Casablanca-Settat : la région prévoit des recettes de 1,5 MMDH pour 2026

Réuni en session ordinaire le 6 octobre, le conseil régional de Casablanca-Settat a examiné et adopté son projet de budget pour l’année 2026.

Des recettes en augmentation de 2% par rapport à 2025

Les recettes prévues pour l’année prochaine s’élèvent à 1,5 milliard de DH (MMDH), en augmentation de 2% par rapport à 2025.

Dans le détail, les recettes prévues à être transférées par l’État s’élèvent à 1,13 MMDH, soit au même niveau qu’en 2025.

Les recettes locales sont estimées à 311 millions de DH (MDH), contre 276 MDH prévus en 2025. Des hausses sont prévues pour les catégories suivantes :

– la part du produit de la taxe sur les services communaux, qui devrait passer de 87 MDH à 97 MDH ;

– la taxe applicable aux services fournis dans les ports, qui devrait passer de 174,9 MDH à 200 MDH ;

– la part du produit de la taxe sur l’extraction des produits de carrière, qui devrait passer de 4,6 MDH à 5,1 MDH.

Les dépenses de fonctionnement en baisse de 11%

En ce qui concerne les dépenses de fonctionnement, il a été décidé de les baisser de 11% par rapport à 2025, dans le cadre de la politique de rationalisation des dépenses.

Ainsi, les dépenses prévues pour 2026 sont estimées à 163,2 MDH, contre 184,4 MDH en 2025.

Les baisses seront principalement réalisées au niveau des aides accordées aux associations et établissements locaux, qui passeront de 19,5 MDH à 11 MDH.

D’autres réductions sont prévues pour les activités du conseil, qui devraient s’élever à 14,4 MDH en 2026 contre 16,21 MDH en 2025, ainsi que pour les activités financières liées aux coûts de la dette, qui diminueront de 78 MDH à 55,5 MDH en 2026.

Le budget d’investissement prévu pour 2026 s’élève ainsi à 1,4 MMDH.

Notons que le budget de la région pour 2026 est prévu pour couvrir des secteurs clés, notamment le volet environnemental, avec un coût de 482,33 MDH (37%), la mobilité régionale (168 MDH) et la vie locale (335,6 MDH). Pour qu’il soit débloqué, il doit d’abord être visé par le ministère de l’Intérieur.

Réhabilitation des anciens abattoirs de Casablanca : le ministère du Tourisme et la SMIT écartés du projet

Les membres du conseil régional de Casablanca-Settat ont voté à la majorité, le 6 octobre en session ordinaire, deux principaux changements concernant le projet de restauration et de réhabilitation des anciens abattoirs de Casablanca.

La première modification porte sur le coût global du projet, lequel a été révisé. Il est désormais de 160 millions de dirhams (MDH), contre 170 MDH prévus initialement.

La seconde concerne les parties prenantes de la convention de partenariat relative à ce projet. Il a été décidé de retirer la SMIT et le ministère du Tourisme. Notons toutefois que ce n’est pas la première fois que des changements sont opérés au niveau des parties prenantes. Cette convention traîne depuis au moins juillet 2024.

Le financement du projet se répartit désormais comme suit :

50 MDH pour la commune de Casablanca ;

40 MDH pour chacun des ministères de la Culture et de l’Intérieur ;

20 MDH pour la préfecture de Casablanca ;

10 MDH pour le conseil régional de Casablanca-Settat.

Le retrait de la SMIT de cette convention a également été évoqué par la maire de Casablanca, lors de la session ordinaire du conseil de la ville tenue le 7 octobre. Nabila Rmili a expliqué que la SMIT sera retirée de toutes les conventions précédemment adoptées par la ville, parce qu’elle ne participera pas aux financements prévus. 

Cette convention avait été votée en février 2024 par le conseil de la ville de Casablanca. Elle avait connu des modifications à la suite des différentes études menées dans le cadre du projet de réhabilitation.

Ce projet, qui s’inscrit dans le Plan communal de Casablanca, vise à réhabiliter la façade principale des anciens abattoirs, ainsi que leurs espaces publics, et à restaurer l’ensemble des bâtiments à l’intérieur du site.

 

La construction de la plateforme de réserves de première nécessité de Casablanca-Settat : lancement d’un nouvel appel d’offres

L’option d’un marché en deux lots ayant été abandonnée, la wilaya de la région de Casablanca-Settat vient de lancer un nouvel appel d’offres international en lot unique pour la construction de la plateforme de réserves de première nécessité. Le coût des prestations, qui doivent être achevées dans un délai de dix mois, est estimé à plus de 133,6 MDH.

