Saïd Naciri à la barre : “Les documents de Benbrahim sont faux »

Au procès « Escobar du Sahara« , des audiences captivent davantage l’attention. Ce vendredi 18 avril, changement de décor dans la salle 8 de la Cour d’appel de Casablanca (chambre criminelle). Les bancs, jusque-là clairsemés sans être vides, affichent cette fois complet. En cause : une affluence notable venue assister à l’audition – ou l’interrogatoire, c’est selon – de Saïd Naciri. L’ex-président du Wydad partage, avec Abdenbi Biouil, le statut d’accusé principal dans cette vaste affaire de trafic international de drogue. Mais il en est de loin la première attraction médiatique.

10 h 16. L’audience se lève, guidée par la sonnerie annonçant l’entrée du président Ali Torchi, flanqué de ses deux assesseurs. « Le tribunal décide de poursuivre l’audition de Saïd Naciri », tonne le président depuis l’estrade. Naciri s’avance à la barre, escorté par une armée d’avocats.

S’ensuit un échange de trois heures, focalisé – à ce stade – sur un seul volet : la mystérieuse villa que le baron de la drogue El Hadj Benbrahim revendique comme étant sienne. Car c’est d’une plainte de ce ressortissant malien que toute l’enquête a été engagée. L’intéressé y accuse Naciri de l’avoir tout simplement spolié de ce bien immobilier.

Nichée dans le très huppé quartier de Californie, à Casablanca, la demeure de 2.000 m² a changé plusieurs fois de mains, à chaque fois dans des circonstances troubles. Et dans l’ombre de ces transactions, un nom revient avec insistance : celui de Saïd Naciri, cité à des degrés divers selon les protagonistes.

Le premier épisode remonte à 2013. Le bien est alors cédé par Abdenbi Bioui à son beau-frère – et coaccusé – Belkacem Mir. La transaction est officialisée devant notaire pour un montant de 16,5 millions de dirhams. Mais un détail interpelle : l’acte de vente présente Abdendbi Bioui comme mandataire de Samia Moussa, son ex-épouse et véritable propriétaire. Or l’enquête révélera qu’il a falsifié sa signature pour produire une procuration frauduleuse. Samia Moussa dépose plainte pour spoliation, avant de la retirer sous pression. Bioui aurait alors mobilisé ses réseaux pour faire arrêter deux proches de son ex-conjointe, accentuant ainsi l’intimidation.

Entendue par la BNPJ, Samia Moussa rapporte une conversation avec une avocate bien connue de Casablanca, qui lui aurait confié que le montage orchestré par Bioui avait été instigué par Saïd Naciri. Ce dernier réagit vivement :

« Comment une avocate peut-elle se permettre de telles déclarations sans fondement ? Je crois que ces allégations ont été le seul moyen de m’impliquer dans cette affaire. Je demande à la Cour de la convoquer pour une confrontation ».

Il nie toute implication : « Je n’ai aucun lien avec le contrat entre Bioui, son ex-femme et Belkacem Mir. Je n’étais pas là le jour de la vente et je n’en ai jamais été informé ».

Il reconnaît toutefois avoir eu vent de la plainte de Samia Moussa, déposée auprès d’une instance interne du PAM (Majorité), parti politique auquel il appartenait, tout comme Bioui.

« Ce que je sais, c’est qu’une plainte a été adressée au parti. Mais je ne suis pas assez proche de Bioui pour intervenir dans ses affaires familiales. Après 2015, il a quitté le Parlement et nos relations se sont estompées ».

Toujours en 2013, nouveau rebondissement : Bioui revend la villa à El Hadj Benbrahim. La transaction, cette fois sous seing privé, se fait pour la somme rondelette de 33 millions de dirhams, réglée en espèces par le « Malien ». Selon Benbrahim, l’opération aurait été réalisée en présence – ou du moins avec la connaissance – de Naciri. Ce que ce dernier dément formellement.

À partir de là, les versions divergent. Benbrahim affirme avoir pris possession de la villa et y avoir résidé en tant que propriétaire. Il l’aurait occupée avec son ex-épouse, la chanteuse Latifa Raafat, jusqu’à leur séparation vers 2014. Par la suite, une concubine d’El Hadj s’y serait installée, selon ses dires, et y serait restée jusqu’en 2019. D’autres éléments soutiennent toutefois que le bien lui aurait simplement été prêté par Belkacem Mir, qui en revendique également la propriété.

