Foot. Centres de formation : penser aussi aux 40% qui ne deviendront pas professionnels

Même si le ballon rond reste le cœur battant du nouveau programme de formation, lancé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la scolarité n’est pas négligée pour autant. Et pour cause, tous les jeunes ne réussissent malheureusement pas à vivre de leur passion.

Géré par Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le programme sport-études prépare ses recrues pour le football de haut niveau, mais leur assure également une scolarité complète, du collège au lycée. D’autant que l’un ne va pas sans l’autre.

« Pour être un bon joueur, il faut être un bon élève. Il faut avoir une endurance de motivation, être persévérant, structuré et organisé. Aimer aborder des problèmes et essayer de les résoudre”, explique à Médias24 Demba Mbaye, directeur technique du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane.

Les enseignants se déplacent dans l'Académie du Raja pour prodiguer des cours aux jeunes
Les enseignants se déplacent dans l’Académie du Raja pour prodiguer des cours aux jeunes.

Les jeunes de l'Académie du Raja suivent leurs cours au sein de l'Académie.

De fait, lorsqu’ils déchaussent leurs crampons, c’est généralement pour redevenir des élèves, le matin ou l’après-midi, selon un planning qui diffère d’une structure à l’autre. Parmi les quatre centres fédéraux et les onze clubs professionnels dont les académies participent au nouveau programme de formation, certains disposent de salles de classe où des enseignants prodiguent des cours aux apprenants. 

C’est notamment le cas des centres de formation du Raja Athletic Club et de la Renaissance sportive de Berkane. Pour d’autres, à l’image de l’Académie du Fath Union Sport (FUS), des cours de rattrapage et de soutien sont programmés, mais au quotidien les jeunes se déplacent dans les établissements scolaires. 

En plus des enseignants, les directeurs pédagogiques suivent à la lettre le parcours scolaire des jeunes, car “la scolarité est le pilier central de notre projet de formation”, affirme Brahim El Yamani, directeur technique du centre de formation du FUS. “Si un jeune s’absente des cours le matin pour une raison ou une autre, il ne s’entraîne pas l’après-midi”.

Une position compréhensible, car aussi talentueux qu’ils soient, les jeunes footballeuses et footballeurs en herbe n’auront pas tous la chance de signer en pro. Dès lors, éviter tout décrochage scolaire est impératif. “Nous pensons constamment à notre avenir sportif. Mais nous devons obtenir un diplôme au cas où nous ne réussirions pas dans le foot”, souligne Karim Saadi, attaquant en catégorie U17 à l’Académie du Raja.

“Allier le sport et les études n’est pas toujours évident”, assume Rougui Abdelaziz, directeur pédagogique du centre de formation de la RSB. “En particulier lorsqu’il y a des déplacements. Raison pour laquelle nous avons mis en place plusieurs mesures administratives et pédagogiques, dont l’enseignement à distance et les cours de renforcement”, poursuit-il.

Pour l’heure, même s’il n’est pas aisé d’allier au quotidien la pratique footballistique et le parcours scolaire, les résultats sont pour le moins encourageants. “L’année dernière, nous avons enregistré un taux de réussite proche de 100% au collège comme au lycée”, se félicite notre interlocuteur.

A l'Académie de la Renaissance sportive de Berkane, le taux de réussite s'approche des 100% au collège comme au Lycée.
À l’Académie de la Renaissance sportive de Berkane, le taux de réussite frôle les 100% au collège comme au Lycée.

Des filières dans les métiers du sport

Concernant les élèves qui éprouvent des difficultés, “on essaie d’être pragmatique et au moins de donner au joueur ce dont il a besoin pour faire une carrière de haut niveau. Certains éléments prennent des cours de langue, d’autres sont trop en retard au niveau scolaire pour espérer obtenir leur baccalauréat et sont orientés vers la formation professionnelle”, affirme Demba Mbaye.

En effet, des institutions comme la Fondation Mohammed VI pour la santé, l’OCP et l’UM6P ont prévu des filières dans les métiers du sport. Les jeunes qui n’auront pas la chance de signer un contrat professionnel auront l’opportunité d’obtenir des diplômes. Car même dans les meilleurs modèles internationaux, seuls 60% des jeunes issus des centres de formation signent un contrat professionnel.

“Nous avons donc pensé aux 40% restants dès la genèse du projet”, assure le directeur général d’Evosport. “En ce sens, nous œuvrons avec la FRMF et le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports au développement des programmes sport-études, pour assurer un équilibre entre la performance sportive et académique”.

“À l’UM6P, des cursus axés sur les métiers du sport voient le jour pour structurer l’offre de formation post-bac. Les centres de formation regroupent déjà de nombreux jeunes qui excellent sur le plan académique, et le but est de leur offrir la possibilité d’allier excellence sportive et académique pour aboutir à des modèles de réussite intégrée”, conclut Ismaïl Lyoubi.

Foot. Demba Mbaye : « Les joueurs marocains sont les Brésiliens de l’Afrique »

Derrière son ton calme et posé, Demba Mbaye dissimule une passion infinie pour la formation des jeunes talents. Cela tombe bien, puisqu’il est directeur technique du Centre de formation de la Renaissance Sportive de Berkane. Nommé en juillet 2023 à la tête de cette structure d’excellence, il a désormais la responsabilité de mener à bien le nouveau modèle de formation des jeunes footballeurs.

