Textile. Le passage à un modèle de produits finis « nécessite un écosystème solide et opérationnel »

Le textile marocain enregistre un recul à l’export. Ce recul est dû à trois facteurs expliqués par Ryad Mezzour au Parlement, dans le cadre des discussions du budget sectoriel lors de l’examen du PLF 2026.

« D’abord, le pouvoir d’achat, puisque notre principal marché est l’Europe, et que le pouvoir d’achat en Europe a quelque peu diminué. Ensuite, la fermeture de certains marchés, notamment le russe qui s’est totalement fermé, contribue à ce recul. Enfin, la disparition de certaines marques avec lesquelles nous travaillions, qui ont elles-mêmes fermé ou fait faillite, en particulier en France, contribue également à ce recul. Deux marques… j’espérais que l’un de nos producteurs les rachèterait« .

Le ministre fait référence à des donneurs d’ordre français, comme Camaïeu, Pimkie ou Naf Naf, dont la faillite a eu des retentissements sur le secteur textile marocain.

« Pour vous donner un exemple : une marque aujourd’hui bien connue, distribuée et vendue massivement au Maroc, était à l’origine une marque française. Elle a été rachetée par des investisseurs d’un autre pays qui la distribuent aujourd’hui dans le monde entier. C’était à l’origine une marque française bien établie. Ces investisseurs fabriquaient déjà pour cette marque, puis ont été sollicités pour distribuer ses produits en Turquie. Quand la marque a connu des difficultés et fait faillite, ils l’ont rachetée et ont commencé à la distribuer dans le monde entier. C’est ce genre de situation qui crée des opportunités ».

« Nous avons essayé de racheter certaines marques, mais nous le ferons encore, inchallah, car cela permet aussi de bénéficier d’un nom commercial fort, ce qui donne plus de poids à la distribution », révèle le ministre.

La marque dont parle Ryad Mezzour n’est autre que LC Waikiki, qui, à l’origine, était une marque française avant d’être rachetée par la société turque Tema Textile en 1997.

Le plus marquant, c’est que l’industrie textile turque a récidivé avec le rachat récent de l’enseigne Naf Naf par le groupe turc Migiboy Tekstil. Ce dernier a offert plus de 1,5 million d’euros pour reprendre l’iconique enseigne française, en redressement judiciaire.

Rompre avec la sous-traitance pour bâtir un secteur à forte valeur ajoutée

Ryad Mezzour estime que « le textile est aujourd’hui le secteur le plus menacé sur le plan industriel, en raison de sa faible productivité ». Il explique que c’est un secteur sur lequel il faut agir avec force et rapidité : « rapidité dans la création, rapidité dans l’intégration du fil et du tissu, rapidité dans la production des accessoires, et surtout rapidité dans le développement de nos propres marques ».

« Jusqu’à présent, nous avons toujours travaillé en sous-traitance, en répondant aux demandes de nos donneurs d’ordres : ‘Faites ceci, faites cela’. Nous avons tout fait : respect des normes de sécurité, environnementales, de qualité, etc. La pression a été constante. Mais nous n’avons pas réussi à en tirer une forte productivité. Aujourd’hui, il faut passer à une maîtrise complète de la marque et de la valeur ajoutée qu’elle génère. C’est pourquoi j’insiste : nous devons maîtriser notre production et nos marques ».

Cette orientation reste toutefois conditionnée à la mise en place d’un véritable écosystème industriel, financier et logistique. À l’heure actuelle, ces conditions demeurent encore loin d’être réunies pour permettre une telle transformation du secteur textile au Maroc.

Dans le même sens, contacté par Médias24, Abderrahmane Atfi, industriel et ex-président régional de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) pour Casablanca, indique que la productivité reste à des niveaux logiques et n’est pas faible.

« La productivité n’est pas le nœud du problème dans le secteur textile. Étant actif dans la sous-traitance, notre productivité opérationnelle reste remarquable. En revanche, ce qui nous pénalise, c’est la faible valeur ajoutée, et cela est tout à fait normal. La valeur ajoutée demeure faible parce que l’activité textile marocaine repose sur la sous-traitance », explique-t-il.

En d’autres termes, la faible valeur ajoutée est un constat logique tant que le secteur demeure majoritairement tourné vers la sous-traitance.

« On parle de ce sujet depuis plus de trente ans, ce n’est pas nouveau. Tant que nous resterons dans la sous-traitance, la valeur ajoutée demeurera faible. Dans ce modèle, la valeur ajoutée repose essentiellement sur le travail. Il y a très peu de capital engagé, donc mécaniquement, elle reste faible ».

Notre interlocuteur s’aligne sur le constat et les propos du ministre. Le modèle fondé sur la sous-traitance a montré ses limites et n’est plus durable.

« Le modèle actuel s’essouffle. Si nous voulons de vrais résultats et un développement durable, il faut monter en gamme et aller vers plus d’intégration pour livrer des produits finis ».

Selon Abderrahmane Atfi, « deux voies existent. Soit livrer un produit fini entièrement réalisé par des acteurs marocains, soit passer à la co-traitance, où nous coproduisons et captons la part la plus importante de la valeur ajoutée. Dans les deux cas, l’objectif est de livrer un produit fini au client ».

« La co-traitance consiste à se procurer les composants que nous ne pouvons pas fabriquer localement, comme la filature ou le tissu auprès d’acteurs étrangers, puis à assurer au Maroc la conception, la transformation et la production du produit fini avant sa livraison. C’est tout à fait réalisable ».

