Société générale devient Saham Bank (Images)

Comme annoncé en primeur par Médias24, c’est ce 18 juin que la banque révèle sa nouvelle identité visuelle. Donc, le nom de la banque devient officiellement Saham Bank.

Le lever de rideau sur le nouveau nom et la nouvelle identité s’est fait au siège de la banque en présence des médias. Juste après, ils seront révélés au grand public en levant le voile sur le logo arboré sur la façade du siège.

Le logo et l’identité visuelle sont différents de tout ce qui avait circulé jusqu’à présent.

La Société Générale Maroc (SGMB) qui a changé d'actionnaire, devient Saham Bank et dévoile sa nouvelle identité visuelle.

Selon nos informations et comme indiqué précédemment, le déploiement sera réalisé graduellement à travers un dispositif global. Ainsi, à partir du 18 juin, une campagne institutionnelle nationale dévoilera la nouvelle marque et communiquera la nouvelle promesse de la banque de Saham Group.

Le rebranding du réseau d’agences sera mis en œuvre selon un calendrier progressif.

Voici l’identité des filiales :

Saham Bank (ex SGMB) dévoile sa nouvelle identité visuelle et celles de ses filiales

Ci-dessous, les explications d’Ahmed El Yacoubi, président du directoire, lors d’une rencontre avec la presse ce mercredi 18 juin 2025:

 

La promesse de la banque qui prend désormais un nouveau départ est d’être un « accélérateur de vos ambitions ». En d’autres termes, le service client, le parcours client, vont considérablement changer dès ce mercredi 18 juin. Ce changement sera visible à plusieurs niveaux, y compris l’appli et le parcours de demande de crédit. Ahmed El Yacoubi a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un simple changement d’identité visuelle ou de nom (Saham Bank), mais d’un changement en profondeur.

Saham Bank c'est le nouveau nom de la Société Générale Maroc (SGMB) après son rachat par Saham. La nouvelle identité visuelle a été dévoilée.
La nouvelle identité visuelle de Saham Bank visible sur les frontons d’agence

Le changement d’identité de Société Générale Maroc est imminent

Selon nos informations, le changement de logo et l’annonce du nouveau nom et de la marque de Société Générale Maroc sont prévus pour ce mois d’avril.

Nous n’avons pas d’informations supplémentaires concernant le nouveau nom que la banque adoptera. Certains observateurs pronostiquent un retour du nom de Saham. Cependant, cela reste pour l’instant de la spéculation.

Dans sa récente communication financière, la première de Société Générale après son intégration au groupe Saham, la banque a confirmé que l’étape de déconnexion des systèmes et processus hérités du groupe français a été franchie sans incidence. Elle a été conduite dans le cadre d’un plan d’intégration défini à l’avance.

La banque a également affirmé « aborder l’avenir avec sérénité ». Elle précise que sa stratégie n’est pas fondée sur la recherche de taille, mais sur l’efficience et la qualité de service.

Comme nous l’expliquions dans un précédent article, la transformation de la banque est engagée dans le cadre du programme « Boost » qui a trait à la conduite du changement tourné vers les ressources humaines.

Parmi ces axes figure le changement de l’identité visuelle, la mise en place d’une structure de décision plus agile et autonome, avec les meilleurs standards de gouvernance, ainsi que le renforcement des capacités technologiques. 

Voici la nouvelle gouvernance de Société Générale Maroc après son rachat par Saham

Après la finalisation de l’opération de cession conclue entre le groupe Société Générale et le groupe Saham, une nouvelle gouvernance est mise en place, entérinée par une réunion du conseil de surveillance de Société Générale Maroc, ce 3 décembre.

Lors de cette réunion, Société Générale Maroc a renouvelé ses instances de gouvernance et de gestion.

La composition du nouveau conseil de surveillance est la suivante :

Par ailleurs, le nouveau conseil de surveillance confirme et renouvelle les mandats des membres du directoire. Sa composition est la suivante :

Sur proposition du président Moulay Hafid Elalamy, le conseil de surveillance a nommé Jérôme Brun en tant que directeur général adjoint et nouveau membre du directoire en charge de la supervision et du pilotage des Risques et de la Finance.

Saham finalise l’acquisition de Société Générale Maroc

Comme déjà révélé par Médias24, le closing a été signé ce mardi 3 décembre.

À l’issue de cette opération, Saham Finances, SGMB et Investima déposeront une offre publique d’achat des actions Eqdom, annonce un communiqué de Saham.

« Le groupe Saham se réjouit de la réalisation de cette acquisition, et accompagnera la SGMB et ses filiales pour servir encore mieux leurs clientèles », indique la même source.

En avril 2024, le groupe Saham avait signé un contrat d’acquisition portant sur la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et ses filiales pour 745 millions d’euros.

Le contrat d’acquisition portait sur 57,67% du capital social et des droits de vote de Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et ses filiales.

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Société Générale : étape décisive ce mardi 3 décembre

Comme nous le révélions dans un précédent article, après l’obtention du feu vert de Bank Al-Maghrib pour le rachat de la filiale marocaine de la Société Générale, la suite logique est le closing de l’opération. Un closing que nous avions annoncé pour début décembre. Nous connaissons maintenant la date exacte. Le closing sera signé ce mardi 3 décembre à Casablanca. 

Cette signature actera définitivement l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) par le groupe Saham.