Les ouvrages objet de ce marché sont :

– Les gros œuvres ;
– L’étanchéité ;
– La charpente métallique ;
-Le revêtement sols et murs,
– Les faux-plafonds ;
– Les menuiseries aluminium – bois – métallique ;
– La peinture ;
– Fluides : plomberie sanitaire – protection incendie – climatisation – ventilation – désenfumage ;
– Électricité : courant fort – courant faible – ascenseurs – photovoltaïque ;
– VRD et aménagements extérieurs.

Voici la liste des intervenants dans ce projet, tous visés le 7 octobre dernier :

– Architecte : Agar
– Bureau d’études techniques (BET) : CID ;
– Bureau de contrôle technique : Tecnitas ;
– Laboratoire : LPEE ;
– Topo : Etafat ;
– Assistant sécurité incendie : Besie.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2025/05/08/details-comment-le-maroc-structure-sa-riposte-aux-catastrophes-a-travers-les-plateformes-regionales/

Autoroute Tit Mellil-Berrechid : travaux achevés à 62%, livraison prévue début 2026

Les travaux de construction de l’autoroute Tit Mellil-Berrechid avancent à un rythme soutenu. Selon la Société des autoroutes du Maroc (ADM), le projet a atteint un taux de réalisation de 62% et devra être finalisé d’ici début 2026.

Démarré en 2023, ce projet constitue une infrastructure majeure qui vise à décongestionner le trafic routier dans le Grand Casablanca et à optimiser les déplacements entre le nord, l’est et le sud du pays. Avec une conception initiale en 2×3 voies, il s’agit d’une première dans l’histoire du réseau autoroutier national.

L’autoroute s’étend sur un linéaire de 30 km, reliant directement l’autoroute de contournement de Casablanca (A1) à la bifurcation de Tit Mellil, ainsi qu’aux autoroutes Casablanca-Marrakech (A3) et Berrechid-Beni Mellal (A4) au niveau du nœud autoroutier de Berrechid.

Le chantier a été divisé en quatre lots distincts :

Ce projet, inscrit dans le cadre d’un contrat-programme entre l’État et la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM), mobilise un budget estimé à 2,5 milliards de DH. Son financement est assuré principalement par le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES).

SRM Casablanca-Settat : 5 MMDH pour renforcer l’eau, l’électricité et l’assainissement en 2025

Quatre mois après son lancement, la SRM a mis en place 12 directions préfectorales et provinciales couvrant l’ensemble du périmètre régional. Cette structure vise à garantir l’équité territoriale et à harmoniser l’expérience client, indique un communiqué de la SRM Casablanca-Settat.

Des outils et services variés sont également déployés pour faciliter la relation avec les usagers : agences clientèle, centre de relation clientèle accessible 24 h/24 et 7 j/7, site web dédié pour le paiement sécurisé des factures, et un réseau de partenaires pour des paiements via des applications bancaires et plateformes externes.

Par ailleurs, la SRM indique avoir travaillé dès le départ à assurer une transition comptable et financière fluide avec les anciens opérateurs (Lydec, ONEE…). Elle précise que les engagements pris envers les fournisseurs et prestataires ont été respectés, notamment en termes de paiement.

5 milliards de DH d’investissements prévus en 2025

Pour 2025, la SRM Casablanca-Settat prévoit de lancer un programme d’investissements d’un montant global de plus de 5 milliards de DH. Selon le communiqué, ce programme vise à renforcer les infrastructures d’eau potable, d’électricité et d’assainissement liquide dans l’ensemble de la région.

Parmi les projets phares annoncés :

Ces projets, souligne la SRM, visent à répondre aux besoins de plus de 7 millions d’habitants et à contribuer à l’amélioration de leur cadre de vie.

Lancement des travaux de réhabilitation du marché hebdomadaire Had Oulad Ziane à Benslimane

Le coup d’envoi des travaux a été donné lors d’une cérémonie présidée par le président du Conseil de la région Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz et le gouverneur de la province de Benslimane, Samir Yazidi, en présence des représentants des autorités locales et des élus.

S’étalant sur une durée de huit mois, ce projet comprend la réalisation de locaux commerciaux permanents, un parking, des espaces commerciaux pour le marché hebdomadaire, ainsi que l’aménagement des routes et des passages, sans oublier la connexion du marché aux réseaux d’eau et d’électricité.