Financement, formation, écosystème : les conditions d’un vrai saut industriel

Cependant, plusieurs obstacles freinent le passage vers un tel modèle, notamment la situation financière des entreprises du secteur et la formation de la main-d’œuvre.

« Le premier verrou est financier. Pour faire du produit fini ou de la co-traitance, il faut du fonds de roulement. La majorité des entreprises, qu’elles soient petites, moyennes ou grandes, n’ont pas les moyens suffisants. Pour réussir ce basculement, il faut multiplier par quatre à cinq le capital des entreprises », précise-t-il.

« Pourquoi faut-il autant de capital ? Parce qu’il est nécessaire d’abord d’investir dans les usines et les équipements, ensuite d’avancer le coût des matières premières et des composants, puis de financer l’activité en attendant le règlement des clients. En général, les paiements sont effectués entre 60 et 120 jours après la livraison », poursuit Abderrahmane Atfi.

La formation de la main-d’œuvre reste un facteur indispensable pour réussir la transition vers un modèle axé sur le produit fini.

« Il existe une main-d’œuvre qualifiée au Maroc, mais pas sur toute la chaîne nécessaire au produit fini. Les maillons que nous ne maîtrisons pas aujourd’hui, nous pouvons les sourcer à l’extérieur. Cette intégration progressive, en produisant ce que nous savons faire et en achetant ce que nous ne faisons pas encore, permet de construire nos propres marques et de livrer des produits finis ».

Concernant l’idée exprimée par le ministre, consistant à racheter des entreprises en difficulté et à tenter de relancer leur activité tout en développant de nouveaux produits, Abderrahmane Atfi estime que le soutien de l’État est indispensable, ces opérations nécessitant des moyens financiers actuellement hors de portée des acteurs privés marocains.

« Acheter des entreprises existantes, c’est une bonne idée. Mais elle ne peut réussir sans un appui fort de l’État. La majorité écrasante des acteurs n’ont pas les moyens financiers de se lancer seuls dans ce type d’opération », souligne-t-il.

« L’objectif reste de maîtriser la marque, pas seulement de l’acheter. Même si l’on acquiert une entreprise étrangère, encore faut-il être capable de reproduire ses produits avec le même niveau de qualité et les mêmes volumes, tout en développant nos propres gammes. Prenons un exemple concret, une marque française comme Camaïeu compte entre 200 et 300 magasins, et certaines marques en gèrent jusqu’à 800. Sommes-nous aujourd’hui prêts à livrer de tels volumes ? ».

Par ailleurs, Abderrahmane Atfi insiste sur le fait que la réussite d’un tel modèle dépend de la mise en place d’un écosystème complet, cohérent et pleinement opérationnel, couvrant l’ensemble des maillons nécessaires à la production et à la commercialisation.

« Acheter une marque ne suffit pas, il faut tout un écosystème opérationnel derrière, incluant les bureaux d’études, la conception, la logistique, le financement et la commercialisation. C’est pourtant la bonne direction à suivre. Si nous voulons changer de modèle, c’est une nécessité absolue. Le modèle actuel, fondé sur la sous-traitance, n’est plus soutenable », conclut-il.

Mezzour reconnaît une année difficile pour l’automobile à l’export et table sur une fin d’exercice à l’équilibre

Durant sa présentation du projet de budget sectoriel du ministère de l’Industrie et du commerce au Parlement, le ministre Ryad Mezzour s’est expliqué sur la situation du marché de l’automobile.

2025, une année difficile pour le secteur automobile marocain

« Je ne vais pas vous mentir, 2025 a été très très difficile », a-t-il confié. « Nous avons commencé l’année avec des chiffres très modestes pour l’industrie automobile. Franchement, les trois ou quatre premiers mois, les résultats étaient vraiment faibles », poursuit-il, confirmant les différents articles de Médias24 à la fin du premier trimestre, sur le sujet.

Cette baisse était le résultat d’un changement de la demande européenne vers les véhicules électriques, tandis que le marché des moteurs thermiques perdait des parts de marché. Médias24 avait également indiqué qu’il s’agissait d’un problème plus structurel que conjoncturel.

Pour ce qui est des causes sous-jacentes, le ministre pointe du doigt les problématiques qu’une marque produite au Maroc a rencontrées au niveau de son moteur, ainsi que la concurrence chinoise féroce, notamment celle des voitures électriques qui ont inondé le marché européen.

« Nous avions un modèle produit au Maroc, à raison de 180.000 à 190.000 unités par an, qui a rencontré des problèmes de moteur (…). Ses ventes ont fortement chuté en Europe, parallèlement à une baisse générale des ventes automobiles sur le continent et à une concurrence accrue de la Chine. Nous étions dans une situation plutôt inconfortable », souligne Ryad Mezzour.

Sans la nommer, le ministre fait référence à la marque Peugeot, qui a eu un grand problème relatif à son moteur essence 1.2 L PureTech. Cela a affecté significativement ses ventes.

Selon le ministre, un grand travail a été accompli. « Nous avons redressé la situation : nous avons apporté des améliorations, travaillé dur et ajusté plusieurs aspects, à la fois avec nos constructeurs et sur les marchés. Aujourd’hui, nous sommes revenus à un niveau équivalent à celui de l’an dernier. Et ce qui est le plus important pour l’industrie automobile, c’est que nous avons retrouvé l’équilibre par rapport à 2024, avec une légère baisse de 2,7 % ».

