En raison des intempéries, des axes routiers peuvent connaître des perturbations de la circulation à partir de ce vendredi

Suite au bulletin d’alerte météorologique émis par la Direction générale de la météorologie, certains axes routiers relevant de ces provinces peuvent connaitre des perturbations de la circulation », indique le ministère de l’Équipement de l’eau, dans un communiqué.

Dans des situations météorologiques pareilles, qui coïncident avec les vacances de la fin de semaine et afin d’assurer la sécurité des usagers de la route, le ministère exhorte ces derniers à reporter leur voyage à travers ces provinces durant cette période sauf en cas de force majeure, à éviter les déplacements pendant la nuit et à se préparer avant le voyage par la vérification de l’état mécanique des véhicules tels que la batterie, les freins, l’éclairage, la pression des pneus, les balais d’essuie-glace, etc.

Le ministère appelle également les citoyens à faire preuve de vigilance, surtout au niveau des sections routières susceptibles d’être submergées, notamment les points bas et les traversées de la route des oueds et chaâbas, à éviter le passage sur les radiers submersibles pendant les crues, à éviter l’excès de vitesse et tout dépassement ou manœuvre brusque et à respecter la distance de sécurité entre les véhicules.

Dans ce contexte, la même source met l’accent sur la nécessité de respecter les panneaux de signalisation et de se conformer aux instructions des autorités locales et des brigades sur place relevant de ses directions territoriales, et ce, afin d’assurer une circulation routière fluide.

Nizar Baraka : “22.000 km de routes ont été mis en place dans les zones rurales”

Le ministre de l’Équipement et de l’eau a souligné l’importance de désenclaver les zones rurales. Il affirme qu’un comité a été mis en place pour “définir les priorités des régions”.

La mise en place du projet pour réduire les disparités a nécessité 36 milliards de DH. Ce travail, réalisé en partenariat avec plusieurs composantes gouvernementales, a permis de « mettre en place 22.000 km de routes ». Cela a mené au désenclavement de « 3 millions d’habitants du monde rural », a précisé Nizar Baraka.

Le ministère de l’Équipement et de l’eau a atteint la phase 2 de ce projet. Des accords sont mis en place avec plusieurs régions afin de créer de nouvelles routes dans le milieu rural. L’investissement annoncé par Nizar Baraka est de 4 MMDH.

La nouveauté mentionnée par le ministre concerne l’entretien des routes : 500 kilomètres seront maintenus chaque année.

Un an après le séisme d’Al Haouz, le point sur l’avancement des chantiers dans les secteurs routiers et de l’eau

À environ un an du séisme qui a touché la région du Haut Atlas, le ministère de l’Equipement et de l’eau, joint par Médias24, fait le bilan de ses réalisations dans les provinces et la préfecture qui ont été les plus affectées, à savoir Al Haouz, Chichaoua, Ouarzazate, Azilal et Marrakech.

À fin août, 98% des décombres ont été évacués

« Dans le cadre de l’approche adoptée par la Commission interministérielle chargée du programme de reconstruction et de réhabilitation générale des zones sinistrées par le séisme, en exécution des orientations royales visant la reconstruction des zones affectées, le ministère de l’Equipement et de l’eau (MEE) a été chargé, eu égard à son expérience et en coordination avec le ministère de l’Intérieur, de l’opération d’évacuation des débris et des décombres des bâtiments publics et des maisons effondrées pour préparer les terrains à une reconstruction rapide et assurer le relogement de la population touchée », nous explique-t-on au ministère.

« Cette opération, menée en étroite collaboration avec les pouvoirs publics et suivie à différents échelons, a permis à l’horizon du mois de juin 2024 d’atteindre 90% des objectifs fixés pour arriver à 98% à fin août de la même année ».

Dans le cadre du programme d’urgence, validé par ladite Commission, le MEE s’est attelé à mettre en œuvre deux actions primordiales dans le secteur routier, à savoir :

– La réhabilitation et la mise à niveau de la route stratégique reliant les provinces les plus touchées, à savoir la route nationale 7. Après la réalisation des études techniques, la préparation des marchés et la mobilisation des moyens financiers, 64 km de cette route sont en cours de travaux d’élargissement, de renforcement et de traitement de l’environnement sur les sections reliant Ouirgane et Talat N’Yaaqoub et entre Tizi N’Test et Tafengoult pour un montant cumulé d’environ 700 millions de DH (MDH).

