Le polisario, vivier de jihadistes et menace pour la sécurité au Sahel et en Europe (média)

Citant des sources du contre-terrorisme espagnol, le quotidien espagnol La Vanguardia rapporte que des séparatistes, nés dans les camps de Tindouf et aujourd’hui intégrés à la filiale de Daech en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ont séjourné en Espagne durant leur enfance dans le cadre du programme « Vacances en paix ».

Ce programme, financé en grande partie par l’Algérie, visait à accueillir chaque été des enfants des camps de Tindouf dans des familles espagnoles.

Mais, pour les services de renseignement ibériques, ces séjours ont permis de créer des connexions profondes avec le territoire espagnol, à la fois humaines et logistiques, ouvrant ainsi une « brèche sécuritaire ». Ces profils, formés dans les camps et radicalisés au contact des cellules jihadistes sahéliennes, « pourraient aujourd’hui servir d’agents dormants ou de facilitateurs d’attentats en Europe », précise la même source.

Les filiales d’Al-Qaïda (JNIM) et de Daech (ISWAP) cherchent désormais à étendre leur présence vers le Maghreb, se rapprochant dangereusement des côtes européennes. Toujours selon les mêmes sources, ces groupes sont confrontés à une crise de leadership, laissant la voie libre à des éléments plus jeunes, plus radicaux, multilingues et mieux connectés à l’Europe.

Dans ce contexte, le polisario apparaît de plus en plus comme un vivier ou une passerelle pour ces organisations terroristes. Ce constat, longtemps ignoré ou minimisé, n’est plus de l’ordre de la spéculation. Les liens du polisario avec des groupes terroristes ne sont plus à démontrer.

Adnan Abou Walid al-Sahraoui, ancien membre du mouvement, a, rappelons-le, dirigé l’État islamique au Grand Sahel (EIGS) avant d’être neutralisé par les forces françaises en 2021.

Les services de renseignement allemands ont alerté sur le fait que « Daech et Al-Qaïda opèrent librement dans les camps de Tindouf et dans la région sahélo-saharienne au sens large ».

Plus récemment, The Washington Post a révélé une collusion entre l’Algérie et l’Iran, via le Hezbollah libanais. Des éléments du polisario ont été formés par le Hezbollah pour combattre aux côtés du régime de Bachar al-Assad contre l’opposition syrienne. En contrepartie, le polisario bénéficiait d’un soutien militaire et financier.

Face à l’accumulation des éléments accablant les séparatistes, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une requalification officielle du polisario en tant qu’organisation terroriste.

Alerte acridienne au Maghreb : la FAO appelle à la vigilance, situation sous contrôle au Maroc

La FAO appelle les pays d’Afrique du Nord-Ouest à renforcer les opérations de surveillance et de lutte contre le criquet pèlerin, face à une recrudescence de l’activité acridienne observée depuis février dans plusieurs zones du Sahel et du Maghreb. Des groupes d’adultes et de petits essaims, en provenance notamment du Mali, du Niger et du Tchad, ont migré vers le centre de l’Algérie, le sud de la Tunisie et l’ouest de la Libye, où des conditions écologiques favorables alimentent une reproduction printanière anormalement active.

L’Organisation onusienne considère que la situation dans la région occidentale de distribution du criquet est à classer en phase de « vigilance accrue », en particulier dans les zones ayant reçu des précipitations récentes, favorables à la croissance de la végétation, et donc à la reproduction du ravageur.

Le Maroc en phase préventive

Au Maroc, aucun essaim ni bande larvaire n’ont été détectés à ce jour, selon les données officielles de surveillance. Toutefois, les autorités ont noté une hausse significative des formes solitaires de criquets au mois d’avril, passées de 53 à 149 individus recensés. Ces formes ne représentent pas un danger immédiat, mais leur multiplication pourrait conduire à une grégarisation, étape critique avant la formation d’essaims.

Pour éviter cette évolution, les autorités marocaines ont intensifié leurs interventions : 56 opérations de contrôle ont été menées en avril, contre 17 en mars. Ces opérations préventives visent à contenir la population acridienne avant tout risque de regroupement.

L’Algérie et la Tunisie plus exposées

En revanche, la situation apparaît plus préoccupante en Algérie et en Tunisie, où des bandes larvaires – précurseurs directs d’essaims – sont déjà en formation, selon les données de surveillance régionale. Les zones touchées comprennent notamment le nord et le sud du massif du Hoggar (Algérie) et le Sud tunisien, où les conditions climatiques actuelles (vents, pluies) facilitent le développement du criquet pèlerin.

La FAO, via sa commission régionale (CLCPRO) et son service d’information acridienne (DLIS), continue de fournir un appui technique et opérationnel aux pays de la région, insistant sur l’importance des surveillances de terrain intensives entre le sud de l’Atlas marocain et les régions sahariennes.

Un essaim de criquets peut couvrir des centaines de kilomètres carrés et dévaster en une journée l’équivalent des cultures alimentaires de 35.000 personnes. La détection précoce et la réponse rapide restent les leviers essentiels pour éviter une crise acridienne à grande échelle.

Le Roi reçoit les ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’Alliance des États du Sahel

Le Roi Mohammed VI a reçu en audience, lundi au palais royal de Rabat, les ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’Alliance des États du Sahel, M. Karamoko Jean Marie Traore, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur du Burkina Faso, M. Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Mali, et M. Bakary Yaou Sangare, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur du gouvernement de transition de la République du Niger.

Cette audience s’inscrit dans le cadre des relations fortes et anciennes du Royaume avec les trois pays frères de l’Alliance des États du Sahel, qui ont toujours été frappées du sceau de l’amitié sincère, du respect mutuel, de la solidarité agissante et de la coopération fructueuse.

