Cinéma. Les Ateliers de l’Atlas, une fabrique à récompenses ?

Quelques jours après le palmarès historique du Festival international du film de Marrakech (FIFM), où l’Etoile d’or a été décernée au docu-fiction La mère de tous les mensonges, d’Asmae El Moudir, et le prix du jury attribué ex æquo aux longs métrages Les meutes de Kamal Lazraq et Bye bye Tibériade de Lina Soualem, l’heure est désormais au bilan. D’autant plus quand on sait que ces trois films primés ont participé aux Ateliers de l’Atlas entre 2018 et 2022.

Asmae El Moudir avait reçu 5.000 euros en 2019 au titre du prix Atlas au développement, puis 20.000 euros en 2021 pour le prix de la post-production. Kamal Lazraq, lui, avait remporté en 2019 le prix Arte Kino, doté de 6.000 euros, tandis que Lina Soualem avait participé à l’édition 2022.

« Une académie de formation pour les cinéastes prometteurs, présente dans tous les festivals de la planète »

À l’origine de la création de cet incubateur de nouveaux talents du monde arabe et de l’Afrique, Sarim Fassi-Fihri, qui a dirigé le Centre cinématographique marocain (CCM) entre 2014 et 2021, a tenu à citer la réalisatrice Asmae El Moudir, qui a comparé les Ateliers de l’Atlas à « une académie pour les cinéastes, à l’image des centres de formation pour les footballeurs ».

« Avant que ces ateliers ne soient délocalisés à Marrakech et n’intègrent en 2018 une partie de la programmation du FIFM, nous en avions mis en place à Ifrane et à Tanger, à l’intention des jeunes cinéastes qui n’avaient pas les moyens d’achever leur film, pour sélectionner des projets en phase d’écriture ou de post-production », explique Sarim Fassi-Fihri, rappelant que « tous les grands festivals de la planète ont leurs propres ateliers ».

À ce propos, il soutient que leur succès est tel que tous les réalisateurs primés à Marrakech se sont rendus, dès le lendemain de la clôture du FIFM, aux ateliers de la 3e édition du « Red Sea International Film Festival », dédié au cinéma d’Afrique, d’Asie et du monde arabe, qui se tient du 30 novembre au 9 décembre à Djeddah, en Arabie saoudite.

Contactés par Médias24, Asmae El Moudir et Kamal Lazraq ont effectivement confirmé leur présence aux ateliers de ce festival en vue de présenter leur film et tenter de décrocher d’autres prix.

Comment ça marche et combien ça coûte

Pour rejoindre ces ateliers, dont la vocation est d’accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes marocains, arabes et africains, tout candidat doit présenter son scénario à un premier comité de sélection qui évaluera son potentiel.

En fonction de la qualité du travail présenté, les membres du jury auront le choix de l’éliminer directement, de le retenir avec l’accompagnement d’un scénariste pour la réécriture, ou de le présenter à des distributeurs internationaux comme Arte, qui témoigneront éventuellement un intérêt.

La procédure est similaire pour les films ayant déjà été tournés, mais qui n’ont pas encore été montés. L’apprenti réalisateur pourra être éliminé si son travail est jugé mauvais. Dans le cas contraire, la commission prendra en considération son potentiel en lui octroyant les moyens d’achever son film.

La prise en charge financière des projets des candidats durant les quatre jours des Ateliers de l’Atlas, avec un suivi de quatre mois et le lancement d’appels à manifestation d’intérêt, atteindrait 15% à 20% du coût de l’organisation du FIFM, selon Sarim Fassi-Firhi.

S’il met en avant son devoir de réserve pour ne pas dévoiler le coût de revient du premier festival du film du Maroc, un précédent article de Médias24 l’avait estimé entre 60 et 75 MDH.

En d’autres termes, le coût des Ateliers de l’Atlas reviendrait à un montant compris entre 12 et 15 MDH.

« Des ateliers qui ont permis de professionnaliser le festival »

Sur la moisson exceptionnelle de prix après cinq ans d’existence des Ateliers de l’Atlas, leur concepteur rappelle que même si le festival de la ville ocre n’a pas eu lieu en 2020 et 2021, en raison de la pandémie de Covid-19, les candidats ont continué à travailler de chez eux en bénéficiant de l’aide des professionnels, sous forme virtuelle avec des caméras connectées et des conférences Zoom.

Visiblement satisfait des résultats engrangés, Sarim Fassi-Fihri avance que la création de ce rendez-vous en 2018 « était devenue vraiment nécessaire pour les organisateurs désireux de professionnaliser le Festival international du film de de Marrakech ».

« Si cela n’a rien de péjoratif, il est vrai que le festival avait jusqu’alors une connotation touristique qui attirait davantage les médias que les professionnels », conclut Sarim Fassi-Fihri. Selon lui, les ateliers ont permis de changer l’image du FIFM auprès de la profession, qui s’y rend désormais en masse pour assister à des projections et pas pour découvrir des films qui peuvent être visionnés dans d’autres festivals, notamment ceux de Cannes et de Toronto.

Des productions marocaines, révélations du Festival du film de Marrakech

Lors de la 20ème édition du Festival international du film de Marrakech qui se tient depuis le 24 novembre jusqu’a ce samedi 2 décembre, le cinéma marocain a indéniablement été à l’honneur avec une quinzaine de films qui concourent aux différentes sections dont le docu-fiction « Mother of lies » et le long-métrage « Les meutes » qui ont de sérieuses chances de décrocher l’Etoile d’or, graal du FIFM.

« Un double coup de foudre »

Présent au FIFM où il a assisté à plusieurs projections, notre confrère Najib Refaïf nous a fait part de sa surprise et de son engouement pour la qualité impressionnante des deux films marocains en lice.

« Lors du visionnage, j’ai été étonné par la façon dont les réalisateurs ont su revisiter la thématique de la période des années de plomb entre 1970 et 1980. D’autres cinéastes l’avaient déjà traitée mais avec une façon de voir qui s’assimilait davantage, selon moi, à des témoignages », explique le chroniqueur tout aussi surpris par la qualité de la narration que par l’esthétique de ce pan historique du M.

Le critique note que c’est la première fois qu’autant de films marocains sont en compétition avec des productions qui sont vraiment »à la hauteur de l’envergure internationale du Festival du Film de Marrakech ».

Face aux grandes productions internationales, souvent difficiles à concurrencer, Refaïf souligne que c’est la première fois qu’une édition du FIFM a permis à deux films marocains de concourir à l’Etoile d’or.

