Renault et Stellantis, piliers du secteur automobile au Maroc, tirent la sonnette d’alarme face à la crise en Europe

Au terme du premier trimestre 2025, les exportations automobiles marocaines ont reculé de 7,8%. Cette contraction, la première hors période Covid depuis 2019, reflète l’essoufflement du marché européen, principal débouché de l’industrie marocaine.

Dans un entretien accordé au Figaro, John Elkann et Luca de Meo, patrons respectifs de Stellantis et de Renault, détaillent les causes d’un choc qu’ils jugent structurel, et dont les répercussions se font déjà sentir au Maroc.

Coûts et réglementations : le duo toxique pour l’automobile européenne

Selon Luca de Meo (Renault), la racine du problème est claire : le pouvoir d’achat des ménages chute, tandis que le prix des voitures neuves grimpe sans relâche. « Il faut repartir de la demande », insiste-t-il.Entre 2019 et 2024, les immatriculations européennes ont dégringolé de 3 millions de voitures

Selon les deux patrons, le marché européen ne s’est jamais remis des cicatrices laissées par la crise du Covid et en subit encore les effets. « Le marché automobile européen est en chute depuis maintenant cinq ans », rappelle John Elkann (Stellantis). « C’est le seul grand marché mondial qui n’a pas retrouvé son niveau d’avant-Covid », confirme Luca de Meo (Renault).

La rigidité réglementaire frappe les segments légers

Pour illustrer plus clairement l’impact des réglementations sur les prix, Luca de Meo (Renault) souligne qu’elles sont en grande partie responsables de la flambée des coûts, entraînant par ricochet une baisse de la demande.

« Entre 2015 et 2030, le coût d’une Clio aura augmenté de 40%. Cette hausse est à 92,5% attribuable à la réglementation« .

Pour mieux cerner la problématique, il convient de rappeler que l’Union européenne impose les mêmes normes techniques et de sécurité à une citadine qu’à une berline. Résultat : les petites voitures se retrouvent alourdies par des équipements souvent coûteux, voire superflus, compromettant leur rentabilité.

« Ce que nous demandons, c’est une réglementation différenciée pour les petites voitures ; il y a trop de règles conçues pour des voitures plus grosses et plus chères, ce qui ne nous permet pas de faire des petites voitures dans des conditions acceptables de rentabilité. Ce n’est pas possible de traiter une voiture de 3,80 m comme une voiture de 5,50 m ! Le surcoût est le même sur une petite voiture que sur une grosse berline. Cela grignote une bonne partie de la marge de la petite voiture. Et cela va continuer », explique Luca de Meo.

« Faut‑il absolument une assistance au non-franchissement de ligne dans des voitures qui passent 95% de leur temps en ville ?  », poursuit‑il.

Par ailleurs, concernant l’impact de ces réglementations dans le futur sur la production des voitures, le patron de Stellantis précise que « cent nouvelles réglementations vont s’appliquer d’ici 2030, renchérissant encore nos voitures de 40%. Nous ne demandons pas d’aide, mais seulement qu’on nous laisse travailler, innover et apporter aux gens des véhicules plus propres, mais aussi abordables, dont ils ont envie et besoin ».

Un enjeu stratégique : il est temps de prendre une décision

La demande baisse et la concurrence est plus serrée, notamment avec des géants comme la Chine et le Japon. Ainsi, Stellantis et Renault, avec 30% de part de marché vont, dans la continuité des conditions actuelles, en céder une fraction et, par conséquent, enregistrer des baisses de ventes significatives.

« 2025, c’est un moment charnière. Le marché chinois va dépasser ceux de l’Europe et des États‑Unis réunis. L’Europe doit choisir si elle veut encore être une terre d’industrie automobile ou un simple marché. Dans cinq ans, à ce rythme de déclin, il sera trop tard. Le sort de l’industrie automobile européenne se joue cette année », alerte le patron de Renault.

« À ce rythme, si la trajectoire ne change pas, nous devrons prendre, dans les trois ans qui viennent, des décisions douloureuses pour l’appareil de production  », conclut John Elkann (Stellantis).