– La mise en place d’une structure d’intervention spécialisée dédiée à la région Drâ-Tafilalet et le renfort en matériel des trois régions de Marrakech-Safi, Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra. Ce renfort en matériel, d’un montant de 160 MDH, permettra de disposer de 102 unités supplémentaires d’engins d’intervention sur le terrain en période de crise.

« Par ailleurs, dans le cadre de la vision de développement des régions touchées, le MEE s’est attelé à définir et à préparer un programme ambitieux concernant les infrastructures routières d’un linéaire d’environ 800 km avec 129 ponts à moderniser tenant compte de l’aléa sismique désormais imposable à ce genre de structures sensibles au niveau de ces régions ».

Plus de 90% des axes routiers touchés ont été rouverts 48 heures après le sinistre

Le ministère nous a également rappelé que « les secousses telluriques ont mis à rude épreuve les infrastructures de base dans les régions touchées, impactant négativement les voies de communication et les infrastructures de support. Une mobilisation générale des pouvoirs publics et des citoyens avait alors caractérisé la réponse nationale à cette catastrophe, dans l’objectif de porter secours et de soutenir les citoyens sinistrés ».

« Mobilisant des équipes d’intervention de proximité, le ministère s’était ainsi mobilisé dès les premières heures pour rouvrir à la circulation les routes et accès coupés. Cette opération s’est immédiatement renforcée moyennant la mobilisation générale des ressources humaines et matérielles, tant au niveau central que territorial, y compris le renfort volontariste de la part d’entreprises nationales », souligne notre interlocuteur au ministère.

« Les unités d’intervention rapidement mobilisées étaient composées de 218 engins lourds (pelles mécaniques, chargeuses, niveleuses et camions). Pour dégager les routes bloquées et permettre l’accès des secours et l’acheminement des vivres en concertation avec les différentes cellules de crise, le MEE, en plus des équipes d’intervention composées de 157 conducteurs et de 47 cadres, a mobilisé ses structures centrales pour coordonner l’intervention, évaluer l’ampleur des dégâts et bâtir un programme d’intervention à court et moyen terme ».

« Quarante-heures heures après le séisme, le MEE a pu rouvrir plus de 90% des axes routiers touchés (environ 400 km). Les efforts des équipes se sont poursuivis pour permettre, les jours suivants, le rétablissement de la circulation sur 65 tronçons de route d’un linéaire global de 907 km ».

Secteur de l’eau : la majorité des chantiers finalisés en fin d’année

Par ailleurs, pour réparer les dégâts subis par les ouvrages hydrauliques à la suite du séisme d’Al Haouz, le programme d’urgence a alloué un montant global de 117 MDH.

Ce programme consiste en :

La réparation des dégâts subis par 43 stations hydrologiques dans les provinces d’Al Haouz, Chichaoua, Marrakech et Taroudant, avec un coût de 7 MDH.  Les travaux de réparation ont atteint un taux d’avancement de 50%. Ils seront achevés en octobre 2024.

– La réparation des dégâts enregistrés dans les réseaux de distribution de l’eau potable dans trois centres de la zone sinistrée (Talat N’Yaaqoub, Moulay Brahim et Amizmiz) pour un montant de 15 MDH. Les travaux, réalisés à 25%, ont démarré en mai 2024 et seront achevés en décembre 2024.

– La réalisation et l’équipement de nouveaux forages et puits dans toutes les provinces touchées afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable, avec un budget de 50 MDH. Les travaux concernant la province d’Azilal sont en cours et seront achevés à fin de ce mois de septembre.

– La réhabilitation des routes menant aux barrages et des bâtiments administratifs associés pour un coût de 47 MDH. Les études et les travaux y afférents sont en cours.

LIRE AUSSI : Séisme du 8 septembre, un an après

Financement des projets structurants : le positionnement d’Attijariwafa bank en Afrique

La résorption du déficit en infrastructures diverses est un grand challenge pour le continent africain, dont la population devrait doubler pour atteindre 3 milliards d’habitants en 2060.

L’Afrique, qui affiche un besoin de financement de l’ordre de 100 milliards de dollars par an dans les infrastructures, cruciales pour sa croissance, se heurte à la problématique de la mobilisation du financement nécessaire. Et ce, dans un contexte où 600 millions d’Africains, soit près de la moitié de la population, n’ont pas accès à l’électricité et que le continent présente des profils d’ensoleillement et d’exposition les plus élevés au niveau mondial. Aussi paradoxal soit-il, seul 1% de ce potentiel est capté aujourd’hui en termes de capacité mondiale installée, notamment sur le solaire.

