La création de l’Agence nationale pour la protection de l’enfance au menu du prochain Conseil de gouvernement

Au début de ses travaux, le Conseil examinera un projet de loi portant création de l’Agence nationale pour la protection de l’enfance, ainsi que des centres de protection de l’enfance et des établissements de prise en charge sociale dédiés aux enfants.

Le Conseil de gouvernement poursuivra ses travaux par l’examen de trois projets de décret. Le premier vise à modifier et à compléter le décret relatif à l’application des dispositions de la loi sur le Code de la route concernant les véhicules ; le deuxième porte sur la création et l’organisation de l’Institut national supérieur de musique et des arts chorégraphiques ; tandis que le troisième décret a pour objet de modifier et de compléter le décret fixant les attributions et l’organisation du ministère de l’Économie et des finances.

Par la suite, le Conseil examinera un accord sur les services aériens entre le Royaume du Maroc et la République de Côte d’Ivoire, signé le 17 janvier 2025 à Laâyoune, en plus d’un projet de loi portant approbation dudit accord.

À la fin de ses travaux, le Conseil examinera des propositions de nomination à de hautes fonctions, conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, conclut le communiqué.

Sous la présidence de la Princesse Lalla Meryem, le Parlement de l’Enfant célèbre 25 ans d’existence

L’événement a réuni des ministres, des membres actuels et anciens du Parlement, ainsi que des représentants d’institutions nationales et internationales, venus marquer cet anniversaire symbolique.

La journée a été marquée par la signature de trois accords. Le premier, signé par le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, et la vice-présidente de l’ONDE, Ghizlane Benjelloun, porte sur l’accompagnement des enfants parlementaires dans leurs projets professionnels.

Le deuxième, signé par le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, et Ghizlane Benjelloun, a trait au renforcement de la coopération et de la coordination pour soutenir les activités du Parlement de l’Enfant.

Quant au troisième, signé par l’ambassadeur, directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), Mohamed Methqal, et Ghizlane Benjelloun, il établit une collaboration pour la mise en commun des moyens et des compétences, en vue d’assurer la réussite des projets à vocation africaine dans le domaine des activités de l’Observatoire et du champ d’intervention de l’AMCI.

Ces accords, selon un communiqué officiel, reflètent une volonté d’amplifier l’impact des projets menés dans le cadre du Parlement de l’Enfant.

25 ans d’engagement citoyen

Depuis sa création en 1999 par le Roi Mohammed VI, le Parlement de l’Enfant a formé plus de 4.000 jeunes. Ces derniers, issus de tout le Royaume, ont participé à des ateliers, des débats et des rencontres avec des décideurs pour apprendre à défendre leurs idées. À la fin de chaque mandat de deux ans, 395 jeunes parlementaires soumettent des recommandations au gouvernement et au Parlement national. Certaines de ces propositions ont abouti à des lois renforçant les droits des enfants.

Pour marquer cet anniversaire, une nouvelle identité visuelle a été dévoilée. La transition du logo a été présentée lors d’une séquence retraçant les « 25 ans de citoyenneté et d’ambition » de cette institution.

Des témoignages marquants et une dynamique renouvelée

Plusieurs anciens parlementaires ont témoigné de l’impact du Parlement de l’Enfant sur leur parcours. Parmi eux, Younes Sekkouri, aujourd’hui ministre, et d’autres professionnels issus de différents secteurs, ont partagé leurs expériences.
Le Club des anciens parlementaires de l’enfant (CAPE), fondé en 2012, a également présenté une nouvelle plateforme interactive. Celle-ci vise à encourager l’échange d’idées et le développement de projets autour des droits de l’enfant, du développement durable et de la citoyenneté.

Le Bootcamp des jeunes parlementaires

Avant la cérémonie, un Young Innovators Bootcamp s’est tenu du 16 au 18 novembre, réunissant les 395 jeunes parlementaires actuels. Cette initiative, organisée par l’ONDE en partenariat avec plusieurs institutions, avait pour objectif de former les participants à l’entrepreneuriat social. Les cinq meilleurs projets ont été primés lors de la cérémonie.


