Reconstruction post-séisme : plus de 15.000 logements reconstruits ou réhabilités
Dans une déclaration au journal télévisé de Médi1TV, Hassan Ighighi, coordinateur du programme de reconstruction et de réhabilitation des zones touchées par le séisme, a précisé que bien que les avancées soient significatives, 10% des familles concernées n’ont pas encore entamé les travaux de reconstruction. Ce retard est en partie dû à des conflits entre héritiers ou à des délais dans le lancement des travaux par certains bénéficiaires, malgré la réception de la première tranche de l’aide financière de l’État. Les autorités locales ont d’ores et déjà pris des mesures pour sensibiliser ces familles et les encourager à démarrer les travaux dans les plus brefs délais.
En ce qui concerne les 20% restants des travaux, 10% sont liés à des problèmes administratifs ou à l’absence de début des constructions, bien que les bénéficiaires aient reçu un premier versement de 20.000 dirhams. Les autorités ont lancé des avis de relance et, dans certains cas, des procédures de récupération des fonds alloués, note le responsable.
Depuis le début de la crise il y a dix-sept mois, la population touchée a bénéficié d’un soutien financier sous forme d’aides mensuelles. Les bénéficiaires ont reçu 2.500 dirhams par mois pour le logement et l’hébergement, en plus d’une aide supplémentaire variant entre 80.000 dirhams et 140.000 pour la reconstruction. Ces aides ont été attribuées dans le but de soutenir les efforts de reconstruction et d’assurer un retour à la normalité pour les victimes du séisme.
Les progrès réalisés jusqu’à présent sont très encourageants, compte tenu du fait que les travaux ont démarré il y a moins d’un an. Il est important de noter que ces opérations n’ont pas commencé immédiatement après le séisme, en raison de la nécessité d’effectuer des études préalables afin de garantir la qualité et la sécurité des nouvelles constructions.
Cela dit, pour les familles qui vivent encore sous des tentes depuis plus d’un an, les conditions restent difficiles. Ces tentes, avec des toitures en plastique, ne fournissent ni le confort ni la protection nécessaires, soulignant l’importance des efforts continus pour achever la reconstruction de toutes les habitations dans les meilleurs délais.
Premier Conseil d’orientation stratégique de l’Agence de développement du Haut Atlas
Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présidé, ce lundi 2 décembre 2024 à Rabat, la réunion du premier Conseil d’orientation stratégique de l’Agence de développement du Haut Atlas, créée conformément aux instructions du Roi Mohammed VI, pour assurer le suivi de la mise en œuvre du programme de reconstruction et de réhabilitation générale des zones sinistrées par le séisme d’Al-Haouz.
La première réunion du Conseil d’orientation stratégique de l’agence a permis d’aborder les enjeux d’opérationnalisation de l’Agence et d’approuver son programme d’action et son budget prévisionnel pour l’année 2025. Le Conseil d’orientation stratégique a également approuvé les documents de référence pour le démarrage de l’Agence, notamment l’organigramme et le statut particulier de ses ressources humaines.
Cité dans le communiqué, le chef du gouvernement a souligné à cette occasion que l’Agence de développement du Haut Atlas veillera à assurer la coordination et la complémentarité entre les projets de développement économique et social inscrits dans le Programme de reconstruction et de réhabilitation générale des zones sinistrées par le séisme d’Al-Haouz, appelant l’ensemble des parties et départements concernés à poursuivre la mobilisation, dans la diligence et la rigueur conformément aux orientations royales, en vue d’apporter une réponse forte, cohérente, diligente et volontariste aux attentes des populations affectées.
L’Agence de développement du Haut Atlas se charge de la supervision et de la réalisation de toutes les composantes et projets du programme et, dans un premier plan, ceux liés aux projets de reconstruction et de réhabilitation des zones affectées, en prenant en considération la dimension environnementale, et en respectant le patrimoine, les traditions et les modes de vie des habitants des zones concernées, ainsi que les normes de construction parasismique.
L’Agence veillera également à suivre la réalisation du programme et la préparation de rapports sur les résultats, notamment en ce qui concerne le niveau d’avancement des projets, l’engagement des dépenses et les situations de paiement, ainsi que l’évaluation de l’impact des projets réalisés en se basant sur des indicateurs de performance.
