Football. Le Raja remplace Lassaad Chabbi par Fadlu Davids

Lassaad Chabbi et son staff n’auront pas tenu au-delà de la première contre-performance de ses désormais ex-joueurs. Près d’une semaine après l’heureux nul concédé par le Raja Club Athletic face à l’Association sportive des Forces armées royales à Casablanca (0-0), le technicien tunisien a été remercié par le comité directeur des Verts. Il sera remplacé par Fadlu Davids.

Dans son communiqué, la direction du Raja précise que la décision de se séparer du coach et de son staff fait suite « aux recommandations du directeur sportif et à l’évaluation approfondie réalisée par le comité sportif concernant la phase de préparation, ainsi que les premiers matchs officiels de la saison ».

D’après la même source, ce n’est pas tant l’investissement de Lassaad Chabbi qui est mis en cause. Si tel était le cas, difficile de lui en vouloir sur le plan comptable, avec quatre points pris en deux rencontres. Selon les échos qui nous sont parvenus, c’est plutôt la frilosité et le style de jeu défensif prôné par Chabbi qui sont en cause.

Dès lors, on s’interroge sur le timing de cette décision qui aurait pu être prise un peu plus tôt, du moins avant le début de la saison. Car Lassaad Chabbi était en place depuis plusieurs mois.

Les griefs d’aujourd’hui ne semblaient pas l’être dans un passé récent. Quoi qu’il en soit, la direction sportive du Raja semble être déterminée à mettre sur le banc de touche un entraîneur qui connaît la maison.

Fadlu Davids reprend les commandes techniques du Raja

Après Lassaad Chabbi donc, c’est Fadlu Davids qui reprend les commandes techniques d’un club où il a certainement vécu les plus belles émotions de sa carrière de coach. Ou plutôt d’adjoint pour être plus précis, puisqu’il a secondé pendant un an l’entraîneur allemand Josef Zinnbauer.

C’était lors de la saison 2023-2024, un exercice qui restera à jamais gravé dans les livres d’histoire du championnat marocain, parce que le Raja a réussi l’exploit de remporter la Botola Pro sans subir aucune défaite.

« Il a joué un rôle déterminant dans l’organisation, la préparation et l’accompagnement de l’équipe. Sa parfaite connaissance du Club en fait le profil idéal pour renforcer la cohésion du groupe, valoriser le potentiel de l’effectif et accompagner le Raja Club Athletic dans la réalisation de ses ambitions sportives et institutionnelles », précise le communiqué du Raja.

Toutefois, le Sud-Africain va désormais endosser le rôle d’entraîneur principal. Un habit totalement différent de celui d’adjoint, et dont il n’a pas une grande expérience.

Du moins au très haut niveau, si l’on excepte le temps où il a officié sur le banc des Orlando Pirates (1,5 point par match) et celui du Simba FC (1,93 point par match). Aura-t-il les épaules assez solides pour endosser ce costume dans un club aussi populaire que le Raja ? L’avenir nous le dira.

Le Raja officialise le retour de Badr Benoun, premier renfort des Verts cet été

Le Raja Club Athletic a officialisé, mercredi 4 juin, le retour de Badr Benoun dans les rangs de l’équipe première. Formé au club et capitaine emblématique avant son départ, le défenseur central revient au temple vert après des expériences au sein d’Al Ahly et du Qatar SC.

Très apprécié par les supporters pour sa solidité défensive et son élégance balle au pied, Badr Benoun (31 ans) retrouve un club avec lequel il a notamment remporté la Coupe de la CAF et la Supercoupe d’Afrique.

Il s’agit du premier renfort estival des Verts qui entament leur préparation pour la saison 2025–2026 sous le signe de la stabilité.

Le club se prépare à un changement radical en termes de gestion sportive. L’activation de la société sportive, après investissement d’une entreprise privée, est en cours de préparation. Les négociations sont en cours entre le Raja et Marsa Maroc.

Le Raja veut s’associer à Marsa Maroc pour une société sportive à 250 MDH

On en sait un peu plus sur le projet en discussion de l’entrée de Marsa Maroc dans le capital de la société sportive du club du Raja, révélé par Médias24.

Avec un capital projeté de 250 millions de DH, le Raja Club Athletic veut s’imposer comme une référence sur la scène africaine.

Cette ambition qui repose sur la restructuration du club a fait l’objet d’une présentation ce samedi 24 mai par le conseil consultatif du club.

À l’occasion d’une réunion communicationnelle, les anciens présidents du club ont présenté aux adhérents le fruit d’un travail de deux ans visant à activer la société sportive du club, “avec l’appui du président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et les autorités de Casablanca”. C’est ce qu’a indiqué Jawad Ziyat, dans une déclaration à la presse.

