L’alimentation en eau potable renforcée à Tétouan depuis le barrage Charif Al Idrissi
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a mis en service un important projet de transfert d’eau potable entre la ville de Tétouan et sa zone côtière.
Ce transfert assurera le renforcement et la sécurisation de l’alimentation en eau potable des villes de Tétouan, Martil, M’Diq, Fnideq et des localités avoisinantes à partir du barrage Charif Al Idrissi, indique un communiqué de l’Office.
D’un coût de 182 millions de DH, financé par l’ONEE à travers un prêt auprès du Fonds saoudien de développement, ce projet consiste principalement en la réalisation d’une conduite de transfert en acier protégé de diamètre 1.200 mm sur une longueur de près de 18 km permettant de véhiculer un débit de 110.000 mètres cubes par jour.
Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI) 2020-2027, dont la convention a été signée le 13 janvier 2020 devant le Roi Mohammed VI, contribuera à l’amélioration des conditions de vie d’une population d’environ 740.000 habitants et au développement des activités socio-économiques de la région.
La Cour des comptes pointe les retards dans la mise en œuvre des projets hydriques
Dans son rapport annuel 2023-2024, la Cour des comptes met en lumière les défis majeurs du secteur de l’eau au Maroc, accentués par le changement climatique et la succession des années de sécheresse.
Face à cette situation critique, des efforts ont été déployés dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 (PNAEPI), dont le budget a été revu à la hausse, passant de 115 à 143 milliards de DH, rappelle la Cour.
Un programme ambitieux mais des retards persistants
Dan son rapport, la Cour des comptes rappelle les principaux axes stratégiques du PNAEPI :
>Construction de barrages
Le PNAEPI prévoit la construction de 21 grands barrages et 330 petits barrages. Dans ce sens, avec la mise en service d’un ensemble de barrages, dont la construction a commencé avant le lancement du programme, notamment les barrages Todgha (province de Tinghir), Tiddas (province de Khemisset), et Agdz (province de Zagora) et Fask (province de Guelmim), la capacité totale de stockage est passée de 18,7 milliards de m³ en 2020 à 20,7 milliards de m³ fin 2023.
Selon les données du ministère de l’Equipement et de l’eau, cette capacité va augmenter pour atteindre 24 milliards de m3 à fin 2027, soit une augmentation de 20%.
Le rapport note toutefois que certains projets de grands barrages dont la réalisation avait commencé avant le lancement du PNAEPI 2020-2027 ont enregistré du retard par rapport aux prévisions, notamment les barrages de M’dez (province de Sefrou), Targa Ou Madi (province de Guercif), ainsi que le projet de reconstruction du barrage Sakia El Hamra (province Laâyoune). Ce retard est dû principalement aux résiliations des marchés de travaux les concernant. De nouveaux marchés d’achèvement ont été lancés pour ces projets, rappelle la même source. Le barrage de M’dez a été, lui, mis en eau en février 2024 et l’achèvement des deux autres barrages est prévu pour 2026.
>Dessalement de l’eau de mer :
Pour combler le déficit en ressources hydriques, le dessalement des eaux de mer qui s’impose, a pour objectif de mobiliser 1,4 milliard de m³ d’eau par an à l’horizon 2027. Le nombre de stations de dessalement est passé de huit stations, d’une capacité totale de production de 46 millions de m³ par an, avant le lancement du PNAEPI, à 15 stations en 2024, d’une capacité totale de production à 192 millions de m³ par an.
En outre, six grands projets de dessalement sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de 438,3 millions de m³ par an, dont la station de Casablanca d’une capacité de 300 millions de m³ par an.
>Gestion de la demande en eau et valorisation :
A fin 2023, la superficie équipée en systèmes d’irrigation localisée a atteint environ 794.000 hectares, représentant près de 50% de la superficie irriguée à l’échelle nationale, contre 43% en 2020 et seulement 9% en 2008.