Ce programme intégré et ambitieux vise la réparation des dégâts du séisme à travers des aides financières dédiées aux secours d’urgence pour les familles sinistrées, et des projets de reconstruction et de réhabilitation des logements et des infrastructures touchés. Il a également pour objectif d’assurer le renforcement du développement socio-économique dans les zones sinistrées.
Ont pris part à cette réunion les ministres, les directeurs des établissements publics membres du Conseil d’orientation stratégique de l’Agence de développement du Haut Atlas, ainsi que le directeur général de l’Agence.
Maroc-UE : une convention de plus de 2 MMDH pour la reconstruction des zones sinistrées par le séisme d’Al Haouz
La convention a été signée par Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, et Olivér Varhelyi, commissaire européen au Voisinage et à l’élargissement. Ce financement est destiné à soutenir les efforts de reconstruction dans les régions touchées par le tremblement de terre du 8 septembre 2023.
Cette convention vient compléter un premier versement de 380 millions de MDH (35,6 millions d’euros) effectué en décembre 2023, portant ainsi l’aide totale de l’UE à plus de 2,4 MMDH en dons (225 millions d’euros). Un appel à propositions destiné aux organisations de la société civile, doté d’un budget de plus de 60 MDH (5,7 millions d’euros), a été lancé pour promouvoir la préservation et la valorisation du patrimoine local ainsi que pour renforcer la participation communautaire dans les efforts de reconstruction.
La signature de cette convention s’inscrit dans les efforts liés à la mobilisation des ressources nécessaires pour la réhabilitation des infrastructures essentielles et des services de base dans la région, indique un communiqué du ministère des Finances et de l’économie.
Ce programme s’étalant sur deux ans (2024-2025), vise à:
– Soutenir les individus identifiés comme affectés par le séisme afin qu’ils accèdent à une habitation réhabilitée ou reconstruite,
– Contribuer au redémarrage des services publics (santé et éducation) dans des bâtiments fonctionnels,
– Contribuer à la relance et au dynamisme de l’activité économique et à la cohésion territoriale dans les zones touchées par le tremblement de terre.
Reportage. La commune d’Ouneine à Taroudant, un an après le séisme du 8 septembre
A Ouneine, la vie a repris ses droits malgré les difficultés. De nouvelles constructions sortent de terre, d’autres tardent. Mais, ce vendredi 30 août, le paysage est clairement différent de ce que nous avons relevé il y a un an sur les mêmes lieux où nous avions couvert les conséquences du séisme quelques jours après.
Fortement impactée par le séisme d’Al Haouz, la commune d’Ouneine compte environ 67 douars se situant au sud de la commune de Talaat N’Yaakoub et à environ 25 kilomètres de l’épicentre du séisme (à vol d’oiseau).
Sur la route montagneuse qui mène à notre destination, le ballet incessant des engins et camions transportant les briques est remarquable.
Sur le chemin, notre route est interrompue à plusieurs reprises par les sources d’eau qui jaillissent de la montagne. Certaines de ces sources étaient, en septembre 2023, un des petits miracles qui atténuait l’ampleur du drame.
Les sources d’eau nées du séisme, toujours là
La commune qui était fragilisée par une sécheresse sévère avant le séisme du 8 septembre 2023, a vu au lendemain surgir des sources d’eau nouvelles. À l’époque, l’équipe de Médias24 avait constaté et documenté l’apparition de ces sources d’eau au lendemain du séisme, accompagnée de l’augmentation du débit d’eau des sources anciennes.
Un cours d’eau est apparu à Douar Ait Yahya au lendemain du séisme d’Al Haouz (09/09/2023)
Certains experts craignaient que cela ne se soit que temporaire. Un an après, elles sont toujours là.
Bien que le débit de certaines sources ait diminué ces derniers mois, plusieurs d’entre elles continuent d’alimenter la région, répondant ainsi aux besoins de la population en eau pour la consommation et l’irrigation de la petite agriculture.
Source jaillissante en cascade d’une montagne à Ouneine (01/09/2024) ph-médias24
En arrivant à Ouneine, comme c’est souvent le cas dans les centres ruraux, il y avait une certaine animation parmi les habitants, bien que ce ne soit pas un jour de Souk. Rentrée scolaire oblige.
Au loin, nous apercevons une file d’enfants attendant devant un petit studio de photographie.