Il convient de rappeler que les groupes Stellantis et Renault représentent la très grande majorité de la production et des exportations automobiles du Maroc. Dès lors, toute contraction de leurs ventes — en particulier celles des véhicules thermiques, qui constituent le principal segment fabriqué localement et subissent une pression accrue par rapport aux autres motorisations — se répercute directement sur les performances exportatrices du pays. Par effet de ricochet, cela pourrait, dans le futur, également affecter l’investissement et l’emploi dans la filière.

Dans ce contexte, il devient impératif de diversifier les opérateurs présents sur le territoire, d’élargir la gamme de produits vers l’électrique et l’hybride, moteurs de croissance future, mais aussi, de manière structurelle, de miser sur d’autres industries exportatrices. En effet, parallèlement à l’essor de l’automobile depuis 2014, le Maroc a peu à peu perdu en diversité dans ses exportations.

Renault Group Maroc crée Renault Technologie, un nouveau centre d’ingénierie

Selon un communiqué officiel, Renault Technologie Maroc disposera de deux sites :

Le directeur de ce nouveau centre, Francisco José Martín Hernández, sera rattaché hiérarchiquement à Cédric Combemorel, Deputy CTO, VP Global Engineering & Tech, et fonctionnellement à Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc.

Il aura pour mission de structurer un centre d’ingénierie performant, capable d’exploiter pleinement le potentiel des usines marocaines de Renault Group à Tanger et Casablanca (Somaca).

Il s’attachera également à valoriser l’écosystème local, notamment les fournisseurs et les écoles d’ingénierie, afin de développer des pôles de compétences au service des autres centres d’ingénierie et des usines du groupe dans le monde.

Francisco José Martín Hernández, ingénieur industriel, a construit un parcours solide au sein de Renault Group. Spécialiste de la gestion de la qualité produit, ainsi que du développement et de l’industrialisation des systèmes, il a rejoint Renault en 2002. Il a occupé plusieurs postes clés dans l’ingénierie de la qualité et la gestion de projet, aussi bien en mécanique qu’en ingénierie véhicule, notamment pour Horse, Renault Group et Ampère, indique le communiqué du groupe.

Son expertise technique et sa connaissance des enjeux du groupe lui ont permis d’accéder à des responsabilités croissantes en Espagne, en Roumanie et en France. Avant sa nomination au Maroc, il occupait depuis 2021 le poste de chef de département Ingénierie véhicule à Renault Technologie Espagne, tout en étant l’interlocuteur d’Ampère dans cette entité.

Nouvelles nominations chez Renault Maroc

Dans ses nouvelles fonctions, Zineb El Jazouli est directement rattachée à Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc et coordinateur du Pôle Industriel Maroc, ainsi qu’à Bruno Vincent, Public Affairs Director de Renault Group, annonce le groupe dans un communiqué.

Diplômée de la Concordia University à Montréal, Zineb El Jazouli commence sa carrière chez Renault Commerce Maroc en 2006 en tant qu’attachée de communication. En 2008, elle est promue responsable communication et intègre le comité de direction de Renault Commerce Maroc. Par la suite, elle occupe le poste de chef de département Communication et Publicité en 2011.

Depuis mars 2016, elle dirige la Communication et la RSE chez Renault Group Maroc et assume la fonction de Directrice de la Fondation Renault Maroc à partir de sa création en novembre 2018.

Imane Rekaibi, en tant que directrice de la Communication et de la RSE, reporte hiérarchiquement à Christian Stein, Chief Communications Officer de Renault Group, et fonctionnellement à Mohamed Bachiri, précise le communiqué.

Titulaire d’un Master en Communication d’entreprise de l’École Hassania des Travaux Publics (2009) et d’un Bachelor en Marketing de l’Université Al Akhawayn (2001), Imane Rekaibi débute sa carrière en 2002 chez Nestlé, où elle est responsable de la marque Nesquik.

Elle intègre Renault Group Maroc en 2017 en charge de la responsabilité Sociétale des Entreprises et assure, à partir de 2021, les fonctions de responsable Communication Institutionnelle et RSE ainsi que de secrétaire générale de la Fondation Renault Maroc.