Un programme lancé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et dont la gestion est dévolue à Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI polytechnique. Pour sa part, Demba Mbaye s’accommode parfaitement de sa mission, en s’appuyant sur une expérience d’entraîneur-formateur qui l’a amené à prendre en charge la direction technique de deux centres de formation de renom : l’Académie du FUS et celle de Génération Foot, au Sénégal, son pays natal.

À pied d’œuvre dès les premières lueurs du jour jusqu’après le coucher du soleil, Demba Mbaye chapeaute l’ensemble des éducateurs et des programmes techniques de l’école de football de la RSB, qui compte 560 adhérents répartis sur plusieurs catégories, allant des U6 jusqu’aux U21. Dans cet entretien, il nous éclaire davantage sur les contours de sa mission et nous confie tout le bien qu’il pense du nouveau modèle de formation des jeunes footballeurs.

Un programme sans précédent en Afrique

Médias24 : Quel regard portez-vous sur le programme de formation instauré par la FRMF ?

Demba Mbaye : À ma connaissance, c’est un programme sans précédent en Afrique. Les bons résultats de l’équipe nationale lors du Mondial 2022 ont incité la FRMF et la Direction technique nationale (DTN) à améliorer la formation des jeunes Marocains afin d’aider les équipes nationales à être les plus performantes possible sur le long terme.

Ce nouveau système garantira sans doute, dans les années à venir, au Maroc une prédominance sur le continent, tout en lui offrant la capacité de viser des objectifs footballistiques élevés sur le plan mondial.

Des moyens humains et financiers supplémentaires pour améliorer la qualité de la formation

– Comment la Renaissance Sportive de Berkane bénéficiera-t-elle de ce nouveau modèle de formation ?

– Ce programme permettra également à l’ensemble des clubs participants d’avoir des moyens humains et financiers supplémentaires pour améliorer la qualité de la formation. La Renaissance Sportive de Berkane dispose déjà d’un Centre d’excellence. Donc, nous devons placer la barre encore plus haut en vue de former des top joueurs qui pourront fournir notre équipe pro, s’exporter et être vendus dans les meilleurs centres de formation au monde.

– Quelle est votre évaluation du système de détection mis en place ?

– Le projet a été très bien pensé dans la mesure où il y a des équipes chargées de suivre l’ensemble des championnats et des compétitions dans une zone bien définie à l’échelle nationale. Elles ont pour objectif de détecter et de répertorier les meilleurs joueurs et de les proposer à tous les centres de formation participants au programme.

D’ailleurs, nous avons récemment accueilli trois jeunes avec un fort potentiel issu des détections. Donc, la configuration du projet va permettre de déceler l’ensemble des talents marocains où qu’ils soient sur le territoire. Cela formalise une certaine égalité des chances.

Berkane. Formation. Football
Une séance de débriefing après un entraînement intense.

– Justement, quel profil de joueurs attire votre attention ?

– Je crois que l’intelligence de jeu est primordiale. Il est également essentiel d’avoir un joueur qui prend la bonne information et la bonne décision au bon moment, tout en l’exécutant de la façon la plus juste possible. J’aime avoir des joueurs extrêmement rapides, aussi bien dans l’exécution de l’ensemble des gammes techniques que dans la course et dans la tête. C’est-à-dire évaluer rapidement la situation et prendre la bonne décision.

– Au regard de votre expérience sur le continent africain, qu’est-ce qui différencie les jeunes Marocains ?

– Je me plais à dire que les joueurs marocains sont les Brésiliens de l’Afrique. On a la chance d’avoir énormément de talents et de qualités techniques. De bons joueurs, de bons dribbleurs, très créatifs. C’est un atout majeur pour le football marocain.

Les jeunes du centre ont à disposition deux psychologues du sport spécialistes de la préparation mentale

– Le caractère des joueurs peut-il être un frein à leur évolution ?

– D’expérience, les meilleurs joueurs que j’ai eus en formation sont souvent ceux qui ont le pire caractère. Cependant, je crois que notre rôle de formateur, c’est aussi de les accompagner vers le haut niveau. D’ailleurs, l’un des volets proposés dans le cadre de ce programme réside dans l’accompagnement mental. Les jeunes du centre ont à disposition deux psychologues du sport spécialistes de la préparation mentale.

C’est essentiel, car la capacité à s’accommoder des exigences du haut niveau n’est pas innée, c’est quelque chose que l’on apprend. Donc, l’idée est d’accompagner nos jeunes, même ceux qui ont un caractère un peu plus difficile. D’identifier ceux qui ont du leadership et de les structurer pour qu’ils développent un leadership positif.

– Les joueuses et joueurs sont-ils réceptifs à l’analyse vidéo de leurs performances ?

– De nos jours, les jeunes sont très connectés et portés sur les écrans, donc pour eux, une image vaut mieux que mille mots. L’avantage de l’analyse vidéo est que l’apprenant prend conscience de ce qu’il produit sur le terrain, des erreurs qu’il commet et, grâce à ce retour, il est en capacité de se corriger.

