Mehdi Bensaid installe les membres de la Commission du fonds d’aide à la production cinématographique

Présidée par Amine Nassour, la Commission compte parmi ses membres Bissane Khairat, Karim Douichi, Bouchra Mazih, Mohamed Essaoudi, Fouad Challa, Wijdane Khalid, Sidi Mohamed El Idrissi ainsi que Chanaz El Akrichi, représentante du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication – département de la Communication –, Abdellah Sadik, représentant du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication – département de la Culture – et Khadija Feddi, représentante du CCM, indique un communiqué du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication.

Selon la même source, cette rencontre a été l’occasion pour M. Bensaid de passer en revue les efforts déployés par son département, en collaboration avec le CCM, afin de promouvoir et de développer l’industrie cinématographique nationale pour qu’elle soit au diapason des aspirations.

Et de poursuivre que ces efforts consistent à œuvrer, selon une approche participative associant les organisations professionnelles de l’industrie cinématographique et les différentes parties prenantes du secteur, à la mise en œuvre des dispositions de la loi n°18.23 relative à l’industrie cinématographique et portant réorganisation du CCM, qui entrera en vigueur le 1ᵉʳ octobre prochain, ainsi qu’au renforcement de la présence du cinéma marocain à l’étranger, dans le but d’explorer de nouvelles opportunités de financement et de promotion du film marocain à l’échelle internationale.

Instaurer un modèle économique autonome

L’enjeu est de donner corps à une nouvelle vision basée sur l’encouragement de l’investissement national et sur l’ouverture à l’expertise étrangère en la matière, tant en termes de pratique professionnelle que de soutien à la coproduction, nationale ou internationale, tout en veillant à garantir un climat de travail favorable aux techniciens marocains et étrangers, a relevé le ministre.

L’objectif, a enchaîné M. Bensaid, est d’instaurer un modèle économique autonome à même de générer des opportunités d’emploi et de contribuer au développement socioéconomique du Royaume.

Par ailleurs, le ministre a souligné que la finalité de la mise en place du dispositif de soutien public est d’améliorer la qualité de la production nationale et des mécanismes de rayonnement international du cinéma marocain, dans le cadre de la valorisation de la culture, de la civilisation et de l’identité marocaine, riche de ses multiples affluents, en plus de s’ouvrir à de nouveaux marchés pour la distribution du film marocain, notamment en Asie et dans les pays où est établie la diaspora marocaine.

Il a, à cet égard, tenu à remercier le président et les membres de la Commission pour avoir accepté d’assumer cette responsabilité et de s’engager dans le chantier de la promotion du cinéma marocain.

Zine El Abidine Charafeddine : « Le potentiel touristique et la dynamique de Dakhla attireront de grosses productions cinématographiques internationales » (1/2)

À la tête du Festival international du film de Dakhla depuis sa création en 2008, Zine El Abidine Charafeddine est un acteur local qui œuvre pour le rayonnement culturel de la ville et de la région depuis plus d’une dizaine d’années. Pour Médias24, il revient sur ce potentiel qui prédestine cette destination touristique phare à devenir également une destination culturelle et cinématographique majeure.

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Médias24 : Vous venez d’organiser la 12e édition du Festival international du film de Dakhla (du 3 au 9 juin 2024), qui propose deux sections : une compétition officielle de longs métrages africains et du Moyen-Orient  et une compétition de courts métrages africains et du Moyen-Orient. Quel est l’impact de cette manifestation sur l’animation culturelle et touristique de la ville ?

Zine El Abidine Charafeddine : Le Festival international du film de Dakhla en est effectivement à sa 12e édition. Quand on a commencé cette aventure [en 2008, ndlr], Dakhla était une destination émergente. L’idée même de faire de Dakhla une destination touristique était encore en gestation. À cette époque, il y avait un autre festival, qui était très important : le Festival Dakhla Music. Toute la nouvelle génération de musiciens de la scène marocaine y participait. Donc, au départ, nous avons commencé à travailler sur les deux volets : cinéma et musique. Cette dynamique a eu un impact extraordinaire sur l’attractivité de la ville et de la région, puisque de plus en plus de gens ont découvert Dakhla grâce aux artistes qui étaient en quelque sorte des ambassadeurs. Beaucoup sont tombés sous le charme de la ville, et c’est là que la vraie dynamique est née, grâce notamment au bouche-à-oreille.

