Le Maroc, partenaire clé dans les corridors trans-méditerranéens Europe-Afrique

La Fondation Konrad-Adenauer, un think tank allemand installé à Rabat depuis 1982, a publié une longue note intitulée « Connectivité commerciale Europe-Méditerranée-Afrique : Opportunités géopolitiques et défis« . Elle s’inscrit dans le cadre des « Med Dialogue Series« , une série de publications qui rassemblent des recommandations émanant d’experts de la région nord et sud de la Méditerranée. Les publications traitent notamment de la sécurité régionale, de l’impact des mouvements migratoires sur la stabilité en Méditerranée et des opportunités de coopération économique.

L’étude part du constat selon lequel la mise en place et la pérennisation de voies commerciales stratégiques entre les deux continents, Europe et Afrique, amènent immanquablement l’Union européenne à repenser sa politique commerciale avec l’Afrique du Nord. Une refonte d’autant plus importante que la concurrence est rude : si l’Europe est effectivement un partenaire notable et incontournable de l’Afrique, d’autres pays et régions tentent également de se frayer une voie commerciale avec le continent.

C’est ce qu’explique Michaël Tanchum, auteur de la note, chercheur à l’Institut autrichien des études européennes et de sécurité (AIES) et enseignant les relations internationales du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à l’université de Navarre, en Espagne : « La ruée vers l’établissement de corridors commerciaux entre l’Afrique et l’Europe a donné lieu à un nouvel engagement mondial avec l’Afrique du Nord, qui remodèle l’architecture économique de base et la géopolitique de la région. Alors que la Chine, la Russie, la Turquie et les États arabes du Golfe jouent un rôle de plus en plus important dans le développement de ces corridors du sud de la Méditerranée, le système de l’Union européenne est confronté au défi de former une politique cohérente et efficace en Afrique du Nord. La manière et la mesure dans laquelle l’Union européenne exerce son leadership dans le développement de la connectivité trans-méditerranéenne détermine les paramètres de son influence géopolitique future en Afrique du Nord et l’efficacité de ses efforts pour développer un partenariat global avec l’Afrique dans son ensemble.« 

Des atouts marocains qui attirent les investisseurs jusqu’en Chine et en Russie

L’auteur délimite trois corridors trans-méditerranéens émergents dans le pivot mondial vers l’Afrique : le Maroc, l’Algérie et l’Égypte sont ainsi considérés comme « les gardiens géopolitiques respectifs des trois corridors trans-méditerranéens de connectivité Afrique-Europe ». Parmi ces trois corridors émergents, le corridor Afrique de l’Ouest-Europe de l’Ouest, mené par le Maroc, est « le plus avancé dans son développement », tandis que le corridor égyptien d’Afrique de l’Est vers la Méditerranée orientale « en est encore à un stade préliminaire de développement, mais avec un énorme potentiel économique ».

Michaël Tanchum estime par ailleurs que « le succès commercial d’un corridor Afrique-Europe est conditionné par deux besoins fondamentaux dans la phase de croissance actuelle de l’Afrique : une connectivité commerciale accrue avec les marchés de consommation et une plus grande base de fabrication industrielle ». Et d’ajouter : « Comme le montre l’exemple du Maroc, les corridors n’émergent que là où les investissements importants nécessaires dans les infrastructures portuaires, ferroviaires et routières sont couplés à une base industrielle ancrée dans une chaîne de valeur manufacturière. »

Les exemples marocains ne manquent pas dans cette note, qui s’attarde longuement sur les démarches entreprises par le Maroc pour stimuler son attractivité. Il en va ainsi de la ligne à grande vitesse reliant Tanger à Casablanca, inaugurée en novembre 2018. « Le succès du Maroc dans le développement de son corridor commercial Afrique de l’Ouest-Europe de l’Ouest découle des investissements considérables réalisés par Rabat et ses partenaires étrangers dans le développement des infrastructures de transport du Maroc et de sa base industrielle, ancrant ainsi véritablement la connectivité commerciale transméditerranéenne émergente du Maroc dans les chaînes de valeur manufacturières. La construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse – Al Boraq – a établi la position inégalée du Maroc en tant que corridor commercial entre l’Afrique et l’Europe », souligne la note.

