Safran : enquête publique imminente pour le projet d’atelier des moteurs LEAP à Nouaceur

Selon les sources de Médias24, Jalal Benhayoun vient de signer un arrêté gubernitorial. En vertu de celui-ci, une enquête publique portant sur l’impact environnemental sera ouverte à la commune de Nouaceur en relation avec le projet d’installation d’un atelier de maintenance de moteurs LEAP par Safran.

Cette enquête, qui va démarrer le 12 mai, s’étalera sur 20 jours, selon le même arrêté du gouverneur de Nouaceur.

Le futur atelier de maintenance de moteurs LEAP de Nouaceur avait fait l’objet d’un accord signé, le 28 octobre 2024, devant le Roi Mohammed VI et le président français, entre le gouvernement marocain et le groupe Safran et d’accords complémentaires signés en marge du Marrakech Air Show.

Selon les termes de cet accord, la construction de ce nouvel atelier aura lieu sur une superficie de 25 000 m² dans la zone aéroportuaire de Casablanca et le projet devra être finalisé fin 2026.

La présente unité de maintenance des moteurs LEAP, située à MIDPARC Casablanca Free Zone, vise à répondre aux besoins croissants en services de maintenance, de réparation et de révision (MRO – Maintenance, Repair & Overhaul) des moteurs LEAP, utilisés notamment sur les Airbus A320neo et les Boeing 737 MAX, soit près de 4.000 avions en service dans le monde.

Ce projet devra créer environ 600 emplois directs à l’horizon 2030 et disposera d’une capacité de maintenance de 150 moteurs par an et permettra de répondre à la forte demande de plusieurs compagnies aériennes, notamment celles situées en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Selon nos informations, l’investissement consenti dépasse les 1,2 MMDH.

TotalEnergies installe des systèmes solaires sur cinq sites Safran au Maroc

Le projet porte sur la solarisation des sites Matis Aerospace (Joint-Venture entre Safran Electrical & Power et Boeing), Safran Aircraft Engines Services Maroc, Safran Electronics & Defense, Safran Engineering Services Maroc et Safran Aerosystems Maroc.

Ce projet solaire, mis en œuvre par TotalEnergies Renewables Distributed Generation, fait partie de la stratégie du groupe visant à adopter des énergies renouvelables et à limiter son empreinte carbone, indique un communiqué de TotalEnergies.

Au total, 2.600 panneaux solaires ont été installés, permettant de couvrir 30% de la consommation électrique annuelle de ces sites et d’économiser environ 1.700 tonnes de CO₂ par an. TotalEnergies s’est chargé de la conception, de l’installation et de la mise en service du système, garantissant une fiabilité et une efficacité énergétique optimales à long terme.

« Ce projet avec Safran illustre notre engagement à fournir des solutions énergétiques fiables et durables aux entreprises au Maroc. Il s’agit pour nous de continuer à accompagner nos clients en leur proposant des solutions solaires », a déclaré Hamady SY, directeur général de TotalEnergies Renewables Distributed Generation Middle East & Africa, cité dans le communiqué.

« Nous sommes fiers de collaborer avec TotalEnergies sur ce projet de panneaux photovoltaïques désormais pleinement opérationnel. Cette initiative renforce notre engagement à améliorer l’efficacité énergétique de nos sites au Maroc, conformément à notre stratégie globale visant à réduire notre empreinte carbone », a ajouté Nathalie Stubler, directrice Groupe Développement durable de Safran.

Safran investira 1,3 MMDH pour un atelier de maintenance de son moteur Leap à Casablanca

Le motoriste et équipementier aéronautique français Safran va mettre en place un site de maintenance et de réparation de son moteur Leap à Casablanca dans le cadre d’un protocole d’accord signé lundi 28 octobre avec le Maroc.

En vertu de cet accord, signé par le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, et le président de Safran, Ross McInnes, la société envisage de réaliser un projet d’investissement consistant en la construction et l’équipement d’un atelier de maintenance et de réparation (MRO) de moteurs d’avions Leap d’un montant d’investissement de près de 1,3 milliard de DH.