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Lors du tournage du film marocain, on s’est rendu compte qu’il y avait un décor naturel qui n’existe nulle part ailleurs au Maroc        

Zine El Abidine Charafeddine, président de l’Association pour l’animation culturelle et artistique dans les provinces du Sud.

 

– Ouarzazate est aujourd’hui la destination marocaine incontournable pour le tournage des blockbusters américains. Dakhla pourrait-elle aspirer à l’avenir au même succès, peut-être même davantage ? 

– Quand on a lancé la 1re édition du festival, nous avions deux objectifs : le premier était de rapprocher le cinéma des habitants de Dakhla. Déjà rassembler les gens, puis visionner des films, tout cela crée une sorte d’animation dans la ville. Mais le plus important, c’était la formation des jeunes de la ville aux métiers du cinéma, à travers le Centre cinématographique marocain qui soutient les jeunes dans la production de films. Ce qui fera que nous aurons des techniciens qualifiés au niveau local, dans le son, l’image, la caméra, etc. C’est important de former les jeunes aux métiers techniques dans le domaine cinématographique, parce que cela prépare le terrain pour attirer des productions internationales qui sont demandeuses de main-d’œuvre spécialisée et qualifiée. Ils exigent en premier lieu des infrastructures de qualité, mais ils sont aussi intéressés par des techniciens dans ce domaine. Ensuite, ce qui est bien à Dakhla, c’est qu’on peut filmer la mer et le Sahara sans avoir à se déplacer.

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On n’a pas à se déplacer pour passer d’un environnement saharien à un front de mer

 

– Avez-vous déjà reçu des demandes dans ce sens? 

– L’année dernière, une partie d’une production américaine a été réalisée ici. En février 2024, la ville a abrité le tournage d’un film marocain. Il y a aussi beaucoup de clips musicaux ou de séries télévisées qui ont été tournés ici. On va dire que c’est le commencement. Il faut qu’on prenne tous conscience que le cinéma n’est pas qu’un divertissement, c’est une industrie qui peut bénéficier à la ville, notamment en matière de création d’emplois. Le cinéma peut véritablement être un vecteur de développement. Et il y a du potentiel : lors du tournage du film marocain, on s’est rendu compte qu’il y avait un décor naturel qui n’existe nulle part ailleurs au Maroc. En plus de la proximité qui fait qu’on n’a pas à se déplacer pour passer d’un environnement saharien à un front de mer. Avec tout ce potentiel et la dynamique de développement en cours, je suis sûr qu’à l’avenir Dakhla accueillera de grosses productions mondiales.

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Dakhla est une destination touristique autant pour les voyageurs à la recherche d’un havre de paix que pour ceux en quête de sensations fortes et d’aventures 

 

– Que propose Dakhla et sa région pour renforcer cet attrait aussi bien touristique que cinématographique ?

– Comme vous le savez, la ville a un potentiel énorme. Au niveau naturel et paysager, c’est le brassage de la mer et du désert. C’est une destination touristique autant pour les voyageurs à la recherche d’un havre de paix que pour ceux en quête de sensations fortes et d’aventures, avec toutes les activités de sport nautique. Des voyageurs qui viennent aussi du monde entier. Dakhla est en phase de devenir l’une des plus importantes capitales touristiques au Maroc, à l’instar de Fès, Marrakech ou Essaouira. La ville est dotée aujourd’hui d’infrastructures de qualité, en amélioration continue. Une société d’aménagement public a même été créée et mise en place pour le développement local de la ville. (À suivre…)

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Ce que va changer la réforme du CCM (Mehdi Bensaïd)

« Lancé en octobre 2021, le projet de loi qui va complètement réformer le fonctionnement et les attributions du Centre cinématographique marocain (CCM) sera bientôt transmis au Secrétariat général du gouvernement, avant son adoption définitive par le Parlement. »

Guichet unique

Selon Mehdi Bensaïd, la réforme du CCM servira à faciliter les procédures administratives par le biais d’un guichet unique pour ne plus avoir, par exemple, à déposer deux dossiers d’autorisation pour tourner un film qui sera diffusé à la télévision et sur grand écran.

