Aïd al-Adha : le lundi 9 juin férié pour l’ensemble des salariés des banques

Dans un communiqué diffusé ce mardi 3 juin, le GPBM précise que chaque banque se chargera d’informer individuellement ses collaborateurs ainsi que sa clientèle de cette fermeture exceptionnelle.

Afin d’assurer la continuité des services et de répondre aux besoins des citoyens durant cette période, le groupement souligne que les banques prendront toutes les dispositions nécessaires sur l’ensemble du territoire national. Il s’agira notamment d’assurer l’approvisionnement en quantités suffisantes de billets de banque pour permettre l’alimentation continue des guichets automatiques de banque (GAB).

De plus, une attention particulière sera portée à la continuité du bon fonctionnement de ces guichets, avec la mobilisation des ressources humaines et techniques appropriées pour pallier tout éventuel dysfonctionnement technique.

Le département du chef du gouvernement fut le premier à décréter le lundi 9 juin jour férié et de manière exceptionnelle pour les administrations de l’État et les collectivités territoriales.

La CGEM a elle aussi appelé ses membres à suivre l’exemple du secteur public et à déclarer férié le lundi 9 juin.

Fact-checking. Le Maroc compte-t-il vraiment 83% d’entreprises informelles ?

Selon le récent rapport de la Banque mondiale, publié le 25 avril dernier, 83% des entreprises marocaines seraient informelles, et 80% de l’emploi au Maroc relèverait de l’informel en 2018. Une information largement reprise par les médias marocains.

Ces taux soulèvent, toutefois, plusieurs interrogations. À quelle période se rapportent réellement ces données, et que valent-elles sur le plan méthodologique ?

D’une part, ils semblent surprenants au regard des nombreuses mesures prises pour lutter contre l’informalité sous toutes ses formes. D’autre part, le rapport ne précise pas à quelle année cette donnée se rapporte : s’agit-il de 2024, de 2023 ou d’une période antérieure ?

En l’absence d’indication temporelle, ce chiffre perd une grande partie de sa signification analytique. Dans un souci de clarification, Médias24 a contacté la Banque mondiale pour avoir plus de détails.

Informalité des entreprises : la statistique de 83% date de 2014 !

Interrogée au sujet du chiffre de 83% des entreprises marocaines qui seraient informelles mentionné dans le rapport, notre source précise qu’il s’agit d’une estimation datant de 2014.

Dans le cas présent, le chiffre avancé de 83% fait référence à des données et estimations vieilles de plus d’une décennie. Dès lors, la prudence s’impose avant de relayer ce chiffre comme s’il reflétait la réalité économique de 2025.

Le rapport a été corrigé : la mention des 83% d’entreprises marocaines qui sont informelles n’y figure plus

Notre source indique par ailleurs que le rapport a été corrigé en conséquence. « Veuillez noter que le chiffre de 83% se réfère à une estimation ancienne de la part de l’emploi informel. Nous avons corrigé cela dans le rapport, et nous citons le rapport de 2014 pour les dernières statistiques dont nous avons connaissance, établies sur des données au niveau des entreprises », affirme-t-elle.

Ainsi, la version actuellement disponible en ligne, qu’il s’agisse de l’édition française ou anglaise, ne fait plus mention du chiffre de 83% d’entreprises informelles au Maroc. « Les données sur les entreprises informelles sont rares. La part des entreprises informelles dans le secteur privé dépend de la définition », lit-on dans le rapport après correction. (p. 33).

Notre source ajoute en réponse à nos interrogations, « D’après la définition basée sur l’affiliation à la sécurité sociale, nous savons que 89% d’un échantillon de micro et petites entreprises sont informelles« .

Toutefois, il convient également d’apporter des précisions à ce niveau. Le chiffre de 89%, cité dans le rapport de la Banque mondiale intitulé « À la recherche de meilleurs emplois : le défi de l’informalité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord« , repose sur une enquête menée en 2008 auprès d’un échantillon de seulement 211 micro et petites entreprises.

Bien que cette enquête apporte un éclairage qualitatif utile, la taille réduite de l’échantillon et l’ancienneté de l’enquête limitent fortement la portée statistique des résultats, rendant toute extrapolation à l’ensemble de l’économie marocaine en 2025 méthodologiquement fragile.

Informalité de l’emploi au Maroc : un chiffre à replacer dans son contexte

Selon le même rapport de la Banque mondiale, 80% de l’emploi au Maroc aurait été informel en 2018. Un chiffre saisissant, également largement relayé.

Interrogée sur ce chiffre et sur la méthodologie de calcul, notre source précise qu’il s’agit d’une estimation portant sur la population occupée.

« L’estimation concerne uniquement la population employée. Les critères sont de ne pas avoir de contrat formel, de ne pas avoir d’affiliation à la sécurité sociale, ou que l’établissement où ils travaillent ne tienne pas de registres/comptes écrits. Notez que tous les travailleurs familiaux non rémunérés qui contribuent sont considérés comme informels. L’emploi total inclut les employés, les employeurs, les travailleurs indépendants, les travailleurs familiaux contributeurs (non rémunérés), les membres de coopératives de producteurs et d’autres travailleurs non rémunérés. Cela concerne la population employée âgée de 15 ans et plus… De même, en 2015, le HCP a rapporté que le chiffre était de 80% », indique notre source.

