Gestion des risques naturels : le drame de Safi impose de passer de la réaction à l’anticipation

Les crues torrentielles de Safi illustrent concrètement les conséquences d’un dérèglement climatique, qui se manifeste de manière de plus en plus intense au Maroc.

Le drame de Safi s’inscrit parmi les inondations les plus meurtrières que le Maroc ait connues dans les temps modernes. Sa particularité tient à l’extrême intensité de l’épisode climatique qui l’a provoqué.

Trois jours après le drame, les traces laissées par les inondations de l’oued Chaaba sont encore visibles du ciel.

Si les relevés officiels de la météorologie nationale indiquent 35 mm de précipitations à Safi le 14 décembre 2025 (entre midi et 18 h), ce chiffre ne reflète qu’une partie de l’histoire et contraste avec l’ampleur des dégâts.

Ceci s’explique par le caractère hyper-localisé de l’événement, confirmé par l’absence de précipitations à Essaouira et dans les localités périphériques (Hrara au nord-est et Sbet Gzoula au sud-est de Safi). Les modélisations satellitaires (notamment le Global Forecast System) ont identifié une concentration intense au nord-ouest de Safi, avec des cumuls estimés à plus de 100 mm. C’est cette zone très ciblée qui est probablement à l’origine des crues éclair observées.

Sur cette image satellitaire du 17 décembre, on observe clairement la puissance inédite du courant, qui, bien qu’émanant d’un cours d’eau de taille modeste (comparé à l’Oued Oum Er-Rbia par exemple), a néanmoins réussi à franchir tous les obstacles pour déverser d’importants volumes de sédiments dans l’océan.

L’exemple de Safi n’est ni le premier ni le dernier du genre. Nous ne savons ni où ni quand frappera le prochain désastre, mais il est toutefois possible d’anticiper et d’amortir le choc de ces évènements extrêmes.

La résilience de nos territoires n’est pas aussi facile qu’on le pense

Le cas de Safi est un signal à prendre en considération face aux impacts imprévisibles, puisque la cartographie nationale des risques n’identifie pas la ville comme une zone à haut risque d’inondation. Cela démontre la nécessité de disposer d’une base de données actualisée des aléas naturels, en tirant parti des avantages des technologies satellitaires.

Carte des risques d’inondation au Maroc : les points rouges indiquent les zones à risque d’inondation élevé, et les points noirs les zones à risque d’inondation le plus élevé (source : Département de l’environnement).

À travers la stratégie 2020-2030, le Maroc a consolidé plusieurs acquis en gestion des risques. Toutefois, ces progrès demeurent insuffisants face à l’accélération des phénomènes extrêmes.

Parmi ces réalisations, l’opérationnalisation d’instances régionales et provinciales de gestion des risques, qui permettent la remontée d’information, le suivi opérationnel et la déclinaison de la stratégie sur leurs territoires.

Ces efforts d’anticipation et d’adaptation aux risques naturels devront passer à la vitesse supérieure avec l’opérationnalisation de l’observatoire national de gestion des risques naturels dans les douze régions du Maroc. D’une grande importance, l’observatoire permettra de suivre indépendamment les travaux réalisés et de soulever les besoins urgents, notamment dans les zones les plus vulnérables.

D’autre part, l’action des communes territoriales devrait être également engagée en intégrant la gestion des risques dans leurs plans communaux, car le coût de l’inaction est plus élevé que celui de la prévention. Une étude scientifique (El Kharim et al., 2023) effectuée au niveau de la province de Chefchaouen a estimé les coûts économiques des pertes, évaluant à environ 25 millions de DH les dégâts pour les seuls glissements de terrain documentés.

Les cartes d’aptitude à l’urbanisation, un levier pour comprendre les risques dans nos territoires

Parmi les retombées directes de la stratégie de gestion des risques naturels figure l’accélération du taux de couverture nationale en cartes d’aptitude à l’urbanisation qui dépasse actuellement 60 % du territoire.

L’établissement de ces cartes représente un coût important, car elles ne se limitent pas à une simple documentation des phénomènes historiques. Elles intègrent la compilation de multiples paramètres afin d’estimer le degré de risque pour chaque aléa sur un territoire donné, y compris lorsque celui-ci présente un risque mineur.

Carte de vulnérabilité sismique de la ville d’Al Hoceima.

Or, ces cartes ne sont généralement pas accessibles au grand public, ce qui limite leur utilité en matière de prévention. Par ailleurs, leur contenu devrait être davantage vulgarisé pour en faciliter la compréhension par les citoyens.

Sur le plan juridique, ces documents n’ont actuellement pas de force probante et constituent seulement un outil d’aide à la décision. Cependant, une opportunité est à saisir en leur conférant une valeur contraignante, surtout pour l’obtention de nouveaux permis de construire et pour les projets des grandes infrastructures.

Pour Safi, l’exploitation de la carte d’aptitude à l’urbanisation impose une nouvelle réflexion sur la prévention des risques d’inondation et de submersion marine et sur l’importance d’investir dans des infrastructures et équipements adaptés aux risques correspondants.

Le CESE plaide pour un cadre juridique de la gestion des risques naturels

Après le séisme d’Al Haouz, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’est autosaisi du sujet portant sur la gestion efficace et proactive des risques de catastrophes naturelles : rôles et capacités des acteurs territoriaux.

Parmi ses principales recommandations figurent la mise en œuvre d’une loi-cadre qui définirait les catastrophes naturelles, établirait des critères précis pour leur qualification, fixerait des orientations stratégiques pour chaque phase (prévention, intervention d’urgence et reconstruction), et clarifierait les responsabilités des acteurs impliqués.

Le Conseil préconise également que plusieurs lois devraient être revues, dont notamment l’urbanisme, l’habitat et le littoral, pour intégrer les considérations liées à la prévention, à la réduction des risques et à la gestion des crises, afin de garantir une approche cohérente et efficace à tous les niveaux de gouvernance.

Parmi les incohérences soulevées par le CESE, le fait que le président de la commune doit prendre les mesures nécessaires à la prévention des incendies, des inondations et autres calamités publiques, conformément à ses attributions en matière de police administrative (cf. article 100 de la loi 111-13). Or, ces responsabilités ne peuvent pas être assumées d’une manière efficiente et permanente en raison d’un manque de ressources financières ou d’expertise, ce qui limite la capacité technique des communes à gérer les crises de façon autonome.

En France, une plateforme dédiée à la visualisation des aléas offre aux publics, dont les conseils communaux, un accès à des données actualisées sur les différents risques. Cet outil fournit des informations pertinentes tout en permettant aux scientifiques de développer des solutions durables et adaptées.