Ce dernier est pressenti comme futur dirigeant de la société sportive, même s’il assure que sa priorité est l’aboutissement de ce projet. Jawad Ziyat a confié ne pas avoir encore pris de décision concernant son avenir dans les instances du Raja.

En tout cas, le projet, défendu par le conseil consultatif composé d’anciens présidents du club, vise à amorcer un tournant stratégique pour le Raja. L’un de ses membres, Ahmed Ammor, a rappelé que Marsa Maroc n’est pas un acteur nouveau dans l’écosystème du Raja, ayant déjà parrainé le club par le passé. Pour lui, cette opération constitue le renouvellement d’une relation historique.

De son côté, Jawad Ziyat a dressé un constat sévère de la gestion associative du club : “En huit ans, neuf présidents se sont succédé. Cela a conduit à l’instabilité chronique et à l’endettement. Il est temps de tourner définitivement la page”. L’objectif affiché est clair : faire du Raja un modèle de gouvernance sportive moderne.

“L’association aura 40% de la société sportive”

Selon Jawad Ziyat, l’association du club apportera à la société les droits d’usage de la marque ainsi que l’équipe professionnelle et l’élite des jeunes, valorisés à 100 MDH. En face, Marsa Maroc injectera 150 MDH. Le capital social de la société passera ainsi de 300.000 DH actuellement à 250 MDH, faisant du Raja la plus grande société sportive du Maroc.

Jawad Ziyat rappelle que la société sportive du Raja a été créée “il y a cinq ans”, mais elle est restée “endormie” depuis. Selon lui, la création de cette structure dotée d’un directeur général, d’un directeur financier, commercial, marketing et de formation permettra de passer d’un chiffre d’affaires annuel de 100 MDH à 200 MDH, voire 300 MDH.

Une ambition nécessaire, selon lui, pour concurrencer les grands clubs africains, notamment les Égyptiens dont les budgets sont largement supérieurs. Surtout que, comme le déplore l’ancien président du Raja, “le Maroc va accueillir la Coupe du monde 2030, mais aucune de ses équipes ne participe à la demi-finale ou à la finale de la Ligue des Champions”. “Nous avons un grand retard au niveau des clubs”, a-t-il déploré, en espérant que les clubs nationaux emboîtent le pas au Raja en activant, à leur tour, leur société sportive.

Jawad Ziyat a également révélé que l’association du club aura 40% des parts de la société sportive, mais n’a pas indiqué le pourcentage qui sera dédié à l’investisseur, Marsa Maroc.

À la suite de cette réunion d’information du 24 mai, les prochaines étapes consistent, selon Ahmed Ammor à “arrêter les comptes, élire le nouveau bureau et finaliser les documents juridiques avec Marsa Maroc”.

Cette société a d’ailleurs enregistré une hausse de 12% de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2025, à 1,28 MMDH. Le trafic global progresse de 6%, et les investissements atteignent 890 MDH.

La société a même franchi, pour la première fois, la barre des 5 MMDH de chiffre d’affaires en 2024. Une situation financière qui met en confiance le public, agacé par l’instabilité chronique du club depuis une décennie.

Football. Le Tunisien Lassad Chabbi nouvel entraîneur du Raja

Le Raja Casablanca a annoncé plus tôt le départ de son ancien entraîneur Hafid Abdessadek, à qui il a adressé ses remerciements pour les services rendus au club.

Le technicien tunisien avait déjà entrainé les Verts et Blancs, avec qui il a remporté la Coupe de la CAF et la Coupe des clubs champions arabes.

Le Raja Casablanca a été éliminé de la phase de groupes de la Ligue des champions africaine et reste loin du peloton de tête en Botola Pro D1 (8e, 25 pts).

Un investissement émirati potentiel au Raja relance le débat sur l’ouverture des clubs de foot aux capitaux étrangers

15 millions d’euros sur trois ans avec un investissement direct dans la société sportive. Tel est l’accord de principe conclu entre Bin Zayed Petroleum et l’ancien président Saïd Hasbane, de nouveau candidat à la présidence du Raja Club Athletic.

Pour l’instant, cet accord demeure un projet, dont le sérieux a été attesté par Saïd Hasbane dans une interview accordée à Infosports.ma, lors de laquelle il a présenté une lettre d’engagement signée par la société émiratie, à Rome le 31 janvier 2025.

Toutefois, la faisabilité de cette opération suscite des interrogations pour deux raisons principales. L’une relève de la candidature avortée de Saïd Hasbane et l’autre de la légalité de l’opération.