Toutefois, les efforts déployés, pour moderniser les réseaux d’irrigation collective et promouvoir l’irrigation localisée n’ont pas permis de stabiliser la demande en eau d’irrigation, sachant que le problème de la surexploitation des eaux souterraines s’est aggravé.
>Réutilisation des eaux usées :
Le PNAEPI prévoit la réutilisation de 100 millions de m³ d’eaux usées traitées par an à l’horizon 2027, sachant que ce volume a atteint environ 37 millions de m³ en 2023. Néanmoins, la réutilisation des eaux usées traitées reste limitée aux secteurs industriels et à l’arrosage des espaces verts, alors que son usage dans l’agriculture demeure insignifiant en raison de l’absence de dispositifs institutionnels et juridiques encadrant le partage des coûts entre les gestionnaires des stations de traitement et les agriculteurs, ainsi que du manque de normes fixant la qualité des eaux usées à réutiliser en agriculture.
>Interconnexion des bassins hydrauliques
Le projet d’interconnexion des bassins de Sebou et de Bouregreg, d’un coût de 6 MMDH, a été achevé et mis en service fin août 2023. Ce projet fait partie de la première phase du programme d’interconnexion des bassins de Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rbia, dont le lancement des phases suivantes est prévu en 2024.
De plus, le projet d’interconnexion des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa est également en cours d’achèvement, six mois après son lancement. Ce projet, d’un coût de 840 MDH, vise à sécuriser les besoins en eau potable du Grand Tanger et à alimenter en eau d’irrigation le périmètre de Dar Khrofa, d’une superficie de 21.000 hectares.
Selon la Cour des comptes, l’atteinte des objectifs de la politique nationale de l’eau reste toutefois confrontée à plusieurs risques :
– l’aggravation de la situation hydrique due à une accentuation du changement climatique,
– le retard des projets de dessalement, de reconversion à l’irrigation localisée, d’interconnexion des bassins hydrauliques, et des projets de barrages, en particulier dans les zones à forte pluviométrie,
– le retard de réalisation du projet de liaison électrique pour le transport de l’énergie renouvelable du sud du pays vers le centre et le nord afin d’alimenter les stations de dessalement en énergie propre,
– la problématique de la mobilisation du financement nécessaire,
– l’importance des coûts de traitement, transport et distributiondes eaux usées, et du suivi de la qualité des eaux.
Recommandations de la Cour des comptes
Pour faire face aux défis, la Cour des comptes a formulé plusieurs recommandations :
– Renforcer la gestion intégrée des ressources en eau, en préservant les eaux souterraines et en développant des solutions non conventionnelles (dessalement, réutilisation des eaux usées, collecte des eaux pluviales).
– Réduire les pertes d’eau dans les réseaux et protéger les barrages contre l’envasement.
– Accélérer l’irrigation localisée pour optimiser l’utilisation de l’eau dans l’agriculture.
– Développer des synergies entre l’eau, l’énergie et l’agriculture pour favoriser une convergence efficace des politiques publiques.
– Mobiliser davantage de financements pour garantir la réalisation des programmes hydrauliques prioritaires.
Eau agricole. Le point sur l’état d’avancement des principaux chantiers
Pour cette saison agricole 2023-24, le niveau de pluviométrie a à peine atteint 224 millimètres jusqu’en avril 2024. Un cumul qui reste inférieur de 27% par rapport à celui d’une année agricole normale (la moyenne des 30 dernières années).
La part d’eau allouée aux grands périmètres irrigués n’a pas dépassé 680 millions de m3 pour la saison agricole en cours, dont environ 300 millions de m3 ont été utilisés.
Afin de renforcer la résilience du secteur agricole aux changements climatiques et atteindre un équilibre entre les différents usages, le plan d’action du gouvernement vise la création de nouveaux barrages pour éviter le déversement de l’eau douce en mer et une répartition régionale équilibrée des ressources hydriques grâce à des projets d’interconnexions.