Autre atout du Maroc, et pas des moindres : son industrie automobile. Michaël Tanchum rappelle que la production actuelle de véhicules au Maroc est menée par les constructeurs français Groupe Renault et Groupe PSA, soutenus par environ 200 fournisseurs internationaux exploitant leurs propres usines de fabrication dans le pays. « Les principaux fabricants européens de composants automobiles opérant au Maroc comprennent de grandes entreprises dont le siège est en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et en Belgique », rappelle-t-il.

Les ponts commerciaux entre l’Europe et le Maroc a d’ailleurs suscité l’intérêt de la Russie et de la Chine, deux lointains partenaires. « Certains fabricants chinois ont eux aussi profité de l’opportunité que représente l’intégration de l’usine automobile du Groupe PSA à Kénitra dans la chaîne de valeur européenne. » Exemple : le Chinois CITIC Dicastal, l’un des leaders mondiaux de la fabrication de composants légers en aluminium moulé pour les systèmes automobiles, a inauguré sa deuxième usine en décembre dernier à Kénitra, d’une capacité de production 6 millions de pièces par an et pour un investissement de 400 millions de dollars.

C’est aussi la volonté du Maroc de diversifier ses relations stratégiques qui a suscité des ouvertures importantes de Rabat vis-à-vis de la Chine et de la Russie. « Parallèlement à la croissance des relations sino-marocaines, un rapprochement entre le Maroc et la Russie se déroule lentement et prudemment depuis la visite du roi Mohammed VI à Moscou en 2016« , souligne la note. Ainsi, le 23 octobre 2019, la société de développement d’État russe VEB a conclu un accord pour la construction d’un complexe pétrochimique et d’une raffinerie de pétrole d’une capacité de 200 barils par jour. L’entreprise russe implantera l’usine (de 2.3 milliards de dollars) dans le nord du Maroc et utilisera la liaison ferroviaire vers le port Nador Med West pour expédier ses produits. L’autre projet portuaire méditerranéen clé du Maroc est en effet le complexe portuaire industriel Nador Med West (3.2 milliards de dollars) dans la baie de Bentoya, qui a vocation à devenir un port énergétique central de la Méditerranée occidentale lié au Maroc.

L’usine PSA de Kénitra prête à redémarrer sur le plan sanitaire

Pendant la suspension d’activité, le site de Kénitra a mis en place un protocole de mesures sanitaires renforcées, précise le communiqué.

Ce protocole, constitué de plus de 100 mesures, couvre l’ensemble des activités de l’entrepriseau niveau industriel, administratif, R&D et commercial :

– contrôle de température en complément de l’auto-surveillance des symptômes,

– le port de lunettes sur site complété par une dotation individuelle quotidienne de masques,

– le respect des distances entre personnes y compris dans les zones de pause avec l’inscription de marquages au sol,

– le maintien des portes ouvertes (sauf portes coupe-feu) afin d’éviter le contact avec les poignées,

– le nettoyage fréquent des outils et surface de travail,

– l’ajustement des rotations entre les tournées des équipes pour éviter les croisements de personnel, y compris dans les vestiaires.

Les délégués du personnel et le management du site, appuyés par le service de santé ont considéré que les conditions sanitaires internes étaient au meilleur niveau de protection, permettant la réalisation d’activités industrielles sur le site.

Par ailleurs, les opérations stratégiques liées au doublement capacitaire et aux nouveaux projets sont en cours, assure le management.

Covid-19: PSA fait don de masques et 50 voitures aux autorités marocaines

Le groupe PSA avait pris la décision, le 17 mars, de placer l’ensemble des salariés qui peuvent l’être en télétravail et de suspendre son activité de production dans l’usine de Kenitra à partir du 19 mars pour deux semaines, tout en préservant la rémunération des salariés.

Le Groupe continue à prendre toutes les décisions nécessaires à la protection de ses collaborateurs et a défini un protocole de prévention renforcé pour ses équipes et celles de ses partenaires qui continuent à exercer leurs fonctions, indique un communiqué du groupe.

