Pilotes licenciés : RAM verrouille des dossiers clés après deux cassations

Après un revirement favorable en cassation, Royal Air Maroc a obtenu une issue définitive dans son litige avec un groupe de pilotes évincés lors de la vague de licenciements économiques de 2020. Les décisions ont été rendues le 6 janvier 2026 par la Cour d’appel de Rabat, statuant en tant que juridiction de renvoi après cassation.

Les arrêts repérés par nos soins concernent précisément les dossiers de quatre anciens employés. Après leur licenciement, les pilotes avaient saisi le tribunal social pour obtenir notamment des indemnités pour licenciement abusif, comprenant des dommages-intérêts pour préjudice, des indemnités de licenciement et de préavis, ainsi que, selon les dossiers, des droits liés à l’ancienneté et à certains avantages contractuels. Leurs demandes avaient toutefois été rejetées en première instance puis en appel en 2021.

Un premier pourvoi en cassation avait ensuite conduit au renvoi des affaires devant la Cour d’appel de Casablanca, laquelle avait accordé, au printemps 2025, des indemnités oscillant entre 790.079 dirhams et plus de 8,15 millions de dirhams, selon les dossiers. Au total, les montants alors alloués dépassaient 16,3 millions de dirhams.

À la suite de ces décisions, Royal Air Maroc s’est à son tour pourvue en cassation. La haute juridiction a cassé les arrêts rendus à Casablanca et ordonné un nouveau renvoi, cette fois devant la Cour d’appel de Rabat. Statuant après ce second renvoi, cette juridiction a finalement confirmé les jugements de 2021, rejetant les demandes d’indemnisation des pilotes et mettant un terme définitif à ces quatre dossiers.

Ces décisions ne couvrent toutefois pas l’ensemble du contentieux né des licenciements de 2020. D’autres affaires sont encore au stade de la décision rendue après un premier renvoi, avec des arrêts accordant des indemnités aux salariés. Les quatre dossiers récemment jugés s’en distinguent, en ce sens qu’ils ont été examinés après un second renvoi, ayant abouti à une solution inverse.

En réalité, la RAM entend calquer la stratégie suivie dans ces quatre affaires sur les autres dossiers encore pendants, en cherchant à les porter à leur tour au stade d’un second renvoi. Sur le fond, le contentieux demeure centré sur un point de droit précis : la charge de la preuve du respect des critères du licenciement pour motif économique, prévue par l’article 71 du Code du travail et reprise par le règlement intérieur de la compagnie.

Licenciements économiques : la RAM obtient gain de cause contre des pilotes

À la Cour de cassation, Royal Air Maroc vient d’obtenir gain de cause dans son litige face à des pilotes évincés lors de la vague de licenciements économiques de 2020, apprend Médias24 de source judiciaire.

La haute juridiction, qui s’est prononcée le 15 juillet, a validé plusieurs pourvois formulés par la compagnie nationale contre des arrêts d’appel qui l’avaient condamnée à indemniser d’anciens employés.

Il s’agit d’un rebondissement majeur dans ce contentieux démarré il y a cinq ans et marqué par une succession de décisions contradictoires. Après les licenciements économiques décidés par la compagnie, de nombreux pilotes avaient engagé des recours pour contester la mesure et réclamer réparation.

La plupart d’entre eux avaient été déboutés en première instance, puis en appel, ce qui les avait conduits à se pourvoir en cassation. En décembre 2024, la Cour de cassation leur donne raison, casse les arrêts d’appel favorables à la RAM, et renvoie les dossiers devant la cour d’appel de Casablanca pour réexamen.

À partir d’avril 2025, cette juridiction rend de nouveaux arrêts, cette fois-ci en faveur des pilotes, condamnant la compagnie à leur verser des indemnisations pouvant atteindre jusqu’à 8 millions de dirhams par dossier.

Assistée par le cabinet d’avocats Bassamat & Laraqui, la RAM se pourvoit alors à son tour en cassation. La Cour de cassation vient de trancher en sa faveur, en cassant les dernières décisions de la cour d’appel de Casablanca.

Fait intéressant : cette fois-ci, la haute juridiction a choisi de renvoyer les affaires non pas devant la même cour, mais devant la cour d’appel de Rabat, chargée de statuer en tant que juridiction de renvoi.

Selon nos informations, ces arrêts concernent pour l’instant quatre cas de licenciements. Mais, la RAM envisage de capitaliser sur cette victoire pour la faire valoir dans les autres dossiers similaires encore pendants. Si chaque affaire est jugée individuellement, la grille juridique reste relativement similaire.

Pour l’heure, nous n’avons pas encore pu consulter les arrêts rendus par la Cour de cassation, ce qui ne permet pas d’en restituer les motivations détaillées.

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Airbus affiche ses ambitions au Maroc

Airbus souhaite renforcer sa présence au Maroc dont le secteur aérien présente « plein d’opportunités », a indiqué le mardi 17 juin le vice-président exécutif international du groupe, Wouter Van Wersch, cité par la MAP.

« Nous avons une présence de longue date au Maroc. Le Royaume est un partenaire très proche d’Airbus », a déclaré Wouter Van Wersch à la presse, à l’issue d’une réunion avec les membres de la délégation d’officiels représentant le Maroc à la 55e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, qui se tient en banlieue parisienne (16-22 juin).

Qualifiant d’ »excellentes » les discussions avec les membres de la délégation marocaine, le responsable d’Airbus a relevé une volonté commune des deux parties de voir se renforcer davantage la présence du groupe et sa collaboration avec le Maroc où le constructeur européen compte près 2.000 employés depuis la récente acquisition de l’usine de Casablanca de Spirit AeroSystems.

Reçue au sein du stand Airbus au Salon du Bourget, la délégation marocaine était composée notamment du ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, du ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, et du directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), Ali Seddiki.

Ryad Mezzour a rappelé, dans une déclaration similaire, les accords stratégiques liant le Maroc à Airbus, un des leaders mondiaux de l’aéronautique. « Nous travaillons ensemble sur les perspectives d’avenir de la plateforme marocaine« .

« Airbus vient d’acheter l’usine Spirit qui fait des fuselages d’avions, notamment de l’A220 au niveau de Nouaceur », a-t-il précisé, relevant que les deux parties œuvrent pour réaliser l’ambition de mettre en place « un assemblage final d’avions au Maroc ».

Cité par le journal français Le Point, Ryad Mezzour a confirmé qu’une commande d’avions par Royal Air Maroc est bien en cours d’étude, notamment pour des Airbus A220, un moyen-courrier qui correspond au réseau européen de la RAM.