Outre le projet d’interconnexion des bassins Sebou-Bouregreg, « la connexion entre les bassins de Bouregreg-Oum Rbia est en cours. Concernant le Laou avec la Moulouya, les études sont en cours pour analyser les options envisageables pour ce projet« , précise Ahmed Bouari. Pour Médias24, le Directeur de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole fait le point sur l’état d’avancement des chantiers lancés dans l’optique de garantir une meilleure efficacité hydrique.
Interconnexion du barrage Oued El Makhazine au barrage Dar Khrofa avec une capacité de transfert de 100 Mm3/an
Médias24 : Dans le cadre de la stratégie agricole Génération Green et du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027), trois leviers complémentaires sont actionnés, dont le développement de l’offre hydrique. Où en est leur mise en œuvre ?
Ahmed Bouari : Plusieurs chantiers importants sont engagés pour renforcer et diversifier l’offre hydrique et atténuer la compétition entre les usages. Il s’agit particulièrement de la poursuite du développement de nouveaux barrages en vue d’accroître la capacité de stockage de 6 milliards de m3 additionnels.
En plus, l’interconnexion des bassins hydrauliques Sebou-Bouregreg-Oum Rbia et des bassins Loukkos-Tangérois permettra de capter les ressources en eau perdues en mer et d’optimiser la gestion entre les bassins hydrauliques, notamment en situation de pénurie.
La première tranche urgente d’interconnexion des bassins Sebou-Bouregreg a été réalisée dans des délais record de 9 mois. Elle permet de capter et de transférer un volume d’eau annuel moyen de 350 à 400 millions de m3 en vue de sécuriser l’approvisionnement en eau potable des villes de Rabat et de Casablanca à partir du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah.
Deux autres projets d’interconnexion sont actuellement en chantier. Le premier concerne l’interconnexion du barrage Oued El Makhazine au barrage Dar Khrofa avec une capacité de transfert de 100 Mm3/an pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la ville de Tanger.
Le deuxième concerne le transfert de 60 Mm3/an des eaux dessalées à partir de la station de dessalement de l’eau de mer d’OCP à Jorf Lasfar vers la station de traitement de Daourat pour l’approvisionnement en eau potable du sud de Casablanca.
– Qu’en est-il du programme de dessalement d’eau de mer ?
– Ce programme a pour objectifs l’approvisionnement en eau potable des villes et le développement des projets d’irrigation. Six projets sont en cours de réalisation et permettront de produire 143 Mm3 par an additionnels, dont le projet de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation de 5.200 ha à Dakhla.
Les études sont en cours pour 9 projets de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation dans les zones de Sidi Rahal, Tan Tan, l’Oriental, Guelmim, Chichaoua, Oualidia, Tiznit, Taroudant et Boujdour sur une superficie totale de près de 120.000 ha.
Dans le détail, pour le projet de dessalement de l’eau de mer de Tan-Tan, les études de faisabilité technique et d’évaluation préalable sont achevées et le projet est présenté à la commission interministérielle des PPP. Il a reçu l’approbation du ministère de l’Economie et des finances pour la réalisation du projet dans le cadre de la loi 86-12 relative aux contrats de partenariat public-privé. Les dossiers d’appels d’offres pour le choix des partenaires privés sont en cours d’achèvement.
Concernant le projet de Sidi Rahal, les études techniques sont achevées et le rapport d’évaluation est en cours de préparation. S’agissant des autres projets, les études de faisabilité sont en cours et les premiers résultats concernant l’identification des sites des stations de dessalement et l’étendue du périmètre d’irrigation des projets d’extension de l’irrigation à de nouvelles terres, sont en cours de validation.
– Le projet d’irrigation dans la province de Dakhla-Oued Eddahab est-il toujours prévu pour une mise en production en 2025 ?
– Le projet d’irrigation par dessalement de l’eau de mer de Dakhla porte sur une superficie de l’ordre de 5.200 hectares et comprend un champ éolien qui alimente une station de dessalement d’eau de mer en énergie renouvelable.