En célébrant ce quart de siècle d’existence, le Parlement de l’Enfant entend poursuivre ses efforts pour promouvoir les droits de l’enfant et développer de nouvelles initiatives en faveur d’une participation active des jeunes dans la société.

Le gouvernement veut lancer une Agence nationale dédiée à la protection de l’enfance (Ouahbi)

Le gouvernement est en train d’élaborer une vision commune sur cette institution, qui devrait disposer d’antennes au niveau des différentes régions du Royaume, a fait savoir le ministre à l’ouverture de la rencontre nationale consacrée au suivi de la mise en œuvre des résultats des Assises nationales sur la protection des enfants (en contact avec la loi) qui se déroulent les 10 et 11 juin.

Le ministre a relevé que cette nouvelle institution est appelée à jouer un rôle important dans l’amélioration de la situation des enfants, en proposant des formations professionnelles, agricoles et pédagogiques en faveur de cette catégorie.

Il s’est félicité de la formation dispensée aux enfants au niveau des institutions correctionnelles et pénitentiaires, soulignant la nécessité de la conjugaison des efforts pour l’intégration de cette catégorie dans le marché du travail.

Abdellatif Ouahbi a fait part, en outre, de l’intention du gouvernement de créer des centres dédiés à la prise en charge des enfants toxicomanes dans l’objectif de renforcer leur intégration dans la société, passant en revue les efforts du ministère de la Justice en matière de protection de la mère et l’enfant, notamment la création d’un parc pour enfants au niveau de son siège à Rabat et d’autres à l’échelle de certains tribunaux, et la réduction des heures de travail pour les femmes fonctionnaires qui ont à charge des enfants en situation de handicap.

Organisée par la présidence du ministère public, en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et avec l’appui de l’Union européenne, cette rencontre de deux jours comprend des séances plénières au cours desquelles seront présentés l’état des lieux des différentes étapes, ainsi que les problématiques et les défis les plus importants liés aux questions de l’enfance.

(Avec MAP)

15,5 MDH pour l’équipement de 4 nouveaux centres d’accueil d’enfants sans protection familiale

Cette convention, signée par la Princesse Lalla Zineb et le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mehdi Bensaïd, a pour objet la contribution du ministère à l’équipement de quatre nouveaux centres d’accueil des enfants privés de famille, situés à Oujda, Ouarzazate, Tanger et El Jadida, dont la contribution financière globale s’élève à un montant de 15,5 millions de DH, indique un communiqué de la Ligue marocaine pour la protection de l’enfance (LMPE).

L’équipement de ces centres donnera une nouvelle impulsion aux actions sociales de la Ligue et permettra d’augmenter la capacité d’accueil des structures de prise en charge des enfants en situation de vulnérabilité dans les régions concernées, à savoir une capacité totale de 425 lits, répartie comme suit : Oujda 136 lits, Ouarzazate 88 lits, Tanger 120 lits et El Jadida 81 lits, précise la même la source.

Dans une allocution prononcée à l’occasion, la Princesse Lalla Zineb a salué les « efforts déployés par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication dans la promotion des partenariats en matière de protection de l’enfance, notamment en ce qui concerne les enfants en situation difficile », mettant en exergue l’expérience positive menée par les deux parties dans ce domaine, conformément aux instructions du Roi Mohammed VI.

De son côté, M. Bensaïd, cité dans le communiqué, a enregistré « avec satisfaction les résultats probants réalisés par la Ligue dans le domaine de la protection et de la préservation des droits des bénéficiaires au niveau de ses structures d’accueil ».

A ce propos, il a exprimé la disposition de son département à œuvrer de concert avec la Ligue pour « traduire dans les faits les principales dispositions de la convention signée entre les deux parties et renforcer davantage les mesures et les mécanismes de protection des groupes cibles, en application des instructions royales, visant l’amélioration des conditions de prise en charge des enfants en situation de précarité ».