En effet, l’assemblée générale prévue initialement le 5 janvier, lors de laquelle Saïd Hasbane comptait être élu, a été soudainement annulée. Le comité du club a finalement décidé d’activer l’article 23 du règlement intérieur du club, selon lequel « en cas de vacance du poste de président, il est remplacé par le premier vice-président […] en attendant la tenue de la prochaine assemblée générale ordinaire, durant laquelle un nouveau comité est élu pour un nouveau mandat ».

C’est ainsi que le premier vice-président du club, Abdallah Birouaine, avocat au barreau de Casablanca, vient remplacer le démissionnaire Adil Hala, bouleversant le calendrier électoral et mettant en suspens la candidature de Saïd Hasbane.

D’autre part, la légalité même de l’opération proposée par l’ex-président du Raja est débattue. Selon lui, la société basée à Dubaï est prête à injecter 5 millions d’euros par an dès cette saison 2024-2025, déjà entamée, dans le but d’assainir la situation du club.

Ensuite, pour les saisons 2025-2026 et 2026-2027, la société, dont le président et fondateur est Sheikh Khaled Bin Zayed Al Nahyan, membre de la famille régnante des Émirats arabes unis, et dont le COO (directeur des opérations) est Fahd El Bahja, un investisseur italo-marocain, prévoit de jouer un rôle de “partenaire actif”, au-delà du sponsoring, en investissant directement dans la société sportive du club.

Contactée par nos soins pour confirmer et détailler son projet d’investissement dans le club des Verts, la société émiratie n’avait pas donné suite à nos sollicitations à l’heure où nous écrivions ces lignes.

Mais la question qui se pose est de savoir si la législation nationale permet à une entreprise étrangère d’investir dans une société sportive marocaine ? Si certains expriment des doutes, deux experts sollicités par Médias24 assurent qu’aucun texte ne l’interdit.

“Le contexte reste un frein majeur”

Selon une source au sein du comité du Raja Club Athletic, contactée par nos soins, “le législateur marocain ne prévoit aucune disposition interdisant aux sociétés étrangères d’investir dans les sociétés sportives marocaines”.

Une analyse partagée par Me Mehdi Ezzouate, avocat au barreau de Casablanca et spécialiste en droit du sport. Également joint par Médias24, l’avocat précise que si aucun obstacle juridique n’existe dans les textes, le contexte, lui, reste un frein majeur.

Selon Me Mehdi Ezzouate, “les clubs restent sous la pression de leur public, qui perçoit l’ouverture aux investisseurs étrangers comme une ‘vente’ de leur club. Pourtant, la loi n° 30.09 relative à l’éducation physique et aux sports ne prévoit pas une transformation des associations en sociétés, mais plutôt la création d’une société indépendante dont l’association sportive est actionnaire. Cette société est liée à l’association par une convention renouvelable de dix ans”.

Cette restriction de la durée de la convention entre l’association et la société sportive fait partie des “éléments inquiétants qui entravent l’entrée de capitaux étrangers” dans les sociétés sportives marocaines. C’est ce que conclut une étude scientifique marocaine publiée en juin 2024 dans la revue académique African Scientific Journal qui porte sur “Les investissements directs étrangers dans le sport : le cas des clubs marocains de football”.

Cette étude, coécrite par le doctorant Yasser El Mekki Rachidi et l’enseignant-chercheur Abderrahim Rharib, examine les limites et les enjeux des investissements étrangers dans le secteur sportif marocain. Il en ressort que plusieurs obstacles freinent les investissements étrangers dans le football au Maroc. Les auteurs de l’étude identifient cinq facteurs majeurs qui entravent cette dynamique.

Barrières multiples

Tout d’abord, les facteurs historiques jouent un rôle déterminant. Depuis des décennies, le financement du sport au Maroc repose sur l’État ou de grands établissements publics tels qu’OCP ou la CDG. Cette culture de dépendance vis-à-vis des fonds publics est profondément ancrée et, bien qu’elle commence à évoluer, elle reste un frein majeur à l’intégration de l’investissement privé, notamment étranger, dans le secteur sportif.

En parallèle, les auteurs de l’étude relèvent des facteurs juridiques et législatifs qui constituent un autre obstacle. En vertu de la législation actuelle, l’association sportive doit détenir au moins un tiers du capital et des droits de vote dans la société sportive, limitant ainsi le contrôle que peuvent exercer les investisseurs étrangers. Cette restriction empêche les investisseurs de mettre en œuvre pleinement leur vision, contribuant ainsi à une certaine stagnation.

De plus, comme cité plus haut, la limitation de la durée de la convention entre l’association et la société sportive à 10 ans représente un autre frein pour les investisseurs étrangers. Ces derniers, à la recherche de partenariats durables, trouvent cette durée trop courte pour garantir la sécurité et la rentabilité de leur investissement.