S’exprimant à cette occasion, M. Maâzouz a souligné l’importance de ce projet pour l’amélioration des conditions de vie des habitants, précisant que son financement, d’un montant de 14,4 millions de DH, est entièrement pris en charge par la Région.

« Il s’agit d’une stratégie de développement rural à laquelle la région est associée. Il a été question dans un premier temps de rompre l’isolement de cette commune grâce au programme des routes rurales, avant de procéder à la réhabilitation de ce marché hebdomadaire qui pourra accueillir 150 commerçants, tout en préservant les activités traditionnelles du marché », a-t-il indiqué, dans une déclaration à la presse.

De son côté, le directeur de l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) de la région Casablanca-Settat, Mustapha Amrani, a détaillé les caractéristiques techniques du projet.

Selon lui, le marché hebdomadaire sera construit sur une superficie de 1 hectare (ha) avec une surface couverte de 3.700 m² et comprendra 129 stands provisoires et 16 commerces permanents, ainsi qu’une administration chargée de la gestion du site.

Les travaux devraient s’achever début septembre 2025, a fait savoir M. Amrani, notant que ce marché vise à répondre aux besoins des habitants de la commune Moualine El Oued, ainsi que des communes et provinces avoisinantes, notamment Mohammedia.

(Avec MAP)

La cession de Lydec à la SRM Casablanca-Settat publiée au Bulletin officiel

Un décret signé par Aziz Akhannouch et publié au Bulletin officiel du 29 juillet autorise la SRM à acquérir 100% du capital de Lydec S.A., détenu par Veolia Environnement via ses filiales Vigie Groupe S.A.S et Vigie 50 S.A.S.

En juillet dernier, Veolia avait annoncé, dans un communiqué, la cession de sa participation dans Lydec.

« Conformément aux engagements pris auprès des autorités marocaines de la concurrence, Veolia annonce avoir conclu un accord avec les autorités marocaines pour la cession à la Société régionale multiservices Casablanca-Settat de l’intégralité de sa participation dans Lydec, acquise lors de la prise de contrôle de Suez en 2022 », avait déclaré Veolia.

La clôture financière de l’opération devrait intervenir d’ici la fin de l’année 2024, après le recueil de toutes les approbations administratives nécessaires.

La cession de Lydec, qui était anticipée, n’a aucun impact sur les guidances financières 2024 ni sur les objectifs du plan stratégique GreenUp de Veolia, avait précisé l’opérateur.

Et d’ajouter, « à l’issue de cette opération, Veolia restera un partenaire majeur du Royaume du Maroc, présent notamment dans les activités de distribution d’eau et d’électricité grâce à ses contrats à Rabat, Tanger et Tétouan ».

La SRM est l’entité qui aura la charge de gérer les services de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement liquide à l’échelle de la région. L’Etat détient 25% du capital de cette société anonyme, mais dont les actionnaires sont exclusivement publics pour le moment.

1,5 MDH pour l’élaboration d’un plan d’efficacité énergétique et de décarbonation pour la région Casablanca-Settat

Ce plan régional d’efficacité énergétique et de décarbonation de la région de Casablanca-Settat devra être réalisé en dix mois. Il a deux principales missions.

La première mission consiste en l’établissement de l’état des lieux de la consommation énergétique des différents secteurs économiques de la région, et ce, tout en mettant l’accent sur les principaux usages, les actions de l’efficacité énergétique déjà réalisées, en cours et planifiées. La réalisation de cette mission se déroulera en deux étapes : la collecte et l’analyse des données énergétiques de la région, et l’élaboration du bilan énergétique global et par secteur.

La deuxième mission consiste dans le développement d’un plan d’action régional d’efficacité énergétique avec la classification et la priorisation des mesures par secteur d’activité.

Casablanca-Settat : l’AREP fait le point sur l’avancement de ses projets dans la région

Au début de cette réunion, présidée par Abdellatif Maâzouz, président du conseil de la région de Casablanca-Settat, un exposé détaillé a été présenté sur l’état d’avancement des projets confiés à l’Agence.

Dans ce sillage, le directeur de l’Agence régionale de mise en œuvre des projets de Casablanca-Settat, Mustapha Amrani, s’est principalement penché, selon un communiqué de l’Agence, sur le programme d’alimentation en eau potable des centres de Casablanca-Settat, celui de réhabilitation des routes en milieu rural et celui de réhabilitation des centres émergents.