C’est l’un des grands axes proposés par la DTN et M. Fathi Jamal. Chaque club est doté d’un analyste vidéo. C’est une avancée capitale pour la formation des jeunes.

Berkane. Formation. Football
Un drone est utilisé pour bénéficier d’une vue tactique en plongée, indispensable à l’analyse vidéo.

– Comment est assurée la mise à jour continue des connaissances des formateurs ?

– Grâce à ce projet, il y a des rencontres thématiques régulières organisées par la DTN, qui permettent à l’ensemble des directeurs techniques et formateurs de se rencontrer et d’échanger autour de certains processus d’apprentissage. Le fruit de ces discussions alimente la réflexion de l’ensemble des formateurs et permet une mise à jour récurrente des compétences et des connaissances. C’est l’une des grandes forces de ce nouveau système de formation.

– La réussite scolaire conditionne-t-elle la réussite sportive ?

– Pour être un bon joueur, il faut être un bon élève. Parce qu’au final, ce sont les mêmes qualités qui entrent en considération : avoir une endurance de motivation, être persévérant, structuré, organisé, aimer aborder des problèmes et essayer de les résoudre. Souvent, les joueurs de haut niveau sont aussi de bons élèves.

Souvent, les joueurs de haut niveau sont aussi de bons élèves

– Qu’en est-il des joueurs pétris de talent, mais qui éprouvent des difficultés scolaires ?

– Nous avons la capacité d’individualiser le parcours du jeune sportif. Ceux qui sont performants en scolarité la vivent normalement. Pour ceux qui sont en difficulté, nous prenons des mesures pour renforcer leurs capacités. Et si l’échec est là, on essaie d’être pragmatique et de leur donner ce dont ils ont besoin pour faire une carrière de haut niveau. Certains prennent des cours de langues, d’autres sont trop en retard scolairement et sont orientés vers une formation professionnelle.

– Comment maintenez-vous le lien avec les parents des jeunes du centre ?

– À partir du moment où un parent nous confie ce qu’il a de plus précieux, à savoir son enfant, cela signifie qu’il a confiance en notre club, et nous essayons de lui rendre cette confiance. Car au fond, nos jeunes passent plus de temps ici au sein du club qu’avec leurs parents. Nous avons des échanges réguliers avec les parents.

Il y en a certains que l’on voit moins car le parcours de leurs enfants est très lisse, tandis qu’avec d’autres, les rencontres sont plus fréquentes. De toute façon, à partir du moment où les jeunes entrent dans l’adolescence, il est normal de rencontrer des difficultés, notre rôle est de les accompagner.

– Pourquoi est-ce important que les équipes professionnelles s’entraînent à proximité des jeunes du centre ? 

– Quand tu es en formation, ton premier souhait est d’être pro dans l’équipe où tu as été formé. Cette proximité est donc une source de motivation pour eux. Ce qui est bien ici, c’est que les équipes pros vivent au milieu du centre. Leur terrain d’entraînement est centralisé. Régulièrement, les jeunes se regroupent autour de ce terrain et regardent les joueurs s’entraîner, en portant les maillots que ces derniers leur ont offerts. Les pros ont une attitude très fraternelle avec les jeunes du centre de formation.

Le centre de formation de la RS de Berkane, un tremplin vers la réussite

La réussite n’a pas d’âge à la Renaissance Sportive de Berkane. Alors que l’équipe première a écrasé le championnat pour remporter le premier sacre dominical de son histoire avant de glaner une nouvelle Coupe de la Confédération Africaine, les équipes de jeunes trustent également le haut du classement dans plusieurs catégories. Et ce n’est pas près de s’arrêter.

En adhérant au nouveau programme de formation, conçu par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), le centre de formation de la RSB bénéficie de moyens financiers supplémentaires pour poursuivre sa lancée. L’académie du club triplement vainqueur de la Coupe de la CAF n’a eu aucun mal à satisfaire l’exigeant cahier des charges établi dans le cadre dudit programme.

Trophées RSB. Formation

Coupe CAF. RSB

Chargée de sa gestion opérationnelle depuis quelques mois, Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique, capitalise sur ces acquis pour maintenir cette structure à des standards élevés sur la durée. “Nous sommes un centre d’excellence, donc notre objectif est de former des top joueurs qui auront la capacité de fournir notre équipe professionnelle et d’être vendus dans les meilleurs clubs du monde”, se projette Demba Mbaye.

Fort de son expérience en qualité de formateur notamment, le directeur technique du Centre de formation de la RSB connaît la recette du succès. Il ne doute donc pas un instant du bon fondement du nouveau programme de formation. “À ma connaissance, ce programme n’a pas d’équivalent en Afrique.

Il permettra à l’ensemble des clubs participants d’améliorer la qualité de la formation”, reprend-il. “Dans les années à venir, il contribuera également à assurer aux clubs et aux équipes nationales marocaines une prédominance sur la scène continentale et mondiale”.