Se défendant de toute tentation chauviniste, le passionné de cinéma poursuit que ces films qui ont été sélectionnés pour leurs qualités cinématographiques contribuent en réalité à l’émergence d’une nouvelle vague de cinéastes marocains qui se confirme depuis une vingtaine d’années.

Mother of lies, un cinéma de genre en route vers les oscars ?

Citant le cas de « Mother of lies » réalisé par Asma El Moudir, le critique explique que cette fiction, qui flirte avec le documentaire, est le fruit d’une approche cinématographique originale voire inédite qui consiste à utiliser des miniatures et des poupées pour reconstituer la vie dans son quartier natal durant les émeutes qui ont eu lieu en 1981 (Chouhada Al Koumira) .

Ce long-métrage utilise, en effet, un dispositif qui se démarque des autres tentatives de revenir sur cette période de l’histoire du Maroc avec « un quartier et des maisons miniaturisés, des figurines, une sorte de laboratoire de discussion où la parole peut se libérer et la mémoire se restaurer », selon la description faite par la cinéaste avant une projection de presse.

Récompensé au festival de Cannes pour sa mise en scène dans la catégorie « Un certain regard », « La mère de tous les mensonges » qui a été choisi pour représenter le Maroc à la cérémonie des Oscars de 2024 ne comporte, selon notre confrère d’habitude bien plus avare en compliments, aucune longueur avec un rythme cadencé de la narration et une qualité de dialogues qui est au rendez-vous.

« Les meutes », le rendu esthétique ne fait pas défaut 

Tout aussi séduit par « Les meutes » de Kamel Lazrak, le critique tient à souligner la qualité de l’histoire de deux pieds nickelés, à savoir un père et un fils forcés de transporter, dans le coffre de leur voiture, le corps d’une personne morte accidentellement après un kidnapping qui a mal tourné.

Visiblement conquis par l’ambiance sombre de cette épopée nocturne, Refaïf déclare que ce road movie, filmé la nuit, a la particularité d’utiliser un éclairage naturel constitué des lampadaires de la ville et des phares de la voiture sans autre appoint artificiel.

« Si l’obscurité caractérise les images de ce film, en réalité c’est un film noir dans tous les sens du terme », tranche le cinéphile qui semble se réjouir de l’ambiance anxiogène d’un tournage qui montre, sous un jour inédit, la face cachée de la banlieue populaire de la métropole économique.

A l’instar de « Mother of lies », la qualité de ce film  » haletant » serait renforcée, selon le cinéphile, par le choix du réalisateur d’opter pour un casting sauvage, partagé entre acteurs professionnels et amateurs proches des milieux sociaux dépeints, qui donne un rendu esthétique particulièrement efficace.

« Deux films qui peuvent créer la surprise »

Tout en reconnaissant n’avoir pas visionné tous les films sélectionnés pour concourir à l’Etoile d’or, il juge cependant que ces deux films « surprenants » peuvent allègrement jouer dans la cour des grands.

« Selon moi, un des deux à des chances de créer la surprise en remportant l’Etoile d’or mais nous serons fixés lors de la clôture du FIFM … », conclut notre confrère en rappelant qu’aucune production locale n’a jamais reçu ce prix en 20 ans d’existence du plus grand festival du cinéma du Maroc.

Sollicité à son tour, le critique Bilal Marmid estime que ces deux films « très aboutis » font partie des meilleurs sorties de ces dernières années mais également de l’histoire du cinéma marocain.

Selon notre interlocuteur, ces deux cinéastes ont montré, avec beaucoup de finesse et de maîtrise de la mise en scène qu’ils savaient parfaitement où ils voulaient aller et où ils voulaient nous emmener.

Rappelant que Lazrak a reçu le Prix du jury de la section un certain regard du festival de Cannes et que El Moudir s’est adjugée le prix de la mise en scène et de la réalisation lors du même événement, le cinéphile affirme qu’il s’agit de deux films de festival classe A.

De plus, le critique se réjouit du fait qu’ils ne comportent aucune image erronée, chère à l’Occident, à savoir avec une vision misérabiliste ou folklorique que certains festivals aiment tant, en se disant très optimiste pour que l’un des deux obtienne l’Etoile d’or.

« S’il faut respecter la décision du jury, je pense que les jurés pourraient passer à côté de quelque chose s’il ne retiennent pas un de ces deux films car,  selon moi, cela saute aux yeux qu’ils sont de très haut niveau », juge Marmid en ajoutant qu’il s’agit indéniablement de la meilleure participation marocaine à la compétition depuis la création du Festival International du Film de Marrakech.

Se voulant toutefois prudent, Marmid espère que ces deux films vont ouvrir la voie à de nouveaux jeunes mais qu’il faudra attendre 2024 pour voir s’ils vont s’inscrire dans la continuité de leurs prédécesseurs El Moudir et Lazrak en concluant, optimiste, que la relève semble assurée.

« Cette double participation est le fruit de plusieurs années de travail »

De son côté, l’ancien directeur général du CCM pense que le Maroc aurait pu concourir avec trois films marocains en compétition mais que c’est peut-être un peu trop pour un festival international.

Rappelant qu’en 2016, aucun film marocain n’avait été nominé pour l’Etoile d’or, Sarim Fassi-Fihri déclare que cette double participation au prix ultime est une grande première, fruit de plusieurs années de travail, qui ont donné lieu à du grand cinéma et pas de simple téléfilms.

N’ayant pas vu tous les films en sélection en compétition, notre interlocuteur préfère ne pas se prononcer sur les chances de ces deux films de décrocher l’Etoile d’or d’autant plus que le film palestinien « Bye bye Tibériade » qui est d’une actualité brûlante est formidable aussi.

Tout en se disant très fier du nombre croissant de films marocains financés à l’international qui montre que les cinéastes ont beaucoup progressé en termes d’écriture, l’ancien patron du cinéma marocain affirme que le vote a déjà eu lieu vendredi soir mais qu’il faudra attendre ce samedi soir pour connaître les résultats …

« La relève est assurée »

Sollicité à son tour, le réalisateur Nabil Ayouch semble souscrire à la surprise de nos précédents interlocuteurs en particulier après avoir vu « Mother of lies », un film qu’il n’hésite pas à qualifier de très original avec une belle mise en scène et une esthétique soignée.