Le projet de réforme actera également la séparation de la maison-mère du CCM et de la cinémathèque avec deux statuts, afin d’octroyer une autonomie financière à chaque entité pour qu’elles puissent jouer leur rôle respectif en termes de production ou de sauvegarde patrimoniale.

De plus, le rôle de trois commissions sera révisé, à savoir celle relative au « soutien à la production d’œuvres cinématographiques », au « soutien à la numérisation, à la rénovation et à la création de salles de cinéma » et au « soutien à l’organisation des festivals de cinéma ».

« Pour vous donner un exemple concret, la distribution des avances sur recettes, jusqu’à présent allouées en quatre tranches, pourront prendre un format plus simple du type 50%-50% ou 80%-20%, afin d’encourager les tournages de productions qui s’intéressent à l’histoire du Maroc », révèle Mehdi Bensaïd.

L’enveloppe annuelle de coproducteur de l’Etat, qui est de 65 millions de dirhams, pourra être divisée en thématiques (documentaire, film d’auteur, historique, comédies…).

« Impliquer les régions dans le financement des tournages »

A l’image de ce qui se fait ailleurs, le ministre compte faire appel aux conseils régionaux pour subventionner les producteurs qui valoriseront leur région en faisant travailler ses habitants. Une initiative qui permettra d’élargir le volume de l’aide annuelle allouée par son département à la production.

Sur ses intentions en matière de bonus fiscal pour les producteurs étrangers qui réclament une hausse, à l’instar des pays qui offrent 40 voire 50% d’abattement, Mehdi Bensaïd affirme être disposé à baisser le délai légal de 16 jours de tournage pour pouvoir bénéficier du taux actuel de 30%.

« J’ai été sollicité par les dirigeants de Netflix. Je leur ai répondu que le fait qu’ils dépensent vingt millions d’euros en une semaine ou en 16 jours ne posait aucun problème, mais qu’en retour, j’aimerais qu’ils s’engagent à s’installer au Maroc pour produire des séries marocaines avec des acteurs locaux », conclut Mehdi Bensaïd.

Le ministre veut croire que 2023 sera une année fertile pour le cinéma au Maroc, grâce à la réforme du CCM qui devrait permettre d’attirer de nombreuses plateformes étrangères, notamment Amazon et Disney.

L’appel à candidature sera lancé incessamment

Alors que la réforme suit son cours, le CCM attend la nomination de son nouveau directeur général. Selon le ministre, « le processus de désignation d’un nouveau directeur général du CCM aboutira avant juin prochain », espère-t-il car la nomination du nouveau DG reste tributaire de l’adoption du projet de loi réformant le Centre cinématographique marocain.

Le processus étant long, entre quatre et cinq mois, le ministre nous explique que l’appel à candidature pour le poste du DG du CCM « devrait être lancé dans les prochaines semaines », par voie de presse, afin de recueillir tous les dossiers des candidats intéressés et surtout capables d’occuper ce poste à responsabilités.

« Après un délai légal d’une quarantaine de jours permettant aux différents candidats de déposer leurs pièces justifiant les critères exigés, une commission se réunira pour examiner chacune de ces candidatures. Elle sera composée de secrétaires généraux de plusieurs départements publics », indique Mehdi Bensaïd.

Et d’ajouter : « A l’issue d’un examen minutieux, cette commission effectuera un classement qualitatif, avant de retenir les trois meilleurs candidats dont elle me transmettra la liste. » Le ministre sera appelé à trancher en cas d’unanimité, ou à laisser le choix au chef du gouvernement en cas d’hésitation.

Une fois le choix fixé sur un candidat, « le nom de ce dernier sera proposée au Conseil de gouvernement, qui devra valider sa nomination ».

« Un profil de technocrate »

A la question de savoir si n’importe quel cadre pourra déposer sa candidature, Mehdi Bensaïd acquiesce… mais précise que la seule obligation est de ne pas avoir précédemment occupé des fonctions qui pourraient provoquer un conflit d’intérêt dans la profession, de type producteur ou réalisateur.