Les chiffres de l’Office des changes à fin septembre 2025 indiquent, en effet, que les exportations automobiles accusent un repli de 2,7%. Néanmoins, le segment de la construction, qui reflète fidèlement la demande étrangère pour les voitures produites au Maroc, enregistre, lui aussi, une baisse marquée de 14,6%.

Le Maroc prépare 2026 avec une capacité accrue et une vision plus flexible

Pour ce qui est des perspectives de fin d’année, Ryad Mezzour table sur une stagnation des exportations. « Nous terminerons donc l’année à peu près au même niveau. Mais en même temps, et c’est ce qui compte le plus, les investisseurs présents dans notre pays ont renouvelé leur confiance dans la plateforme industrielle marocaine ».

« Je peux le dire avec fierté, le Maroc dispose désormais d’une plateforme industrielle automobile dotée d’une capacité de production d’un million de véhicules par an », précise-t-il. Il convient de noter qu’il s’agit de la capacité nominale, laquelle dépasse largement la production effective.

Le ministre a également souligné l’essor que connaît l’industrie. « Nous avons d’ailleurs vu apparaître, pour le constructeur ayant connu des problèmes de moteur, deux nouveaux modèles qui seront produits à Kénitra, des modèles haut de gamme qui devraient connaître un fort succès commercial. Dans le même temps, l’autre constructeur a établi avec nous un plan d’action allant jusqu’en 2030. Ce plan nous permettra de transformer la totalité de sa capacité de production, soit 500.000 véhicules par an, afin qu’il puisse fabriquer des voitures électriques, hybrides et thermiques sur une même ligne de production. Cela nous offrira la flexibilité nécessaire pour répondre à l’évolution de la demande des marchés ».

« Nous pourrons aussi diversifier nos marchés et réduire notre dépendance à certains d’entre eux. C’est une nouvelle dont nous pouvons être fiers. Nous verrons, dès l’année prochaine, les effets positifs sur les performances du secteur automobile », conclut-il.

Automobile. « Les exportations de voitures ont chuté de 22% sur les quatre premiers mois de 2025 » (Ryad Mezzour)

S’exprimant devant les parlementaires à la Chambre des conseillers, le mardi 3 juin, le ministre de l’Industrie et du commerce a dressé un constat sans détour.

En réponse à une question sur la baisse des exportations automobiles, Ryad Mezzour a indiqué que ces exportations ont reculé de 22% sur les quatre premiers mois de 2025, en glissement annuel.

« Les exportations automobiles sur les quatre premiers mois enregistrent une baisse de 7%, tandis que celles des voitures accusent, à elles seules, un recul de 22%« , précise-t-il.

Le ministre a néanmoins tenu à relativiser la portée de cette baisse. « Ce repli s’explique par plusieurs facteurs, essentiellement conjoncturels ».

Dans son intervention, Mezzour pointe d’abord du doigt la situation du marché européen, qui reste la principale destination des voitures made in Morocco. Selon lui, l’essoufflement de la demande en Europe, et notamment en France, constitue la raison centrale de cette baisse.

« L’essentiel dans cette dynamique, c’est le ralentissement du marché européen, qui demeure la principale destination de nos exportations. Ce marché montre des signes de perte de dynamisme : à titre d’exemple, le marché français a enregistré une contraction de plus de 25% des ventes de voitures sur la même période », explique le ministre.

Diversification des débouchés : un nouveau cap pour la politique commerciale de l’automobile

Face à cette dépendance structurelle à l’Europe, le ministère de l’Industrie et du commerce entend revoir sa stratégie en profondeur.

« En collaboration avec Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, nous œuvrons à une nouvelle conception de notre politique commerciale, avec pour objectif de diversifier nos débouchés », indique-t-il.

L’objectif est clair : réduire la vulnérabilité géographique des exportations automobiles marocaines en s’ouvrant à de nouveaux marchés.

« Nous travaillons également en étroite coordination avec les investisseurs et les producteurs installés au Maroc, afin d’élargir notre portefeuille de marchés et de consolider notre offre exportable », précise Ryad Mezzour.L’ambition est de porter le nombre des marchés d’exportation de 70 actuellement à 95, voire 100.Le Maroc, qui exporte actuellement vers plusieurs pays, ambitionne d’élargir considérablement cette base. Selon Mezzour, 25 à 30 nouveaux marchés pourraient être conquis à court et moyen terme. Cette stratégie vise à atténuer l’exposition du pays aux chocs exogènes touchant des zones spécifiques.

« À ce jour, les voitures produites au Maroc sont exportées vers 68 à 70 pays. Notre ambition est d’ajouter 25 à 30 nouveaux marchés à cette liste, dans le but de réduire notre exposition aux risques liés à la concentration géographique ».

Malgré les tensions conjoncturelles, le ministre se veut optimiste pour l’avenir. « Nous avons pleine confiance dans le potentiel du secteur automobile. D’ailleurs, avec la localisation de la production de batteries, nous estimons qu’il est possible de doubler nos exportations automobiles au cours des cinq prochaines années », conclut-il.

Un dispositif public d’assurance-crédit à l’export pour sécuriser jusqu’à 7,5 MMDH vers les marchés à risque

Une rencontre dédiée à la présentation du projet du « dispositif d’assurance publique complémentaire à l’export » a été organisée, mardi 22 avril à Casablanca, en présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, et du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira.

