Tourisme : la tendance de l’année écoulée et les perspectives de 2025 sont prometteuses (H. Bentahar)

Malgré un contexte géopolitique international « compliqué » qui a impacté le niveau d’activité de plusieurs destinations concurrentes du Royaume, le président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) estime que le secteur national a été marqué, en 2024, par une grande résilience, démontrant sa capacité à générer une croissance constante ainsi que de nombreux emplois supplémentaires. Une tendance qui devrait se poursuivre avec les grands événements qu’accueillera le Maroc jusqu’à la fin de la décennie.

« Une croissance sans précédent des indicateurs de performance en 2024 »

« Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, notre industrie a été en mesure de bénéficier des fruits de la première véritable vision stratégique ayant ouvert la voie au Maroc pour devenir un champion continental, après son plan de riposte d’envergure exceptionnelle qui lui avait valu l’admiration de la communauté internationale dans la gestion de la crise [Covid, ndlr] », se félicite Hamid Bentahar en insistant sur le fait que cette dynamique vertueuse n’en est qu’à ses débuts.

Chiffres à l’appui, Hamid Bentahar rappelle en effet qu’en seulement 11 mois, le Maroc a été capable d’accueillir 15,9 millions de touristes, avec une hausse de 20% par rapport à 2023, qui ont permis à l’Etat de récolter 104,5 milliards de DH de recettes en devises, soit 7% de croissance annuelle.

Et d’ajouter qu’après la réouverture des frontières internationales en février 2022, la hausse ininterrompue des visiteurs étrangers et de leurs dépenses sur place montrent qu’en réalité le potentiel des marchés traditionnels et émergents est encore très largement sous-exploité, avec une marge de manœuvre importante, notamment en termes de création de nouveaux emplois.

« Un important réservoir d’emplois directs »

Tout en rappelant que le secteur a initié, depuis presque trois ans, un cycle exceptionnel de performances tirées à la hausse par un nombre croissant de touristes étrangers de séjour (TES) et de MRE, notre interlocuteur estime que l’impact socio-économique de cette dynamique s’est traduit par la création de très nombreux emplois dans un secteur qui avait été sinistré par la crise sanitaire du Covid.

« Ces réalisations ne sont pas juste des chiffres, car elles représentent de nombreuses opportunités professionnelles pour les jeunes et moins jeunes, avec un impact social plus que concret et visible au niveau de la création d’emplois », souligne le président de la CNT en précisant que le secteur, qui employait 827.000 personnes en 2023, a ainsi pu créer 25.000 nouveaux emplois directs par rapport à 2022.

Fier de la progression des chiffres qui confirmerait que « le secteur est sur la bonne voie pour en créer beaucoup plus dans le futur », notre interlocuteur explique ce succès par l’efficacité de la feuille de route concoctée par le gouvernement et la CNT, qui avait été dévoilée en mars 2023.

 « Un levier de développement durable et inclusif pour les prochaines années »

Pour ce qui est des prochaines étapes, Hamid Bentahar estime prioritaire d’accélérer la mise en œuvre des projets structurants, de continuer à renforcer la connectivité aérienne dans l’ensemble des régions pour mieux répartir les flux d’arrivées et assurer un développement équitable des territoires, de renforcer le rôle des fédérations et des associations régionales comme partenaires clés de cette nouvelle dynamique, d’améliorer la qualité de la formation et l’attractivité des métiers et, enfin, d’accélérer la diversification des marchés émetteurs, notamment émergents, et des filières pour accroître l’impact économique et social durable sur l’ensemble du territoire national.

« Capable de générer de la prospérité partout sans exclusion, notre secteur présente en effet un intérêt exceptionnel en termes de développement économique inclusif, car il recèle de nombreuses opportunités d’emploi dans des territoires aussi variés que le rural, le désert, les villages de montagnes… », résume le professionnel pour qui un tourisme « bien géré au Maroc » peut se transformer en un véritable ascenseur social et, in fine, en levier efficace d’un développement durable et pérenne.