Les facteurs de gestion représentent également une contrainte importante. Selon ladite étude, de nombreux clubs souffrent encore d’une gestion archaïque, ce qui limite la capacité des clubs à attirer des investisseurs étrangers. De plus, pour négocier et exécuter des partenariats internationaux, des compétences stratégiques et une bonne gestion des relations sont essentielles. La pénurie de ces compétences dans les clubs marocains limite leur potentiel à boucler ce type d’investissements.

D’un point de vue économique et commercial, l’étude met en évidence l’opacité financière qui persiste au sein des clubs. Cette situation crée une atmosphère d’incertitude et de méfiance chez les investisseurs. L’absence de stratégies marketing efficaces, associée à un manque de visibilité des clubs à l’international, freine également les investissements étrangers. Les droits de diffusion télévisée, relativement faibles comparés aux championnats européens, contribuent à rendre les clubs marocains moins attractifs sur le plan financier, ce qui diminue encore plus leur capacité à attirer des partenaires financiers étrangers.

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Enfin, les facteurs socio-politiques constituent un enjeu crucial pour l’ouverture du capital des clubs à des investisseurs étrangers. Le modèle économique des clubs marocains, bien qu’évoluant lentement vers un financement privé, reste fortement influencé par des considérations politiques et sociales. Certains dirigeants utilisent le football pour servir leurs ambitions personnelles, ce qui dénature parfois la vocation purement sportive des clubs.

Les supporters, quant à eux, craignent une perte d’identité et de patrimoine local si un investisseur étranger prend le contrôle d’un club. Cette réticence à l’ouverture des clubs à des investisseurs étrangers est un obstacle majeur, en particulier pour des clubs emblématiques tels que le Raja Club Athletic, où l’attachement local à l’identité du club reste une priorité pour une grande partie des supporters.

Pour lever ces barrières et renforcer l’attractivité des clubs marocains auprès des investisseurs étrangers, l’étude préconise plusieurs recommandations. Parmi celles-ci, il est suggéré de revoir le cadre juridique des sociétés sportives et de procéder à des examens réguliers des lois pour s’assurer de leur pertinence face aux évolutions du marché. De plus, la professionnalisation de la gestion des clubs et le développement de leur gouvernance sont des priorités pour permettre à ces clubs de rivaliser avec leurs homologues étrangers.

Les auteurs de l’étude recommandent également un partage des bonnes pratiques entre les clubs nationaux et internationaux en matière de gestion sportive et de négociation de partenariats, ainsi qu’une meilleure communication pour accroître la visibilité et l’attractivité des clubs sur la scène internationale. Enfin, ils préconisent d’investir dans la formation des dirigeants et dans le marketing digital qui permettra aux clubs marocains de mieux se positionner dans le paysage sportif mondial, tout en attirant des investisseurs étrangers.

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Raja. D’un doublé historique à la dérive : l’échec d’une direction 

Que se passe-t-il au Raja ? Sacré champion du Maroc avec un record historique de 72 points et vainqueur de la Coupe du Trône en l’espace de quinze jours, le Raja Club Athletic a marqué l’histoire du football marocain en raflant un doublé sans concéder la moindre défaite en un peu plus d’un an.

Aujourd’hui, à la 16e journée du championnat et avec trois matchs de retard, le Raja est classé 8e avec 23 points. Des résultats qui reflètent un déclin important, d’autant que sa conquête de l’Afrique a pris fin dimanche 19 janvier.

Le jour même, le bureau dirigeant du club s’est enfin décidé à annoncer sa prochaine démission à travers un communiqué dans lequel il est précisé qu’une assemblée générale extraordinaire se tiendra le 5 février prochain, avec la “démission du bureau directeur” et la “nomination d’un comité provisoire” à l’ordre du jour.

Ce comité provisoire sera chargé de gérer les affaires du club jusqu’à la tenue de la prochaine assemblée générale ordinaire.

Cette démission, très attendue, arrive peut-être trop tard. Car cela fait plusieurs mois que le public appelle à la démission des dirigeants.

De bras droit à bras cassé

Adil Hala, président nommé depuis le 19 juillet et élu depuis le 12 septembre 2024, a été le bras droit de son prédécesseur, Mohamed Boudrika.

En l’absence de ce dernier, en cavale à l’étranger puis placé en détention en Allemagne, c’est Adil Hala et le bureau dirigeant qui ont réussi à relever tous les défis qui se sont présentés au cours de la saison précédente.