La priorité de Saham est « de mettre la banque sur les rails », avec pour objectif à court terme de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

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Deal SG-Saham. Après l’obtention de l’agrément de Bank Al-Maghrib, closing imminent de l’opération

La dernière autorisation nécessaire à Saham pour finaliser son acquisition de la filiale marocaine de la Société générale a été obtenue. En effet, Bank Al-Maghrib a accordé les nouveaux agréments à la SGMB et ses filiales concernées (Eqdom, Sogelease, SG Offshore).

Les décisions relatives aux nouveaux agréments ont été publiées au Bulletin officiel. Les nouveaux agréments permettent à la banque et ses filiales de poursuivre leurs activités après le changement de contrôle de son capital.

Saham a introduit la demande le 28 mai 2024. À la suite de l’examen des informations complémentaires transmis le 31 octobre 2024, la Commission des établissements de crédit a émis un avis favorable pour l’opération, début novembre, comme révélé par Médias24.

Désormais, Saham dispose de toutes les autorisations pour la finalisation de l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB).

La suite logique est le closing de l’opération. Un closing qui sera signé début décembre à Casablanca, nous assurent nos sources.

Moulay Hafid Elalamy reprend donc, comme nous l’indiquions dans un précédent papier, une banque engagée dans une transition importante marquée par des défis opérationnels. Malgré une hausse régulière du résultat net jusqu’en 2023, le premier semestre 2024 a révélé une baisse de -14,4%. Les encours de crédits continuent de diminuer, et le coût du risque a fortement augmenté sur le premier semestre 2024. Selon nos sources, les nouvelles équipes veulent rapidement relancer la machine avec des ambitions très fortes sur le marché.

Lesquelles ? Saham souhaite « d’abord mettre la banque sur les rails qu’il faut », avec pour objectif prioritaire, à court terme, de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

« Travailler le service à la clientèle, il y a une marge intéressante dans ce domaine. Il y a également de la marge sur le plan commercial », nous explique-t-on.

Concernant les rumeurs insistantes d’une croissance externe, notamment en Afrique subsaharienne par le rachat de banques, nos sources l’excluent « pour le moment », tout comme la cession d’une partie du capital en bourse.

Un projet de transformation de la Société Générale Maroc en gestation

Comme nous l’écrivions il y a quelques jours et comme l’a confirmé Abdellatif Jouahri, le mardi 24 septembre en conférence de presse, la réponse de Bank Al-Maghrib au sujet du rachat de la Société Générale Maroc par Saham Group interviendra avant la fin de l’année.

Tous les autres régulateurs impliqués dans le dossier ont accordé leur feu vert. Celui de la Banque centrale débloquera la marocanisation d’une nouvelle banque, après celle de Crédit du Maroc.

Changer d’actionnaires pour une banque n’est pas une mince affaire tant il y a de volets à considérer. La banque française et Saham ont tracé « les contours d’un partenariat commercial de long terme qui permettrait aux clients corporate de Société Générale intervenant au Maroc de faire appel à un partenaire bancaire localement », comme il a été mentionné par les deux parties.

C’est donc une transformation profonde que la Société Générale Maroc va engager après un feu vert de la Banque centrale, mais dont les jalons doivent nécessairement être lancés aujourd’hui, notamment auprès des ressources humaines.

Selon nos informations, un projet est engagé par le management de la banque pour accompagner le changement à venir et amorcer ce projet de transformation. Le management lui a donné le nom de « Boost, un programme pensé pour bâtir une banque organisée et optimisée aux standards internationaux« .

Un e-mail, consulté par Médias24, a été partagé avec tout le personnel pour les informer du contour de ce programme qui repose sur plusieurs aspects, et dont l’objectif principal est de préparer le terrain, sans l’anticiper, à la future opération.

Le premier aspect du programme Boost a trait à la conduite du changement tourné vers les ressources humaines.

Il est également question de la mise en place d’une structure de décision plus agile et autonome, avec les meilleurs standards de gouvernance.

Parmi les sujets, il y a tout naturellement la question du renforcement des capacités technologiques afin d’opérer une transition en douceur pour passer du système actuel relié à la Société Générale vers des solutions locales, en assurant la continuité de services.

Et, enfin, l’identité visuelle. Dernière brique, mais pas des moindres, de toute opération de cession. Sur ce volet, le déploiement d’une nouvelle marque symbolisant le passage de la banque dans le giron du groupe Saham est prévu.

Le vrai processus de transformation ne commencera bien évidemment que lorsque la Banque centrale donnera son feu vert, qui pourra être assorti de conditions éventuelles. Ce fut le cas pour la sortie du Crédit Agricole de Crédit du Maroc. Bank Al-Maghrib avait exigé que cette sortie se fasse en deux temps. Le groupe français devait rester dans le capital pendant une période de 18 mois, au terme de laquelle il a cédé le reste des actions à Holmarcom.

Et la transformation qui se prépare aujourd’hui pour le vaisseau amiral sera généralisée à toutes les entités qui seront reprises dans le cadre de ce deal.

Les principales entités au Maroc incluses dans le périmètre de cession sont la Société Générale Marocaine de Banques, dont le nom commercial est Société Générale Maroc (banque), Eqdom (crédit à la consommation), La Marocaine Vie (assurance), Société Générale de Leasing au Maroc (financements spécialisés), Investima SA (banque), Sogecapital Gestion (société financière), Sogecapital Placement (société de portefeuille) et Sogecapital Bourse (intermédiation boursière).