Il convient d’abord de rappeler que ces statistiques du haut-commissariat au Plan remontent à l’année 2015, et que l’approche méthodologique utilisée par le HCP présente certaines spécificités. « Il s’agit de l’emploi informel approché par l’absence de couverture médicale », précise ainsi le rapport du HCP (p. 16).

Cependant, en 2025, la population active occupée à la fin du premier trimestre s’élevait à environ 10,6 millions de personnes. Or, à elle seule, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) recense actuellement plus de 4 millions de cotisants bénéficiant d’une couverture médicale, soit près de 40% des personnes occupées. À cela s’ajoutent d’autres formes d’emploi non rémunéré, notamment en milieu rural, dont les bénéficiaires sont également couverts par un régime de protection sociale depuis la généralisation de l’AMO.

Mondial 2030. Le secteur privé marocain sera au cœur des chantiers d’infrastructure

Lors de son échange avec les chefs d’entreprises à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Fouzi Lekjaa a plusieurs fois insisté sur la pleine disposition du gouvernement à collaborer étroitement avec le secteur privé.

Il a souligné l’engagement à partager en toute transparence les détails des stratégies en cours, dans le but de renforcer l’implication et l’intégration du secteur privé dans les préparatifs de la Coupe du monde 2030.

Ainsi, après tout ce qui a été dit sur les retombées économiques de la Coupe du monde et l’opportunité qu’elle représente pour notre pays, il était essentiel de mettre en avant le rôle central du secteur privé.

Dans ce contexte, plusieurs axes clés ont été définis pour renforcer son intégration dans cette dynamique et stimuler un essor durable des investissements.

Voici les principales mesures envisagées.

Un partenariat public-privé pour des retombées durables

L’un des axes centraux de cette mobilisation repose sur une collaboration étroite entre le gouvernement et le secteur privé, symbolisée par la proposition de mettre en place une task force spécifique. Cette initiative, destinée à coordonner les efforts des entreprises marocaines dans les projets liés à la Coupe du monde, vise à garantir une préférence nationale dans les appels d’offres publics.

Cette préférence nationale, évoquée par Fouzi Lekjaa, se traduit par l’intégration de clauses de partenariats locaux dans les contrats attribués aux entreprises internationales. Ces mécanismes visent à associer les compétences locales à l’expertise internationale, comme en témoignent les groupements d’architectes marocains et étrangers dans les projets de rénovation et de construction des stades conformes aux normes de la FIFA.

Une opportunité pour les TPME marocaines

L’implication des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) marocaines est un autre pilier de cette dynamique. Ces entreprises, représentant une part essentielle du tissu économique national (plus de 96%), seront intégrées dans la chaîne d’approvisionnement des grands projets. Que ce soit dans la construction, le transport ou les services techniques, elles joueront un rôle déterminant dans la réalisation des projets.

Pour faciliter cette intégration, des mesures d’accompagnement financier sont envisagées. Cela inclut des programmes de soutien spécifiques pour aider les entreprises locales à accéder aux appels d’offres, ainsi que des initiatives pour renforcer leurs compétences et leur compétitivité. La CGEM, en tant que représentant du secteur privé, jouera un rôle actif dans cette équation en facilitant le dialogue entre les entreprises et les décideurs publics.

Formation et transfert de compétences : préparer l’avenir

L’engagement du secteur privé ne se limite pas à la participation aux projets d’infrastructures. Il s’étend à des initiatives de formation et de transfert de compétences, indispensables pour répondre aux exigences techniques et organisationnelles de la Coupe du monde.

Des programmes de formation spécialisée seront mis en place en partenariat avec les instituts de formation professionnelle et les universités. Ces programmes couvriront des domaines stratégiques tels que l’hôtellerie, la construction, la maintenance et la gestion logistique. L’objectif est de créer un vivier de jeunes compétents, capables de contribuer non seulement à la réussite de l’événement, mais aussi au développement à long terme de l’économie marocaine.

Un autre aspect clé de la stratégie présentée par Fouzi Lekjaa est la priorisation des ressources et compétences locales. Cela inclut l’utilisation de matériaux, de technologies et de services marocains dans les projets liés à la Coupe du monde, réduisant ainsi la dépendance aux importations. Cette approche contribue à renforcer la souveraineté économique du Maroc tout en créant des opportunités pour les entreprises nationales.

Vers une collaboration structurée

Pour assurer le succès de cette mobilisation, la mise en place d’un cadre de collaboration structuré entre le gouvernement et le secteur privé est essentielle. La création d’un comité mixte public-privé, regroupant la CGEM, les ministères concernés et les porteurs de projets, permettra un suivi efficace et une priorisation des entreprises locales dans la réalisation des projets.