Lors de cette audience royale, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance ont transmis au Roi la gratitude de leurs chefs d’État pour l’intérêt constant accordé à la région du Sahel, ainsi que pour les actions et initiatives royales en faveur du développement économique et social des pays de la région et de leurs populations.

Les ministres ont tout particulièrement salué l’initiative du Roi Mohammed VI pour favoriser l’accès des pays du Sahel à l’Atlantique, en réaffirmant leur adhésion totale et leur engagement pour accélérer sa mise en œuvre.

Par ailleurs, les ministres ont présenté au Souverain l’état d’avancement institutionnel et opérationnel de l’Alliance des États du Sahel, créée comme cadre d’intégration et de coordination entre ses trois pays membres.

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Un drone de trop à la frontière algéro-malienne (Analyse)

Un drone malien abattu par l’armée algérienne à la frontière a suffi à faire basculer des tensions latentes en crise ouverte. Depuis cet incident survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril, le Mali et ses alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Burkina Faso et le Niger, ont rappelé leurs ambassadeurs à Alger. En riposte, l’Algérie en a fait de même et a fermé son espace aérien au Mali, qui a aussitôt appliqué une mesure de réciprocité.

Dans un communiqué, l’état-major général des armées maliennes a indiqué que l’aéronef, engagé dans une mission de surveillance, s’était abîmé dans la zone. De son côté, le ministère algérien de la Défense a affirmé que ses forces avaient abattu un drone malien armé après qu’il a pénétré de deux kilomètres dans l’espace aérien algérien. L’intervention aurait été menée par une unité de défense aérienne opérant dans le secteur de la 6ᵉ région militaire, a précisé le ministère dans un communiqué.

La crise diplomatique entre l’Algérie et le Mali a été aggravée par la destruction de ce drone malien, mais elle s’inscrit dans un climat de tensions persistantes entre les deux pays.

Selon l’ancien ambassadeur et expert en relations internationales, Ahmed Faouzi, si cet incident militaire a constitué l’élément déclencheur d’un enchaînement de mesures hostiles – rappels d’ambassadeurs, fermeture d’espaces aériens –, il s’agit en réalité de l’aboutissement d’un long processus de dégradation des relations bilatérales.

Un contexte déjà tendu

Contacté par Médias24, Ahmed Faouzi explique que les racines de cette crise plongent dans une réalité géographique et sécuritaire complexe. « Le Mali partage plus de mille kilomètres de frontières avec l’Algérie, une ligne à la fois perméable, difficile à surveiller et sensible depuis plusieurs décennies ».

À cette réalité s’ajoute un lourd passif historique. « Depuis les années 1990, l’Algérie a externalisé une partie de ses problèmes sécuritaires, et notamment relevant du terrorisme, vers le sud, en repoussant vers le désert des groupes extrémistes qui ont trouvé refuge dans le Nord malien. À cela se greffe la présence dans la région de membres du polisario, dont un leader notoire surnommé  » Abou Walid Sahraoui », a contribué à une forme de collusion entre différents acteurs armés ».

Depuis les années 1990, l’Algérie a externalisé une partie de ses problèmes sécuritaires, et notamment relevant du terrorisme, vers le sud

L’incident du drone vient exacerber une relation déjà tendue, marquée par de précédents épisodes de discorde. Mais cette fois, la réaction algérienne a été interprétée comme une « démonstration de force ».

Selon Ahmed Faouzi, l’Algérie, en abattant un drone malien, dont la position exacte reste à clarifier, a voulu rappeler son autorité sur une zone qu’elle considère comme stratégique. Ce geste a été perçu à Bamako comme une provocation, voire comme « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

« Les relations s’étaient déjà tendues après que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu un opposant malien », un geste considéré par les autorités de transition à Bamako comme une immixtion directe dans les affaires intérieures du pays.

Selon notre interlocuteur, « cette attitude est dénoncée par les nouvelles autorités maliennes qui cherchent à s’affranchir d’une forme de tutelle régionale. Le Mali, dans une phase qualifiée de « révolutionnaire », entend affirmer son autonomie, reprendre le contrôle de ses ressources naturelles (or, pétrole, uranium, etc.) et redéfinir sa place sur la scène régionale ».

Une réaction inattendue

Ce processus d’émancipation ne se fait pas seul. Le Mali agit désormais au sein de l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe également le Burkina Faso et le Niger. « Les trois pays coordonnent leurs diplomaties et ont adopté une posture commune face à l’Algérie, en rappelant collectivement leurs ambassadeurs et en condamnant les actes algériens », rappelle Ahmed Faouzi.

En conflit avec l’Espagne sur la question du Sahara, brouillée avec la France, en retrait dans ses relations avec les pays du Golfe, le tout après avoir perdu son allié syrien, Alger s’isole

Selon lui, cette solidarité régionale prend l’Algérie de court, puisqu’elle ne s’attendait pas « à une réplique émanant des trois pays en même temps ». De plus, « cette solidarité complique son projet stratégique ; à savoir le tracé du gazoduc transsaharien Nigeria-Algérie qui traverse ces pays ». Un projet qu’Alger doit « ralentir », selon Ahmed Faouzi.

Dans son analyse, Ahmed Faouzi souligne qu’Alger se retrouve désormais « isolée ». « En conflit avec l’Espagne sur la question du Sahara, brouillée avec la France, en retrait dans ses relations avec les pays du Golfe, le tout après avoir perdu son allié syrien, Alger s’isole ».

« Ce repli s’incarne dans un langage diplomatique de plus en plus martial, comme en témoigne le communiqué officiel qui qualifie les autorités de transition maliennes de ‘juntes militaires’ usurpant le pouvoir », poursuit notre interlocuteur.

Selon lui, « le rappel des ambassadeurs est un geste diplomatique grave », bien au-delà d’une simple convocation pour explication. Il s’agit d’une « rupture potentiellement durable. Sachant que le retour à la normale pourrait prendre du temps ».

