Akdital. Le résultat net augmente de 69% au premier semestre 2025

Akdital a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 2.093 MDH à fin juin 2025, en hausse de 68% par rapport à la même période en 2024.

Cette progression est portée par la montée en régime des établissements ouverts en 2024 et 2025 ainsi que par le renforcement du périmètre historique.

Les pôles multidisciplinaire et oncologie enregistrent respectivement des hausses de 73% et 65% sur un an.

Résultats financiers en nette amélioration

L’EBITDA consolidé ressort à 533 MDH, en hausse de 60%, tandis que le résultat net consolidé atteint 214 MDH, en progression de 69%.

Dans ce sens, le résultat net part du groupe (RNPG) s’élève à 194 MDH.

Les investissements atteignent  1.013 MDH au premier semestre, soit une progression de 78% par rapport à S1-2024.

L’endettement net consolidé du groupe ressort à 2.886 MDH contre 1.753 MDH à fin 2024, en progression de 65%.

Expansion nationale et premières incursions à l’international

Durant le premier semestre 2025, le groupe a ouvert un établissement à Guelmim et acquis deux cliniques à Laâyoune, portant sa capacité à 4.111 lits dans 21 villes.

Au-delà de l’accroissement de ses capacités, cette expansion contribue directement à la création d’emplois directs, avec 1440 nouveaux postes créés depuis le début de l’année 2025 et 3.756 depuis le 1er semestre 2024. Le Groupe compte désormais 8.530 collaborateurs, renforçant son impact social et économique dans les régions où il s’implante.

Sur le plan médical, plusieurs interventions pionnières ont été réalisées, dont une prostatectomie robotisée en télé-chirurgie entre Casablanca et Laâyoune et la première implantation d’un pacemaker sans sonde au Maroc.

À l’international, Akdital construit un hôpital de 200 lits à Dubaï pour une ouverture en 2027 et a signé un protocole d’accord pour la gestion d’un hôpital à Riyad.

Perspectives

D’ici fin 2025, six nouveaux établissements viendront s’ajouter aux six déjà mis en service cette année, avec l’objectif d’atteindre 62 établissements dans 32 villes et plus de 6.200 lits à l’horizon 2027.

BYD dope les ventes d’Auto Nejma et fait augmenter ses ventes à 1,8 MMDH au S1-2025

Auto Nejma a vu ses ventes de véhicules toutes marques confondues progresser de 70% en unités, ce qui a permis au chiffre d’affaires d’atteindre 1,8 MMDH au premier semestre 2025, contre 1,3 MMDH un an auparavant. Sur le seul T2-2025, le chiffre d’affaires a atteint un milliard de dirhams.

Ce résultat s’explique avant tout par la dynamique des nouvelles gammes, notamment celles de BYD.

L’arrivée de modèles hybrides et électriques a renforcé l’attractivité de l’offre et contribué à élargir la clientèle. Les ventes véhicules, en volume, ont ainsi pratiquement doublé entre le deuxième trimestre 2024 et la même période de 2025, passant de 971 à 1.982 unités. En cumul, les ventes véhicules atteignent 3.329 unités sur les six premiers mois de l’année 2025.

En parallèle, l’extension du réseau de showrooms et l’accent mis sur les véhicules à motorisations alternatives ont joué un rôle clé dans cette progression. La demande pour les modèles BYD ne cesse de croître, portée par un rapport qualité-prix compétitif et par l’engouement pour des solutions de mobilité plus respectueuses de l’environnement.

Selon l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM), sur le seul mois de juillet, BYD a vendu 466 véhicules particuliers, contre seulement 9 unités un an plus tôt. Cette performance représente une croissance spectaculaire de 5.077,8%, qui porte la part de marché de la marque à 2,63% en juillet 2025, alors qu’elle était quasi nulle en 2024.

Sur les sept premiers mois de 2025, BYD a écoulé 1.840 véhicules particuliers contre seulement 76 sur la même période en 2024, soit une progression de +2.321%.