Ce dispositif, dont le lancement opérationnel est prévu pour le 1er juin 2025, a été conçu en concertation avec l’ensemble des acteurs publics et privés de l’écosystème de l’assurance à l’export afin de renforcer la compétitivité des entreprises exportatrices vers des marchés stratégiques présentant un certain niveau de risque, non couverts par les assurances privées.

Son opérationnalisation repose sur un fonds public dédié, mis à la disposition de la Société centrale de réassurance (SCR), devenue Atlantic Re, qui se chargera de la gestion du mécanisme public d’assurance-crédit à l’export et assurera la réassurance des risques, avec une rétention collective des opérateurs ayant un agrément en assurance-crédit à l’export.

Avec un investissement de 100 MDH, ce dispositif, qui intègre un système de tarification modulée en fonction des pays et du niveau de risque, garantissant ainsi une couverture adaptée aux réalités des marchés, « couvrira jusqu’à 7,5 MMDH d’exportation additionnelle par an, permettant de générer un effet levier significatif, avec jusqu’à 75 dirhams d’exportation additionnelle pour chaque dirham investi », souligne Mehdi Arifi, directeur du pôle business development chez Atlantic Re.

Intervenant à cette occasion, M. Mezzour a indiqué que ce dispositif « s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale actuellement en marche en matière de promotion du commerce extérieur ».

« C’est un levier stratégique au service de la politique nationale d’appui à l’export », a affirmé le ministre, ajoutant qu’il contribuera à élargir la présence des produits marocains à l’international tout en réduisant l’exposition des entreprises aux risques inhérents aux marchés émergents ».

De son côté, M. Hejira a relevé que ce nouveau mécanisme s’inscrit dans la feuille de route 2025-2027 pour le développement du commerce extérieur et constitue un outil stratégique pour stimuler les exportations marocaines.

« Conçu en parfaite adéquation avec les attentes et les besoins exprimés par les opérateurs, ce dispositif vise à renforcer la compétitivité et l’internationalisation des entreprises en les accompagnant dans leur quête de nouveaux débouchés, notamment vers les marchés faiblement couverts et à fort potentiel », a-t-il noté.

Afin d’identifier les meilleures pratiques et d’adapter le modèle retenu aux spécificités du marché marocain, une étude de benchmark international a été menée en partenariat avec l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) et a révélé que les exportateurs marocains concentrent leurs activités sur des zones géographiques à faible risque, principalement en Europe et dans les pays de l’OCDE.

Les marchés émergents comme ceux de l’Afrique et du Moyen-Orient restent largement non couverts, ce qui constitue un frein au développement des exportations marocaines dans ces régions.

Le nouveau dispositif, qui vise à combler cette lacune, sera déployé dans une première étape pour couvrir les risques commerciaux et politiques pour les acheteurs publics et privés issus de 15 pays jugés stratégiques en Afrique.

Banque de projets industriels : 1.905 projets pour 126 MMDH d’investissements

Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le lundi 14 avril, Ryad Mezzour a relevé que le montant total des investissements pour ces projets industriels atteint 126 MMDH, dont 95 MMDH destinés à la substitution des importations et 96 MMDH pour l’exportation, notant que plus de 177.000 postes d’emplois directs seront créés.

Et de poursuivre que l’enveloppe dédiée aux projets relatifs aux industries alimentaires atteint 19 MMDH, ce qui permettra de créer 750.000 emplois directs.

Par ailleurs, le ministre a souligné que l’industrie alimentaire se distingue par ses nombreuses potentialités, notamment sa capacité à répondre à la demande de justice spatiale. L’industrie agricole et de transformation peut être implantée dans toutes les régions du Royaume et se concentre principalement sur le marché intérieur, contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire du pays, a-t-il poursuivi.

En effet, près de 200 entreprises évoluent dans les industries alimentaires, parmi les 13.000 entreprises du secteur industriel, générant 43 MMDH d’exportations et un chiffre d’affaires de 185 MMDH, soit une part significative des 800 MMDH que représente le CA global de l’industrie marocaine, a précisé le ministre.

(Avec MAP)

Zinco lance une nouvelle ligne de production de compteurs électriques intelligents à Fès

Avec un investissement de 12 MDH, cette nouvelle ligne vise la création de 71 emplois supplémentaires.

La nouvelle technologie adoptée permet une mesure de la consommation, une gestion à distance et une intégration dans des réseaux électriques intelligents.

Intervenant à cette occasion, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a indiqué que ce projet industriel « marque une avancée significative pour notre industrie nationale, en particulier dans le domaine des technologies intelligentes, et incarne une véritable révolution dans la gestion de l’énergie ».

Le ministre a précisé que ce projet, le premier du genre au Maroc, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la vision du Roi pour renforcer la souveraineté industrielle nationale et fait partie de la banque de projets pour la substitution des importations.

La société Zinco est spécialisée dans la fabrication des compteurs d’eau, d’électricité et des poteaux en béton armé pour les lignes électriques, ainsi que dans la commercialisation de solutions d’éclairage public.

Depuis 2011, la société a évolué de la représentation commerciale de marques internationales de compteurs électriques et d’eau vers une intégration industrielle locale.