« Si je me dois de préciser que les films marocains voyagent et remportent des prix à l’international depuis longtemps, il est vrai que la jeune génération de cinéastes donne de l’espoir pour la relève », estime le cinéaste qui ne se dit pas du tout inquiet pour l’avenir du cinéma marocain.

https://medias24.com/2023/12/02/une-premiere-un-film-marocain-remporte-letoile-dor-du-fifm-grace-a-asmae-el-moudir/

Les réalisateurs et producteurs répondent aux accusations du directeur du CCM

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, vous avez réussi là où beaucoup ont échoué, vous avez en effet réussi à faire l’unanimité… contre vous. Vous avez réussi à mettre à terre l’industrie cinématographique marocaine et à vous mettre à dos l’ensemble de la profession, tous horizons, toutes générations confondus.

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, nous autres, cinéastes de tous bords, sommes en colère, nous condamnons avec force le langage que vous avez tenu envers certains de nos cinéastes qui ont eu l’outrecuidance d’exprimer un mécontentement pourtant général, et nous estimons que ces propos sont indignes de la fonction que vous incarnez.

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, si les propos diffamatoires que vous avez tenus n’ont aucun fondement, ils sont toutefois révélateurs du non-respect que vous avez pour la profession.

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, le bon sens, la raison et la morale voudraient que la personne qui préside aux destinées du cinéma marocain soit aux chevet de cette industrie, qualifiée de famille par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans la lettre royale exprimant la volonté d’un renouveau cinématographique marocain, à plus forte raison dans le contexte actuel.

« Pensez-vous, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, qu’en sanctionnant indûment des cinéastes, en les privant de manière arbitraire des moyens qui leur permettent de travailler, vous avez œuvré pour le bien du cinéma marocain ?

« Dans une tentative vaine de détourner le problème, vous semblez insinuer, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, que les avances sur recette vont dans la poche des producteurs et réalisateurs.

« En tant que producteur, vous étiez censé -du moins, nous l’espérions- ne pas ignorer que cet argent est principalement distribué aux acteurs, techniciens, scriptes, maquilleuses, régisseurs, location des lieux de tournages, costumes, accessoires, matériel de tournage (camera, machinerie, éclairages) sans parler de l’hôtellerie, transport, post production, distribution et promotion… toutes ces «petites mains» qui permettent de faire de grandes choses et de faire rayonner le cinéma marocain à travers le monde.

« Sachant pertinemment que le budget de fabrication d’un film est bien supérieur au fonds d’aide octroyé par le CCM ; les producteurs complètent avec d’autres financements nationaux et d’autres pays où on encourage la création et l’art.

« Pensez-vous avoir respecté l’esprit “familial” de la lettre royale, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, en privant des familles entières de leur revenu sachant qu’ils ne vivent que de ces tournages que vous essayez de limiter ?

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, au crépuscule de votre carrière, vous auriez pu bien terminer ce que vous avez si mal commencé, et vous préoccuper avec engagement et sincérité de l’état du cinéma marocain, qui traverse une période difficile.

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, nous ignorons encore, à l’heure où nous écrivons ces lignes, si vous avez fait preuve de malhonnêteté intellectuelle ou d’incompétence.

« Ce dont nous sommes sûrs, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, c’est que vous avez failli

« Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, si vous étiez en mesure de prendre conscience de vos erreurs, voici ce que nous vous recommanderions comme mentionné dans la lettre ouverte signée par 60 cinéastes :

« En conclusion, nous demandons une gestion saine et ambitieuse de notre industrie cinématographique, particulièrement fragilisée par le contexte mondial, ainsi qu’une neutralité absolue vis-à-vis de l’ensemble de ses acteurs. Le CCM doit rester notre meilleur allié et non pas l’ennemi qu’il est devenu.

Signataires: Lamia Chraïbi – Noureddine Lakhmari – Hicham Hajji – Latif Lahlou

Ci-après, le fac-similé du droit de réponse et le lien hypertexte de l’interview :

 

Sarim Fassi-Fihri: «La grogne de certains professionnels ne me fera pas démissionner»

Doublement impacté par la fermeture des frontières et par les nouvelles règles sanitaires créées pour minimiser les contaminations dues à la pandémie, le chiffre d’affaires des tournages étrangers et nationaux n’a pas cessé de diminuer. Comme si cela ne suffisait pas, une crise oppose désormais le DG du CCM, Sarim Fassi-Fihri, à 60 signataires d’une lettre adressée au ministère de tutelle qui dénonce ses méthodes et réclame son départ.

Médias24 : Avez-vous une visibilité sur la reprise des tournages étrangers qui sont à l’arrêt total?

Sarim Fassi-Fihri: Aucune car le redémarrage est étroitement lié à la date de réouverture des frontières, décision gouvernementale qui ne dépend pas du Centre cinématographique marocain.

Sachant que nous sommes déjà au mois de mai, faut-il s’attendre à une année blanche en termes de recettes?

-Non, je ne pense pas.

Comment être aussi optimiste alors que vous n’êtes pas décisionnaire?

-Parce que 2021 est loin d’être finie et qu’il n’est pas exclu que les frontières internationales rouvrent à partir du mois de juin prochain, ce qui nous permettrait donc de rattraper l’année.

Dans l’idéal, sur quel montant de chiffre d’affaires table le CCM pour 2021?

-Il est difficile de l’estimer mais il est sûr que les gros investissements qui étaient prévus pour 2021 n’attendent plus que l’ouverture des frontières pour revenir travailler au Maroc.

S’il est certain que nous n’arriverons pas au chiffre d’affaires de 2019, nous pourrons cependant réaliser un chiffre assez honorable si la réouverture ne tarde pas trop.

-L‘équivalent de 2020, soit 400 millions de dirhams?

-Peut-être même mieux.

-A ce jour, combien de tournages de longs-métrages et de séries ont été annulés?

Il est difficile de les comptabiliser car si certains investisseurs ont demandé des autorisations de tournage (une demi-douzaine accordées), d’autres n’ont pas eu le temps de déposer une demande, sachant que cela coïncidait avec l’arrivée du variant anglais puis de la fermeture des frontières.

-Y-a-t-il eu des producteurs étrangers qui ont préféré zapper le Maroc pour tourner ailleurs?

Pas pour l’instant mais il est vrai que les deux réalisateurs belgo-marocains Adil El Arbi et Bilall Fallah, installés à Hollywood, qui voulaient tourner en juin au Maroc n’ont pas pu obtenir la garantie du CCM que les frontières seraient rouvertes et ont par conséquent choisi la Jordanie.

