Round up. Ce qu’il faut savoir sur les interconnexions électriques du Maroc

Ce jeudi 23 janvier, le Maroc et la Mauritanie prévoient, à travers les ministères de tutelle respectifs, de signer un mémorandum d’entente pour la mise en place d’une interconnexion électrique.

Interconnexion électrique Maroc-Mauritanie : un premier pas vers une intégration régionale

C’est un accord historique qui, une fois signé, sera un pas supplémentaire vers l’intégration économique africaine prônée par le Royaume.

Il fait écho à un premier mémorandum d’entente signé en novembre 2023 entre les autorités de régulation du secteur énergétique des deux pays avec pour objectif de « travailler de concert pour une meilleure intégration énergétique régionale ».

Sur le plan technique, Younes Maamar, expert énergétique, explique à Médias24 que le projet d’interconnexion entre le Maroc et la Mauritanie existait depuis des années. « C’est un ancien projet qui était sur la table, mais qui se concrétise aujourd’hui, à la suite de l’augmentation des économies et des masses critiques des réseaux électriques respectifs, permettant de justifier la pertinence d’une intégration électrique régionale », nous explique-t-il.

En quoi ce projet est-il important ? « L’interconnexion électrique avec les régions et l’extension des périmètres d’interconnexion électrique sont bien évidemment de nature à pouvoir renforcer les échanges énergétiques et les soutiens réciproques des différents pôles électriques, notamment le West Africa Power Pool qui est un système d’échange d’énergie électrique ouest-africain », répond notre interlocuteur.

En effet, le partenariat stratégique entre les deux pays voisins ouvre également la voie à des projets ambitieux tels que l’interconnexion électrique entre le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, qui constitue une première étape vers une intégration plus large avec le West African Power Pool (WAPP).

Les différentes interconnexions existantes ou en projet 

Maroc – Espagne, une liaison fonctionnelle qui se renforce

Comme dit l’adage, « l’électron n’a pas de frontières ». Le Maroc dispose déjà d’interconnexions opérationnelles avec des pays voisins et d’autres en projet. Toutes ces liaisons sont portées, développées et gérées par l’ONEE. 

Des infrastructures existent reliant le système électrique marocain à ceux de l’Espagne et de l’Algérie.

L’interconnexion avec l’Algérie est entrée en service depuis 1988 avec deux lignes de 400 kV et deux lignes de 225 kV.

Celle avec l’Espagne, actuellement l’unique interconnexion électrique entre l’Europe et l’Afrique, a été mise en service en 1998 et offre, à fin 2022, une capacité d’échange de 1400 MW, grâce à 2 lignes sous-marines de 400 kV (26 Km de long).  Elle est composée de sept câbles : trois pour chaque circuit, plus un en réserve.

Seule l’interconnexion avec l’Espagne est active. Il n’y a pas d’échanges d’électricité avec l’Algérie.

Pour la liaison avec le voisin du Nord, le bilan des échanges en 2023 porte sur un solde positif de 1.849,5 GWh, dont 2.311 GWh pour les importations et 461,6 GWh pour les exportations.

Une troisième liaison de 400 kV d’une capacité de 700 MW est prévue pour étendre le réseau actuel. Le coût du projet devrait s’élever à 169 millions de dollars, assumé à parts égales par l’Espagne et le Maroc.

Projet en cours d’étude avec le Portugal

Le Maroc a aussi pour projet une interconnexion avec le Portugal. Les deux pays ont signé, à Dubaï, une déclaration conjointe relative à un projet d’interconnexion électrique entre les deux pays. Celle-ci vise à actualiser les études techniques et le coût financier de ce projet.

Selon les premiers résultats de la dernière étude de faisabilité datant de 2018, le coût de cet ouvrage est estimé à un peu plus de 700 millions d’euros. Grâce à ce projet, d’une capacité de 1.000 MW, les deux pays pourront vendre de l’énergie et disposeront aussi d’une énergie moins chère.

Boycott des études médicales : retour sur les étapes marquantes de la crise de l’année

Pour remonter le fil de l’histoire, il est nécessaire de revenir là où tout avait commencé. En vue de réformer le système de santé et d’apporter une réponse à un besoin pressant en ressources humaines, le gouvernement Akhannouch approuve, en 2022, la possibilité de la réduction de la formation en médecine.

En mars 2023, la décision se concrétise et est publiée au Bulletin officiel. Le ministère de l’Enseignement supérieur, ministère de tutelle aux côtés du ministère de la Santé, promet alors aux étudiants qu’une feuille de route fixant le déroulement de la nouvelle sixième année et des modalités relatives au troisième cycle sera prête en juillet 2023.

