Le Maroc n’exporte pas de produits avicoles vers la Chine, rappelle la FISA face aux rumeurs

La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA) a démenti les rumeurs circulant ces derniers jours au sujet d’une supposée suspension des importations de produits avicoles marocains par la Chine. Dans un communiqué publié le 14 mai 2025, la FISA précise qu’aucun produit avicole marocain n’a jamais été exporté vers le marché chinois, faute d’accord sanitaire entre les deux pays.

Selon la fédération, les articles et les publications relayées sur les réseaux sociaux évoquant une telle mesure sont donc « dénués de tout fondement ». Le Maroc n’ayant pas d’accord d’exportation en matière avicole avec la Chine, il ne peut y avoir de suspension de flux commerciaux inexistants.

La clarification intervient alors que certaines rumeurs liaient cette prétendue décision chinoise à la détection d’un foyer de la maladie de Newcastle dans la région de Rabat-Salé-Kénitra.

La FISA rappelle à ce sujet que le dernier cas recensé remonte à février 2024. Celui-ci a été « traité et clôturé » conformément aux protocoles sanitaires en vigueur, et aucun autre cas n’a été signalé depuis.

La maladie de Newcastle, bien que source de pertes économiques dans les élevages, ne présente « aucun risque pour la santé humaine », souligne encore la FISA. Elle est considérée comme endémique dans de nombreux pays producteurs de volailles, mais reste maîtrisable grâce à des programmes de vaccination et de surveillance sanitaire.

Face à la propagation d’informations jugées infondées, la FISA appelle à la vigilance et assure que la sécurité sanitaire est pleinement garantie tout au long de la chaîne de valeur, en étroite coordination avec l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Les produits avicoles marocains, affirme la fédération, « demeurent sûrs à la consommation ».

Flambée des prix du poussin et hausse des besoins en reproducteurs de type chair : la filière avicole sous pression

À l’approche du mois sacré de Ramadan, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, ainsi que des responsables de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) se sont récemment réunis pour discuter de l’approvisionnement du marché en viande de volaille et en œufs. Ils ont, à cette occasion, évoqué les principales problématiques auxquelles fait face actuellement le marché, contribuant à l’augmentation des prix.

« Les reproducteurs de type chair sont importés d’Espagne et de France »

En plus des problèmes structurels que connaît le secteur avicole, Mustapha Mountassir, président de l’Association nationale des producteurs de viandes de volailles (APV), contacté par Médias24, a également évoqué la problématique des reproducteurs de type chair.

« Ces reproducteurs ne sont pas produits au Maroc. Nous les importons principalement d’Espagne et de France pour les intégrer dans la chaîne de production », nous explique notre interlocuteur.

« En raison de l’augmentation de la demande de poulet, notamment à cause de l’envolée des prix de la viande rouge, nous avons sollicité ces deux marchés pour accroître leurs exportations de reproducteurs de type chair vers le Maroc. Cependant, la hausse n’a atteint que 14% ».

« Nous devons donc explorer d’autres solutions pour garantir la sécurité alimentaire du pays, surtout à l’approche du mois de Ramadan, et réduire notre dépendance envers ces deux marchés. Nous avons proposé au gouvernement de se tourner vers deux grandes entreprises spécialisées dans l’élevage de grands parentaux, à savoir Aviagen aux États-Unis et une autre société à Londres ».

« Dans une démarche proactive, nous avons déjà établi un contact avec la société américaine Aviagen, que nous avons invitée à rencontrer les responsables marocains. Cet acteur nécessitera une superficie de 700 à 800 hectares, située loin des zones de production de volaille, pour investir dans la production des reproducteurs de type chair », nous explique Mustapha Mountassir.

Une telle démarche permettra au Maroc de diversifier ses sources d’approvisionnement, de produire localement les reproducteurs de type chair et de ne plus dépendre uniquement de deux marchés espagnol et français, dont la capacité de production s’avère limitée.

Explosion des prix du poussin, une première !