Le groupe a également pris la décision de souscrire au profit de tous ses collaborateurs au Maroc à un contrat d’assistance médicale disponible 24h/7j qui les couvre ainsi que leurs familles. 

PSA: nouveau record d’achats de composants automobile au Maroc

Au Maroc, ce sont plus de 66 sites fournisseurs qui alimentent les usines du Groupe PSA, dont 29 en Greenfield. Au niveau mondial, le Groupe PSA favorise, partout où il est implanté, le sourcing local.

PSA participe à la création d’emplois directs et indirects, à la montée en compétences significative de son écosystème, mais également à la création de richesse et au renforcement de la balance commerciale du pays.

Samir Cherfan, Executive Vice President Moyen-Orient et Afrique a déclaré: « Le Groupe PSA souhaite faire de son écosystème marocain, une base de sourcing compétitive pour son dispositif industriel mondial. Nous avons des attentes fortes vis-à-vis de nos partenaires en termes de qualité, coûts et respect des délais. »

PSA poursuit le déploiement de son écosystème complet au Maroc

Le groupe a annoncé en septembre 2018 sa décision de doubler la capacité de l’usine de Kénitra à 200.000 unités dès mi-2020, en avance de 3 ans sur son engagement initial.

Le groupe PSA s’est engagé à faire du Maroc une base de sourcing pour son dispositif industriel international, en achetant pour un milliard d’euros de composants automobiles en 2022.

Le constructeur automobile a démarré la production de la nouvelle Peugeot 208 en septembre 2019 avec un taux d’intégration locale record de plus de 60% avec une ambition d’atteindre les 80% à terme.

Le groupe PSA assemble des moteurs en série dans son usine de Kénitra au Maroc depuis fin 2018 conformément à ses engagements, avec une capacité de production installée de 100.000 moteurs/an dans une première phase.

Enfin, le groupe s’est engagé dans son accord avec le Royaume à générer plus de 1.500 emplois en recherche et développement, objectif dépassé dès l’année 2018. Ces équipes seront capables à terme de développer un véhicule complet.

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Automobile : l’usine PSA de Kénitra a démarré l’export en 2019

L’usine de PSA à Kénitra a bien démarré son activité à l’export quelques semaines après son inauguration le 20 juin 2019

Dans son bilan d’activité pour l’année 2019, le complexe portuaire Tanger Med avance que l’année écoulée « a été marquée par le démarrage de l’export de véhicules PSA via le port Tanger Med en provenance de l’usine de Kénitra ». Le communiqué de l’autorité aéroportuaire ne donne pas de chiffre précis pour le cas de PSA.

Il s’attarde, par contre, sur le trafic véhicule dans son ensemble. « 500.465 véhicules ont été manutentionnés sur les deux terminaux à véhicules du port Tanger Med. Ce chiffre regroupe 380.784 véhicules Renault dont 349.050 sont destinés à l’export, et 112.857 véhicules manutentionnés dans le terminal common user », ajoute le communiqué de Tanger Med.

Partant de ces chiffres, on déduit que le trafic relatif à PSA est de quelques 6.800 véhicules. Bien que ce volume d’exportation puisse paraître faible, il n’en demeure pas moins que ce chiffre correspond à la production entre mi-septembre et décembre 2019.

Car bien que l’usine PSA ait été inaugurée officiellement le 20 juin, la production en série n’a démarré quant à elle que le 18 septembre.

Montée en puissance progressive

L’usine de Kénitra est pour l’heure dédiée au modèle Peugeot 208. Une montée en puissance est en train de s’opérer pour atteindre la cadence de 300 véhicules/jour soit 100.000 par an.

PSA a également anticipé son projet d’extension qui était prévu bien plus tard. Le coup d’envoi des travaux d’extension a été donné par le Roi Mohammed VI le jour même de l’inauguration de la première phase.

Selon nos informations, les travaux avancent au rythme attendu, ils seront achevés au cours de l’été 2020.

Quand la deuxième phase du projet entrera en service, l’usine de Kénitra atteindra un rythme de croisière de 600 véhicules/jour. Pour ce qui est de la destination des exportations, aucune information précise n’est donnée.