Moulay Hafid Elalamy : « Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

Disparu des radars médiatiques et plus discret depuis qu’il a quitté la politique, Moulay Hafid Elalamy signe un retour sous les projecteurs en acceptant l’invitation, le 12 juin, de l’association ESSEC Maroc pour un échange à bâtons rompus et sans langue de bois, qui s’est déroulé à Paris, avec Saad Lemseffer et Anouar Azelmat, respectivement secrétaire général et président de l’association.

« Comme je ne suis plus responsable donc je peux y aller », déclare-t-il devant le parterre d’étudiants annonçant déjà la couleur.

Deux heures durant, MHE discutera avec les étudiants de multiples sujets commentant tantôt l’actualité ou passant en revue son parcours depuis ses débuts à aujourd’hui.

Celui qui est en passe de signer un important deal en reprenant la Société générale Maroc réalisant ainsi un vieux rêve, a naturellement été interrogé sur le sujet. Une question qu’il n’a pas éludée. Et de sa réponse, MHE révèle que la filiale marocaine de la SG n’était pas sur la liste des actifs à céder.

« Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

« La Sogé Maroc est une pépite du groupe Société Générale. C’est une très belle banque qui n’était pas sur la liste des sociétés à vendre. Donc, j’ai fabriqué l’opportunité », confie le président du Groupe Saham qui est allé voir les dirigeants de la SG pour dire: « si je comprends bien la logique, un jour, vous allez devoir vous séparer (de plusieurs filiales, ndlr) parce que vous allez vendre l’ensemble de l’Afrique. Vous allez garder le Maroc et la Côte d’Ivoire. Ça fait très bizarre. Un groupe français qui est européen, qui est présent en Europe et dans deux pays africains. Ça n’a pas de sens. Donc, l’opportunité s’est créée comme ça ».

Mais si Moulay Hafid Elalamy a pu créer cette opportunité, c’est qu’il y avait un contexte favorable qu’il détaille. « Le secteur bancaire dans le monde, vous le savez bien, vit des moments compliqués. Et donc, les recentrages se font. Les fusions vont se faire davantage », avance-t-il.

Et d’ajouter: « la raison pour laquelle certaines banques européennes quittent certains marchés, c’est que le secteur bancaire est un secteur hyper complexe (…) et extrêmement contrôlé. Il se trouve que des banques européennes ou des banques françaises subissent des doubles peines. Elles sont sous le contrôle de la BCE et elles sont sous le contrôle des banques centrales locales ».

« Avec les contraintes BCE qui sont parfois exagérées d’après les experts (…) vous devenez non compétitif. Donc on vous met des menottes et on vous demande de monter sur des rings pour vous battre avec des concurrents qui, eux, n’ont pas ces menottes-là. Au fil du temps, il y a ce problème qui s’est imposé. Le deuxième, c’est que certaines banques, avec les crises qui se sont succédées, les problématiques d’inflation et les problèmes de leur clientèle qui sont parfois défaillants,… ont des besoins de fonds propres ».

Ces banques vont donc préférer « se séparer d’activités qui sont moins centrées par rapport à leurs business pour qu’elles aient une cohérence de business. Les banques qui ont des actifs en Afrique et en Asie et ailleurs, se sont séparés de ses actifs. Ce n’est pas propre au secteur bancaire, le secteur des assurances l’a fait avant. (…) Donc, la cession de la Société Générale s’est faite dans ce cadre-là », conclut-il.

L’affaire Agma racontée par MHE

Dans cet échange, MHE revient aussi sur ses débuts dans l’entrepreneuriat et comment il est passé de haut cadre, il était à l’époque secrétaire général de l’ONA, l’ancêtre du Holding royal Al Mada, à homme d’affaires.

Et c’est tout naturellement qu’il évoque, non sans humour, l’emblématique affaire Agma qui a marqué dans sa carrière ce passage du « salariat » à l’entrepreneuriat.

« Il y a un deal emblématique qui avait fait beaucoup de bruit et qui m’avait mis en avant, où j’avais ma tête sur tous les journaux comme étant presque un trafiquant, pas loin, qui s’appelait le deal Agma », explique-t-il. 

« J’étais secrétaire général du groupe ONA et j’ai réalisé qu’après plusieurs années de travail acharné, j’avais un salaire mirobolant et qu’à la fin du mois, j’avais exactement le même solde dans mon compte bancaire que celui que j’avais quand j’avais démarré au bas de l’échelle, alors que mon salaire avait été multiplié par je ne sais quoi. Ça veut dire que mes besoins ont progressé souvent légèrement plus vite que mes revenus ».

« Je voulais absolument entreprendre, donc j’ai décidé de quitter pour entreprendre. Dans le temps, le président avait refusé l’idée, en me disant pas du tout, mais c’était une décision ferme, je voulais entreprendre ».

« En quittant, j’ai acheté une participation dans une affaire qu’ils avaient, que j’avais achetée moi-même avant à 20 millions de dirhams, et qu’on m’a revendue deux ans plus tard sur une valeur d’un peu plus de 60 millions de dirhams pour une petite participation ».

Quid du financement ? Il est pris « à 100% à la banque » (AWB, ndlr), répond MHE.  « A partir de là, j’ai développé l’affaire, j’ai acheté une deuxième affaire, une troisième, et c’est devenu le premier courtier d’assurance au Maroc. J’ai été aux Etats-Unis voir la carte Marsh McLennan, qui est le premier courtier au monde, et j’ai réalisé une introduction en bourse. Une fois que j’ai réalisé une introduction en bourse, j’ai revendu une partie au même vendeur qui me l’avait vendue au départ, qui était coté en bourse, etc »,  raconte le président de Saham. 