L’autre problématique évoquée par notre interlocuteur est relative à l’explosion du prix du poussin, lequel est « passé de 4,5 DH par poussin à près de 13 DH. C’est énorme ! ».

« C’est d’ailleurs une première au Maroc. Le prix du poussin n’a jamais atteint ces niveaux de prix », estime le président de l’APV, qui explique que « cette situation est directement liée à la rareté des reproducteurs de type chair, dont les quantités disponibles au Maroc demeurent faibles ».

« Bien que nous ayons augmenté nos importations de reproducteurs de 14%, leurs prix restent élevés, en raison de la pression sur le poulet. Nous sommes dans un système libéral. Nous ne pouvons, de ce fait, demander aux producteurs de poussins de baisser leurs prix ».

Ainsi, outre les négociations à mener avec la société Aviagen notamment, « nous avons aussi proposé au gouvernement de s’attaquer aux dindonneaux qui sont, eux, disponibles ailleurs qu’en Espagne et en France. Cette mesure a en partie déjà été mise en œuvre. En décembre 2024, nous avons importé 600.000 dindonneaux qui nous permettront d’augmenter de 50% la production nationale en viande de dinde d’ici le mois de mars prochain ».

« Nous sommes ainsi passés, durant le mois de décembre 2024, de 1,2 million à 1,8 million de dindonneaux, dont la viande sera prête à la consommation durant le mois de Ramadan ».

Les conditions climatiques, un frein à la productivité

Mustapha Mountassir a également pointé la baisse de productivité dans le secteur, due à la baisse des températures et à l’écart de celles-ci entre le jour et la nuit. « Le faible niveau de formation de certains éleveurs impacte aussi le marché de plein fouet », a-t-il souligné.

« Il y a une quinzaine de jours, nous vendions des poulets d’un poids moyen variant entre 2,4 et 2,6 kg. Actuellement, même les consommateurs l’ont remarqué, les poulets sur le marché ne dépassent pas les 2 kg. Environ 20% du poids est donc perdu en raison des conditions climatiques ».

De plus, « en hiver et en automne, le secteur est régulièrement touché par de petites maladies qui impactent la productivité ».

En termes de prix, le kilogramme de poulet atteint actuellement jusqu’à 27 DH, pour un coût de revient d’environ 17 à 18 DH/ kg. Si cette augmentation est la résultante du mécanisme de l’offre et de la demande, elle est également due aux intermédiaires qui demeurent un facteur de renchérissement des prix des produits avicoles. La problématique des intermédiaires a d’ailleurs été relevée par la Cour des comptes dans son rapport publié il y a quelques semaines à l’issue de l’ouverture d’une enquête concernant le fonctionnement concurrentiel du marché des aliments composés destinés au secteur avicole.

La Cour avait estimé que la filière avicole « pâtit de la présence d’intermédiaires et de l’exercice de l’activité avicole par des unités informelles non autorisées ».

Elle avait également souligné que « ce secteur demeure peu structuré, avec un accès limité aux financements conventionnels », notant que ses défis « ne se limitent pas à la production, mais incluent également la commercialisation de ses produits. Leurs fluctuations, souvent influencées par les variations saisonnières et les événements économiques ou climatiques, créent une instabilité qui complique la planification et la gestion financière des exploitations ».

« Le marché informel, caractérisé par des transactions sans réglementation ni contrôle, perturbe aussi les prix et compromet la concurrence loyale, exacerbant la précarité des éleveurs », avait aussi expliqué le rapport de la Cour des comptes.

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2 milliards de DH pour développer la filière de l’aviculture à l’horizon 2030

Augmentation de la production de viandes de volailles et d’œufs de consommation respectivement à 912.000 tonnes et 7,6 milliards d’unités ; généralisation de la couverture sociale à 40.000 personnes du secteur ; création de 140.000 nouveaux emplois ; amélioration des circuits de distribution pour atteindre 90% des viandes blanches contrôlées issues des abattoirs avicoles. Ce sont là les chiffres clés de ce nouveau contrat-programme, qui s’étale sur la période 2021-2030.