Au micro de Médias24, Nawfal Drari, senior manager financement de projets Groupe chez Attijariwafa bank, apporte un éclairage sur les défis auxquels font face les différents bailleurs de fonds locaux, régionaux et internationaux, en mesure de financer les projets africains structurants. Il s’agit entre autres des parcs solaires et éoliens, des ports, des aéroports, des routes et autoroutes et des zones logistiques.

L’expert en financement de projets est également revenu sur l’expertise d’Attijariwafa bank en matière de structuration et d’ingénierie financière, ainsi que sur le savoir-faire de la banque panafricaine lui permettant de répondre aux besoins de financement de ses marchés de présence en Afrique.

Les solutions du groupe Attijariwafa bank

Pour accompagner le développement des projets structurants en Afrique subsaharienne, le groupe Attijariwafa bank a, selon Nawfal Drari, renforcé sa capacité de syndication entre ses filiales. Il a aussi accru sa capacité de syndication avec les banques internationales et les institutions de financement du développement (DFI). Et ce, pour élargir la capacité de financement ou encore mettre en place des dispositifs de garanties permettant de répondre au mieux au besoin de financement de ces projets structurants.

« Nous avons ensuite développé des garanties d’extension de liquidité pour étendre les maturités des dettes proposées. Cette solution a déjà été déployée dans le cadre du financement d’un projet routier dont la maturité est passée de 7 ans à 14 ans, grâce à une LEG (Liquidity Extension Guarantee) contractée auprès d’un organisme d’assurance de premier ordre », détaille notre source.

Par ailleurs, notons que le recours aux assureurs et réassureurs est un levier de déconsolidation des encours de dettes souveraines permettant ainsi de répondre à leurs besoins en financement.

« Ce dispositif nous a permis de nous positionner en tant qu’acteur incontournable du financement de projets structurants dans nos pays de présence », révèle notre interlocuteur.

À titre illustratif, notons que pour le financement de la première centrale hydroélectrique de 420 MW au Cameroun, le groupe Attijariwafa bank a joué plusieurs rôles, notamment celui d’agent local et d’agent de sûreté.

Autre exemple éloquent : pour le projet de construction du nouvel aéroport de Libreville au Gabon, le groupe bancaire a été désigné arrangeur mandaté principal.

Séisme. Le ministère de l’Equipement se mobilise pour rouvrir les routes coupées

Dans le cadre de la cellule de crise créée par le gouvernement, conformément aux directives du Roi Mohammed VI, le ministère de l’Equipement et de l’eau effectue un état des lieux des routes coupées par le fort séisme qui a frappé le pays dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre.

Le ministère a mobilisé tous les moyens humains et divers équipements afin de rétablir la circulation au niveau des différents tronçons de routes coupés par les éboulements.

Les opérations de réouverture des routes bloquées se poursuivent et leur état d’avancement sera publié régulièrement sur le portail du ministère.

Ci-dessous le bilan des opérations du ministère à 14h :

Près de 7 MMDH pour renforcer les infrastructures routières et hydriques dans la région de Casablanca-Settat

Cette convention tripartite a été signée par Nizar Baraka, Saïd Ahmidouche et Abdellatif Maâzouz, respectivement ministre de l’Equipement et de l’eau, Wali de la région et président du Conseil de la région de Casablanca-Settat. Elle s’inscrit dans le cadre de la dynamisation du programme de développement régional (PDR) 2022-2027.

Le budget approximatif pour la réalisation de cette convention dépasse 6,815 milliards de DH, avec une contribution du ministère de plus de 2,65 MMDH et un concours de la région de plus de 2,81 MMDH.

Cette convention porte sur plusieurs programmes, notamment le programme des infrastructures routières pour le désenclavement spatial des préfectures et provinces, le renforcement de l’attractivité de la région et l’accompagnement de la nouvelle Charte de l’investissement, à travers le dédoublement et la qualification de plusieurs axes routiers stratégiques (plus de 590 km et 12 ouvrages d’art pour un budget estimé à plus de 4,36 MMDH).

Elle porte également sur l’élargissement du réseau routier dans le monde rural (2,1 MMDH) touchant la majorité des préfectures et provinces de la région, le but étant de désenclaver les populations rurales et d’améliorer leur accès aux services publics, ainsi que le programme de protection contre les inondations dans la région, doté d’un budget de 350,9 MDH.