« Et dans le temps, dans toute cette opération-là, j’ai réalisé 12 millions d’euros de bénéfices. Aujourd’hui, ça ne fait sourciller personne, mais à l’époque, c’était des montants qui ne rentraient pas dans le cerveau. Donc je suis devenu l’homme le plus riche du globe, pratiquement, pour les médias », avance-t-il. 

« Et on a tiré sur cette affaire en disant que ce n’était pas possible d’avoir vendu, revendu, etc. Mais je vous écrirai un jour cette histoire, elle est très intéressante psychologiquement. Et les gens qui avaient le plus tiré sur cette affaire-là, c’étaient mes confrères. Les gens qui étaient au même niveau que moi dans la boîte. (…) Voir quelqu’un qui, du jour au lendemain, réalise un capital, ça ne pouvait être qu’un trafic », commente-t-il. 

Il poursuit : « le dénigrement en fait partie. Vous allez le croiser de temps en temps dans votre carrière. Il faut savoir le déceler et dénigrer ce dénigrement pour pouvoir avancer dans sa carrière. Quand on n’arrive pas à vous battre, il y a une technique, c’est de vous dénigrer. Donc, surtout ne répondez jamais à cela par le dépôt du sac. Foncez quand vous êtes droit dans vos bottes, quand vous êtes sûrs de ce que vous faites ». 

Le capital qui a été réalisé dans l’affaire AGMA, explique MHE, c’est ce qui lui a permis « d’acheter une compagnie d’assurance malade qui s’appelait CNIA et une compagnie d’assurance morte (Saada). Et donc on a fusionné un cadavre avec un estropié. Et on en a fait un athlète. (…) On a travaillé d’arrache-pied en prenant des affaires qui étaient vraiment moribondes pour en faire des boîtes cotées en bourse, propres, … qui ont fini par devenir leader panafricain dans 27 pays, etc. Mais l’origine, c’est une affaire où j’ai démarré en prenant 100% d’endettement à la banque et où les embûches étaient monstrueuses et complexes ». (NDLR, la banque AWB).

Revenir à la politique : »Jamais mon capitaine »

Est-ce qu’un retour sur la scène politique est envisageable ? La question est posée à MHE par les étudiants. « Vous allez me dire que la première chose que font les politiques, c’est qu’ils mentent. Si je vous dis oui, ça va s’écrire dans les journaux (…) et si je vous dis non … La réponse est je ne peux dire que ce qui me concerne. Donc de mon côté je vous dis : ‘Jamais mon capitaine' ».

« J’ai donné à la CGEM. J’ai passé un mandat et j’ai décidé de ne pas faire un deuxième. J’étais ministre huit ans. Cela fait 11 ans, c’est une tranche de vie importante. J’ai travaillé un peu dans le business, mes aspirations sont encore dans le business, il y a des choses à faire, ça m’amuse », répond-il. 

Par ailleurs, l’ex-ministre est également revenu avec plusieurs d’anecdotes sur son mandat de ministre qui a été marqué par la crise Covid. Il commence par confier qu’il a appris sa nomination en tant que ministre « la veille de la constitution du gouvernement ».

« Ça s’appelle une douche froide, je crois. Vous savez, quand vous êtes sur une trajectoire… Je ne suis pas le seul à avoir eu cette douche froide. Mais sur le moment, c’était un drame familial parce que c’est une trajectoire qui change. Moi, je me voyais dans le business, etc. Et on avait proposé mon nom comme ministre (…) Donc vous êtes déstabilisés », avance-t-il. C’était en octobre 2013.

« Ça m’a pris quelques semaines, voire un petit mois et demi pour réaliser que j’étais en responsabilité. Puis après, c’était de dire bon, j’y suis. Il y a une vraie responsabilité. Je fais le tour du propriétaire. Il y a des briques merveilleuses qui ont été faites par mes prédécesseurs. Je peux ajouter des briques aux briques. (…) Donc j’ai réfléchi : est-ce qu’on peut passer à une accélération de ce qui a été fait ? »

« De là est venu le nom de cette stratégie qui s’appelle l’accélération industrielle. C’est comment peut-on prendre le Maroc tel qu’il est et décréter que nous allons être présents dans des secteurs et pas tous. Je n’ai pas mené tous les combats parce que c’est énorme, c’est très large. Donc j’ai choisi quelques combats », explique-t-il. Parmi ces combats, il cite l’automobile et l’aéronautique. 

« Et à partir de là, on a fait cette stratégie. Résultat de la stratégie, nous sommes passés à 62% de taux d’intégration. Ce taux est maintenant à 69% dans le secteur automobile. C’est-à-dire que 69% des composants de la voiture sont fabriqués au Maroc. Ce sont 252 usines au Maroc qui fabriquent ces voitures. Ces voitures sont passées d’une compétitivité numéro 8 au deuxième mondial et aujourd’hui, ils s’approchent du million de voitures fabriquées au Maroc avec ce taux d’intégration », se félicite-t-il. 

Et d’ajouter, « dans le secteur aéronautique, nous sommes aujourd’hui à 42% de taux d’intégration, c’est-à-dire que 42% de cet avion-là est fabriqué au Maroc. Vous avez des parties de réacteurs faites par Safran au Maroc. C’est la partie la plus complexe dans le secteur industriel ».