Amélioration financière et investissements ciblés

Cette forte dynamique commerciale d’Auto Nejma s’accompagne d’une amélioration marquée de la structure financière. La trésorerie nette, qui affichait un solde négatif de 242 MDH en juin 2024, s’est redressée pour atteindre 8,6 MDH à fin juin 2025.

Ce redressement découle notamment d’un emprunt obligataire de 600 MDH contracté début juin, lequel a permis de financer plusieurs projets structurants.

Le résultat d’exploitation totalisant 222,2 MDH a connu une hausse de 49% en comparaison avec le 1ᵉʳ semestre 2024 et le résultat net totalisant 140 MDH a augmenté de 75% par rapport à la même période de l’exercice 2024.

L’investissement consenti au terme du premier semestre 2025 atteint 35,6 MDH. Une partie de cet investissement est constituée essentiellement par l’achèvement de la construction de la succursale d’Agadir d’une part, et du démarrage de nouveaux show-rooms dédiés aux marques du groupe.

Parmi ces projets figurent l’achèvement de la succursale d’Agadir et le lancement de nouveaux points de vente dédiés à des marques stratégiques comme BYD.

Par ailleurs, Auto Nejma prévoit l’introduction de la marque Smart avant la fin de l’année, tout en poursuivant la rénovation de son réseau afin d’accompagner la croissance de ses ventes.

BCP dégage un RNPG en hausse de 19% au T1-2025

Le groupe Banque centrale populaire (BCP) a entamé l’exercice 2025 sur une trajectoire haussière, avec une progression de 19% de son résultat net part du groupe (RNPG), qui atteint 1,3 MMDH à fin mars.

Cette performance s’inscrit dans un contexte de regain de croissance au Maroc, tirée par les secteurs non agricoles, et de consolidation monétaire dans les pays d’Afrique subsaharienne où le groupe est présent.

Le produit net bancaire (PNB) consolidé du groupe ressort en nette hausse de 14,9% à 6,95 MMDH.

Cette croissance est alimentée par l’ensemble des composantes : la marge d’intérêt, la marge sur commissions, mais aussi et surtout les activités de marché, qui continuent de bénéficier d’un environnement de taux favorable. À elles seules, les activités de marché génèrent un résultat en progression de plus de 750 MDH sur un an, à 1,95 MMDH.

La collecte de dépôts continue de progresser, avec un encours consolidé en hausse de 1,7% à 395,7 MMDH, tandis que les crédits bruts à la clientèle restent stables à 320,6 MMDH (+0,2%).

Cette évolution témoigne d’un comportement encore prudent sur le front du crédit, en dépit d’une conjoncture économique globalement plus porteuse.

Les charges générales d’exploitation sont maîtrisées, en hausse modérée de 3,3% à 2,9 MMDH.

Le coût du risque, en revanche, augmente de 19,6% pour s’établir à 1,55 MMDH. Il reflète la poursuite de la politique de provisionnement prudente engagée par le groupe dans un contexte encore incertain sur le plan macroéconomique et sectoriel.

Au total, le résultat net consolidé du groupe s’établit à 1,49 MMDH (+18,9%), confirmant la dynamique engagée en 2024. Le retour sur action, mesuré par le résultat par action, s’établit à 6,36 DH contre 5,34 DH un an auparavant.

Le groupe revendique par ailleurs un réseau de 10.510 points de distribution au service de 8,6 millions de clients. Les notations sont restées stables : BB/Stable/B chez S&P et Ba1/Stable chez Moody’s.

TAQA Morocco améliore son résultat net au T1-2025 et lance de nouveaux projets stratégiques

TAQA Morocco enregistre une légère baisse de son chiffre d’affaires consolidé à 2.943 MDH (-0,5%), mais parvient à faire progresser son résultat net grâce à une gestion rigoureuse et à l’optimisation de ses placements.