Nous poursuivons notre route vers notre destination, le village d’Ait Yahya. Tout au long, s’offre à nous les images des briques éparpillées, les débris encore présents par endroits, et les chantiers de constructions…
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» Un an après le triste drame d’Al Haouz, les opérations de reconstruction avancent. C’est que le calendrier est serré après les phases de déblaiement, les études topographiques et géotechniques, les opérations de recensement des maisons détruites ainsi que les délais de recours « , nous déclare Ridouane El Meghrani, le président de la commune.
À l’échelle de ce territoire, environ 634 autorisations de construction ont été octroyées sur un total de 822 demandes déposées, nous apprend notre source.
» Nous nous attachons à ce que les opérations de reconstruction se déroulent dans les meilleures conditions. Une assistance a été apportée aux populations pour les accompagner dans leurs démarches d’obtention de leurs kits de construction. Également, nous veillons par le suivi à ce que certaines installations, telles que l’électricité, soient réalisées en parallèle aux opérations de constructions pour ne pas endommager ou détériorer ultérieurement les constructions nouvelles « , nous explique-t-il.
A Ouneine, la reconstruction à plusieurs vitesses
Les différents villages d’Ouneine témoignent d’une dynamique certaine de reconstruction. Les chantiers sont nombreux et le béton est roi. Le gris des constructions en cours contraste avec les couleurs des habitations anciennes ou celles des abris provisoires.
Les nouvelles maisons côtoient les anciennes, les tentes et autres abris de fortune.
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Loin des chiffres, l’observation sur le terrain révèle une grande variabilité dans les rythmes de reconstruction.
Les milliers de répliques très intenses, enregistrées dans toute la zone au cours des premiers mois suivant le séisme d’Al Haouz, ont retardé le démarrage des opérations de reconstruction. Celles-ci n’ont pu commencer qu’après la réalisation d’études géotechniques et topographiques complètes, permettant de cartographier les zones constructibles et de décider des autorisations de construire.
Même parmi ceux qui ont débuté leur chantier, le degré d’avancement diffère. Certains, peu nombreux, font appel à des entreprises de construction. La majorité recourt aux tâcherons ou à des artisans-maçons.
Le recours à des entreprises de construction est plus rapide et relativement plus économe, car celles-ci arrivent à mobiliser une main d’œuvre, particulièrement rare, et à s’approvisionner en matériaux de construction. La livraison des logements standards se fait à un prix équivalent à l’aide de l’Etat.
Les tâcherons, eux, livrent des maisons semi-finies, selon le modèle architectural type, à un coût inférieur aux subventions publiques. Cependant, des acteurs locaux nous ont signalé qu’ils sont moins appréciés, car certains compromettent la qualité du bâti en réduisant les quantités de béton et de fer, ce qui ne respecte pas les normes parasismiques.
A Ouneine, une grande partie des habitants rencontrés ont opté pour les artisans payés par jour de travail. Et c’est au propriétaire d’acheter les matériaux de construction. Les témoignages, comme à Al Haouz, font état d’une hausse des prix des matériaux – particulièrement le sable pour le cas d’Ouneine et des prix de transport.
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Un nouveau départ pour Lahcen
Lahcen, père de famille du village Tameterga, est parmi les bénéficiaires du programme de reconstruction des habitations détruit par le séisme d’Al Haouz.
Il a bénéficié d’une subvention de 80.000 DH pour reconstruire son logement, partiellement détruit par le séisme.
Après avoir obtenu l’accord, il a obtenu tous les kits nécessaires pour la reconstruction et a choisi de travailler avec un artisan maçon.
D’une superficie de 50 mètres carrés, le nouveau logement de Lahcen suit un plan architectural type composé d’un salon, deux chambres, cuisine et salle de bain. Il a bénéficié des différents versements selon l’avancement des travaux de sa maison :
(1) Première tranche : 20.000 dirhams une fois le fondement effectué ;
(2) Deuxième tranche : 20.000 dirhams une fois le dallage effectué ;
(3) Troisième tranche : 20.000 dirhams une fois la structure effectuée ;
(4) Quatrième tranche : 20.000 dirhams une fois le plancher haut effectué.
Toutefois, son choix l’a conduit à dépasser le budget alloué par l’Etat. Les travaux lui ont coûté au final un montant de 120.000 dirhams en raison des choix faits pour les travaux de finition de sa maison.