Sur la période de la gestion de la crise Covid, MHE fait quelques révélations

« On était en contact direct avec le Roi qui, dès le premier jour, est monté sur le pont. Je ne sais même pas si je suis censé en parler, mais je prends le risque de vous faire des révélations », dit-il. 

« Bien avant la fermeture des frontières, le Roi m’a appelé au téléphone pour me parler de la situation en disant : ‘j’ai l’intention de fermer les frontières parce qu’il faut qu’on protège les Marocains’. J’ai fait partie des gens qui n’étaient pas convaincus. Je l’avoue humblement parce que mon job, c’était ministre de l’Industrie. Et pour moi, fermer les frontières, mettre les gens chez eux à la maison, c’est tuer le pays et l’industrie du pays. J’ai fait un peu de résistance à ma façon. (…) Il était d’une fermeté totale, c’est qu’il n’y a pas d’économie qui vaille la vie d’un Marocain (…) On va protéger les Marocains. Il faut que leur vie soit sauve à tout moment ».

« Donc il a été sur le pont tous les jours (…) il a veillé au grain au quotidien. Et tout ce qui a été fait en toute sincérité, en toute transparence a été piloté par lui. Il écoutait, il prenait les avis des uns et des autres et il tranchait à la fin. (…) On a passé une période extrêmement complexe avec un contact permanent, une équipe extrêmement restreinte qui est montée au créneau ». 

Ce que pense MHE de la course pour les véhicules électriques

Le secteur automobile qui est en pleine transformation, que pense MHE des changements qui s’y opèrent?

« Le monde a changé et pour des raisons d’écologie pour lesquelles je ne suis pas certain parce que les études ne sont pas faites totalement. Il y a un grand point d’interrogation qui se pose encore sur le bilan carbone complet de l’électrique. Je ferme la parenthèse », avance-t-il.

« La décision est prise, nous allons au niveau de l’électrique dans le monde entier. Eh bien aujourd’hui, les gigafactories sont à la mode et si vous n’avez pas de gigafactory vous n’existez plus dans le secteur automobile ».

« En 2035, l’Europe aura arrêté d’accepter et de produire les véhicules thermiques et donc le véhicule électrique est en vogue et prend de l’ampleur. Il se trouve que la partie des batteries aujourd’hui n’est maîtrisée en très grande partie que par l’Asie. Je dis à mes amis européens, qui sont brillants et qui font de belles erreurs, ça s’en est une. C’est la mort progressive de l’automobile en Europe parce que l’Europe ne possède pas de technologies aujourd’hui éprouvées sur le secteur électrique et en particulier sur la batterie qui est l’élément essentiel de l’automobile », explique l’ex-ministre.

« Donc nous sommes en train d’assister à une tectonique des plaques où les Etats-Unis et l’Europe perdent du terrain alors qu’ils avaient une part importante dans le secteur automobile de par leurs décisions qui sont un peu hâtives, pas très brillantes en termes d’approche. Parce que les subventions sont données au client final, ce qui est une imbécillité profonde parce que cet argent là se retrouve dans les poches du constructeur. Il se trouve que le constructeur aujourd’hui est en majeure partie chinois », argumente MHE.

« Donc on est dans une logique où on pleure parce que les Chinois nous attaquent et on les engraisse au quotidien en donnant des subventions à l’acheteur qui achète le véhicule chinois », poursuit-il.

Analyse. Sogé-Saham, les raisons d’un deal

L’opération en cours de MHE sur la Sogé Maroc ouvre une fois encore le débat sur la présence des banques françaises au Maroc. Alors que la plupart de celles-ci niaient fermement toutes velléités de retrait depuis des années, voilà que les annonces de cessions et les rumeurs sont plus fortes que jamais.

La dynamique de retrait des banques françaises en particulier et européennes de manière générale du continent africain n’est pas nouvelle. Certaines des banques marocaines en ont d’ailleurs bien profité, en achetant des parties de réseaux ou des banques à capitaux hexagonaux ou européens individuellement dans les pays depuis le début des années 2000.

Mouvement de retrait

On se souviens du méga deal réalisé par Attijariwafa bank en 2008. En effet, la banque du groupe Al Mada a mis la main sur toutes les participations de Crédit Agricole S.A. dans son réseau de banques de détail en Afrique : Crédit du Congo (81% du capital), Société Ivoirienne de Banque (51% du capital), Société Camerounaise de Banque (65% du capital), Union Gabonaise de Banque (59% du capital) et Crédit du Sénégal (95% du capital), pour un montant global de 250 millions d’euros, soit 2,8 milliards de dirhams.

À l’époque, le groupe hexagonal justifiait son désengagement en expliquant que sa stratégie internationale « privilégie les activités de banque de proximité en Europe, ainsi que dans le Bassin méditerranéen ». Il a donc, au cours de ce même deal avec Attijariwafa bank, renforcé ces participations dans Crédit du Maroc, passant de 53% à 77% au vu du « potentiel de développement du royaume », en affichant même l’objectif de figurer parmi les cinq premières banques du pays. Durant le même deal, le groupe tricolore avait affiché son ambition de prendre une part du gâteau des crédits à la consommation à l’époque, en augmentant sa participation dans Wafasalaf, leader du marché, de 15 à 49% du capital.

Entretemps, donc, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les rumeurs de retrait des banques françaises du Maroc se sont faites de plus en plus pressantes, avec leurs lots de démentis de circonstance, que ce soit d’une manière officielle ou officieuse.