En outre, des programmes de partenariats public-privé seront développés pour encourager l’innovation et le transfert de savoir-faire. Ces initiatives contribueront non seulement à répondre aux exigences immédiates de la Coupe du monde, mais également à positionner le Maroc comme un modèle de collaboration entre le public et le privé dans l’organisation de grands événements internationaux.

Retraites. En plus de l’exonération, la nécessaire revalorisation des pensions pour le secteur privé (ANALYSE)

La question des retraites refait surface à la suite de l’amendement introduit dans le cadre du projet de loi de finances (PLF 2025). Il s’agit de la défiscalisation progressive des pensions de retraite de base à travers une réduction de 50% de l’IR en 2025, avant une exonération totale à partir de 2026.

Cette mesure, bien qu’elle puisse être saluée sur le principe, n’a concrètement qu’un effet limité sur la population actuelle des retraités. Selon une source sûre, environ 165.000 retraités, essentiellement du secteur public, sont concernés par cette mesure d’exonération. Pour le privé, comme avancé dans un précédent article, elle ne concerne que 32 personnes sur les 790.000 pensionnés de la CNSS. Les pensions privées restent largement en deçà du seuil d’éligibilité à l’impôt sur le revenu (IR).

Pourquoi ces 32 retraités seulement ? « Il se pourrait qu’un bénéficiaire cumule plusieurs pensions, ayant pour conséquence l’atteinte du seuil exigible pour l’IR. Par exemple, une femme qui dispose de sa pension de vieillesse car elle a été salariée dans le privé et bénéficie en même temps de la pension de survivant de son défunt mari », expliquent nos sources. 

Quoi qu’il en soit, « l’exonération s’appliquera notamment aux revenus supérieurs à 9.000 DH mensuels, avant la réforme du barème fiscal intervenue cette année. À titre d’exemple, pour une pension de 20.000 dirhams, le gain mensuel résultant de cette exonération atteindra 1.200 dirhams », nous explique notre source.

La règle de calcul prévoit l’application d’un taux d’abattement forfaitaire de 70% sur le montant brut imposable pour la partie des revenus inférieure ou égale à 168.000 DH/an, et de 40% pour la portion dépassant ce seuil.

Rappel du système dans le privé

Pourquoi ce sont les retraités du public qui en bénéficient le plus ? Car les retraites dans le secteur public sont supérieures à celles du secteur privé. Et que ces dernières sont quasiment toutes en deçà du seuil exigé pour l’IR et étaient exonérées de fait. Pour illustrer cet écart, en 2022, la pension mensuelle moyenne brute des nouveaux retraités du secteur public atteignait 9.919 DH, contre seulement 2.168 DH en 2023 pour ceux du secteur privé.

Ce n’est ni une révélation ni une nouveauté. C’est même l’un des plus importants biais qui existent dans le système de protection sociale que la réforme cherche à corriger.

Pour mieux comprendre les modalités en vigueur dans le privé, un nouveau pensionné qui remplit les conditions requises — soit 3.240 jours de travail déclarés et l’âge légal de 60 ans — bénéficie d’une pension correspondant à 50% du salaire mensuel moyen soumis à cotisation pour ces 3.240 jours. Chaque période supplémentaire de 216 jours cotisés ouvre droit à une majoration de 1%. Toutefois, le montant de la pension est plafonné à 70% du salaire mensuel moyen soumis à cotisation.

Étant donné que le salaire plafonné est actuellement fixé à 6.000 DH, la pension de retraite maximale ne peut excéder 4.200 DH par mois, soit 70% de ce plafond. Donc loin du seuil imposable.

Par ailleurs, il est important de noter qu’un montant minimum est garanti, indépendamment du salaire perçu durant les années de service. La CNSS a fixé ce minimum à 1.000 DH par mois, assurant ainsi un revenu plancher pour tous les pensionnés.

De la nécessité de revaloriser les pensions dans le privé

Une retraite entre 1.000 et 4.200 DH, déjà modeste, devient insuffisante pour préserver la dignité et répondre aux besoins croissants d’un ménage vieillissant, souvent confronté à des dépenses de santé et d’achat de médicaments.

Dans une analyse antérieure, Médias24 avait étudié l’impact de l’inflation sur les salaires des actifs, tant dans le secteur public que privé. Les résultats sont préoccupants.

Suivant la même analyse, entre 2017 et 2023, l’inflation a progressé de plus de 17%, tandis que les pensions de retraite des anciens salariés du secteur privé sont restées constantes, exacerbant ainsi l’érosion de leur pouvoir d’achat.

Ce n’est pas le montant crédité sur votre compte qui importe, mais bien la valeur réelle de cet argentRaisonner uniquement en termes nominaux peut induire en erreur, car cela masque l’effet de l’inflation sur le revenu. Il est donc fondamental de distinguer la pension nominale, qui reflète simplement un chiffre, de la pension réelle, qui exprime la véritable capacité d’achat, rappelant que la monnaie n’est qu’un moyen d’échange sans valeur intrinsèque.