Il nous explique que l’aide mensuelle des 2.500 dirhams l’a amplement aidé à couvrir les frais.
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Des cas qui n’ont pas bénéficié témoignent
Si plusieurs, comme Lahcen, sont arrivées à achever leurs projets de constructions, ou sont en passe de le faire, d’autres personnes n’ont pas bénéficié du soutien de l’Etat. Au cours de notre reportage, nous avons rencontré deux cas avec qui nous avons échangé.
Brahim, père de six enfants, se présente comme habitant du Douar Tanjjemcht Akradest. Il n’a pas bénéficié de l’aide de l’Etat parce que, comme il nous l’explique, la commission du recensement a classé son logement comme « habitat secondaire ».
Interrogée sur ce cas, une source autorisée nous explique que l’Etat a été confronté un phénomène particulier pendant le séisme. À l’annonce des aides en 2023, « des centaines de tentes se sont installées dans la semaine du séisme à l’échelle de la province par des personnes venues d’autres villes ». « La priorité est accordée aux personnes qui habitaient les douars au moment du drame et qui ne disposent d’aucun domicile », ajoute notre source.
Brahim, lui, insiste qu’il réside bel et bien dans le douar Tanjjemcht Akrad et pas ailleurs. Il a déposé un recours. La réponse des autorités est restée inchangée.
Autre cas rencontré, Mohammed, 41 ans, natif du douar Ait Yahya, marié sans enfants. Il nous explique qu’il a été « exclu » du soutien de l’Etat. Il exprime son incompréhension au micro de Médias24 et s’interroge sur les raisons.
Des sources des autorités locales apportent la réponse. Le cas des familles nombreuses vivant sous le même toit s’est posé. « Cette configuration est courante dans le milieu rural marocain, notamment en montagne, où les habitations sont de grande taille et où le fils, après le mariage, continue d’habiter dans le logement familial ou bien, il construit une extension dans la maison. Dans de tels cas, les commissions de recensement doivent déterminer celui qui assume les dépenses familiales. C’est lui qui bénéficie de la subvention ».
Nos sources expliquent qu’il y a des cas compliqués même parmi ceux ayant été inscrits parmi les bénéficiaires. Il y a ceux qui avancent dans leurs projets et avec qui tout se passe bien, et les autres. Parmi ces autres, se trouvent des bénéficiaires qui, après avoir reçu la première tranche, n’ont pas entamé les travaux de construction et ont dilapidé cette somme pour d’autres fins.
Le système ne permet pas de débloquer les autres tranches tant que les travaux n’ont pas été entamés. Ces personnes se retrouvent toujours en habitation temporaire à la recherche de solutions.
L’Allemagne accorde au Maroc un prêt de plus de 1 MMDH pour la reconstruction post-séisme
Le Maroc a mis en œuvre un vaste programme de reconstruction et de développement d’une valeur totale d’environ 120 milliards de DH. Ce programme se divise en deux volets : un programme d’aide d’urgence et de reconstruction, évalué à environ 22 MMDH, qui inclut des aides financières aux ménages affectés, ainsi que la reconstruction des infrastructures de base ; et un programme de développement à plus long terme pour les régions touchées, d’une valeur d’environ 98 MMDH, visant principalement à renforcer les infrastructures et à stimuler le développement économique local.
À travers son soutien financier, le gouvernement allemand fournit des liquidités pour faciliter la mise en œuvre de ces mesures, en particulier les aides financières directes aux populations concernées.
Démarrage dans la commune de Tizi N’Test des opérations de reconstruction des maisons touchées par le séisme
Cette opération a démarré après que les familles concernées ont obtenu les autorisations de reconstruction, bénéficié de l’expertise technique gratuite, ainsi que des aides financières nécessaires.
En effet, plus de 34 autorisations de reconstruction ont été délivrées. La commune a également contribué à la réalisation de plans architecturaux modèles respectant les spécificités de la région.
Rappelons que le gouvernement accorde une aide financière directe d’un montant de 140.000 DH pour les logements totalement effondrés, et de 80.000 DH pour couvrir les travaux de réhabilitation des habitations partiellement effondrées.