Par ce contrat, entré en vigueur à la date de sa signature, les parties signataires ambitionnent de développer la filière, qui souffre depuis plus de deux années de plusieurs maux.

Un investissement de plus de 2 milliards de DH

Ce contrat a été signé entre le gouvernement, à savoir les ministères de l’Economie, de l’Intérieur, de l’Agriculture et de l’Industrie, ainsi que le Crédit agricole et la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).

Le coût global de la mise en œuvre des actions qu’il prévoit s’élève à près de 2,02 milliards de DH (MMDH), dont 1,4 MMDH de contribution de la FISA et 0,62 MMDH de contribution de l’Etat.

Ce nouveau contrat-programme donne la priorité à l’élément humain et à la pérennité du développement agricole. Le premier volet consiste d’abord à renforcer la classe moyenne agricole, à travers la généralisation de la protection sociale et la création d’emplois.

Dans ce sens, les engagements diffèrent d’une partie à une autre. La FISA doit par exemple inciter les aviculteurs à adhérer au système de protection sociale avec l’appui et l’accompagnement de l’Etat, mais aussi à communiquer au ministère de l’Agriculture les données relatives aux opérateurs éligibles à ce système. A ce titre, les dossiers de demande d’autorisation d’exercice de l’activité avicole délivrés par l’ONSSA doivent comporter les numéros d’affiliation à la couverture sociale (AMO) de l’éleveur pour les personnes physiques, ou de la CNSS pour les personnes morales. L’Etat, quant à lui, doit mettre en place cette protection sociale obligatoire pour tous les opérateurs de la filière et leurs employés.

Formation, insertion professionnelle et gouvernance

Toujours sur le volet humain, ce contrat-programme consiste à encourager l’entreprenariat des jeunes ruraux et des femmes rurales, en les identifiant, les sensibilisant, les accompagnant et les formant pour la réalisation de leurs projets, mais aussi en les incitant à suivre des stages pratiques et des formations diplômantes.

La formation sera précédée par l’identification des besoins. Celle-ci sera adaptée à chaque métier et catégorie professionnelle. Des formations pratiques, via des modules de courte durée, seront également organisées au profit des professionnels, techniciens, ouvriers et étudiants marocains et étrangers.

Dans le cadre du renforcement de l’insertion des opérateurs le long de la chaîne de valeur, la FISA et l’Etat s’engagent à encourager le développement d’organisations professionnelles de nouvelle génération, notamment par le biais de l’agrégation, des coopératives et des associations, mais aussi à encourager l’agrégation comme outil d’organisation des producteurs.

Enfin, pour améliorer la gouvernance de la filière, la FISA s’engage à la création et au lancement de représentations régionales dans les 12 régions du Royaume. En ce qui concerne les mécanismes d’accompagnement, des actions d’information et de sensibilisation des opérateurs et des investisseurs potentiels seront mises en place.

Hausse de la production des viandes de volaille et des œufs de consommation

La seconde priorité de ce contrat-programme est de pérenniser le développement agricole, qui passe notamment par la consolidation de la filière avicole, l’amélioration et la modernisation des circuits de distribution, le renforcement de la qualité, l’innovation, la recherche et développement et le soutien de la préservation des ressources.

Le contrat-programme envisage ainsi d’augmenter la production à 912.000 tonnes de viandes de volailles à l’horizon 2030, laquelle a atteint en 2020, date d’achèvement du Plan Maroc Vert, 782.000 tonnes. En ce qui concerne les œufs de consommation, la production devrait atteindre 7,6 milliards d’unités, contre 6,9 milliards en 2020.

Quant à la consommation des produits avicoles, elle devrait atteindre 24 kg de viandes de volailles par habitant par an et 200 œufs par habitant par an, laquelle en 2020 se situait à 22,1 kg/hab/an pour la viande de volailles et 195 unités/hab/an pour les œufs.

