Risques et opportunités : l’ONCF commande un audit stratégique

L’Office national des chemins de fer (ONCF) vient de lancer un appel d’offres pour l’élaboration d’une cartographie des risques stratégiques que l’institution encourt, ainsi que de ses opportunités.

Selon le cahier des clauses techniques particulières inclus dans l’appel d’offres, les prestations objet de cet accompagnement se composent de deux missions :

– 1ʳᵉ mission : réalisation d’un audit global et d’une revue critique du processus de gestion des risques ;

– 2ᵉ mission : élaboration de la cartographie des risques et opportunités en adoptant l’approche ‘top-down’, composée de trois étapes, à savoir :

Le délai global d’exécution des prestations est fixé à 120 jours pour un coût estimé à 562.800 DH.

Les investisseurs étrangers dynamisent-ils réellement la liquidité de la Bourse de Casablanca ? (Bachir Tazi)

Les investisseurs étrangers détiennent 26,9% de la capitalisation boursière au Maroc. Cependant, 92% sont des participations stratégiques dans des groupes industriels et dans des groupes bancaires… C’est ce qui ressort des derniers chiffres clés du marché publiés par l’AMMC. Ces participations sont détenues sur le long terme et rarement échangées sur le marché.

La présence des investisseurs étrangers sur un marché financier est souvent perçue comme un facteur de dynamisation des échanges et d’amélioration de la liquidité. Leur capacité à injecter des capitaux, à diversifier la base d’investisseurs et à renforcer la profondeur du marché est généralement mise en avant pour justifier leur rôle structurant.

Pourtant, dans le cas de la Bourse de Casablanca, la question de leur contribution à la liquidité se pose. Leur présence influence-t-elle réellement le dynamisme des échanges, ou leur structure d’investissement limite-t-elle l’impact sur le marché secondaire ?

Bachir Tazi, directeur général de CFG Capital Markets, partage ses réflexions.

La liquidité réelle du marché boursier est mesurée par la part flottante. « Il faut nuancer entre les participations stratégiques et les participations flottantes. Que ce soit pour les investisseurs étrangers ou pour n’importe quelle autre catégorie d’investisseurs, c’est la capitalisation flottante qui contribue à la liquidité du marché », explique Bachir Tazi.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la simple détention d’actions par des investisseurs étrangers ne garantit pas une augmentation de la liquidité. Ce qui importe réellement, c’est leur participation active aux transactions.

« La capitalisation flottante détenue par les étrangers représente 8% de la capitalisation flottante totale », ajoute Bachir Tazi.

Comment ces investisseurs étrangers contribuent-ils à cette liquidité ?

Les investisseurs étrangers apportent un profil distinct de celui des investisseurs locaux, ce qui contribue ainsi à la diversification des dynamiques du marché. Cette diversité joue un rôle important pour renforcer la liquidité d’un marché financier.

« Plus on multiplie les types de profils sur un marché, mieux on améliore la liquidité », souligne Bachir Tazi.

Ils contribuent proportionnellement à leur participation dans la capitalisation flottanteChaque profil d’investisseur se distingue par des niveaux de risque, des politiques d’investissement, des horizons de placement et des contraintes spécifiques. Par exemple, certains privilégient le rendement à court terme, tandis que d’autres adoptent une vision de moyen ou long terme, cherchant des opportunités de croissance durable.

« Les investisseurs institutionnels, les particuliers, les étrangers, les locaux, les court-termistes, les moyen-termistes et les non-termistes… tous ces profils enrichissent le marché en diversifiant les comportements et en répondant à des logiques d’investissement différentes », ajoute-t-il.

En multipliant les catégories d’acteurs, la liquidité s’améliore de manière structurelle. Cette diversité des profils contribue à l’animation continue des échanges, en équilibrant les mouvements sur le marché et en réduisant les effets des variations ponctuelles.

Les investisseurs étrangers contribuent à la liquidité du marché parce qu’ils apportent un profil différent

Quel est le profil des investisseurs étrangers ?

Les investisseurs étrangers qui interviennent sur le marché marocain adoptent généralement une approche d’investissement de moyen et long terme. Contrairement aux investisseurs locaux, qui sont souvent en quête de rendements réguliers, les investisseurs étrangers privilégient les actifs à fort potentiel de croissance.

« Les investisseurs étrangers sont des investisseurs « long-termistes », avec des cycles moyens de 5 ans. Ils recherchent des histoires de croissance plus que du rendement, contrairement à certains investisseurs locaux qui privilégient les dividendes », précise Bachir Tazi.