Renault Maroc : la production en hausse de 9% en 2023, dont 90% exportés vers 68 pays

Le groupe Renault Maroc a livré ce mardi 23 janvier son bilan pour l’année 2023. Tout en insistant sur son importance au niveau du groupe à l’international, Mohamed Bachiri, directeur général, a souligné lors de son intervention qu’en « 2023, le groupe Maroc s’est positionné en 10e marché du groupe au niveau mondial », réussissant ainsi à maintenir sa position par rapport à 2022.

Plus de 380.000 véhicules produits par le groupe Maroc en 2023

« Durant l’année écoulée, le tiers des véhicules vendus sur le marché marocain portait les marques Dacia ou Renault », a-t-il déclaré, notant qu’en « termes de volume de production, on est devenus, pour la deuxième année consécutive, le second producteur de véhicules au niveau mondial du groupe, après la France ».

Sur la partie industrielle, « Renault Maroc a produit 382.661 véhicules en 2023, soit plus de 9,3% par rapport à 2022″, a indiqué son directeur général. « Ce chiffre représente 17% du total des ventes du groupe dans le monde ».

« 288.000 de ces véhicules ont été produits dans l’usine de Tanger, soit près de 13% de plus qu’en 2022, tandis qu’au niveau de l’usine de la Somaca, ce sont près de 95.000 véhicules qui ont été produits par le groupe Maroc en 2023. C’est donc un nouveau record battu », se félicite Mohamed Bachiri. « Il s’agit de quelques centaines de véhicules de plus qu’en 2022 ».

« Je me rappelle encore qu’en 2015, on était sur les 50.000 véhicules produits au niveau de l’usine de Casablanca, un chiffre que l’on a doublé en presque sept à huit années. L’usine dispose aujourd’hui d’une capacité de production de 100.000 véhicules« .

4 véhicules sur 10 des plus vendus au Maroc portent les marques Dacia ou Renault

« À ce jour, nous fabriquons un total de 1.765 véhicules par jour », précise le directeur général de Renault Maroc. « Ce sont près de 2.000 pièces que l’on assemble, avec tous les équipements et l’écosystème qu’il y a autour. Ce n’est pas rien ».

Cette production est distribuée comme suit : « 420 véhicules à la Somaca, et plus de 1.300 à l’usine de Tanger ». Et de poursuivre : « Ainsi 4 véhicules sur 10 des plus vendus au Maroc y sont produits, et portent les marques Dacia ou Renault ».

90% de la production marocaine exportée

En termes d’exportation, sur le total des véhicules produits en 2023, 343.652 ont été exportés, soit une augmentation de plus de 14,5% qu’en 2022, toujours selon Mohamed Bachiri.

« Près de 90% de la production marocaine dans les deux usines du groupe Maroc est donc exportée ». Dans le détail, ce chiffre atteint 94% au niveau de l’usine de Tanger, ce qui correspond à près de 270.000 véhicules produits exportés, contre 78% à la Somaca, soit 74.000 véhicules exportés. « L’usine de la Somaca n’est donc pas simplement dédiée au marché local. Loin de là, puisque près de 80% de sa production est exportée », souligne-t-il.

Ces voitures sont exportées vers plus de 68 pays étrangers, ce qui fait rayonner le made in Morocco. « On contribue ainsi à la filière automobile dans le monde entier ». D’ailleurs, « la Sandero, produite dans nos usines marocaines, est le véhicule particulier le plus vendu en Europe ».

65,2% d’intégration en 2022, en avance sur les objectifs

Sur la partie « écosystème », qui est très importante pour le groupe, et que ce dernier s’est engagé à développer pour renforcer l’attractivité de la plateforme industrielle et la compétitivité du pays, Mohamed Bachiri déclare qu’en « 2022, le groupe Maroc est arrivé à un taux d’intégration de 65,2% contre 40% en 2006« . Ce taux indique le volume des pièces montées fabriquées par des équipementiers installés au Maroc.

En l’absence des chiffres de 2023, qui sont encore en cours de validation par le gouvernement, le directeur général de Renault Maroc a exposé ceux de 2022, qui se présentent comme suit : un chiffre d’affaires de 1,86 millions d’euros de sourcing local, ce qui représente 22,4 milliards de DH (MMDH) de chiffre d’affaires. « Nous avons donc atteint les objectifs de 2023 en 2022. On est en avance d’une année par rapport à nos engagements dans l’écosystème automobile », souligne Mohamed Bachiri.