Si l’on applique la même logique aux pensions de retraite du secteur privé, lesquelles se situent entre 1.000 DH et 4.200 DH, les données révèlent une situation préoccupante.

Selon les chiffres de la CNSS pour l’année 2023, les moyennes des pensions versées par la caisse sont les suivantes :

Pour cette même année, où le taux annuel moyen d’inflation s’est établi à 6,1%, un retraité percevant une pension de 2.168 DH aurait vu sa valeur réelle diminuer à 2.043,36 DH en fin d’année.

Cette perte de pouvoir d’achat illustre de manière frappante l’impact direct de l’inflation sur les revenus fixes, affectant tout particulièrement les retraités du secteur privé.

Si des données temporelles plus étendues étaient disponibles, une analyse de la valeur réelle des pensions sur une période prolongée mettrait sans doute en lumière une érosion encore plus marquée, révélant une tendance alarmante. Cette dévaluation des pensions exerce une pression croissante sur les dépenses essentielles telles que la santé, l’alimentation et le logement, déjà difficiles à assumer pour cette population vulnérable.

Le même raisonnement peut s’appliquer aux pensions perçues par les retraités du public, à la différence qu’elles sont plus importantes. De ce fait, la situation dans le privé est plus préoccupante.

Face à l’érosion permanente des valeurs réelles des pensions de retraite, lesquelles, au Maroc, ne bénéficient pas de revalorisation systématique, la situation devient de plus en plus difficile avec le temps.

Indexer les pensions sur l’inflation peut être une option à envisager. La mise en place d’un mécanisme d’ajustement annuel des pensions et/ou des cotisations, indexé sur le taux d’inflation permettrait de préserver le pouvoir d’achat réel des retraités, notamment les plus modestes, en limitant l’impact de l’érosion monétaire sur leurs revenus fixes.

De l’urgence de la réforme

Maintenant, replaçons le débat. Il y a un projet de réforme des retraites qui bloque depuis plusieurs années. Il y a une loi sur la généralisation de la protection sociale qui donne l’année 2025 comme deadline pour aboutir à cette réforme des retraites.

Nous ne savons pas encore ce qu’apportera cette réforme. Et à chaque fois que ce débat est ouvert, il est cantonné à son volet technique. Doit-on augmenter l’âge de départ à la retraite, doit-on augmenter les cotisations, doit-on fusionner les caisses, etc. ?

Ce sont des débats nécessaires, certes, car il y va de l’avenir de tout le système. Mais il est nécessaire également d’avoir une équité et une justice avec des systèmes qui permettent à tous de bénéficier d’une retraite digne après des années de travail.

Rappelons aussi une réalité oubliée : tous les systèmes de retraite confondus (public et privé) ne couvrent que 1,42 million de personnes.

Il y a 5 millions de personnes qui ne bénéficient d’aucune retraite et qui doivent rejoindre le régime. 

Productivité et innovation : les clés pour dynamiser le secteur privé marocain (BM et Observatoire)

Selon le rapport « Libérer le potentiel du secteur privé marocain :  analyse de la dynamique des entreprises et de la productivité », le Maroc doit relever des défis structurels importants pour que son secteur privé puisse jouer pleinement le rôle qui lui est assigné dans le cadre du Nouveau Modèle de développement (NMD). Ce dernier ambitionne, d’ici 2035, de doubler le revenu par habitant et d’accroître substantiellement la proportion d’emplois formels. Cependant, les récentes tendances montrent que, malgré une série de réformes et d’interventions pour améliorer l’environnement des affaires, les résultats en termes de productivité et de dynamisme entrepreneurial demeurent modestes.

L’un des constats majeurs du rapport est la lente croissance des entreprises marocaines. Si la densité des entreprises formelles a augmenté ces dernières années, notamment grâce à un taux d’entrée élevé et à des procédures simplifiées pour la création d’entreprises, la majorité des unités restent de très petite taille. Près de 86% des emplois privés formels au Maroc sont concentrés dans des entreprises de moins de 10 salariés, contre une moyenne de 35% dans les pays de l’OCDE. De plus, les entreprises tendent à croître très lentement avec l’âge, et leur taille moyenne, même après dix ans d’activité, ne dépasse pas 26 employés. Cette dynamique de faible croissance limite la capacité de ces entreprises à contribuer de manière significative à l’emploi et à l’innovation.

L’autre point crucial mis en avant par le rapport est la faible densité d’entreprises à forte croissance (EFC), appelées aussi « gazelles« , qui sont généralement des moteurs de création d’emplois dans les économies dynamiques. La rareté de ces entreprises au Maroc freine l’émergence de grandes structures capables de concurrencer les acteurs historiques, créant ainsi un environnement économique peu compétitif.

Le rapport souligne que, bien que les politiques publiques aient facilité la formalisation des entreprises, cela n’a pas suffi à soutenir une augmentation significative de la productivité. En effet, les nouvelles entreprises formalisées affichent souvent des niveaux de productivité inférieurs, ce qui tire vers le bas la moyenne du secteur formel.