Mais la suite de l’histoire, tout le monde la connaît : Crédit du Maroc n’a pas réussi à se hisser au rang de 5e banque du pays, du moins en termes de chiffre d’affaires (PNB). Cette même participation renforcée en 2008, ou du moins une grosse tranche (63,7%), a été revendue au groupe Holmarcom fin 2022, avec un délai de 18 mois pour racheter le reste. Aujourd’hui, c’est au tour de la Société Générale de se désengager, et tout monde parie sur BMCI dans un avenir plus ou moins proche.

Une banque juteuse à vendre

Si toutes les opérations ne sont pas identiques et que chaque banque a ses propres logique et contraintes, il n’en demeure pas moins que c’est une tendance de fond qui se dessine.

Revenons tout d’abord à l’opération annoncée et confirmée de sources officieuses entre la SGMB et le Groupe Saham. Selon les divers analystes et acteurs du secteur bancaire et financier contactés par Médias24, cette opération répond à plusieurs impératifs de la part de la banque hexagonale. Selon un éminent représentant de la communauté financière nationale, ayant entre autres dirigé une grande banque de la place, trois principaux facteurs expliquent la décision de la Sogé.

Premièrement, la contribution aux chiffres et résultats de la filière marocaine sont relativement faibles, alors même que cette filiale est la plus importante et la plus rentable du groupe en Afrique. Sur un PNB africain estimé à 1,9 milliard d’euros, soit moins de 7,6% de son produit net bancaire (PNB) mondial, la filiale marocaine représente 484 millions d’euros, soit près de 26% du PNB africain, mais seulement 1,9% du PNB du groupe présent dans 17 pays du continent. Cette faible participation est, selon notre source, génératrice de surcoûts pour la banque puisque les exigences de fonds propres que nécessitent les crédits octroyés deviennent contraignantes et requièrent d’établir des priorités.

« Les participations dans des juridictions non OCDE entraînent des provisions sur les fonds propres alloués et sur les expositions-clients qui sont très pénalisantes », décrypte-t-il. Une position largement partagée par tous les experts consultés. Le troisième point soulevé est celui de la compliance. Les banques européennes sont soumises à certaines règles comme celle du KYC (Know Your Custmer), de la lutte contre le blanchiment d’argent (anti money laundering, AML) et le financement du terrorisme (FT).

« Les sujets compliance (KYC, AML, FT) peuvent devenir préoccupants car toutes ces banques sont suivies de près, y compris aux Etats-Unis. Le suivi de tout cela en Afrique exige des moyens humains et techniques disproportionnés avec la taille et la rentabilité des filiales africaines », souligne notre source. Tout en insistant sur le fait que « le désengagement des banques européennes d’Afrique, et plus particulièrement les françaises, obéit à des impératifs de gestion, de risque et de rentabilité. Ils ne sont nullement politiques ».

Des raisons financières, de compliance, et non politiques

Un point que partage un expert financier contacté par Médias24 ayant plus de 30 ans de métier au niveau national et international. « Concernant la Société Générale, il s’agit essentiellement d’un calcul financier, notamment de la valorisation relative (local/extérieur) très favorable, de la stagnation du marché et de la part de marché, de l’optimisation de la réallocation des fonds propres chers et très rares au niveau du groupe, ainsi que du peu d’appétit par rapport à la banque de détail en raison de la réglementation à laquelle ils sont soumis au niveau mondial et peut-être du risque réel des actifs localement. C’est aussi une réflexion stratégique défavorable à long terme sur la distribution/réseau physique, notamment avec le développement des e-canaux », explique-t-il.

« Ils jugent que les fonds propres sont très bien valorisés au prix proposé pour la reprise et qu’il vaudrait mieux vendre avec une plus-value pour soigner le résultat du groupe immédiatement et réallouer le capital ailleurs sur d’autres activités », ajoute notre expert.

D’ailleurs, le plan stratégique 2026 de la Société Générale présenté fin septembre dernier affirme que celui-ci est « articulé autour d’une feuille de route qui a deux objectifs : être une banque robuste et promouvoir les activités performantes et durables ». Un plan qui avait été mal reçu par la place financière, qui a sanctionné la banque. En effet, juste après l’annonce, son cours boursier a sévèrement dévissé sur la place parisienne.

Les contraintes du marché africain

Par ailleurs, les déconvenues africaines du groupe, notamment sur le segment du mobile banking, a bien échaudé la banque et restreint sa capacité de distribution. En effet, dès 2022, la Sogé s’est vu contrainte d’abandonner son portefeuille de monnaie électronique Yup, déployé à l’époque dans sept pays africains, seulement cinq ans après son lancement sur le continent. Une perte sèche par la banque qui n’a pas pu faire le poids face aux opérateurs de téléphonie, notamment l’application Orange Money, ni ceux de la Fintech.

L’arrivée de Slawomir Krupa, le nouveau directeur général de la Sogé, qui vient de la banque d’investissement, a donc accéléré les choses. « Il semble que pour le banquier d’affaires, faire un bon deal sur le Maroc était plus alléchant qu’attendre de solder les cinq banques initialement mises en vente », conjecture notre source.

En effet, des discussions étaient déjà engagées sur la cession d’actifs au Congo, en Guinée équatoriale, en Mauritanie et au Tchad. La cession de la filiale tunisienne était, elle, jusqu’à fin 2023, « en réflexion stratégique », selon la communication du groupe.