Performance opérationnelle maîtrisée

Le taux de disponibilité global des unités 1 à 6 s’établit à 90%, contre 93,5% un an plus tôt. Cette baisse s’explique par une révision mineure planifiée sur l’unité 6, d’une durée de 25 jours, conformément au plan de maintenance établi.

Malgré cet arrêt, l’activité des centrales reste solide, permettant de stabiliser le chiffre d’affaires sur la période.

Repli de l’EBITDA, mais progression du résultat net

L’EBITDA s’élève à 989 MDH, en recul de 4,2%, tandis que le résultat d’exploitation baisse à 789 MDH (-4%). En revanche, le résultat financier s’améliore sensiblement : la charge nette passe de -110 MDH à -65 MDH, grâce à une meilleure gestion des excédents de trésorerie.

Le résultat net consolidé s’établit ainsi à 379 MDH, en hausse de 4,1%. Le résultat net part du groupe progresse plus modestement à 286 MDH (+0,6%).

Hausse des investissements, maîtrise de l’endettement

Taqa Morocco a engagé 39 MDH d’investissements au cours du trimestre, soit une progression de 78% par rapport à la même période en 2024. Ces dépenses sont principalement orientées vers l’exploitation et la maintenance des unités existantes.

L’endettement net ressort à 4.759 MDH, en augmentation de 8,1% sur un an, ce qui reflète une gestion proactive des flux de trésorerie et le respect du calendrier de remboursement des dettes.

Un partenariat stratégique en toile de fond

Le trimestre a également été marqué par l’annonce d’un partenariat stratégique entre le Gouvernement du Maroc, Taqa Morocco et un consortium d’acteurs publics et privés nationaux, en vue de développer des infrastructures prioritaires dans les domaines de l’eau et de l’énergie.

Lancement du parc éolien de Boujmil

TAQA Morocco engage une nouvelle étape de son développement industriel avec le lancement de deux chantiers majeurs dès le deuxième trimestre 2025.

L’entreprise prévoit de lancer les travaux de son parc éolien de Boujmil, situé dans la région de Guelmim-Oued Noun. Le projet affiche une capacité installée de 144 MW, dont une première tranche de 100 MW est attendue pour mise en service en 2027.

Ce parc éolien viendra renforcer le portefeuille d’actifs verts du groupe, tout en répondant aux besoins croissants en énergie propre dans le sud du Maroc.

Hydrogène vert : les premiers jalons d’un projet industriel

En parallèle, TAQA Morocco poursuit le développement d’un projet intégré de production d’ammoniac vert et de carburant industriel, en partenariat avec Moeve. Ce projet a été retenu dans le cadre de l’initiative « Maroc Hydrogène Vert ».

Les négociations en cours visent à finaliser les contrats préliminaires, mobiliser le foncier et lancer les études de faisabilité. Il s’agit d’une étape décisive pour positionner le groupe sur cette nouvelle filière, considérée comme stratégique à l’échelle internationale.

Akdital. Chiffre d’affaires en hausse de 54% au premier trimestre 2025

Akdital a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 940 MDH au premier trimestre 2025, en progression de 54% par rapport à la même période l’an dernier. Cette évolution intervient dans un périmètre resté stable, avec 33 établissements en activité totalisant 3.706 lits.

Cette performance est portée par deux facteurs principaux. Tout d’abord, la contribution des établissements ouverts en 2024, qui s’élève à 244 MDH au T1-2025, ainsi que la progression de 15% enregistrée sur les périmètres antérieurs à 2024.

135 MDH investis, endettement net en hausse de 15%

Akdital a investi 135 MDH au cours du trimestre, contre 184 MDH un an plus tôt. Ces investissements portent essentiellement sur l’équipement complémentaire des unités récemment ouvertes, ainsi que sur l’avancement des projets de développement en cours.