De son côté, Karim Zidane a souligné que la rencontre avec les responsables d’Airbus intervient à point nommé alors que le Maroc se prépare à organiser de grands événements.

En effet, la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) est en train de renforcer sa flotte d’avions de 50 à 200 appareils à l’horizon 2037. Le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques a souligné que, pour « ce grand marché » qui suscite d’ores et déjà l’intérêt des leaders mondiaux de l’aéronautique, le gouvernement marocain insiste sur « un partenariat gagnant-gagnant ».

« Airbus est consciente de cet enjeu. Nous souhaitons qu’une partie de l’investissement du groupe dans l’aérien soit au Maroc pour le transfert de l’expertise et du savoir-faire », a-t-il ajouté, se félicitant de la disposition d’Airbus à investir davantage au Maroc.

Abondant dans le même sens, Abdessamad Kayouh a évoqué une réunion « très fructueuse » avec les responsables d’Airbus, notamment dans la perspective du renforcement de la flotte de la RAM. Le ministre du Transport et de la logistique a mis l’accent sur l’importance des nouvelles technologies pour « répondre aux besoins, surtout avec le nouveau hub de Casablanca qui sera un vrai hub international et de l’Afrique ».

Pour sa part, le directeur général de l’AMDIE a mis en avant les atouts du Maroc qui, « grâce à ses forces vives, son capital humain de qualité, ses infrastructures de classe mondiale et une stratégie industrielle qui se déploie sur l’ensemble des secteurs, est à même de sécuriser le groupe européen et de l’accompagner dans sa forte montée de production ».

24 Dreamliner, 50 Boeing 737 et une vingtaine d’Airbus A220

Médias24 avait préalablement révélé que Royal Air Maroc était sur le point de conclure une importante commande d’avions auprès de Boeing, accompagnée d’un accord avec Airbus, dans le cadre de son ambitieux plan d’expansion.

Citant des sources proches du dossier, l’agence Bloomberg avait détaillé la répartition de la commande : environ 24 Boeing 787 Dreamliner pour les liaisons long-courrier, jusqu’à 50 Boeing 737 pour le réseau court-courrier, ainsi qu’une vingtaine d’Airbus A220 destinés aux dessertes régionales.

Selon les mêmes sources citées par Bloomberg, une annonce officielle concernant la commande Airbus « pourrait intervenir à l’occasion du Salon du Bourget », actuellement en cours.

Quant à la finalisation de l’accord avec Boeing, « elle pourrait dépendre d’une rencontre ultérieure entre le Roi Mohammed VI et le président américain Donald Trump », toujours selon Bloomberg.

Dans le cadre de l’appel d’offres international lancé en avril 2024, la compagnie nationale prévoit d’acquérir entre 188 et 200 appareils à l’horizon 2037. Au moins trois constructeurs devraient être retenus parmi les quatre actuellement en lice : Boeing, Airbus, Embraer et ATR.

Cette stratégie de diversification vise à réduire la dépendance historique vis-à-vis de Boeing, à accélérer les délais de livraison et à créer des synergies opérationnelles sur le long terme.

Bien qu’Airbus ne fasse plus partie de la flotte actuelle de RAM, des modèles comme l’A320 et l’A350 sont désormais sérieusement envisagés pour les segments moyen-courrier et long-courrier. Selon nos sources, les négociations avec l’avionneur européen sont jugées « avancées ».

Un contrat phare avec Boeing

Le Salon du Bourget 2025 a démarré le 16 juin et se poursuit jusqu’au 22 juin. Si l’annonce officielle prédite par les sources de Bloomberg se fait attendre, le Maroc a déjà marqué des points avec un contrat d’envergure, estime Le Point. Un accord de partenariat a en effet été signé en marge du Salon entre Boeing et Casablanca Aéronautique, filiale du groupe français Figeac Aero, pour la production de pièces de structure usinées destinées au programme 737 MAX.

Cet engagement s’inscrit dans la continuité du protocole d’accord signé en 2016 entre le constructeur aéronautique américain et les autorités marocaines et marque sa volonté de renforcer la base industrielle marocaine et d’ancrer durablement ses chaînes d’approvisionnement dans le Royaume.

« 150 entreprises aéronautiques ont au moins une usine au Maroc », rappelle Ryad Mezzour, cité par le journal français, « ce qui génère 26.000 emplois à temps plein principalement autour de Casablanca, de Tanger, de Rabat et de Fès. Le chiffre d’affaires annuel est de 2,5 milliards d’euros réalisés dans la production de fuselages, d’éléments de structure, d’aménagements intérieurs, de câblages, etc. ».

« Nous allons élargir notre offre à l’aménagement de cabines et à la fabrication de trains d’atterrissage, et pensons pouvoir proposer d’ici à dix ans une ligne d’assemblage finale d’avions commerciaux« , indique le ministre, qui prévoit un doublement du chiffre d’affaires du secteur d’ici à 2030.

RAM : un programme estival avec plus de 6,6 millions de sièges pour desservir 95 destinations

« Afin d’accompagner le retour massif des Marocains du monde à l’occasion des grandes vacances d’été 2025, Royal Air Maroc renforce son offre et lance un programme de vols inédit. Ce dispositif est marqué par une offre record de plus de 6,6 millions de sièges, représentant une hausse significative de plus de 700 000 sièges, comparée à l’offre de l’année 2024. La compagnie desservira 95 destinations à travers le monde », indique un communiqué de la compagnie nationale.

L’objectif est d’ouvrir de nouveaux horizons pour répondre aux besoins croissants d’une clientèle diversifiée, incluant les Marocains, les diasporas africaines ainsi que les touristes internationaux, fait savoir la même source.

Ainsi, RAM a étoffé son réseau avec quatre lignes internationales vers des destinations majeures telles que Sao Paulo, Pékin, Toronto et Catane, tout en renforçant sa desserte intérieure avec la récente liaison entre Rabat et Dakhla.

Par ailleurs, la compagnie nationale a également intensifié sa présence sur Londres en proposant une nouvelle ligne directe et régulière sur l’aéroport de Stansted, qui vient renforcer les deux lignes existantes (Heathrow et Gatwick) desservant la capitale du Royaume-Uni avec Casablanca, en plus de la ligne directe Casablanca-Manchester lancée récemment.

« Avec une offre élargie, une flotte modernisée et des innovations opérationnelles, nous réaffirmons notre engagement envers nos passagers et consolidons la position du Maroc comme hub aérien stratégique », a souligné le président directeur général de RAM, Hamid Addou, cité dans le communiqué.