(Avec MAP)
De nouveaux établissements scolaires à l’étude dans la province d’Al Haouz
À la suite du séisme dévastateur survenu le 8 septembre, un premier appel d’offres a été lancé ciblant les zones sinistrées de la province d’Al Haouz. Cette initiative concerne l’élaboration d’études techniques, ainsi que le suivi des travaux de construction pour trois établissements scolaires :
– l’internat du lycée collégial Tinmel à Talat Nyaqoub d’une capacité de 160 lits ;
– l’école primaire Oqba Ibnou Nafie à Ait Ourir ;
– le lycée collégial Al Irfane avec son internat d’une capacité de 120 lits, situé à Ouazguita.
Ces projets visent à offrir aux étudiants un environnement d’apprentissage stable et sécurisé.
La mission du bureau d’études consiste en :
1. la réalisation des études techniques tout corps d’état ;
2. l’établissement des CPS, avant métrés, estimations et documents de passation du marché ;
3. le suivi des travaux ;
4. les réceptions provisoires et définitives des travaux.
Le coût global de ces études est estimé à 837.000 DH. Le bureau d’études disposera d’un délai de 15 jours pour réaliser la mission d’étude. Quant au délai global, il sera prolongé jusqu’à la réception définitive des travaux.
4 milliards de DH pour reconstruire et réhabiliter les établissements scolaires
Dans une allocution prononcée devant le Parlement, le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa, avait indiqué qu’un diagnostic avait été conduit afin de classer les établissements d’enseignement selon l’ampleur des dégâts matériels et le degré de dangerosité : d’une part, les établissements qui nécessitent une démolition et une reconstruction totale ou partielle ; d’autre part, ceux qui requièrent une rénovation et une réhabilitation.
Un inventaire d’environ 1.000 établissements d’enseignement a été établi, en plus d’un groupe de pensionnats et d’unités d’enseignement primaire, a-t-il précisé.
Un budget de 4 milliards de DH a ainsi été alloué au programme de reconstruction et de réhabilitation des établissements scolaires les plus endommagés, avait souligné le ministre. « Un programme de développement intégré sera également mis en place afin de réhabiliter l’infrastructure scolaire et éducative dans les zones affectées, avec un budget avoisinant les 5 milliards de DH. »
À la suite du séisme, environ 7.000 élèves du secondaire ont été transférés, tandis que d’autres ont été accueillis dans des tentes équipées, à titre d’écoles mobiles ou de salles de cours à occuper temporairement dans les zones difficiles d’accès, notamment dans les provinces d’Al Haouz, Chichaoua et Taroudant. Des bâtiments modulaires préfabriqués sont également en cours de construction et compteront environ 1.400 salles de classe.
Séisme d’Al Haouz : le point sur les opérations de relogement d’urgence, de recensement et de reconstruction
Le recensement des habitats complètement ou partiellement détruits par le séisme est très avancé. Il devrait être achevé dans les deux ou trois prochaines semaines, au maximum, nous confirment des sources qui participent à cette opération sur le terrain.
Des sources autorisées nous ont, elles, confié que :
– Toutes les populations dont l’habitat a été endommagé par le séisme sont logées dans des tentes provisoires ou dans des sites d’accueil ;
– Les aides financières ont commencé à être distribuées ce 6 octobre ;
– Les écoliers sont tous scolarisés même quand les écoles ont été détruites et un millier d’écoles l’ont été;
– Le ravitaillement en denrées alimentaires est organisé de manière régulière, il est disponible au niveau des différents points de distribution.
En ce qui concerne la reconstruction définitive des logements, nos sources indiquent que l’opération ne pourra démarrer que lorsque l’Agence de développement du Haut Atlas entamera son travail, c’est-à-dire après la publication du texte relatif à sa création et de ses décrets d’application au Bulletin officiel. Ces derniers, adoptés au Conseil de gouvernement, respectivement les 27 septembre et 5 octobre derniers, en sont encore à la case Parlement.
La compréhension des risques pratiquement maîtrisée
D’après nos informations, une réunion a été tenue ce jeudi 5 octobre entre toutes les parties impliquées dans l’opération de recensement dans les provinces d’Al Haouz, notamment les autorités gouvernementales et les professionnels dans différents secteurs, principalement les topographes, les bureaux d’études et les laboratoires.