Dans ce cadre, l’endettement net consolidé s’établit à 2.014 MDH à fin mars 2025, en hausse de 15% par rapport à fin décembre 2024 (1.753 MDH).

Plus de 240.000 admissions au T1

Le groupe a accueilli 240.255 admissions sur le trimestre, contre 133.398 un an plus tôt. Ses effectifs atteignent désormais 7.793 collaborateurs, contre 4.535 au T1-2024.

12 ouvertures prévues en 2025, premières inaugurations dès le T2

Aucune modification n’a été apportée au périmètre de consolidation au cours du trimestre. Le programme d’expansion suit son cours, avec 12 ouvertures prévues en 2025. Les premières inaugurations sont attendues dès le deuxième trimestre. À l’horizon 2027, Akdital vise un réseau de plus de 62 établissements dans 32 villes, pour une capacité de plus de 6.200 lits.

Afric Industries : chiffre d’affaires en hausse de 10% au premier trimestre 2025

Au 31 mars 2025, le chiffre d’affaires consolidé d’Afric Industries s’établit à 10,7 MDH, contre 9,8 MDH un an auparavant. Une croissance notable dans un contexte marqué par des effets saisonniers défavorables, notamment les précipitations et le ralentissement d’activité durant le mois de Ramadan.

Malgré ces contraintes, le segment des accessoires en aluminium a fortement progressé, bénéficiant d’une dynamique commerciale soutenue. En revanche, l’activité historique des abrasifs, bien que résiliente, n’a pas connu d’évolution significative.

Du côté des investissements, aucun décaissement n’a été réalisé au cours du trimestre, contre 13.000 DH à la même période en 2024.

La trésorerie nette reste solide, atteignant 4,6 MDH à fin mars, en légère hausse de 9% sur un an. Une évolution attribuée à une gestion optimisée des stocks.

Pour rappel, Afric Industries est spécialisée dans la production et la commercialisation de solutions abrasives et d’accessoires industriels en aluminium. Elle est cotée à la Bourse de Casablanca et siège à Tanger.

LabelVie : chiffre d’affaires en hausse de 8,7% au T1 2025

Le chiffre d’affaires global de LabelVie atteint 4,16 MMDH sur les trois premiers mois de l’année, contre 3,83 MMDH un an plus tôt.

L’activité grande distribution (hors immobilier et ventes de carburants), cœur de métier du groupe, affiche une progression de 11,6%, avec des ventes en hausse de 11,4% à 3,62 MMDH. À périmètre comparable, la croissance ressort à 2%, ce qui montre une amélioration séquentielle portée par un environnement commercial plus favorable.

Cette performance s’explique notamment par l’impact des nombreuses ouvertures opérées en 2024, majoritairement concentrées au second semestre, et la bonne tenue de l’ensemble des formats exploités par le groupe.

28 nouveaux magasins ouverts depuis janvier

Le rythme d’expansion s’est accéléré début 2025 avec l’ouverture de 28 magasins sous enseigne Supeco. Le réseau de LabelVie compte désormais 298 points de vente dans 33 villes marocaines, pour une superficie commerciale globale de plus de 312.000 m², en hausse de 4.509 m².

Cette stratégie d’expansion multiformat et omnicanal s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2024-2028 du groupe, qui prévoit une augmentation de 15% à 20% de la surface de vente en 2025.

Des investissements soutenus, un endettement maîtrisé

LabelVie poursuit ses investissements à un rythme soutenu. Sur le trimestre, le groupe a engagé 331 MDH d’investissements nets, en légère hausse par rapport à la même période de 2024 (+0,9%).

Malgré cette intensification des dépenses, l’endettement net n’a progressé que de 195 MDH sur la période, pour s’établir à 4,31 MMDH au 31 mars 2025. Un niveau jugé maîtrisé au regard du rythme de développement.

Objectif 2025 : plus de 19 MMDH de chiffre d’affaires

Le groupe confirme ses ambitions pour l’ensemble de l’exercice 2025 avec un objectif de chiffre d’affaires supérieur à 19 MMDH. La marge d’EBITDA devrait rester alignée avec la Vision 2028, soit autour de 9,3%.