Kénitra n’est pas la seule usine de PSA à produire la Peugeot 208. Ce modèle est également produit à Trnava en Slovaquie.

« Les deux usines sont là pour servir l’ensemble des marchés internationaux », a déclaré Yves Peyrot des Gachons, directeur de la région Maghreb de PSA Dans un récent entretien accordé à L’Argus.

Le directeur de la région Maghreb de PSA expliquait la répartition du travail entre les deux sites qui produisent la Peugeot 208.  « A chaque fois que nous lançons un véhicule, il a vocation à être produit dans deux régions. Chacune des usines sert donc des régions différentes, mais certaines versions ne sont pas produites à Trnava, et inversement. Les niveaux de finition 2 et 3 sont produits dans les deux usines, mais le niveau 4 et la version électrique sont fabriqués exclusivement à Trnava, tandis que le niveau 1 est spécifique à Kénitra », explique-t-il.

Grâce à la 208 produite au Maroc, PSA cherche à répondre aux besoins de ces marchés dans le monde, mais vise également le leadership du segment sur le marché local.

« Nous sommes dans une phase d’accélération de notre performance, nous gagnons environ 3,5 points de part de marché à la fin d’octobre. Que faut-il pour être leader ? D’abord, les produits. Avec la Peugeot 208 produite au Maroc, nous visons le leadership du segment », affirme Yves Peyrot des Gachons à l’Argus.   

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L’usine PSA de Kénitra démarrera dès 2018

L’écosystème PSA au Maroc en chiffres

PSA mise sur la « 208 » fabriquée au Maroc pour le leadership du segment

Dans un entretien accordé à L’Argus, Yves Peyrot des Gachons, directeur de la région Maghreb de PSA, s’est arrêté sur le rôle de la base régionale du groupe, située à Casablanca.

« Avec la Peugeot 208 produite au Maroc, nous visons le leadership du segment. D’autres belles choses arriveront dans le futur, a-t-il déclaré.

« Nous pilotons depuis Casablanca 81 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Nous supervisons aussi l’activité de plus de cent importateurs pour les quatre marques du groupe », a-t-il noté en rappelant l’implantation, en juillet 2017, du Morocco Technical Center: un centre de recherche et de développement avec 700 ingénieurs et techniciens. Ces équipes travaillent sur les implantations industrielles du groupe dans la région et au développement des produits au niveau régional.

Sur le choix de Kénitra, Peyrot des Gachons a loué « un terrain extrêmement favorable quand on veut s’implanter au plus près des marchés ».

Interrogé sur l’introduction de l’électrique au Maroc, le responsable a annoncé pouvoir mettre à la route des voitures électriques dès le premier semestre de 2020. « Il y a une prise de conscience environnementale au Maroc. L’électrique est une offre légitime, elle trouvera sa clientèle », a-t-il précisé. 
 

BASF, fournisseur exclusif de PSA Maroc

Selon les termes de l’accord, les parties s’engagent à équiper les bains de cataphorèse de la nouvelle usine de Kénitra avec le CathoGuard®, la technologie de revêtement par électrodéposition (Electro Deposit-Coat) de BASF.

Cette protection anticorrosion sera appliquée sur la carrosserie métallique de tous les véhicules produits, dont la nouvelle Peugeot 208. Pour BASF, le défi consiste à fournir à la nouvelle usine PSA toutes les couches de revêtement allant de l’ED-Coat (revêtement déposé électroniquement pour assurer la protection), jusqu’à la couche de base (qui donne les couleurs et les effets) au vernis (brillant, protection et « effet voiture neuve » de longue durée).

Grâce à leur qualité élevée de revêtement, leur protection optimale des bords et leur excellent pouvoir de pénétration, les produits e-coatings de BASF assurent à des millions de voitures une grande durabilité.

Il est à noter que Cellasto est une autre réalisation à succès de BASF qui a été désignée pour la toute première fois au Maroc pour fournir les pare-chocs avant et arrière pour la (nouvelle plate-forme de véhicules de classe B). La désignation de BASF était fondée sur l’engagement d’assembler au Maroc le nombre de véhicules réservé à PSA Kénitra aux mêmes conditions que FCA Lemförde.