Une réflexion confirmée par un banquier d’affaires spécialisé en MNA (fusions et acquisitions) basé à Paris. Pour lui, « la valorisation de près de 8 milliards de dirhams qui circule dans la presse marocaine est assez élevée, ce qui répond aux attentes d’un groupe comme la Sogé. Un montant qui reste à confirmer car souvent, les fuites sur les enveloppes financières se révèlent approximatives. Mais en général, ce genre de deal et proposé à quelques personnes. Le groupe Saham, qui cherchait depuis un certain temps une grosse opération à la hauteur de son cash disponible, n’a pas raté l’occasion, ce qui convient à tout le monde ».

Vers une seconde consolidation bancaire ?

Aujourd’hui, tous les regards se tournent donc vers la dernière banque française présente au Maroc, la BMCI, filiale de BNP Paribas. En plus de la participation de référence du Crédit mutuel au sein de BOA-Groupe BMCE. En effet, bien que comme signalé plus haut, la situation de chaque banque est unique, les contraintes règlementaires et prudentielles sont les mêmes pour toutes les banques issues des anciennes puissances coloniales en Afrique. On l’a bien vu avec les françaises, mais aussi avec les banques anglaises qui ont entamé depuis un certain temps leurs processus de désengagement du continent.

En 2022, Barclays avait déjà clos son engagement en Afrique en se délestant des 7,4% restants de sa participation au capital de la banque sud-africaine Absa. Après elle, en 2023, sa concurrente, Standard Chartered, a vendu cinq de ses filiales africaines et prévoit de se retirer de son ultime marché en Afrique, la Côte d’Ivoire.

Côté marocain, ce mouvement de capital entamé par les banques françaises en faveur de patrons marocains ouvre un nouveau chapitre de la finance nationale. Et des voix de plus en plus audibles parlent d’une deuxième phase de consolidation du secteur au Maroc. C’est le cas de notre ancien dirigeant de banque, qui n’hésite pas à partager sa réflexion dans ce sens : « Le sujet de consolidation bancaire va se poser. Avoir 3% de part de marché quand les deux leaders sont à plus de 25% n’a pas de sens. En revanche, la loi sur la concurrence devra exclure de facto ATW et BCP de ce mouvement. Ce qui ne laisse pas trop de choix. Les nouveaux acteurs pourraient jouer un rôle. Mais ont-ils l’expérience bancaire, l’assise institutionnelle, et dans certains cas l’assise financière, pour légitimer ce rôle ? Quant aux cibles, il n’y en a que deux : BMCI et CIH. Le Crédit Agricole, compte tenu de son capital et de son rôle, est hors champ de consolidation ».

Toutefois, précise-t-il, « la deuxième vague de consolidation ne semble pas imminente. En revanche, un changement de contrôle de la BMCI est très plausible ».

En attendant, le landernau économique et financier attend avec impatience le closing de l’opération Sogé-Saham pour mieux comprendre ce deal et ses implications.

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Saham s’apprête à prendre le contrôle de la Société Générale Maroc. Annoncée il y a deux jours, cette acquisition ne sera effective qu’après la validation du Conseil de la concurrence, indiquent plusieurs praticiens sondés par Médias24.

Le groupe dirigé par Moulay Hafid Elalamy doit ainsi notifier le Régulateur de cette opération de concentration et ce, avant sa réalisation définitive. C’est une obligation prévue par la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Le rapprochement entre Saham et SGMB a ceci de particulier qu’il implique trois autorités de régulation, dont deux sectorielles, à savoir Bank Al-Maghrib sur le volet bancaire, et l’ACAPS sur le volet assurance (la cession touche également La Marocaine vie, filiale de SGMB).

Cela étant, « l’autorisation de Bank Al-Maghrib ne dispense pas les parties de la notification au Conseil de la concurrence », explique ce praticien. L’institution d’Ahmed Rahhou dispose d’une compétence « générale » en matière de contrôle des concentrations.

Notre interlocuteur fait le parallèle avec le rachat de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom, autre opération touchant les secteurs bancaires et financiers. Ce rapprochement, qui a eu lieu en 2022, avait fait l’objet d’une notification au Conseil et n’a été officiellement consommé qu’après autorisation de ce dernier.

Pourquoi le contrôle des concentrations ? « Il s’agit de permettre au Conseil de veiller à ce que certaines de ces opérations n’entravent pas la concurrence sur les marchés concernés et d’identifier celles susceptibles de restreindre la concurrence sur le marché national, d’imposer des conditions pour atténuer les effets anticoncurrentiels lorsque cela est possible, ou de les interdire lorsque cela n’est pas possible », lit-on dans les lignes directrices diffusée par le Régulateur.

En somme, la notification n’est pas une fin en soi. Il faut que l’opération soit validée par le Conseil.

Quand est-ce que la notification est obligatoire ?

Pour rappel, les concentrations économiques ne sont pas toutes soumises à l’obligation de notification. Les opérations notifiables sont celles qui remplissent certaines conditions, tenant notamment au chiffre d’affaires des entités concernées.

Ainsi, la notification est obligatoire :

• Si le chiffre d’affaires total mondial, hors taxes, de l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 1,2 milliard de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins une des entreprises ou un groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si le chiffre d’affaires total, hors taxes, réalisé au Maroc par l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 400 millions de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins deux des entreprises ou groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si les entreprises qui sont parties à l’acte, ou qui en sont l’objet, ou qui lui sont économiquement liées ont réalisé ensemble, durant l’année civile précédente, plus de 40% des ventes, achats ou autres transactions sur un marché national de biens, produits ou services de même nature ou substituables, ou sur une partie substantielle de celui-ci.