« Un agenda international chargé avec des perspectives prometteuses »

Résolument optimiste, Hamid Bentahar avance que, malgré les incertitudes persistantes liées au conflit du Proche-Orient, qui avaient ralenti l’activité en novembre 2023, les experts prévoient non seulement une intensification du nombre de voyageurs, mais également une hausse de leur budget.

En d’autres termes, des perspectives prometteuses pour le Maroc qui va accueillir fin 2025 la Coupe d’Afrique des nations. Il s’agit d' »une formidable opportunité » pour booster son attractivité et améliorer la qualité de ses infrastructures et services, en attendant la tenue du Mondial 2030 qui devrait faire changer le pays de dimension pour intégrer à terme le top 15 des destinations touristiques mondiales.

Et de conclure que ces événements qui pourraient générer des millions d’arrivées de supporters étrangers nécessiteront une mobilisation totale et une grande coopération territoriale entre les professionnels, représentés par la CNT et les autorités de tutelle, afin d’être en mesure de répondre à la demande croissante, mais aussi de se démarquer dans un environnement mondial de plus en plus compétitif.

Le cash en circulation a augmenté de 3 MMDH en novembre 2024

Le cash en circulation a connu une hausse à la fin du mois de novembre 2024. C’est ce que révèlent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. La circulation fiduciaire s’affiche à 428,9 MMDH, en hausse de 0,7% par rapport au mois précédent, soit 3 MMDH en valeur.

Sur 12 mois glissants, le cash en circulation progresse de 10,4% ou 40,3 MMDH.

Les dépôts bancaires à caractère monétaire progressent de 12 MMDH d’un mois sur l’autre

Les dépôts à vue, principale composante des moyens de paiement, ont progressé de 67 MMDH sur un an (+8,5%), atteignant 855,1 MMDH en novembre 2024. Cette dynamique est portée par les ménages (+8,6%) et les sociétés non financières privées (+11,8%), qui ont vu leurs dépôts augmenter respectivement de 50,4 MMDH et 19,1 MMDH.

Les dépôts à terme continuent de perdre du terrain, avec une hausse limitée à 2,4%, soit 2,8 MMDH supplémentaires sur un an, pour atteindre un encours total de 118,5 MMDH. Les ménages, principaux détenteurs de ces dépôts, ont vu leur encours reculer de 3,9%.

Les avoirs officiels de réserve ont progressé de 15,9 MMDH en un an (+4,5%), atteignant 369,8 MMDH en novembre 2024. Ces réserves restent un élément clé de la stabilité monétaire au Maroc.

Le crédit bancaire au secteur non financier a enregistré une hausse annuelle de 2,5%, atteignant 947 MMDH. Cette évolution recouvre une progression des crédits aux sociétés non financières privées (+1,8 %) et aux sociétés publiques (+4,5%), tandis que les crédits aux ménages ont légèrement ralenti (+0,8%).

Les créances en souffrance ont augmenté de 3,8%, représentant 8,7% du total des crédits bancaires. Par ailleurs, les titres d’OPCVM monétaires ont reculé de 4,7%, pour atteindre un encours total de 85,3 MMDH.

Enfin, l’agrégat M3, représentant la masse monétaire au sens large, a maintenu son rythme de croissance de 6,7% sur un an, reflétant une hausse globale des liquidités disponibles dans l’économie.

Medias24
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Réserves en devises : les dessous d’une résilience

L’année 2022 se termine sur des performances inégalées pour l’économie nationale au niveau de ses comptes extérieurs, malgré le contexte inflationniste international et le renchérissement du dollar.

Selon les derniers chiffres de l’Office des changes, les exportations ont augmenté de 33,1% ou 97 milliards de dirhams à fin novembre 2022, tirées par les ventes de l’industrie automobile nationale, qui s’élèvent à 100 milliards de dirhams, affichant un accroissement de 35%.

Mais c’est surtout l’explosion du chiffre d’affaires d’OCP à près de 110 milliards de dirhams qui drive la bonne santé des exportations marocaines ; cela malgré l’appréciation des importations des intrants d’OCP (soufre et ammoniac). Le chiffre d’affaires OCP, seul, pourrait combler une grande partie de la facture d’importation des produits énergétiques, qui a plus que doublé, se situant à 141,5 milliards de dirhams à fin novembre 2022.