Au Maroc, la communauté scientifique manifeste un intérêt croissant pour la gestion des risques naturels. La disponibilité d’informations est importante pour catalyser la recherche dans ce domaine, surtout avec l’émergence de l’intelligence artificielle. Celle-ci peut en effet générer une multitude de solutions pertinentes et durables, dont la possibilité d’une veille autonome sur le développement des risques naturels au Maroc (inondations, glissements de terrain, invasion marine…).

Safi : entre rumeurs et faits, décryptage logique du drame du 14 décembre

La tragédie de Safi, qui a fait 37 victimes, a donné lieu sur les réseaux sociaux à une multitude de commentaires contradictoires, un terreau fertile pour la propagation de rumeurs et de fausses informations.

Dans nos articles précédents, nous avons expliqué qu’il était très difficile d’isoler une cause unique, plusieurs facteurs aggravants s’étant cumulés dans le cas de Safi : la situation géographique de la médina, un réseau d’assainissement défaillant et un événement climatique extrême.

Un constat d’autant plus troublant que la planification urbaine, notamment le plan d’aménagement de 2019 et la carte d’aptitude à l’urbanisation, identifiaient clairement les inondations parmi les risques naturels encourus.

Il est vrai qu’il est désormais temps de vérifier si les autorités ont fermement œuvré à protéger la ville des différents aléas (inondations, invasion marine, glissement de terrain…), mais l’ensemble des débats dans les réseaux sociaux se sont orientés vers des points en particulier.

En toute objectivité, nous détaillons les faits afin d’identifier leurs causes les plus logiques, mais également de relever celles qui paraissent irrationnelles.

Non, l’ancienne médina n’est pas bâtie sur l’oued Chaâba

Sur les réseaux sociaux, une carte qui circule, affirmant que l’oued Chaâba passe naturellement sous l’ancienne médina et se déverse du côté du marabout de Sidi Boudhab, est une fausse information (en se basant sur la carte d’aptitude à l’urbanisation de Safi).

Le cours naturel de l’oued Chaâba dépasse Bab Chaâba vers Borj Sloqia, avant de se jeter dans l’Atlantique.

Carte erronée prétendant que oued Chaâba passe sous la médina de Safi.

Cependant, ce passage direct n’est pas possible, car des brise-lames, formant le môle du port, sont installés à cet endroit, et l’eau est redirigée vers une seconde galerie située près du marabout de Sidi Boudhab, à 250 mètres au sud de l’embouchure naturelle.

Les deux déversements de l’oued Chaaba vers l’Atlantique.

Des vidéos récentes, filmées après le drame, montrent que des brise-lames ont été enlevés pour libérer plus d’espace et faciliter l’évacuation de l’eau.

Près de Sidi Boudhab, les relevés d’images satellitaires montrent qu’une ancienne canalisation, qui dépassait les brise-lames vers la mer, a été remplacée. Celle-ci, cassée, a été supplantée en 2019 par une nouvelle canalisation plus proche du continent, au sein des ouvrages de protection.

Travaux de remplacement de l’ancienne canalisation en 2019, près de Sidi Boudhab.

Un brise-lames dans une galerie est-il la cause des inondations ?

Depuis des années, une roche en forme de brise-lames bloque l’accès, comme le montrent les images satellitaires depuis 2021, en plus d’un autre bloc se situant à l’intérieur d’une galerie.

L’image satellitaire montre la présence d’un obstacle à la sortie de la galerie de canalisation depuis 2021.

En admettant que des pluies diluviennes aient causé des crues rapides et dévastatrices, est-il crédible qu’un seul bloc de roche (estimé entre 250 kg et 1 tonne) suffise à faire barrage ? La physique suggère que, face à une telle puissance, un tel obstacle est dérisoire.

En réalité, l’enjeu ne porte pas uniquement sur l’efficacité des galeries, mais sur leur capacité structurelle car le flux s’est redirigé vers le port dès qu’elles se sont saturées.

Ce phénomène découle de contraintes géographiques couplées à l’implantation historique de la médina. À cela s’ajoutent la configuration ancienne du port avec ses brise-lames, ainsi que des infrastructures routières qui entravent l’écoulement naturel des eaux en les redirigeant vers une canalisation artificielle, avant de les déverser vers l’Atlantique.

Ainsi, attribuer cette catastrophe à un seul bloc rocheux apparaît comme une hypothèse fragile. La puissance des courants de crue rend au contraire plausible qu’un tel obstacle, s’il avait existé, aurait été emporté.

Par ailleurs, l’intensité exceptionnelle des précipitations explique le débordement des infrastructures : d’énormes volumes de boue se sont déversés, submergeant les canalisations prévues à cet effet.

Déversement de la boue dans le port de Safi.

Face à ce constat et au double enjeu que représente la protection d’un patrimoine historique (la médina) et d’une activité économique essentielle (le port de pêche), une adaptation du système de drainage s’impose.

Une solution logique consisterait à élargir les galeries actuelles et à en créer de nouvelles entre Sidi Boudhab et la jetée du port.

Le barrage Sidi Abderrahmane a-t-il aggravé l’inondation de Safi ?

En outre, des rumeurs ont accusé les gestionnaires du barrage Sidi Abderrahmane d’avoir déversé de l’eau, ce qui aurait amplifié les crues.

La configuration du bassin versant de l’oued Chaâba, alimenté par des affluents convergeant du nord de Safi, le prédispose à des crues rapides lors de fortes pluies sur ce secteur. Parmi ces affluents figure la dérivation du barrage Sidi Abderrahmane.

Or, ce dernier est avant tout un ouvrage de régulation et de protection contre les crues, son rôle dans le remplissage des réserves en eau étant secondaire. Compte tenu de cette fonction, l’idée qu’un lâcher d’eau de ce barrage soit à l’origine de la catastrophe paraît invraisemblable.

L’examen des images satellite montre de surcroît qu’avant la catastrophe, le réservoir était pratiquement vide. Après l’épisode, son niveau est certes remonté, mais sans approcher sa pleine capacité.

L’augmentation du niveau de l’eau dans l’oued Chaâba n’est pas due à un blocage en aval, car des zones éloignées de Bab Chaâba ont également été affectées par les crues, comme le club de tennis de Biada ou la zone de Fekhara.

En dehors des explications logiques que nous pouvons apporter sur la base des données publiques disponibles, une enquête est ouverte pour faire la lumière sur ce drame et identifier les responsabilités s’il y en a. Et surtout, nous l’espérons, ses conclusions seront rendues publiques.

En attendant, les efforts sont désormais tournés vers l’accompagnement des sinistrés. Et des actions visant à repenser en urgence la protection de la ville contre les inondations doivent être prises.

Par ailleurs, l’accentuation des phénomènes climatiques extrêmes ne signifie pas que les mêmes régions seront toujours affectées. Le dérèglement climatique rend toute prédiction incertaine, ce qui impose de revoir de toute urgence nos plans d’adaptation et de résilience équitablement dans les quatre coins du pays.

