmes en matière de revenus et de taux d’emploi ont changé au fil du temps.

Mme Goldin n’est que la troisième femme à remporter ce prix, annoncé par Hans Ellegren, secrétaire général de l’Académie royale des sciences de Suède, basée à Stockholm.

Créé par la Banque de Suède, le prix d’économie « à la mémoire d’Alfred Nobel » a été ajouté en 1969 aux cinq prix traditionnels (médecine, physique, chimie, littérature et paix), plus de soixante ans après les autres, lui valant chez ses détracteurs le sobriquet de « faux Nobel ».

Les lauréats de l’année dernière étaient l’ancien président de la Réserve fédérale Ben Bernanke, Douglas W. Diamond et Philip Dybvig pour leurs recherches sur les faillites bancaires qui ont contribué à façonner la réponse agressive de l’Amérique à la crise financière de 2007-2008.

(Avec agences)

Le prix Nobel de la paix 2023 attribué à l’Iranienne Narges Mohammadi

« Son combat courageux s’est soldé par d’énormes coûts personnels. Au total, le régime l’a arrêtée 13 fois, reconnue coupable cinq fois et condamnée à un total de 31 ans de prison et 154 coups de fouet. Narges Mohammadi est toujours en prison », indique le Comité Nobel norvégien dans un communiqué.

En septembre 2022, une jeune femme kurde, Mahsa Jina Amini, a été tuée à la suite de son arrestation par la police des mœurs iranienne. Son assassinat a déclenché les plus grandes manifestations politiques contre le régime théocratique iranien depuis son arrivée au pouvoir en 1979. Sous le slogan « Femme-Vie-Liberté », des centaines de milliers d’Iraniens ont pris part à des manifestations pacifiques contre la brutalité et l’oppression des femmes par les autorités. Le régime a durement réprimé les manifestations : plus de 500 manifestants ont été tués. Des milliers de personnes ont été blessées, dont beaucoup ont été aveuglées par des balles en caoutchouc tirées par la police. Au moins 20.000 personnes ont été arrêtées et détenues par le régime.

Dans les années 1990, alors qu’elle était jeune étudiante en physique, Narges Mohammadi se distinguait déjà en tant que défenseure de l’égalité et des droits des femmes.

Après ses études, elle a travaillé comme ingénieure et chroniqueuse dans divers journaux réformateurs. En 2003, elle s’est impliquée dans le Centre des défenseurs des droits de l’Homme à Téhéran, une organisation fondée par la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi.

En 2011, Narges Mohammadi a été arrêtée pour la première fois et condamnée à de nombreuses années d’emprisonnement pour son combat en faveur des militants incarcérés et de leurs familles.

Deux ans plus tard, après sa libération sous caution, Narges Mohammadi s’est plongée dans une campagne contre le recours à la peine de mort. L’Iran fait depuis longtemps partie des pays qui exécutent chaque année la plus forte proportion de leurs habitants. Depuis janvier 2022, plus de 860 prisonniers ont été condamnés à mort en Iran, précise le Comité du Nobel.

Son militantisme contre la peine de mort l’a conduite à être de nouveau arrêtée en 2015 et condamnée à une peine d’années supplémentaires derrière les murs. À son retour en prison, elle a commencé à s’opposer au recours systématique, par le régime, à la torture et aux violences sexuelles contre les prisonniers politiques, en particulier les femmes, qui sont pratiquées dans les prisons iraniennes.

La vague de protestations survenue l’année dernière est parvenue jusqu’aux prisonniers politiques détenus dans la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran. Depuis cette prison, Narges Mohammadi a exprimé son soutien aux manifestants et organisé des actions de solidarité avec ses codétenus. Les autorités pénitentiaires ont réagi en lui imposant des conditions de détention encore plus strictes, comme l’interdiction de recevoir des appels et des visiteurs.

Elle a néanmoins réussi à faire sortir clandestinement un article publié par The New York Times à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat de Mahsa Jina Amini. Le message était le suivant : « Plus ils nous enferment, plus nous devenons forts. » Et malgré sa captivité, Narges Mohammadi a contribué à faire en sorte que les protestations ne diminuent pas.

Le Nobel de chimie attribué à trois chercheurs pour leurs travaux sur les boîtes quantiques

Les points quantiques, aussi appelés boîtes quantiques, sont des nanocristaux de semi-conducteurs, faisant généralement de 2 à 10 nanomètres de diamètre. Capables de convertir un spectre de lumière entrant en une fréquence d’énergie différente, ils sont utilisés dans les écrans de télévision LED modernes, dans les panneaux solaires et dans l’imagerie médicale, où ils peuvent notamment guider les chirurgiens dans l’ablation de tumeurs.