« Nous avons toutefois pris des engagements sur le second écosystème, pour la période 2023-2030, en termes d’intégration locale. Nous avons comme objectif un taux d’intégration de 82% à l’horizon 2030, soit 33 MMDH de chiffre d’affaires ».

Pour l’atteindre, « nous avons une feuille de route bien établie. Si tout se passe comme prévu, on sera l’un des rares pays avec un taux d’intégration aussi profond, ce qui renforcera notre compétitivité et celle des équipementiers installés au Royaume ».

Et d’ajouter : « Les fournisseurs dits de ‘rang 1’ sont passés de 26 en 2016 à 87 actuellement« .

À l’horizon 2030, priorité à l’intégration en profondeur et aux matières premières

Pour les années à venir, « nous travaillerons sur deux points essentiels en termes d’intégration », poursuit Mohamed Bachiri. « Le premier est relatif à l’intégration en profondeur. Dans ce sens, nous sommes en train de nous positionner sur les rang 2 et rang 3, pour accompagner les rang 1 à être plus compétitifs ».

« Le second point a trait à la matière première, notamment à travers le contrat signé avec Managem pour la production de batteries électriques à partir de cobalt. L’enjeu des matières premières est fondamental pour renforcer l’écosystème, et aidera a créer des milliers d’emplois ».

Toutes ces performances placent ainsi le groupe Renault Maroc en première position des entreprises privées dans le Royaume, selon son directeur général. « En 2022, le Maroc a réalisé un chiffre d’affaires de 100 MMDH à l’export, dont 40% réalisé par Renault », a-t-il déclaré à la presse. « En 2023, le CA à l’export sera d’environ 138 à 140 MMDH. En novembre déjà, on était à 130 MMDH. Ce sont des chiffres importants sur lesquels la filière automobile se positionne en première position. Nous avons ainsi dépassé les phosphates depuis 2014 ».

Baisse des ventes pour Dacia en 2023 et stagnation pour Renault

Plus en détail, Fabrice Crevola, directeur général de Renault Commerce Maroc, également directeur général des marques Dacia et Alpine, est revenu lors de cette conférence de presse sur les performances de Dacia, qui n’ont pas été au rendez-vous en 2023, contrairement à celles réalisées au niveau mondial.

En cause, l’inflation qui a impacté le pouvoir d’achat et a compliqué l’accès au financement, mais aussi le programme du renouvellement du parc des taxis qui arrive à terme.

« L’évolution de Dacia au Maroc est de -13% en 2023, soit en recul par rapport à 2022. Cette situation s’explique par la morosité du marché, constatée notamment au niveau des véhicules particuliers », a souligné Fabrice Crevola, rappelant que « les clients de la marque sont souvent des primo-accédants. Dans ce contexte de forte pression sur le pouvoir d’achat, ces derniers ont été très impactés ».

« Le second effet est celui des taxis, qui représentent 90% de part de marché de la marque Dacia. La fin du programme de renouvellement du parc a fait baisser de 30% le volume des ventes« , conclut-il, tout en espérant qu’en 2024 Dacia reprendra l’ascendant.

En ce qui concerne Renault, l’année 2023 a été celle de la consolidation. L’année a toutefois été compliquée pour la marque qui était en manque de son modèle Clio, l’un de ses piliers.

Pour 2024, Renault ambitionne d’accélérer la cadence, notamment par la mise sur le marché de nouveaux produits, à savoir :

– la nouvelle Clio, qui arrive le 1er mars 2024 en trois modèles (essence, diesel et hybride), et dont les commandes démarreront le 1er février 2024 ;

– la Megane e-tech, première voiture 100% électrique de la marque Renault qui sera lancée au printemps ;

– le Kangoo qui revient avec deux modèles : la voiture particulière thermique, et un van 100% électrique ;

– le Kardian, qui sera le véritable game changer. Il s’agit d’un SUV compact et urbain du segment B, qui sera industrialisé à l’usine de la Somaca pour un lancement commercial au 2e semestre au Maroc.