Pour ce faire, de nombreuses actions seront entreprises par la FISA et par l’Etat :

– Le renforcement des investissements dans la mise à niveau des unités d’élevage et leur modernisation, ainsi que leur équipement en matériel technique agricole (système d’alimentation automatique, système d’abreuvement automatique, système d’isolation et système de refroidissement…) ;

– La création des structures d’abattage de volailles, de valorisation et de traitement des déchets ;

– Le développement d’unités d’élevage alternatif, notamment la pintade, le canard, le poulet Beldi ou le poulet et les œufs fermiers ;

– L’installation et la mise à niveau des structures d’abattage industriel et/ ou de découpe, ainsi que les unités de conditionnement et/ou de valorisation des produits et sous-produits avicoles ;

– La mise en place des projets d’agrégation autour des abattoirs industriels avicoles, des centres de conditionnement et/ou de transformation des œufs agréés ou autorisés, des usines d’aliments et des couvoirs ;

– L’augmentation des volumes exportés de volailles, des sous-produits et des préparations à base de volailles ;

– La réalisation d’études visant à diversifier et développer les exportations. Toujours sur le volet de l’exportation, les parties signataires envisagent d’engager des négociations sanitaires avec les pays importateurs en vue d’aboutir à la validation, d’un commun accord, des modèles de certificats sanitaires pour l’exportation des poussins, des œufs à couver, des produits (viandes, œufs de consommation…) et des sous-produits avicoles et préparations à base de produits avicoles ;

– La mise en place d’un système d’information intégré permettant le suivi des indicateurs de production, de performance et de réalisation du secteur avicole ;

– Des accords interprofessionnels pour la régulation des productions des produits avicoles, en vue d’adapter l’offre à la demande du marché.

Vers l’amélioration des circuits d’abattage et la suppression des marchés de gros de volailles

Afin d’améliorer les circuits d’abattage, de commercialisation et de valorisation des volailles vivantes, les transporteurs seront sensibilisés quant à l’obligation de se conformer à la réglementation en vigueur en matière d’utilisation des caisses métalliques ou en plastique se prêtant au lavage et à la désinfection, ainsi qu’à l’obligation, pour tout moyen de transport de volailles, d’être muni de documents d’accompagnement des volailles transportés délivrés par le propriétaire de l’élevage ou son représentant ou le vendeur grossiste, conformes aux modèles en vigueur de l’ONSSA.

Les parties signataires s’engagent également à la suppression, à long terme, des marchés de gros de volailles, et à sensibiliser les gestionnaires des souks ruraux à la mise à niveau des Ryachates et à leur conversion en unités d’abattages de proximité pour l’approvisionnement exclusif des besoins des ménages.

Elles s’engagent aussi à accroître le tonnage des viandes issues des abattoirs agréés et des unités d’abattage de proximité autorisées pour atteindre 90% du tonnage des viandes produites, et à développer les segments de découpes (filet, cuisses) adaptés aux nouveaux modes de consommation et destinés aux marchés local et international, à la restauration et à l’industrie agroalimentaire.

Enfin, une stratégie de lutte contre les principales maladies réputées légalement contagieuses (MRLC) sera élaborée. Elle sera ensuite mise en œuvre par les vétérinaires sanitaires mandatés et les professionnels du secteur sous la supervision et le contrôle de l’ONSSA. Les éleveurs dont les volailles ont été abattues ou mises à mort et les produits avicoles détruits dans le cadre de l’application des mesures de police sanitaire relatives aux MRLC aviaires, seront indemnisés.

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23e édition du Salon avicole de Casablanca, du 25 au 27 octobre

“Secteur avicole : les enjeux de la modernisation de la distribution” : tel est le thème retenu pour cette 23e édition.

Cette édition s’inscrit dans un contexte de relance économique et a pour objectif de soutenir la reprise prometteuse post-Covid du secteur avicole, indique la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), organisatrice de l’évènement, dans un communiqué.

Elle devrait drainer plus de 14.000 visiteurs nationaux et internationaux, 400 exposants et marques représentant 25 pays, ainsi que plusieurs délégations de professionnels issus d’un grand nombre de pays africains.