Il s’agit également du programme des équipements généraux (eau, électricité et assainissement liquide), du programme « Madrassati » de réhabilitation des établissements scolaires des zones rurales de la région et du centre d’affaires numérique de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca-Settat, ainsi que la construction d’un complexe régional de formation et de renforcement des compétences dans le domaine de la santé et des premiers secours à Casablanca.

Le responsable a évoqué, en outre, la réhabilitation des entrées principales de la commune de Berrechid, l’aménagement des souks hebdomadaires des communes de Moualine El Oued à Benslimane et d’Al Majjatia Oulad Taleb à Médiouna et la réhabilitation des centres de Sidi Bettach à Benslimane et de Rayouni à Sidi Bennour.

Ont également été exposés les travaux de réhabilitation de l’autoroute reliant les routes n°3011 et n°3013 sur une longueur de 4,3 km à la commune Oulad Salah à Nouaceur et de l’avenue Gibran Khalil Gibran.

L’exposé a abordé, en outre, les travaux complémentaires de réhabilitation et de renforcement du réseau routier au centre de Had Oulad Frej à El Jadida.

Cette séance a, sur un autre registre, été marquée par l’inventaire des comptes de l’exercice 2023, qui a été approuvé, sans aucune réserve, par un expert comptable externe, selon la même source.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la réglementation relative à l’audit externe des transactions de l’Agence dont les montants dépassent 5 millions de DH, le Comité de Surveillance et de Suivi a été informée sur une mission d’audit réalisée par un cabinet spécialisé en avril dernier, indique-t-on, affirmant que les procédures se rapportant à la préparation, à l’exécution et au règlement des contrats ont été réalisés conformément à la législation en vigueur.

M. Amrani a également exposé les fondements du budget d’ajustement n°1 au titre de l’année 2024, qui a été approuvé par le Comité de Surveillance et de Suivi.

Au menu de la session a figuré également la présentation des mesures prises pour développer et moderniser les méthodes et techniques de gestion de l’Agence, qui a obtenu le certificat ISO9001 en février dernier.

Selon M. Amrani, l’agence lancera, dans les prochaines semaines, un appel d’offres dans le but d’obtenir un certificat de système de gestion de la sécurité de l’information conformément à la norme ISO 27001 version 2022. Il s’agit, en effet, des systèmes d’information liés aux ressources humaines, à la comptabilité, à la programmation, aux études, à la gestion de projets, aux archives et au bureau d’ordre.

Ce projet vise à établir un système de gestion de l’information en temps réel et à assurer la protection des données contre toutes menaces potentielles afin de prévenir les risques, d’assurer la continuité des activités et de répondre aux aspirations des parties concernées, explique le communiqué, notant que l’Agence obtiendra la certification ISO27001 au cours de l’année prochaine.

Lors de cette rencontre, le président du conseil de la région de Casablanca-Settat a souligné que les projets exécutés par l’Agence contribueront à promouvoir un développement territorial global, équilibré et intégré sur les plans économique et humain, relevant son rôle central en tant que bras exécutif de la région Casablanca-Settat pour la mise en œuvre des axes du programme de développement régional 2022-2027.

Casablanca. Du laboratoire d’architecture du XXe siècle à la capitale africaine contemporaine

Casablanca est le territoire de tous les possibles. Économie, histoire, architecture, art ou culture… la ville n’a cessé de se réinventer et de surprendre au fil des siècles. Ainsi, la petite ville portuaire de la province de Tamesna s’est muée d’abord en une médina d’à peine 45 km2 en 1900, avant de se métamorphoser en métropole contemporaine africaine avec ses 1.650 km2 de nos jours. Si le saut historique semble vertigineux, il témoigne néanmoins de l’évolution phénoménale de ce territoire. Et ce n’est certainement pas la ligne d’arrivée. Car la ville blanche continue de déployer ses branchements territoriaux comme ses ambitions de grandeur, tous azimuts.

Photo d’archives : Casablanca en 1916.

 

La métamorphose 

Le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat, Othmane Cherif Alami, nous confirme cet état de fait. « Avec les lignes de tramway, le busway, les ponts, les routes, ainsi que le Grand Théâtre de Casablanca, la rénovation du parc de la Ligue arabe, de l’ancienne église du Sacré-Cœur, transformée en centre culturel et d’événementiel, du zoo de Ain Sebaâ, etc., le visage de Casablanca a changé pour le Casablancais et pour le visiteur, avec une meilleure qualité de vie, de l’animation et des moyens de transport modernes ».