Quelles perspectives pour le groupe Maroc en 2024 ?

« En 2024, le groupe Renault Maroc ambitionne de renforcer son rôle de leader de la filière automobile marocaine », d’après Mohamed Bachiri.

« Cette vision se traduira notamment par l’augmentation capacitaire au niveau national, pour passer à 500.000 véhicules par an à partir de 2025. Elle se traduira également par la concrétisation des projets industriels, notamment la construction de la Dacia Jogger à Tanger, et du Renault Kardian à Somaca ».

« Le troisième point concerne le développement de nos compétences stratégiques. Nous avons décidé de créer un pôle de compétences à travers la mise en œuvre d’un hub digital, ainsi qu’un centre de recherches et développement qui verra bientôt le jour. Nous prévoyons également de développer un écosystème d’innovation qui tournera autour du software, en plus d’un projet d’économie circulaire, à travers le recyclage des déchets qu’on génère pour les réintégrer dans la fabrication », conclut Mohammed Bachiri.

Renault lance la nouvelle Austral au Maroc

Le nouveau Renault Austral associe tous les codes du SUV au nouveau langage design Renault, décrit un communiqué du constructeur automobile. À l’intérieur, son cockpit high-tech, ses matériaux distinctifs et ses finitions s’associent à l’habitabilité d’un véhicule familial. Renault Austral propose le nouveau système d’info-divertissement de la marque, avec un écran central de 9’’ ainsi qu’un tableau de bord digital de 12,3’’ dès l’entrée de gamme.

Afin de proposer une expérience de conduite premium alliant dynamisme et efficience, Renault a développé sur la nouvelle Austral une motorisation e-Tech Full Hybrid de nouvelle génération de 200 chevaux. Véritable concentré de technologie, cette motorisation comprend un nouveau moteur thermique 3 cylindres essence 1,2 litre turbo compressé de 96 kW (130 ch) et 205 Nm de couple.

Il est associé à un nouveau moteur électrique, une batterie lithium-ion (2 kWh / 400 V) et une boîte de vitesses intelligente multimode proposant 15 combinaisons, dont 2 sont en mode 100% électrique. Sa consommation commence à partir de 4 l/100 km, et ses émissions de CO2 à partir de 90 g/km.

Afin de compléter la gamme de motorisation 100% hybridée, Renault Austral propose également une motorisation Mild Hybrid 12 V développant 150 chevaux, dotée d’une transmission automatique et s’appuyant sur un moteur essence 4 cylindres 1,3 litre turbocompressé à injection directe, offrant une consommation à partir de 6,5 l/100 km, et des émissions de CO2 à partir de 145 g/km.

La gamme du nouveau Renault Austral s’articule autour de trois niveaux d’équipements : Équilibre, Techno et Esprit Alpine. Les différentes versions seront disponibles à ces prix :

– Équilibre Mild Hybrid à partir de 340.000 DH ;
– Équilibre e-Tech Full Hybrid à partir de 360.000 DH ;
– Techno e-Tech Full Hybrid à partir de 380.000 DH ;
– Esprit Alpine e-Tech Full Hybrid à partir de 405.000 DH.

Renault Group Maroc affiche un bilan positif pour 2022

Après un exercice 2021 mitigé, Renault Group est parvenu à redresser la barre en 2022. Autant sur le plan industriel que commercial, la filiale marocaine du constructeur français a affiché un bilan positif, malgré une conjoncture nationale et internationale peu favorable.

Sur le volet industriel, la pénurie persistante des composants électroniques, la guerre en Ukraine, la perturbation des circuits logistiques et la contraction du marché européen représentaient autant de vents contraires, laissant craindre une baisse de régime pour les usines marocaines de Renault Group.

Une production en hausse de 15,3%

Il n’en fut finalement rien. Au terme de l’année 2022, ce sont 350.018 véhicules qui ont quitté les chaînes des deux sites, en hausse de 15,3% par rapport à l’exercice 2021. À ce rythme, le chiffre record de 394.902 véhicules produits en 2019 ne semble plus si éloigné. Surtout, avec un tel volume, le pôle marocain consolide sa place dans le dispositif industriel de Renault Group, dont il a représenté en 2022 près de 17% de la production mondiale.