Ce projet avance comme prévu sur les trois chantiers. A savoir les éoliennes, la station de dessalement et le réseau d’irrigation, qui sont engagés parallèlement pour une mise en service en juin 2025. Il est à souligner que ce projet permettra de générer une importante dynamique économique dans la région, avec des investissements privés estimés à 2,6 milliards de dirhams et la création de milliers d’emplois permanents.
– En plus des programmes de développement de l’offre hydrique, un effort d’investissement de près de 50 milliards de DH est en cours de mise en œuvre pour améliorer l’efficacité hydrique et énergétique de l’eau agricole.
– La modernisation de l’irrigation a permis à ce jour d’étendre l’irrigation localisée sur 825.000 ha. L’objectif est d’équiper un million d’hectares en irrigation localisée pour doubler la valeur ajoutée par mètre cube d’eau utilisée dans l’irrigation.
L’amélioration de la gouvernance de l’eau vient compléter les programmes de l’offre et de la demande hydrique à travers le développement du partenariat public-privé (PPP) pour le co-financement, la conception, la construction et l’exploitation des projets d’irrigation et la gestion durable des nappes d’eau souterraines. Sur ce volet, une forte impulsion est donnée au programme de PPP en irrigation, principalement à travers le recours au dessalement de l’eau de mer pour atténuer la pression sur les ressources en eau conventionnelles.
La contractualisation avec les parties prenantes pour une gestion participative des nappes se poursuit également à travers la signature de plusieurs contrats de nappe, notamment pour la nappe de l’axe Meski-Boudnib (province d’Errachidia), Feija (province de Zagoura), Rmel (province de Larache) et Haouz Mejjat (principalement dans la province Chichaoua). D’autres contrats sont en cours de préparation, notamment pour les nappes de Triffa, Berrechid et Saïss.
Ahmed EL Bouari, directeur de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole.
– Quels progrès récents ont été enregistrés au niveau du développement de l’irrigation et de la réhabilitation de la petite agriculture irriguée en zones de montagne et dans les oasis ?
– Ce programme consiste à mettre à niveau les aménagements hydro-agricoles de la petite et moyenne hydraulique (PMH) pour améliorer l’efficience des systèmes d’irrigation et la productivité de l’eau. Les principaux objectifs de ce programme consistent à préserver les périmètres de PMH dans les zones de montagnes et les oasis à travers la réhabilitation et remise en état d’environ 200.000 ha de périmètres de PMH au profit de 100.000 exploitations. A cela s’ajoute la sauvegarde du patrimoine des khettaras.
Depuis son lancement, une superficie de 77.000 ha de périmètres de PMH sont réhabilités et mis à niveau dans les écosystèmes fragiles de montagnes et des oasis, notamment à travers :
– Le revêtement de 1.952 km de séguias pour réduire les pertes d’eau et augmenter la productivité et les revenus des petits agriculteurs ;
– La restauration de 124 km de khettaras permettant de valoriser ce patrimoine ancestral dans les régions oasiennes.
Mise en service des premiers secteurs d’irrigation sur 10.000 ha dès le remplissage du barrage Mdez
– Quid du développement des trois grands projets d’aménagement hydro-agricole dans les régions du Saïss, de l’Est et du Sud de la plaine du Gharb ?
– En ce qui concerne le projet d’aménagement hydroagricole dans la plaine du Saïss, tous les ouvrages principaux de raccordement au barrage Mdez et les ouvrages d’adduction sont réalisés sur une longueur de 60 km comprenant notamment un passage par galeries sur 5 km et deux ouvrages de régulation et de filtration de l’eau.
Les travaux de la première tranche du réseau de distribution s’étalent sur une longueur de 409 km avec une cheminée d’équilibre de 80 m de hauteur et d’équipement des bornes d’irrigation. Ils sont en cours d’achèvement. Ce qui permettra de mettre en service les premiers secteurs d’irrigation sur une superficie de 10.000 ha dès le remplissage du barrage Mdez.