(Avec MAP)

Commerce Maroc-Égypte : une réunion de haut niveau ce jeudi 27 février à Rabat

La réunion, annoncée précédemment par Médias24, fait suite aux récents dysfonctionnements constatés dans les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Égypte, suscitant des réactions contrastées parmi les importateurs et les exportateurs marocains.

Elle sera présidée par le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, et le ministre égyptien de l’Investissement et du commerce extérieur, en présence de Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, à l’issue du Conseil de gouvernement tenu ce jeudi.

À la suite des restrictions égyptiennes ayant perturbé le commerce bilatéral, le Maroc a réagi par réciprocité. « Il s’agit d’une phase de réévaluation et non d’un conflit », avait affirmé une source autorisée contactée par Médias24.

Un constat confirmé par Mustapha Baitas, qui a souligné « la profondeur des relations entre les deux pays et l’existence d’outils permettant de surmonter tous les obstacles ».

 

Ryad Mezzour : « 18 spéculateurs perturbent les prix des viandes rouges »

L’augmentation des prix au Maroc fait toujours débat. Si celle-ci a été globalement maîtrisée ces derniers mois, certains produits, notamment les viandes rouges, continuent de poser des défis importants.

« Les prix de ces produits restent élevés, et des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir une baisse durable et significative », a déclaré Ryad Mezzour lors d’un débat télévisé en présence de Driss El Azami El Idrissi, numéro deux du PJD.

Des progrès notables sur plusieurs produits

Le ministre a évoqué les avancées réalisées sur d’autres segments de la chaîne de valeur. « Les prix des huiles, des pâtes, des légumes, des pommes de terre et des oignons ont été stabilisés, voire réduits, grâce à des mesures ciblées et à une meilleure gestion des assolements », a-t-il expliqué.

Cependant, la viande rouge reste un point critique. Malgré les efforts déployés, le modèle économique de ce secteur résiste aux tentatives de régulation. « Parmi les raisons de cette résistance figure la présence d’un nombre limité de spéculateurs – 18 exactement – dans le domaine de la viande rouge », a précisé Ryad Mezzour. Ces acteurs perturbent le marché, et des solutions sont en cours d’élaboration pour contrer leurs pratiques.

Face à la flambée des prix, le ministre a expliqué que deux options principales s’offrent aux autorités pour réguler les prix : « soit contrôler et fixer les prix, soit agir sur l’offre pour la renforcer ».

Pour la viande rouge, la deuxième option a été privilégiée. « Afin de renforcer l’offre, les barrières à l’importation ont été levées, notamment les droits de douane qui protégeaient auparavant le cheptel national », a-t-il indiqué. Cette décision a été prise dans un contexte où le cheptel local a enregistré une baisse significative, de l’ordre de 36% à 38%. Les importations ont donc été encouragées, avec l’autorisation d’importer jusqu’à 200.000 têtes de bovins pour faire baisser les prix.

Des marges excessives qui pénalisent les consommateurs

Malgré ces mesures, les marges pratiquées par les importateurs et les bouchers restent élevées, ce qui maintient les prix à un niveau trop élevé pour les consommateurs. « Traditionnellement, la marge des importateurs devrait se situer autour de 10 DH, et celle des bouchers entre 8 et 10 DH« , a rappelé Ryad Mezzour.

Cependant, les observations actuelles montrent que les marges des importateurs atteignent 20 à 25 DH, tandis que celles des bouchers varient entre 10 et 15 DH. Ainsi, les marges globales atteignent environ 40 DH, contre des marges traditionnelles de 20 à 25 DH auparavant.

Cette situation a conduit les autorités à envisager de nouvelles mesures, notamment en matière de normalisation et de régulation des pratiques commerciales. « L’objectif est de réduire ces marges excessives et de rétablir un équilibre plus favorable aux consommateurs », a-t-il affirmé.

Interrogé sur l’utilité des mesures d’exonération des importations, le ministre a rétorqué que le prix d’importation de la viande s’élève en moyenne à 70-80 DH le kilo.

« Si la TVA et les droits de douane avaient été maintenus, ce prix aurait atteint 200 DH« , a-t-il expliqué. La suppression de ces barrières tarifaires a donc permis une réduction significative des coûts, mais les quotas d’importation restent sous-exploités.

Un impact réel mais insuffisant

Les mesures prises ont eu un impact réel sur la stabilisation des prix, mais elles n’ont pas encore permis d’atteindre les niveaux souhaités. « Entre début 2022 et fin 2022, les prix de la viande avaient augmenté de 30%, passant de 105 à 130 DH pour la viande ovine et de 104 à 118 DH pour la viande bovine », a rappelé Ryad Mezzour.

Depuis l’introduction des mesures de renforcement de l’offre, les prix se sont stabilisés, et une tendance à la baisse a même été observée pour la viande ovine. Cependant, les prix actuels ne reflètent pas encore les niveaux que les consommateurs marocains méritent.

Pour une solution durable, la reconstitution du cheptel national est essentielle. « Des mesures ont été prises pour soutenir les éleveurs, notamment l’interdiction de l’abattage des génisses et l’importation de bétail destiné à reconstituer le cheptel », a déclaré le ministre. Le soutien à l’agriculture, bien que parfois critiqué pour sa répartition, vise notamment à relancer ce secteur et à préserver les emplois. « Beaucoup d’éleveurs ont perdu leur emploi, et les efforts actuels cherchent à inverser cette tendance », a-t-il ajouté.