Et de poursuivre : « Ces efforts reflètent notre volonté d’offrir des voyages toujours plus fluides et agréables, tout en élargissant notre réseau. Toutes les équipes de Royal Air Maroc sont mobilisées pour réussir cette saison estivale, notamment au profit de nos concitoyens établis à l’étranger, en leur garantissant la meilleure expérience client ».

Par ailleurs, Royal Air Maroc consolide sa position de leader en Afrique avec deux fréquences additionnelles vers Nouakchott, portant à neuf le nombre de fréquences par semaine. La desserte de Dakar passe, quant à elle, à deux vols par jour, soit 14 vols par semaine.

Les quatre lignes directes reliant Casablanca à Malaga, Valence, Lisbonne et Porto seront opérées par des appareils moyen-courrier de type Boeing 737 et Embraer 190, offrant de meilleures conditions de confort et un temps de vol plus court.

Modernisation de la flotte et amélioration des opérations pour l’été

Pour le déploiement de ce dispositif dans les meilleures conditions, Royal Air Maroc procédera à l’affrètement de quatre appareils auprès de compagnies aériennes de renommée internationale. Il s’agit d’un avion long-courrier basé à Casablanca et trois avions moyen-courriers répartis entre Tanger, Nador et Oujda.

Les avions affrétés par Royal Air Maroc sont des appareils de dernière génération et sont sélectionnés selon les critères de sécurité et de confort imposés par la Compagnie Nationale, respectant les normes internationales.

Ainsi, le nombre d’avions affrétés par Royal Air Maroc a été réduit cette année grâce à l’entrée en service de huit nouveaux appareils dans la flotte de Royal Air Maroc (deux Boeing Dreamliner 787-900 pour les vols long-courriers et six Boeing 737-8 MAX pour les liaisons moyen-courrier).

Par ailleurs, Royal Air Maroc mettra en place une nouvelle structure de plages horaires sur son hub de Casablanca dans le but d’optimiser les correspondances et d’améliorer l’expérience client.

Une plage de nuit dédiée aux vols vers l’Europe (Bruxelles, Paris Orly, Paris CDG, Milan, Bologne et Londres Stansted) permettra une meilleure connexion avec les vols domestiques via le hub de la compagnie à Casablanca. En outre, une plage de jour sera réservée aux vols vers l’Afrique (Dakar, Abidjan, Bamako, Lagos et Conakry).

https://medias24.com/2025/06/14/flotte-nouvelles-lignes-low-cost-addou-le-pdg-de-la-ram-se-confie-a-cnn/

La RAM a transporté 7,4 millions de voyageurs en 2024

77% de taux de remplissage moyen des vols : c’est le taux record que RAM maintient deux années de suite, en 2023 et 2024.

Au cours de l’année écoulée, 7,4 millions de passagers ont été transportés, approchant du record de 2019 qui était de 7,5 millions de passagers. La hausse du nombre de passagers s’est élevée à 2,8% entre 2024 et 2023.

L’objectif de chiffre d’affaires a été atteint : 20 milliards de DH.

Ces différents chiffres ont été annoncés par Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la logistique, le mardi 3 juin. Le ministre s’exprimait devant une commission parlementaire à la Chambre des représentants.

Les nouvelles lignes aériennes au programme de la RAM d’ici 2027

Beyrouth, Amman, Los Angeles, Rio de Janeiro, Munich, Johannesbourg… Voici quelques-unes des destinations que Royal Air Maroc devrait desservir d’ici à 2027.

Ce programme a été annoncé par le ministre du Transport et de la logistique. Abdessamad Kayouh s’exprimait le lundi 3 juin, devant les membres de la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines, de l’environnement et du développement durable à la Chambre des représentants.

Le ministre a appelé les objectifs de la RAM dans le cadre de son plan à court terme 2023-2027. Ce plan prévoit de renforcer l’offre actuelle et de développer les réseaux moyen et long courrier.

Des lignes non-stop touristiques et d’autres destinées aux MRE sont prévues ; ainsi que l’ouverture de nouvelles lignes long courrier.

Les nouvelles ouvertures dans le cadre de ce plan 2023-2027 sont les suivantes, telles qu’annoncées par le ministre du Transport :

– en Europe : Manchester , Munich, Zurich et Naples.

– en Afrique : Tripoli, N’Djamena, Abuja, Nairobi, Johannesburg, Le Cap-Vert.

– au Moyen-Orient : Beyrouth et Amman.

– en Amérique : Los Angeles, Sao Paulo, Rio de Janeiro.

– en Asie : Pékin, Canton.

Une partie de ces lignes ont déjà été programmées en 2024-2025 ou lancées, telles que Naples, Manchester, Catane et Sao Paulo.

Royal Air Maroc opérera à partir du New Terminal One de JFK de New York dès juin 2026

Ce partenariat à long terme entre Royal Air Maroc et The New Terminal One s’inscrit dans la stratégie de la compagnie aérienne visant à renforcer les liens transatlantiques entre l’Afrique et les Amériques, tout en offrant une expérience client améliorée via l’une de ses portes d’entrée internationales majeures, indique un communiqué conjoint.

En effet, The New Terminal One représente une composante clé du projet de transformation de l’aéroport JFK, mené par l’Autorité aéroportuaire de New York et du New Jersey. Fort d’un investissement de 19 milliards de dollars, ce projet d’envergure internationale ambitionne de faire de l’aéroport JFK une porte d’entrée mondiale. Le projet prévoit également la création de deux nouveaux terminaux, la modernisation et l’extension de deux terminaux existants, un nouveau centre de transport terrestre et un réseau routier entièrement repensé et simplifié.

« Nous sommes ravis d’accueillir Royal Air Maroc à The New Terminal One. Cette étape marque le début d’un nouveau chapitre passionnant pour la compagnie à New York. Guidés par un engagement commun à offrir une expérience client exceptionnelle, nous nous réjouissons d’un partenariat solide et durable qui soutiendra les ambitions de croissance de la compagnie aux États-Unis », a souligné Jennifer Aument, présidente directrice générale de « The New Terminal One » à JFK, citée dans le communiqué.

De son côté, Hamid Addou, président-directeur général de Royal Air Maroc a déclaré : « Ce partenariat avec The New Terminal One représente une avancée majeure pour Royal Air Maroc et consolide sa présence stratégique à New York, porte d’entrée clé pour nos opérations transatlantiques. Nous sommes fiers d’intégrer ce terminal innovant, qui offrira à nos clients une expérience de voyage inégalée et alignée sur nos standards d’excellence. En outre, ce projet s’inscrit pleinement dans notre plan de développement, qui vise à positionner Royal Air Maroc comme un transporteur aérien global ».