En ce qui concerne le projet d’aménagement hydro-agricole dans la zone sud-est de la plaine du Gharb, il porte sur une superficie de 30.000 ha et s’inscrit dans le cadre du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027.
Les travaux consistent en une prise d’eau sur le barrage Kodiat El Borna en cours de construction, une adduction tête morte sur une longueur de 11 km, une adduction dite Hricha sur 98 km et un réseau de distribution en conduites à l’intérieur de chacun des secteurs jusqu’aux prises d’eau.
Un financement du projet est en cours de préparation avec l’agence japonaise de coopération (JICA). Le bouclage du financement est prévu avant fin juin 2024 et le démarrage des travaux dès la signature de la convention de financement du projet est prévue en juin 2024.
– L’élargissement de la capacité de la station de Chtouka Aït Baha est-il toujours d’actualité ?
– En ce qui concerne le bassin primeuriste de Chtouka, un bassin de production considéré comme le potager du Maroc pour certains produits agricoles de base, le projet de dessalement de l’eau de mer dans la plaine de Chtouka a enregistré des progrès significatifs depuis son lancement en Juillet 2018.
La station de dessalement de Chtouka Aït Baha est entrée en production en janvier 2022. Sa capacité de production est de 275.000 mètres cubes par jour dont 125.000 mètres cubes par jour destiné à l’irrigation et permet d’irriguer 15.000 hectares. Les travaux ont inclus la construction d’installations maritimes ainsi qu’une station de dessalement et des infrastructures d’irrigation, comme un réservoir de stockage, 5 stations de pompage et un réseau de distribution d’eau sur 489 kilomètres.
Face à l’évolution des conditions hydriques de la région, il a été décidé d’élargir la capacité de la station à 400.000 mètres cubes par jour d’ici 2026. Cette extension comprendra une production quotidienne de 200.000 mètres cubes pour l’eau potable et 200.000 mètres cubes pour l’irrigation.
– Où en est le programme d’aménagement hydro-agricole associé aux nouveaux barrages, couvrant 72.500 hectares sur 6 périmètres d’irrigation ?
– Le programme d’aménagement hydro-agricole associé aux barrages vise la valorisation des ressources en eau mobilisées par les barrages et la mise en valeur de nouveaux périmètres irrigués pour intensifier la mise en valeur agricole. Depuis le démarrage de ce programme, les réalisations sont comme suit :
– Les aménagements portant sur une superficie de 8.100 ha sont achevés (projets moyen Sebou et Kaddoussa) ;
– Les aménagements portant sur une superficie de 12.600 ha (1ère tranche du projet Saïss et 2e tranche du moyen Sebou) sont en voie d’achèvement ;
– Les aménagements portant sur une superficie de 20.000 ha (2e tranche du projet Saïss) sont en cours de réalisation ;
– Les aménagements concernant deux grands projets sont en cours de démarrage des travaux, notamment dans le Gharb (30.000 ha) et Ouljat Essoltane (1.800 ha).
Ahmed El Bouari est directeur de l’Irrigation et de l’Aménagement de l’espace agricole (DIAEA) au ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, depuis 2013.
Né en 1964 à Ouezzane, M. El Bouari a débuté sa carrière professionnelle en tant qu’ingénieur du génie rural. Il a conduit des projets d’envergure dans le domaine de l’eau et de l’irrigation. Il a contribué à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques nationales de l’irrigation, de l’eau et des aménagements fonciers.
En outre, il est actuellement président de l’Association des ingénieurs du génie rural du Maroc (AIGR) et président du Réseau marocain interprofessionnel de l’irrigation (REMIG). Il est également membre de l’association internationale « Echanges méditerranéens pour l’eau, la forêt et le développement » dont le siège est à Paris.