« On ne peut pas ajouter un malheur aux malheurs de la région »

Sur un plan plus large, cette crise révèle également les recompositions géopolitiques en cours dans le Sahel. Selon Ahmed Faouzi, « le Maroc peut être concerné par cette nouvelle crise ». D’abord parce que « le Maroc est sahélien de par sa géographie, son histoire commerciale, religieuse et humaine », mais aussi parce qu’il propose un autre modèle d’influence régionale fondé sur « l’éducation, la formation, les investissements et une diplomatie de développement ».

« Lorsqu’un pays sahélien cherche des partenariats durables, il se tourne souvent vers Rabat pour bâtir un avenir commun », souligne notre interlocuteur.

En tout cas, dans ce contexte tendu, une guerre ouverte entre le Mali et l’Algérie paraît peu probable. « Aucun des deux pays ne peut se permettre une telle escalade, dans une région déjà saturée de conflits », estime Ahmed Faouzi. Pour lui, la présence de nombreux groupes armés, le poids des défis humanitaires et les risques de débordement imposent à tous les acteurs une forme de retenue.

Lorsqu’un pays sahélien cherche des partenariats durables, il se tourne souvent vers Rabat pour bâtir un avenir commun

Comme le souligne l’expert, il faut espérer que la sagesse l’emporte, car « on ne peut pas ajouter un malheur aux malheurs de la région ».

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Cellule liée à Daech : voici le commentaire d’Alain juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE

Réagissant, dans une déclaration à la MAP, à la mise en échec d’un plan terroriste d’une extrême gravité visant le Maroc, à l’instigation et sur incitation directe d’un haut dirigeant de Daech au Sahel, ainsi qu’aux recherches et investigations menées par le BCIJ qui ont permis de recueillir des informations de terrain étayées par des données techniques sur l’existence d’une zone montagneuse, suspectée d’être utilisée comme l’arrière-base de soutien logistique en armes et munitions destinées aux membres de cette cellule pour l’exécution de ses plans terroristes, Alain Juillet a mis en avant « le professionnalisme, l’efficacité et l’anticipation des services de sécurité marocains ».

Évoquant l’existence de foyers radicaux islamistes au Sahel, il a fait remarquer que la capacité d’anticipation des services de sécurité est « extrêmement importante » pour empêcher ces individus de passer à l’acte.

Dans ce cadre, a-t-il précisé, le Maroc est connu pour être « un des pays les plus efficaces dans la lutte antiterroriste, grâce aux capacités d’anticipation de ses services et à leur maîtrise et bonne connaissance de ces milieux qui lui permettent d’identifier rapidement les risques et les menaces terroristes ».

L’ancien directeur à la DGSE a rappelé, dans ce contexte, l’ »excellent » niveau de coopération entre la France et le Maroc dans ce domaine.

« Les services de sécurité marocains obtiennent de très bons résultats. Ils sont bien informés. La dernière opération prouve qu’ils ont su agir efficacement avant que l’on soit arrivé au stade des attaques. Et ça, c’est très important dans le domaine de la lutte antiterroriste », a estimé Alain Juillet.

Et d’ajouter que « l’exploitation des résultats des investigations et enquêtes diligentées dans ce cadre va permettre non seulement d’éclaircir les tenants et aboutissants de cette affaire, mais de mettre au grand jour des ramifications dans d’autres pays, parce que le terrorisme islamiste a une vocation internationale ».

(Avec MAP)

Cellule terroriste liée à Daech : le film des événements et des interrogations légitimes

Les habitants des quartiers de neuf villes (Casablanca, Tanger, Tamesna, Azemmour, Tanger, Laâyoune, Fès, Guercif, Ouled Teïma) se sont réveillés, le mercredi 19 février, sur un scénario peu habituel.

Les services de la DGST et de la DGSN quadrillent le quartier que survolent des hélicoptères, alors que des snipers sont postés sur les toits pour ne rien laisser au hasard.

Des policiers (hommes et femmes) mettent à l’abri les habitants par mesure de sécurité avant l’intervention des éléments de la Force spéciale. Armés de béliers, ils enfoncent des portes blindées, lâchent des grenades assourdissantes et prennent d’assaut les lieux. D’autres membres de la même force interviennent depuis les terrasses à l’aide de cordages. En un clin d’œil, les cibles sont neutralisées : 12 individus au total, âgés entre 18 et 40 ans.

Les enquêteurs, accompagnés de chiens renifleurs, passent les lieux au peigne fin. Était-il nécessaire de procéder au déploiement d’un dispositif aussi imposant ? La réponse est oui, et les rebondissements qui suivront nous confortent dans cette conviction.

Les enquêteurs ont saisi des charges explosives prêtes à l’emploi sous forme de bonbonnes de gaz bourrées de clous pour faire le maximum de dégâts. Cela rappelle le mode opératoire des terroristes du 16 mai 2003. Mais aussi une cocotte-minute piégée, et cela nous renvoie à l’attentat du café Argana à Marrakech, le 28 avril 2011.

Plus tard dans cette journée du mercredi, les enquêteurs déterrent un autre engin explosif caché par les prévenus à Aïn Aouda, non loin de Rabat.

De Tamesna au Sahel et du Sahel à Boudnib

Le jeudi 20 février, l’enquête menée par la DGST débouche sur une autre découverte qui fait froid dans le dos. Un arsenal d’armes à feu est découvert dans la commune Oued Naâm dans la région de Boudnib, près de la frontière orientale du Royaume. Et il y avait de quoi perpétrer des massacres : deux Kalachnikov (fusils d’assaut), deux carabines, dix pistolets et des munitions de divers calibres.