Si les mesures prises ont permis de stabiliser les prix et d’inverser la tendance inflationniste sur certains produits, des défis majeurs subsistent, notamment dans le secteur de la viande rouge. La lutte contre la spéculation, la reconstitution du cheptel et le soutien aux éleveurs sont des priorités pour garantir une baisse durable des prix et une meilleure accessibilité pour les consommateurs marocains. « Bien que des progrès aient été réalisés, il reste encore du travail à faire pour que les Marocains bénéficient pleinement des efforts entrepris », a conclu Ryad Mezzour.

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Plus qu’une simple stratégie commerciale, la franchise est un « moteur d’innovation et de création d’emplois » (Ryad Mezzour)

La Morocco Franchise Exhibition 2025 a ouvert ses portes mercredi 12 février à Casablanca, accueillant plus de 100 exposants de divers secteurs. Ce salon, organisé par la Fédération marocaine de la franchise du 12 au 14 février, vise à promouvoir l’implantation et l’expansion des franchises au Maroc, en attirant près de 10.000 visiteurs.

L’événement a été inauguré en présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, du président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca-Settat (CCIS-CS), Hassan Berkani, et de la consule générale des États-Unis à Casablanca, Marissa Scott.

La franchise, un levier de croissance économique

Lors de son intervention, Ryad Mezzour a souligné que la franchise ne se limite pas à une simple stratégie commerciale, mais qu’elle représente un moteur d’innovation et de création d’emplois. Il a insisté sur l’importance d’investir dans des marques solides et de favoriser un entrepreneuriat structuré pour générer de nouvelles opportunités économiques et renforcer l’influence du Maroc à l’international.

Selon le ministre, le modèle de la franchise constitue une voie prometteuse pour le développement économique, à condition d’adopter une vision claire et stratégique. Il a mis en avant la transmission du savoir-faire, la viabilité du concept et l’accompagnement des entrepreneurs, particulièrement ceux disposant de ressources financières limitées mais dotés d’une forte ambition.

Il a également relevé l’absence de réglementation spécifique sur la franchise à l’échelle mondiale, à l’exception de la Chine et de l’Italie, soulignant la nécessité pour chaque pays d’adapter ses propres mécanismes de financement et d’accompagnement.

Le Maroc, un marché attractif pour les franchises américaines

Marissa Scott, consule générale des États-Unis à Casablanca, a quant à elle mis en avant l’attrait du marché marocain pour les franchises américaines. Elle a souligné que la stabilité du climat d’investissement et la dynamique économique du pays ont déjà permis à plusieurs enseignes américaines de s’y implanter avec succès.

Selon elle, la collaboration entre franchises américaines et entrepreneurs marocains contribue non seulement à la création d’emplois, mais aussi au renforcement des liens économiques entre les deux pays. Elle a ainsi réaffirmé l’engagement de la mission américaine au Maroc à soutenir les entrepreneurs et les entreprises cherchant à élargir leur portée à travers la franchise ou d’autres modèles innovants.

Un atout pour structurer l’économie

Hassan Berkani, président de la CCIS-CS, a, de son côté, mis en avant les opportunités offertes par le modèle de la franchise pour structurer l’économie et intégrer le secteur informel. Il a rappelé que les accords de libre-échange du Maroc avec l’Union Européenne et les États-Unis facilitent l’implantation des enseignes internationales et offrent aux jeunes entrepreneurs un cadre structuré pour leur développement.

Il a insisté sur l’importance d’accompagner les entrepreneurs marocains dans l’adoption de ce modèle, qui leur permet d’accéder à un savoir-faire éprouvé et à une gestion optimisée, tout en favorisant la professionnalisation du commerce.

Hydrogène, batteries et véhicules électriques : le Maroc pose les jalons de sa mobilité verte

La 1re édition du Green Impact Expo & Summit (GIES 2025) s’est ouverte le mardi 11 février à Casablanca, réunissant acteurs publics et privés autour de solutions innovantes pour une mobilité durable. Lors de cet événement, le ministre de l’Industrie et du commerce a mis en avant la stratégie marocaine dans ce secteur, soulignant les opportunités économiques et les avancées industrielles du pays.

Selon Ryad Mezzour, le Maroc voit dans la mobilité durable une véritable opportunité économique. « C’est une opportunité où l’on est bons, on a des atouts, on a des choses à vendre ». Le pays bénéficie en effet d’une industrie automobile compétitive qui doit impérativement s’adapter aux exigences du marché international, notamment avec la transition vers le tout-électrique prévue en Europe à partir de 2035.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour le Maroc d’intégrer la chaîne de valeur des batteries électriques afin de préserver les 250.000 à 260.000 emplois du secteur, et de maintenir sa position de premier exportateur national, avec un chiffre d’affaires de 150 MMDH.

« Si l’on ne bascule pas, si on n’intègre pas cette chaîne de valeur, on risque de perdre notre premier secteur exportateur », a-t-il averti.

Premiers succès dans la production de batteries

Ryad Mezzour a également annoncé une avancée significative : « Depuis trois semaines, le premier élément de la batterie électrique – la pré-cathode – a été produit au Maroc ». Ce développement marque une étape clé vers l’intégration complète de la production des batteries sur le territoire national.