Ce positionnement impacte directement leur rôle dans le marché :

« Ces investisseurs ne cherchent pas à surperformer un benchmark, mais plutôt à identifier des valeurs sous-valorisées par le marché. Ce sont des opportunités sur le moyen et le long terme », ajoute-t-il.

Une participation historique en déclin dans les échanges

Si les investisseurs étrangers apportent une diversité précieuse, « leur contribution aux volumes échangés a diminué ces dernières années. Entre 2000 et 2015, leur participation moyenne était d’environ 18%, avec un pic de 23% en 2013. En revanche, cette part est tombée à 10% en 2023 et devrait se situer autour de 8% cette année [2024, ndlr] ».

Bachir Tazi attribue cette baisse à des arbitrages entre différents marchés, une approche fréquemment adoptée par les investisseurs étrangers.

« Ce sont des investisseurs étrangers qui ont accès à plusieurs marchés dans le monde, contrairement aux investisseurs locaux, limités par des contraintes réglementaires qui les concentrent sur le marché marocain. Ils disposent donc de moins d’alternatives« .

Ce n’est pas un manque de confiance dans le marché marocain, mais une question de cycles

« Depuis la reprise post-Covid en 2022, les marchés développés ont enregistré de solides performances. Face à un dollar fort et à des opportunités attractives sur ces marchés, il est logique qu’un investisseur étranger privilégie ces destinations plutôt qu’un marché émergent comme celui du Maroc, perçu comme plus risqué. Cette tendance s’inscrit dans une logique purement cyclique », conclut Bachir Tazi.

Choukri Oimdina, nouveau directeur des risques à Attijariwafa bank

Choukri Oimdina remplace ainsi Talal El Bellaj, parti à la retraite.

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur d’Etat, d’un DESS en finance et d’un MBA de l’Ecole nationale des ponts et chaussées, Choukri Oimdina occupait le poste de directeur général du pôle risque et engagements à BCP, depuis mars 2019.

Un décret pour étoffer l’arsenal de gestion des risques d’inondation

Le Conseil de gouvernement, réuni ce mercredi 15 novembre, a adopté le projet de décret n° 2.23.80 sur la protection et la prévention des inondations et la gestion des risques qui y sont liés.

Ce texte vient définir les modalités de mise en œuvre des dispositions de certains articles (de 117 à 123) de la loi n° 36.15 sur l’eau.

>l’octroi des autorisations.

Selon l’article 117 de la loi 36.15, il est interdit d’établir, sans autorisation, dans les terrains submersibles, des digues, constructions et autres aménagements susceptibles de gêner l’écoulement des eaux d’inondation, sauf pour la protection des habitations et propriétés privées attenantes. Le nouveau projet de décret définit les modalité d’octroi de cette autorisation par le président du conseil communal, après consultation de l’agence de bassin hydraulique.

>Atlas des zones inondables et plans de prévention des risques d’inondation.

L’Atlas des zones inondables est établi par l’agence de bassin hydraulique. Il délimite ces zones selon trois niveaux de risque d’inondation : faible, moyen ou élevé. Ce document doit être élaboré sur la base d’études et de recherches en concertation avec les services locaux de l’Intérieur, de l’Agriculture, de l’Eau, de l’Aménagement du territoire, de la Direction générale de la météorologie, entre autres. Etabli pour une période de vingt ans, il peut faire l’objet de révisions chaque fois que les circonstances l’exigent.

Par ailleurs, des plans de prévention des risques d’inondation établis par l’agence indiquent les règles et les normes à respecter lors de la conception des projets et de l’établissement des documents de planification sectorielle et d’aménagement du territoire.

Ces plans doivent être établis par l’Agence dans un délai maximal de six ans à partir de la publication de ce décret au Bulletin officiel.

>la détection et la surveillance des risques d’inondation et leur gestion.

Le nouveau décret définit les modalités de fonctionnement des comités de vigilance créés au niveaux national, régional et local pour la gestion et le suivi des événements d’inondation. Il sont chargés entre autres de la coordination et du suivi des :

– opérations d’alerte, d’information et de sensibilisation de la population ;

– opérations d’intervention et d’organisation des secours ;

– collecte des informations nécessaires à l’évaluation des dégâts.

Ces comités de veille, qui se composent des représentants des autorités gouvernementales, des établissements publics et des collectivités territoriales concernées, se réunissent deux fois par an.