Hicham Houdaïfa :  »La protection de l’enfance doit être érigée en urgence nationale »

Le manque criant de coordination entre les différents ministères impliqués dans la protection de l’enfance est à l’origine de nombreux dysfonctionnements, notamment le retard de la mise en œuvre des politiques publiques de protection de l’enfance, explique le journaliste Hicham Houdaïfa dans son nouvel ouvrage. La société civile tente tant bien que mal de pallier les déficiences de l’Etat mais, à défaut d’être suffisamment équipée, ses actions sur le terrain demeurent limitées.

– Médias24 : Quelle est la genèse de cet ouvrage et jusque dans quelles régions vous a-t-il conduit ?

– Hicham Houdaïfa : Il s’agit du septième ouvrage de la collection  »Enquête », dédiée au journalisme d’investigation et à l’écoute de la société. C’est un travail de terrain pour faire entendre des voix qui peinent à se faire entendre. On a commencé en 2015 par la précarité féminine, avec l’ouvrage  »Dos de femmes, dos de mulets – Les oubliées du Maroc profond », en passant par la situation des migrants et celle des femmes qui travaillent dans le sud de l’Espagne, ainsi que le phénomène de l’extrémisme religieux. Ce livre, c’est un retour à mes sujets de prédilection, qui sont ceux de la marge. J’ai voulu faire un travail sur l’enfance en difficulté et la situation de la protection de l’enfance au Maroc.

Je suis allé dans plusieurs régions du pays : à Casablanca bien sûr, pour retracer la violence urbaine que subissent les enfants de la capitale économique. Dans ce que j’appelle les ceintures de la pauvreté, à Lahraouiyine par exemple, la vie est difficile. C’est un quartier qui enregistre l’un des plus forts taux d’abandon scolaire au Maroc. J’ai essayé de saisir et de décrire la violence dans laquelle ces enfants vivent, entre des pères démissionnaires et des mères au bout du rouleau… J’ai raconté les dealers qui tentent de les recruter pour qu’ils travaillent avec eux… Ce sont des situations d’extrême violence, dont les enfants sont les premiers à payer le prix fort.

Je suis allé également à Agadir et Taroudant ; à Taza, puisque c’est l’une des régions qui fournissent les grandes villes en petites filles domestiques. A Tanger et Ouazzane, aussi, pour, in fine, décrire à travers ces neuf textes la situation de ces enfants.

– Comment avez-vous mené vos enquêtes ? S’agit-il d’ailleurs d’enquêtes journalistiques ou sociologiques ?

– Ce sont des enquêtes journalistiques – je suis journaliste, pas sociologue. Quand je fais des livres de ce genre, je choisis une vingtaine de sujets, j’identifie mes terrains et les personnes qui peuvent m’aider à réaliser mes enquêtes. Je suis dans le texte long, dans le journalisme long, je prends mon temps… Le livre permet ce que les médias classiques ne permettent plus, surtout en temps de crise. C’est une opportunité d’aller plus loin dans les thématiques.

– La société civile est active auprès des enfants défavorisés, mais n’avez-vous pas l’impression qu’elle  »empiète » malgré elle sur le terrain de l’Etat, à défaut que celui-ci joue son rôle de protection et de défense de ces enfants ?

– Les associations les plus importantes, les plus efficaces sur le terrain, ne cessent de répéter qu’elles ne font qu’un travail de pompiers et que le véritable travail doit être réalisé par l’Etat. Par exemple, toute la prise en charge des enfants en situation de handicap, sur le front de la santé aussi bien que de l’éducation, est assurée par les associations. Autre exemple : les centres de protection de l’enfance sont pris en charge par l’Entraide nationale, qui n’est pas un ministère. Les parents de ces enfants voient qu’ils n’ont aucune possibilité de s’émanciper. Ils se retrouvent contraints de faire eux-mêmes un certain nombre d’efforts, de créer des centres, des associations, face à un Etat démissionnaire sur ce registre. Les associations le disent : la prise en charge de l’enfance est une fonction régalienne, c’est-à-dire qu’elle doit être assurée par l’Etat. Si les difficultés de ces enfants sont amoindries, c’est bien grâce à ces associations. Mais ce qu’elles font, c’est si peu face aux besoins réels de l’enfance dans ce pays – et ce n’est pas de leur faute.