Il assure enfin la vice-présidence de la Commission internationale de l’irrigation et du drainage (CIID) en reconnaissance de ses contributions dans ce secteur.
Réunion du comité de pilotage du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation
La situation hydrique du Royaume suite aux récentes précipitations a été au cœur de cette réunion. L’occasion aussi d’évaluer l’avancement de la mise en œuvre des projets structurants initiés par le gouvernement dans le cadre de l’accélération des investissements dans le secteur de l’eau, et de programmer des investissements supplémentaires, en application du plan d’urgence présenté devant le Roi Mohammed VI le 16 janvier dernier.
Cité dans un communiqué de son département, le chef du gouvernement a appelé tous les intervenants à redoubler d’efforts pour relever le défi de la sécurité hydrique dans le pays, assurer l’approvisionnement en eau potable dans toutes les régions du Royaume et accélérer le rythme de construction des infrastructures nécessaires pour garantir l’accès à l’eau potable pour tous les habitants et répondre aux besoins de l’agriculture et de l’irrigation.
À Tanger, l’ONEE sécurise l’alimentation en eau potable à partir du barrage Ibn Battouta
« L’Office a démarré les essais de mise en service du projet de renforcement et de sécurisation de l’alimentation en eau potable de la ville de Tanger », indique l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) dans un communiqué publié à l’occasion de la 13e mise en service au titre de l’année 2023.
Ces essais, qui viennent d’être achevés « avec succès », concernent le nouveau système adducteur des eaux brutes à partir du barrage Ibn Battouta.
Réalisé avec la participation financière de la Banque africaine de développement (BAD), ce projet d’envergure, dont le coût s’élève à 138 millions de DH, a consisté en la pose d’une adduction d’eau brute en acier revêtu de diamètre 1.200 mm sur un linéaire d’environ 11 km, permettant de véhiculer un débit de 95.000 mètres cubes par jour du barrage Ibn Battouta à la station de traitement Mharhar. Cette dernière contribue à l’alimentation en eau potable de la ville de Tanger et des localités avoisinantes, a expliqué la même source.
Le projet s’inscrit dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) 2020-2027. Sa convention a été signée le 13 janvier 2020 devant le Roi Mohammed VI.
Ce projet a nécessité la traversée des voies ferrées dont la ligne à grande vitesse. Il permettra de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de cette zone et d’éliminer les pertes d’eau, qui étaient enregistrées le long de l’oued entre le barrage Ibn Battouta et la station de traitement Mharhar.
(Avec MAP)
Eau potable : l’ONEE sécurise l’alimentation des villes de Fès et Meknès à partir du barrage Idriss 1er
La première phase de ce projet vise “à augmenter la capacité de production d’eau potable des installations existantes par un débit supplémentaire d’environ 43.200 m3 par jour,” indique l’ONEE dans un communiqué. “Le débit sera augmenté progressivement à 172.800 m3 par jour” ajoute la même source.
D’un coût global d’environ 1,7 MMDH, l’opération s’inscrit dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027), dont la convention a été signée le 13 janvier 2020.
Financé par un prêt de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), ce projet comprend la réalisation d’une prise d’eau brute sur le barrage Idriss 1er, d’une station de traitement d’un débit nominal de 172.800 m3 par jour, extensible à 259.200 m3 par jour. Il prévoit également la réalisation de sept stations de pompage et cinq réservoirs.
Il s’agira aussi de la fourniture et la pose de 105 km de canalisations en béton précontraint, en acier revêtu et en polyester renforcé aux fibres de verre (PRV) de diamètres variant entre 2.000 et 900 mm, ainsi que l’électrification et la télégestion du système adducteur.
“La prise d’eau réalisée par perforation du barrage Idriss 1e compte parmi les rares opérations de perforation de barrage à l’échelle mondiale. Elle devrait être dupliquée au niveau d’autres barrages au Maroc” affirme l’ONEE dans son communiqué.