Pour les lauréats du millésime 2023, le chèque accompagnant le prix est désormais de onze millions de couronnes, soit 920.000 euros. C’est la plus haute valeur nominale (dans la devise suédoise) dans l’histoire plus que centenaire des Nobel.

L’an dernier, le prix Nobel de chimie avait été remporté par les Américains Carolyn Bertozzi et Karl Barry Sharpless et le Danois Morten Peter Meldal pour le développement de la « chimie click » et de la « chimie bio-orthogonale ».

Les très attendus lauréats des prix Nobel de littérature et de la paix seront dévoilés respectivement jeudi et vendredi. Quant au Prix Nobel d’économie, attribué pour la première fois en 1969, son annonce est prévue le 9 octobre.

Le prix Nobel de physique attribué à un trio de spécialistes du déplacement des électrons

Les trois lauréats du Nobel de physique 2023 ont été récompensés pour leurs innovations qui ont offert de nouvelles perspectives sur l’univers des électrons au sein des atomes et molécules, note un communiqué du comité Nobel.

« Pierre Agostini, Ferenc Krausz et Anne L’Huillier ont mis au point une technique permettant de générer des impulsions lumineuses d’une brièveté inégalée, essentielles pour quantifier les mouvements rapides et les variations énergétiques des électrons », poursuit la même source.

« Nous pouvons maintenant ouvrir la porte au monde des électrons. La physique des attosecondes nous donne l’opportunité de comprendre les mécanismes régis par les électrons. La prochaine étape sera de les utiliser », déclare Eva Olsson, présidente du Comité Nobel de physique.

Le Nobel de littérature à l’écrivaine française Annie Ernaux

Le prix Nobel de littérature 2022 a été décerné le jeudi 6 octobre à la romancière française Annie Ernaux, a annoncé l’Académie suédoise.

Elle succède au romancier britannique d’origine tanzanienne Abdulrazak Gurnah (2021) et à la poétesse américaine Louise Glück (2020).

Le prix Nobel de chimie attribué à un trio américano-danois

Le trio est récompensé “pour le développement de la chimie clic et de la chimie bioorthogonale”, a annoncé le jury dans sa décision, mercredi 5 octobre.

Âgé de 81 ans et ayant déjà remporté le prix de chimie, Barry Sharpless, accompagné de Morten Meldal, a jeté les bases d’une forme fonctionnelle de chimie, “la chimie-clic”, dans laquelle les blocs de construction moléculaires s’assemblent rapidement et efficacement, a expliqué le jury.

Âgée de 55 ans, devenue la huitième femme à remporter le prix de chimie, Carolyn Bertozzi a quant à elle hissé la chimie-clic à une nouvelle dimension en commençant à l’utiliser dans les organismes vivants.

La semaine se poursuit avec les deux prix les plus attendus, celui de littérature jeudi et de la paix vendredi, le seul décerné à Oslo, capitale de la Norvège.

Nobel scientifiques: la domination des universités américaines

Depuis leur première remise (1901 pour la physique, la chimie et la médecine, 1969 pour l’économie), ces prix ont récompensé 710 chercheurs, pour 445 travaux, selon une base de données de l’AFP construite à partir de données récoltées sur le site officiel des Nobel (nobelprize.org).

Si les Américains sont de loin la première nationalité représentée (252 lauréats nés aux Etats-Unis, soit 35%), la domination des universités américaines, où travaillent des chercheurs de toutes nationalités, est encore plus forte: 57% des travaux récompensés (254 sur 445) étaient représentés par au moins un lauréat affilié à une université américaine au moment du prix.

Cette année encore, sur les cinq travaux récompensés, quatre ont mis à l’honneur des facultés américaines, au premier rang desquelles celle de Californie en physique et en chimie.

L’établissement californien arrive justement en tête du palmarès historique des universités honorées au Nobel, avec 38 prix (dont 13 de chimie et 12 de physique). Son premier lauréat fut le physicien Ernest Lawrence en 1939 pour l’invention du premier cyclotron, un accélérateur de particules dont les versions modernes sont encore largement utilisées de nos jours, notamment en médecine pour le diagnostic du cancer.

Harvard est sur la deuxième marche, avec 33 récompenses (dont 11 en médecine et 8 en physique). Première université non américaine, Cambridge (Royaume-Uni) complète le podium, avec 28 Nobel (en comptant ceux obtenus par le laboratoire de biologie moléculaire de Cambridge).