Coupe CAF. RSB

Des jeunes qui ne manquent pas d’ambition

Le Centre de formation de la Renaissance Sportive de Berkane compte 560 adhérents, âgés de 6 à 20 ans. Ici, il n’y a pas de place pour les grasses matinées. “Les premiers entraînements débutent à 6h30 du matin”, nous explique Aymen Tahiri, arrière droit de l’équipe U16. “Ensuite, on enchaîne avec les cours avant de reprendre les entraînements l’après-midi”, complète Ahmed Amine Kharroubi. Cet attaquant de pointe ou excentré prometteur illustre parfaitement la qualité de la formation promulguée par le club de sa ville natale.

Du haut de ses 16 ans, Ahmed Amine Kharroubi est surclassé en U18 avec la RSB et il en est déjà à dix sélections en équipe nationale U17. Fan invétéré de l’avant-centre uruguayen Luis Suárez, dont il partage le goût pour le jeu de tête et l’efficacité devant le but, Kharroubi vise une participation à la Coupe du Monde U17 et, à plus long terme, à signer un contrat professionnel.

À l’image de Aymen Tahiri, dont le souhait le plus cher est de porter le maillot de la Renaissance Sportive de Berkane. L’un comme l’autre ont trouvé dans ce centre de formation des infrastructures et un encadrement technique qui leur donnent les moyens de leurs ambitions. Inauguré en 2020, le Centre de formation de la RSB a justement été construit de sorte à ce que les jeunes côtoient quotidiennement les équipes professionnelles masculines et féminines.

“Les équipes professionnelles vivent au milieu du centre et leur terrain d’entraînement l’est tout autant”, se félicite Demba Mbaye. “D’ailleurs, les jeunes se regroupent souvent autour de ce terrain et observent les joueurs s’entraîner. Ils ont sur le dos les maillots qui leur ont été offerts par leurs aînés, qui ont tout le temps une attitude très fraternelle”, poursuit-il.

On ose à peine imaginer la joie des pensionnaires du centre après le sacre de l’équipe première masculine en championnat. Un exploit historique qui marque assurément le début d’une longue série. Pour l’heure, les footballeurs en herbe de la RSB ont encore du pain sur la planche dans ce lieu où il fait bon vivre, régi par une organisation rigoureuse et une discipline de fer. 

Les chants audibles des oiseaux qui investissent les nombreux espaces verts en disent long sur le calme qui règne en maître en ces lieux. En dépit des va-et-vient des joueurs, entre leurs chambres pour se reposer, les pelouses qu’on dirait des billards pour s’entraîner et les salles de classe pour se prémunir de tout échec sportif en fin de formation. Une fatalité que tente d’enrayer tous les composants du club à travers une gestion méticuleuse, dans la lignée des préceptes du nouveau modèle de formation.

Les joueurs marocains sont les Brésiliens de l’Afrique. Demba Mbaye, directeur technique

Demba Mbaye nous accueille dans un bureau qui transpire le foot. Les murs sont couverts de tableaux où l’on peut apercevoir différentes stratégies de jeu et des informations sur les joueurs des multiples catégories. Un souci du détail au service d’une planification minutieuse. “Les séances se font en cascades, puisqu’on commence la préformation à 6h30 pour finir avec les espoirs à 20h. Puis on débriefe la journée avec l’ensemble des éducateurs formateurs pour finir à 22h”, détaille notre interlocuteur.

Berkane. Formation. Football
Une séance de débriefing après un entraînement intense

L’ancien directeur technique du Centre de formation du Fus n’est pas novice en la matière. Si avoir de la réussite est primordial dans l’environnement très concurrentiel de la formation des jeunes footballeurs, il en faut bien plus. Notamment une approche méthodologique réfléchie, qui prend en compte les spécificités du contexte où elle sera appliquée.

C’était justement l’objectif des différentes réunions organisées par Fathi Jamal, directeur technique national chargé de l’optimisation de la formation des jeunes. “Notre approche a été définie à la suite des différentes commissions qui ont été mises en place par la DTN et M. Fathi Jamal. Il a eu l’intelligence de réunir l’ensemble des parties prenantes pour échanger autour du modèle de jeu que l’on envisage de mettre en place, l’organisation tactique que l’on souhaite proposer et il y a eu également un focus sur la méthodologie de travail”, souligne Demba Mbaye.

Fruit d’une longue phase de réflexion et de concertation, cette méthodologie est au service d’un projet de jeu qui laisse autant la place au jeu de position qu’à la transition, avec pour point commun un système en 1-4-3-3. Une flexibilité qui donnera aux joueurs et joueuses plusieurs cordes à leur arc et une forte capacité d’adaptation, indispensable au plus haut niveau. Idem pour la charge de travail pendant des séances d’entraînement qui n’ont absolument rien à envier aux références mondiales en la matière.

Berkane. Formation. Football
Un drone est utilisé pour bénéficier d’une vue tactique en plongée, indispensable à l’analyse vidéo.

Un emploi du temps plein afin que les jeunes s’habituent petit à petit à la charge de travail qui les attend dans le monde professionnel, où leurs talents feront sans doute des ravages. “Je me plais à dire que les joueurs marocains sont les Brésiliens de l’Afrique”, s’enthousiasme Demba Mbaye. “Nous avons la chance d’avoir énormément de jeunes talentueux dotés de fortes qualités techniques. De bons dribbleurs, très créatifs. C’est un atout majeur pour le football marocain”, ajoute-t-il.