À ce bilan de réalisations au beau fixe s’ajoutent les projets d’avenir. Pour le renouveau de Casablanca et de sa région, notre interlocuteur compte aussi sur la rénovation « actée » du centre de congrès et d’expositions du palais de la foire, d’une capacité de 2.000 places à l’horizon 2025, sur l’ouverture prochaine du Grand Théâtre de Casablanca (conçu par le tandem d’architectes Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi), sur le quai de croisière de la ville et sur le lancement des travaux du terminal 3 de l’aéroport Mohammed V. « Tous ces projets programmés vont permettre définitivement, après douze ans de grands travaux, de positionner cette belle ville en capitale contemporaine africaine », projette Othmane Cherif Alami.

Tous les projets programmés permettront définitivement, après douze ans de grands travaux, de positionner cette belle ville en capitale contemporaine africaine

Othmane Cherif Alami, président du Centre régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat

 

Un musée à ciel ouvert

Cette mue, qui semble ne jamais s’arrêter, ne date pas d’hier. L’histoire de Casablanca est inextricablement liée à celle de son architecture qui accompagne le passage des époques et marque l’évolution des tendances. La spécificité de la ville réside dans cette capacité à ne jamais se cloisonner dans un seul courant, à être dans un continuel « tout à la fois ». Une simple balade dans les principales artères de la ville permet d’apprécier le caractère protéiforme de ses styles architecturaux, allant de l’Art déco au baroque, en passant par les mouvements néo-classiques. « La ville était un laboratoire architectural pendant le XXe siècle et a accueilli plusieurs architectes européens qui ont construit des bâtisses de style Art déco », rappelle à juste titre le président du CRT de Casablanca-Settat.

Parmi les grandes constructions architecturales de la ville, on peut citer l’immeuble Assayag sur le boulevard Hassan Seghir, réalisé par l’architecte français Marius Boyer à partir de 1930. Ce bâtiment, à la fois très moderne et intemporel, a su traverser l’histoire et le temps sans prendre une ride. « On a l’impression qu’il a été construit hier », nous confiait, en février 2022, l’architecte Rachid Andaloussi.

Immeuble Assayag, réalisé par l’architecte français Marius Boyer à partir de 1930.

 

Il y a aussi l’immeuble Liberté, avec ses 17 étages construits entre 1949 et 1951 par l’architecte suisse Léonard René Morandi, et qui évoque l’élégance et la sensualité du style architectural dit « Paquebot ».

L’autre bijou architectural de Casablanca est la Villa ronde construite en 1965 par l’architecte allemande Wolfgang Ewerth sur le haut de la colline d’Anfa, permettant de contempler la ville à 360°. Il s’agit tout simplement d’un beau manifeste et d’une leçon d’architecture casablancaise. Des circuits pour découvrir ou redécouvrir ce patrimoine architectural sont régulièrement organisés par l’association Casamémoire, qui œuvre justement pour sa promotion et sa sauvegarde.

L’immeuble Liberté, conçu par l’architecte suisse Léonard René Morandi et construit entre 1949 et 1951.

 

>> Lire aussi :  Visite guidée. Le Casablanca de… Rachid Andaloussi

De pierre et d’audace

L’autre circuit très attendu, qui viendrait enrichir la palette des visites de la ville blanche, est celui portant sur le quartier des Habous. Et bonne nouvelle : ce circuit est déjà envisagé par le CRT de Casablanca-Settat pour 2024, nous confie Othmane Cherif Alami. Ce projet s’inscrit dans la mission de promotion du tourisme culturel du CRT. Dans ce quartier, on peut déjà visiter la Mahkama du Pacha, un condensé du génie artisanal des mâalems marocains. Zellige, ébénisterie, arcades et portails, ce bâtiment symbolise l’architecture musulmane dans toute sa splendeur.

Casablanca est finalement cette ville qui opte autant pour l’élégance ivoire aux éclats dorés du marbre que pour la sobriété grise du ciment. Ne pas choisir entre l’une et l’autre relève de l’audace. Et il en fallait pour ériger la Grande Mosquée Hassan II,  construite aux deux tiers sur la mer.

 

La Mosquée Hassan II.

Un circuit touristique dédié au quartier des Habous est prévu par le CRT de Casablanca-Settat pour 2024

Mahkama du Pacha.

 

En plus du quartier des Habous, d’autres lieux casablancais incontournables méritent le détour. Pour Othmane Cherif Alami, il s’agit notamment de « l’ancienne médina, de la magnifique mosquée Hassan II, du boulevard Mohammed V avec ses bâtiments Art déco et son marché central, de la corniche de Casablanca avec ses restaurants et sa nightlife, en plus de ses lieux d’animation ». Le CRT de la région Casablanca-Settat a d’ailleurs procédé au lancement d’outils marketing afin de promouvoir ces lieux, notamment à travers des capsules vidéo de promotion, des photos HD et des flyers dédiés.