Drame de Safi: la vulnérabilité géographique et les défaillances urbaines en cause

La ville de Safi est en deuil après un dimanche noir marqué par des précipitations intenses qui se sont abattues sur la ville à partir de 15 h, dimanche 14 décembre. Le bilan, encore provisoire, ne cesse de s’alourdir et s’élève, au moment où nous écrivions ces lignes, à 37 morts, tandis que les autorités poursuivent leurs efforts de recherche.

Selon la météorologie nationale, la ville de Safi a reçu près de 19 mm entre 15 h et 16 h, pour un cumul avoisinant 35 mm sur une période de six heures et 46 mm en 24 heures, alors que par ailleurs la ville de Tétouan a enregistré plus de 50 mm en l’espace d’une seule heure.

Cela fait penser qu’outre les précipitations, d’autres facteurs ont causé ce drame ou du moins y ont fortement contribué.

Les déclarations des citoyens oscillent entre colère envers les élus et interrogations sur le manque d’entretien du canal de l’Oued Chaaba qui longe l’ancienne médina, zone parmi les plus touchées. Principal point d’impact de cette inondation, ce cours d’eau cristallise les tensions.

Une chose est sûre, cette catastrophe est inédite.

Safi, une ville à géomorphologie particulière

La ville de Safi est bâtie sur les rives de l’oued Chaaba, qui se jette dans l’Atlantique. D’après les évaluations des aléas naturels, l’oued Chaaba constitue le principal risque d’inondation pour la ville. Il n’est toutefois dangereux qu’au cours des années pluvieuses, comme ce fut le cas durant les années 90.

 

Croquis montrant l’emplacement historique des ateliers de poterie, zone Fekhara, aux abords d’Oued Chaaba au nord de Safi (El Hamidy et Errami, 2025).

 

Actuellement, l’Oued Chaaba ne longe les zones bâties qu’à proximité de son embouchure, où se trouvent l’ancienne médina et notamment le souk Bab Chaaba. Dans ce quartier, des potiers fabriquent et vendent leurs produits artisanaux depuis plus d’un siècle, de même que dans la zone de Fekhara, également dédiée à la poterie.

La carte de susceptibilité aux coulées de débris de Safi (mélange d’eau et de sédiments s’écoulant sur une pente) indique que les zones à fort risque sont localisées dans le nord-ouest de la ville et dans le lit de l’oued Chaaba.

Carte de risque d’écoulement de débris très élevés par oued Chaaba qui traverse le milieu de la ville de Safi (Boualla, 2021).

Sur le plan géomorphologique, la région de Safi est connue pour ses formations karstiques (roches calcaires) qui complexifient le drainage des eaux qui disparaissent en empruntant des voies souterraines et réapparaissent sous forme de sources le long des falaises ou sous le niveau de la mer.

Le canal de l’Oued Chaaba, construit sur un sol karstique fragile, n’a pu résister à la forte pression exercée par les crues, ce qui a entraîné son effondrement partiel.

Des rumeurs prétendent que le barrage de Sidi Abderahmane est la cause des crues. Or, cette allégation est totalement fausse puisque le barrage fonctionne par rétention jusqu’à l’atteinte de sa capacité totale. On ne pourrait valider cette théorie que si la digue s’était effondrée, alors que ce scénario n’est pas survenu.

Le réchauffement climatique n’est plus un paramètre secondaire

D’après les avis préliminaires des experts sondés, il s’agit d’une inondation urbaine due à l’épisode torrentiel qui a frappé la ville de Safi. Le réseau d’assainissement n’a pas pu supporter les flux, une situation aggravée par l’augmentation rapide du niveau de l’oued Chaaba.

Selon les relevés satellitaires, le noyau de précipitations extrêmement intenses s’est situé à partir de l’après-midi dans le centre et le nord de la ville de Safi.

Malgré les antécédents d’inondations à Safi, le réchauffement climatique accélère la fréquence des phénomènes extrêmes. Ces événements, autrefois centennaux (tous les 100 ans), devront devenir plus fréquents et plus brutaux.

La catastrophe survenue à Safi démontre que le risque naturel peut émaner d’un petit cours d’eau, même temporaire. Ce constat impératif souligne la nécessité de revoir nos plans d’adaptation aux aléas naturels.

Cette révision est d’autant plus urgente dans les zones côtières où, dans le contexte marocain, le risque est double, en raison de la concentration des grands centres urbains sur le littoral.

Lors de la saison précédente, les dépressions coupées (cut-off) ont été à l’origine de la majorité des épisodes pluvieux au Maroc. Ces phénomènes, dont l’intensité est difficilement prévisible, devraient s’intensifier dans notre pays. Cette perspective impose une amélioration de nos dispositifs de prévention, en privilégiant l’action proactive et la planification à long terme.

Que faut-il retenir dans le cas de Safi ?

Dans le cas de Safi, il s’avère très clairement que l’ancienne ville de Safi est située dans une zone à haut risque d’inondation en raison de sa situation en aval d’Oued à une altitude faible sans une protection relative des crues.

Cependant, il est très difficile de prendre la décision de déloger cette zone qui constitue un patrimoine historique source de vocation touristique nationale et internationale, un moteur socio-économique pour une grande partie des habitants de Safi.

En ce qui concerne la gestion des risques, la ville de Safi est parmi les zones couvertes par une carte d’aptitude à l’urbanisation qui cartographie les zones de risque de chaque aléa et identifie les zones non constructibles.

De son côté, le plan d’aménagement de la ville, homologué en 2019, reflète une prise en charge modérée des risques naturels. Il impose une servitude non aedificandi qui doit être modifiée en attendant une nouvelle délimitation des zones inondables par l’agence du bassin hydraulique.

Pour les parcelles contiguës à la vallée de l’Oued Chaaba, l’avis favorable du bassin hydraulique est obligatoire pour toute nouvelle construction. De plus, une étude géotechnique est requise afin de proposer des solutions adéquates concernant les systèmes de fondation et de structure.

Aujourd’hui, afin d’éviter le pire, il est important et nécessaire que notre pays sensibilise la population aux risques auxquels elle pourrait être confrontée. Pour cela, il doit faire œuvrer notamment la société civile ainsi que la communauté scientifique dans cette démarche. Cela passe notamment par la publication et la vulgarisation des cartes d’aptitude à l’urbanisation afin d’inciter à un meilleur suivi des risques et à la recherche de solutions adaptées, région par région.

À Safi, un musée raconte l’histoire millénaire de la céramique

Safi est la capitale de la céramique au Maroc, depuis la fin du 18ème siècle. La Fondation nationale des musées (FNM) a décidé d’y implanter un musée dédié à cet art.