« A l’image des Centres régionaux d’investissement qui regroupent tous les services dans un guichet unique, nous privilégions un profil de manager apte à gérer tous les besoins de la production. Amoureux du cinéma, il devra de préférence être étranger au milieu de la production cinématographique, afin d’éviter le clanisme qui peut exister au niveau des aides à la production », explique le ministre.

Il dit « [ne pas vouloir] revivre la même période difficile qu’avec l’ancien directeur général » qui, de par ses fonctions antérieures de producteur de films, avait été accusé, à tort, de tous les maux du CCM par certains réalisateurs mécontents de ne pas avoir bénéficié des avances sur recettes pour produire leur synopsis déposés au CCM.

https://medias24.com/2022/09/14/la-reforme-du-ccm-et-la-nomination-de-son-dg-aboutiront-avant-la-fin-de-lannee-mehdi-bensaid/

Aide au cinéma: les films bénéficiaires pour la 2e session 2019

Lors de cette session, tenue sous la présidence de Fatema Loukili, la commission a examiné 22 projets de long métrage, 4 projets de court métrage et 3 projets de contribution à l’écriture de scénario pour l’avance sur recettes avant production, ainsi que 5 films de long métrage et 6 films de court métrage pour l’avance sur recettes après production.

Selon un communiqué, dans la catégorie des documentaires sur la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani, la commission a examiné 12 projets candidats à l’avance sur recettes avant production et un seul projet candidat à l’avance sur recettes après production.

Au terme de ses délibérations, l’ensemble des 53 projets ont été examinés et la plupart d’entre eux sont dignes d’intérêt, poursuit le document.

« Toutefois, et compte tenu de la contrainte budgétaire qui s’élève à 19.9 millions de DH pour la fiction et 4.25 MDH pour les documentaires sur la culture, l’histoire et l’espace sahraouis hassanis, seuls 20 projets ont été retenus.

Dans la catégorie des projets de films de fiction, l’avance sur recettes avant production est accordée aux projets de films de long métrage « Samba Do Maazouz » de Karim Hicham Ayouch (4.5 MDH), « Un couple heureux » de Hicham Lasri (4.35 MDH), « Fatema », de Mohamed Tazi (4.25 MDH), « Le tampon » de Rachid Ouali (3.8 MDH), ainsi qu’aux projets de film de court-métrage « Le stylo rouge » de Abdellatif Nassib (200.000 DH) et « Orgasme » de Dalal Tantaoui El Araqi (150.000 DH).

S’agissant de l’avance sur recettes après production, elle est octroyée aux longs métrages « Otage » de Mehdi El Khaoudy (1.2 MDH) et « Tarantella » de Rabii El Jawhari (700.000 DH), et aux courts métrages « Les enfants des sables » d’El Ghali Graimiche (200.000 DH), « Dreamland » d’Ali Benjelloun (150.000 DH) et « Un mot » de Mia El Rakka (100.000 DH), précise le document.

En ce qui concerne la contribution à l’écriture de scénario, un montant de 100.000 DH est accordé au film de long métrage « Le vent du sud » de Hassan Rhanja, alors que pour la contribution à la réécriture de scénario le même montant sera alloué à deux films de long métrage, à savoir « Des divorcées de Casablanca » d’Abdelilah Hamdouchi et « Des jours difficiles » de Youssef El Fadil.

Elle souligne, par ailleurs, que pour ce qui est des documentaires sur la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani, l’avance sur recettes avant production concerne le documentaire intitulé « Sabots de cheval » de Malika Maalainine (950.000 DH), « Jalwa » de Rachid Kasmi (920.000 DH), « Dafair Al Harair » de Hiba Chaari (900.000 DH) et « Trig Lbaryan » de M’barek Largo (700.000).

L’avance sur recettes après production est accordé au documentaire « Compagnon de survie » d’Ahmed Bouchalgua (730.000 DH), tandis que pour la contribution à la réécriture de scénario, un montant de 50.000 DH est revient au documentaire « Addahab al abyad fi almohit al asfar » de Bouanane Zerouali, relève le communiqué.

(Avec MAP)