La construction de ce nouvel atelier de 25.000 m2 dans la zone aéroportuaire de Casablanca « s’inscrit dans le cadre d’un plan d’investissement massif pour développer le réseau mondial de maintenance et de réparation qui accompagne la croissance de la flotte de moteurs Leap« , souligne Safran.

Leap, moteur de dernière génération plus économe en carburant, équipe la majorité des familles d’avions monocouloirs de nouvelle génération Airbus A320neo, Boeing 737 MAX et Comac C919, soit plus de 3.500 avions en service dans le monde, précise Safran.

« Je tiens à remercier le gouvernement marocain pour son soutien actif, ainsi que son accompagnement efficace sur notre projet de nouvel atelier de maintenance qui renforce la présence stratégique de Safran au Maroc », a souligné Jean-Paul Alary, président de Safran Aircraft Engines.

Le nouveau site sera accompagné de la création d’environ 600 emplois directs à l’horizon 2030, selon la même source.

A terme, il disposera d’une capacité de maintenance de 150 moteurs par an et permettra de répondre à la forte demande de maintenance pour le Leap, en particulier pour les compagnies aériennes situées en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe.

(Avec AFP)

Figeac Aéro inaugure sa nouvelle unité à Casablanca

Inaugurée en présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, cette nouvelle unité de production s’étend sur une superficie de 4.000 m², avec un investissement de 140 millions de DH. Elle permet l’usinage de pièces complexes de grande dimension.

Fruit d’une étroite coopération entre les équipes françaises et marocaines du groupe et les équipes de Safran Nacelles, ce nouveau site est dédié à la production de pièces à forte valeur ajoutée pour la nacelle de l’Airbus A320neo équipé de moteurs LEAP-1A, un programme à fort potentiel de croissance.

En cohérence avec son engagement envers la réduction de son empreinte carbone, Figeac Aéro a adopté une approche d’écoconception pour son site, permettant d’économiser plus de 700 tonnes de CO2 par an par rapport à un site standard.

S’exprimant à cette occasion, Ryad Mezzour a noté que c’est la première fois qu’un projet industriel est préfinancé par un client, ce qui témoigne de l’engagement de Safran et de l’expertise de Figeac Aéro.

Selon le ministre, cette nouvelle usine constituera une véritable valeur ajoutée pour l’industrie aéronautique et contribuera à faire intégrer de nouvelles filiales du secteur aéronautique au Maroc et à créer de nouvelles unités de production.

Pour sa part, le président-directeur général de Figeac Aéro, Jean-Claude Maillard, a relevé que « ce succès n’aurait pas été possible sans la confiance, le courage et la coopération de tous nos partenaires ».

« Nous aspirons à des moteurs eco-friendly et envisageons la fabrication de pièces entièrement localisées, ainsi que leur assemblage sur site chez nos clients. Les modèles de pièces qui seront conçus au sein de cette nouvelle unité de production dans l’objectif de réduire l’empreinte carbone, représente l’engagement envers un avenir plus durable pour la planète. »

De son côté, le président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), Saïd Benhajjou, a déclaré que l’aéronautique au Maroc franchit une étape significative, comme en témoigne la rapidité d’exécution de ce projet, réalisé en à peine une année, grâce à « la robustesse de l’écosystème local », notant que l’innovation et l’intelligence artificielle revêtent une importance cruciale pour ce secteur en constante évolution.

« Ce projet marque une nouvelle ère pour l’industrie aéronautique au Maroc, car il permet la production de pièces encore plus sensibles et complexes, qui sont essentielles pour soutenir l’un des éléments clés d’un avion, qui est le moteur », a affirmé M. Benhajjou.

Le groupe Figeac Aéro est spécialiste de la production de pièces de structure en alliages légers et en métaux durs, de pièces de moteurs, de trains d’atterrissage et de sous-ensembles.