Le musée national de la Céramique (MNC) de Safi a déjà 35 ans. Il a été renouvelé en 2018, sous la tutelle de la FNM. Situé à la Cité des arts et de la culture à Safi, le lieu fait la part belle à cet art ancestral qu’est la céramique et qui fait l’identité de la ville. Chaque pièce est une invitation au voyage dans le temps et dans les civilisations.

Entrée du musée national de la céramique Safi
La Fondation nationale des musées a décidé d’implanter un musée dédié à la céramique à Safi. Ph : Visit Safi

“Les visiteurs pourront découvrir les techniques de la production de la céramique depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Ils verront le rôle de chaque objet exposé, les couleurs utilisées. Ils survoleront un catalogue de motifs (géométriques ou floraux) qui subliment les objets exposés”, déclare à Médias24, Imane El Mounjime, conservatrice du musée national de la céramique.
Pour elle, il s’agit d’un voyage dans l’histoire de la production de la céramique.

Inside la musée de la céramique
Un voyage dans l’histoire de la production de la céramique. Ph : Visit Safi

En effet, le musée dispose d’une collection de céramiques qui retrace toute sa production de la période antique, la période médiévale et la période moderne, et se clôt par la période contemporaine. L’exposition permanente couvre les techniques employées au travers des siècles. La plus ancienne pièce exposée au musée date de 3800 avant J-C, confie Imane El Mounjime.

Inside le musée de la céramique
Une véritable immersion dans le temps de la ville de Safi. Ph : Visit Safi

Le musée tient à son attachement aux artisans locaux. “Nous organisons souvent des ateliers, au profit des visiteurs, encadrés par des céramistes qui ont déjà une expertise, un historique riche et varié dans la céramique”, précise la conservatrice du musée.

Inside le musée de la céramique.
Une plongée dans des temps immémoriaux. Ph : Visit Safi

Imane El Mounjime affirme que le musée a une très bonne relation avec les céramistes et les artisans safiotes.

Ce lieu est une véritable immersion dans le temps. Une pause bienvenue et riche en culture.

Patrimoine. À Safi, après cinq siècles d’existence, Ksar El Bahr menacé de disparition

Ksar El Bahr (le château de mer) de Safi a été victime d’un nouvel effondrement causé par les vagues et des vents violents qui en ont emporté une partie, une de plus, apprend Médias24 auprès de plusieurs sources locales.

Datant de l’époque portugaise, ce château militaire a été construit entre 1516 et 1523 pour le contrôle du trafic portuaire et commercial dans l’embouchure de l’oued Chaâba. Classé au patrimoine national par dahir du sultan dans les années 1920, ce monument n’a cessé de subir les aléas de l’érosion causée par les vagues de l’Atlantique et les vents violents auxquels il est exposé.

La situation, selon nos sources, a continué à se dégrader lors des deux dernières décennies, malgré les efforts consentis pour sauver ce qui peut encore l’être de la principale attraction touristique à forte charge historique.

« Ce jeudi 3 avril est une triste journée non seulement pour Safi et ses habitants, mais aussi pour tous les Marocains et pour notre mémoire collective. Cela fait mal au cœur de voir ce monument disparaître partie par partie, malgré les grands efforts consentis par l’État pour le sauver de la disparition », déplore El Mekki Gaouane, vice-président de l’association Safi Patrimoine, dans un échange avec Médias24.

El Mekki Gaouane, natif de Safi et ancien ambassadeur du Maroc au Qatar, s’étonne du retard pris pour prendre le taureau par les cornes et sauver ce précieux patrimoine alors que ce ne sont pas les ressources qui manquent.

Lors d’une visite sur place en mars 2023, Mehdi Bensaid, ministre de la Culture, avait annoncé la mobilisation d’un budget de 388 millions de dirhams pour réhabiliter les monuments de Safi dont, en premier lieu, Ksar El Bahr. Lors de la session de mars 2025, le conseil communal a voté un budget de 248 MDH, et ce, pour la première tranche des projets de réhabilitation des monuments et des sites historiques de la ville.

« Nous sommes reconnaissants à Mehdi Bensaid d’avoir sauvé Dar El Baroud, l’église espagnole ou encore la maison de l’écrivain Edmond Amran El Maleh. C’est aussi grâce à lui que la partie est de Ksar El Bahr tient toujours debout », admet notre interlocuteur.

Au ministère de la Culture, interrogée par Médias24, une source autorisée nous répond qu’une délégation menée par le directeur du patrimoine de ce département, se trouve déjà sur place. « Cette délégation procédera à une évaluation des dégâts pour arrêter les contours d’une intervention urgente », confie notre interlocuteur, qui précise que Mehdi Bensaid suit le sujet de très près.

À qui incombe la responsabilité ?

« C’est la faute à un laisser-aller qui a duré trop longtemps, mais il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu », explique une source locale qui suit ce dossier. Notre interlocuteur affirme que la disparition de Ksar El Bahr pourrait mettre en péril une grande partie de l’ancienne médina, puisque le château sert de rempart contre les vagues violentes de l’Océan.

Seront alors particulièrement menacés d’autres précieux monuments de la ville comme la retraite de Cheikh El Jazouli et celle de Sidi Mohamed Bensaleh.

Qui est alors responsable de la situation de Ksar El Bahr ? « Ce serait long à expliquer, mais je ne peux accuser personne. On relève cependant un manque de coordination entre plusieurs intervenants et, surtout, entre les instances élues : le conseil communal, le conseil provincial et le conseil de la région », nous répond El Mekki Gaouane, qui ajoute que ce n’est pas la priorité du moment.

« Je m’étonne qu’au XXIᵉ siècle un pays comme le nôtre peine à restaurer et à sauver un monument construit en pierre avec de la chaux ! », conclut notre interlocuteur.

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Modernisation du village de pêche de Souiria Kdima à 129 MDH

La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, et l’ambassadeur du Japon au Maroc, Kuramitsu Hideaki, ont signé, le mercredi 22 janvier à Safi, un échange de notes relatif au projet de développement du village de pêcheurs (VDP) de nouvelle génération à Souiria Kdima (36 km au sud de Safi).

S’exprimant à cette occasion, Zakia Driouich s’est félicitée de « l’excellente relation de partenariat liant le Maroc et le Japon dans le domaine de la pêche maritime, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI et de l’Empereur du Japon Naruhito, concrétisée par le soutien et l’accompagnement continus de ce secteur stratégique ».

Elle a, dans ce sens, mis l’accent sur l’importance de cette coopération pour le développement du secteur halieutique marocain, « pilier stratégique de l’économie nationale », précisant que ce projet pilote représente un modèle innovant destiné à être réalisé également dans d’autres régions du Royaume, et qu’il constituera un levier stratégique pour la transformation et la modernisation du secteur de la pêche artisanale et l’accompagnement des opérateurs de cet important segment de pêche.