Selon le pôle DGSN-DGST, ces armes avaient été introduites avec la complicité de réseaux de contrebande et déposées dans une cache dans une zone au relief accidenté et très difficile d’accès. Les coordonnées géographiques avaient été envoyées à certains prévenus qui formaient le noyau dur de la cellule (nous y reviendrons). Détail intéressant à retenir : certaines armes étaient emballées dans des journaux maliens datés du 27 janvier. Autrement dit, ces armes avaient été acheminées au Maroc après cette date.

Dans sa communication officielle, le pôle DGSN-DGST ne mentionne à aucun moment l’Algérie limitrophe du lieu où la cache a été découverte et par où avaient peut-être transité les armes. Un deuxième itinéraire est possible : la voie mauritanienne, mais elle aurait été beaucoup plus longue, et le mur de sécurité rend la tâche presque impossible. Quel rôle aurait alors joué le voisin de l’Est, sachant que lesdites armes ont peut-être traversé des centaines de kilomètres sur son territoire ? Difficile pour nous d’avancer une réponse, à ce stade de l’enquête.

« Qui nous dit que l’Algérie ne cherche pas à envenimer les relations entre le Maroc et le Mali, voire d’autres pays de la région, pour faire capoter les initiatives du Royaume en faveur de ces pays, et surtout l’Initiative atlantique lancée par le Roi Mohammed VI ? », s’interroge Ihssane El Hafidi, docteur spécialiste en gouvernance sécuritaire.

« Plusieurs pays du Sahel et surtout le Mali ont ouvertement accusé l’Algérie d’encourager les groupes terroristes dans la région, et ce n’est pas moi qui le dis. C’est officiel et écrit noir sur blanc ! », poursuit l’expert.

Sur ce dernier point, notre interlocuteur n’a pas tort. Début janvier, Bamako avait vivement protesté contre Alger à ce sujet. Dans un communiqué officiel, la diplomatie malienne avait dénoncé « la proximité et la complicité de l’Algérie avec les groupes terroristes, qui déstabilisent le Mali et à qui elle a offert le gîte et le couvert ».

L’enquête en cours nous apportera plus de lumière sur cet aspect.

Des lieutenants et des seconds couteaux

Le mode de fonctionnement de cette cellule est assez particulier. Il y a d’abord un noyau dur, dont les deux individus arrêtés à Tamesna, selon nos sources.

Ce noyau dur, formé de « coordonnateurs » était en contact direct avec Daech dans la région du Sahel. Les autres membres seraient des exécutants embrigadés pour passer à l’acte le moment venu. Mais tous, selon les autorités, ont prêté allégeance à Daech.

Et pour coordonner avec Daech au Sahel, la cellule traitait avec un haut responsable chargé des relations extérieures. Selon nos sources, ledit responsable serait marocain et frère de l’un des douze prévenus.

« Actuellement, près de 120 Marocains combattent dans les rangs de Daech au Sahel, et certains sont bien placés dans la hiérarchie de ce groupe terroriste. La plupart d’entre eux sont d’anciens détenus pour terrorisme au Maroc ou d’anciens combattants du groupe terroriste en Irak et en Syrie », souligne une source qui connaît bien le dossier.

Le démantèlement de cette cellule vient témoigner encore une fois du professionnalisme des services de sécurité marocains qui jouissent d’une grande réputation dans le monde entier en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

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Cellule terroriste liée à Daech : une cache d’armes découverte près de la frontière orientale du Maroc

Les investigations menées par le BCIJ, relevant de la DGST, dans le cadre de l’enquête en cours sur le démantèlement d’une cellule terroriste affiliée à l’organisation Daech opérant dans la région du Sahel, ont permis de recueillir des informations de terrain, corroborées par des données techniques, sur l’existence d’une zone montagneuse suspectée d’être utilisée comme base arrière pour le soutien logistique en armes et en munitions destinées aux membres de cette cellule en vue de l’exécution de leurs projets terroristes, annonce un communiqué de la DGSN-DGST.

La même source précise que « l’expertise technique et le processus de géolocalisation par satellite, réalisés à l’aide des coordonnées et des données géographiques saisies dans le cadre de l’enquête, ont permis d’identifier la zone suspecte dans la province d’Errachidia, précisément sur la rive est de l’Oued Guir, au niveau de « Tel Mzayel », relevant de la commune et du caïdat de « Oued N’aam », dans la région de Boudenib, à la frontière orientale du Royaume ».

« Les inspections sur le terrain et les opérations de cartographie ont révélé que la zone en question se trouve au pied d’une formation rocheuse escarpée, caractérisée par des accès difficiles et non aménagés. Cela a nécessité le déploiement de moyens logistiques afin de faciliter l’accès au site d’intervention pour mener les inspections requises et les investigations préliminaires nécessaires », poursuit le communiqué.

« En application du protocole de sécurité et de sûreté relatif aux menaces terroristes, notamment dans les zones suspectées de contenir des armes et des explosifs, le BCIJ a mobilisé des unités cynophiles spécialisées dans la détection d’explosifs, des équipements de détection de métaux, un dispositif de reconnaissance et d’identification des substances suspectes, ainsi que des robots spécialisés dans l’analyse des engins explosifs et un scanner à rayons X ».

« Les opérations de perquisition et de ratissage, qui ont duré près de trois heures, ont permis la découverte d’une cargaison d’armes et de munitions enterrée dans un endroit isolé au pied de la formation rocheuse. Ces armes étaient emballées dans des sacs plastiques et des journaux imprimés au Mali, notamment des hebdomadaires datés du 27 janvier 2025″.

« Les armes saisies dans le cadre de cette opération comprennent deux fusils d’assaut de type Kalachnikov avec deux chargeurs de munitions, deux fusils de chasse, dix pistolets de différents calibres, et une importante quantité de cartouches et de munitions de divers calibres ».

« L’ensemble des armes et des munitions saisies ont été placées sous scellés et inventoriées de manière détaillée avant d’être transférées au laboratoire national de la police scientifique pour les analyses balistiques et techniques nécessaires ».