Sur les 12 universités comptant plus de dix récompenses, neuf sont américaines, parmi lesquelles Stanford (23 prix), le MIT (20) ou encore l’université de Chicago (19). Outre Cambridge, seuls l’institut Max-Planck (Allemagne, 22 prix, dont deux cette année) et Oxford (Royaume-Uni, 10, dont un cette année) parviennent à s’intercaler parmi leurs concurrentes américaines.

Le classement des universités diffère selon la spécialité récompensée.

L’université Rockefeller domine les Nobel de médecine, avec 13 récompenses, dont celle de Charles Rice cette année, récompensé avec deux autres lauréats pour la découverte du virus de l’hépatite C. Suivent Harvard (12) et Cambridge (7).

L’Institut Pasteur (France) est également bien classé en médecine, avec quatre récompenses, dont la plus récente reçue en 2008 par Françoise Barré-Sinoussi pour sa participation à la découverte du VIH.

L’université de Californie est en tête en chimie (13 récompenses) et en physique (12). Le podium est complété par l’institut Max-Planck (12 prix) et Cambridge (11) en chimie, par Stanford (10), le California Institute of Technology et Harvard (8 chacun) en physique.

Enfin, en économie, c’est l’université de Chicago qui compte le plus de récompenses (12), devant celle de Californie (8) et Harvard (7).

En dehors des prestigieuses institutions déjà citées, plusieurs autres établissements ont tiré leur épingle du jeu récemment. Depuis 2010, c’est le Howard Hughes Medical Institute qui a remporté le plus de prix Nobel (6, dont 3 en chimie et 3 en médecine).

En France, l’université de Strasbourg a fait parler d’elle, avec trois prix (2 de chimie, 1 de médecine).

(AFP)

Le Nobel d’économie décerné à deux experts des enchères

L’Académie royale suédoise des sciences a décidé de décerner le prix Sveriges Riksbank 2020 en mémoire d’Alfred Nobel à Paul R. Milgrom et Robert B. Wilson « pour les améliorations de la théorie des enchères et des inventions des nouveaux formats d’enchères. », annonce un communiqué.

Les lauréats de cette année ont utilisé leurs idées pour concevoir de nouveaux formats d’enchères pour des produits et services difficiles à vendre de manière traditionnelle, tels que les radiofréquences.

Leurs découvertes ont profité aux vendeurs, aux acheteurs et aux contribuables à travers le monde.

Le Nobel de la paix remis au Programme alimentaire mondial

Le PAM est récompensé pour « ses efforts pour lutter contre la faim, pour sa contribution à l’amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par les conflits et pour avoir joué un rôle important dans les efforts pour empêcher l’utilisation de la faim comme arme de guerre ».

Le Programme alimentaire mondial est la plus grande organisation humanitaire au monde qui s’occupe de la faim et de la sécurité alimentaire.

En 2019, le PAM a aidé près de 100 millions de personnes dans 88 pays victimes d’insécurité alimentaire et de famine. 

Le Nobel de chimie attribué à deux spécialistes de l’édition génomique

Emmanuelle Charpentier et Jennifer A. Doudna ont découvert l’un des outils les plus tranchants de la technologie génétique: les ciseaux génétiques CRISPR/Cas9, souligne un communiqué de l’Académie.

En utilisant ces outils, les chercheurs peuvent changer l’ADN des animaux, des plantes et des microorganismes avec une précision extrêmement élevée.

Cette technologie a eu un impact révolutionnaire sur les sciences de la vie, contribue à de nouvelles thérapies contre le cancer et pourrait réaliser le rêve de guérir les maladies héréditaires.

Les chercheurs doivent modifier les gènes dans les cellules s’ils veulent découvrir les rouages intérieurs de la vie. En utilisant les ciseaux génétiques CRISPR/Cas9, il est désormais possible de changer le code de vie au cours de quelques semaines.

Depuis que Charpentier et Doudna ont découvert les ciseaux génétiques CRISPR/Cas9 en 2012, leur utilisation a explosé. Cet outil a contribué à de nombreuses découvertes importantes dans la recherche fondamentale, et les chercheurs en plantes ont pu développer des cultures qui résistent aux moisissures, aux ravageurs et à la sécheresse.

En médecine, des essais cliniques de nouvelles thérapies contre le cancer sont en cours, et le rêve de pouvoir soigner les maladies héréditaires est sur le point de se réaliser.