Programme Moussalaha. Lancement de la phase de réhabilitation dédiée aux jeunes détenus pour terrorisme

Dans un communiqué, le Centre indique que ce programme intervient dans le cadre de l’opérationnalisation de sa stratégie multidimensionnelle visant à promouvoir la culture de la tolérance, à lutter contre les différentes formes d’extrémisme violent chez cette catégorie de détenus, et à œuvrer à leur réhabilitation et à leur réinsertion dans la société.

Quelque 19 détenus condamnés en vertu de la loi antiterroriste bénéficieront de cette initiative, qui est encadrée par des experts spécialisés de la Rabita Mohammadia des Oulémas et du Centre Moussalaha, sous la supervision du secrétaire général de la Rabita et président du Centre, Ahmed Abbadi.

S’étalant sur cinq mois, le programme s’articule autour de deux axes principaux, à savoir l’accompagnement religieux et intellectuel et le suivi psychologique spécialisé, en plus des rencontres avec les familles des prisonniers bénéficiaires afin de les impliquer dans le processus de réhabilitation de leurs enfants.

À cette occasion, Ahmed Abbadi a donné une conférence abordant plusieurs thématiques, notamment la succession de l’Homme sur terre et la quête du savoir, relève le communiqué. Les détenus, qui ont interagi de manière positive avec cette intervention, ont exprimé une forte volonté de poursuivre ce programme unique en son genre.

https://medias24.com/2025/02/10/le-maroc-compte-3-067-anciens-detenus-pour-terrorisme/

Le Maroc compte 3.067 anciens détenus pour terrorisme

Ces statistiques ont été dévoilées par Boubker Sabik, porte-parole du pôle DGSN-DGST, lors de sa participation le dimanche 9 février à une rencontre organisée par le Conseil supérieur des Oulémas.

Selon le responsable sécuritaire, sur les 3.067 individus ayant été condamnés pour terrorisme, 168 sont d’anciens combattants en Syrie et en Irak, sachant que la législation nationale interdit aux Marocains de se rendre dans les zones de conflits et d’y combattre.

Pour Boubker Sabik, la réinsertion de cette catégorie d’anciens détenus pose un « grand défi » au Maroc, surtout avec la crainte de la récidive. Le responsable sécuritaire cite dans ce sens le cas du terroriste récidiviste qui avait pris part au crime commis en décembre 2018 à Imlil, coûtant la vie à deux jeunes touristes scandinaves.

Plus loin dans le temps, Abdellatif Amrine avait été arrêté une deuxième fois en tant que membre de la cellule ayant commis les attentats du 11 mars 2007 à Casablanca. Kamikaze réserviste des attentats du 16 mai 2003, il avait été condamné à 30 ans de réclusion avant de bénéficier d’une grâce royale pour raisons humanitaires (il était atteint d’un grave cancer) et de récidiver.

Boubker Sabik a évoqué un autre nouveau phénomène qui pourrait générer de nombreux problèmes : ceux que l’on surnomme « Achbal Al Khilafa » (Les lionceaux du califat), une nouvelle génération de combattants mineurs marocains en Syrie. Ces combattants ont reçu une formation militaire et ont surtout été préparés à mener des attentats kamikazes.

Le responsable sécuritaire a révélé que 382 d’entre ces combattants se trouvent actuellement dans les prisons syriennes.

Lutte antiterroriste : la stratégie globale du Maroc saluée par le département d’Etat américain (Rapport)