A tout cela s’ajoutent l’amélioration des recettes de voyages qui ont surperfomé l’année 2019, les transferts des MRE qui poursuivent leur tendance haussière, les flux d’IDE… Ces performances permettent le maintien des avoirs officiels de réserve (AOR) à près de 338 milliards de dirhams à fin décembre 2022, soit plus de 5,5 mois d’importations. Une performance d’autant plus remarquée que cette année, le Maroc n’a fait aucune sortie à l’international, malgré les nombreuses échéances de sa dette extérieure, aussi bien pour la dette du Trésor que pour celle garantie par l’Etat. Mieux encore, la Banque centrale s’attend à une amélioration de cette réserve en 2023, et même en 2024.

Selon une source proche au ministère des Finances, des arbitrages ont conclu au report de cette sortie, pourtant prévue et préparée pour fin 2022, plutôt que de la réaliser dans des conditions trop volatiles sur le marché international. Le reliquat de la ligne de précaution et de garantie (LPL) a été débloqué par la direction du Trésor, pour près de 2 milliards de dollars, sans pour autant modifier significativement le niveau des AOR nationaux. Ce niveau ne cesse d’ailleurs de s’améliorer depuis 2020, malgré une petite baisse chemin faisant, défiant la crise mondiale post-Covid et faisant du Maroc une exception dans la région.

La flexibilité croissante de l’économie, source de sa résilience

« La résilience de la position extérieure du Maroc s’explique en grande partie par la flexibilité de plus en plus importante de son économie », analyse Omar Bakkou, économiste spécialisé dans la politique de change. Selon lui, cette résilience s’explique par le poids, de plus en plus important, du secteur privé.

« Contrairement à certains pays comparables de la région, le poids du secteur privé joue un rôle d’amortisseur de l’économie nationale face aux chocs externes. Quand on produit moins, on dépense moins de devises. C’est une capacité d’ajustement perpétuelle du secteur privé, comme on a pu le constater durant la période Covid », poursuit Omar Bakkou.

Et la place du système bancaire est, dans ce sens, de plus en plus importante, comme nous l’explique le directeur d’une salle de marché d’une grande banque nationale. Selon lui, le marché de change s’auto-régule, ce qui permet à la Banque centrale de conserver une réserve quasiment intacte.

« Bank Al Maghrib n’a pas injecté de devises sur le marché depuis 2018. Ce sont les banques, à travers les opérations de gestion de leurs trésoreries en devises, qui font face à la demande », précise notre source. Selon elle, même si des demandes pressantes de devises se font sentir sur le marché, à la faveur d’une grande opération d’importation, par exemple, ce sont les banques qui font jouer leur trésorerie pour y faire face, y compris par des emprunts à court terme. « Cela est permis essentiellement par la disponibilité de devises étrangères, elle-même assurée par les rentrées de l’OCP, le tourisme et les IDE, mais surtout par les transferts des MRE qui ont connu une très forte augmentation depuis la période Covid », affirme notre source.

Cette disponibilité de liquidités permet au marché de fonctionner tout en évitant des injections de cash de la part de la Banque centrale. « C’est un modèle qui se maintient et se développe depuis près de 15 ou 20 ans, dans lequel ce sont les rentrées touristiques et celles des MRE qui permettent l’équilibre de la balance des paiements », reprend Omar Bakkou.

Et d’ajouter : « L’amélioration significative des exportations industrielles, notamment des phosphates et dérivés ainsi que celles de l’automobile, de l’aéronautique ou du textile, et l’attractivité économique qu’elles induisent pour les IDE, permettent une plus grande résilience de notre position extérieure, et par conséquent un maintien des AOR. »

Le rôle de sentinelle de la DTFE

Si le commerce extérieur est aujourd’hui complètement couvert par le système bancaire, appliquant de la sorte les principes du réalisme économique et de la vérité des prix, il en va autrement de la dette publique, notamment extérieure.