« Les investigations menées jusqu’à présent indiquent que les armes et l’équipement saisis ont été fournis et expédiés par un haut responsable de Daech dans la région du Sahel, chargé des relations extérieures de l’organisation, via des circuits de contrebande illégaux ».

« Après avoir sécurisé l’acheminement et la dissimulation des armes et des munitions dans cette base logistique, ce dirigeant de Daech a transmis les coordonnées du site à l’équipe des « coordinateurs » au sein de la cellule terroriste démantelée hier, mercredi, en vue de leur récupération et de leur utilisation pour exécuter leurs projets terroristes ».

« Parallèlement à ces opérations de terrain, les enquêtes et investigations menées par le BCIJ se poursuivent sous la supervision du parquet compétent, afin d’identifier toutes les ramifications de cette cellule terroriste et de déterminer ses liens avec la branche africaine de Daech opérant dans la région du Sahel ».

 

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Mise en échec d’un plan terroriste extrêmement dangereux visant le Maroc, 12 arrestations

Cette opération a été menée sur la base de renseignements précis fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Selon la même source, ce projet terroriste avait été planifié et coordonné sous l’impulsion directe d’un haut responsable de Daech opérant dans la région du Sahel.

Une intervention simultanée a été effectuée dans plusieurs villes du Royaume, notamment Laâyoune, Casablanca, Fès, Taounate, Tanger, Azemmour, Guercif, Oulad Teïma et Tamesna.

Cette opération a conduit à l’arrestation de 12 individus âgés de 18 à 40 ans, ayant prêté allégeance à Daech et activement impliqués dans la préparation et la coordination d’actions terroristes majeures.

L’intervention a été supervisée par les forces spéciales de la DGST, qui ont appliqué un protocole de sécurité strict en raison de la menace terroriste élevée. Des tireurs d’élite ont été déployés aux points d’intervention et des équipes spécialisées ont été mobilisées pour la détection d’explosifs et l’inspection des lieux suspects. Par ailleurs, des policiers ont procédé à l’évacuation préventive des habitants des logements situés à proximité des zones ciblées, afin de garantir leur sécurité.

Afin d’éviter toute résistance violente de la part des membres de la cellule terroriste, les forces spéciales ont utilisé des grenades assourdissantes à titre préventif.

Les perquisitions menées dans les domiciles des suspects ont permis la saisie d’engins explosifs en cours d’assemblage à Tamesna. Parmi les objets retrouvés figurent quatre bonbonnes de gaz modifiées contenant des clous et des substances chimiques, reliées par des fils électriques à des téléphones portables servant de détonateurs à distance.

Une cocotte-minute suspecte, remplie de clous et de substances chimiques explosives, a également été découverte, en plus d’un important arsenal d’armes blanches, d’une somme en dollars américains et de divers produits chimiques suspects.

D’autres éléments saisis dans les logements des suspects incluent un dispositif de vision à distance, des répliques d’armes à feu, des supports numériques, des masques destinés à dissimuler leur identité ainsi qu’une fresque murale arborant le logo de Daech. Des documents manuscrits détaillant les repérages de plusieurs sites et infrastructures ciblés ont également été retrouvés.

L’enquête en cours révèle que les membres de cette cellule étaient directement liés à un haut dirigeant de Daech opérant au Sahel. Ce dernier, membre de la « commission des opérations extérieures » de l’organisation, était chargé de coordonner les financements et le soutien logistique des cellules affiliées en dehors de la région sahélienne. Il avait également fourni aux membres arrêtés des contenus numériques expliquant les modalités pratiques de mise en œuvre des attentats.

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Terrorisme. Du loup solitaire aux cellules familiales : nouvelles révélations sur la cellule de Had Soualem

Du loup solitaire au recrutement intrafamilial. La lutte contre le terrorisme au Maroc prend une tournure inquiétante, avec l’émergence de ce vecteur de radicalisation de plus en plus fréquent. C’est ce que révèle l’enquête, en cours, au sujet de la cellule terroriste démantelée récemment à Had Soualem,

Les détails de cette enquête ont été exposés lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 30 janvier par le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ, relevant de la DGST). Son directeur général, Cherkaoui Habboub, a présenté des éléments autour de cette opération de grande envergure.

Les faits remontent au 26 janvier : le BCIJ, grâce à des renseignements précis fournis par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a réussi à déjouer un complot terroriste majeur . « Ce complot était en phase avancée de préparation pour des attaques terroristes imminentes, incluant l’utilisation de matériaux explosifs », a expliqué Cherkaoui Habboub.

 

Les membres de la cellule avaient « filmé plusieurs cibles potentielles, esquissé des plans pour accéder à ces cibles et prévu des itinéraires de repli après l’exécution de leurs attaques », ajoute le directeur du BCIJ.

Selon les enquêteurs, les quatre membres de la cellule, dont trois frères, avaient prêté allégeance à Daech et avaient déjà enregistré une déclaration pour revendiquer leurs futures attaques.

Le phénomène de recrutement familial

Ce qui distingue cette cellule, surnommée « la cellule des trois frères », est avant tout son mode de recrutement. « La gravité de cette cellule ne réside pas uniquement dans la préparation des attentats, mais aussi dans l’influence familiale comme vecteur de radicalisation », a affirmé le directeur du BCIJ.

Le chef présumé de la cellule, l’aîné des trois frères, a utilisé son autorité morale pour entraîner les membres de sa propre famille dans ce projet meurtrier.

Cette dynamique de radicalisation familiale met en lumière une évolution inquiétante des schémas traditionnels de recrutement. Là où les cellules terroristes se composaient autrefois de jeunes isolés, dits « loups solitaires », de plus en plus de recrues viennent désormais de foyers entiers.

Les armes, matériaux et matières chimiques suspectes saisis chez les membres de la cellule.