Nous voilà en 2017. Saïd Naciri signe un contrat de réservation avec Belkacem Mir pour acquérir la fameuse villa. Il explique avoir agi, au départ, pour le compte d’Ahmed Ahmed, alors président de la CAF, à la recherche d’un bien au Maroc. Finalement, c’est Naciri lui-même qui s’y intéresse et conclut la vente pour 16,5 millions de dirhams – le même montant que celui déboursé par Mir quatre ans plus tôt.

Les circonstances de cette transaction intriguent la Cour. « Mir ne vous a-t-il pas informé des antécédents litigieux du bien ? », demande le président.

« Le litige remonte à 2013. J’ai acheté en 2017. Mon notaire m’a présenté une attestation de propriété au nom de Belkacem Mir », répond Naciri. Il ajoute qu’à l’époque du conflit entre Bioui et son ex-femme, il était en déplacement avec l’équipe nationale de football.

Entre Mir et Naciri, la vente s’effectue en deux temps : une promesse de vente en 2017, puis une cession effective en 2019. Le contrat de réservation est signé au siège du Wydad, à Casablanca. Naciri règle 6,5 millions de dirhams en espèces, le reste par cinq chèques de 2 millions chacun. Il n’achète pas en son nom, mais via une société civile immobilière : Prado, créée spécialement pour l’opération. « Cette structure n’est pas soumise à l’impôt », justifie-t-il à la barre.

Deux éléments attirent l’attention des juges. D’abord, les cinq chèques ne sont pas émis par Prado, mais par une autre société : Akap. Naciri affirme en être le gérant, mais l’enquête de la BNPJ signale qu’il aurait quitté la société en 2007. « Je suis toujours le seul dirigeant. Je gère encore le compte. Vérifiez auprès d’Attijariwafa Bank », se défend-il.

Une version que conteste formellement l’actionnaire principal de la société. Devant les enquêteurs, il avait affirmé que Naciri avait présenté sa démission en 2007, après un conflit interne. Il précise même que Naciri n’a jamais été qu’un simple salarié, sollicité à l’époque pour aider à l’acquisition d’un terrain nu de 9 000 m² à Rabat. Acheté à 600 dirhams le mètre carré, le terrain voit sa valeur grimper à 15 000 dirhams le m². Une plus-value qui aurait permis à Naciri d’empocher une commission substantielle avant de quitter la société.

« Qu’il me montre cette démission. Il n’y en a pas. Je vous assure que je suis toujours le gérant », insiste Naciri. Il réagit aux propos de son ex-associé, qui l’accuse d’avoir conservé le carnet de chèques « par inadvertance ou par mauvaise foi ».

« Que peut-on attendre d’un homme convoqué par la BNPJ ? Il se défend. Et s’il est acculé, on risque de lui dire qu’il a participé à un acte criminel », conclut l’accusé.

La cession effective de la villa intervient en 2019, lorsque Naciri verse la quasi-totalité du prix. Mais dès les mois suivant la signature de la promesse de vente, il prend possession des lieux, y installant le siège de Prado. « Belkacem Mir m’en a donné l’autorisation orale, devant notaire », avance-t-il. Une version que Mir relativise devant la BNPJ, affirmant « ne pas se souvenir de sa présence chez le notaire, ni du projet de domiciliation de la société ».

Devant la Cour, le débat se resserre sur un point sensible : la période d’occupation réelle de la villa et les conditions dans lesquelles Said Naciri en a pris possession.

El Hadj Benbrahim affirme avoir habité le bien dès 2013, d’abord avec son ex-épouse, la chanteuse Latifa Raafat, jusqu’à leur séparation vers 2014, puis via sa concubine, qui l’aurait occupé jusqu’en 2019. Un détail de poids s’impose dans la chronologie : à partir de 2015, Benbrahim est arrêté en Mauritanie, où il passera quatre années en détention. Libéré en 2019, il regagne le Maroc avant d’être de nouveau interpellé par la police. Il purge depuis une peine de dix ans de prison pour une affaire connexe de trafic de drogue.

La question se dessine en creux, sans encore être frontalement posée par la Cour : Saïd Naciri a-t-il profité de cette détention pour prendre la main sur la villa ? Une hypothèse lourde, dont les juges semblent vouloir remonter le fil point par point, avant de l’aborder de manière frontale.