Celle-ci est intrinsèquement liée à la position de négociation du Maroc et aux conditions du marché international de la dette. La résilience des AOR est ainsi précarisée par le niveau de cette dette extérieure, qui atteint les 210 milliards de dirhams.

Une source de vigilance permanente pour le Maroc, qui a tiré près de 137 milliards de dirhams entre 2017 et le 1er semestre 2022, selon le dernier bulletin statistique publié par la Direction du Trésor et des finances extérieures (DTFE). Ce montant, dont 46% ont été levés en 2020 en pleine pandémie, sert en grande partie à financer la dette extérieure du Maroc en la faisant « rouler », tout en maintenant la cadence de financement des projets publics, permettant dans le même temps de faire face à d’éventuels chocs externes.

La dette extérieure est constituée à plus de 65% de financements bilatéraux et multilatéraux, les 35% restants provenant directement du marché international de la dette. Ce dernier nécessite une approche proactive et exigeante techniquement.

Selon une source auprès du ministère des Finances, la DTFE n’annonce pas d’objectifs spécifiques par rapport aux AOR, mais reste vigilante sur ce dossier. « Les sorties du Maroc sont cadrées par des objectifs de paniers de devises, de maturités et de taux, mais elles ont aussi un objectif interne lié à l’AOR, déterminé par des outils de monitoring spécifiques », nous dit-elle.

Ce rôle de sentinelle de la DTFE prend en considération les besoins des finances publiques en termes de devises à très court terme, notamment en cas de chocs externes, mais aussi l’adéquation des réserves de changes avec les conditions de stabilité macroéconomique, créant de la sorte des espaces d’autonomie de la politique économique. Selon notre source, si le Maroc a évité une sortie à l’international en 2022, c’est en prenant en considération tous ces éléments, tout en sachant que le besoin n’était pas pressant.

Le retour sur le marché est bien prévu en 2023, lorsque les conditions le permettront. Et bien que les conditions de financements – notamment pour les taux –, ne sont pas idéales, une sortie reste possible dès le 1er trimestre 2023.

Celle-ci devrait atteindre les 3 milliards de dollars, selon une source du marché. Au niveau du ministère, on reste toutefois prudent : « Que ce soit 3 ou 20 milliards, ce sont les conditions du marché au moment de la sortie qui vont déterminer le montant. »

Quoi qu’il en soit, sur les projections publiées par la DTFE, il va falloir mobiliser plus de 36 milliards de dirhams uniquement au titre du service de la dette extérieure du Trésor pour 2023 et 2024. La Banque centrale, de son côté, table sur un besoin en financement en devises du budget public à hauteur de 39 milliards de dirhams en 2023 et de 38 milliards en 2024 pour maintenir l’embellie des AOR.

L’emprunt international du Maroc booste les réserves en devises

Entre le 28 novembre et le 4 décembre 2019, le dirham s’est déprécié de 0,33% par rapport à l’euro, en passant de 10,627 à 10,662 dirhams pour un euro, selon le dernier bulletin des indicateurs hebdomadaires publié par Bank Al Maghrib (BAM).

Face au dollar, il s’est apprécié de 0,26%, passant de 9,655 à 9,630 DH pour un dollar.

La Bourse de Casablanca débute mardi sur un trend haussier

Quelques minutes après le début des échanges, le Masi, indice global composé de toutes les valeurs de type action, avançait de 0,23% à 9.281,10 points.

Le Madex, indice compact composé des valeurs cotées au continu, totalisait 7.561,64 points avec une hausse de 0,24%.

En glissement mensuel, Masi et Madex ont enregistré une nette amélioration respectivement de 8,2% et 8,5% en octobre 2013, soit des performances de 0,3% et 0,4% depuis le début de l'année.

Durant la même période, la capitalisation boursière s'est également appréciée de 7,3% d'un mois à l'autre, se chiffrant à 450,6 milliards de DH, tandis que le volume de transactions a atteint 2,8 milliards de DH, contre 1,6 milliard de DH enregistré un mois auparavant.