Mais, à en croire le corps étudiant représenté par la Commission nationale des étudiants en médecine, en médecine dentaire et en pharmacie (CNEMEP), le département de Abdellatif Miraoui a failli à ses engagement.

Avec la persistance du flou qui entoure ladite sixième année, ainsi que les différentes problématiques qui y sont liées, comme le manque des mesures d’accompagnement et le retard injustifié dans la publication du cahier des charges pédagogique concernant le troisième cycle, la CNEMEP a ficelé, en décembre 2023, son dossier revendicatif. C’est le début de l’escalade.

Rejet de la réduction de la durée de la formation en médecine, augmentation du nombre de postes ouverts pour le concours de résidanat, annulation de l’accès à la spécialité par voie de l’internat, révision de toutes les restrictions pédagogiques et administratives liées aux thèses, optionnalité de la médecine de famille : telles étaient les principales doléances du corps étudiant.

Des manifestations qui dégénèrent rapidement en un long boycott

En l’absence de visibilité quant au déroulement de la nouvelle sixième année de médecine et d’un cahier des charges pédagogique concernant l’enseignement des spécialités, de premières manifestations sont organisées par les étudiants les 7 et 8 décembre 2023.

Après le sit-in du 7 décembre, le boycott ouvert des études, stages et examens est annoncé à l’issue d’une assemblée générale de la CNEMEP. Effet boule de neige : début janvier 2024, les examens de la première session du 1er semestre sont reportés jusqu’à nouvel ordre, après avoir été entièrement boycottés par les étudiants. Après le boycott des examens, les étudiants en médecine décident de s’atteler aux études, boycottées jusqu’à nouvel ordre depuis le 29 janvier 2024.

Le 15 février, une nouvelle rencontre réunit les étudiants en médecine et les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé. Alors que de nouveaux acquis sont concédés aux futures blouses blanches, laissant présager un dénouement de la situation, les étudiants en médecine remettent en question l’effectivité de leur implication dans les discussions. Refusant de transiger, le corps étudiant insiste en effet sur la révision de la réduction de la durée de formation, sa principale revendication.

Quand l’annonce du rattrapage jette de l’huile sur le feu

Une nouvelle session des examens partiels est programmée en février 2024. Mais elle est également boycottée avec succès dans l’ensemble des facultés de médecine et de pharmacie du pays.

Après le maintien du boycott par les étudiants en médecine, les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé jouent la carte de l’intransigeance. Lors d’une conférence de presse tenue le 22 février pour clore le débat, ils annoncent la fin du premier semestre.

Une session de rattrapage des examens partiels est prévue d’office pour la fin de l’année. Abdellatif Miraoui et Khalid Aït Taleb écartent toute ambiguïté. Le cursus des études en médecine passera à 6 ans. La décision n’est plus sujet à débat ou à surenchère, affirment-ils.

Lors d’une conférence de presse tenue quelques jours plus tard, les étudiants rejettent les propos tenus par les ministres de tutelle qui les accusent « d’être incités par certaines parties et de refuser la réduction des années de formation dans le but de pouvoir immigrer à l’étranger pour travailler ». Le corps étudiant affirme « préférer une année blanche à un avenir sombre ».

Le conflit opposant les ministères et le corps étudiant s’envenime davantage quand, en mars, des mesures coercitives (convocations disciplinaires et suspensions) sont prises à l’encontre de certains étudiants, sur fond de « sabotage de la faculté et perturbation du déroulement normal des études et de la formation ». Les facultés procèdent par ailleurs à la dissolution des bureaux de la représentation estudiantine.

Échec de la première tentative de médiation par Mustapha Baitas

En mai, la déclaration du chef de gouvernement, soulignant l’importance cruciale de la formation médicale et pharmaceutique pour l’État, est reçue avec enthousiasme par les étudiants en médecine, ouvrant la voie à une médiation avec le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

Des propositions gouvernementales visant à surmonter la crise des étudiants en médecine se dégagent des réunions de médiation et, en premier lieu, une 7e année facultative pour concilier ceux s’opposant à la réduction de la durée de la formation médicale.

Néanmoins, l’option d’une 7e année facultative ne produit pas l’effet escompté. Les étudiants jugent que cette solution reste insuffisante pour la levée définitive du boycott et décident de ne pas céder sans la signature d’un procès-verbal (PV) et d’accords fixant les modalités de reprogrammation des cours et concernant la note zéro attribuée aux étudiants qui ont boycotté les examens.

Peu convaincus par les conclusions de la réunion tenue le 21 juin avec les ministres de l’Enseignement supérieur, de la Santé et le porte-parole du gouvernement, la majorité des étudiants décident à nouveau de boycotter les examens de la session de printemps. En cause, l’absence de signature d’un PV pour officialiser les points d’accord trouvés et d’une re-programmation convenable des examens.