Le Maroc ambitionne de devenir l’un des rares pays au monde à produire l’ensemble des composants d’une batterie électrique – cathode, anode, séparateur, électrolyte, cellule, module – ainsi que les véhicules électriques. « Ce ne sera pas pour dans dix ans ou vingt ans, c’est pour l’année prochaine, et cela a déjà commencé », a affirmé le ministre.

Le Maroc vise une transformation majeure de son industrie d’ici 2030-2032, avec une projection de triplement des exportations. « Si nous réussissons ce pari, nos exportations seront multipliées par trois, notre valeur ajoutée également, et nos emplois devront au moins doubler », a-il précisé.

Avec cette dynamique, le Maroc pourrait devenir le seul pays de la région euro-africaine capable de produire un véhicule électrique « de la mine à la voiture », exploitant ses ressources naturelles comme le phosphate et le cobalt pour alimenter son industrie automobile.

Ryad Mezzour a exhorté les chefs d’entreprises à s’engager dans cette transformation. « Ce que nous faisons est enthousiasmant et transformatif, mais nous avons besoin de vous ».

Avec cette vision, le Maroc entend consolider son rôle dans l’industrie mondiale de la mobilité durable et renforcer son attractivité pour les investisseurs internationaux.

 

L’intervention du président de la CGEM a également marqué cet événement. Il a souligné l’importance des initiatives visant à sensibiliser les acteurs économiques aux enjeux et aux opportunités de la mobilité durable. Selon lui, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc est devenu l’un des pays les plus avancés en matière de neutralité carbone. Il a rappelé que le pays figure régulièrement dans le top 10 mondial des indices de performance climatique et s’est doté d’une stratégie nationale bas carbone ambitieuse à l’horizon 2050.

Chakib Alj a mis en avant les investissements massifs du Maroc dans l’éolien et le solaire, permettant d’atteindre une part de 44% d’énergies renouvelables dans la capacité installée, avec un objectif de 52% bien avant 2030. Ces efforts ont conduit à une réduction d’environ 4,5 millions de tonnes de CO2 en 2022, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1,5 million de voitures thermiques.

Il a également insisté sur la nécessité d’une transition vers une mobilité propre, rappelant que le transport représente 20% des émissions de gaz à effet de serre au Maroc. Il a salué le succès des tramways de Casablanca et de Rabat-Salé et évoqué les projets en cours, notamment le remplacement de 30% des véhicules de l’administration par des modèles électriques d’ici 2030 et l’expansion de la flotte de bus électriques.

Par ailleurs, le patron des patrons a souligné l’importance des incitations fiscales et du déploiement de bornes de recharge pour favoriser l’adoption des voitures électriques. Il a également soulevé le problème de la congestion du trafic, et l’importance de la digitalisation et des nouvelles technologies,comme l’intelligence artificielle appliquée à la gestion du trafic, pouvant réduire la congestion de 30%.

En matière de transport ferroviaire, Chakib Alj a salué la réussite de la ligne à grande vitesse Al Boraq et évoqué les projets d’extension vers Marrakech et Agadir, ainsi que le développement du réseau express régional entre Kénitra et le Grand Casablanca. Il a insisté sur le fait que ces infrastructures seront déterminantes pour la Coupe du monde 2030, qui générera des flux de déplacement exceptionnels.

Il a enfin mis en avant les opportunités économiques liées à la mobilité durable, notamment la position du Maroc parmi les six premiers pays promoteurs de l’hydrogène vert. Selon lui, le développement de l’hydrogène et des batteries pourrait transformer l’économie marocaine, renforcer ses exportations et accélérer la convertibilité du dirham. Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour faire du Maroc un leader mondial de la mobilité durable.

Inclusion financière : une caravane pour digitaliser les paiements des commerçants

Développée en concertation avec les associations de commerçants, cette offre comprend plusieurs services adaptés à leurs besoins. Elle propose un compte bancaire dédié, une solution de crédit avantageuse pour financer leurs activités, ainsi que l’acquisition de terminaux de paiement électronique (TPE) afin de faciliter les transactions numériques.

En plus de ces services bancaires, une offre Barid Cash est également mise en place, permettant aux commerçants de bénéficier de services financiers plus accessibles et adaptés à leur réalité. L’objectif est de démocratiser les paiements digitaux et d’aider ces professionnels à moderniser leurs méthodes de transaction.

Pour assurer la diffusion de cette initiative, une caravane va parcourir plusieurs régions du Maroc afin de sensibiliser les commerçants aux bénéfices de l’inclusion financière et de la numérisation des paiements. Un projet pilote a été lancé dans la région Rabat-Salé-Kénitra. La généralisation à l’ensemble des régions du pays est prévue d’ici fin 2025.

Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a insisté sur la nécessité de moderniser le commerce via la digitalisation des paiements. Selon lui, cette initiative accompagne les mutations de l’économie nationale et répond aux défis de la transformation numérique, tout en renforçant la compétitivité des commerçants.

Al Amine Nejjar, président du directoire d’Al Barid Bank, a mis en avant l’impact concret de cette offre. Il a expliqué qu’elle a été conçue en concertation avec les représentants des commerçants, afin de répondre directement à leurs attentes et de leur offrir des solutions adaptées pour mieux gérer leurs transactions financières.

Hassan Sakhi, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Rabat-Salé-Kénitra, a affirmé le soutien de son institution à cette initiative. Il a souligné l’importance d’accompagner les commerçants dans cette transition vers le numérique, en leur offrant des outils qui facilitent leur gestion quotidienne et renforcent leur position face à la concurrence.