Pour l’heure, Naciri affirme avoir commencé à occuper les lieux quelques semaines après la signature du contrat de réservation, soit courant 2018. « J’y ai lancé des travaux. J’ai fait appel à des entreprises et je peux en fournir toutes les factures », avance-t-il à la barre, face au président Ali Torchi. Il balaie les pièces produites par Benbrahim : « Les documents qu’il fournit sont faux, et j’assume ce que je dis. Je demanderai à mes avocats d’introduire une inscription de faux ».

À la demande du président, une facture d’eau et d’électricité transmise par Benbrahim est projetée sur les écrans. Le document laisse apparaître deux dates, dont 2015, bien lisible, et 2017, moins claire. Dans la salle, des murmures s’élèvent, réagissant à la confusion apparente.

Saïd Naciri saisit l’occasion pour dégainer une pièce censée clore le débat : une attestation de la Société régionale multiservices, ex-Lydec. Ce document atteste que la société Prado n’a souscrit un abonnement à l’eau et à l’électricité qu’en novembre 2017, et qu’entre novembre 2014 et cette date, aucun contrat n’existait à cette adresse.

Said Naciri réclamait du temps pour, selon ses mots, « sortir ce dossier de la fiction à la réalité ». Il est servi. Son audition se poursuivra dans une semaine. La Cour abordera alors le cœur du dossier : le trafic international de drogue.

« Benbrahim était un ami, jusqu’à ce qu’il rentre dans ces affaires qui ne me concernent aucunement », a lancé ce vendredi Naciri. Les prochaines questions viseront à creuser la nature exacte de ces liens, que la BNPJ soupçonne d’aller au-delà d’une simple amitié.

Rendez-vous le 25 avril 2025.

Affaire « Escobar du Sahara » : des complicités aux frontières maroco-algériennes

Aujourd’hui public, le procès de l’affaire dite « Escobar du Sahara » révèle peu à peu ses secrets. Certaines informations sont sensibles. Elles concernent l’étendue des complicités, allant jusqu’à des membres des forces armées, dans le réseau de trafic de drogue qu’Abdenbi Bioui est accusé d’avoir dirigé pendant près de deux décennies.

Le réseau présumé de l’ex-parlementaire et ancien président du conseil régional de l’Oriental (PAM) est suspecté d’avoir acheminé plus de 200 tonnes de cannabis du Maroc vers l’Algérie, à travers la frontière orientale.

Les opérations étaient toujours en cours en octobre 2023, quelques jours avant le début des arrestations. C’est ce que révèlent les écoutes des appels interceptés par la BNPJ, impliquant des individus parmi la vingtaine d’accusés jugés devant la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca.

Mais comment de telles quantités ont-elles pu être transportées sur une aussi longue période sans éveiller les soupçons des autorités ? Le mode opératoire du réseau se dévoile au fur et à mesure des interrogatoires des accusés. Un exercice entamé il y a plus d’un mois et qui s’est poursuivi lors de l’audience du vendredi 14 février à la chambre criminelle de Casablanca.

Les « têtes du réseau » n’ont pas encore été entendues, mais les auditions des « petites mains » offrent un aperçu d’un dispositif bien rodé, soutenu directement par des militaires à la frontière maroco-algérienne.

« Je ne suis qu’un petit agriculteur. Je n’ai rien à voir avec cette histoire. Vous vous trompez de personne. Les Benaouda sont nombreux dans mon douar et dans ma région ! », répond l’un des accusés. La BNPJ a-t-elle arrêté un homonyme ? Interrogé par le juge Ali Torchi, A. B. axe sa défense sur cet argument. Il est accusé d’avoir « facilité la sortie illégale de Marocains du territoire national », de « corruption » et de participation au trafic de drogue.

L’intéressé aurait intégré le trafic sur les conseils d’un certain Abderrazak, soldat à la retraite. Ce dernier lui aurait communiqué les numéros d’anciens collègues à la frontière pour coordonner les opérations.

L’implication de A.B. ressort des appels interceptés par la BNPJ. À travers ses conversations, il est fait mention des points 88 et 90, identifiés comme des zones privilégiées par le réseau. Avant chaque opération, le militaire chargé de la surveillance était contacté pour détourner la caméra et faciliter le transit du cannabis.