Actuellement, Royal Air Maroc assure ses vols vers Casablanca depuis le Terminal 1 existant à l’aéroport JFK à raison de deux fréquences par jour, à bord des appareils Boeing 787.

À compter de juin 2026, la compagnie aérienne sera relocalisée au niveau du nouveau Terminal 1, proposant ainsi une expérience de voyage renouvelée à ses clients se rendant dans la ville emblématique de New York, note le communiqué.

En collaboration avec Royal Air Maroc, The New Terminal One proposera un parcours client fluide, de l’arrivée à l’aéroport jusqu’à l’embarquement, grâce à une technologie de pointe, un design moderne et un service d’excellence. En outre, des offres premium de shopping et de restauration rehausseront chaque étape de l’expérience pour les clients de Royal Air Maroc au départ de l’un des hubs stratégiques des États-Unis.

Royal Air Maroc est le premier membre de l’alliance oneworld à choisir le nouveau Terminal 1 et rejoint une communauté croissante de compagnies aériennes leaders qui opéreront depuis ce terminal comme Air France, KLM, Etihad, LOT Polish Airlines, Korean Air, EVA Air, Air Serbia, SAS, Neos, Philippine Airlines, Turkish Airlines, Air New Zealand et Air China.

RAM lance une nouvelle ligne directe Casablanca-Catane à partir du 28 juin 2025

« Cette nouvelle desserte sera opérée à raison de deux fréquences par semaine (lundi et samedi) par des appareils de type Boeing 737. Les vols seront programmés au départ de Casablanca à 15 h 20 (heure locale) pour une arrivée à Catane à 19 h 40 (heure locale). Les vols retour quitteront Catane à 20 h 40 (heure locale) pour un atterrissage à Casablanca à 23 h 35 (heure locale) », fait savoir RAM dans un communiqué.

Avec l’ouverture de la ligne Casablanca-Catane, Royal Air Maroc élargit son réseau en Italie, portant à sept le nombre de villes desservies dans ce pays (au départ de Casablanca), aux côtés de Milan, de Rome, de Bologne, de Turin, de Venise et de Naples.

Cette nouvelle liaison vise à répondre aux besoins croissants d’une clientèle diversifiée, incluant les Marocains et les diasporas africaines résidant en Italie, les touristes italiens souhaitant découvrir les richesses culturelles et balnéaires du Maroc, ainsi que les passagers en correspondance via le hub de Royal Air Maroc à Casablanca vers d’autres destinations internationales.

« Le lancement de la ligne Casablanca-Catane marque une étape clé dans notre stratégie de développement et notre volonté de renforcer notre présence en Italie, notamment dans le sud du pays. Cette nouvelle desserte répond aux attentes de nos concitoyens résidant en Sicile et offre des opportunités inédites aux voyageurs africains et italiens », a dit le président-directeur général de Royal Air Maroc, Hamid Addou, cité dans le communiqué.

Et de poursuivre : « Outre le renforcement des flux touristiques entre l’Italie et le Maroc, cette nouvelle ligne répondra aux attentes croissantes des voyageurs en termes de connectivité, tout en offrant une expérience à bord toujours plus qualitative, en ligne avec nos objectifs d’amélioration continue de l’expérience client. Enfin, la ligne Casablanca-Catane fait partie d’un ensemble de nouvelles routes qui seront lancées à court terme, afin de faciliter les déplacements des Marocains du monde, principalement vers Casablanca et vers divers aéroports du Nord du Royaume ».

Avec 45 fréquences par semaine programmées vers l’Italie, Royal Air Maroc réaffirme son engagement à offrir des solutions de voyage flexibles, optimales et adaptées aux besoins de ses passagers, en particulier les diasporas marocaines et africaines installées en Italie.

Cette nouvelle desserte témoigne également de l’engagement de la compagnie à consolider sa présence sur le marché italien et à renforcer le rôle de Casablanca en tant que hub stratégique entre l’Europe et l’Afrique.

Les négociations pour l’acquisition de 200 avions par RAM avancent bien

Ce que l’on retient des indiscrétions qui nous sont parvenues, c’est que  :

– Royal Air Maroc va diversifier sa flotte en faisant appel à au moins trois fournisseurs. Les négociations se déroulent avec quatre constructeurs différents.

– Des discussions se poursuivent également avec trois motoristes.

– La compensation industrielle au Maroc fait partie des critères de décision.

– La formation des pilotes, en particulier pour les nouveaux constructeurs, est également une question essentielle. La formation est également une question plus transversale : en plus des pilotes, elle concerne le MRO (Maintenance, Repair & Overhaul), où les centres de maintenance ainsi que leurs personnels doivent obtenir des certifications très exigeantes aussi bien de la part des autorités de navigation internationales que des constructeurs et fournisseurs de pièces.

Selon l’une de nos sources, le Maroc est intéressé par les avions Airbus pour les vols moyen et long-courriers. Le contenu de la commande n’est pas encore connu avec précision, mais des modèles comme les A320 et les A350 sont probables.

S’il n’y a pas à ce niveau beaucoup d’informations disponibles, notamment sur la répartition de la commande en termes de marque et de modèle d’avion, une de nos sources nous affirme que les négociations sont en cours avec l’avionneur européen Airbus et qu’elles avancent bien.

Dans le cadre de sa nouvelle commande qui vise à renforcer sa flotte à hauteur de 200 avions à l’horizon 2037, RAM pourrait aussi renforcer sa flotte de B787 Dreamliners pour ses destinations long-courriers. Il en va de même avec les Embraer qui auront surtout vocation à renforcer les destinations court-courriers.

Diversifier les fournisseurs

Selon une troisième source, le choix de s’ouvrir sur d’autres fournisseurs que Boeing, qui constitue aujourd’hui la majorité écrasante de la flotte de RAM, notamment pour les moyen-courriers, se justifie aussi bien par la volonté d’accélérer les délais de livraison que par les synergies que cela devrait créer pour une flotte aussi étoffée.

Toutefois, souligne notre source, plusieurs défis, tant en matière de maintenance que de formation, devront être envisagés. En effet, les techniciens de RAM ainsi que le personnel navigant sont habitués à travailler sur des appareils Boeing.