La majeure partie de cette production (86%) a pris le chemin de l’export : 301.398 véhicules estampillés Dacia ou Renault ont ainsi rejoint 71 marchés dans le monde (en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique), pesant près de 70% des exportations de véhicules du Royaume.

Locomotive industrielle du groupe, l’usine de Tanger a assuré la production de 255.494 véhicules, soit une progression de 11% par rapport aux chiffres de 2021. Cette performance doit beaucoup au succès du Renault Express, et surtout à celui de la Dacia Sandero en Europe, principal débouché du site tangérois. Malgré l’atonie de ce marché, la citadine “made in Morocco” a réussi à augmenter ses ventes d’un petit 1,3%, bien suffisant pour décrocher la seconde place au classement européen avec près de 192.000 exemplaires.

Un nouveau record pour Somaca

Quant à la Somaca, elle a littéralement explosé les compteurs. L’usine casablancaise, qui a récemment sorti son millionième véhicule dans le giron de Renault Group, a vu sa production augmenter de 20% par rapport à celle de 2021, pour atteindre un volume de 94.524 unités assemblées… effaçant des tablettes le record de 2019 (91.344 unités). La réussite commerciale de la troisième génération des Dacia Logan et Sandero, au Maroc comme à l’export, est le principal facteur de cette progression. Dans une moindre mesure, l’introduction sur ses chaînes de la Renault Taliant – un modèle inédit partageant sa plateforme avec la Dacia Logan et destiné au marché turc – a également contribué à doper les chiffres de production de l’usine.

Prochain grand rendez-vous industriel pour Renault Group Maroc : l’entrée en production du quadricycle électrique Mobilize Duo dans l’usine de Tanger, programmée pour le dernier trimestre de 2023. “Le processus industriel est verrouillé et les contacts sont déjà établis avec les équipementiers, dans l’objectif de démarrer l’industrialisation avant la fin de l’année avec une capacité maximale de 17.000 exemplaires par an”, a déclaré Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc et coordinateur du pôle industriel Maroc, qui est toutefois resté laconique sur le taux d’intégration local prévisionnel.

Une part de marché dépassant les 40%

Sur le plan commercial, la satisfaction est également de mise pour Renault Group Maroc. Dans un marché en baisse de 8%, les deux marques du groupe ont légèrement augmenté leurs parts de marché cumulées au-delà des 40%, et placé trois de leurs modèles sur le podium des ventes (Dacia Logan, Dacia Sandero et Renault Express).

Malgré des ventes en recul de 12% par rapport à 2021 (à 38.885 unités), Dacia a conservé son statut de leader, s’adjugeant une part de marché de 24% et faisant du Maroc son 5e marché mondial. Avec 21.545 unités écoulées, la marque Renault a en revanche progressé de 6%, pour accrocher une part de marché de 16%.

On s’en doute, Renault Group Maroc ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et ambitionne de consolider ses positions à coups de nouveaux produits tout au long de l’année en cours.

Le virage de l’électrification

Chez Dacia, le lancement dans quelques semaines de la tant attendue Spring, petite citadine 100% électrique, n’aura probablement qu’un effet marginal sur les volumes de vente. En revanche, la commercialisation dès le second semestre du Jogger, crossover compact à 7-places (qui poussera le Lodgy vers la retraite), devrait contribuer davantage à noircir les carnets de commande.

Le programme est encore plus chargé pour la marque Renault, puisque sa gamme marocaine accueillera dans les prochains mois quatre modèles inédits. Il s’agira d’abord du SUV-coupé compact Arkana et du SUV compact Austral, tous deux dotés d’une motorisation hybride (non-rechargeable), ouvrant ainsi le chapitre de l’électrification chez la marque au Losange.

La suite ? Deux modèles 100% électriques, en l’occurrence la nouvelle Mégane E-Tech Electric et le Kangoo E-Tech Electric.

Cerise sur le gâteau : au printemps, le portefeuille de Renault Group Maroc sera enfin au grand complet avec l’arrivée de la marque Alpine, et la mise sur le marché de son unique modèle, le coupé sportif A110.