De plus, l’allocation inefficiente des ressources constitue un frein important à l’amélioration de la compétitivité. Les entreprises marocaines les plus productives sont souvent trop petites, tandis que les entreprises plus anciennes et de grande taille, moins productives, continuent de dominer le marché. Cette inefficience allocative est particulièrement visible dans le secteur industriel où la baisse de la productivité du travail est accentuée par un manque de modernisation du capital physique et un faible niveau d’adoption des technologies innovantes.

À l’inverse, le secteur des services a bénéficié d’une réallocation modeste mais positive de la main-d’œuvre vers des entreprises plus productives, contribuant ainsi à une légère hausse de la productivité.

L’accès au financement est également identifié comme un problème structurel majeur. Bien que le secteur financier marocain soit relativement développé, l’accès au crédit reste inégal, favorisant les grandes entreprises établies au détriment des nouveaux entrants. Ce manque de financement pour les petites et moyennes entreprises (PME) freine leur expansion et leur capacité à innover, réduisant ainsi le potentiel global de croissance du secteur privé.

Face à ces défis, le rapport propose plusieurs pistes de réformes. Il recommande notamment de :

Le rapport souligne que pour que le Maroc atteigne ses objectifs de développement, il est indispensable de stimuler la productivité du secteur privé en s’attaquant aux distorsions du marché qui freinent la compétitivité.

Des réformes structurelles supplémentaires, combinées à un environnement propice à l’innovation et à la croissance des entreprises, sont essentielles pour libérer tout le potentiel de ce secteur crucial à la création d’emplois et à la transformation économique du pays.

Au Maroc, les grandes entreprises affichent une productivité inférieure à celle des PME (Banque mondiale)

Le rapport de la Banque mondiale, établi à partir de données exhaustives des entreprises du secteur privé formel, révèle que les grandes entreprises affichent une productivité inférieure à celle des petites et moyennes entreprises (PME). Ce dysfonctionnement, caractérisé par une mauvaise allocation des ressources et un drainage insuffisant des investissements vers les entreprises les plus compétitives, freine la croissance des PME, entraînant ainsi une densité très faible d’entreprises à forte croissance (EFC).

Lever les contraintes structurelles auxquelles le secteur privé est confronté pourrait considérablement améliorer la capacité de création d’emplois et stimuler la croissance économique

L’essentiel des différences entre les niveaux de revenu par habitant entre les pays peut être attribué aux écarts de productivité, c’est-à-dire à la quantité de production que les pays génèrent avec la même quantité d’intrants.

La productivité du travail, qui mesure la production par unité de travail apportée (valeur ajoutée par travailleur), a certes augmenté de manière significative depuis le début du siècle, mais celle des secteurs non agricoles de l’économie marocaine a pris du retard. Il est donc crucial de cibler les secteurs non agricoles pour améliorer globalement la productivité et permettre une croissance inclusive et durable.

Alors comment dynamiser le secteur privé et améliorer sa productivité ?

Pour stimuler le secteur privé marocain et favoriser une croissance économique durable ainsi qu’une création d’emplois efficace, il est essentiel de comprendre les dynamiques actuelles et d’adopter des stratégies adaptées. Cela nécessite de lever les goulots d’étranglement affectant la productivité du secteur privé formel, en ciblant les causes des inefficiences dans l’allocation des ressources.

Voici quelques recommandations de la Banque mondiale pour atteindre ces objectifs :

En adoptant ces recommandations, le Maroc pourra dynamiser son secteur privé, améliorer sa productivité et créer des emplois formels, contribuant ainsi à une croissance économique durable et inclusive. Ces mesures doivent s’accompagner d’un cadre institutionnel solide et d’un engagement politique fort pour garantir une mise en œuvre efficace et leur pérennité.

Amélioration de l’environnement des affaires : 5 questions à Mohcine Jazouli

A l’issue de la Conférence nationale sur l’environnement des affaires, qui a dévoilé les grandes lignes de la feuille de route, Mohcine Jazouli, ministre délégué à l’Investissement, à la convergence et à l’évaluation des politiques publiques, est revenu pour Médias24 sur son contenu. Objectif : atteindre 550 MMDH à l’horizon 2026.

Médias24 : Il y a eu par le passé plusieurs plans d’action ponctuels pour améliorer le climat des affaires ; mais c’est la première fois qu’une feuille de route pluriannuelle comporte un pilier transversal visant à prévenir la corruption alors que, d’après tous les investisseurs nationaux et étrangers, c’est le nœud gordien. Pourquoi avoir attendu aujourd’hui ?

Mohcine Jazouli : L’intégration de l’éthique, de l’intégrité et de la prévention de la corruption, comme pilier transversal de notre nouvelle feuille de route, constitue une avancée majeure pour l’amélioration de l’environnement des affaires.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, lors de son discours à l’occasion de l’ouverture du Parlement, le 14 octobre dernier, appelait à « la consolidation des règles de la concurrence loyale, à la mise en œuvre effective des mécanismes de médiation et d’arbitrage pour le règlement des litiges ».