Des investissements devront ainsi être envisagés pour élargir la base de maintenance de la RAM (ATI) qui est déjà spécialisée dans la maintenance quotidienne de la famille des B737 de la compagnie, et de celle des A320 détenus par Air France. Une autre filiale de Safran, en partenariat avec RAM, réalise la maintenance des moteurs CFM56-5B et CFM56-7B qui sont parmi les modèles les plus fréquents dans l’aviation mondiale.

Un autre modèle, les moteurs LEAP fruits du partenariat Safran-GE, devraient aussi être opérés par l’entreprise basée à Nouaceur à partir de 2026. Ce moteur équipe la majorité des familles d’avions monocouloirs de nouvelle génération, Airbus A320neo et Boeing 737 MAX.

D’autres investissements devront concerner les formations des pilotes et du personnel navigant.

Il est à rappeler que RAM ne détient plus d’appareils Airbus dans sa flotte depuis plusieurs années, notamment à cause des surcoûts liés à la maintenance et du manque de synergies. RAM avait acquis au début des années 2000 plusieurs Airbus A320 qu’elle avait fini par céder. La compagnie a aussi procédé à la location d’aéronefs de la même famille pour faire face aux périodes de pic estival.

La partie compensation a fait l’objet de négociations approfondies avec les quatre constructeurs consultés. RAM était cette fois-ci en position plus influente que lors des précédents épisodes, en raison de la taille de sa commande.

Embraer développe sa chaîne d’approvisionnement au Maroc

Le constructeur brésilien, spécialisé dans les avions de petite ou moyenne taille, annonce ce jeudi 24 avril 2025 sa décision de « renforcer sa chaîne d’approvisionnement au Maroc ».

Dans un communiqué, on apprend qu’une « délégation de haut niveau d’Embraer a conclu une visite officielle au Maroc afin d’évaluer la chaîne d’approvisionnement aéronautique du pays. Cette initiative fait suite à un récent protocole d’accord signé entre le gouvernement marocain et Embraer pour explorer d’éventuels projets communs ».

« Embraer voit d’importantes opportunités de collaboration commerciale et industrielle, le Brésil et le Royaume du Maroc partageant un engagement fort en faveur du renforcement de la coopération et des investissements. Ces opportunités couvrent l’aviation commerciale, la défense et la mobilité aérienne urbaine ».

« Le Maroc possède une industrie aéronautique en plein essor, et nous avons identifié des fournisseurs clés susceptibles d’intégrer notre chaîne d’approvisionnement mondiale », a déclaré Roberto Chaves, vice-président exécutif des achats et de la chaîne d’approvisionnement mondiaux chez Embraer. « Nous sommes convaincus qu’il existe des opportunités de bénéfices mutuels, à court et à long terme, grâce à l’innovation et à la croissance économique des deux pays ».

Le communiqué ajoute qu’Embraer « a choisi le Maroc comme partenaire régional clé pour la mise en place d’un programme de chaîne d’approvisionnement robuste. L’industrie aéronautique marocaine a démontré de solides compétences dans des domaines tels que les aérostructures, l’usinage, la tôlerie et les composites », rappelle le constructeur.

La coopération pourrait également inclure des programmes de formation, des capacités MRO et des domaines supplémentaires de collaboration potentielle, tels que la recherche et la technologie, annonce Embraer.

Ce communiqué confirme que le constructeur brésilien s’achemine vers un ou plusieurs accords avec RAM et d’autres entités marocaines.

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Licenciements économiques : pourquoi RAM a perdu en Cassation

Comme révélé par Médias24, Royal Air Maroc (RAM) a été désavouée par la Cour de cassation dans plusieurs affaires l’opposant à d’anciens pilotes licenciés lors de la vague de suppressions de postes lancée en 2020 pour motif économique.

Ces salariés avaient initialement été déboutés en première instance et en appel, mais ils ont obtenu gain de cause devant la plus haute juridiction du pays. Certains ont d’ores et déjà vu leurs dossiers revenir devant la cour d’appel après cassation, et se sont vu accorder de substantiels dédommagements par la juridiction de renvoi.

Après la publication de notre premier article, Médias24 a pu consulter un échantillon plus large d’arrêts rendus par la Cour de cassation dans ces affaires. S’ils concernent chacun un pilote en particulier, tous relèvent du même contentieux collectif, lié aux licenciements économiques de 2020. La plupart des décisions favorables ont été rendues entre décembre 2024 et avril 2025.

Tous les dossiers n’ont pas abouti à une cassation. Mais, dans les cas où la Cour a tranché en faveur des plaignants, des motifs récurrents se dégagent : elle a systématiquement reproché à la cour d’appel d’avoir ignoré des arguments centraux soulevés par les pilotes.

Ces arguments concernent, pour l’essentiel, le non-respect par RAM des critères légaux du licenciement économique – tels que l’ancienneté, les charges familiales ou encore la valeur professionnelle –, ainsi que des erreurs manifestes dans le calcul des indemnités de départ, notamment en retenant le salaire net au lieu du salaire brut, ce qui est contraire aux dispositions du Code du travail. Certains dossiers cumulaient même les deux manquements.

Dans les arrêts consultés, la Cour de cassation développe en détail ses critiques à l’encontre de la juridiction d’appel. Médias24 reproduit ci-dessous des extraits de deux décisions.

Cas 1 : arrêt du 8 avril 2025

« Il ressort des documents de l’affaire (et de la décision attaquée) que le requérant a introduit une demande devant le tribunal de première instance de Casablanca, en exposant qu’il travaillait pour la société défenderesse en tant que pilote depuis le 6 septembre 1993 avec un salaire brut de 203.199,21 dirhams, jusqu’à ce qu’il soit licencié, avec un groupe d’autres salariés, le 20 août 2020, sans respecter les dispositions du Code du travail ni le règlement interne, et il a demandé le versement de diverses indemnités.

La partie défenderesse a répondu que plusieurs employés ont été licenciés en raison de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Après l’échec de la conciliation et l’achèvement de la procédure, le tribunal de première instance a rejeté la demande. Le requérant et la partie défenderesse ont interjeté appel, et après l’échange des mémoires, la cour d’appel a confirmé le jugement de première instance.

Concernant les moyens invoqués dans le pourvoi en cassation dans leur ensemble, le requérant reproche à la décision attaquée d’avoir violé l’article 270 du Code de procédure civile, arguant que l’affaire a été tranchée sans la présence des conseillers sociaux, qui ont été écartés sans explication.