Malgré de nombreuses difficultés, notamment financières, l’équipe a réussi à marquer l’histoire. Cette réalisation remarquable a mis en confiance le public quant à la capacité de Adil Hala de continuer à gérer le club. Mais les recrutements infructueux, le défilé d’entraîneurs désarmés et l’accumulation des résultats négatifs reflètent finalement une gestion décevante.

Le bureau en place suggère la création d’un comité provisoire pour prendre en charge la gestion des affaires du club, mais des interrogations émergent concernant la pertinence de cette solution. Ne serait-il pas plus judicieux d’élire un président ou de procéder à l’activation réelle de la société sportive ?

En attendant de voir comment le club va gérer “l’après-Hala”, il convient de revenir sur les événements des derniers mois qui ont conduit à cette situation de crise et à la colère du public rajaoui.

Le 8 décembre 2024, les groupes ultras de la Curva Sud ont publié un premier communiqué pour tirer la sonnette d’alarme. “Les décisions techniques et managériales erronées” y ont été pointées du doigt. Les ultras du Raja ont critiqué “les recrutements ratés”, synonymes “de futurs litiges sportifs et financiers à l’horizon”.

“Cela menace de prolonger la crise financière, augmentant ainsi l’épuisement des ressources du club, compromettant sa stabilité et provoquant son déclin sportif. L’absence d’une structure sportive adéquate a conduit à des décisions prises par des personnes non qualifiées, sans aucune expertise dans le domaine, en contradiction totale avec les promesses avancées par les membres du bureau actuel et les critiques qu’ils formulaient à l’époque des précédentes directions”, lit-on dans le même communiqué.

Démission de Baqili : une impression de déjà vu…

Sans le nommer, le public vise ici le responsable du projet sportif, Adil Baqili. Alors qu’il a quitté ce poste après sa démission le 21 décembre dernier, sa responsabilité est mise en cause dans le déclin de la situation du club.

Cet architecte de profession avait déjà occupé un poste de responsabilité au sein du Raja par le passé. Un poste de trésorier duquel il avait également démissionné en pleine période de crise en 2017.

Mais sa récente démission n’a pas suffi à rassurer le public. Le 30 décembre 2024, après une accumulation de résultats négatifs, dont deux défaites successives les 25 et 29 décembre, respectivement contre le DHJ et le RSB, le public rajaoui réagit à nouveau.

Les groupes ultras de la Curva Sud publient un nouveau communiqué pour souligner “l’échec total de l’actuelle direction dans toutes ses composantes défaillantes, du président devenu un fardeau, jusqu’au pseudo-comité et aux adhérents soumis à leurs intérêts personnels”.

Et d’ajouter : “À partir de maintenant, il n’y a plus aucune légitimité permettant à l’actuelle direction d’approcher de près ou de loin le Raja. Le départ est votre seule option”.

Le bilan est effectivement désastreux. Le Raja a dû se séparer, lors du mercato estival, de plusieurs éléments qui ont joué des rôles importants dans la concrétisation du doublé (l’entraîneur adjoint Fadlu et des joueurs tels que Mohamed Makahasi, El Mehdi Maouhoub ou encore Ismail Mokadem). Jusque-là, rien de surprenant, c’est la loi du marché des transferts dans le football.

Difficile succession de Zinnbauer

Mais parallèlement à ces départs, le club devait se renforcer en recrutant intelligemment pour combler des postes clés, dont ceux de défenseur central, de milieu défensif ou encore d’avant-centre. Mais surtout, il fallait assurer la succession de l’Allemand Zinnbauer et de son staff.

C’est finalement le Bosniaque Rusmir Cviko qui est nommé le 25 juillet pour succéder à Zinnbauer. Cependant, ses débuts en championnat sont marqués par deux défaites consécutives, qui lui seront fatales.

Le 31 août 2024, le Raja concède sa première défaite en plus d’un an face à la Renaissance sportive de Berkane (RSB) lors de la première journée de la Botola (0-1). Cette contre-performance est suivie d’un revers inattendu contre l’Ittihad riadi de Tanger (IRT) le 25 septembre (3-1). Pour le club, tenant du titre, c’en est trop : il se sépare aussitôt du technicien bosniaque et annonce, dans la foulée, la levée de l’interdiction de recrutement qui pesait sur lui.

Les nouvelles recrues sont présentées. 12 au total. Mais combien ont réellement donné satisfaction ? Si l’on en croit les réactions du public, seuls trois d’entre eux sortent du lot, notamment Lahrar, Najari ainsi que la révélation Maamouri.

Sur les réseaux sociaux, le flop massif de ces recrutements soulève de nombreuses interrogations quant à la responsabilité de Adil Baqili en charge du projet sportif, et donc de l’équipe A.