Agés de 26 à 35 ans, les membres de la cellule étaient tous issus de milieux modestes, avec des niveaux d’éducation relativement faibles, deux d’entre eux étant mariés et pères de famille. Un profil classique pour ce type de dossiers.

« Sur le plan social, deux d’entre eux sont mariés et ont des enfants, tandis que leurs situations professionnelles sont similaires, exerçant des métiers modestes et intermittents, à l’exception d’un membre qui a cessé récemment toute activité rémunérée », décrit le patron du BCIJ.

Une cellule connectée aux réseaux internationaux

En outre, l’enquête a mis en évidence des liens directs avec Daech, notamment à travers les canaux numériques. « Les membres de cette cellule ont entretenu des relations avec un leader de Daech dans la région du Sahel, qui leur envoyait des contenus extrémistes », a précisé Cherkaoui Habboub.

Les enquêteurs ont également révélé que les membres de la cellule envisageaient de rejoindre les camps de Daech après avoir mené à bien leurs funestes plans. Une fois leurs attentats perpétrés, ces présumés extrémistes projetaient de s’enfuir vers la région du Sahel, un bastion de l’organisation terroriste.

« Cela démontre que les organisations terroristes dans cette région cherchent activement à attirer des combattants et leurs familles en leur offrant des conditions d’hébergement et de vie favorables », poursuit le directeur du BCIJ.

Des cibles et des objectifs bien définis

Les attentats projetés par cette cellule visaient des cibles stratégiques telles que des installations de sécurité, des supermarchés, ainsi que des lieux publics fréquentés par des civils et des étrangers.

Des croquis des repérages effectués par les membres de la cellule.

« Ils avaient même pris des photos de ces lieux pour mieux préparer leurs attaques », a ajouté Cherkaoui Habboub, soulignant la précision avec laquelle ces individus avaient planifié leurs actions terroristes qui étaient imminentes.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, Omar Hilale décline la stratégie royale de lutte contre le terrorisme en Afrique

L’ambassadeur s’exprimait lors d’un débat public proposé par la présidence algérienne du Conseil de sécurité de ce mois de janvier, sous le titre « Lutte contre le terrorisme dirigée par l’Afrique et axée sur le développement« .

En droite ligne de la vision clairvoyante du Roi Mohammed VI, le Maroc a adopté une stratégie nationale d’envergure, fondée sur une approche multidimensionnelle, proactive et inclusive pour prévenir et éradiquer le terrorisme, a souligné M. Hilale.

La stratégie mise en place par le Royaume repose sur quatre piliers fondamentaux: le renforcement de la sécurité et de l’arsenal juridique, le développement économique et humain, la préservation de l’identité cultuelle ou encore la promotion de la coopération régionale et internationale, a expliqué le diplomate.

M. Hilale a relevé que la stratégie marocaine est, entre autres, basée sur la promotion d’un Islam du juste milieu, fondé sur les valeurs universelles de coexistence et de paix, notant que ce sont ces principes que le Royaume partage avec de nombreux pays, y compris les pays africains frères.

Il a, dans ce cadre, mis en exergue le rôle de la Fondation Mohammed VI pour les Oulémas africains et de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates, précisant que ces deux institutions répondent activement aux sollicitations de pays africains, européens et asiatiques pour la formation des leaders religieux.

Depuis sa création en 2015, l’Institut Mohammed VI de formation des Imams, Morchidines et Morchidates a formé plus de 3.000 bénéficiaires originaires de divers pays africains, a rappelé l’ambassadeur, ajoutant que ce mois de janvier, l’Institut a célébré la réussite de 100 imams du Mali.

Séparatisme, terrorisme et criminalité transfrontière, le mélange explosif

M. Hilale a, par ailleurs, mis en garde contre le lien entre le séparatisme, le terrorisme et la criminalité transfrontière qui constitue, selon lui, un phénomène gravissime pour la paix et la sécurité sur le continent africain.

Dans la même veine, l’ambassadeur a dénoncé la connivence croissante entre certains groupes séparatistes et des organisations terroristes, telles qu’Al-Qaida et Daech, notant que ce phénomène “exacerbe dangereusement l’instabilité régionale en Afrique”.

“Ces alliances pernicieuses ne se limitent pas seulement à semer la terreur. Elles divisent les communautés fragiles, exploitent les vulnérabilités structurelles des sociétés et alimentent un cycle d’insécurité persistante” en Afrique, a-t-il averti, signalant que les groupes séparatistes, en particulier, tentent de tirer parti de cette déstabilisation pour menacer l’intégrité territoriale des Etats membres et saper leur développement.

L’ambassadeur a jugé primordial que la communauté internationale se mobilise de manière proactive afin d’anticiper, contrer et neutraliser ces groupes déstabilisateurs, qui mettent en péril la paix, la sécurité et l’état de droit.

Par la même occasion, le Représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU a fait part de l’attachement ferme du Royaume à son partenariat avec le système onusien, incarné par des actions concrètes comme l’établissement du Bureau programme de l’ONUCT à Rabat, premier en son genre en Afrique.

L’établissement de ce bureau démontre l’engagement résolu du Royaume en faveur de la mutualisation de l’expertise avec l’ONUCT, afin de dispenser des formations de qualité au profit des États africains, selon une approche collaborative et solidaire reflétant un esprit de responsabilité collective, a-t-il indiqué, rappelant que, depuis sa création en 2021, cette structure a formé plus de 2.000 agents issus de 38 pays africains.

Dans ce cadre, M. Hilale a réitéré la disposition du Maroc à continuer à œuvrer en faveur du renforcement et de la diversification de ce partenariat afin de répondre aux besoins et attentes des pays du continent.

Il a également cité la Plateforme de Marrakech, un événement de haut niveau réunissant les chefs des agences de lutte contre le terrorisme et de sécurité en Afrique, dont la 3ᵉ édition a eu lieu à Fès, en juin 2024.