Avec une présence internationale, le groupe opère en France, aux États-Unis, au Maroc, au Mexique, en Roumanie et en Tunisie. Au 31 mars 2023, Figeac Aéro a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 341,6 millions d’euros.

Aéronautique : Figeac Aero lance les travaux d’extension de son usine à Casablanca

Cet événement consacre le partenariat des groupes Safran et Figeac Aéro portant sur le développement de l’écosystème aéronautique marocain, à travers l’intégration des technologies et d’un savoir-faire de pointe (usinage cinq axes de pièces de grandes dimensions, assemblages complexes et de précision…).

Ce projet fait suite à la signature de la convention d’investissement entre l’Etat et Casablanca Aéronautique, portant sur un montant d’investissement de 132 MDH. Il génèrera 55 emplois directs.

L’extension consiste en un bâtiment de 4.000 m² qui intègrera les derniers standards de l’industrie et permettra une rationalisation des flux en vue d’améliorer ses performances.

Cette nouvelle unité de production comprendra également, dès sa conception, la mise en place de panneaux photovoltaïques en toiture, une isolation renforcée et des équipements de valorisation des déchets, précise le ministère de l’Industrie dans un communiqué.

Ce coup d’envoi a été marqué par la présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, du PDG du groupe Figeac Aero, Jean-Claude Maillard, et du président de Safran Nacelles, Vincent Caro.

REPORTAGE. A Taliouine, le réchauffement climatique menace le safran

Sur la route nationale 10 reliant Taliouine et Ouarzazate, à l’aube, il fait encore sombre. En ce début novembre, à 8h du matin, le soleil se cache toujours derrière les montagnes. Le temps est relativement frais. Il fait 13 degrés. La nationale, récemment asphaltée, est faiblement pentue et relativement sinueuse. Elle monte doucement vers le Haut Atlas, vers Taznakht.

La Kasbah du Glaoui à Taliouine tombe en ruine.

A quelque 35 km de la Kasbah du Glaoui de Taliouine, sur la route des Igouders (greniers collectifs), la localité de Zaghar N’ait Youssef est une cuvette entourée des hautes cimes de l’Atlas, faisant face au Jbel Siroua. Ce dernier reste désespérément noir et rocailleux. A cette époque, il devrait être couvert d’un manteau blanc. A ses pieds, le plateau de Zaghar s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares. Un fait rare pour la région, largement escarpée. Perché à 1.100 m d’altitude, il accueille de nombreuses parcelles dédiées au safran, une culture locale traditionnelle.

Une culture traditionnelle

Dans ces safranières, quelques femmes s’évertuent à cueillir le maximum de fleurs encore fermées. Courbées, elles s’activent pendant deux à trois heures à réaliser leur délicate tâche, avant que les précieuses fleurs n’éclosent complètement avec la lumière du jour.

Les femmes sont les principales forces de travail pour la collecte du safran.

La plante est issue du crocus sativus, un bulbe à croissance inversée. Cela veut dire qu’elle sort de son repos végétatif et éclot quand le sol se refroidit, et non pas avec la chaleur. Plus la journée avance, plus la fleur et ses précieux pistils se dégradent. Il faut récolter au plus vite pour que le bulbe puisse donner une autre fleur le lendemain. Chaque bulbe peut, en effet, donner jusqu’à huit fleurs durant la saison. Par ailleurs, la récolte précoce facilite la collecte (l’émondage) des trois filaments rouges (pistils au centre des fleurs) qui, une fois séchés, donnerons la précieuse épice. Des opérations réalisées, en général, l’après-midi de la collecte.

On estime que chaque kilogramme de fleur produit 65 g de pistils frais qui une fois séchés donneront 13 g de safran. La production moyenne à l’hectare varie de 2 kg par hectare dans les safranières traditionnelles à plus de 5 kg/hectare dans les plantations modernes. En général, chaque famille détient quelques centaines de mètres carrés de parcelles dédiées au safran.

Chaque kg de fleurs donne 65 g de safran frais et 13 g une fois asséché.