Boycott des examens du deuxième semestre

Dans un communiqué publié le 25 juin tard dans la soirée, la CNEMEP déclare que les résultats de la réunion tenue le 21 du même avec le gouvernement n’ont pas répondu à leurs attentes et témoignent d’un « recul par rapport aux bases de travail commun précédemment établies », annonçant dans la foulée le maintien du boycott de toutes les activités pédagogiques, y compris les examens, les stages hospitaliers, ainsi que les cours théoriques et pratiques.

Les examens, qui ont débuté fin juin et se sont poursuivis au mois de juillet, sont boycottés par 90% des étudiants. Une série de manifestations et d’actions sont organisées par le corps étudiant tout au long du mois de juillet.

Un mois plus tard, Abdellatif Miraoui déplore à la Chambre des conseillers le « recul » des étudiants en médecine sur les accords avec le gouvernement.

Or, dans le cadre des propositions gouvernementales pour répondre aux revendications des étudiants, deux projets de décret sur la formation aux métiers de la santé sont adoptés le 25 juillet en Conseil de gouvernement. Si le gouvernement tient sa promesse en adoptant ces deux textes, il ne fléchit pas en ce qui concerne sa décision de réduire la durée du cursus médical. Le boycott des étudiants se poursuit.

Le Parlement s’en mêle… 

Après avoir été contactée par des parents d’étudiants, la majorité parlementaire convoque une réunion de médiation impliquant ces derniers.

Prévue le mercredi 28 août, la réunion doit servir à la présentation, par les représentants de la majorité, des nouvelles propositions soumises à Abdellatif Miraoui au sujet de la crise des études médicales. Mais les parents des étudiants finissent par décliner l’invitation après le mécontentement exprimé par les étudiants qui estiment que seuls leurs représentants sont habilités à s’asseoir à la table des négociations. « Inviter les tuteurs signifie que les étudiants en médecine ne sont pas aptes à mener leur combat tout seuls », s’indignent-ils.

Dans des avis aux étudiants publiés les 2 et 3 septembre, les facultés de médecine et de pharmacie rompent le silence, apportant une réponse aux nombreuses interrogations exprimées par les étudiants durant l’été. Elles précisent que la session du 5 septembre est maintenue, et que les évaluations prévues à partir du 5 du même mois se dérouleront selon le calendrier précédemment affiché.

Les facultés annoncent par ailleurs une session exceptionnelle du 2e semestre, à condition de passer les évaluations de la session du 5 septembre. Cette session permettra l’annulation de la note zéro (due à l’absence), précisent les décanats, notant que la validation des modules correspondants sera considérée sur la base de données (APOGEE) et figurera automatiquement sur le relevé de notes de l’étudiant. Quant aux étudiants faisant l’objet de sanctions disciplinaires et ayant introduit un recours, ceux-ci conservent, conformément aux pratiques précédentes, le droit de se présenter à toutes les évaluations en cours.

Malgré ces mesures, les examens de rattrapage de la session du 5 septembre sont, là encore, boycottés par 90% des étudiants.

… le Médiateur du Royaume aussi

Le 5 septembre, le Médiateur du Royaume se charge officiellement des bons offices dans la crise des études médicales. À la suite d’une réunion tenue avec Mohamed Benalilou et des représentants des étudiants, il est proposé que cette institution intervienne pour jouer les bons offices de manière officielle et sérieuse, après l’échec du dialogue avec le gouvernement. La première réunion de médiation a lieu le 20 septembre.

À la suite de l’intervention du Médiateur du Royaume, les étudiants en pharmacie décident de lever le boycott après la signature, le dimanche 22 septembre, d’un procès-verbal avec le ministère de l’Enseignement supérieur qui dévoile, dans un communiqué publié le 26 septembre, les modalités de la reprise pour la filière pharmacie.

Le corps étudiant de la filière médecine, lui, ne transige pas. Pour ces étudiants, l’offre gouvernementale demeure incomplète. Se réjouissant de l’issue favorable au dossier de la filière de pharmacie, la CNEMEP annonce une manifestation « sans précédent » en octobre, après l’échec de la médiation avec la filière de médecine dont 75% des étudiants ont refusé la dernière proposition gouvernementale.

S’accrochant à son agenda militant, la CNEMEP coordonne avec tous les bureaux et conseils étudiants locaux pour organiser des sit-in et des actions de protestation dans toutes les facultés au cours des deux prochaines semaines.

À la suite des manifestations des étudiants en médecine les 25 et 26 septembre, dispersées par les forces de l’ordre, 28 étudiants en médecine sont déférés devant le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat. 27 d’entre eux font aujourd’hui l’objet de poursuites en état de liberté provisoire. « Ils sont poursuivis pour désobéissance, non-respect des ordres des autorités et attroupement non autorisé et non armé. La première audience de leur procès a été fixée au 23 octobre », affirment nos sources.