 

>>Lire aussi :Médina de Casablanca. Déambulations entre remparts et mémoire

La région Casablanca-Settat est la première destination du pays dans les catégories du tourisme d’affaires, médical, de shopping et des foires et expositions

Le tourisme d’affaires en capitale

Au-delà de son architecture éclectique offrant un voyage inédit dans le XXe siècle où baroque et brutalisme s’entremêlent sans complexe, Casablanca se targue avant tout d’être le premier pôle économique du Royaume. Cette région est d’ailleurs « la première destination du pays dans les catégories du tourisme d’affaires, médical, de shopping et des foires et expositions », grâce à ses infrastructures prestigieuses conçues pour fédérer le monde des affaires. Il s’agit notamment de « l’Office des foires et expositions de Casablanca, l’Office des changes et le Parc d’exposition Mohammed VI, à proximité d’El Jadida », rappelle le président du CRT. Casablanca est donc la destination MICE (Meeting, Incentive, Conferences, Events) par excellence.

En plus, pour accueillir visiteurs nationaux et internationaux dans les meilleures conditions en termes de transport et de mobilité, la région s’est dotée, au cours des dernières années, de nombreuses infrastructures, lui conférant ainsi une place de choix sur l’échiquier touristique du Royaume. On citera les lignes de tramway et de busway, son nouveau terminal de croisière, la ligne LGV reliant Casablanca à Tanger, l’aéroport international Mohammed V et son hub financier Casablanca Finance City (CFC), dont le quartier homonyme est considéré comme le « Manhattan » de la ville blanche. Les groupes bancaires du pays et autres sociétés nationales et internationales de haut vol prévoient de s’y installer progressivement dans les années à venir. Des architectes marocains et étrangers ont ainsi doublé d’ingéniosité pour concevoir des bâtiments aux lignes aussi audacieuses que futuristes, faisant de ce quartier, le « QG » de l’avenir économique de Casablanca. Preuve, ci-après, en images.

En termes de liaisons aériennes, il faut savoir que l’aéroport Mohammed V est desservi par 24 compagnies aériennes, opérant 840 fréquences hebdomadaires reliant Casablanca à plus de 96 villes à l’étranger. Ce qui permet à cette dernière de tenir, confortablement, son rang de destination internationale.

Casablanca-Settat prévoit de recevoir 5 à 6 millions de visiteurs à l’horizon 2030

Au-delà des sentiers battus

Les acteurs du tourisme entrevoient même la possibilité de développer davantage les liaisons aériennes, avec un aéroport dédié aux vols low cost, opérés par des compagnies internationales vers la région Casablanca-Settat. Pour faire de cette ambition une réalité, le président du CRT de la région estime que l’aéroport de Benslimane pourrait être une solution, en accueillant les compagnies low cost. Ce qui permettrait aux touristes nationaux et internationaux de bénéficier de vols à des prix compétitifs. D’ailleurs, dans le cadre de la feuille de route régionale, suivant celle nationale 2023-2026, la région prévoit un objectif de 5 à 6 millions de visiteurs à Casablanca-Settat à l’horizon 2030, avec une moyenne de séjour de 3,5 nuitées contre 2,2 nuitées par séjour, aujourd’hui.

En attendant, Casablanca se veut déjà « une véritable capitale contemporaine mondiale avec plus de 7 millions d’habitants », souligne Othmane Cherif Alami. Et ce, grâce aussi à un arrière-pays « incroyable » et une très belle côte balnéaire de 235 kilomètres de plages, dont des spots renommés allant de Bouznika à Oualidia. S’y ajoutent 8 golfs de prestige, 4 barrages propices aux activités nautiques, des forêts verdoyantes, des sentiers de randonnée et des terrains de chasse, avec un terroir favorable au tourisme rural à Benslimane, Settat, Berrechid et El Jadida. « Notre mission au sein du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat, créé en 2002, est de ‘marketer’ les territoires et de promouvoir les différents produits touristiques, tant au niveau du tourisme d’affaires que des week-ends city break et du tourisme rural. D’ailleurs, 70% du territoire de Casablanca-Settat relève du périmètre rural », souligne Othmane Cherif Alami. Mettre à profit ce « capital » rural est sans doute le prochain challenge de la ville aux mille visages.