Il reproche également une violation de l’article 9 du Code de procédure civile, en soulignant que le jugement de première instance est nul, car le dossier n’a pas été renvoyé au procureur général. La cour d’appel a répondu par un raisonnement contraire à la loi concernant cette violation des articles 9 et 345 du Code de procédure civile, en précisant que le licenciement économique relève de l’ordre public, étant donné que les dispositions du Code du travail sont d’ordre public.

Le requérant conteste aussi l’absence de réponse à son argumentation concernant la nullité du jugement, du fait que la décision mentionnait le ministère de la Justice dans son préambule, ce qui constitue une violation du dahir du 30 août 2017 n° 17.33, qui transfère certaines compétences au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. La cour a écarté cet argument sans réponse.

Le requérant reproche encore à la cour d’appel d’avoir violé les articles 11 et 66 du Code du travail, l’article 345 du Code de procédure civile et les articles 230 et 231 du Code des obligations et des contrats, en ne prenant pas en compte son argument selon lequel la société avait violé l’article 71 du Code du travail et l’article 95 du règlement intérieur de l’entreprise. Il a soulevé que la société ne respectait pas la règle du classement des salariés dans le cadre du licenciement collectif, qui devait être fondé sur des critères tels que l’ancienneté, la valeur professionnelle et les charges familiales.

Il a également évoqué une violation du règlement intérieur, en soulignant que le licenciement ne respectait pas les exigences légales d’une consultation préalable du salarié, comme le prévoit l’article 95 du règlement interne de l’entreprise. Il a insisté sur le fait que la cour d’appel a interprété de manière erronée l’article 66 du Code du travail, en considérant que le licenciement pour des raisons économiques exonère l’employeur de l’obligation d’auditionner le salarié.

Le requérant dénonce également l’absence de réponse à ses arguments concernant le fait que la société avait délégué la rédaction de la lettre de licenciement à son avocat, ce qui constituerait une violation de l’article 30 de la loi sur les avocats qui interdit à l’employeur de déléguer cette fonction à un tiers.

Il insiste également sur le non-respect des articles 399 et 400 du Code des obligations et des contrats, et des articles 66 et 71 du Code du travail, soulignant que la société n’avait pas fourni une copie de la décision du gouverneur autorisant le licenciement collectif des salariés, ce qui viole les droits à l’information.

Le requérant a aussi soulevé une violation des principes de légalité et de justification du licenciement, en affirmant que la société a procédé à son licenciement tout en maintenant des employés moins expérimentés que lui. Il a soutenu que cette décision était abusive et illégale, invoquant l’article 71 du Code du travail et l’article 96 du règlement interne de l’entreprise, mais la cour d’appel n’a pas répondu à cet argument de manière substantielle.

Il est établi que les griefs formulés par le demandeur à l’encontre de l’arrêt attaqué sont fondés. En effet, le licenciement autorisé doit être effectué, pour chaque établissement de l’entreprise, selon chaque catégorie professionnelle, en tenant compte des éléments suivants : l’ancienneté, la compétence professionnelle et les charges familiales, conformément à l’article 71 du Code du travail.

Conformément à l’article 11 du même code, les dispositions du Code du travail ne font pas obstacle à l’application des dispositions des statuts particuliers, du contrat de travail, des conventions collectives, du règlement intérieur ou des usages prévoyant des mesures plus favorables aux salariés.

Par ailleurs, l’article 96 du règlement intérieur de l’employeur, invoqué par le demandeur, dispose explicitement que tout licenciement pour des raisons technologiques, structurelles ou économiques doit se faire conformément aux dispositions des articles 66 à 71 du Code du travail, et que, en cas de réduction des effectifs, un plan de départ hiérarchisé doit être établi avec précision.

Il ressort des pièces du dossier que le demandeur s’est prévalu des dispositions des articles 11 et 71 du Code du travail, ainsi que des dispositions de l’article 96 du règlement intérieur de l’employeur, affirmant que cette dernière n’avait pas respecté les dispositions légales invoquées, notamment en ce qui concerne la prise en compte de l’ancienneté, de la compétence professionnelle et des charges familiales. Il a versé plusieurs documents à l’appui de ses affirmations, et a également contesté la validité de la décision de licenciement au regard du règlement intérieur et du Code du travail.

La cour ayant rendu l’arrêt attaqué en considérant que l’employeur avait procédé au licenciement du demandeur conformément aux formalités prévues à l’article 66 du Code du travail, sans répondre à ses moyens relatifs à la violation des dispositions des articles 11 et 71 du Code du travail, ainsi que des articles 95 et 96 du règlement intérieur — bien que ces moyens puissent avoir un impact sur sa décision — et sans vérifier si l’employeur avait effectivement respecté ces dispositions, notamment en prouvant qu’il avait licencié les salariés les plus récents et conservé les plus anciens, qu’il avait respecté les critères de compétence professionnelle et de charges familiales, et en ne répondant pas au moyen du demandeur concernant le salaire utilisé pour le calcul de l’indemnité de licenciement, ainsi que l’indemnité de congé annuel, sa décision manque de base légale, est entachée d’un défaut de motivation, et viole les dispositions légales invoquées, ce qui justifie sa cassation, indépendamment des autres moyens soulevés.

Cas 2 : arrêt du 10 décembre 2024

« Le demandeur au pourvoi travaillait pour la partie défenderesse comme pilote, jusqu’à ce qu’il reçoive une lettre de licenciement pour raisons économiques en date du 25 août 2020. La défenderesse l’a ensuite convoqué à son siège le 15 septembre 2020, où elle lui a remis un reçu de solde de tout compte incluant une indemnité de préavis et une indemnité de licenciement. Il estime que l’indemnité qui lui a été accordée est inéquitable et insuffisante, ayant été calculée en violation de la loi. Il a donc sollicité la condamnation de l’employeur à lui verser les indemnités liées à un licenciement abusif.

Après réponse de la partie défenderesse et après l’échec de la tentative de conciliation entre les deux parties, les procédures ont été menées à terme, et le tribunal de première instance a rendu un jugement rejetant sa demande. Le demandeur a interjeté appel, mais la cour d’appel a confirmé le jugement, décision faisant aujourd’hui l’objet du pourvoi en cassation.

Concernant les moyens de cassation des quatrième, cinquième et septième critères :

Il est reproché à l’arrêt attaqué d’avoir violé la loi, notamment les articles 11 et 71 du Code du travail, ainsi que l’article 96 du règlement intérieur de l’entreprise, en plus d’un défaut de motivation, d’un manque de base légale et de la violation des règles de classement des salariés lors des licenciements.