Un acteur structurant de la grande distribution au Maroc

Le groupe LabelVie est aujourd’hui le leader de la grande distribution multiformat au Maroc. Il exploite les enseignes Carrefour, Carrefour Market, Carrefour Express, Atacadao et Supeco. Coté à la Bourse de Casablanca, le groupe emploie plus de 9.000 personnes et déploie une stratégie RSE active dans les domaines social, environnemental et de gouvernance.

Banques cotées. La hausse des revenus de marché s’explique d’abord par l’exposition structurelle aux bons du Trésor

Depuis quelques années, les revenus issus des activités de marché prennent une place croissante dans les résultats des banques cotées à la Bourse de Casablanca. Change, portage obligataire, arbitrages de portefeuille : ces composantes, longtemps marginales, peuvent aujourd’hui représenter jusqu’à un quart du produit net bancaire de certaines institutions.

Cette montée, souvent perçue comme un relais de croissance face à l’érosion des marges d’intérêt, reste pourtant difficile à interpréter. Car si ces revenus peuvent améliorer ponctuellement la performance, ils sont aussi, par nature, plus volatils, sensibles aux conditions de marché et parfois concentrés sur quelques lignes.

Alors que les résultats 2024 confirment cette tendance, une question s’impose : les activités de marché constituent-elles un véritable levier stratégique pour les banques marocaines, ou une dépendance fragile à des gains non récurrents ?

De quoi sont composés les revenus d’activités de marché ?

Derrière l’intitulé « activités de marché » se cache une réalité composite, souvent technique mais loin d’être secondaire. Il s’agit d’abord des revenus issus des opérations de change, qui reflètent à la fois l’activité clientèle et les arbitrages réalisés par les banques sur le marché des devises.

À cela s’ajoutent les gains enregistrés sur les titres de transaction, principalement les bons du Trésor et autres obligations négociées sur le marché secondaire.

Dans certains cas, ces revenus peuvent aussi inclure des plus-values sur la cession de titres de placement ou des reprises de provisions sur actifs financiers revalorisés.

Leur composition exacte varie d’un établissement à l’autre, mais la logique reste la même. Il s’agit de capter une opportunité de marché, de la convertir en gain et de l’intégrer dans la performance annuelle. C’est ce levier que les banques marocaines mobilisent de façon plus visible depuis quelques années.

Un levier de performance… à manier avec prudence

Pour certains professionnels du marché, les activités de marché peuvent bel et bien s’inscrire dans la durée. C’est notamment le cas des opérations de change, jugées plus stables car directement liées aux flux récurrents de la clientèle.

« Les revenus liés aux opérations de change peuvent constituer une source stable et durable pour les banques marocaines, principalement car ces opérations sont directement liées aux besoins réguliers et récurrents des clients », nous explique un directeur général de salle des marchés. Il ajoute que « les risques liés aux opérations de change peuvent être efficacement maîtrisés grâce à une gestion prudente et à une couverture adaptée ».

Les titres de transaction présentent en revanche un profil plus exposé. Dans le système bancaire marocain, les portefeuilles de bons du Trésor valorisés au prix du marché sont largement répandus, notamment parmi les établissements qui jouent le rôle d’intermédiaires en valeurs du Trésor. Cette configuration accroît mécaniquement la sensibilité des résultats aux mouvements de taux.

« Les banques investissent dans les bons du Trésor principalement en raison de leur liquidité élevée, plutôt que par une stratégie délibérée de placement spéculatif  », précise notre interlocuteur. « Toutefois, ces portefeuilles restent sensibles aux fluctuations des taux d’intérêt, générant des plus-values importantes lors des baisses de taux, et des pertes immédiates lorsque les taux remontent ».