 

Bab Marrakech au centre-ville de Casablanca.

 

>>Lire aussi :Azzedine Lazrak : « Pourquoi j’ai choisi de vivre à Dar Bouazza »

Mohamed Mhidia nouveau wali de la région Casablanca-Settat

Mohamed Mhidia est lauréat de l’Ecole nationale supérieure des mines de Douai en France, en 1981, et de l’Institut supérieur du béton armé de Marseille en 1982.

Agé de 69 ans, M. Mhidia a été nommé en 2019 wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, gouverneur de la préfecture de Tanger-Assilah.

Il a également été wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, gouverneur de la préfecture de Rabat (2017), wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad (2012), wali de la région Marrakech-Tensift-Al Haouz, gouverneur de la préfecture de Marrakech (2010) et wali de la région Taza-Al Hoceima-Taounate, gouverneur de la province d’Al Hoceima (2007).

Mohamed Mhidia a aussi occupé le poste de gouverneur de la préfecture de Skhirate-Témara (2002) et de directeur de la Société de l’aménagement de Sala Al-Jadida (1996).

Il était auparavant chef de division de l’entretien, de l’exploitation et de la sécurité des routes et de la circulation routière (1993) et directeur provincial des travaux publics à la province d’Azilal (1987).

(Avec MAP)

Casablanca-Settat : l’Intérieur donne son feu vert pour un PDR légèrement revu

Le PDR de Casablanca-Settat a été adopté en octobre 2022 par le conseil régional après un travail de préparation qui a nécessité neuf mois.

« Au cours de la dernière semaine avant l’Aïd, nous avons reçu l’approbation du ministère de l’Intérieur concernant le programme de développement final de la région 2022-2027 », a annoncé Abdellatif Maâzouz, président de la région, lors de la session ordinaire du conseil régional de Casablanca-Settat, tenue ce lundi 3 juillet.

« Nous sommes la première région dont le PDR a été autorisé par l’Intérieur », se félicite Maâzouz. Et d’ajouter : « En septembre, une journée d’étude sera organisée pour entamer les détails du PDR avec une analyse sectorielle et géographique. »

70 projets dans la version initiale, 51 dans la version adoptée

Le PDR initialement voté par le conseil régional comportait 70 projets pour un investissement de 53 milliards de DH. La version finale qui a reçu l’aval de l’Intérieur contient, elle, 51 projets structurants pour une enveloppe d’investissement de 47,2 MMDH, dont 12,6 MMDH seront financés par la région. Soit 21 projets et 5,8 MMDH en moins.

Selon le président de la région, « huit projets ont été supprimés car les partenaires n’étaient pas prêts, notamment en termes de financement, et deux ont été intégrés dans d’autres projets programmés dans le PDR ».

Parmi les projets abandonnés : la création de huit instituts de musique dont le budget de 80 MDH a été réorienté vers le renforcement de l’offre culturelle (festivals et activités récréatives), l’amélioration du transport par bus (500 MDH), et le programme de maintenance des routes rurales (481 MDH), etc. La réalisation de ces projets nécessitait au total 1,7 MMDH, dont 664 MDH devaient être financés par le conseil régional.

« Quatorze autres projets ont été mis en attente. Ce sont des projets qui ne peuvent pas voir le jour actuellement car ils ne sont pas encore matures en termes d’études et d’élaboration effective sur le terrain », a expliqué le président de la région. Parmi ces 14 projets, certains sont considérés comme structurants, à l’image du développement du transport par bus entre les provinces (140 MDH), de l’accélération de la zone logistique de Zenata (636 MDH) ou encore du développement du pôle aérien à Casablanca (6,4 MMDH).

Pour ce dernier, Maâzouz précise que des discussions ont eu lieu avec « l’ONDA et la RAM ». « Ces partenaires ne sont pas encore prêts ; on laisse donc le projet en attente jusqu’à ce qu’il soit bien mature », a-t-il souligné.

D’autres projets mis en attente sont pour leur part complémentaires, notamment le projet de développement du tourisme côtier (200 MDH), la participation dans la réhabilitation des services d’urgence (200 MDH), et le renforcement du réseau de soins nécessaires (114 MDH).

La réalisation de ces 14 projets nécessitait une enveloppe budgétaire de 10 MMDH, à laquelle la participation du conseil régional s’élevait à près de 2 MMDH.