« Le choix de Safi pour accueillir ce projet structurant n’est pas anodin. Cette région, dotée d’un riche patrimoine maritime et d’une forte vocation pour la pêche, joue un rôle clé dans l’économie nationale et se veut un pilier du secteur halieutique grâce à son potentiel exceptionnel et à l’engagement de ses acteurs locaux », a affirmé Zakia Driouich.

« Ce VDP nouvelle génération, rendu possible grâce à la confiance et au soutien du Japon, vise à améliorer les conditions de travail des marins-pêcheurs de la région, tout en intégrant des pratiques durables et respectueuses de l’environnement », a-t-elle expliqué dans une déclaration à la presse.

De son côté, Kuramitsu Hideaki s’est réjoui de « l’excellence des relations de collaboration fructueuse entre le Maroc et le Japon dans le secteur halieutique, qui datent de 1979 », notant que ce projet ambitionne de transformer le VDP de Souiria Kdima en un port de pêche alliant attrait touristique et sécurité, afin d’accueillir les visiteurs dans des conditions optimales.

« Le Maroc partage avec le Japon une reconnaissance commune en matière de développement durable des ressources halieutiques« , a relevé Kuramitsu Hideaki, faisant part de l’engagement de son pays à « poursuivre son soutien envers le Royaume dans ses efforts visant à moderniser le secteur halieutique ».

Le projet de développement du VDP à Souiria Kdima, construit initialement en 2001 grâce à la coopération financière du Japon, a pour principaux objectifs la séparation des flux de poisson entre professionnels et public, la création de nouvelles activités économiques autour de l’activité pêche, telles que l’écotourisme, l’artisanat local, ainsi que le développement d’une attractivité touristique renforcée.

Ce modèle novateur vise à faire de ce VDP un pôle économique, social et culturel dynamique, tout en promouvant une gestion durable des ressources halieutiques et une meilleure qualité de vie pour les communautés locales.

Selon les données du secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, la mise en œuvre de ce projet devrait permettre, d’ici 2029, le débarquement de poissons dans des conditions sanitaires optimales, réduisant ainsi les risques de contamination.

Par ailleurs, le nombre de barques stationnées hors des zones désignées sera réduit, passant de 105 à moins de 5. En parallèle, plus de quatre unités commerciales seront mises en service pour dynamiser l’économie locale, tandis que la modernisation des infrastructures contribuera à accroître les revenus des pêcheurs artisanaux de Souiria Kdima.

Il est à noter qu’en 2024, ce projet a directement bénéficié à 1.200 marins-pêcheurs artisanaux, à 366 propriétaires de barques artisanales et à 82 mareyeurs. En outre, le volume de production a connu une progression significative, passant de 500 tonnes à environ 1.964 tonnes au titre de l’année 2024, pour une valeur estimée à 57 millions de DH ».

La signature de cet échange de notes représente ainsi une étape déterminante dans le processus de développement de ce projet devant permettre la modernisation des infrastructures et le renforcement de son impact socio-économique.

(Avec MAP)

Transport urbain par bus : Vectalia Safi placée en sauvegarde judiciaire

Le verdict du tribunal de commerce de Marrakech a été rendu le 31 décembre 2024 à la demande de l’un des responsables espagnols de la société.

Le rendu de la juridiction commerciale nomme Youssef Bouhaddoune juge-commissaire, secondé par Youssef Rabiï. Le syndic est Abdelouahed Bensinane. Ce dernier, selon l’énoncé du verdict, a été chargé de dresser un rapport sur le bilan financier, économique et social de l’entreprise. Il doit également proposer une solution pour redresser la situation.

Les créanciers ont été appelés à se manifester dans un délai de deux mois après la publication de ce verdict, conformément aux articles 584, 719 et 720 du Code du commerce, et ce délai peut être prolongé de deux mois pour ceux des créanciers étrangers.

Vectalia Safi, enregistrée au registre de commerce du tribunal de première instance de Safi, avait remporté le contrat de gestion déléguée du transport par bus dans cette ville et commencé à opérer en janvier 2019. Son contrat couvre une période de dix ans avec possibilité de prolongation de cinq ans supplémentaires.

Au début, Vectalia Safi avait promis la mise en service de 70 bus, flotte qu’elle devait porter à 90 véhicules après cinq ans d’exploitation tout en s’engageant à investir 26 millions d’euros. La mise en sauvegarde signifie que l’entreprise est en difficulté, sans être en cessation de paiement.

Vectalia, société espagnole qui opère en Espagne et en France, est également présente à Nador à travers une filiale (Vectalia Nador) qui y gère le transport par bus depuis juillet 2019.

Coding. Une journée type à YouCode de Safi qui s’offre un nouveau campus

YouCode est une école de code innovante et gratuite, faisant partie de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Créée par le Groupe OCP en partenariat avec Simplon.co, l’école a été lancée en 2018 et opère sur trois campus situés à Youssoufia, Safi et Nador. Sa mission est de fournir aux jeunes marocains des compétences numériques de haut niveau, leur ouvrant les portes du secteur technologique mondial.

En choisissant des régions comme Youssoufia, Safi et Nador, YouCode cible les zones où l’accès à l’éducation de haut niveau est limité, offrant ainsi une opportunité unique aux jeunes talents locaux.

« YouCode est une école de programmation informatique où les jeunes apprennent le développement et le codage », a expliqué dans une déclaration à Médias24, Adil Belkhadir, chef de projet à YouCode Safi.

La formation, ouverte à tous les jeunes âgés de 18 à 35 ans, s’étend sur deux années. « Au cours de la première année, les étudiants acquièrent les bases de l’informatique et les fondamentaux du codage. La deuxième année, quant à elle, est dédiée à la spécialisation. Elle est conçue pour aligner les compétences des apprenants avec les besoins réels du marché de l’emploi », indique le chef de projet.

Au cœur de YouCode se trouve une vision ambitieuse, celle de démocratiser l’éducation numérique et équiper les leaders de demain avec les outils nécessaires pour réussir dans un monde de plus en plus axé sur la technologie.

« Mon rôle en tant que formateur à YouCode est d’introduire deux principes clés chez nos apprenants », explique Ilyass Serhani, formateur à YouCode Safi.

Le premier principe repose sur l’utilisation de la méthode Scrum, largement adoptée dans le domaine du développement logiciel. « La méthode Scrum favorise la collaboration et la gestion agile des projets », souligne-t-il.

Le second principe est basé sur la pédagogie active, une approche qui valorise l’autonomie des apprenants. « Elle les incite à apprendre par eux-mêmes plutôt que de recevoir passivement des informations du formateur », précise le formateur.

Cette méthode, selon lui, est un levier clé pour préparer les apprenants à leur futur parcours professionnel. « Cette approche leur permet de mieux comprendre, assimiler et appliquer les compétences nécessaires dans leur futur parcours professionnel », ajoute-t-il.