Aussi talentueux soient-ils, certains footballeurs ont parfois des sautes d’humeur et un caractère bien trempé. Avantage ou inconvénient ? “D’expérience, les meilleurs joueurs que j’ai eus en formation sont souvent ceux qui ont le pire caractère”, nous rassure le directeur du centre de formation.

“En tant que formateur, notre rôle, c’est aussi d’accompagner ce genre de joueur vers le haut niveau”, avance-t-il. La technique, le physique, la tactique, tous les aspects de la haute performance sont pris en considération. L’aspect mental également. D’autant que la capacité d’un joueur à atteindre le haut niveau n’est pas innée.

“C’est quelque chose que l’on apprend. Donc l’idée est d’accompagner nos jeunes, même ceux qui ont un caractère un peu plus difficile. D’identifier ceux qui ont du leadership et de les structurer pour qu’ils développent un leadership positif”, insiste Demba Mbaye.

À la RSB, on prend soin autant des corps que des esprits

À cet effet, une cellule composée de deux psychologues du sport tend une oreille attentive aux jeunes en formation à plein temps. Dirigé par Youssef Bessame, ce département a d’abord réalisé un travail de sensibilisation auprès des jeunes sur l’importance de l’aspect mental dans leurs réussites.

Formation. Berkane. Football
De dos, Ahmed Ouchen, préparateur mental, échange dans la bonne humeur avec les jeunes du centre de formation.

Ensuite, “un programme d’accompagnement varié leur a été proposé”, nous explique Ahmed Ouchen, préparateur mental. Un protocole qui fait la part belle “aux entretiens individuels et collectifs, aux séances thématiques, ainsi qu’aux groupes de parole”, détaille-t-il. Au Centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane, on s’occupe non seulement de l’esprit mais aussi du corps des joueurs. Car l’intensité des entraînements n’est pas sans conséquences sur leur futur outil de travail. 

Dans ce sport de contact, “nous rencontrons principalement des torsions au niveau des genoux et des chevilles. Nous faisons également face à des élongations et parfois des déchirures musculaires”, indique Mjahed Ilham, kinésithérapeute. Heureusement, le centre est doté d’une gamme complète de matériels pour traiter ces traumatismes. Plus important encore, une attention particulière est accordée à la prévention qui “se décline à travers des séances de renforcement musculaire, de proprioception et de récupération”, complète-t-elle.

Berkane. Formation. Football
Le staff médical est sur le qui-vive pour soigner les blessures des joueurs.

Si le titre de champion du Maroc valide la feuille de route qui place doucement mais sûrement l’équipe masculine dans les hautes sphères, comment évaluer la réussite du centre de formation ? Pour Demba Mbaye, “l’objectif ce ne sera pas de gagner le championnat dans les différentes catégories de jeunes, même si cela reste un moyen de les former et leur apprendre à gagner”, nuance-t-il.

“L’évaluation portera surtout sur notre capacité à produire des top joueurs qui auront la faculté de jouer en pro à l’âge de 18 ans, d’être transférés dans les meilleurs championnats du monde et de s’y imposer”, clarifie-t-il. En attendant, il s’agit d’y aller étape par étape, en favorisant l’évolution continue des joueurs.

En ce sens, l’analyse vidéo est primordiale. C’est l’un des grands axes qui a été proposé par la DTN et Fathi Jamal. Désormais, chaque club sous l’ombrelle du nouveau programme de formation est pourvu d’un analyste vidéo. Une avancée majeure qui ne date pas d’hier au sein du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane et dont les joueurs sont friands. “Aujourd’hui, les jeunes sont très connectés et portés sur les écrans. Pour eux, une image vaut mieux que mille mots”, avance Demba Mbaye.

“L’avantage de cet outil est que le jeune prend conscience de ce qu’il produit sur le terrain, des erreurs qu’il commet. Et avec le retour de l’analyse vidéo, il est en capacité de se corriger”, ajoute notre interlocuteur, en prenant l’exemple d’un gardien du centre promis à un très bel avenir.

Originaire de Tanger, Aymane Douieb n’a pas hésité un seul instant à afficher ces aspirations. “Je veux devenir le meilleur gardien au Maroc”, ambitionne ce gardien de 17 ans, du haut de son mètre quatre-vingt-cinq. Après avoir fait ses classes au club de Tanger El Balhia, il a tapé dans l’œil des scouts de la FRMF qui l’ont aiguillé vers le Centre fédéral de formation de football de Saidia.

Une expérience qui l’a marqué positivement, autant que les dernières années passées au sein du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane, où il a connu une progression fulgurante, notamment grâce à l’analyse vidéo. À la lumière de sa taille, de ses réflexes sur la ligne et de son jeu au pied, il est prédestiné à devenir un gardien de talent, mais il doit gommer quelques lacunes.

“J’avais du mal à affirmer ma personnalité pour diriger ma défense. Mais maintenant, j’ai énormément progressé sur ce point. Même chose sur le plan des duels au sol et dans les airs”, se félicite ce fan du gardien de l’équipe nationale, Yassine Bounou. Les multiples séances d’analyse vidéo passées à décortiquer son positionnement et sa manière de communiquer avec ses défenseurs ne sont pas étrangères à sa progression, ainsi que celle de ses coéquipiers, qui ont participé à la renommée de l’académie.