Du côté de l’entraîneur, Cviko a été provisoirement remplacé par Abdelkrim Jinani avec lequel les Verts cumulent trois victoires successives en Botola entre le 29 septembre et le 6 octobre 2024 (3 buts contre 1 face à l’OCS ; 1-0 contre le FUS et 2-0 contre la Renaissance Club Athletic Zemamra).

Quelques jours après ces victoires importantes qui rassurent les supporters, le bureau dirigeant annonce l’arrivée d’un nouveau coach. Le troisième en un mois.

Le 10 octobre, le Raja officialise l’arrivée de Ricardo Sá Pinto à la tête de l’équipe. L’entraîneur portugais, bien que disposant d’une expérience légèrement supérieure à celle de son prédécesseur bosniaque, est surtout réputé pour son tempérament explosif sur le banc de touche. Le club peut-il se permettre de gérer de telles flambées de colère, au risque de fragiliser un vestiaire déjà sous tension ?

La réponse est claire : non. En effet, c’est ainsi que la situation est présentée sur le terrain. L’équipe a enregistré pas moins de six matchs nuls et trois défaites, dont deux en Ligue des champions. Avec seulement deux victoires à son actif, Sa Pinto n’a pas réussi à convaincre. Le 21 décembre, son départ du club a été annoncé par un communiqué officiel.

Depuis, c’est Hafid Abdessadek, ancien joueur du Raja, qui est à la tête des Verts. Bien que les résultats soient légèrement plus positifs, avec notamment deux victoires en Ligue des champions (contre Mamelodi Sundowns et contre l’AS Maniema Union), la situation du club reste préoccupante. En particulier, l’élimination en Ligue des champions et le départ du capitaine Anas Zniti n’ont fait qu’aggraver les choses.

Des rumeurs concernant les départs d’autres joueurs et de prochaines démissions au sein du bureau du club circulent depuis plusieurs semaines, mais aucune n’a été confirmée officiellement jusqu’à présent. Seule l’annonce de la démission du bureau a été annoncée dans le dernier communiqué du Raja.

Adil Hala élu président du Raja de Casablanca

Adil Hala a été élu à l’unanimité pour un mandat de 4 ans. Il succède à Mohamed Boudrika, arrêté en Allemagne le 16 juillet dernier sur la base d’un mandat d’arrêt émis par les autorités judiciaires marocaines.

Jusqu’alors président par intérim, Adil Hala est chargé de poursuivre les initiatives entamées sous sa direction provisoire. Parmi ses priorités figure la levée des restrictions sur les recrutements pour renforcer l’équipe, actuellement engagée sur plusieurs fronts.

Le club a entamé sa saison en Botola par une défaite contre la Renaissance de Berkane et se prépare à affronter l’Ittihad de Tanger le 25 septembre à Tétouan.

En revanche, le Raja a validé son billet pour le 2e tour préliminaire de la Ligue des Champions d’Afrique, en écartant l’Association sportive de la Garde nationale du Niger (ASGNN).

(Avec MAP)

Le comité du Raja constate la vacance de la présidence et nomme Adil Hala à ce poste

Dans un communiqué daté du 19 juillet, le comité dirigeant du Raja Club Athletic annonce avoir nommé Adil Hala, nouveau président du club. Et ce, n’étant “pas en mesure de communiquer avec Mohamed Boudrika”.

Le comité a donc décidé d’appliquer les dispositions de l’article 23 du règlement interne du club, selon lequel “en cas de vacance du poste de président, il est remplacé par le premier vice-président ou, si cela n’est pas possible, par le deuxième vice-président. Et ce, en attendant la tenue de la prochaine assemblée générale ordinaire, durant laquelle un nouveau comité est élu pour un nouveau mandat”.

Pour rappel, l’information selon laquelle Mohamed Boudrika a été interpellé en Allemagne est largement relayée par les réseaux sociaux, mais non confirmée de sources sûres. Pour l’heure, nous n’avons pas obtenu de réponse des autorités concernées. Cela dit, le communiqué du comité dirigeant vient confirmer que Mohamed Boudrika, qui a dirigé le club à distance depuis février dernier, n’est plus en mesure de communiquer avec les membres de son comité.

La justice marocaine a récemment révoqué Mohamed Boudrika de ses fonctions de président du conseil d’arrondissement Mers Sultan à Casablanca.

Quelques mois plus tôt, il était condamné à un an de prison avec suris pour émission de chèque sans provision.

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Foot. Voici pourquoi le Raja réclame une révision de ses droits TV

10 millions de DH. C’est le montant minimal que réclame le Raja Club Athletic en matière de droits de diffusion télévisée. Il s’agit d’un montant évalué par le club, comme l’explique à Médias24 son secrétaire général, l’avocat Khalid Fakerni.