La drogue transportée était souvent répartie en dix tranches, puis transférée, généralement la nuit, en plusieurs étapes et via différents points. À la frontière, « le responsable de la caméra » recevait 36.000 DH pour chaque ballot. Les autres complices, souvent de petits agriculteurs, percevaient environ 10.000 DH pour chaque opération.

« Je ne suis qu’un porteur, et non un trafiquant ». Interrogé par le juge Ali Torchi, S.H. est accusé d’avoir pris part physiquement à plusieurs opérations. Ses appels téléphoniques montrent comment il organisait les itinéraires « les plus sûrs » avec d’autres membres du réseau.

Un autre accusé, A.H. semble avoir dirigé une partie des opérations. Il s’agit du frère de S.H. Ce dernier a été interrogé lors d’une audience précédente.

Il opérait sous la direction de B. M. Présenté comme l’un des chefs du réseau, ce parlementaire du PAM est le gendre d’Abdenbi Bioui. Les deux n’ont pas encore été entendus par la chambre criminelle.

Les interrogatoires se poursuivront le vendredi 21 février.

Affaire Bioui-Naciri : la première audience, comme si vous y étiez

L’affaire impliquant Abdenbi Bioui et Saïd Naciri est programmée avec 9 autres dossiers, ce jeudi 23 mai. Il faudra patienter plus de deux heures avant le démarrage effectif de l’examen de cette affaire.

Un laps de temps durant lequel la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca ne cesse de se remplir ; autant d’avocats que de journalistes et de familles concernées par les diverses affaires du jour.

Il y a tellement de monde dans la salle que des bancs ont dû être libérés pour laisser de la place aux avocats restés debout. Il s’agit visiblement d’une affaire qui suscite un vif intérêt juridique et médiatique.

Voici le récit de cette première audience, comme si vous y étiez.

Compassion pour la notaire

Habituellement présentés devant l’instance collégiale, les accusés restent dans le box qui leur est dédié et qui ne permet pas à l’assistance de voir au travers. Bien que vitré, ce box est recouvert d’un film opaque sur le côté. Seule la façade orientée vers les magistrats est transparente.

11h50. Lorsque l’audience reprend, le président Torchi commence par faire l’appel. 31 noms ont été cités. Au moins deux d’entre eux, poursuivis en état de liberté provisoire, ne se sont pas présentés (Nasreddine N. et Fadoua A.). Tous sont des accusés dans cette affaire dont les protagonistes principaux sont Abdenbi Bioui et Saïd Naciri.

Après avoir listé les noms de tous ces accusés, le président Torchi a appelé les avocats à constituer la défense de leurs clients. La liste est longue et l’opération prend du temps. En tout, il faudra patienter plus d’une demi-heure avant que le juge Torchi n’annonce le report au 13 juin prochain.

Mais les avocats de la défense veulent d’ores et déjà prendre la parole.  Chose prévisible, la plupart demandent la libération provisoire de leurs clients, tandis que d’autres formulent des demandes différentes.

Me El Houari Ater prend la parole en premier. Il souhaite plaider en faveur de sa cliente, Salima El Hachimi. Il s’agit d’une notaire à Oujda qui, selon lui, est atteinte d’un cancer et se trouve actuellement hospitalisée en raison de son état de santé qui s’est dégradé durant sa détention.

En entendant le terme “cancer”, la salle réagit en chœur. Un “oh” de compassion se fait entendre distinctement.

Selon son avocat, la notaire présente plusieurs garanties qui justifient sa libération provisoire : son métier, son adresse qui est fixe et l’absence d’antécédents judiciaires.

“Elle s’engage à se présenter devant la cour. Et ce, même en contrepartie d’une caution”, avance son avocat. Plus tard, son confrère, Me Fizazi, qui la représente également, demandera à la cour de “ne pas la laisser mourir en prison”.

Les garanties de Bioui et Naciri

Me Mohamed Karrout, avocat de Abdenbi Bioui, demande également la liberté provisoire pour son client. Il déclare que ce dernier “dirige de grandes sociétés qui emploient de nombreuses personnes et qui se chargent des marchés publics”. Pour lui, sa détention “cause plus de tort à la société que s’il était en liberté”.