Quant à la place croissante des revenus de marché dans le produit net bancaire, elle ne reflète pas toujours une stratégie offensive«  Cette part, notamment liée aux titres de transaction, traduit davantage une exposition structurelle qu’une démarche proactive de placement spéculatif », poursuit ce directeur de salle. Il souligne que cette volatilité implique une gestion rigoureuse. « Elle impose une diversification des sources de revenus pour éviter une dépendance excessive à ces résultats variables ».

Derrière la performance, une lecture plus complexe

Une part importante des revenus de marché dans le produit net bancaire peut d’abord apparaître comme un indicateur d’agilité financière. Elle suggère une capacité à capter les tendances de taux ou à valoriser activement les portefeuilles. Mais une lecture trop immédiate peut aussi occulter certains effets comptables ou mécaniques.

Dans plusieurs cas, les revenus de marché ne sont pas comptabilisés dans leur intégralité comme tels. Une partie des portefeuilles, notamment les titres classés en « held to maturity« , n’apparaît pas dans les résultats de marché, mais est intégrée dans la marge nette d’intérêt. Le traitement comptable peut donc moduler significativement la part affichée dans le PNB, sans modifier l’exposition réelle.

Source : Servel Asset Management

Comment ont évolué ces revenus entre 2020 et 2024 

Entre 2020 et 2024, la part des revenus issus des activités de marché dans le produit net bancaire des banques cotées a connu une progression continue, avec des profils distincts selon les établissements. Certaines banques comme CIH, BCP ou BOA ont vu ce levier s’installer durablement dans la composition de leurs revenus, atteignant des niveaux historiquement élevés. D’autres, comme CFG ou CDM, affichent des trajectoires plus modérées, avec des contributions globalement stables d’une année à l’autre.

Les niveaux atteints en 2024 s’expliquent en partie par la structure même de ces revenus.

Certaines banques concentrent leur performance sur les titres de transaction, en particulier les bons du Trésor valorisés au prix du marché. D’autres privilégient les opérations de change, plus étroitement liées à l’activité clientèle.

Le premier modèle offre parfois des hausses spectaculaires lorsque les conditions de taux sont favorables, mais il reste sensible aux retournements de marché. Le second s’inscrit dans une logique plus régulière, avec des revenus souvent moins volatils.

Ce positionnement reflète des choix propres à chaque groupe, mais aussi des contraintes de taille, de gestion et de profil de risque. En 2024, la diversité des trajectoires souligne que les revenus de marché ne relèvent pas d’un modèle unique, mais bien d’une palette d’approches, intégrées plus ou moins fortement dans les équilibres bancaires.

Tamwilcom : 47,5 MMDH de financements mobilisés en 2024

L’activité a évolué positivement par rapport à l’année précédente, affichant un taux de croissance de 6% (hors garantie des entreprises et établissements publics), indique un communiqué de Tamwilcom publié à l’issue de la tenue de son 10ᵉ conseil d’administration, sous la présidence de la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah.

Et de noter que l’activité globale de l’institution a dépassé les objectifs fixés au titre du budget 2024, affichant un taux de réalisation de 109%, soulignant que ces résultats témoignent de la dynamique positive de Tamwilcom, principalement en matière de soutien au financement des entreprises privées, qui concentrent 94% du volume des interventions en 2024, avec une orientation marquée vers les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

Grâce à son activité centrale de garantie générique, l’établissement a permis la mobilisation d’un volume de crédits de 41,3 MMDH en faveur des TPME, pour un volume d’engagements de 23,4 MMDH, affichant ainsi une progression de 8% par rapport à l’année précédente, fait savoir la même source.

Et de souligner que 89% de l’activité de garantie a bénéficié aux micros et très petites entreprises (TPE), illustrant clairement l’engagement de Tamwilcom envers ce segment prioritaire.

L’activité de la fenêtre participative Daama Tamwil a également montré une dynamique continue, enregistrant à nouveau une croissance à deux chiffres avec une augmentation de 15% en 2024 par rapport à l’exercice précédent.