Un processus d’admission accessible et inclusif

Le processus d’admission à YouCode est conçu pour repérer les talents passionnés par la technologie et les former aux exigences du secteur numérique. Il débute par une candidature en ligne, où les postulants soumettent leurs informations personnelles et expriment leurs motivations.

Les candidats présélectionnés passent ensuite des tests d’évaluation, portant sur leurs aptitudes logiques et leur capacité à résoudre des problèmes. À l’issue de cette étape, une évaluation immersive est organisée, durant laquelle les candidats réalisent de petits projets et sont évalués sur leurs compétences en collaboration.

Enfin, la décision finale repose sur une analyse globale des performances, garantissant une sélection basée sur le potentiel et la motivation des apprenants.

Un engagement fort pour les régions et l’inclusion

YouCode accorde une importance particulière à l’impact social et au développement des régions éloignées des grands centres urbains. Avec ses campus implantés à Youssoufia, Safi et Nador, l’école offre des opportunités éducatives de qualité aux jeunes des régions de l’intérieur, contribuant ainsi à leur autonomisation et à leur insertion professionnelle.

L’engagement de YouCode en faveur de la diversité est également illustré par des chiffres significatifs. 30 % des apprenants sont des femmes, un taux qui reflète la volonté de promouvoir l’inclusion dans un secteur souvent dominé par les hommes. En termes d’impact social, l’école peut se targuer d’un bilan très encourageant: plus de 400 diplômés, dont 90 % sont aujourd’hui intégrés dans le monde professionnel, que ce soit au sein de grandes entreprises, dans des startups ou à travers des projets entrepreneuriaux.

Une journée type à YouCode

A YouCode, chaque journée est organisée pour favoriser créativité, engagement et efficacité. Elle débute par un stand-up meeting, un rituel collectif où les étudiants partagent leurs avancées, exposent leurs éventuels blocages et renforcent la collaboration. Ce moment, court mais structurant, permet de clarifier les priorités et d’assurer une vision commune pour les projets en cours.

La matinée se poursuit avec une veille technologique, durant laquelle les apprenants explorent les dernières tendances et innovations de leur domaine. Ce travail est souvent suivi de travaux collaboratifs en binômes ou en trinômes, alliant apprentissage technique et développement de compétences transversales comme la communication et l’esprit critique.

Les étudiants consacrent ensuite une grande partie de leur journée à des projets structurés, conçus pour simuler des missions professionnelles réelles. Ces projets incluent des briefs détaillés, des phases de développement collaboratif et des présentations rigoureuses. Les soutenances, qu’elles soient classiques ou dans le cadre de soutenances croisées entre différents campus, offrent aux apprenants l’opportunité de présenter leurs réalisations devant des jurys composés de formateurs et, parfois, de professionnels externes. Ces exercices permettent de développer des compétences en gestion de projet et en communication, tout en se confrontant à des attentes proches du marché.

En fin de journée, une parenthèse réflexive est organisée pour permettre aux étudiants de revenir sur les apprentissages du jour, d’identifier les défis rencontrés et d’ajuster leurs méthodes de travail pour les jours suivants. Ce moment est essentiel pour ancrer les connaissances et maintenir une progression constante.

Les parcours de formation à YouCode

YouCode propose des parcours de formation innovants, conçus pour répondre aux besoins actuels du marché du numérique. Chaque programme combine théorie, pratique et collaboration afin de préparer nos étudiants aux défis du monde professionnel.

– Développeur Web et Web Mobile (DWWM) :

Le parcours Développeur Web et Web Mobile (DWWM) se déroule sur 10 mois et forme des professionnels capables de concevoir et de développer des sites et applications sécurisés pour le web et les appareils mobiles. Les étudiants maîtrisent les langages web, intègrent des principes d’éco-conception et de sécurité, et sont sensibilisés aux enjeux d’accessibilité, notamment pour les utilisateurs en situation de handicap. Ce parcours inclut également des compétences en gestion de projet et en communication, en français et en anglais.

– Concepteur, Développeur d’Applications (CDA) :

Le programme Concepteur, Développeur d’Applications (CDA) forme des spécialistes dans la conception et le développement d’applications sécurisées, qu’il s’agisse de logiciels d’entreprise ou d’applications mobiles. Les apprenants acquièrent une expertise dans le respect des contraintes de qualité, de coût et de délais tout en garantissant la sécurité des applications. Ce parcours met également l’accent sur la communication avec les clients et les parties prenantes, et prépare les étudiants à travailler dans un environnement collaboratif.

-Spécialisations Fullstack JS et Fullstack Java :

Les spécialisations Fullstack JS et Fullstack Java offrent aux étudiants une expertise approfondie dans le développement d’applications, du front-end au back-end. Les étudiants du parcours Fullstack JS se familiarisent avec des technologies comme Node.js, React.js, et MongoDB, tandis que ceux du parcours Fullstack Java explorent les frameworks Java tels que Spring Boot et Hibernate. Ces spécialisations préparent les étudiants à relever les défis techniques du développement d’applications modernes.

– Développeur DATA :

Le parcours Développeur DATA, d’une durée de 11 mois, forme des experts capables de concevoir des solutions de gestion et d’analyse de données. Les apprenants apprennent à créer des flux de collecte et de stockage des données, en mettant en place des solutions adaptées aux besoins des entreprises, du stockage au nettoyage des données. Ce programme répond aux besoins croissants du Big Data et prépare les étudiants à travailler dans divers secteurs, allant des startups aux grandes entreprises.

L’insertion professionnelle au cœur de YouCode

YouCode met l’accent sur l’insertion professionnelle de ses apprenants en collaborant étroitement avec des entreprises partenaires. Cette synergie permet de maximiser l’employabilité des étudiants grâce à un accompagnement ciblé et à des initiatives innovantes comme les Classes Entreprises.

Les Chargés de Médiation Entreprise (CME) jouent un rôle clé en identifiant les opportunités d’emploi ou de stage auprès des entreprises locales et internationales. Ils accompagnent les apprenants dans la rédaction de leurs CV, lettres de motivation et préparation aux entretiens. De plus, les CME collaborent avec les entreprises pour adapter les formations aux besoins du marché, tout en organisant des ateliers visant à renforcer les compétences transversales des apprenants.

Les partenariats stratégiques de YouCode avec des entreprises comme CEGEDIM et UX4MATION illustrent cette approche. CEGEDIM, par exemple, sélectionne des apprenants dès la première année pour des stages en immersion et des collaborations sur des projets réels. Ces stages permettent aux étudiants de se familiariser avec les défis professionnels avant une intégration potentielle. De son côté, UX4MATION forme ses apprenants à des outils spécifiques comme le CRM ServiceNow, garantissant ainsi une employabilité immédiate grâce à une certification reconnue.