-Faute d’investisseurs étrangers, combien y a-t-il de tournages nationaux en ce moment?

Tout d’abord, il faut préciser que ce mois de mai constitue la période la plus creuse de l’année.

-Pour quelle raison?

Parce que les tournages des séries télévisées se sont terminés à la fin de la première semaine du Ramadan  afin de livrer aux télévisions les derniers épisodes à la fin de la période du mois sacré.

Ainsi, la semaine dernière, il y avait certains jours deux tournages quotidiens pour tout le Maroc alors que la moyenne est de 20.

-Qu’en est-il des long-métrages?

Sachant qu’ils sont subventionnés par le CCM et qu’il y a eu des délais accordés pour s’adapter à la crise sanitaire de la Covid, il y a eu en définitive très peu de tournages et beaucoup de report avec des gens qui attendent des jours meilleurs.

A contrario, malgré les trois mois de confinement, le nombre de production des fictions télévisées a littéralement explosé avec des chiffres pour 2020 qui sont bien meilleurs que ceux de 2019 qui étaient pourtant une excellente année de référence.

A la fin de l’année actuelle, il devrait donc certainement y avoir moins de tournages de long-métrages qu’en 2020 et beaucoup moins qu’en 2019.

-Est-ce  la raison pour laquelle une partie de la profession réclame depuis peu votre départ en vous accusant de sanctions injustifiées voire même d’autoritarisme dictatorial?

-Absolument pas. En réalité, comme nous sommes dans un système qui brasse beaucoup d’argent et que les enjeux financiers sont importants, certains acteurs du secteur sont prêts à tuer.

En effet, avec des subventions moyennes de tournage qui flirtent allègrement avec les 4 millions de dirhams, les gens n’hésitent pas à s’entre-tuer pour décrocher la timbale.

-A qui pensez-vous en particulier?

Ni aux distributeurs ni aux exploitants de salle, car au final il ne s’agit que d’une poignée de producteurs qui ont subitement décidé de s’attaquer à moi en me désignant à la vindicte professionnelle comme un bouc émissaire bien commode de leurs propres turpitudes.

Ce sont des gens qui ont obtenu des subventions et qui faute d’avoir respecté les textes et les délais de livraison, prévus bien avant la crise sanitaire, ont dû être rappelés à l’ordre voire sanctionnés.

En réalité, cette histoire a été activée par certains acteurs mécontents d’un audit de l’inspection générale des finances qui nous a demandé d’être plus rigoureux sur les délais de livraison des longs métrages qu’il subventionne.

Sachant que le CCM n’a eu d’autre choix que de se conformer aux injonctions de l’IGF, certaines personnes qui s’étaient habituées à une situation de rente ont commencé par ruer dans les brancards.

-60 signataires dont des grands noms de la profession… cela laisse quand même perplexe…

A l’origine de cette lettre ouverte, il n’y a en réalité que trois personnes qui ont commencé à rameuter leurs camarades qui ont voulu faire preuve de solidarité.

-Au regard de la plainte que vous aviez déposée, puis retirée, contre le producteur Hicham Hajji, son nom dans cette liste n’est pas surprenant mais celui du réalisateur Noureddine Lakhmari est plus troublant car il donne du poids aux accusations…

-Selon moi, c’est une simple question de gros sous qui a fait que Noureddine Lakhmari, pardonnez-moi l’expression, a tout simplement pété un câble.

Sachant que le système du cinéma marocain est basé sur le versement d’une avance sur recettes aux porteurs de scénario et qu’il faut la rembourser  un jour ou l’autre, certaines personnes oublient de le faire et le jour où on veut les obliger à le faire, ils ne sont pas contents.

A partir de là, je maintiens que le fond du problème est simplement d’ordre financier.

-Sachant que vous dirigez le CCM depuis 2014 et que vous devriez être à la retraite depuis 2018, pensez-vous démissionner pour satisfaire ceux qui exigent votre départ?

A partir du moment où vous dérangez des gens qui ne trouvent plus leur compte financièrement, il est normal qu’ils préfèrent une personne plus conciliante avec laquelle ils auront moins de mal à financer leur projet de film même s’il ne tient pas la route.

-N’avez-vous pas été maladroit ou peut-être trop autoritaire avec certains?

Aujourd’hui, il est facile voire commode de me désigner comme un bouc émissaire alors que dans les faits, je suis à cheval entre le marteau et l’enclume.

En effet, si les choses en sont arrivées à ce stade, c’est simplement parce que pendant des années, nous avons été très souples sur les délais de livraison mais quand le rapport de l’IGF est sorti en juin 2020 et nous a enjoints de multiplier les contrôles, le CCM n’a eu d’autre choix que de sévir.

-Etiez-vous vraiment obligé de sanctionner les retardataires?

Absolument mais ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements de livraison ont préféré croire que cette nouvelle rigueur était dictée par une démarche personnelle voire vindicative.

Au total, dans le cadre de la mission de contrôle de l’IGF, le CCM a traité 165 dossiers litigieux dont certains ont été réglés, d’autres rappelés à l’ordre et enfin une partie sanctionnée.

Si certains ont utilisé la crise sanitaire pour justifier leur retard de livraison, il faut préciser que la plupart des dossiers litigieux avaient été déposés avant mars 2020 soit bien avant la pandémie.

La plupart était déjà hors délai en janvier 2020 et certains accusaient des retards qui remontaient jusqu’à 2012 alors que légalement, le tournage doit commencer 18 mois après le versement de la 1ère avance et se poursuivre 12 mois après le premier jour de tournage soit 2 ans et demi au maximum.

-Combien de dossiers ont pu être réglés?

Nous avons pu ramener à la raison la majorité grâce à des délais accordés à certains retardataires.

En définitive, ce sont ceux qui n’ont pas été en mesure de respecter leurs engagements de livraison qui sont furieux et qui m’attaquent alors que l’IGF demande des résultats.

-Le CCM a pourtant refusé un délai supplémentaire de livraison au réalisateur Hicham Lasry qui a également signé la lettre vous mettant en cause?

-Je n’ai aucun souci personnel avec ce cinéaste talentueux mais il est vrai qu’il a demandé un délai qui lui a été refusé pour la bonne raison que sa productrice a affirmé à la commission que les guichets internationaux de financements étaient fermés alors que ce n’était pas du tout le cas.