Il est impératif de renforcer le climat de confiance dans lequel opèrent les investisseurs nationaux et étrangers.

C’est la raison pour laquelle notre gouvernement, en collaboration avec les instances concernées, s’est fermement engagé à ne pas occulter cette dimension essentielle, avec une nouvelle génération de réformes.

Notre démarche est par conséquent volontariste, car il est impératif de renforcer le climat de confiance dans lequel opèrent les investisseurs, à la fois nationaux et étrangers.

L’étroite collaboration avec l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) sera bien entendu décisive pour que nous puissions mener à bien les actions prévues dans ce domaine.

Et il faut ici préciser que, si ce gouvernement fait explicitement référence au souci de la corruption au sein de la feuille de route, il ne s’agit pas là d’une absolue nouveauté.

L’existence même de l’Instance est prévue par la Constitution, et l’adoption, en 2021, de la loi 46.19 relative à l’INPPLC a permis d’en élargir les prérogatives. Outre ses missions consultatives, elle dispose aujourd’hui d’un pouvoir d’investigation.

La nomination du président de l’INPPLC a érigé l’éthique, l’intégrité et la lutte contre la corruption en véritables priorités.

La nomination royale de son président en 2018, complétée par la désignation récente de l’ensemble de ses membres, érige l’éthique, l’intégrité et la lutte contre la corruption en véritables priorités.

Enfin, j’aimerais insister sur le fait que cette nouvelle feuille de route est innovante à bien d’autres titres. Avoir opté pour une méthode pluriannuelle nous permettra d’éviter les écueils qui découlent habituellement des actions simplement ponctuelles.

Nous ambitionnons d’avoir de l’impact à la fois sur le court, moyen et long terme, tout en donnant aux investisseurs une visibilité sur les chantiers prioritaires.

La poursuite de l’amélioration de l’environnement des affaires est en effet nécessaire à la consolidation de la place du Maroc comme terre privilégiée des investissements.

Tout un travail a  été réalisé pour unifier,
renforcer et territorialiser la gouvernance
de l’investissement.
– Maintenant que le diagnostic et la stratégie ont été déterminés, qu’allez-vous faire de concret dès demain ? Quel est votre plan d’action à court terme ?

– La feuille de route 2023-2026 pour l’amélioration de l’environnement des affaires identifie les actions prioritaires pour l’année à venir.

C’est sur celles-ci que nous allons nous focaliser dans un premier temps. Je cite, à titre d’exemple, l’adoption des textes d’application de la nouvelle Charte de l’investissement selon un calendrier précis, pour lequel l’Etat s’est formellement engagé au sein même de la loi-cadre.

Chaque initiative est portée par une entité bien définie qui est responsable de son avancement. Mais compte tenu de la transversalité des problématiques, une gouvernance structurée autour de plusieurs groupes de travail et pilotée par le Comité national de l’environnement des affaires (CNEA), en coordination avec mon département, est bien entendu prévue.

Plusieurs réunions de coordination seront mises en place dès la semaine prochaine pour synchroniser les efforts et piloter l’avancement des différents chantiers prioritaires de cette année.

Il faut également préciser que le gouvernement n’a pas attendu cette nouvelle feuille de route pour agir. Des actions concrètes ont d’ores et déjà été menées, notamment sur le volet de la simplification des procédures administratives, ou sur la question du foncier à travers la nouvelle loi sur les zones industrielles.

Tout un travail a aussi été réalisé pour unifier, renforcer et territorialiser la gouvernance de l’investissement.

Le gouvernement est ainsi pleinement mobilisé pour fluidifier le parcours de l’investisseur et simplifier l’acte d’investir.

Notre ambition est de mener des actions à la fois souples, agiles et efficaces sur tous les chantiers prévus, afin de libérer les énergies et de stimuler l’investissement et l’entrepreneuriat.

– Quelles seront les étapes suivantes ? Y aura-t-il un décret ou une loi pour donner un cadre juridique à chacun des quatre piliers, à savoir améliorer les conditions d’investissement, renforcer la compétitivité nationale, développer un environnement propice et prévenir la corruption ?

– Le cadre juridique qui sous-tend cette feuille de route est le décret instituant le comité national pour l’environnement des affaires, qui lui donne autorité pour coordonner et suivre l’avancement des différents chantiers.

Notre ambition est de mener des actions à la fois souples, agiles et efficaces sur tous les chantiers prévus, afin de libérer les énergies et de stimuler l’investissement et l’entrepreneuriat.

Par ailleurs, plusieurs actions prévues au sein de notre feuille de route font déjà l’objet d’un cadre juridique, comme par exemple la mesure relative à la Charte de l’investissement, qui dispose de son propre corpus législatif, de même que la e-création d’entreprise ou la loi sur les zones industrielles.

A noter également que le chantier de la simplification et de la digitalisation des procédures administratives a fait l’objet de quatre décrets d’application, qui concernent notamment la fixation du délai de traitement ne dépassant pas 30 jours pour plus de 300 actes administratifs, et le décret relatif à la mise en application du principe « Silence Vaut Accord » pour plus de 80 décisions administratives.