 

Cette année, la récolte risque d’être maigre. A la même période, les safranières devraient être complétement tapissées de fleurs couleur mauve. Pourtant, moins d’un tiers des bulbes ont fleuri dans cette parcelle. « En plus du retard des pluies d’automne qui réveillent la plante, il fait plus chaud qu’il ne devrait, ce qui empêche les fleurs de sortir », constate M’hamed, un agriculteur de la région. Et d’ajouter : « Contre la sécheresse, nous avons irrigué ; contre la chaleur, nous ne pouvons rien faire. »

Réchauffement climatique

La température idéale pour les fleurs de safran au moment de l’éclosion est proche du zéro degré. Vers 10h du matin, les températures continuent de monter. On approche des 25°, ce qui est largement au-dessus des moyennes saisonnières. Elle atteindra cette journée les 34°C. « Ces dernières années il fait de plus en plus chaud, ce qui retarde constamment la collecte. Et avec la rareté de la neige, c’est non seulement l’eau mais aussi le froid qui manque. »

Le pic de la période de collecte s’étale, en général, sur 18 à 20 jours entre début octobre et début novembre. Cette année, la saison a tardé et les agriculteurs sont de plus en plus inquiets. « On risque de se retrouver avec très peu de production cette année. En général, nous vendons notre production à un prix convenable aux coopératives, mais avec le retard et la faiblesse de la production, de nombreux agriculteurs vendent au plus vite ce qu’ils peuvent au souk hebdomadaire pour faire leurs courses », affirme notre source. « Au lieu de vendre notre safran à 25 ou 30 dirhams le gramme, il est vendu 17 ou 20 dirhams au souk », ajoute-t-elle.

La culture du safran est très similaire à celle des arbres fruitiers. Le bulbe reste, en effet, en terre entre 5 et 15 ans. Les agriculteurs attendent donc les quelques jours de floraison pour pouvoir assurer leur revenu monétaire annuel. La culture du safran étant en général complémentaire avec une agriculture vivrière, en cas de mauvaise récolte ou de mauvaise vente, ce sont les finances de toute l’année qui sont impactées pour de nombreuses familles.

Une culture menacée

Les associations de développement ont largement contribué à la valorisation du safran.

Un risque adressé depuis la fin des années 1990 par des associations de développement, comme « Migration et Développement », qui a été précurseur pour la valorisation de cette culture et l’amélioration du savoir-faire traditionnel, notamment à travers la labélisation et le renforcement des techniques traditionnelles.

Plusieurs formations ont ainsi été apportées aux producteurs pour en améliorer la production et les conditions de commercialisation, notamment en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Plus d’une vingtaine de coopératives, ainsi qu’un Groupement d’intérêt économique, ont ainsi été structurés et accompagnés pour porter cette dynamique et favoriser de meilleures conditions de vente. Les prix du safran sont ainsi passés de quelques dirhams le gramme au début des années 2000, à plusieurs dizaines de dirhams ces dernières années.

Mais, avec les changements climatiques, c’est toute la culture du safran qui est menacée dans la région de Taliouine, l’une des plus pauvres de la province de Taroudant. D’autres régions, plus froides, notamment dans le Moyen Atlas, ont commencé à concurrencer ce bassin historique.

A Zaghar, de plus en plus de terrains sont loués à l’année pour d’autres cultures, notamment le maraîchage. Le phénomène de l’agriculture itinérante est arrivé ici. Les terrains se louent à 15.000 dirhams/hectare au vue de la proximité de la nappe, à moins de 50 m de profondeur. Nous avons pu constater, aux cotés de safranes et de l’agriculture traditionnelle, des cultures intensives de légumes verts, notamment la courgette destinée aux marchés de gros. Plusieurs puits étaient d’ailleurs en forage au moment de notre visite. D’autres terrains sont, par ailleurs, loués à des entreprises agricoles pour la production de safran, de manière moderne, destinée exclusivement à l’export.