Le demandeur avait en effet soulevé devant la cour d’appel une violation manifeste des dispositions de l’article 71 du Code du travail et de l’article 96 du règlement intérieur de la défenderesse, en ce que celle-ci n’a pas respecté les critères de classement des salariés ciblés par le licenciement collectif prévu par la loi. L’article 71 prévoit que le licenciement doit être opéré, pour chaque entreprise et par catégorie professionnelle, en tenant compte de l’ancienneté, de la compétence professionnelle et des charges familiales.

Selon l’article 96 du règlement intérieur de la défenderesse, tout licenciement pour des motifs technologiques, structurels ou économiques doit respecter les articles 66 à 71 du Code du travail (loi n° 65.99). En cas de réduction d’effectifs, un plan de classement est établi sur la base de critères précis : un point par mois d’ancienneté, un point supplémentaire pour le salarié marié, deux points par enfant à charge (selon les critères relatifs aux allocations familiales), et une évaluation de la performance allant de 1 à 5 points par le directeur après consultation des supérieurs hiérarchiques.

Les salariés sont ensuite classés selon le total des points, et la liste est communiquée à l’ensemble des salariés. Les observations ou contestations sont acceptées dans un délai de 15 jours à compter de la publication de cette liste par la direction des ressources humaines.

Le demandeur soutient que l’entreprise n’a pas respecté les critères mentionnés, que son nom a été inscrit arbitrairement sur la liste des pilotes visés par le licenciement, et que la liste n’a jamais été publiée ni communiquée, empêchant ainsi toute contestation dans le délai imparti, ce qui constitue une violation flagrante de ses droits de défense au cours de la procédure de licenciement collectif.

Contrairement à ce que soutient la défenderesse, l’article 96 impose non seulement l’affichage au siège, mais aussi la communication effective à tous les salariés, notamment via les canaux habituels de l’entreprise, comme le courrier électronique pour les pilotes, ce qui n’a pas été fait. Il ajoute que l’affichage allégué entre le 4 et le 13 mai 2020 n’a pas pu avoir lieu, le siège étant alors fermé en raison des mesures sanitaires liées au Covid-19, comme en témoignent une note de service datée du 16 mars 2020 et une autre du 11 juin 2020.

En tant que pilote, il ne se rend jamais au siège mais uniquement à l’aéroport, or le trafic aérien était totalement suspendu durant cette période. Il a adressé à l’entreprise une lettre de contestation du licenciement pour motif économique le 11 septembre 2020, réceptionnée le 27 octobre 2020, sans réponse. Il a également demandé, par lettre du 28 septembre 2020 (reçue le 28 octobre), à connaître les critères utilisés pour déterminer les pilotes concernés par le licenciement, en vain.

La société a joint au dossier transmis au gouverneur une liste des salariés concernés, en prétendant avoir respecté les critères de l’article 71, ce qui est inexact. Le demandeur, avec une ancienneté de 31 ans, une compétence professionnelle reconnue (commandant de bord, instructeur, examinateur), et une famille à charge (épouse et trois enfants), aurait dû obtenir le score le plus élevé et être exclu du licenciement.

Il soutient que d’autres pilotes, moins anciens, moins compétents, et ayant moins de charges familiales, ont été épargnés. Il s’est déclaré prêt à en apporter la preuve avec une liste de noms. Il rappelle aussi une communication interne de la société datée du 22 mai 2020 contenant une telle liste. Selon l’article 11 du Code du travail, les dispositions plus favorables du règlement intérieur doivent s’appliquer. Il considère donc le licenciement comme abusif et réclame les indemnités prévues à l’article 41 du Code du travail.

Il reproche aussi à la cour de ne pas avoir ordonné d’enquête contradictoire pour vérifier les violations des articles 71 du Code du travail et 96 du règlement intérieur, malgré sa demande, ce qui entache la décision d’un défaut de motivation et d’un manque de base légale.

Le demandeur conteste également le montant de l’indemnité de licenciement perçue avant l’introduction de l’action, notamment sa méthode de calcul. La défenderesse lui a versé une indemnité pour préavis et licenciement en échange d’un solde de tout compte signé le 15 septembre 2020. Il s’est rétracté de cette signature en vertu de l’article 75 du Code du travail.

Il a reçu 4.258.500,66 dirhams comme indemnité de licenciement, mais conteste ce montant, affirmant qu’il a été calculé sur la base de son salaire net (135.562,27 dirhams) alors qu’il aurait dû l’être sur son salaire brut (240.414,51 dirhams), comme l’atteste un certificat de salaire du 21 juillet 2020. La jurisprudence retient que l’indemnité doit être calculée sur le salaire brut, en application de l’article 57 du Code du travail. Il demande le recalcul de l’indemnité sur cette base, soit un écart de 13.772.587,59 dirhams, mais la cour n’a pas répondu à ce grief.

Il soulève également un grief concernant le mode de calcul retenu par l’entreprise (191 heures de travail mensuelles), ce qui est incompatible avec le décret n° 926.08 du ministre de l’Équipement et des transports du 23 mai 2008, qui fixe à 100 heures par 28 jours la limite maximale pour les pilotes, leur moyenne réelle étant de 80 heures par mois. L’entreprise elle-même rémunérait les pilotes selon les heures de vol réelles.

Enfin, il affirme n’avoir reçu aucune indemnité pour ses congés annuels de l’année 2020, pour un montant de 240.414,51 dirhams, que l’entreprise ne conteste pas. Or, le jugement ne s’est pas prononcé sur cette demande.

Il ressort que les griefs du demandeur sont fondés :

« Le licenciement collectif, bien que formellement autorisé pour raisons économiques, n’a pas respecté les critères légaux de l’article 71 du Code du travail ni ceux de l’article 96 du règlement intérieur. Les éléments essentiels comme l’ancienneté, la compétence professionnelle et les charges familiales n’ont pas été respectés.

La cour n’a pas répondu à ses moyens relatifs à ces violations ni à la contestation du montant de l’indemnité et des congés payés. La décision est donc entachée de violation de la loi, de défaut de motivation et d’absence de base légale, ce qui justifie sa cassation, indépendamment des autres moyens invoqués.

Et attendu que l’intérêt d’une bonne administration de la justice et celui des parties commandent que la même affaire soit renvoyée devant la même juridiction autrement composée ».

Un partenariat entre RAM, l’ADD et le ministère de la Transition numérique pour soutenir la TravelTech

Le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Royal Air Maroc et l’Agence du développement du digital (ADD) ont signé, le lundi 14 avril, une convention de partenariat stratégique lors de la 3ᵉ édition du salon GITEX Africa, qui se tient actuellement du 14 au 16 avril 2025 à Marrakech.