Cinq axes principaux

Le PDR final est composé de cinq axes, tout comme l’initial. Le premier axe, qui comporte 20 programmes et trois projets, nécessite un investissement de 9 MMDH, dont plus de 2 MMDH seront financés par la région. Parmi les projets les plus importants de ce premier axe figure :

– le programme d’alimentation du milieu rural en eau potable à travers un raccordement individuel (1,2 MMDH) ;

– le programme de réhabilitation des souks et des abattoirs (500 MDH) ;

– la généralisation de l’enseignement préscolaire dans la région (1 MMDH) ;

– l’amélioration des espaces des établissements d’enseignement (1,2 MMDH) ;

– le programme d’amélioration urbaine (750 MDH).

Le second axe, qui concerne le transport régional, regroupe au total deux programmes et deux projets pour un peu plus de 18 MMDH, auxquels la région participera à hauteur de 5,6 MMDH. « J’espère qu’on arrivera à réaliser tous ces projets de mobilité. Notre objectif est de pousser les citoyens à utiliser le moins possible les moyens de transport individuels. Une étude, réalisée par la région, a démontré que le transport individuel représente 50% de la circulation dans la région. Si on ne fait rien, ce taux va grimper à 70%. »

Parmi les grands projets prévus dans ce deuxième axe figurent:

– le transport ferroviaire à l’intérieur de la région. Ce projet qui sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé nécessitera un budget de 11 MMDH ;

– le programme de réalisation de routes rurales (2 MMDH) ;

– la création d’une plateforme électronique de transport au niveau régional (23 MDH).

Le troisième axe regroupe, quant à lui, 6 programmes et 4 projets pour 4,7 MMDH, financés à hauteur de 2 MMDH par la région. Parmi les programmes les plus importants dans cet axe figurent la création d’une société immobilière régionale et le développement de zones d’activités économiques pour 1,160 MMDH.

« Les investisseurs ne veulent pas acheter le foncier. Nous allons donc créer une société immobilière, acheter du foncier près des centres résidentiels et le louer aux investisseurs à des prix abordables » a expliqué le président de la région.

« Nous allons également mettre en place une plateforme de l’industrie alimentaire, qui va regrouper les différents produits alimentaires (poulet, viande, poisson, et légumes…). Ce projet nécessitera un investissement de 1,5 MMDH. »

Le quatrième axe, qui comporte 6 programmes et 4 projets, avec une enveloppe de 1,7 MMDH, vise à faire de Casablanca un pôle international. « Pour ce faire, il faut d’abord améliorer l’image de Casablanca à travers le business tourism, mais aussi la création du palais des congrès pour 1,5 MMDH. Nous allons démarrer avec une solution de transition au niveau de la foire de Casablanca, mais nous devons doter la ville d’un palais des congrès qui réponde aux normes internationales. Nous allons également développer le pôle financier de Casablanca (CFC). »

Enfin, le cinquième axe concerne l’environnement. Au total 8 programmes et 3 projets bénéficieront d’un investissement de 13,66 MMDH, dont 1,85 MMDH financé par la région. Les projets phares de cet axe sont :

– l’unité de tri et de valorisation des déchets de Casablanca et la réhabilitation de l’ancienne décharge, à laquelle la région participera à hauteur de 272 MDH ;

– la valorisation et la réutilisation des déchets ménagers ;

– le programme régional de traitement et de réutilisation des eaux usées (1,7 MMDH) ;

– le programme de protection de la région contre les inondations (4,3 MMDH) ;

l’autoroute de l’eau entre les bassins du Sebou et du Bouregreg (3 MMDH).

Sur les 51 projets inscrits dans le PDR 2022-2027, 25 vont accaparer plus de 50% du budget alloué à la totalité de ce programme, soit plus de 45 MMDH. 12 d’entre eux nécessiteront plus de 38,6 MMDH, à raison de plus d’un milliard de dirhams chacun, tandis que 13 nécessiteront, pour chacun d’entre eux, entre 300 MDH et 1 MMDH.

204 conventions déjà programmées

Et Abdellatif Maâzouz de souligner : « Entre mars 2022 et juillet 2023, 204 conventions ont déjà été programmées, avec ce qui a été adopté aujourd’hui (ce lundi 3 juillet, ndlr). 149 d’entre eux entrent directement dans le cadre du PDR, soit 20% des projets programmés entre 2022 et 2027. »  

« Le budget total de ces conventions s’élève à 14,235 MMDH, auquel la région participe à hauteur de 5,4 MMDH », conclut-il.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2023/06/27/palais-des-congres-de-casablanca-premier-coup-de-pioche-avant-la-fin-de-lannee/