Société Générale Maroc, Sogelease, Eqdom, La Marocaine Vie… Le coup de maître de Moulay Hafid Elalamy

Le groupe français Société Générale est en train de finaliser une opération de cession de ses parts dans sa filiale marocaine Société Générale Maroc avec Saham, holding de Moulay Hafid Elalamy (MHE).

Le deal porte sur la cession à Saham des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut également les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance).

Voici également à quoi ressemble l’actuel actionnariat de Société Générale Maroc, d’après les données de l’AMMC :

Notons qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, le cours de Société Générale à Euronext prenait 1,65% à 23,16 euros.

Cotée à la bourse de Casablanca, Eqdom affiche, à la fin de la séance de ce 7 mars, la plus forte hausse à 4,18 % et un cours de 1.096 DH.

Un désengagement continental

Cette cession de la maison-mère française Société Générale marquerait une stratégie de désengagement progressive du continent africain. A la mi-2023, le groupe bancaire français publiait un communiqué indiquant son désengagement de plusieurs pays africains, à travers la cession de la totalité de ses participations dans ses filiales en Mauritanie, au Congo, au Tchad et en Guinée équatoriale.

La raison ? L’étroitesse des marchés locaux et la difficulté de faire jouer les autres activités du groupe, comme la banque de financement ou la bancassurance. Pourtant, contacté à ce moment-là, la Société Générale nous avait indiqué qu’elle ne quitterait pas le Maroc. Huit mois plus tard, force est de constater que la donne a changé.

Pourtant, le Royaume reste, de loin, le plus grand marché africain du groupe français. Après son désengagement de quatre pays d’Afrique subsaharienne en juin dernier, le groupe demeurait alors présent dans 13 pays du continent.

SG Maroc, Eqdom, Sogelease… Voici sur quoi MHE mettra la main

La filiale marocaine de la banque française est de loin la plus importante en termes de Produit Net Bancaire (PNB). A fin 2023, le PNB consolidé de Société Générale Maroc était de 5,57 milliards de dirhams, en hausse de 7,3% par rapport à 2022. L’encours crédit, lui, reculait légèrement de 1,23% en 2023 pour atteindre 94,3 milliards de dirhams.

Il convient de rappeler que d’après les données disponibles auprès du groupe Société Générale, à fin 2023, le Maroc comptait pour près de 25,4% du PNB continental du groupe français, avec un PNB de 484 millions d’euros pour un PNB continental de 1.904 millions d’euros. Cependant, il faut noter que le PNB africain du groupe compte pour moins de 8% du PNB global du groupe.

Pour placer la banque à l’échelle des autres banques nationales, il faut noter que son PNB est supérieur à de nombreuses banques cotées comme CDM, CIH, CFG Bank ou encore BMCI. En somme, parmi les banques cotées, seules les trois banques principales (Attijariwafa Bank, BCP, BOA) la dépassent en PNB.

Notons également que MHE mettrait la main, indirectement, sur une autre entreprise cotée, filiale de la Société Générale Maroc et détenue par cette dernière à hauteur de 52,21%. Il s’agit d’Eqdom, qui a affiché à fin 2023 un PNB de 547 MDH et une production nette de crédit à 2,4 MMDH, en hausse de 26% par rapport à 2022.

Sogelease, de son côté, a affiché des revenus sociaux de 198 MDH en 2023, en hausse de 22% par rapport à l’année précédente. Concernant la production de crédit, Sogelease a pu préserver sa 4e position sur le marché. Sa production a augmenté de 2%, passant de 2.114 MDH fin 2022 à 2.166 MDH en décembre 2023.

L’opération est donc d’envergure et représente une opération à fort impact pour MHE qui détiendra une banque, une compagnie d’assurances, une entreprise de leasing et une société cotée de crédit à la consommation.

Précisons que cette acquisition demeure non définitivement conclue et nécessite notamment l’approbation de Bank Al-Maghrib.

https://medias24.com/2024/03/07/mhe-va-prendre-le-controle-de-societe-generale-maroc-deal-en-cours/

MHE va prendre le contrôle de Société Générale Maroc, deal en cours

A travers sa holding Saham, Moulay Hafid Elalamy est en train de finaliser l’opération de prise de contrôle de la Société Générale Maroc. Après le rachat de la part française, il deviendra actionnaire majoritaire de cette banque.

Le processus d’acquisition n’est pas finalisé mais les formalités, qui sont longues, sont en cours, et les deux parties se sont mises d’accord.

Le deal porte sur la cession, par Société Générale à Saham, des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance). 

Le prix de cession sera environ de 8 milliards de DH, qui seront totalement décaissés par Saham sans endettement.

L’actionnariat actuel de la Société Générale Maroc se compose comme suit (source : AMMC / SGMB) :

En quelques mois, avec CDM, deux des trois banques françaises installées au Maroc passent donc sous giron marocain.

Notons que notre confrère Maroc Hebdo a été le premier à révéler cette information. Ci-dessus, nous apportons des précisions importantes qui complètent cet article.

https://medias24.com/2023/06/08/le-groupe-societe-generale-cede-4-de-ses-filiales-sub-sahariennes/