S’il avait expliqué, comme plusieurs confrères, que son retard de livraison était dû au Covid (confinement, restrictions de la circulation …), il aurait eu un délai mais il peut encore faire appel.

-Sachant que ce mouvement de contestation est inédit dans la profession, pensez-vous qu’il finira par avoir raison de votre mandat pour ne pas dire votre peau?

-Je ne pense pas car je suis assez serein et l’administration qui m’entoure, tutelle et ministère des Finances, connaît très bien la réalité des choses qu’ils vivent avec moi depuis près de 8 mois.

En fait, il est tout à fait normal que cette histoire m’explose à la figure car c’est moi qui suis en première ligne mais je gère cette situation avec beaucoup de sérénité.

-Malgré certaines attaques personnelles très violentes sur les réseaux sociaux?

Encore une fois, je ne suis pas du tout surpris car dès qu’il y a des enjeux financiers importants, les gens sont prêts à tous les excès.

En effet, quand vous donnez 4 millions de dirhams à quelqu’un, c’est de l’argent facile qui suscite beaucoup de convoitise d’autant plus que même dans les pays arabes riches, on distribue des sommes bien moins importantes qui tournent autour de 50.000 euros soit 500.000 dirhams.

-Sachant que vous avez retiré l’avance sur recettes à 6 réalisateurs-producteurs, est-ce que cette crise va faire baisser le nombre de productions nationales pour 2021?

Je ne pense pas car ceux à qui nous avons fini par retirer l’avance sur recettes avaient des projets de films qui avaient été déposés depuis 2015 et qui n’avaient toujours pas été livrés comme convenu.

 -Quid de ceux qui ont reçu de l’argent public entre 2016 et 2020 et qui n’ont pas livré?

Nous avons obtenu une dérogation spéciale des ministères de la communication et des finances pour leur imposer de livrer leur long-métrage au 31 mai courant.

-Qu’est devenu l’argent versé par le CCM à ceux qui n’ont toujours pas livré le film promis?

-En fait, il y a tous les cas de figure. Une partie des bénéficiaires, notifiée par la commission qui délivre les avances sur recettes, ne l’ont jamais touché et ont préféré reporter leur tournage.

Certains traînent encore et d’autres ont carrément disparu avec la première tranche dont nous n’avons plus aucune nouvelle et avec qui nous sommes en justice.

A partir de là, vous comprenez que ça peut être un bon business pour peu que l’on soit malhonnête.

-Y-a-t-il une sortie de crise en vue ou une conciliation en cours avec vos détracteurs?

-N’ayant rien à me reprocher et ne faisant qu’appliquer les injonctions de l’IGF, je pense encore une fois que c’est un problème d’intérêts financiers et une rente que certains ne veulent pas perdre.

-Si l’on suit votre raisonnement, vous dérangez et vous êtes presque l’homme à abattre?

Selon-vous, qu’est-ce qui peut m’arriver de pire? que je m’en aille ?

-C’est en effet le souhait le plus ardent de vos détracteurs actuels!

Je n’ai pas le pouvoir de prendre cette décision mais comme je suis investi dans le secteur depuis de nombreuses décennies, je ne leur ferai certainement pas le plaisir de démissionner.

Ceci dit, il n’est pas exclu que certains veuillent utiliser cette histoire comme un fusible pour me remplacer par quelqu’un de plus conciliant qui préférera affronter la Cour des comptes ou l’IGF plutôt que ceux qui sont dérangés par des contrôles qui portent sur la reddition des comptes.

Au final, quoi qu’il advienne, je poursuis ma mission le plus sereinement possible …

En lien hypertexte, la réaction des réalisateurs et de la productrice nommés dans l’interview.

Le nombre de tournages cinématographiques nationaux baissera de 25% en 2020

Alors que le chiffre d’affaires des tournages étrangers devrait chuter de 50% en 2020, celui des productions nationales a été moins impacté par l’arrêt d’activité lié à la période du confinement. A fin novembre, il s’élève à 560 millions de DH contre 750 millions sur toute l’année 2020, soit une baisse de 25%. Les chiffres du mois de décembre ne devraient pas trop changer cette variation, selon le CCM.

Ce chiffre d’affaires correspond à 250 tournages contre 344 durant l’année dernière, soit une chute de 27%. A fin 2020, la baisse pourrait être ramenée à 25% grâce à quelques tournages.

Dans le détail, 12 longs-métrages ont été tournés à fin novembre contre 22 en 2019 ; 15 docu-fictions contre 18 ; 77 courts-métrages contre 115 ; 2 moyen-métrages contre 1 ; 33 séries télévisées contre 39 ; 81 spots publicitaires contre 125 ; 27 téléfilms contre 20 ; et enfin 3 sitcoms contre 4 en 2019.

Baisse du nombre de tournages de long-métrages à cause du surcoût sanitaire

Sollicité pour commenter ces chiffres, Sarim Fassi-Fihri nous a déclarés que la plus importante baisse a concerné le nombre de tournages de long-métrages qui sont passés de 22 à 12.

« La raison est que les longs métrages qui sont réalisés par des producteurs indépendants ne sont pas des films de commande. En effet, la prise de risque est plus importante et le respect du protocole sanitaire lié au Covid 19 constitue un surcoût que la plupart des producteurs ne peuvent pas assumer.

« Quand c’est un téléfilm, une publicité ou une série commandés par une télévision, le surcoût Covid est pris en charge par les chaînes, alors que ce n’est pas le cas pour le long-métrage.

« Sachant que certains ont considéré que les frais supplémentaires étaient trop élevés, plusieurs personnes ont donc préféré reporter d’un an leur tournage alors qu’ils avaient touché la 1ère partie de l’aide », explique le DG en précisant que les chiffres n’étaient pas définitifs et qu’il n’excluait pas d’atteindre, à la fin de l’année 75 à 77 % du nombre de tournages réalisés en 2019, soit 258 à 265.

Les productions pour la télévision ne se sont pas effondrées

A contrario selon lui, le contrecoup de la pandémie, en termes d’interruption et de surcoût, n’aura pas été aussi important pour les productions audiovisuelles réservées à la télévision.

« En effet, si le nombre de tournages publicitaires a un peu baissé, ça n’a pas été le cas des séries télévisées sachant que 33 ont déjà été tournées contre 39 l’année dernière soit un pourcentage de réalisation de 85% qui devrait atteindre 87% à la fin de l’année courante.

« Idem pour le nombre de fictions et de téléfilms tournés pour faire face à une demande plus importante du fait de la pandémie et du confinement.