“L’année dernière, il y a eu de très bons résultats au niveau des championnats et, en début de saison, nous avons remarqué que plusieurs parents avaient envie de trouver une place au sein de notre Académie pour leur enfant”, se félicite le directeur technique du Centre.

Un taux de réussite scolaire de 100%

Rien de bien surprenant. L’institution met la barre de l’exigence très haut et pas uniquement sur le plan sportif. “Nous avons enregistré un taux de réussite de 100% l’année dernière. Au collège comme au lycée”, affirme Rougui Abdelaziz. Le directeur pédagogique veille sur la réussite scolaire de plus de deux cents élèves. Pas moins de 26 enseignants se succèdent dans l’établissement pour y prodiguer des cours sur la base des programmes du ministère de l’Education.

Berkane. Formation. Football.
La scolarité est un pilier du nouveau modèle de formation.

Bien que le football reste le cœur battant du programme de formation en sport-étude, la réussite scolaire n’en est pas moins primordiale. D’autant que ces deux aspects de la formation sont, d’une certaine manière, interdépendants. “Pour être un bon joueur, il faut être un bon élève. Il faut avoir une endurance de motivation, être persévérant, structuré et organisé. Aimer aborder des problèmes et essayer de les résoudre”, explique Demba Mbaye, tout en soulignant la capacité du Centre de formation à individualiser le parcours scolaire d’un jeune footballeur.

“Allier le sport et les études n’est pas toujours évident. En particulier lorsqu’il y a des déplacements. Raison pour laquelle on a mis en place plusieurs mesures administratives et pédagogiques, dont l’enseignement à distance et les cours de renforcement”, assure Rougui Abdelaziz. Et lorsque de telles mesures se révèlent inefficaces, “on essaie d’être pragmatique et au moins de donner au joueur ce dont il a besoin pour faire une carrière de haut niveau.

Il y a certains éléments qui prennent des cours de langues, d’autres sont trop en retard au niveau scolaire pour espérer obtenir leur bac et sont orientés vers de la formation professionnelle”, conclut Demba Mbaye. Une preuve supplémentaire de l’état d’esprit qui anime l’institution de la Renaissance sportive de Berkane et son centre de formation. Une volonté de mener tout le monde sur la voie de la réussite, aussi bien au football que dans la vie. Et ne surtout laisser personne sur le bord de la route.

Coupe de la CAF : la finale retour entre la RS de Berkane et Simba SC délocalisée à Zanzibar

“Comme indiqué dans une précédente communication de la CAF, ce match retour se tiendra donc au stade Amaan, à Zanzibar,” a annoncé la CAF dans un communiqué, évoquant des travaux non achevés à temps au stade Benjamin Mkapa de Dar Es-Salaam, qui devait initialement accueillir la rencontre le 25 mai.

« Les travaux de mise à niveau ne pourront pas être achevés dans les délais requis, » a fait savoir la CAF, expliquant que cette décision fait suite à l’évaluation d’une société internationale indépendante spécialisée dans l’inspection des infrastructures sportives.

La finale aller, disputée le samedi 17 mai à Berkane, s’est soldée par une victoire de la RSB (2-0), grâce à des réalisations de Mamadou Camara et d’Oussama Lemlioui.

Sacrés en 2020 et en 2022, les Berkanis, récemment couronnés champions du Maroc pour la première fois de leur histoire, visent un troisième titre dans cette compétition continentale.

Coupe de la CAF : la Renaissance de Berkane s’impose à l’aller face à Simba SC (2-0)

Les Berkanis, sacrés cette année champions du Maroc pour la première fois de leur histoire, visent un troisième titre dans cette compétition après leurs sacres en 2020 et 2022.

Les hommes de l’entraineur tunisien Mouaine Chaabani avaient éliminé en demi-finale le club algérien du CS Constantine (aller 4-0, retour 0-1).

De leur côté, les Tanzaniens ont validé leur ticket pour la finale aux dépens des Sud-Africains de Stellenbosch FC (aller 1-0, retour 0-0).

L’ouverture du score a été signée Mamadou Camara, qui, suite à un corner, a sauté plus haut que tout le monde pour mettre le cuir au fond des filets de la tête (8ᵉ).

Les Berkanis ont assommé les Tanzaniens en doublant la mise sept minutes plus tard. Profitant d’une erreur défensive, Oussama Lemlioui n’a pas raté l’occasion et est parvenu à corser l’addition (15è). Tiraillés entre le devoir d’assurer leurs arrières et l’envie d’aller de l’avant, les Tanzaniens ont timidement inquiété Mounir Lamhamdi en première période.

Les Berkanis, qui ont fait parler leur expérience, ont été proches à maintes reprises de marquer un 3è but, mais le gardien de Simba SC a été vigilant et a réussi à sauver les meubles. Durant le second acte, les visiteurs ont joué à quitte ou double, tandis que les locaux ont opté pour les contre-attaques dans l’optique de marquer un troisième but qui les mettrait à l’abri lors de la manche retour.

La RSB a failli prendre l’avantage à la 62ᵉ minute grâce à Youssef Mihri, mais son but a été annulé par la VAR.