Enfin, il n’est pas exclu que d’autres mesures puissent faire l’objet d’ajustements législatifs ou réglementaires lorsque cela s’avèrera nécessaire.

Pour que nous puissions réaliser un bond à la fois quantitatif et qualitatif en matière d’investissement productif, nous ne nous fermons aucune porte.

– Avez-vous des objectifs chiffrés en termes d’investissement pour chacune des années qui nous séparent de l’horizon 2026, censé mobiliser 550 milliards de dirhams de fonds privés ?

– Ces objectifs ambitieux nous ont été fixés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a érigé l’investissement productif au cœur de cette nouvelle phase de développement du Royaume.

Mon département a ainsi initié un travail en profondeur pour aboutir à la déclinaison de ces objectifs stratégiques par secteur, par région et dans le temps.

L’objectif est, d’une part, de définir des objectifs détaillés communs et concertés avec les acteurs concernés et, d’autre part, de piloter de manière précise l’atteinte de ces objectifs en vue de prendre les mesures correctrices nécessaires le cas échéant.

Ce travail est en cours, en concertation avec tous les départements concernés et avec les acteurs territoriaux.

Mesurer l’efficacité des actions menées est un levier essentiel pour cette nouvelle génération de réformes.

– Avez-vous prévu des indicateurs qui permettront de mesurer l’efficacité et les progrès de votre feuille de route ?

Tout à fait car, comme vous le savez, ce gouvernement est orienté vers l’action. Il est donc tout naturel que nous nous fixions des indicateurs pour mesurer l’impact de l’action publique et nous auto-évaluer. Il n’est d’ailleurs pas anodin que ce département porte deux casquettes : la première qui concerne l’investissement, thème particulièrement transversal ; et la deuxième, celle de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques.

Ainsi, lors de l’élaboration de la feuille de route, nous avons défini les principaux indicateurs chiffrés qui permettront de suivre l’avancement de chacune des initiatives prévues. La gouvernance a également été définie à travers des instances de pilotage qui permettront d’assurer un suivi rapproché du déploiement de cette feuille de route.

Mesurer l’efficacité des actions menées est un levier essentiel pour cette nouvelle génération de réformes, qui elle-même doit ouvrir la voie à une nouvelle génération d’entrepreneurs et d’investisseurs.

Pour conclure la Conférence nationale sur l’environnement des affaires, le chef du gouvernement a d’ailleurs été on ne peut plus clair : ce gouvernement est pleinement disposé à déployer le potentiel du secteur privé, qui doit aujourd’hui devenir le moteur de la croissance économique du Royaume.

Témoignages de DRH : comment le pass vaccinal est géré en entreprise

Aziz Akhannouch a tenu, depuis le début de ce mois de février, une série de réunions avec les secrétaires généraux et les directeurs des ressources humaines (DRH) des différents départements ministériels et établissements publics, les parlementaires et les collectivités territoriales pour les inciter à sensibiliser la population sur l’impératif de parachever le schéma vaccinal.

Il a également rencontré les chefs d’entreprises. Lors de sa réunion tenue le 2 février avec la CGEM, le chef du gouvernement a appelé le patronat à généraliser la vaccination chez l’ensemble des salariés, ce qui revient à appliquer plus strictement le pass vaccinal dans les milieux professionnels.

Dans les administrations publiques, la fermeté est de mise. Certains ministères ont donné aux fonctionnaires un délai au-delà duquel ils seront interdits d’accès aux locaux des administrations. Leur absence sera ainsi qualifiée d’abandon volontaire de poste, avec les conséquences qui en découlent.

Dans le secteur privé, la CGEM par le biais de son président a adressé une courrier aux entreprises, les incitant à sensibiliser les collaborateurs à effectuer la troisième dose. Une mesure dont l’application n’est pas garantie, en l’absence d’une formalisation de l’appel à la vaccination qui permettra notamment de protéger les employeurs.

Le défaut de dispositions claires est pour les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, un facteur d’insécurité juridique. Sachant que cette formalisation n’a pas encore eu lieu à ce jour, comment les différents DRH des entreprises interagissent-ils avec l’appel des autorités et de la CGEM à la généralisation de la vaccination ? Témoignages de trois DRH sollicités par Médias24.

Les différentes mesures mises en place par les entreprises

« Depuis le début de la pandémie, nous avons toujours appliqué tout ce qui est officiel, que ce soit par rapport aux mesures de distanciation, port de masque et autres. Nous avons toujours été très regardants là-dessus », nous fait savoir le DRH d’une banque de la place.

« Actuellement, nous incitons les collaborateurs à se faire vacciner, mais nous sommes toujours confrontés à des exceptions. Nous exigeons ainsi des personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des soucis de santé, la présentation d’un certificat les exemptant de la vaccination. Il s’agit d’un document délivré par les autorités compétentes, après étude des dossiers médicaux des personnes concernées », explique notre source.