Contacté par nos soins, Me Fakerni indique que le club a formulé des propositions pour la Ligue nationale de football professionnel, au titre de la saison 2024-2025. Parmi lesquelles, la révision des droits TV accordés au club.

Un système de solidarité injuste

“Actuellement, tous les clubs de première division de la Botola perçoivent 6 millions de DH par an, en matière de droits TV. Il s’agit du principe de répartition solidaire. Or, il est inconcevable qu’un club dont les matchs sont visionnés par dix personnes reçoive la même subvention qu’un club suivi par quatre ou cinq millions d’individus”, déplore-t-il.

Il est vrai que le Raja est un club très populaire. Quelques clics sur la chaîne YouTube d’Arryadia permettent de s’en apercevoir. La chaîne de télévision retransmet certains matchs en live sur sa chaîne YouTube, qui compte 1,14 million d’abonnés, avec 17.000 vidéos en ligne.

En allant à la section “en direct” et en choisissant la fonction “populaires”, l’on constate que les vidéos en live les plus populaires, hormis celles de l’équipe nationale du Maroc, concernent le Raja.

Le top 10 porte sur des matchs du Raja. Cinq sont des derbies casablancais et enregistrent entre 900.000 et 1 million de vues. Tandis que les cinq autres portent sur différents matchs. Certains datent d’il y a trois ans, d’autres sont plus récents ; comme le match qui a opposé le Mouloudia Club d’Oujda au Raja, lors de la trentième journée de la Botola de cette saison 2023-2024, il y a neuf jours.

Il convient de noter que ces cinq autres matchs enregistrent au minimum 758.000 vues et au maximum près de 900.000.

La popularité du club peut également être jaugée à l’aune de l’engagement de son public à travers les réseaux sociaux. Le Raja fait partie du top 100 des clubs les plus suivis sur les réseaux sociaux, selon les dernières données publiées par le Centre international d’étude du sport (CIES). Ces données, arrêtées à juin 2024, indiquent que le Raja comptabilise 11,1 millions d’abonnés sur X, Instagram, Facebook et Tiktok ; sachant que depuis 2023, pas moins de 3,6 millions d’abonnés se sont ajoutés.

Également dans le top 100, mais avec une performance moindre, le Wydad Athletic Club comptabilise un total de 5,8 millions d’abonnés sur ces différentes plateformes ; sachant que depuis 2023, ce club a gagné 1,3 million d’abonnés.

Certains clubs marocains se distinguent donc de leurs concurrents. Pourtant, ils perçoivent tous les mêmes recettes issues des droits TV. C’est pourquoi le Raja estime qu’une révision est nécessaire. Surtout que comme l’indique Me Khalid Fakerni, ces recettes constituent “une partie importante du budget du club”.

Le Raja attend une réponse

“Celui-ci se compose des revenus générés par le public, chose que nous n’avons pas actuellement en raison de la fermeture du stade. Le budget est aussi constitué par les sponsors, puis par les subventions octroyées par les établissements publics, les collectivités territoriales, etc. ; sans oublier les gains perçus à travers les compétitions, que ce soit à la suite d’une participation ou d’une victoire”, indique notre interlocuteur.

Ce dernier, qui s’est exprimé sur le sujet au micro de Radio Mars, le 18 juin, nous explique que le club estime mériter le double de la somme perçue actuellement ; soit 12 millions de DH. “Mais pour rester solidaire avec les autres clubs en difficulté, le Raja ne réclame que 80% de son estimation. Et ce, comme minimum”, précise Me Fakerni.

Le sujet de la révision des recettes des droits TV n’est pas nouveau. Il avait suscité plusieurs débats par le passé, mais c’est la première fois qu’un club en fait une demande officielle et écrite auprès de la LNFP. Le Raja “attend une réponse”, nous indique son secrétaire général.

Il convient de noter que d’autres éléments ont été soulevés dans les propositions adressées à la Ligue nationale de football professionnel. Le Raja a notamment évoqué les problématique liées aux déplacements de son public, frappé par plusieurs interdictions durant la saison 2023-2024, à l’issue de laquelle le club des verts a été sacré champion, sans défaite.

Cette situation est vécue comme une injustice par les différentes composantes du club qui se sont exprimées à plusieurs reprises, notamment le comité qui a formulé ses doléances via un communiqué en faisant appel à l’égalité des chances.