M. Hilale a, en outre, indiqué que la lutte contre le terrorisme dépasse de loin le cadre strictement sécuritaire. Elle s’inscrit, selon l’ambassadeur, dans le cadre d’une dynamique globale et holistique, où la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, la préservation des valeurs de paix et de dignité humaine, ainsi que la promotion des partenariats et de la coopération internationale, deviennent des leviers essentiels pour éradiquer les causes profondes de ce fléau et en prévenir durablement les impacts et les ravages.

(Avec MAP)

Otages occidentaux au Sahel : petit historique des médiations concluantes du Maroc

Happy-end pour quatre ressortissants français, membres de la DGSE, retenus au Burkina Faso depuis une année. Une intervention du Roi Mohammed VI auprès du président Ibrahim Traoré a mis fin à leur captivité et ils pourront bientôt retrouver les leurs. Dans un entretien avec le Souverain, le président Emmanuel Macron lui a exprimé sa gratitude.

Ce geste humanitaire illustre le leadership du Roi Mohammed VI  et le respect dont il jouit sur les scènes régionale, continentale et internationale.

Cependant, si cette opération a été menée au plus haut niveau de l’Etat marocain, d’autres interventions similaires ont eu lieu ces dernières années au profit d’otages occidentaux et qui ont été menées par les services marocains dans plusieurs pays du Sahel. En voici quelques exemples des plus parlants.

Iulian Ghergut, le « vétéran »

Iulian Ghergut, de nationalité roumaine, était officier de sécurité travaillant dans une mine de manganèse dans le nord du Burkina Faso et jouxtant la frontière entre le Mali et le Niger. Le 4 avril 2015, il a été assailli par cinq individus armés qui l’ont kidnappé.

Iulian Ghergut, otage roumain libéré par les services marocains.

Al-Mourabitoune, un groupe jihadiste qui écume la région et qui a fini par rallier Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué son enlèvement. Toutes les tentatives pour le libérer ont échoué car, entre autres, ses ravisseurs changeaient fréquemment de cachette. Il a ainsi passé huit ans en captivité avant une intervention concluante des services marocains.

 

Le 8 août 2023, il a été libéré grâce à la médiation des Marocains. Ce qui valut au Royaume des messages de gratitude des autorités de Bucarest et dont le président Klaus Iohannis.

 

Jörg Lange, l’humanitaire

Jörg Lange, ressortissant allemand, dirigeait l’ONG Help au Niger. Le 11 avril 2018, il a été abordé par des individus circulant à bord de motos alors qu’il se trouvait avec son chauffeur à la frontière du Mali.

Son chauffeur est relâché. Lui restera entre les mains de groupes jihadistes jusqu’au 8 décembre 2022, soit quatre ans et demi. Au terme de rudes tractations, les kidnappeurs multipliant les demandes de rançon, entre autres, les services marocains l’ont libéré et convoyé à l’ambassade allemande à Bamako.

Jörg Lange, humanitaire allemand enlevé au Mali.

Rien ne filtrera sur les dessous de cette opération qui a été précédée par plusieurs tentatives allemandes, dont de vaines opérations commando.

Serhani et Fatihi

Le Maroc intervient pour libérer des otages étrangers, mais il n’oublie jamais et surtout ses ressortissants qui commettent l’erreur de se hasarder dans des zones dangereuses.

C’est le cas de Abderrahmane Serhani et Driss Fatihi, deux cyclistes marocains qui s’étaient aventurés dans la région du Sahel. Le 1er avril 2024, ils avaient été enlevés du côté bukinabè de la frontière avec le Niger par des éléments armés dont l’allégeance n’a pas été établie.

Le 14 mai 2024, l’ambassade du Royaume à Niamey indiquait que les deux cyclistes étaient sains et saufs et qu’ils se trouvaient en lieu sûr. Ce résultat a encore été le fruit de plusieurs semaines d’un travail de coopération entre les services de sécurité marocains et leurs homologues nigériens.

Ni hégémonisme, ni ingérence

Mais comment les services marocains arrivent-ils à dénouer de telles inextricables situations sur lesquelles se cassent les dents plusieurs services assez chevronnés comme les occidentaux? La réponse est à trouver dans cette sage doctrine de la diplomatie du Royaume en général: offrir ses bons offices sans hégémonisme et sans ingérence. Dans plusieurs conflits internes, le Maroc a toujours appelé à faire prévaloir la voix de la raison et du dialogue pour asseoir paix et stabilité. L’un des exemples les plus parlants nous vient de la crise libyenne.

Depuis que le Maroc participe à trouver une solution à la crise libyenne, il s’est interdit de s’ériger en donneur de leçons ou de directives. Au nom du Royaume, Nasser Bourita ne cesse de répéter que la solution à la crise libyenne se trouve entre les mains des Libyens et nulle part ailleurs.

Les protagonistes au conflit ont commencé leurs tractations à Skhirat en 2015 où ils ont débouché sur un accord historique. Pas plus tard que ce mercredi 18 décembre 2024, ce processus a connu un début de solution à Bouznika où se réunissent les protagonistes de la crise, une réunion qui se poursuit ce jeudi 19 décembre.

Les températures caniculaires et l’absence de pluies provoquent inquiétude et attentisme

Ce jeudi 28 novembre 2024, il a fait 32 degrés à Casablanca. Depuis au moins une semaine, la température dans la métropole atteint quotidiennement des pics de 29 ou 30 degrés.

Le réchauffement climatique s’installe donc et avec lui, une inquiétude certaine. « La situation est grave. Je suis très inquiet », nous disent une partie des spécialistes que nous avons contactés.

En fait, la situation n’est pas uniforme dans tout le pays.