De son côté, Sami Romdhane, directeur général de Visa au Maroc, a rappelé que les paiements numériques représentent un levier essentiel pour la croissance des commerçants. Il a cité une étude réalisée par Visa, révélant que deux tiers des petits commerçants préfèrent aujourd’hui les paiements numériques et que ceux qui les ont adoptés ont constaté une augmentation de leur clientèle et de leurs revenus.

La Bourse de Casablanca courtise les acteurs de l’industrie agroalimentaire

Ce vendredi 31 janvier, le ministère de l’Industrie, la Bourse de Casablanca, l’AMMC, la CGEM ainsi que les fédérations sectorielles de l’agro-industrie se sont réunis pour consacrer une journée à expliquer, détailler et dissiper toutes les inquiétudes concernant le financement par le biais de la bourse. Leur objectif est de convaincre les opérateurs de l’importance de la bourse pour soutenir le développement de l’industrie marocaine.

Ryad Mezzour : “La bourse peut faire peur, mais les bénéfices qu’elle génère sont largement supérieurs.”

Lors de cette rencontre, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a délivré un message puissant aux acteurs du secteur industriel et agroalimentaire. « Vous êtes les acteurs, les promoteurs et les impulseurs, au quotidien, de la souveraineté industrielle et alimentaire du Maroc », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « De plus, comme vous le savez, nous faisons face à une urgence pressante en matière de création d’emplois (…) et vous représentez l’un des secteurs phares sur lesquels nous comptons pour agir rapidement. Vous connaissez mon slogan : c’est x2 en emploi le plus vite possible. Cela doit figurer dans vos plans d’affaires, en augmentant le chiffre d’affaires. C’est une contribution essentielle pour nous tous. Chaque année, de nombreux jeunes entrent sur le marché du travail, et nous avons deux fois plus de jeunes à la recherche d’emplois que ce que notre secteur économique est en mesure de créer actuellement. »

Quel est le lien avec la bourse ? La réponse du ministre est rapide : « La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des perspectives et des moyens de croitre. Cet outil, la bourse, représente un moyen de financement encore peu exploité par la plupart d’entre vous, mais qui a permis des réussites exceptionnelles ».

« La bourse peut susciter des craintes pour plusieurs raisons. Un amont n’est pas toujours très transparent, notamment sur le plan fiscal. Les transactions ne se déroulent pas toujours dans un cadre formel, en particulier sur le marché intérieur. Des efforts de transparence sont exigés. Je comprends ces préoccupations, mais les bénéfices sont nettement supérieurs à l’effort requis. »

Le ministre soutient que « l’accès est bien plus facile qu’on ne l’imagine. Cela demande beaucoup d’efforts, mais ce sont des efforts d’investissement initiaux qui permettront d’obtenir davantage de tranquillité et un potentiel de croissance accru par la suite ».

Nezha Hayat, présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), a déclaré : « Les exigences en matière de transparence et de gouvernance des sociétés cotées ont été renforcées afin de protéger l’épargne. Cependant, ces exigences sont adaptées à différents profils d’entreprise. »

Elle évoque ainsi le marché alternatif, qui est soumis à des règles allégées pour répondre aux besoins des PME, pour lesquelles une définition assez large a été adoptée.

Nezha Hayat a souligné que « au-delà des aspects techniques des instruments financiers, le marché des capitaux permet principalement de diminuer les coûts de financement en favorisant la rencontre entre l’offre et la demande de capitaux ».

Chakib Alj : « Je suis convaincu du fait que je dois introduire en bourse des sociétés de mon groupe. Je pense que cela se réalisera prochainement. »

La journée a également été marquée par la présence de Chakib Alj, président de la CGEM et acteur majeur du secteur agroindustriel.

« Aujourd’hui, la Bourse de Casablanca ne reflète pas pleinement les ambitions des opérateurs économiques. Il est évident que de nombreux changements ont eu lieu si l’on examine la trajectoire que notre pays a suivie au cours des 20 dernières années. Il est regrettable de constater que les PME sont encore rares en bourse. Pourtant, le potentiel est considérable. Prenons l’exemple d’une entreprise qui, il y a 30 ans, a fait son entrée en bourse avec une valorisation de 22 millions de dirhams et qui vaut aujourd’hui un milliard. Cela démontre clairement que les entreprises qui s’introduisent à la Bourse peuvent connaître une croissance impressionnante », affirme le patron des patrons.

Il ajoute : « Le secteur bancaire à lui seul ne pourra pas continuer à financer l’ensemble de notre économie. Actuellement, 90% du financement provient du secteur bancaire, ce qui est clairement insuffisant pour soutenir la croissance de notre pays. À titre de comparaison, en Europe, les financements bancaires représentent 50%, tandis que l’autre moitié provient de sources de financement alternatives. Aux États-Unis, ce rapport est encore plus marqué : 80% des financements proviennent du marché alternatif, contre seulement 20% des banques ».

« Les financements alternatifs présentent des perspectives prometteuses pour soutenir la croissance des entreprises et garantir la pérennité de l’environnement économique. Ils recèlent également de nombreuses opportunités pour générer des emplois et soutenir le développement de notre économie. »

Il ajoute : « Pour ma part, je suis convaincu que je dois introduire en bourse des sociétés de mon groupe. Je pense que cela se réalisera prochainement. Il faut donner l’exemple ».