Ce partenariat vise à accélérer l’innovation dans le secteur du voyage et à positionner le Maroc comme un pôle incontournable de la TravelTech sur le continent africain, indique un communiqué conjoint.

La convention repose sur trois axes majeurs essentiels à la dynamique de transformation digitale du secteur aérien.

La convention prévoit également la mise en place de mesures concrètes visant à accélérer la digitalisation des acteurs privés du secteur du voyage, notamment à travers la mise à leur disposition des plateformes « Moukawala Raqmya » et « Academia Raqmya », ainsi que l’organisation d’ateliers de sensibilisation pour renforcer leurs compétences numériques.

« Cette collaboration stratégique incarne notre vision commune de faire du numérique un véritable accélérateur de croissance pour l’économie marocaine et un levier d’amélioration des services aux citoyens. En unissant nos forces, nous affirmons notre ambition de positionner le Maroc comme un leader régional dans le domaine de la TravelTech », a souligné Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, citée dans le communiqué.

« À travers ce partenariat, Royal Air Maroc réaffirme son engagement en faveur de l’innovation et de la transformation digitale dans le secteur aérien. Nous sommes déterminés à soutenir les startups marocaines et africaines spécialisées dans l’industrie du voyage et le digital, en ligne avec les ambitions de développement touristique du Royaume et en préparation aux grands événements que le Maroc se prépare à accueillir, comme la CAN et la Coupe du monde de football 2030 », a déclaré Hamid Addou, président directeur général de Royal Air Maroc.

De son côté, Mohamed Drissi Melyani, directeur général de l’ADD, a affirmé : « Ce partenariat incarne une ambition commune, celle de faire du Maroc un pôle technologique de référence en Afrique, en connectant les talents, les idées et les opportunités. L’ADD est fière d’accompagner cette initiative pionnière qui conjugue innovation, entrepreneuriat et ouverture à l’international ».

Un partenariat stratégique entre la RAM et Mauritania Airlines

Royal Air Maroc et Mauritania Airlines franchissent une nouvelle étape stratégique. En signant un accord de partage de codes inédit, les deux compagnies ne se contentent pas de simplifier le voyage entre Casablanca et Nouakchott : elles redéfinissent la connectivité entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Plus de fréquences, plus de destinations, plus de fluidité : ce partenariat promet une nouvelle dynamique aux échanges entre les deux pays, tout en renforçant leur ancrage continental.

Royal Air Maroc et Mauritania Airlines ont signé ce vendredi 4 avril 2025, au siège de la compagnie nationale à Casablanca un Mémorandum d’Entente (MoU) ainsi qu’un accord de partage de codes de type « free flow » portant sur la route aérienne directe Casablanca-Nouakchott. Cet accord stratégique s’inscrit dans le cadre des efforts continus des deux compagnies aériennes en vue d’améliorer l’expérience de leurs clients, puisqu’il permettra aux passagers de bénéficier de plusieurs avantages rendant leur parcours de voyage plus fluide, simplifié et confortable, annonce un communiqué conjoint des deux compagnies.

« Ce partenariat stratégique est le premier du genre entre Royal Air Maroc et Mauritania Airlines. Il permettra de faire bénéficier les clients des deux compagnies aériennes d’une expérience client améliorée et d’un produit de qualité. Il leur donnera accès également à une diversité de destinations à travers nos réseaux respectifs », souligne Hamid Addou, Président Directeur Général de Royal Air Maroc, cité dans le communiqué. « Cet accord reflète également notre engagement commun à renforcer les échanges entre le Maroc et la Mauritanie et à renforcer notre ancrage africain. Il marque une étape importante dans notre ambition de consolider notre position en Afrique, tout en offrant une expérience exceptionnelle à nos passagers », poursuit-il.

De son côté, Ahmed Salem Mohamed Vall Ammi, Directeur Général de Mauritania Airlines indique : « Nous sommes fiers d’annoncer une avancée majeure dans notre coopération avec la compagnie sœur Royal Air Maroc à travers la mise en place d’un accord de partage de codes (codeshare). Cet accord stratégique renforce non seulement les opportunités de voyage entre la République Islamique de Mauritanie et le Royaume du Maroc, mais il permet aussi d’offrir à nos passagers un accès facilité à un plus large réseau de destinations, avec plus de flexibilité et une expérience de voyage harmonisée. Grâce à ce partenariat, la compagnie nationale Mauritania Airlines et Royal Air Maroc réaffirment leur engagement commun à améliorer la connectivité entre nos marchés et à proposer des solutions de voyage toujours plus performantes. Cette collaboration permet d’ouvrir de nouveaux horizons à Mauritania Airlines dans le développement de son réseau, et de répondre aux attentes de nos clients en leur offrant un service optimisé et des connexions fluides entre nos compagnies ».

L’accord permettra de renforcer les liaisons entre les deux pays, de créer des connexions vers d’autres routes et de démultiplier les destinations, tout en offrant plus de confort aux passagers.

« La ligne stratégique Casablanca-Nouakchott sera ainsi renforcée par les deux transporteurs aériens. Opérant sept fréquences directes par semaine sur cette ligne, Royal Air Maroc les augmentera pour atteindre neuf fréquences hebdomadaires. De son côté, Mauritania Airlines atteindra neuf fréquences par semaine sur la ligne directe Nouakchott – Casablanca, soit une augmentation de trois fréquences par semaine ».

« Par ailleurs, les deux compagnies intégreront quatre routes additionnelles au partenariat codeshare dans le but d’élargir les options de connectivité. Les clients de Mauritania Airlines accéderont à des vols de continuation à travers le hub de Casablanca de Royal Air Maroc vers quatre grandes métropoles : Madrid, Dubaï, Paris et Luanda ».

Outre son volet dédié au transport aérien, le partenariat stratégique prévoit plusieurs axes de collaboration complémentaires, notamment dans les domaines de la maintenance, du handling, de la formation technique et managériale, de la digitalisation ainsi qu’en matière d’organisation et de ressources humaines.

« A travers cet accord, Mauritania Airlines et Royal Air Maroc réaffirment leur engagement à mieux connecter l’Afrique, dans le cadre du renforcement de la stratégie de coopération Sud-Sud, et ce en offrant de nouvelles opportunités de voyages à l’international grâce à leurs réseaux respectifs, tout en améliorant l’expérience de leurs clients », conclut le communiqué.