L’intervention de Daama Tamwil a permis de couvrir 681 millions de dirhams (MDH) de financements bancaires participatifs, pour un volume d’engagements de 379 MDH.

Les travaux de cette réunion ont essentiellement porté sur l’examen du rapport de gestion au titre de l’exercice 2024, mettant en lumière l’impact significatif de l’intervention de Tamwilcom sur le financement des entreprises et des particuliers.

Au cours de cette réunion, le conseil d’administration a approuvé les états financiers de Tamwilcom pour l’exercice clos le 31 décembre 2024. Pour cette période, le Produit Net Bancaire (PNB) a atteint 807 MDH, tandis que le Résultat Net s’est établi à 386 MDH.

La BCP enregistre une hausse de 20,2% de son résultat net en 2024

Le produit net bancaire (PNB) consolidé du groupe BCP a progressé de 12,3% pour atteindre 25,6 MMDH. Cette performance est tirée par une dynamique positive de la marge d’intérêts (4,3%) et de la marge sur commissions (4,1%), ainsi que par une bonne performance des activités de marché.

Le résultat net consolidé a augmenté de 20,2% pour s’établir à 5 MMDH, tandis que le résultat net part du groupe a progressé de 19,3% à 4,1 MMDH.

Par ailleurs, le groupe a continué à maîtriser ses frais généraux, qui ont augmenté de seulement 3% pour atteindre 11,6 MMDH, permettant ainsi une réduction du coefficient d’exploitation à 45,1%.

Au Maroc, l’encours de collecte des dépôts a progressé de 7,1% pour atteindre 313,4 MMDH. Cette performance est principalement due à la dynamique positive des segments des particuliers (12,5 MMDH) et des entreprises (8,4 MMDH), reflétant la confiance accrue des clients envers le groupe.

La part des ressources non rémunérées a également augmenté, atteignant 77,9%.

Les crédits à l’économie se sont stabilisés à 235 MMDH, avec une contraction des crédits de trésorerie compensée par une amélioration des crédits à l’équipement. Le PNB de la Banque au Maroc a augmenté de 20,5% pour atteindre 16,3 MMDH, soutenu par une amélioration de la marge d’intérêts (8,4%) et une progression de 68,5% du résultat des activités de marché.

Les filiales du groupe BCP, tant au Maroc qu’à l’international, continuent de jouer un rôle clé dans la diversification des revenus. Les filiales internationales ont contribué à hauteur de 25% au PNB consolidé, avec une amélioration de 2,1% de leur PNB agrégé.

Les filiales métiers au Maroc ont quant à elles contribué à 23% du PNB consolidé, grâce à une progression de la marge sur commissions et des activités de marché.

Le groupe a maintenu une politique de provisionnement prudente, avec un coût du risque en hausse de 15,6% pour atteindre 6,2 MMDH. Le fonds de soutien, un mécanisme de solidarité spécifique au modèle coopératif du groupe, a été renforcé de 7%, atteignant près de 4 MMDH.

La provision pour risques généraux (PRG) s’élève à 6 MMDH, renforçant ainsi la solidité financière du groupe.

Le groupe BCP dispose d’un réseau de 10.438 points de distribution, renforçant sa proximité avec ses 8,6 millions de clients. Cette présence étendue permet au groupe de maintenir une relation de confiance avec sa clientèle, tout en continuant à développer ses services digitaux, avec 1,1 million de clients équipés en produits digitaux.

La notation du groupe reste stable, avec une note de BB/Stable/B selon Standard & Poor’s (S&P) et de Ba1/Stable selon Moody’s. Ces notations reflètent la solidité financière du groupe et sa capacité à faire face aux défis économiques.

 

CIH Bank termine 2024 avec une hausse de 6,1% de son PNB

CIH Bank affiche une progression solide de ses indicateurs financiers au terme de l’année 2024. Le produit net bancaire (PNB) consolidé s’établit à 4,7 MMDH, en hausse de 6,1% par rapport à l’exercice précédent.