Les Classes Entreprises sont une autre innovation phare de YouCode. Elles offrent aux étudiants une immersion dans la culture et les exigences du monde du travail. En travaillant sur des problématiques réelles proposées par les entreprises, les apprenants renforcent leurs compétences techniques et développent un réseau professionnel précieux. Ces interactions permettent également aux entreprises partenaires de repérer des talents et d’évaluer leur potentiel pour des recrutements futurs.

Grâce à ces approches innovantes, YouCode garantit à ses apprenants une formation alignée sur les besoins du marché, tout en maximisant leur employabilité et leur préparation au monde professionnel.

Safi : démantèlement d’un réseau d’immigration clandestine, 28 individus interpellés

Selon un communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), les quatre prévenus ont été arrêtés en flagrant délit au moment où ils préparaient, aux premières heures de ce mardi 19 novembre, le départ, par voie maritime, de 24 candidats à l’immigration clandestine.

Selon la même source, les perquisitions effectuées en marge de cette opération ont permis de saisir deux voitures, une moto et une quantité de carburant, qui allaient servir à cette activité criminelle.

Écroués, les quatre membres présumés de ce réseau, ainsi que les 24 candidats à l’immigration clandestine, font l’objet d’une enquête sous la supervision du parquet compétent.

Hydrogène naturel : voici le plan d’action de Storengy au Maroc

Bénéficiant d’un immense potentiel en énergies renouvelables, le Maroc a identifié l’hydrogène vert comme un vecteur clé de sa transition énergétique. Depuis son lancement en 2023, « l’Offre Maroc » a suscité un vif intérêt auprès des investisseurs internationaux, convaincus du potentiel du Royaume dans le domaine de l’hydrogène vert. La dynamique est remarquable : en quelques mois, plus d’une quarantaine de projets ont été déposés, confirmant l’attractivité de cette nouvelle filière pour la transition énergétique du Maroc.

Si l’hydrogène vert au Maroc présente un potentiel indéniable, il ne semble pas être la seule voie à explorer. L’hydrogène naturel, par exemple, est devenu une alternative prometteuse, tant sur le plan de l’efficacité que de l’économie, et son exploration fait l’objet de recherches intensives.

Il présente l’avantage d’être extrait du sol à travers des puits, tout comme le gaz naturel, et ne nécessite pas d’investissements massifs. De plus, il offre une perspective économique prometteuse grâce à un coût de production (entre 0,5 et 2 € /kg d’H2) potentiellement plus compétitif que celui de l’hydrogène vert.

 

 

Bien que longtemps considéré comme une source d’énergie rare et complexe à exploiter, de récentes découvertes ont dissipé ces incertitudes, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’exploitation de l’hydrogène naturel. Au Maroc, l’ONHYM partage cette conviction quant à son potentiel d’exploitabilité, comme en attestent ses campagnes d’exploration autonomes et les permis de recherche qu’il a réussi à promouvoir.

À l’heure actuelle, on compte trois opérateurs privés pour l’exploration de l’hydrogène naturel : la société suisse Hynat dans la région du Sahara, le consortium formé par Sound Energy et Getech initialement à Tendrara et Sidi Mokhtar (environs d’Essaouira), et l’entreprise française Storengy dans les bassins sédimentaires de la Meseta côtière.

En juillet 2024 , Storengy, filiale d’Engie, et l’ONHYM ont signé un protocole d’accord pour explorer le potentiel en hydrogène naturel de la Meseta côtière, notamment les bassins de Berrechid, Ben Slimane et Doukkala. Contactée par nos soins, Storengy nous a dévoilé son plan d’action pour une exploration accélérée de l’hydrogène naturel de sa zone de prospection, s’étendant de Benslimane au Nord jusqu’à Safi au Sud.

Les bassins de la Meseta, un potentiel en hydrogène à décrypter

Les bassins sédimentaires, objet de cet accord, ont été précédemment investigués par l’ONHYM qui avait réalisé des mesures dans des zones d’échappement d’hydrogène à la surface, ayant mis en évidence des quantités importantes d’échappement d’hydrogène.

Les zones d’échappement prennent souvent la forme de structures circulaires à la surface de la terre, connues sous le nom de cercles de fées. C’est le cas du suintement d’hydrogène mis en évidence dans des structures similaires au Brésil, aux Etats-Unis, en Russie… Dans la Meseta côtière, ces cercles de fées sont très nombreux et certains ont donné des teneurs mesurées en hydrogène très importantes. Ceci, avec un contexte géologique favorable, rend la zone prospective pour l’exploration d’hydrogène naturel.

L’observation d’images satellitaires dans la région de Safi montre clairement des centaines de structures circulaires éparpillées dans plusieurs zones, et dont le diamètre est plurimétrique.

 

Comment Storengy compte-t-elle développer ce potentiel ?

Dans un premier temps, Storengy devrait cibler les zones à forte concentration en hydrogène dans les bassins contractés pour, par la suite, prospecter la possible présence d’un système « hydrogène », capable d’accumuler l’hydrogène dans des pièges situés dans le sous-sol.

En collaboration avec l’ONHYM, Storengy va poursuivre les travaux d’exploration par l’acquisition de données géochimiques et géophysiques, qui devront en principe évaluer le potentiel de la zone et démontrer de possibles accumulations d’hydrogène naturel dans des réservoirs souterrains, alimentés par de l’hydrogène généré naturellement par des réactions chimiques entre l’eau présente et des roches potentiellement riches en fer pouvant catalyser la formation de la molécule de l’hydrogène.

En plus d’outils venant de l’exploration du gaz naturel qui peuvent être utilisés aussi pour l’exploration d’hydrogène naturel, les équipes d’Engie-Storengy ont développé des outils spécifiques pour la recherche comme les capteurs Parhys (Permanent Analyses of Renewable Hydrogen with Sensors). Ce sont des capteurs permanents de mesure d’hydrogène à la surface du sol qui permettent d’évaluer le flux d’hydrogène sur des périodes de plusieurs mois, ou des techniques spécifiques comme la sismique passive.

Un réseau de capteurs Parhys installés dans deux cercles de fées du bassin du São Francisco, au Brésil, a révélé des flux quotidiens de l’ordre de 1.000 m³ d’hydrogène, soit environ 10 tonnes par an.

Flux d’hydrogène enregistré par les capteurs Parhys dans un cercle de fées dans le bassin du São Francisco au Brésil.

Selon Storengy, une campagne d’acquisition de données sera menée sur plusieurs mois dans les zones à fort potentiel hydrogène de la Meseta côtière, combinant sismologie passive et déploiement d’un réseau de capteurs Parhys. Les signaux sismiques passifs enregistrés permettront de caractériser en détail le sous-sol de la région. Une relecture et une interprétation des données géologiques seront réalisées en parallèle afin de mieux appréhender ce système d’hydrogène probable.