Selon nos informations, le Médiateur du Royaume s’est réuni le lundi 30 septembre avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Dans la soirée du 30 septembre, le ministère de tutelle a annoncé dans un communiqué une série de mesures pour mettre fin à la crise des étudiants en médecine, proposées par le Médiateur et acceptées par le gouvernement. Le communiqué précise qu’à l’heure de sa publication, le Médiateur n’avait pas encore trouvé un accord avec les étudiants…

Round up. Composition et zones desservies par la station de dessalement de Casablanca

Le lundi 10 juin 2024 est une date à retenir puisqu’elle correspond à la date du coup d’envoi des travaux de construction de la station de dessalement de Casablanca, par le Prince héritier Moulay El Hassan.

Ce mégaprojet extrêmement stratégique pour le Maroc va bon train. L’occasion de revenir sur les détails les plus importants à savoir sur celui-ci.

Composition de la station

Implémenté dans la province d’El Jadida, ce projet d’envergure porte sur la réalisation d’une unité de dessalement d’eau de mer par osmose inverse et la mise en place d’un système de transport de l’eau potable produite.

La première tranche de la station doit être opérationnelle fin 2026. Lors de cette première phase, la station doit atteindre une capacité de 548.000 m3 par jour (200 millions de m3 par an), extensible à 822.000 m3 par jour (300 millions de m3 par an) d’eau traitée dans une seconde phase, prévue pour la mi-2028.

De dernière génération, la station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca comportera deux conduites d’amenée d’eau de mer de 1.850 ml de longueur, un émissaire de rejet de 2.500 ml de longueur, des installations de dessalement par osmose inverse (des filtres sous pression et des microfiltres), une unité de traitement des boues, un centre de contrôle et de gestion des stations de pompage, outre un réservoir de stockage de l’eau potable produite.

Ci-dessous les différentes composantes de la station :

Trois grandes zones desservies

Établie sur un site d’une superficie de 50 ha, la station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca vise à sécuriser l’alimentation en eau potable du Grand Casablanca, de la zone de Berrechid-Settat et de celle d’El Jadida-Azemmour, et d’atténuer le déficit en eau enregistré dans le bassin de l’Oum Er-Rbia.

Elle est en effet appelée à desservir une aire géographique dont la population est estimée à 7,5 millions d’habitants.

Le projet comprend trois stations de pompage, plusieurs réservoirs de stockage et un réseau de distribution de près de 130 kilomètres de conduites d’adduction.

Selon la carte ci-dessous, plusieurs zones seront desservies. Il y a le grand Casablanca, Nouaceur, Berrechid, Sidi Rahal, Had Soualem, Bir Jdid, Settat et El Jadida.

Pour ce faire, la station sera raccordée à plusieurs réservoirs, à savoir ceux de Bouskoura, Médiouna, Ouled Ziane et Bir Jdid.

Le prix moyen sera inférieur à 4,50 DH/m3

Les 300 millions de mètres cubes (Mm3) iront essentiellement à l’eau potable. Une dotation de 50 Mm3 sera réservée à l’agriculture. Le prix moyen actualisé sur 27 ans, sortie usine, sera inférieur à 4,50 DH/m3.

Ce projet d’envergure nécessite un investissement privé total de 11 MMDH. Ce montant sera financé par l’apport en fonds propres des actionnaires et par de la dette.

Rappelons que l’entreprise projet dédiée à la station de dessalement de Casablanca a été créée. Dénommée Al Baidaa Desalination Company (ADEC), « شركة البيضاء لتحلية المياه », cette société aura pour actionnaire les trois membres du consortium avec une répartition de capital comme suit :

o Acciona : 50% ;
o Green of Africa (GOA) : 45% ;
o Afriquia Gaz : 5%.

Sur les 11 MMDH, 6,5 MMDH concernent la composante usine de dessalement, dont le financement est supporté par le consortium.

Un parc éolien de 360 MW

L’autre composante du projet est le parc éolien qui, lui, nécessitera un investissement de 4,5 MMDH, entièrement supporté par GOA et financé sur le marché national.

Ce sera la première usine de dessalement au monde qui sera alimentée à 100% par l’énergie renouvelable. L’électricité d’origine éolienne sera livrée à partir du parc éolien de Bir Anzarane de 360 MW de puissance installée. La demande de l’usine de dessalement représentera 45% de la production de ce parc.

Les contrats de travaux pour sa réalisation sont déjà signés avec les prestataires. La mise en service du parc éolien se fera bien avant le démarrage de l’usine de dessalement.