Sur le seul quatrième trimestre, il ressort à 1,2 MMDH, ce qui confirme la régularité de la performance de la banque sur l’année.

Le PNB social, quant à lui, atteint 3,82 MMDH, marquant une croissance de 3,3% sur un an. L’activité commerciale reste bien orientée, avec un total bilan consolidé qui progresse de 12,4% pour s’établir à 141 MMDH.

L’évolution des dépôts et des crédits traduit un dynamisme soutenu. Les dépôts de la clientèle atteignent 84,5 MMDH, enregistrant une hausse de 13,9% par rapport à fin 2023.

Dans le même temps, les crédits à la clientèle progressent de 11,5%, totalisant 101,2 MMDH.

Sur une base sociale, la tendance reste positive avec une croissance du bilan de 9,6%, atteignant 114,8 MMDH. Les dépôts clientèle s’élèvent à 73,7 MMDH, en hausse de 11,4%, tandis que les crédits accordés progressent de 8,2%, atteignant 78,5 MMDH.

Crédit Agricole du Maroc : 29% de croissance du PNB consolidé en 2024

Selon le communiqué financier, à fin 2024, l’encours des crédits distribués par le CAM s’élève à 118 MMDH, en hausse de 4% par rapport à fin 2023, où il s’établissait à 113 MMDH.

Cette performance confirme l’engagement du groupe en faveur du financement de l’ensemble des secteurs économiques, avec un accent particulier sur la petite agriculture, confrontée à des défis majeurs comme le déficit hydrique et les effets des changements climatiques.

Côté épargne, l’encours mobilisé par le CAM atteint 117 MMDH, soit une progression de 9% par rapport à fin 2023.

La collecte nette des dépôts à vue a augmenté de 18%, tandis que les dépôts à terme ont reculé de 11%, reflétant une amélioration de la structure des dépôts de la banque.

Le produit net bancaire social du CAM s’élève à 1,2 MMDH au quatrième trimestre 2024, en progression de 27% par rapport au même trimestre de 2023, où il s’établissait à 0,9 MMDH.

Sur l’ensemble de l’année, le PNB social atteint 4,5 MMDH, soit une hausse de 32% par rapport à l’exercice précédent, où il s’élevait à 3,4 MMDH.

Le PNB consolidé, quant à lui, affiche une progression de 31% au quatrième trimestre 2024, atteignant 1,3 MMDH, contre 1 MMDH au quatrième trimestre 2023.

Sur l’année, le PNB consolidé s’établit à 4,8 MMDH, en hausse de 29% par rapport à 2023, où il s’élevait à 3,7 MMDH.

Ces performances s’expliquent principalement par la progression des revenus des activités de marché et l’amélioration de la structure des dépôts de la banque. Le Crédit Agricole du Maroc confirme ainsi sa position de leader dans le secteur bancaire marocain, avec une stratégie axée sur le soutien à l’économie et l’innovation durable.

Parmi les faits marquants de l’année, le CAM a renforcé ses fonds propres réglementaires grâce à l’émission réussie d’un emprunt obligataire subordonné d’un montant de 1 MMDH, destiné aux institutionnels. Cette opération s’inscrit dans une stratégie visant à consolider la position financière du groupe.

En outre, le CAM a signé un partenariat stratégique avec l’Agence française de développement (AFD) pour soutenir l’investissement et l’innovation dans le secteur agricole. Ce partenariat vise à accompagner les opérateurs économiques dans leur transition écologique, renforçant ainsi l’engagement du CAM en faveur d’une agriculture durable et résiliente.

Le groupe a également conclu un accord de prêt de 50 millions d’euros avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Ce financement est destiné à soutenir les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), dont 65% sont situées dans les zones touchées par le séisme d’Al Haouz en septembre 2023.