Suite à la cérémonie de signature de cette convention, le coup d’envoi des travaux de construction de la route Taddart, reliant la ville verte à l’aéroport international Mohammed V, a été donné.

Il s’agit d’un projet routier inscrit dans le cadre du PDR, qui vise le dédoublement de la route actuelle sur un tronçon de 1,5 km et la construction d’une nouvelle route de 9 km, ainsi que son équipement de l’éclairage public pour un coût global de 180 MDH.

Stations de dessalement, routes, ports, transport ferroviaire… Le point sur les grands chantiers d’investissement

Ces dernières années, le Maroc a mis sur les rails de nombreux chantiers d’investissement, qui lui permettront d’une part de répondre aux besoins nationaux dans plusieurs secteurs, et d’autre part de lui assurer un positionnement et une visibilité sur l’échiquier mondial.

Deux grands chantiers de dessalement à l’horizon 2030

Le dessalement de l’eau de mer est l’un des chantiers prioritaires du pays. La succession des années de sécheresse a lourdement impacté le stock des barrages nationaux, dont le remplissage a atteint des niveaux très bas en 2022. Le gouvernement a ainsi été contraint de mettre en place des mesures d’urgence pour approvisionner les différentes régions en eau potable, notamment la réduction du débit d’eau dans plusieurs villes et la baisse drastique du volume d’eau dédié à l’irrigation.

Au total, neuf stations de dessalement sont programmées à l’horizon 2030, dont les deux grandes stations de Casablanca et de l’Oriental.

Selon nos informations, trois consortiums sont en lice pour la construction de la station de dessalement de Casablanca, dont le marché n’a jusqu’à présent pas été attribué.

Ce projet, qui sera réalisé dans le cadre d’un contrat de partenariat public-privé (PPP), consiste à cofinancer, concevoir, réaliser et exploiter, pendant une durée déterminée, une station de dessalement d’eau de mer (y compris prise et rejet) ayant, à terme, une capacité de l’ordre de 300 millions de m3/an (Mm3).

Cette station sera réalisée en deux phases. La première est d’une capacité de 200 Mm3/an. L’appel à manifestation d’intérêt relatif à la passation de cette phase en PPP, a été lancé en mars 2022 et l’ouverture a eu lieu le 24 juin 2022. Les travaux seront lancés vers la mi 2023.

La livraison d’eau sera opérée en fonction des besoins effectifs de la zone du projet, mais aussi de la capacité de production des ressources mobilisées et de leur disponibilité.

Notons que cette station se situera au sud de Casablanca, près du centre de Bir Jdid. Cet emplacement a été choisi pour sa proximité vis-à-vis de la demande en eau : à 40 km de Casablanca, 45 km de Berrechid, 50 km d’El Jadida et 65 km de Settat.

La station de dessalement de l’Oriental, d’une capacité de production de 250 Mm3 d’eau par an, servira quant à elle à assurer l’approvisionnement de la région en eau potable (AEP), à raison de 140 Mm3/an, mais aussi à l’irrigation, à hauteur de 110 Mm3/an.

Cette région est alimentée principalement par le complexe des barrages Mohammed V-Mechraa Homadi, qui fait partie du bassin de la Moulouya, qui se heurte à une multitude de défis (diminution nette des apports durant les dernières années notamment), mettant en péril la sécurisation de l’AEP des villes de l’Oriental, notamment de la zone de Nador Zaio, ainsi que la pérennisation des investissements de la Grande Hydraulique (GH) de la Basse Moulouya.

Ce complexe répond à la fois à l’AEP de la zone de Nador Zaio et de celle de l’Oriental, englobant Oujda, Taourirt, Berkane et toutes les localités associées, avec une demande globale d’approvisionnement en eau potable d’environ 147 Mm3/an à l’horizon 2050.

Il se destine également à l’irrigation d’importants périmètres agricoles de la Basse Moulouya (Grande Hydraulique), qui s’étend sur plus de 69.000 ha, avec une demande en eau agricole autour de 500 Mm3/an actuellement.

Un appel d’offres pour la réalisation d’une étude de mise en place de cette structure a été lancé en mai 2022, avant d’être annulé en octobre, vu le caractère urgent que revêt le projet et la situation de sécheresse que connaît le bassin de la Moulouya.