– Comment la répartition de la protection de l’enfance entre les différents ministères impacte-t-elle son efficacité ? 

– Il y a différentes actions qui sont menées par ces ministères, mais il y a un gros manque de coordination entre toutes ces parties prenantes. Cette quasi-absence de coordination fait que l’efficacité de ces actions est limitée. En plus de ça, les ressources humaines dédiées à la protection de l’enfance ne sont pas à la hauteur de cette mission. Les enfants représentent un peu plus du tiers de la population marocaine, selon les chiffres du recensement de 2014. Leur protection est un devoir de l’État et on ne peut l’assurer avec une telle organisation. Une politique publique intégrée pour la protection de l’enfance a été adoptée en juin 2015, mais elle n’a jamais été réellement mise en pratique, surtout par rapport au dispositif territorial intégré de protection de l’enfance qui, à ce jour, n’a toujours pas été véritablement lancé. Il y a eu un effet d’annonce en décembre 2019 à Tanger, mais dans la pratique, ce dispositif n’est pas appliqué.

Il y a donc certes des actions, mais elles ne sont pas coordonnées entre les différents ministères, et encore moins avec le tissu associatif. Tant que la protection de l’enfance ne sera pas érigée en priorité, en urgence nationale, on ne s’en sortira pas. Il y a un vrai travail de coordination qui doit être fait avec la société civile.

J’ai fais du terrain : j’ai raconté des histoires, je suis parti dans des endroits et j’ai raconté le vécu de ces enfants. Le résultat, c’est qu’il y a un vrai problème de prise en charge de l’enfance, que ce soit dans l’éducation, la santé, ou encore dans le cas d’agressions sexuelles ou de travail forcé.

– Quel est l’impact de ces dysfonctionnements sur les enfants ?

– Sans coordination, l’enfant se retrouve perdu entre tous ces intervenants et, in fine, il n’est pas protégé dans ce pays. Les problèmes structurels ont aussi des conséquences importantes : les acteurs sociaux, comme les assistantes sociales ou les psychologues par exemple, n’ont toujours pas de statut juridique. Les assistantes sociales et les psychologues ne sont pas présents partout, que ce soit dans les tribunaux, les écoles, les centres de santé… Par exemple, dans une école publique, un enseignant qui se trouve confronté à un enfant maltraité n’a aucun protocole, aucune procédure à appliquer ; il ne sait pas quoi faire ni vers qui se tourner.

Chez nous, tout cela relève de l’improvisation : il n’y a aucune procédure de protection de l’enfance, y compris dans ces cas. C’est la même chose pour un enfant victime d’agression sexuelle : lorsqu’il est face à la police, dans un commissariat, il n’a aucun endroit qui lui soit dédié. Il n’est pas non plus écouté par un psychologue. Lorsqu’un enfant est entendu par un juge des mineurs dans le cadre d’une agression sexuelle, là encore, il n’y a pas de psychologue. Sa parole n’est pas décryptée par un psychologue et s’il se contredit, ses contradictions sont interprétées comme étant des mensonges. La parole de l’enfant est totalement décrédibilisée et des plaintes sont par conséquent classées sans suite. Pour un enfant, c’est extrêmement brutal.

La MAP lance une rétrospective photographique des activités royales

L'agence Maghreb arabe presse lance à partir de ce vendredi sur son mur d'information "MAP Screen" une rétrospective photographique des activités royales de juillet 2013 à juillet 2014.

Il s'agit d'une sélection de photographies retraçant les différentes activités du Roi Mohammed VI classées et répertoriées par thème.

(Avec MAP)