À la suite du récent appel des autorités à encourager l’administration de la 3e dose, « nous avons d’abord recensé tous les collaborateurs, pour lister ceux disposant de pass vaccinal, d’autorisation exemptant de la vaccination et les non-vaccinés, pour inciter ces derniers à effectuer leur vaccin », poursuit-elle.

« Pour ce qui est des cas exceptionnels qui ne peuvent pas se faire vacciner, un suivi de près est réalisé par le corps d’assistance sociale et les médecins du travail. Pour les employés réticents, nous essayons, à l’aide du médecin du travail, de comprendre l’origine du blocage pour les sensibiliser. Parfois il s’agit de maladies dont ils ne veulent pas nous parler en tant que DRH. »

Par ailleurs, « des facilités sont données à tous les employés qui désirent se faire vacciner, en leur accordant notamment la journée ».

Un autre DRH d’une entreprise opérant dans le secteur des solutions industrielles, nous indique pour sa part avoir eu le support « des autorités pour organiser le transport des employés vers les centres de vaccination depuis le début de la pandémie. Les centres nous réservent par exemple une heure le matin et une heure l’après-midi, de façon à acheminer deux autocars d’une trentaine de personnes par jour ».

« Nous demandons aux employés de se faire vacciner de manière volontaire. On leur explique également qu’il s’agit d’un traitement de faveur, et qu’ils ne vont pas faire la queue par exemple. Pour les deux premières doses, nous sommes arrivés à un taux de couverture de 96% au sein de la société », assure notre interlocuteur.

Davantage de réticence pour la troisième dose

Ce dernier assure que « pour la 3e dose, il y a plus de réticence ». « Nous avons toutefois un service médical ainsi qu’une infirmière, qui sensibilisent les employés de manière très simple. La réponse est lente, mais il n’y a pas de blocage systématique. Les employés sont juste plus réticents par rapport aux premières doses. Ainsi, au lieu d’avoir un ou deux autocars par jour, nous en avons un par semaine qui achemine les gens vers un centre de vaccination pour effectuer la 3e dose », confie-t-il.

Samir Errachidi, membre de l’Association des gestionnaires et formateurs des ressources humaines (AGEF), nous indique également que différentes mesures sont mises en place par les entreprises pour accélérer la vaccination de leurs employés.

Dans certaines sociétés, « un comité risque sanitaire a été mis en place depuis l’apparition du Covid au Maroc. Ce comité se réunit régulièrement pour discuter de la manière de développer les actions sanitaires et comment sensibiliser les gens par rapport à la pandémie. Après chaque réunion, un ensemble d’actions sont mises en place. Lorsque la vaccination a démarré au Maroc, les différentes sociétés ont continué sur la sensibilisation à son importance ».

Après le récent appel de la CGEM concernant la 3e dose, « des comités de direction dans certaines entreprises se sont réunis pour étudier la situation vaccinale des salariés », le but étant de recenser ceux qui ne sont pas vaccinés, et ceux qui ont la 1re et la 2e dose.

Pour accélérer la vaccination, les entreprises peuvent procéder de différentes manières, notamment en « coordonnant avec les autorités compétentes ou les délégations de santé pour avoir une unité mobile de vaccination au sein de leurs locaux, ou encore en mobilisant le transport du personnel pour les transporter au centre de vaccination le plus proche ».

« Les entreprises ont également recours aux partenaires sociaux. La question de la vaccination est discutée avec les syndicats qui se chargent, de leur côté, de sensibiliser les employés ».

Pas d’obligation, la vaccination reste volontaire

Nos trois sources nous confient toutefois que leurs sociétés n’obligent pas les employés à se faire vacciner. Elles optent plutôt pour la sensibilisation, tout en sachant qu’elles seront toujours confrontées à la résistance de certains.

« L’idée n’est jamais de faire pression sur les employés », nous fait savoir l’une de nos sources. « Cela passe plutôt par des discussions. L’infirmière de la société est une personne qui parle le même langage que les opérateurs industriels, et qui les conseille. C’est une approche qui prend plus de temps. »

Pour les personnes refusant de se faire vacciner, « aucune mesure drastique n’est prise à leur encontre. Nous n’avons pas opté pour l’arrêt total du travail car cela ne sert à rien, dans notre cas, la majorité de nos employés étant des intérimaires. Il n’y a donc pas d’arrêt total de travail, et je ne pense pas que ce soit une bonne mesure », conclut-il.

Même son de cloche auprès de Samir Errachidi. « On ne peut pas imposer la vaccination puisque l’État ne se prononce pas clairement dans ce sens. » Et d’ajouter, « dans son discours tenu la semaine dernière à la CGEM, le chef du gouvernement a essayé d’inciter les employeurs à obliger d’une manière indirecte les employés à aller se faire vacciner, mais dans la loi il n’y a rien qui protège l’employeur ».

« L’employeur n’a pas le pouvoir d’interdire l’accès à la société à défaut de présentation d’un pass vaccinal. Dans le Code du travail marocain, il n’y a rien qui protège ou oblige l’employeur à imposer cette mesure. On reste donc dans la sensibilisation », conclut-il.