« En effet, avec un arrêt de 3 mois où il ne s’est rien passé entre le 15 mars et le 28 juin, la baisse est beaucoup moins dramatique qu’elle ne paraît et nous nous en sortons plutôt bien », estime Fassi-Fihri qui se veut plutôt optimiste pour les tournages télévisés des programmes du ramadan 2021.

Les tournages de productions télévisées du ramadan 2021 ont déjà commencé

« Ainsi, plusieurs commandes de séries, fictions ou téléfilms qui seront diffusées durant le prochain ramadan ont été lancées avec des équipes qui ont commencé à les préparer voir même à les tourner.

« La bonne nouvelle est que malgré la pandémie actuelle qui n’est pas encore vaincue, les chaînes télévisées n’ont pas décidé de réduire la voilure pour leurs productions du ramadan de 2021.

Un chiffre d’affaire prévisionnel en 2020 en baisse de 200 MDH

« S’il reste encore un mois avant de se prononcer sur le volume des investissements réalisés en 2020, l’ensemble de la production nationale représentait en 2019 un montant total de 750 millions de dirhams », conclut le directeur général qui laisse entendre que la baisse de 25% du nombre de tournages devrait donc occasionner un chiffre d’affaires de 560 millions à la fin de l’année 2020.

Le chiffre d’affaires des tournages étrangers a chuté de 50% en 2020 (S. Fassi Fihri)

Depuis que le CCM délivre à nouveau des autorisations de tournages aux sociétés audiovisuelles et cinématographiques, les productions étrangères qui avaient déserté durant 4 mois le Maroc ont commencé à revenir pour finaliser leurs tournages interrompus ou préparer ceux de 2021

La baisse des investissements n’a pas empêché le retour des productions étrangères

Visiblement satisfait de ce retournement de situation et optimiste pour l’année à venir, Sarim Fassi Fihri nous confirme que plusieurs demandes d’investissements étrangers ont été déposées au CCM pour 2021.

« Nous finirons 2020 avec un chiffre d’affaires en baisse de 50% par rapport à 2019, soit environ 400 millions de dirhams d’investissements cinématographiques contre 800 millions, une année plus tôt.

« Quand on sait que la production s’est complètement arrêtée durant les 4 mois du confinement, ce n’est pas si catastrophique que ça aurait pu l’être.

« Dans le contexte actuel et par rapport à d’autres pays bien plus touchés voire sinistrés, le Maroc s’en sort plutôt bien d’autant plus que la reprise est non seulement là mais elle s’annonce très bien.

« 2021 sera l’année d’un retour à la normale du niveau des investissements étrangers »

« En effet, sachant que les gens ont besoin de contenu (long-métrages pour les cinémas et séries pour les télévisions), les choses devraient normalement reprendre leur cours normal l’an prochain.

« Au regard de la dynamique actuelle de retour d’acteurs importants, je suis très optimiste sur le fait que le CCM devrait retrouver en 2021 les mêmes niveaux d’investissements qu’avant la crise.

« Hormis le nombre des demandes actuelles, leur qualité est également intéressante sachant que nos interlocuteurs sont plusieurs grosses productions américaines qui reviennent en force au Maroc.

5 grosses productions américaines jouent à nouveau la carte marocaine pour 2021

« Sachant que ce sont eux qui prennent le plus de temps avant de s’engager et lancer la machine, c’est à la fois bon signe pour l’avenir des tournages au Maroc et un signal clair qui laisse entendre que notre pays est à nouveau une destination incontournable pour tourner des films américains.

« Du côté des investisseurs européens, il y a également une dynamique positive même s’ils procèdent différemment en faisant toujours arriver leurs équipes 6 à 8 semaines avant le début du tournage.

« Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, nous avons déjà beaucoup de productions américaines présentes au Maroc à qui le CCM a délivré des autorisations de repérage pour pouvoir tourner en 2021

« Au total, cela représente 5 grosses productions américaines qui se préparent à tourner des long-métrages et des séries télévisées à partir du premier trimestre de 2021 », nous révèle de DG du CCM.

Le chiffre d’affaires du 1er trimestre 2021 sera connu après la phase actuelle de repérage

Sur le chiffre d’affaires escompté de ces premiers investisseurs de l’année à venir, Fassi-Fihri affirme qu’il est beaucoup trop tôt pour l’estimer car les équipes américaines ne sont qu’en repérage.

« La phase de repérage s’achèvera quand tous les décors naturels nécessaires seront trouvés et c’est donc qu’à ce moment que l’on sera en mesure de connaître le nombre de semaines de tournage.

« C’est pourquoi, il est encore prématuré de se prononcer sur le montant d’investissement qui sera injecté au Maroc par ces grosses productions américaines », temporise notre interlocuteur.

Le Maroc de nouveau dans la short-list mondiale des lieux de tournage

Devant notre insistance à vouloir savoir si 2021 serait l’année de la fin de la crise de l’industrie cinématographique étrangère au Maroc, Fassi-Fihri s’est voulu très rassurant en citant l’actualité.

« A l’annonce récente des campagnes imminentes de vaccination, toutes les bourses de la planète ont vu leur indice remonter en flèche comme ça n’était pas arrivé depuis longtemps.

« Cela a provoqué un vent d’optimisme qui n’a pas manqué de se répercuter sur l’industrie cinématographique de la planète dont le Maroc fait partie en termes de lieux de tournage », se félicite Fassi-Fihri en rappelant que l’annonce d’une vaccination imminente de la population du Maroc va rassurer les investisseurs qui ont déposé des demandes de tournage de Tanger jusqu’au sud.

« La seule incertitude concerne la date de réouverture des salles de cinéma »

« Là où subsiste encore une fragilité certaine partout dans le monde, c’est au niveau des lieux d’exploitation toujours fermés. En effet, personne n’a de visibilité sur une date d’ouverture des salles de cinéma », s’inquiète le directeur en affirmant qu’au Maroc, cette décision n’est pas de son ressort.

« Sur ce sujet, l’incertitude est planétaire car la France, par exemple, n’a pas arrêté d’ouvrir puis de fermer ses salles de spectacle avant d’annoncer hier soir leur prochaine réouverture à la mi-décembre.

« Sachant que plusieurs pays n’ont pas arrêté de faire marche arrière, il faut se féliciter de la constance du Maroc qui a fermé toutes ses salles depuis mars dernier », conclut le patron du cinéma marocain en ajoutant que leur réouverture dépendra de l’évolution de la situation sanitaire.