Outre ces deux grands projets, qui pourraient intéresser des entreprises étrangères, celles-ci peuvent également rafler de petits projets de dessalement prévus à :

Agadir, à travers l’extension de la station de dessalement existante, avec une capacité de production supplémentaire de 45,6 Mm3/an ;

Guelmim, par la construction d’une station de dessalement d’une capacité de production de 34,6 Mm3/an d’eau ;

Tarfaya, par l’extension de la station existante, avec une capacité de production supplémentaire de 0,47 Mm3/an ;

Essaouira, par la construction d’une station d’une capacité de 42,8 Mm3/an ;

Tiznit-Sidi Ifni, par la construction d’une station de dessalement d’une capacité de production de 54,6 Mm3/an ;

Tan Tan, par la construction d’une station de dessalement d’une capacité de production de 47,2 Mm3/an ;

Boujdour, par la construction d’une station de dessalement d’une capacité de 60 Mm3/an.

Trois nouveaux ports à l’étude

Aujourd’hui, plusieurs facteurs clés promettent une forte croissance de la demande portuaire, tels que les politiques nationales et sectorielles qui sont en cours de mise en œuvre, destinées à contribuer au développement économique et social du pays, et la valorisation de la proximité de l’Europe, qui offre un potentiel de développement des activités de nearshoring. De plus, le développement du concept de hub (conteneurs, vracs) et une plus grande ouverture de l’économie marocaine à l’international (vers le continent américain, le Maghreb et le bassin méditerranéen) pourraient offrir de nombreuses opportunités nationales ou externes, nécessitant des investissements lourds et la réservation d’espaces pour le développement portuaire.

L’impact, tant sur la production que sur la consommation nationale, de la montée en puissance de ces politiques et de la saisie de ces opportunités, entretiendra un rythme de croissance élevé de la demande portuaire à l’horizon 2030. Le ministère de l’Equipement estime que la demande portuaire passera à 290, voire 370 millions de tonnes (MT) par an à l’horizon 2030, contre 92 MT en 2010.

Pour accompagner cette évolution, le Maroc a adopté en 2012 une stratégie portuaire nationale ambitieuse à l’horizon 2030. Elle vise essentiellement à positionner les ports marocains comme plateforme incontournable dans les chaînes logistiques du bassin méditerranéen et de l’Afrique de l’Ouest, et à leur permettre de saisir les opportunités offertes par le transport maritime international dans ces régions. Cette stratégie est structurée selon trois axes, dont le premier est la construction de nouveaux ports.

Trois grands ports sont déjà en cours de construction, à savoir le nouveau port de Nador West Med (NWMED), le nouveau port de Safi (NPS) et le nouveau port de Dakhla Atlantique (NPDA).

Le nouveau port de Jorf Lasfar (NPJL) est quant à lui encore en cours d’étude par le ministère de l’Equipement, en concertation avec le ministère de la Transition énergétique et du développement durable, et pourrait donc potentiellement intéresser des investisseurs étrangers. Pour 5,4 milliards de DH (MMDH), il répondra aux besoins du pays en ce qui concerne le trafic énergétique GNL. Le site du port se trouve au pied de la falaise de Jorf Lasfar, à 2 km au nord du port existant de Jorf Lasfar.

L’intégration des ports dans leur environnement urbain est un autre axe de la stratégie portuaire marocaine. Il comporte notamment la construction du port de Safi-Ville et celui de Kénitra. Ces deux projets sont en cours d’étude.

Secteur ferroviaire : nouvelle flotte et extension de la LGV

Le Maroc prévoit également de grands projets dans le secteur ferroviaire, dont le principal reste l’acquisition d’une flotte d’au moins 80 trains (qui peut aller jusqu’à 100), pour une enveloppe comprise entre 8 et 9,2 MMDH. Ces engins serviront à remplacer 50 trains de la flotte qui arrivent en fin de vie.

Ce projet sera étalé entre 2024 et 2029. Il vise à développer un écosystème industriel au Maroc permettant la fabrication, l’entretien et l’export des trains, avec un taux d’intégration supérieur à 60%.

Un appel à concurrence et d’offres sera lancé durant le premier semestre de cette année, ainsi que l’examen de ces offres pour aboutir à la signature d’un contrat en 2023. L’objectif est de réceptionner le premier train nouvelle génération en 2025.

L’extension de la ligne grande vitesse (LGV) à Marrakech est l’autre chantier prioritaire dans le secteur ferroviaire, pour un budget de 42 MMDH. La ligne s’étalera sur 390 km et roulera à une vitesse de 170 à 320 km/h. Elle profitera à 58% des citoyens et assurera 65% des déplacements au niveau national. Enfin, elle desservira cinq destinations touristiques.