Il en ressort les trois points suivants :
– La première étape post-séisme, relative à la mise en place de logements d’urgence au profit des sinistrés, a été assurée ;
– La seconde, relative à la compréhension des risques, a pratiquement été maîtrisée. Les cartes d’aléas sont en cours d’élaboration et sont très avancées. Il en est de même pour le recensement des logements totalement ou partiellement détruits, très avancé également ;
– La troisième étape, qui est celle de la reconstruction finale des logements endommagés, ne démarrera que lorsque l’Agence du développement du Haut Atlas sera mise sur pied, sur les plans juridique et financier. C’est à ce moment-là que le cahier des charges pour la reconstruction sera publié, et l’argent débloqué.
Les opérations précédant la reconstruction finale devraient être achevées au plus dans trois semaines
Selon des sources participant aux opérations de recensement des habitats touchés par le séisme, ce dernier devrait s’achever dans les deux, voire trois prochaines semaines au maximum.
« Le recensement des habitations est très avancé. Il est réalisé par des laboratoires, des bureaux d’études, des architectes, des collectifs et des équipes mixtes supervisés par le ministère de l’Intérieur. Ils ont ratissé large. Dans les deux prochaines semaines, on devrait obtenir des listes claires d’habitats touchés, avec des incertitudes qui seront corrigées en chemin », indiquent nos sources.
« Les cartes d’aléas devront également être achevées dans les deux semaines qui suivent. Nous maîtrisons à présent les points du séisme, les zones sismiques, les endroits de failles et les caractéristiques techniques du terrain, à savoir les accélérations et le sol, ainsi que son aspect géologique, qui joue un rôle important dans l’amplification ou la réduction de l’aléa ».
« Le séisme a touché près de 60.000 km² dans les provinces concernées, mais son impact se fait sentir localement. Dans un même douar, on peut trouver deux maisons construites de la même manière par la même personne, l’une a été totalement détruite et l’autre n’a pas été impactée. Tout cela est dû à l’effet de site ».
« C’est pour cette raison que toutes les opérations en cours doivent être suivies d’une étude de constructibilité. Les investigations sur le terrain seront faites au fur et à mesure de la reconstruction. Pour construire une école, un pont ou un ouvrage routier, l’entreprise qui en sera chargée devra effectuer ses investigations pour pouvoir asseoir les fondations et minimiser le risque sismique ».
Pour résumer, « dans l’échéance de trois semaines au maximum, les projets de reconstruction finale pourraient être lancés », souligne notre interlocuteur.
La mise en place de l’Agence de développement du Haut Atlas nécessaire au lancement des constructions finales
D’après notre source, la reconstruction finale ne se fera que lorsque l’Agence de développement du Haut Atlas sera mise sur pied. Celle-ci, qui verra le jour en 2023, devrait être dissoute quelques années plus tard. Elle est donc temporaire.
« Il s’agit du maître d’ouvrage qui lancera tous les travaux de reconstruction décidés. Tant qu’elle ne sera pas mise sur pied, il n’y aura ni cahier des charges, ni projets concrets ».
Rappelons que le décret-loi portant création de cette agence a été adopté le mercredi 27 septembre en Conseil de gouvernement. Le texte a également été approuvé en commission des Finances au Parlement.
Le Conseil de gouvernement a aussi adopté le 5 octobre un décret en application du deuxième alinéa de l’article 4 dudit décret-loi, définissant les missions et le mode de fonctionnement de cette agence, ainsi que les autorités gouvernementales membres de son conseil d’orientation et la liste des institutions et des entreprises publiques dont les responsables seront désignés comme membres du même conseil.
Ces textes doivent à présent suivre le circuit législatif pour être publiés au Bulletin officiel, étape après laquelle la reconstruction effective pourrait démarrer, et l’argent débloqué.
La distribution de l’aide financière aux populations sinistrées a commencé ce vendredi 6 octobre 2023
Rappelons-le : une enveloppe budgétaire de 120 milliards de DH a été allouée au programme de reconstruction et de réhabilitation générale des zones impactées par le séisme d’Al Haouz. Le volet de relogement et de reconstruction coûtera 22 MMDH, dont 8 MMDH alloués aux aides directes aux ménages sinistrés. 98 MMDH seront pour leur part consacrés au développement global des régions touchées, dont 14 MMDH pour le désenclavement.