« En matière de produits durables et innovants, nous misons sur la collaboration avec des partenaires comme BASF qui partagent nos ambitions. Nous sommes très heureux de lancer ce projet au Maroc, qui nous ouvre ainsi de nouvelles opportunités en Afrique du Nord », souligne Jose Ignacio Lopez, responsable de l’atelier de peinture PSA, cité dans un communiqué.

Atlantic Free Zone: une nouvelle extension de 100 ha en négociation

L’inauguration royale de l’usine PSA et le lancement des travaux de son extension, le démarrage d’activité de deux géants chinois Nexteer et Dicastal,…: ces événements ont fait l’actualité et propulsé Kénitra et sa zone industrielle Atlantic Free Zone (AFZ) au devant de la scène.

Cette zone pensée dans le cadre du pacte pour l’émergence industrielle et dont les travaux ont été lancés en 2009 a connu une montée en puissance et a dépassé les objectifs qui lui ont été assignés, comme nous l’explique une source autorisée à MedZ, promoteur et gestionnaire de la zone, filiale de la CDG.

« La zone s’étendait au départ sur 345 hectares avec pratiquement 200 ha de zone franche pour le secteur automobile et 150 ha de zone libre pour permettre d’installer des sous-traitants qui ne sont pas forcément dans une logique d’export », nous explique-t-on.

En 2012, une première tranche de 100 ha a été livrée. La deuxième tranche de 100 ha a été lancée en 2015. Avec l’arrivée de PSA, une troisième extension de 137 ha a été mobilisé pour accueillir le constructeur et ses équipementiers de proximité.

25 opérateurs en activité et une dizaine d’implantations en cours

Depuis le lancement du projet, MedZ , filiale du Groupe CDG -Branche Développement Territorial , a investi près de 1,3 MMDH et les investissements induits sont de l’ordre de 18 MMDH d’investissement de la part des acteurs internationaux. « La zone était destinée à attirer des équipementiers de rangs 2 et 3 et au final nous avons réussi à attirer des équipementiers de rangs 1 avec une sophistication des produits et une plus grande intégration qui s’est opérée au cours des années », commente une source à MedZ.

Il a y actuellement 25 opérateurs en activité et plus d’une dizaine dont les unités sont en construction.

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25.000 emplois directs

Mais la fierté de l’opérateur reste certainement la création d’emploi. En 2009, la zone tablait sur 20.000 emplois directs. Au jour d’aujourd’hui, « nous avons 25.300 emplois directs. Ce ne sont pas moins de 480 minibus qui circulent par shifts pour transporter les employés de la zone », annonce-t-on.

En termes de foncier, « il reste pratiquement moins de 45 hectares de foncier disponible et nous sommes en cours de négociation avec l’Etat pour la mobilisation de 100 nouveaux hectares », nous confie-t-on à MedZ.

Selon les informations qui nous ont été communiquées, la première tranche de 100 ha est bouclée à 92% et la tranche des 135 hectares de PSA et son écosystème est bouclée à 93%. Le foncier restant est soit inutilisable (en raison de la forme particulière de certaines usines), soit occupé par les équipements publics. La deuxième tranche est, elle, commercialisée à 50%, d’où les 45 hectares de foncier encore disponible.

Pour quelles raisons ira-t-on mobiliser un nouveau foncier alors qu’il y a encore près d’une cinquantaine d’hectares qui doivent trouver preneurs ? 

« Il nous reste certes du foncier mais c’est du foncier avec de petits lots qui ne nous permettent pas de répondre au besoin de gros investisseurs qui demandent plus de 5 hectares. Nous n’avons pas où les placer », nous explique notre source à MedZ qui nous donne pour exemple le Chinois Dicastal dont l’usine est installée sur un terrain de 20 hectares.

« C’est un important investissement de 4,5 MMDH. Si j’ai aujourd’hui un deuxième investisseur de cette taille pour faire les pneus par exemple, nous n’avons pas la possibilité de le servir avec le foncier qui nous reste », ajoute notre source.