Les tournages de productions étrangères ont repris au Maroc (CCM)

Après les nombreuses annulations et reports de tournages suite à la propagation du virus et la déclaration de l’état d’urgence, les acteurs et les techniciens de productions cinématographiques étrangères reprennent le chemin du Maroc pour tourner des nouveaux films et épisodes de séries télévisées ou simplement pour poursuivre des tournages interrompus en mars dernier, nous révèle Sarim Fassi Fihri.  

Une méga-production américaine de retour à Marrakech

En effet, le directeur général du centre cinématographique marocain (CCM) nous a confirmés la poursuite du tournage d’un long-métrage à Marrakech, interrompu en mars, qui devrait durer un mois.

« Depuis le début du mois de septembre, il y a une équipe américaine à Marrakech. En fait, elle y était présente jusqu’au mois de mars avant de repartir aux États-Unis et enfin de revenir pour poursuivre le tournage de ce long-métrage », révèle Fassi-Fihri.

Si, selon lui, les noms de ses producteurs et des acteurs présents restent confidentiels, Médias24 a cependant pu apprendre et avoir confirmation du fait que cette méga-production signée par les studios Disney Pixar Marvel avait fait appel à une pléiade de stars logées au luxueux hôtel Fairmont.

Les studios Disney à la manoeuvre

« En effet, c’est une très grosse production mais il faut espérer que le Covid nous laisse tranquille.

« Il se dit que ce sont les studios Disney Marvel Pixar qui sont derrière cette méga-production mais sachant qu’ils ne sont jamais à la phase top producteur, et qu’il y a beaucoup d’indépendants qui travaillent pour leur studio, il est difficile de connaître avec précision la nature des deal engagés.

« Du côté du CCM, nous travaillons avec une société de production, des équipes et un scénario mais nous n’avons pas un rôle d’agent qui nous permettrait de savoir qui est réellement derrière mais encore une fois, il y a de fortes chances que ce soit les grands studio Disney qui pilotent le projet.

« Le même flou existe sur l’identité des grands acteurs qui vont y jouer, parce qu’aujourd’hui le problème avec les stars se pose, encore une fois, au niveau des agents qui décident de rendre public ou pas, qui a le droit de voyager ou pas, surtout qu’avec la crise les primes d’assurance ont explosé.

« Ainsi, ce matin on vient de m’annoncer que le programme 2020-2021 du MET (Métropolitain Museum of arts) de New York avait été complètement annulé. Tout cela pour dire que les Américains sont très mal et que c’est donc un miracle qu’ils soient de retour et présents au Maroc, se félicite le directeur général.

Il aura fallu 3 mois aux équipes étrangères pour revenir

A la question de savoir s’il fallait se réjouir de leur présence, Fassi-Fihri rappelle que les tournages sont de nouveau autorisés depuis le 25 juin dernier et qu’il s’est écoulé 3 mois avant le retour des étrangers.

« Si la psychose est toujours présente dans plusieurs secteurs dont l’industrie cinématographique, les tournages ont repris partout dans le monde même si c’est avec des protocoles sanitaires particuliers.

Un protocole sanitaire convaincant ?

« Au Maroc, nous avons mis en ligne les nôtres dès le 25 juin. Si leur mise en place sur les plateaux coûte plus cher en temps et en frais, cela reste préférable à tout arrêter et à ne plus rien produire.

« Il faut croire que nos protocoles sanitaires sont convaincants car hormis les américains de Marrakech, une équipe française est à pied d’œuvre actuellement à Merzouga, et une autre anglaise à Tanger.

Le CCM a délivré 5 autorisations de tournages étrangers

« Au total, le CCM a distribué 5 autorisations de tournage pour des productions étrangères à 2 équipes françaises, 2 anglaises et une américaine afin de réaliser des longs métrages et des séries télévisées.

« En fait, dès qu’on a ré-autorisé les tournages, les gens ont déposé des demandes pour revenir et les premières autorisations délivrées par les Affaires étrangères ont été réservées aux équipes étrangères.

« En effet, bien avant l’ouverture des frontières, le 6 septembre dernier, pour les membres de sociétés ou pour les détenteurs de réservations d’hôtels, le CCM avait déjà ses autorisations nominatives pour les équipes de Marrakech et les Anglais de Tanger octroyées par le ministère des Affaires étrangères.

La production Disney sauvera peut-être l’année 2020

« Sur les pertes qui seront enregistrées pour l’année 2020 à cause des annulations et des reports de tournage, le directeur général préfère temporiser en affirmant qu’il est trop tôt pour faire les comptes.

« Sachant que les tournages ont réellement repris depuis 4 semaines, et que nous avons perdu 5 mois, Disney va peut-être nous réconcilier avec 2020 », conclut Fassi-Fihri en ajoutant qu’il faudra que le Covid laisse travailler le secteur jusqu’à la fin de l’année avant de se prononcer sur les chiffres définitifs.

HPS: baisse à deux chiffres du résultat net part du groupe au premier semestre 2014

"Dans un contexte économique encore fragile, et compte tenu du coût important de mise en œuvre de notre stratégie à long terme (R&D, impact de la diversification du modèle d'affaires, renforcement du réseau de partenaires), le groupe a totalisé au terme des six premiers mois de l'année en cours des revenus consolidés de 141 millions de DH, stables par rapport à une année auparavant", souligne HPS dans une communication financière, publiée sur le site internet de la Bourse de Casablanca.

L'activité de ce semestre a été marquée par la bonne performance de l'activité Services d'Acpqualife, la filiale basée à Aix-en-Provence, avec une production en évolution de 60% par rapport à la même période de 2013, a-t-elle poursuivi, notant que les activités monétiques ont, quant à elles, connu une légère baisse à cause d'un retard dans les ventes dû essentiellement à la nature des projets visés qui, en raison de leur taille, nécessitent des délais de prise de décision plus longs.

Ce retard dans les ventes a été compensé par une hausse des revenus récurrents, issus de l'up-selling (vente de licences et services additionnels aux clients existants) et de la maintenance des solutions PowerCARD avec une progression de 9,2% par rapport au juin 2013, explique HPS dans son texte.

Pour leur part, les charges d'exploitation ont connu une hausse de 7,4%, due principalement à l'augmentation des charges de sous-traitance de l'activité Services d'Acpqualife, une politique (sous-traitance) qui permet au groupe de profiter de la reprise progressive du marché tout en maîtrisant le niveau des charges fixes.