Lancement des aides financières aux familles
Entre temps, les sinistrés sont tous hébergés dans des tentes provisoires ou des centres d’accueil, nous confient des sources autorisées, qui nous assurent que ces derniers sont ravitaillés en produits alimentaires. Le ravitaillement se fait de manière régulière, dans des points de livraison notamment.
En ce qui concerne les écoles, la reconstruction n’a pas encore démarré. Toutefois, tous les écoliers sont scolarisés. Quant à l’opération d’attribution des aides financières aux familles, elle a démarré ce 6 octobre. Cette première phase se poursuivra jusqu’au 16 octobre.
Cette aide est fixée à 2.500 DH par mois pendant une année. Elle sera gérée par la Caisse nationale des retraites et d’assurances (CNRA), établissement géré par la CDG. Les aides seront versées dans les agences agréées, notamment Wafa Cash, Al Barid Bank, Cash Plus, Crédit Agricole, Tashilat, Chaabi Cash, Damane Cash, Inwi Money, Barid Cash, Lana Cash, Attawfiq et Al Filahi Cash.
Séisme : l’Ordre des architectes lance un concours d’idées pour la reconstruction des douars
Le Conseil national des architectes annonce, dans un document daté du 19 septembre, l’organisation d’un concours d’idées architecturales dans le cadre de la reconstruction des douars après le séisme du 8 septembre.
Une initiative lancée pour « répondre d’une manière concrète au caractère extrêmement prioritaire de l’opération de relogement, qui doit aboutir sur des réponses techniques et architecturales en harmonie avec le patrimoine de la région et qui respectent ses caractéristiques architecturales uniques », explique l’Ordre.
L’objectif étant de participer à la reconstruction et de répondre également aux besoins économiques et sociaux des populations locales.
Plusieurs critères sont à prendre en compte par les architectes, comme le cachet architectural de la zone, le respect des exigences concernant les voies d’évacuation et la protection civile, l’efficacité énergétique, l’utilisation des matériaux locaux (terre, pierre, bois), ainsi que l’intégration des normes parasismiques RPS2000 et RPCT2013.
Trois types de constructions à proposer
Les constructions consistent en des habitations sur terrain plat, mais aussi sur des terrains accidentés, avec des pentes respectives de 10% et de 20%.
Les trois types de construction doivent être fonctionnels, esthétiques, organiques, évolutifs, modulaires autant que possible et respectant les caractéristiques architecturales de la région. « Ils seront réalisés en plusieurs phases, dont la première immédiatement, et sur la base de la subvention accordée de 140.000 dirhams », rappelle l’Ordre des architectes.
Chaque bâtisse proposée devra, dans une première phase, obligatoirement comprendre les espaces fonctionnels suivants :
– espace de réception (salon-chambre collective) ;
– espace de cuisson (cuisine ) ;
– espace sanitaire (toilette, douche) ;
– Clôture ;
– espace central (patio, haouch, enclos bétail, cour, etc.).
Dans une seconde phase, elle pourra comprendre les espaces suivants :
– magasin ou dépôt ;
– espace de repos (2 chambres).
« L’architecte est invité à proposer des assemblages de ces unités d’habitations, jumelées, en bande ou superposées afin d’avoir une architecture homogène lors de leur duplication », note l’Ordre.
Trois types de sites au choix pour concourir
Les architectes ou groupes d’architectes qui concourront seront amenés à organiser les habitations sur un premier site théorique accidenté, avec une pente de 10% à 20%, et composé de 50 à 60 ménages.
Le second site théorique consiste en un groupement de villages composé de 700 ménages, situé sur un terrain plat.
Le dernier est un site réel choisi par les architectes, à condition que la reconstruction se fasse sur le même site ou un site proche plus accessible et sécurisé.
L’Ordre souligne qu’une note de présentation des intentions sous format A4 (5 pages maximum) sera demandée. Le dernier délai pour la remise du rendu, en format numérique sur le mail du Conseil national de l’Ordre des architectes (conseilnationaldesarchitectes@gmail.com), est prévu le 28 septembre à 18 h.
Des primes seront accordées aux trois projets les mieux classés. Le premier prix se verra octroyer 50.000 dirhams, 30.000 dirhams pour le deuxième et 10.000 dirhams pour le troisième. La décision du jury sera rendue par courrier.