Le Raja réclame également une équité en matière de subventions accordées aux équipes amateures. Selon Me Fakerni, l’équipe espoir du Raja évolue dans la ligue amateure. Pourtant, celle-ci ne lui verse pas les subventions à l’instar de ses concurrentes. Et ce, en raison du statut professionnel de l’équipe A. Or, pour notre interlocuteur, cette situation est incohérente puisque l’équipe espoir du Raja et une équipe amateure qui a les mêmes dépenses et les mêmes enjeux que les autres équipes évoluant dans la même ligue.

Certains de ces sujets ouvriront peut-être le débat d’une refonte de la loi 30-09, que beaucoup d’observateurs voient comme nécessaire pour faire avancer le professionnalisme du football marocain.

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Le Raja champion du Maroc, en étant invaincu pendant toute la Botola

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Avec 72 points cumulés au fil des trente journées de la Botola Pro D1 “Inwi” 2023-2024, le Raja est sacré champion du Maroc, ce vendredi 14 juin, après avoir battu le Mouloudia club de Oujda (0-3).

Fait remarquable : le club casablancais est le seul à être invaincu. Une première dans l’histoire du championnat marocain.

Le Raja est également en compétition pour remporter la Coupe du Trône, aux côtés des trois autres demi-finalistes : MC Oujda, MAS de Fès et AS.FAR. Les matchs de la demi-finale se joueront les 23 et 25 juin.

Litige Raja vs Ola Energy : une décision attendue d’ici mercredi

Le pétrolier tente de faire annuler une sentence arbitrale l’ayant condamné pour rupture abusive d’un contrat de sponsoring conclu avec le club vert.

Un recours en annulation a été déposé devant la cour d’appel de commerce de Casablanca, qui a déjà mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera prononcé le mercredi 5 juin 2024.

Le recours d’Ola Energy vise à court-circuiter une sentence qui l’avait condamné à régler plus de 4 MDH au Raja Club Athletic.

Ce montant vise à dédommager la résiliation d’un partenariat scellé en mai 2021. Cet accord, qui devait s’étaler sur deux ans, avait été rompu prématurément par le pétrolier (novembre 2022). D’où le contentieux amorcé par le Raja, qui a eu gain de cause en arbitrage.

Pour l’heure, Ola Energy n’a pas procédé au paiement spontané du dédommagement, conduisant le Raja à solliciter l’exequatur auprès du président du tribunal de commerce. Selon nos sources, une demande en ce sens a été initiée en février par le club casablancais, mais le tribunal a décidé de « lever la main » sur la requête en attendant car, en parallèle, Ola Energy avait également déposé son recours en annulation.

« Si le recours d’Ola Energy est rejeté, la cour d’appel de commerce actera également l’exequatur de la sentence arbitrale. S’il est validé, la sentence sera annulée et les parties reviendront au stade d’avant l’arbitrage », explique cette source proche du dossier.

Rendez-vous dans deux jours.

Mohamed Boudrika jugé mi-mars pour chèque sans provision

Mohamed Boudrika, député RNI, secrétaire de la Chambre des représentants, président du conseil de l’arrondissement de Mers Sultan, président du Raja Club Athletic et promoteur immobilier, sera jugé mi-mars pour une affaire d’émission de chèque sans provision.

Celle-ci a démarré début février, mais le procès a été reporté à trois reprises en raison de l’absence de l’accusé.

« Lorsque l’huissier de justice a donné un retour négatif concernant la notification du concerné, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré », indique une source judiciaire à Médias24. « L’huissier de justice s’est rendu dans sa villa mais personne ne lui a ouvert ni répondu. Pour défaut de notification, il sera jugé par contumace », ajoute-t-elle.

Pour l’heure, nous ne savons pas sur quel montant porte cette affaire, qui peut conduire à une sanction privative de liberté et au paiement d’une amende qui ne peut être inférieure au montant du chèque. L’article 543 du Code pénal incrimine l’émission de chèque sans provision préalable ou disponible ou avec une provision inférieure au montant du chèque, ou le retrait, après l’émission de tout ou partie de la provision ; et ce, en prenant en compte la mauvaise foi de l’auteur mais aussi le montant du chèque auquel l’amende ne peut être inférieure.

Ces actes sont punissables de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 500 à 5.000 DH.

Pour rappel, Mohamed Boudrika est en pleine tourmente depuis début février, lorsque des rumeurs concernant sa fuite à l’étranger pour éviter une affaire judiciaire ont commencé à prendre de l’ampleur. Celui-ci a assuré s’être rendu à Londres pour des raisons médicales et a réfuté faire l’objet d’un avis de recherche.

Médias24 a retrouvé une affaire commerciale concernant une de ses sociétés « Jnane Madyouna », avant de confirmer celle-ci dans le cadre de laquelle il sera jugé au pénal.

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