Pour argumenter, il cite des cas jurisprudentiels dans lesquels des personnes poursuivies pour des faits similaires ont pu bénéficier de la liberté provisoire. Et ce, en raison de leur situation familiale et sociale (marié, père de famille, ayant une adresse fixe, etc.).

Après une heure d’audience, les avocats continuent de défiler pour plaider en faveur de la libération provisoire de leurs clients. Certains estiment que les faits reprochés ne constituent pas une gravité, puisqu’ils sont “infondés” et “uniquement basés sur une lettre écrite par un détenu”.

13h18. L’un des avocats de Saïd Naciri, Me Achraf Jadaoui, rappelle que son client s’est présenté après chaque convocation de la Brigade nationale de la police judiciaire. Et ce “pendant plusieurs mois”. Il estime qu’il s’agit d’une preuve de la bonne foi de son client.

De plus, pour Me Jadaoui, “le Code de procédure pénale ne parle pas de la gravité des faits, mais du danger que présente la personne pour l’ordre public”. Il fait le parallèle avec un cas de jurisprudence dans lequel une personne poursuivie pour des faits de terrorisme a pu bénéficier de la libération provisoire grâce à un juge d’instruction qui a eu “l’audace” et “le courage” de la lui accorder. Sachant que la personne en question “a été condamnée à une peine de prison ferme par la suite”.

De son côté, Me Mbarek Meskini, qui représente à la fois Said Naciri et Khalid Aseddas, autre accusé dans cette affaire, rejoint ses confrères dans leur argumentaire relatif à la libération provisoire. Mais il focalise son intervention sur une demande visant à permettre à ses clients de consulter leurs dossiers respectifs.

13h38. Me Mohamed Benmalek qui représente Fouad El Yazidi, un homme d’affaires également concerné par ce dossier, demande, lui, que son client puisse mandater son frère pour diriger ses sociétés en son absence.

“Il a plusieurs sociétés dans le tourisme. Nous espérions qu’il soit libéré pour cette saison estivale”, déplore l’avocat.

“Pas de distinction entre la gravité des faits et la dangerosité de la personne”

C’est ensuite au tour du procureur général du Roi de prendre la parole. Il revient sur les demandes de libération provisoire présentées par les avocats de la défense. Pour lui, les deux conditions que le juge d’instruction prend en compte pour placer un individu en détention préventive sont prévues par le Code de procédure pénale.

Il s’agit de l’audition de l’accusé avant la prise de décision et de la nature des faits reprochés. “Il faut que ce soit un crime ou un délit. Dans le cas où c’est un délit, l’infraction doit être sanctionnée par une peine privative de liberté”.

Le représentant du parquet estime, par ailleurs, qu’il “n’est pas possible de distinguer entre la gravité des faits et la dangerosité de la personne”.  Et d’ajouter : “Le législateur n’a pas fait de la gravité des faits l’unique raison justifiant l’exception de la détention préventive”.

Le procureur général du Roi requiert, d’une part, une réponse favorable pour la demande visant à consulter les dossiers des accusés, à condition que ce soit à la charge de ces derniers. Et, d’autre part, le rejet des demandes de libération provisoire.

13h58. Le président Torchi met fin à l’audience. Il poursuit l’examen d’autres dossiers pendant que la salle 8 se libère de son assistance. Il ne statuera sur les demandes de libération provisoire qu’en fin d’audience.

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Voici pourquoi la date du procès de l’affaire Bioui-Naciri n’a pas encore été fixée

Après avoir prononcé son ordonnance, le juge d’instruction la transmet au parquet et aux parties pour qu’ils puissent interjeter appel, le cas échéant.

L’Administration des douanes a fait irruption dans l’instruction de l’affaire de trafic de drogue internationale, en se constituant partie civile dans l’affaire et réclamant une somme importante en guise de dommages-intérêts, révélait Médias24 de source sûre début mars 2024.

Or, dans son ordonnance de renvoi, le juge n’a pas retenu la demande de dommages et intérêts présentée par la douane. Cette administration a donc fait appel. Cette requête d’appel est passée devant la chambre de conseil de la cour d’appel de Casablanca. La décision à été mise en délibéré pour jeudi prochain.

Donc, c’est seulement jeudi après cette décision que les conclusions du juge d’instruction deviendront définitives, près avoir été maintenues par la chambre ou amendées.

On s’attend ainsi à ce que la date de démarrage du procès soit annoncée après ce jeudi.

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