La finale retour est prévue dimanche prochain (16 h 00) en Tanzanie.

Coupe de la CAF : la Renaissance de Berkane affrontera le CS de Constantine en demi-finale

Le CS Constantine a décroché mercredi sa qualification après sa victoire face à l’autre club algérien de l’USM Alger aux tirs au but (4 à 3). Les deux formations ont fait match nul à l’aller et au retour, 1 but partout.

La demi-finale aller aura lieu le dimanche 20 avril à Berkane, tandis que le match retour sera disputé le 27 du même mois en Algérie.

La RSB a assuré sa qualification au dernier carré en battant l’équipe ivoirienne de l’ASEC Mimosas sur le score de 1 but à 0, au stade municipal de Berkane, en quart de finale retour. Les Berkanis s’étaient imposés 1 but à 0, mercredi dernier en match aller à Abidjan.

Les poulains de Mouine Chaabani, en véritables habitués de cette compétition, sont vainqueurs à deux reprises du trophée de la Coupe de la CAF en 2020 et en 2022, et deux fois finalistes en 2019 et 2024.

L’autre demi-finale opposera les Tanzaniens de Simba Sports aux Sud-Africains de Stellenbosch.

 

Coupe de la CAF. Zamalek-Renaissance de Berkane : à quelle heure et sur quelle chaîne

La rencontre sera retransmise en direct à partir de 18 h sur BeIN Sport Max 10.

La Renaissance de Berkane a battu l’équipe égyptienne du Zamalek sur le score de 2 buts à 1, en match aller de la finale de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF). Issoufou Dayo a ouvert la marque pour les Oranges à la 13e minute en transformant un penalty, avant que Adil Tahif ne creuse l’écart (32e). Les Egyptiens ont réduit l’écart par le biais de Seifeddine Jaziri (46e).

Coupe de la Confédération. Berkane prend une option en finale face au Zamalek (2-1)

Un succès au léger goût d’inachevé. Difficile de décrire autrement la victoire (2-1) de la Renaissance sportive de Berkane aux dépens des Égyptiens du Zamalek, en finale aller de la Coupe des Confédérations de la CAF, dimanche 12 mai sur la pelouse du stade municipal de Berkane.

Une victoire acquise par l’intermédiaire de Issoufou Dayo, qui a ouvert le score sur penalty (13’), avant le but du break de Adil Tahif (32’). Seifeddine Jaziri a réduit l’écart pour les Égyptiens au retour des vestiaires (46’). En attendant le match retour, dimanche 19 mai au Caire, les hommes de Mouine Chaabani rumineront leur incapacité à se montrer plus dangereux, ainsi que l’absence de maîtrise (39% de possession) et de justesse technique (69% de passes réussies).

Pourtant, tout avait bien commencé pour la RSB. Les coéquipiers de Hamza El Moussaoui ont pris le match par le bon bout. Déterminés à exorciser les vieux démons de la finale perdue face au même adversaire en 2019, ils ont mis de l’intensité dans les courses dès le début du match.

Annihiler le pouvoir de nuisance offensive du Zamalek en densifiant l’axe

Au bout de dix minutes à sens unique, un pénalty provoqué par le très remuant Youssef El Fahli a récompensé les efforts des Oranges. Le défenseur central Issoufou Dayo ne s’est pas fait prier pour prendre à contre-pied le portier égyptien et donner un premier avantage à ses coéquipiers. 

Spectateurs, les joueurs du Zamalek n’ont pas réagi et ont continué à subir les assauts adverses. Ils ont souffert défensivement, en particulier sur le flanc gauche, creuset de tous leurs tourments. C’est de là que Youssef El Fahli s’était incrusté dans la surface de réparation avant de provoquer le penalty.

Idem pour le second but de la RSB, à la suite d’un coup franc obtenu sur le côté gauche de la surface de réparation du Zamalek. Un coup de pied arrêté, magnifiquement botté par Mohamed El Morabit et repris victorieusement par Adil Tahif. Jusque-là, le plan de Mouine Chaabani était parfait, aussi bien offensivement que défensivement. Enfin presque.

La stratégie du technicien tunisien consistait à démarrer sur les chapeaux de roues, marquer rapidement pour profiter des espaces qui pourraient être offerts par les Égyptiens à travers des contres rapides et tranchants. Pour y parvenir, il a d’abord fallu annihiler le pouvoir de nuisance offensive des attaquants du Zamalek en densifiant l’axe.

D’où l’intérêt de renforcer le milieu de terrain en y alignant cinq éléments sur la largeur. Trois milieux axiaux intérieurs pour couper les lignes de passes et deux excentrés en vue d’être assuré d’une supériorité numérique sur les ailes. Une stratégie prudente mais qui a eu l’effet escompté, notamment lors du premier acte.

Cueillis à froid dès le retour du vestiaire

La seconde mi-temps fut d’une toute autre facture. D’ailleurs, les Oranges ont été cueillis à froid dès le retour du vestiaire, puisque le but de Seifeddine Jaziri sur un service millimétré de Zizo est intervenu à l’entame d’une deuxième mi-temps aux antipodes de sa devancière.