Par ailleurs, les études préliminaires relatives aux infrastructures de génie civil et aux travaux de relevés topographiques de la LGV Marrakech-Agadir sont achevées. L’Office national des chemins de fer (ONCF) procèdera à la poursuite des études liées aux systèmes d’exploitation, à la réalisation de l’étude des transferts attendus et de la rentabilité du projet, à la réalisation des études préliminaires du montage institutionnel et financier, avant de lancer les marchés relatifs aux travaux effectifs.

D’un budget de 50 MMDH, cette ligne mixte de transport des voyageurs et de marchandises s’étalera sur 239 km, avec une vitesse comprise entre 250 et 320 km/h.

Dernier grand chantier de l’Office sur le secteur ferroviaire : la connexion du port de Nador West Med et le nouveau port de Safi au réseau ferroviaire, pour des montants respectifs de 4,3 MMDH et 1,5 MMDH.

Pour le port de Nador, il s’agit d’une ligne d’une longueur de 53 km, afin de le relier à la ville de Laâroui, contre une ligne de 5,2 km pour le port de Safi.

Le Tunnel de l’Ourika encore en phase d’études

Sur le volet des routes, le projet le plus important, encore en phase d’études, est celui du tunnel de l’Ourika, qui entre dans le cadre de l’aménagement de la route nationale 9 (RN9), afin d’améliorer la sécurité sur ce seul axe national entre Marrakech et les provinces de Ouarzazate, Zagora et Tinghir. L’achèvement sera suivi de marchés pour le lancement effectif des travaux.

Rappelons-le, le choix de la réalisation d’un tunnel à Ourika plutôt qu’à Tichka a été porté par l’ancien ministre de l’Équipement, Abdelkader Amara. Ce choix repose sur deux critères : le premier découle des études techniques, économiques et environnementales des projets de tunnel. Ces dernières ont démontré que le tunnel de l’Ourika réduirait d’une heure le trajet entre Marrakech et Ouarzazate pour les automobilistes, et d’environ une heure et demie pour les poids lourds, même s’il coûtera plus cher – près de 10 milliards de dirhams – contre 7 milliards de dirhams pour un tunnel par Tichka, mais qui ne réduirait que de vingt minutes le trajet entre les deux villes. Le deuxième critère a trait aux critères géotechniques de Tichka, qui sont assez compliqués par rapport à ceux de l’Ourika.

Selon nos informations, l’accès Nord du tunnel de l’Ourika se fait de Marrakech par la route provinciale (RP) 2017 – Assgour – Tête Nord (70 km), puis par un cheminement dans la vallée. L’accès Sud du tunnel, quant à lui, se fait de Ouarzazate par la route nationale (RN) 9 – RP 1510 – Tagadirt – Tête Sud (78 km environ), puis par un cheminement dans la vallée.

L’accès intermédiaire (vallée de l’Oued Zat) se fait depuis la RN9 et RP 2016 jusqu’à Tighdouine, puis une route non classée jusqu’au village d’Anssa (20 km), puis par un cheminement dans la vallée ou par une piste dont l’administration prévoit l’aménagement jusqu’à l’intersection avec l’axe du tunnel.

Souveraineté sanitaire, alimentaire et industrielle

D’autres secteurs, tels que l’aéronautique, l’énergie renouvelable (hydrogène vert) et l’automobile présentent de grands potentiels pour les investisseurs étrangers, sauf qu’il n’y a pas de projets clairs programmés pour l’instant pour les années à venir.

Sur le secteur de l’aéronautique par exemple, les activités seront orientées vers les nouveaux métiers, notamment les technologies avancées de l’industrie 4.0, l’innovation et la recherche & développement.

Outre la décarbonation, les professionnels du secteur travaillent à attirer les capacités excentrées pour une relocalisation au Maroc, au plus près des constructeurs et équipementiers.

Le Maroc vise aussi une souveraineté alimentaire, sanitaire et industrielle. Dans ce sens, et pour attirer l’investissement privé dans ces secteurs, le décret d’application de la Charte de l’investissement instaure trois catégories de primes, notamment des primes sectorielles atteignant jusqu’à 5% du montant de l’investissement éligible. Elles sont octroyées à tous projets dans les secteurs prioritaires tels que l’industrie, le tourisme et loisirs, les industries culturelles, le digital, les énergies renouvelables, le recyclage des déchets, le transport et logistique.

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