Ce mardi 23 août 2022, le taux de remplissage du barrage Idriss 1e atteint 30,6%, soit 346 millions de m3, contre 59% (665 Mm3), une année auparavant.
Taroudant : l’ONEE achève le renforcement de l’alimentation en eau potable à partir du barrage Aoulouz
D’un coût global de 250 millions de DH, ce projet a consisté en la réalisation d’une station de traitement d’une capacité de production de 17.280 m3/j (200 l/s) ; la pose d’une adduction, d’un linéaire d’environ 80 km et de diamètres variant entre 500 et 900 mm, dotée de trois brises charges ; la construction d’un réservoir d’eau traitée de capacité 3000 m3 ; et la mise en place d’un système de télégestion.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation 2020-2027 (PNAEPI), signé devant le Roi Mohammed VI le 13 janvier 2020.
Il permettra de résorber le déficit enregistré et de sécuriser l’alimentation en eau potable de la ville de Taroudant, jusqu’à l’horizon 2050. Il contribuera aussi à la préservation de la nappe, à l’amélioration des conditions de vie des populations et à l’accompagnement du développement socio-économique de la région.
A cette occasion, le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), Abderrahim El Hafidi, a effectué, mercredi 13 octobre, une visite de terrain. Il a pu assister aux étapes finales des essais de ce projet de renforcement de l’alimentation en eau potable à partir du barrage Aoulouz, dont la mise en service est prévue avant fin octobre 2021.
Pour rappel, la ville de Taroudant était alimentée en eau potable à partir des ressources souterraines. Or, elles ont connu ces dernières années une baisse importante, induisant un déficit qui a atteint 20%.
Programme eau: les détails pour les régions de Marrakech, Rabat et Laâyoune
Ces derniers ont été dévoilés mardi 28 janvier, lors des rencontres de communication régionale autour de l’activation du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation à horizon 2027.
Région Marrakech – Safi
Quatre principaux axes sont dédiés à la mobilisation des potentialités hydriques au niveau de cette région.
Premièrement, le développement de l’offre hydrique à travers les barrages avec:
-Le renforcement de l’offre des eaux de surface à travers la construction de trois barrages, dont deux en cours de construction d’une capacité de 227 millions de m3 et la programmation d’un autre barrage d’une capacité de 140 millions de m3.
-La programmation de la réalisation d’une station de dessalement de l’eau de mer à Safi.
Deuxièmement, l’économie et la promotion de l’eau dans le domaine agricole à travers:
-La création de projets de transformation des systèmes d’irrigation sur une superficie de près de 35.000 ha supplémentaires, pour une enveloppe budgétaire estimée à 1.7MMDH.
-Le développement des circuits de petite et moyenne irrigations avec la réhabilitation de 90 km de seguias (125 MDH), la création de points d’eau dédiés à l’abreuvage, à travers le forage et l’équipement de 48 puits (24 MDH).
-La mise en place de circuits d’irrigation sur les grands barrages programmés (barrage Boulaaouane, Ait Ziyat, et Sidi Driss Lkbir) d’une superficie avoisinant les 54.900 ha.
Ensuite, l’approvisionnement en eau potable en milieu rural:
-Le montant des projets programmés s’élève à 6,34MDH, destinés au renforcement et à la diversification des ressources de mobilisation de l’eau potable, la garantie de l’approvisionnement en eau des communautés avoisinantes du barrage Abou El Abbas Sebti et l’approvisionnement en eau potable en milieu rural.
-Environ 2,7 MDH alloués à des projets d’approvisionnement en eau potable.
Finalement, la réutilisation des eaux usées traitées en mobilisation 1,5 MMDH pour le financement de ces projets portant sur le traitement des eaux usées.
Rabat Salé Kénitra
Plusieurs projets sont dédiés à la région de Rabat à savoir:
-La construction de plusieurs barrages au niveau de cette région, notamment 128 petits barrages et un grand barrage à la province de Sidi Kacem.