Une réalisation qui a eu pour effet de remettre les Marocains d’aplomb. Hamza El Moussaoui a bien failli creuser davantage l’écart mais sa reprise à l’intérieur de la surface de réparation a manqué de puissance. A l’inverse, la tentative de Youssef Mehri n’en a pas manqué. Mais le tir de l’attaquant a fini sa course sur l’équerre des cages de Mohamed Awad. Ce fut la dernière véritable chance de marquer des Berkanis, qui n’ont pas réussi à enfoncer le clou.

Dans cette rencontre à cinq tirs cadrés, les approximations techniques d’un côté comme de l’autre n’ont pas favorisé une expression offensive qualitative. Les défenses ont clairement pris le pas sur les attaques. La peur de perdre et l’enjeu qui accompagne généralement les finales n’y sont pas étrangers non plus.

Désormais, place à la préparation du match retour, sur terre égyptienne, dimanche 19 mai. Mouine Chaabani aura fort à faire sur le plan psychologique pour désinhiber et convaincre ses troupes qu’il ne suffira pas de défendre l’avantage acquis à l’aller pour remporter le sacre. Il s’agira donc de démystifier ce rendez-vous pour l’appréhender avec un peu plus de légèreté. Surtout pour un groupe dont la fraîcheur physique est au beau fixe, après avoir disputé seulement quatre rencontres en deux mois.

Quels scénarios possibles après l’annulation du match USM Alger-RS Berkane ?

Malgré le rejet, par le comité d’appel de la CAF, de la requête algérienne et son injonction de restituer les maillots du club orange retenus à l’aéroport d’Alger depuis le vendredi 19 avril, la partie algérienne n’a pas obtempéré.

Les membres de la Renaissance de Berkane se sont présentés sur le terrain à l’heure prévue pour le match, comme le veut le règlement, avant que la direction du club orange refuse de jouer le match voyant que les maillots officiels de l’équipe n’avaient pas été acheminés vers le stade. Au lieu de cela, la fédération algérienne a accroché dans les vestiaires de l’équipe de la RSB de piètres contrefaçons des maillots sans la carte du Royaume. En d’autres termes, la carte du Royaume a été censurée.

Cette initiative a suscité l’ire de la société Victory Services, détentrice de la marque sportive Bang Sports, qui a appelé la Fédération algérienne de football à « retirer immédiatement les maillots dont les données ont été manipulées et à fournir à l’équipe de la Renaissance de Berkane les maillots originaux approuvés par la Confédération africaine de football, sous peine de recourir aux juridictions internationales pour réclamer des dommages-intérêts pour la société en raison de la perte d’opportunité de commercialiser sa marque au niveau africain ».

Voyant la situation sans issue, la délégation du RSB s’est immédiatement dirigée vers l’aéroport Houari Boumediene, où ses membres ont enfin récupéré leurs maillots avant de s’envoler pour le Maroc.

Arrivés à l’aéroport d’Oujda-Angad, l’équipe et le staff technique de la RSB ont été reçus en héros. En effet, des citoyens des différentes villes de la région ont fait le déplacement pour saluer les joueurs et les dirigeants du club, qui sont devenus aux yeux des Marocains des héros de la patrie, défendant l’intégrité et la nation contre un régime rancunier noyé dans la haine.

Dans la foulée, la CAF a publié sur son site officiel un communiqué où elle annonce « présenter cette affaires aux autorités compétentes ».

« La CAF s’excuse auprès des sponsors, des partenaires télévisuels et des fans pour le désagrément causé », ajoute-t-on de même source.

La commission de discipline de la CAF envisagera les sanctions appropriées contre l’USM Alger et la Fédération algérienne de football pour leur manquement à faciliter l’organisation du match.

Sauf grande surprise, il est prévu que la décision finale décide une victoire par forfait de la RS Berkane, avec un score de 3-0.

Rappelons toutefois que la commission de discipline de la CAF est présidée par le Sud-Africain Raymond Hack, connu pour ses multiples bavures et son hostilité au Maroc, la dernière décision en date étant la suspension de Walid Regragui. Une décision qui avait été révisée et annulée par la commission d’appel.

Mais quid du match retour prévu dimanche prochain à Berkane ? Nos voisins vont-ils ravaler leur orgueil et jouer contre une équipe qui va arborer son maillot habituel avec la carte complète du Maroc, ou bien déclareront-ils forfait une deuxième fois ?

La décision en dira long sur l’état psychologique de leurs décideurs.

La délégation de la Renaissance sportive de Berkane bloquée à l’aéroport d’Alger

Selon des sources concordantes, le blocage est lié aux maillots de l’équipe du RSB qui arborent sur la poitrine un dessin de la carte complète du Maroc.

Les joueurs et le staff technique du club restent en attente des instructions que recevront les autorités de l’aéroport, poursuivent les mêmes sources.

La délégation du club de football de la Renaissance de Berkane a pris son envol vers l’Algérie ce matin, vendredi 19 avril, à bord d’un vol direct partant de l’aéroport d’Oujda vers l’aéroport Houari Boumediene.

L’équipe marocaine disputera le match aller des demi-finales de la Coupe de la Confédération africaine de football contre le tenant du titre, l’USM Alger, le dimanche 21 avril à 20 heures. Le match retour aura lieu le dimanche suivant au stade municipal de Berkane.