Le potentiel est là

Si l’Etat et MedZ envisagent de mobiliser cette quatrième tranche, c’est que le potentiel est là. « La démarche qui est celle de MEDZ avec ses partenaires institutionnelles est d’arrimer l’offre à la demande des investisseurs à travers une écoute active et agissante. Aujourd’hui , la demande concerne également les gros investisseurs qui demandent d’importantes superficies. Dans une démarche volontariste pour ne pas les perdre, l’Etat est en train de chercher à lancer une nouvelle tranche », nous avance-t-on.

« Quand on parle de 100 hectares, c’est une réserve qui ne sera pas forcément lancée en « one shot ». Nous ferons du sur-mesure en fonction des clients. Comme vous le savez, dans le secteur automobile tout se fait dans le mouvement. Il y a des discussions qui se font avec de gros investisseurs dont certains font des options sur des lots. En fonction de cela, nous nous fixerons la tranche à lancer dans le cadre de cette nouvelle extension », nous explique-t-on.

Cette nouvelle tranche pourrait accueillir un nouveau constructeur automobile après PSA. Selon nos informations, les négociations entre l’Etat marocain et un troisième constructeur sont en cours. D’ailleurs, le ministre de l’industrie Moulay Hafid Elalamy n’a jamais caché son ambition de faire venir un troisième constructeur et a souvent laissé sous-entendre l’existence de pourparlers dans ce sens.  

L’écosystème PSA au Maroc en chiffres

Voici les principaux slides de la présentation du projet. La présentation complète peut être téléchargée ou feuilletée ici.

Le Roi Mohammed VI inaugure l’usine PSA de Kénitra

Le Souverain a, à cette occasion, inauguré la nouvelle usine du Groupe PSA, d’une capacité de production annuelle de 100.000 véhicules et moteurs associés, et au lancement des travaux d’extension de ce complexe industriel de dernière génération, dont la capacité de production sera doublée avant même 2023 – date prévue pour la réalisation de cet objectif – et qui générera, à terme, 4.000 postes d’emplois.

(Point de presse à l’issue de l’inauguration de l’écosystème PSA par le Roi)

Le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy a prononcé une allocution dans laquelle il a souligné que « les infrastructures, l’usine de PSA et les usines de ses sous-traitants ont été réalisées dans les conditions convenues et les délais impartis« , quatre années après la signature de la convention stratégique, le 19 juin 2015, entre l’État marocain et le Groupe PSA.

M. Elalamy a affirmé, à cette occasion, que le groupe français PSA a investi 3 milliards de dirhams et prévoit d’investir autant dans ses futurs projets au Maroc, précisant que la nouvelle usine PSA de Kénitra a été conçue pour produire aussi bien des véhicules thermiques qu’électriques, confortant ainsi l’ambition industrielle du Royaume mais également la volonté affirmée du Roi de faire du Maroc un modèle au niveau du continent en matière du développement durable.

« Les résultats enregistrés à date grâce à l’implantation de PSA sont substantiels », a poursuivi le ministre, notant à ce propos que les véhicules produits dans l’usine PSA bénéficient d‘un taux d’intégration de plus de 60% (80% à terme), que 27 nouvelles usines de 10 nationalités se sont déjà installées à Kénitra, et que le Centre de R&D qui devait initialement employer 1.500 ingénieurs et techniciens supérieurs emploie aujourd’hui 2.300 employés, dont 85% sont des ingénieurs.

Les achats par PSA de pièces fabriquées au Maroc ont atteint 700 millions d’euros pour l’année 2018, bien au-dessus des prévisions, a-t-il ajouté, faisant observer que l’objectif du milliard d’euros d’achats sera donc réalisé avant 2025.

Et d’ajouter que l’usine PSA bénéficie de la dynamique de développement que connait le Royaume, à la faveur notamment de la ligne à grande vitesse ferroviaire qui permet aujourd’hui de libérer les rails entre Kénitra et le port de Tanger Méditerranée, et la réforme de la formation professionnelle qui permettra d’améliorer la compétitivité des écosystèmes industriels.