HPS a par ailleurs souligné qu'elle continue d'investir fortement dans la R&D afin de maintenir l'avancée technologique et fonctionnelle de ses solutions.

Elle a noté à ce propos que les dépenses en R&D ont évolué de 11% par rapport à la même période de 2013, permettant de finaliser la Version 3 de PowerCARD, qui est désormais proposée aussi bien aux nouveaux prospects qu'aux clients existants dans le cadre de projets de migration.

Côté réalisations, le groupe affirme que le semestre écoulé conforte ses orientations stratégiques qui visent à renforcer ses revenus récurrents en diversifiant ses modèles d'affaires, à étoffer sa présence locale en élargissant son réseau de partenaires, et enfin à maintenir ses solutions à la pointe de la technologie en continuant à investir fortement dans la R&D.

Présent sur quatre continents, HPS fournit des solutions de paiement électronique qui englobent toute la chaîne de valeur du paiement couvrant tant la gestion de l'émission, de l'acquisition, du switch que l'ensemble des activités de paiement sur une seule et unique plateforme.

Grâce à PowerCARD, sa plateforme "All-in-One" utilisée par plus 320 émetteurs, acquéreurs et switchs nationaux, le groupe traite tous les types de carte (cartes de crédit, cartes de débit, cartes prépayées, cartes de fidélité, cartes d'entreprises) via tous les canaux (GAB, TPE, internet et mobile) et pour toutes les catégories de commerçants.

L’Allemagne sur le toit du monde

Après 1986 et 1990, l’Allemagne de Müller et l’Argentine de Messi se retrouvent une nouvelle fois en finale du Mondial. Les deux équipes s'étaient d'ailleurs affrontées en 2010 lors d'un quart à sens unique remporté 4-0 par les Allemands. Triste souvenir pour l'Argentine! Quatre ans plus tard, la Mannschaft compte décrocher sa quatrième étoile, tandis que l’Albiceleste cherche à prendre sa revanche et s’emparer par la même de sa 3e Coupe du monde.

Dans cette finale logiquement tendue, vingtième finale de Coupe du monde depuis la création de ce tournoi, le suspense a pris fin à la 113e minute. Mais que ce fut difficile pour l'Allemangne!

D’entrée, l’implacable machine allemande prend les choses en main et imprime un pressing très haut. Mais la première véritable occasion va venir du côté argentin. A la 4e, le virevoltant Lavezzi lance parfaitement Higuain, qui tente sa chance d'une frappe croisée, mais son tir passe loin du but adverse. Après le premier quart d’heure, la possession allemande est indéniable, tandis que les Argentins jouent principalement en contre.

A la 21e, suite à une grossière erreur de la défense allemande, Higuain se retrouve complètement seul face à Neuer, mais tire complètement à côté. A la 30e, Lavezzi offre un super ballon pour Higuain, qui envoie le ballon au fond des filets. Les Argentins exultent, l’attaquant du Napoli pense avoir fait oublier ses précédents ratages, mais l'arbitre assistant lève son drapeau et annule ce but pour une position de hors-jeu irréfutable.

A la 45e, à la suite d’un corner, Höwedes arrive lancé et place un superbe coup de tête qui vient s'écraser sur le poteau. Quelle occasion pour l’Allemagne !

La première mi-temps touche à sa fin, les deux équipes entrent aux vestiaires dos-à-dos après un premier acte sans but mais plutôt animé avec de nombreuses opportunités.

Au retour des vestiaires, Lionel Messi, joliment servi à l'entrée de la surface se décale côté gauche et adresse une puissante frappe croisée du pied gauche qui vient frôler le poteau droit de Neuer. Sans conteste, cette seconde période est encore plus hachée que la première. A mesure qu'on s'approche du terme, le jeu devient plus agressif et les occasions se font de plus en plus rares. Cette finale rappelle celle de 2010 !

A la 75e, le quadruple Ballon d’Or, parti depuis le côté droit de la surface, repique dans l'axe et tente une frappe enroulée du pied gauche qui n'accroche pas le cadre. Les Allemands ne vont pas tarder à réagir. A la 82e, servi sur la droite de la surface, Özil se remet sur son pied gauche et offre une superbe passe à Kroos qui se trouve à l'entrée de la surface. Complètement seul, ce dernier qui tient la balle du match rate totalement sa frappe.  

A quelques minutes de la fin du temps réglementaire, les Allemands sont donc accrochés par les Argentins. On va vers les prolongations!

Lors du premier acte des prolongations, le score reste inchangé. Ce n’est qu’à la 113e minute que l’Allemagne réussit à s’imposer grâce à ses remplaçants.

André Schürrle, entré à la 32e minute, percute côté gauche et centre au premier poteau. Oublié par la défense argentine, Mario Götze, entré à la 88e, réalise un magnifique enchaînement de la poitrine, avant de reprendre de volée du pied gauche dans une position spectaculaire : 1-0. Le jouer de Chelsea offre à son équipe une grosse option sur le titre mondial.

Les supporters Allemands exultent. Angel Merkel se lève et applaudit. Les Allemands doivent encore tenir 6 minutes avant de lever leur 4e Coupe du monde. De leur côté, les Argentins tentent le tout pour le tout pour revenir, mais en vain !

Pour cette vingtième finale de Coupe du monde, la Mannschaft, équipe la plus régulière et la plus impressionnante de ce tournoi, décroche sa quatrième étoile. Une récompense largement méritée! 

Réunion jeudi 14 novembre du Conseil de gouvernement: le programme

Le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane présidera, demain jeudi 14 novembre 2013, une réunion du Conseil de gouvernement consacrée à l'examen de deux projets de loi portant respectivement sur l'adoption du décret formant loi relative à la dissolution et la liquidation de l'Agence du partenariat pour le progrès et aux signes distinctifs des produits de l'artisanat.

Un communiqué de la présidence du gouvernement ajoute que le Conseil examinera également, lors de cette réunion, un projet de décret modifiant et complétant le décret relatif à la définition des conditions et des modalités d'octroi et de renouvellement des permis des établissements de la pêche maritime, ainsi que des propositions de nomination à de hautes fonctions, conformément à l'article 92 de la constitution.

Le Conseil écoutera enfin un exposé présenté par le ministre chargé des Marocains résidant à l'étranger et des affaires de la migration sur le thème de la migration.

(Avec MAP)