Sous réserve de résultats positifs lors de cette première phase « courte », un nouveau programme d’exploration sera proposé en collaboration avec l’ONHYM avant la fin de l’année 2025. Ce programme consistera en la réalisation de travaux plus ambitieux, tels que des forages exploratoires et des campagnes géophysiques et géochimiques haute résolution, afin de mieux caractériser les zones d’intérêt.

L’hydrogène naturel, une révolution énergétique à venir ?

L’hydrogène, bien que constituant la majeure partie de la matière visible, se retrouve principalement combiné à d’autres éléments sur terre, formant des composés comme l’eau (H₂O) ou les hydrocarbures. Sa densité énergétique élevée (120 MJ/kg) par rapport au gaz naturel (56 MJ/kg) en fait un vecteur énergétique prometteur qui pourra contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’hydrogène naturel nécessite de trouver un système « hydrogène » en profondeur permettant de produire l’hydrogène en injectant de l’eau (hydrogène orange) ou de trouver des pièges similaires à ceux piégeant les hydrocarbures (hydrogène en or). L’exploration de ces gisements se développe rapidement dans plusieurs pays industrialisés, notamment aux États-Unis, en Australie, en Espagne et en Russie. Les premiers forages réalisés dans ces pays et à travers le monde permettront de développer les méthodes d’exploitation possibles de cette ressource naturelle.

Modèle de formation de l’hydrogène dans le sous-sol (source: nature.org)

Dans la région de Bourakébougou au Mali, un forage en quête d’eau a pris une tournure inattendue au cours de l’année 2012. Au lieu d’atteindre une nappe phréatique, les chercheurs ont découvert un important écoulement qui s’échappait sans interruption du puits qui s’est avéré par la suite inflammable. Les tests effectués ont permis d’identifier cet air comme étant de l’hydrogène, une découverte surprenante qui a ouvert pour la première fois de nouvelles perspectives pour l’extraction de l’hydrogène, au lieu de le synthétiser.

Tout comme le Mali, l’Australie dispose des conditions géologiques favorables à la production d’hydrogène orange. Ses importantes réserves de fer et d’uranium forment la roche mère essentielle à la réaction avec l’eau pour dissocier l’hydrogène de l’oxygène, offrant un potentiel de production significatif.

En Espagne, Helios Aragon estime pouvoir extraire environ 1 million de tonnes d’hydrogène du seul champ de Monzon. Selon cette entreprise, les quatre puits de production prévus dans ce champ pourraient générer l’équivalent énergétique de 650 éoliennes, sans nécessiter d’eau, et pourraient commencer à produire avant l’arrivée de 2030.

Bien que les explorations n’en soient qu’à leurs débuts, le potentiel de découvrir de méga-gisements d’hydrogène naturel peut se concrétiser. Cependant, leur exploitation à grande échelle devra surmonter plusieurs défis, techniquement solvables, liés en particulier au stockage de l’hydrogène naturel, à son caractère explosif et à sa température de liquéfaction extrêmement basse.

Services. Lancement officiel de la SRM Marrakech-Safi

Cette initiative, menée dans la région de Marrakech-Safi et similaire aux autres régions du Royaume, vise à unifier la relation avec les clients, simplifier les démarches, améliorer la qualité des services et les rapprocher des citoyens afin de répondre efficacement à leurs attentes et contribuer à l’amélioration du climat des affaires.
La société, dont la cérémonie de lancement a été présidée par le wali de la région de Marrakech-Safi, gouverneur de la préfecture de Marrakech, Farid Chourak, aura également pour mission de garantir des services de haute qualité répondant aux besoins des citoyens, en remplacement des distributeurs précédents, à savoir la RADEEMA à Marrakech, la RADEES à Safi, et l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE).
Le périmètre d’intervention de la société couvre les préfectures de Marrakech et les provinces de Chichaoua, Al Haouz, El Kelaâ des Sraghna, Essaouira, Rehamna, Safi et Youssoufia.
Dans une déclaration à la presse, le directeur général de la société, Iqbal Toumi, a qualifié ce lancement de « moment important et exceptionnel », précisant qu’il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi 83-21 relative aux sociétés régionales multiservices.
Il a ajouté que cette occasion est propice pour informer les différents responsables et intervenants du contenu du contrat de gestion, d’une durée de 30 ans, notant que la société dessert 251 collectivités territoriales regroupant près de 4,9 millions d’habitants.
Le directeur a également souligné les défis à relever, particulièrement dans une région connaissant une croissance urbaine et démographique rapide, ajoutant que cette région dispose de potentiels de développement importants à exploiter.
M. Toumi a, en outre, insisté sur la nécessité de conjuguer les efforts des divers acteurs pour répondre aux exigences des citoyens, afin de garantir la qualité des services et l’équité territoriale.
La société a été fondée avec un capital de 100 millions de dirhams, réparti entre l’État (25 %), le groupement des collectivités territoriales de distribution (40 %), l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (25 %) et le Conseil régional (10 %).
La création des sociétés régionales multiservices s’inscrit dans le cadre de la régionalisation avancée et de l’application de la loi 21.83, visant à établir une société dans chaque région pour coordonner l’action des différents acteurs du secteur de la distribution, augmenter l’efficacité des investissements, fournir les ressources nécessaires et combler les lacunes en matière de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement liquide.

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Saisie de plus de 8 tonnes de résine de cannabis au port de Safi

Cette opération a permis la saisie de cette cargaison de drogue conditionnée en 199 ballots destinés au trafic international par voie maritime et chargés à bord d’un camion de transport de marchandises immatriculé au Maroc, qui a été immédiatement intercepté à son arrivée au port de Safi-Atlantique, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Les enquêtes effectuées dans le cadre de cette affaire ont abouti à l’interpellation de 21 individus, âgés entre 24 et 48 ans, pour lien présumé avec le réseau criminel impliqué dans ce trafic international, outre la saisie de barils contenant 1.160 litres d’essence ainsi qu’une autre camionnette sur place, ajoute la même source.

Les investigations liées à cette affaire ont duré plusieurs semaines, sur la base d’informations faisant d’état de la planification par un réseau criminel d’une opération de trafic international de drogues, ce qui a nécessité le suivi et traçage en amont de cette cargaison avant qu’elle ne soit saisie et que les personnes impliquées ne soient interpellées, poursuit le communiqué.

Les mis en cause ont été soumis à l’enquête judiciaire menée par la BNPJ sous la supervision du parquet compétent, en vue d’identifier toutes les ramifications locales et internationales de cette activité criminelle et de confondre l’ensemble des individus impliqués dans ce réseau criminel.

(Avec MAP)