A Meknès, le Pr Errahj, enseignant à l’Ecole nationale d’Agriculture, témoigne: « dans cette zone, il n’y a pas de stress pluviométrique. Les températures ne sont pas trop hautes et on constate la présence d’un petit couvert végétal ». C’est qu’il avait déjà plu en quantité non négligeable.

A Imlil, dans le Haut-Atlas, les quantités d’eau ont « un peu baissé car il n’a pas neigé depuis quelques années », mais le moral est bon, car les populations qui vivent de tourisme et de plantations fruitières (cerisiers, pommiers…), arrivent à irriguer, témoigne Mohamed Mahdi, le sociologue du monde rural qui s’y trouvait il y a une semaine.

 

 

Les échos sont néanmoins globalement préoccupants. L’inquiétude porte sur le devenir de cette année agricole, mais également sur l’avenir de la situation hydrique au Maroc et à l’absence d’une bonne communication des pouvoirs publics quant à leur plan d’avenir. Les informations restent en effet fragmentées.

Le réchauffement climatique impacte directement l’agriculture et l’élevage. Et peut impacter l’eau potable, ce qui heureusement n’est pas le cas au Maroc.

En affectant l’agriculture et l’élevage, il peut faire des ravages dans le monde rural ainsi que dans les villes par effet domino. La situation actuelle était prévue. Elle semble toutefois s’être installée brutalement et intensément.

Le Pr Larbi Zagdouni, ago-économiste, spécialisé dans le monde rural, ne mâche pas ses mots: « C’est une gangrène. Le changement climatique dévaste tout, même les plantations fruitières et l’élevage. Seule l’agriculture saisonnière peut être épargnée. Il décime donc le capital productif. C’est une catastrophe كارثة ».

Le Pr Tahar Srairi, enseignant chercheur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (IAV), se trouve face à un dilemme devant ses étudiants: « je me demande si je dois enseigner au passé », tellement le réchauffement climatique semble bien installé et durable. Il avoue que chez lui, « l’inquiétude est absolue, et je pèse mes mots. La situation est très inquiétante et ceci sans dramatriser. Elle confirme ce qui nous attend au cours des prochaines années ».

C’est une gangrène. Le changement climatique dévaste tout, même les plantations fruitières et l’élevage. Seule l’agriculture saisonnière peut être épargnée

Tahar Srairi rappelle que 4 millions de personnes vivent de l’agriculture. Larbi Zagdouni cite les pertes d’emplois dans le monde rural (1,2 million en 6 ans). Tahar Srairi pose LA question : quel est le plan B? Où est-il? Quelle est l’alternative? ».

Les besoins marocains en eau potable sont seulement de 1,7 milliard de m3 par an. Ceux de l’agriculture sont de 14 milliards de m3.

A titre d’information, et pour ce qui concerne l’actuelle saison agricole 2024-25, il prévient que le point de non-retour, c’est fin décembre. « S’il ne pleut pas d’ici là, nous subirons une année blanche ».

Où va le Maroc?

Larbi Zagdouni estime que l’on ne parle pas assez d’un secteur sinistré, l’élevage. Il trouve la crise des viandes rouges incompréhensible et inexplicable si l’on s’en tient uniquement aux chiffres officiels. En effet, lors des cycles précédents de sécheresse, comme celui de 1981-1985, les prix de la viande se sont effondrés, car les bêtes sont sacrifiées ou bradées. Là, c’est le contraire qui se passe: les prix ne cessent d’augmenter, atteignant des pics jamais connus auparavant. « Si l’autorité gouvernementale estime que le cheptel est suffisant, pourquoi importe-t-on de la viande fraîche ou congelée? ». Il dit son incompréhension totale devant la décision de confier une enquête sur le cheptel à l’ANOC, une association professionnelle, comme si le ministère se défaussait sur les professionnels ou se reposait sur eux, alors que c’est une affaire de spécialistes et de services comme ceux de l’ONSSA ou de la Direction des statistiques du ministère de l’Agriculture.

Larbi Zagdouni évoque une « sahélisation » de l’Afrique du Nord. Il estime que le dessalement ne remplacera jamais les apports d’eau conventionnels en forte baisse. Il attire l’attention sur l’hémorragie actuelle dans la catégorie des petits éleveurs. L’agriculture actuelle, impactée par la pénurie d’eau, ne peut plus faire vivre les 13 millions de personnes qui habitent la campagne. Il appelle le ministère de l’Agriculture à publier les chiffres exacts du cheptel ainsi que celui des destructions (arrachages, dessèchement) des arbres fruitiers. « Les solutions à cette situation se trouvent en dehors de l’agriculture », conclut-il.

Les solutions sont en dehors de l’agriculture

Mostafa Errahj va dans le même sens. « La question agricole ne se pose pas en tant que problématique agro-agricole ».  « Nous disposons de nombreux instruments d’incitation à la production, et peu d’incitations à la consommation intelligente », déplore-t-il. Le système agricole favorisait le moins-disant, « or, le moins-disant sera toujours celui qui effectue de l’exploitation intensive, jamais le paysan de Berrechid ne pourra le concurrencer, il sera toujours le moins cher ».

« A côté de la maîtrise de l’eau, du bon choix des variétés, il y a d’autres instruments à actionner ». Il préconise des systèmes territorialisés. Il cite l’exemple de l’AMAP, l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, qui conclut des contrats avec des producteurs agro-écologistes avec mise en place d’un système de pré-financement par les consommateurs.

Nous disposons de nombreux instruments d’incitation à la production, et peu d’incitations à la consommation intelligente

En conclusion, la situation actuelle est préoccupante. Les solutions qui sont agitées telles que le dessalement ne sont pas jugées suffisantes pour remplacer les apports en eaux conventionnelles. Des chercheurs mais aussi des citoyens sont dans le flou et n’ont pas de visibilité quant à un éventuel plan B, ou plan de rattrapage.