-L’équipement de près 30.000 hectares au Gharb, pour une enveloppe budgétaire de 5,7 MDH, qui permettra de réaliser une valeur de production de 800 MDH. Il s’agit également d’un programme relatif aux systèmes économes d’irrigation, qui vise à équiper 20.000 hectares supplémentaires, pour 560 MDH, ainsi que la création de points d’eau pour l’abreuvement du bétail.
-L’approvisionnement en eau de la ville de Souk Elarbaâ et des communes avoisinantes, à partir des eaux de surface de Oued El Makhazin. Ce projet nécessite environ 300 MDH et dont les travaux ont déjà commencé.
-Le renforcement de l’approvisionnement en eau de la ville de Salé, à partir des eaux du Bouregreg, pour une enveloppe budgétaire d’environ 133 MDH.
-L’approvisionnement en eau des petits et moyens centres, comme Ain El Aouda, Sidi Allal El Bahraoui et Sidi Taibi, pour une enveloppe de 200 MDH.
Région de Laâyoune – Sakia El Hamra
Trois principaux axes sont dédiés à la mobilisation des potentialités hydriques au niveau de cette région:
-Le premier axe concerne la réalisation d’une nouvelle station de dessalement de l’eau de mer à Laâyoune et Tarfaya, une station de désalinisation à Smara ainsi que le renforcement et la sécurisation de l’approvisionnement de la production pour un coût global de 956 MDH.
-Le deuxième axe porte sur la modernisation des équipements de production, à travers la réhabilitation des stations de production actuelles à dans la région, le renforcement et le dédoublement des canalisations d’eau potable, l’amélioration du rendement du réseau de distribution de l’eau potable pour atteindre un taux de 80% en 2027, ainsi que le renforcement des équipements de stockage et de distribution de l’eau potable pour un budget de 404 MDH.
-Quant au 3e axe, il se décline à travers l’alimentation en eau potable de plusieurs villages de pêche, le renforcement des infrastructures de production et de distribution de l’eau potable du village de pêche Sayed Ghazi et la réalisation de projets d’approvisionnement en eau potable des centres ruraux de Dcheira et Boucraâ.
4 milliards de dollars de la Banque mondiale pour le Maroc : oui, mais…
La Banque mondiale prévoit de consacrer 4 milliards de dollars au profit du Maroc sur la période 2014-2017.
Plus précisément, ce que le Conseil d’administration de la Banque mondiale s’apprête à examiner est le nouveau Cadre de Partenariat Stratégique pour la période 2014-2017 qui définit pour une période de 4 ans les domaines prioritaires d’intervention de la Banque mondiale au Maroc ainsi que les instruments d’assistance utilisés.
L’élaboration de ce Cadre avait d’ailleurs fait l’objet de discussions entre les autorités marocaines et la Banque mondiale en septembre dernier (voir l’article de Médias 24).
Ce document définit également une enveloppe de prêt annuelle accordée par la BIRD au Maroc. C’est donc cette enveloppe annuelle qui pourrait être rehaussée à 1 milliard de dollars par an sur 4 ans, soit les fameux 4 milliards annoncés par Reuters dans une dépêche du 10 décembre, alors qu’elle avait été fixée à 600 millions de dollar par an dans le cadre de partenariat stratégique pour la période 2010-2013.
Cette enveloppe sera ensuite ventilée entre les différents instruments d’aide au développement de la Banque : appuis budgétaires, projets d’investissement, assistance conseil, etc.
Les 4 milliards de dollars qui devraient être approuvés début 2014, ne sont donc pas à proprement parler un prêt, du moins pas encore, mais en quelque sorte des fonds mis à disposition du Maroc pour une période de 4 ans et dont l’utilisation sera soumise à l’évaluation et l’approbation par le Conseil d’Administration de la Banque mondiale des projets de développement prévus dans le Cadre de la nouvelle stratégie.