Le Maroc au coeur de la stratégie de croissance de PSA

Pour sa part, le vice-président exécutif de PSA pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Jean-Christophe Quemard, a affirmé que la vision du Roi « de développer des écosystèmes économiques performants est dorénavant une réalité pour le Groupe PSA avec toutes ses composantes, à commencer par la plus importante : la formation professionnelle des hommes et des femmes qui feront le futur de l’industrie automobile avec la promesse de carrières riches au sein de cette filière au Maroc ».

M. Quemard a tenu, à cette occasion, à rappeler que le Maroc est, plus que jamais, « au cœur de la stratégie de croissance du Groupe PSA, qui figure aujourd’hui parmi les constructeurs automobiles les plus performants au Monde », notant que c’est au Royaume « que notre Groupe a choisi d’implanter son centre de décision Régional, de développer un Centre de recherche et développement intégré dans le réseau mondial de R&D du Groupe PSA, et aujourd’hui une activité industrielle déterminante ».

La nouvelle Peugeot 208 produite au Maroc dévoilée

Cette cérémonie a été marquée par le dévoilement de la nouvelle Peugeot 208, véhicule produit dans l’usine de Kénitra.

Par la suite, le Roi a visité les différents ateliers de l’usine PSA, avant de poser pour une photo-souvenir avec son personnel.

L’Écosystème structurant organisé autour de PSA dans le Royaume est une nouvelle réussite accomplie dans l’industrie automobile. Une industrie qui prospère et réalise des succès.

Les exportations de ce secteur, qui emploie actuellement un total de 189.600 personnes, ont doublé entre 2013 et 2018, passant de 31,7 milliards de dirhams à 65,1 milliards de dirhams, faisant de l’industrie automobile le 1er secteur exportateur du Royaume pour la 4ème année consécutive.

(Avec MAP)

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En 2018 déjà, l’usine PSA, située dans la commune d’Ameur Seflia, a produit son premier moteur et son premier prototype de véhicule, un an et demi après le lancement des travaux par le Roi Mohammed VI.

Peu après, les premières voitures ont été produites. Une sorte de soft opening en attendant l’inauguration officielle, prévue ce jeudi 20 juin. Une réussite qui a d’ailleurs poussé le management du constructeur français et le ministère marocain de l’industrie à accélérer le démarrage de la deuxième phase du projet.

La construction de l’extension de l’usine sur une superficie de 500 hectares a démarré en septembre 2018. Elle sera achevée dès 2020, au lieu de 2023, et portera la capacité de production à 200.000 véhicules par an. Cette capacité est de 100.000 véhicules aujourd’hui, sur un site de 400 ha. Elle ne sera pas entièrement exploitée cette année. L’investissement global prévu est de 550 millions d’euros.

Les emplois créés passeront de 1.600 cette année à 2.500 l’année prochaine.

Cette accélération s’explique par la qualité du partenariat entre PSA et le Maroc et par les perspectives de ventes des véhicules du groupe français.

Sourcing local, centre de pilotage, R&D…

Les premières voitures ont été produites avec un taux d’intégration locale supérieur à 60%. A terme, ce taux atteindra 80%.

A ce titre, PSA ne fait pas que fabriquer des voitures au Maroc avec un taux d’intégration élevé, mais fait également du sourcing local (achat de pièces fabriquées au Maroc) pour ses usines dans la région Mena et en Europe.

En 2018 déjà, PSA a dépassé 700 millions d’euros de sourcing local sur un objectif d’un milliard d’euros en 2022. Cet objectif sera revu à la hausse. Le groupe s’approvisionne auprès de 62 fournisseurs installés au Maroc.

PSA au Maroc, c’est aussi un centre de pilotage régional ouvert en 2017 à Casablanca couvrant 81 pays et les activités commerciales et support pour 100 importateurs et pour les 4 marques du groupe à savoir: Peugeot, Citroën, Opel et DS.

C’est aussi un centre de recherche et développement, lancé également en 2017 et totalement inscrit dans le dispositif R&D mondial du groupe. Le Morocco Technical Center dispose de 500 techniciens et ingénieurs en complément du réseau de sous-traitance local déjà existant.