DHL Express suspend ses services au Canada à partir du 20 juin 2025

Les opérations d’expédition DHL Express au Canada seront interrompues à partir du vendredi 20 juin 2025 à 00h00 (heure locale). « Nous cesserons de collecter les envois à destination ou en provenance du Canada à partir du mercredi 18 juin jusqu’à nouvel ordre », peut-on lire dans un communiqué de DHL Express Maroc, filiale de DHL.

Les services des autres divisions de DHL au Canada – DHL Global Forwarding et DHL Supply Chain – ainsi que les livraisons entrantes pour DHL eCommerce et Post & Parcel Germany ne sont pas concernés par cette suspension, précise la même source.

DHL Express explique que, malgré près d’un an de négociations avec le comité syndical Unifor, aucun progrès significatif n’a été réalisé pour parvenir à une nouvelle convention collective. L’entreprise souligne également que la nouvelle législation canadienne interdit toute mesure d’urgence pour atténuer les impacts des actions syndicales.

DHL Express affirme qu’elle poursuivra les discussions avec Unifor afin de garantir la pérennité de ses activités au Canada.

Nouveau système de visa américain pour les demandeurs marocains à partir du 8 février

Le nouveau système de visa américain sera opérationnel à partir du 8 février 2025. L’ambassade des États-Unis a dévoilé certains détails à connaître sur ce nouveau dispositif.

La page de connexion, le profil et les pages de prise de rendez-vous auront une apparence différente. Pour se connecter, il faudra se rendre sur www.ustraveldocs.com et procéder aux étapes suivantes :

L’ambassade américaine insiste pour que les demandeurs utilisent la même adresse mail enregistrée dans leur ancien profil lors de l’inscription dans le nouveau système, afin de récupérer leur reçu de paiement et leurs futurs rendez-vous.

« Dans le cas où vous avez payé vos frais de visa le 3 février ou avant dans l’ancien système et que vous n’avez toujours pas obtenu votre reçu de paiement à votre profil, vous pouvez cliquer sur « S’inscrire maintenant » et vous connecter au nouveau système », explique l’ambassade. « Une fois saisis le numéro du reçu de paiement et la date, vous pourrez récupérer votre nouveau reçu ».

« Les frais de livraison premium et de soumission de documents premium pourraient être révisés à partir du 8 février 2025, même si vous avez choisi ce service avant cette date », poursuit la même source.

Les services ordinaires, les services de paiement des taxes et le call center ne seront pas ouverts du mercredi 5 au vendredi 7 février, indique l’ambassade américaine dans une publication sur ses réseaux sociaux.

 

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Toutefois, sur la même période, les demandeurs de visa peuvent continuer à soumettre leur dispense d’entretien ou les 221g de documents au même emplacement de courrier. Les retraits de passeport et les livraisons vers les adresses choisies vont également se poursuivre.

Les demandeurs doivent honorer leurs rendez-vous en temps et en heure. Ceux ayant déposé leur demande de rendez-vous entre le mercredi 5 et le vendredi 7 février pourraient s’attendre à un retard de livraison de passeport durant ces trois jours.

Délais de paiement. Ce que prévoit la loi et comment les PME peuvent se protéger

Pour une PME, le respect des délais de paiement est vital pour assurer sa stabilité financière et répondre à ses obligations courantes : paiement des salaires, loyers, fournisseurs, ou encore remboursement des crédits contractés. Cependant, lorsqu’un client, particulièrement un gros donneur d’ordre, tarde à régler ses factures, les conséquences sont souvent désastreuses.

Ce phénomène déclenche un effet domino qui fragilise l’entreprise à plusieurs niveaux :

Les PME, positionnées en bout de chaîne dans de nombreux secteurs, disposent généralement d’une faible marge de manœuvre face à des clients dotés d’une puissance financière supérieure. Cette situation est d’autant plus critique que certains secteurs tolèrent encore des pratiques où les délais de paiement atteignent 90 à 120 jours, au-delà du plafond fixé par la loi. Ces délais peuvent être allègrement dépassés sans que l’entreprise, qui se trouve dans un état de dépendance économique, puisse faire quoi que ce soit à part subir.

Or, une grande partie des PME devront désormais payer leurs propres fournisseurs dans des délais de 60 ou 90 jours.

Ce que dit la loi : un cadre strict pour les délais de paiement

La législation marocaine, renforcée par la Loi n°69-21 amendant le Code de commerce, encadre strictement les délais de paiement entre professionnels. Par défaut, ces délais ne doivent pas dépasser 60 jours à compter de la date d’émission de la facture. Cependant, des conventions particulières peuvent fixer des délais plus longs, sous réserve qu’ils respectent certaines conditions :

En l’absence d’accord explicite entre les parties, le délai de paiement est automatiquement fixé à 60 jours. Si un délai inférieur est convenu, il doit impérativement être respecté. Toute dérogation abusive ou non formalisée expose le débiteur à des sanctions.

Les recours à la disposition des PME : voici comment réagir face aux retards de paiement ?

Bien que la loi 69-21 encadre strictement ces situations, certaines démarches préalables, comme la relance amiable, ne sont pas explicitement prévues par le texte mais restent des pratiques courantes pour tenter de résoudre le problème sans recourir à des actions légales immédiates.

Cette approche est à privilégier pour préserver la relation commerciale, particulièrement si le retard est dû à une difficulté passagère ou à une mauvaise organisation côté client.

La mise en demeure : formaliser votre demande

Si la relance amiable ne donne pas de résultat, la mise en demeure constitue une étape clé pour formaliser votre réclamation :

Pour une plus grande efficacité, il est conseillé de confier la rédaction de ce document à un avocat ou à une société spécialisée.

Faire appel à une société de recouvrement

Si vous manquez de temps ou d’expertise pour gérer le recouvrement, vous pouvez externaliser cette tâche à une société spécialisée :

Ce recours est particulièrement utile pour traiter des créances complexes ou lorsque plusieurs clients présentent des retards de paiement.

L’action judiciaire : le dernier recours

Si toutes les solutions amiables échouent, il est possible de passer par la voie judiciaire pour récupérer les créances impayées :

Cas pratique : la non signature du bon de réception par le maître d’ouvrage

Passons maintenant à un cas pratique fréquemment rencontré dans le quotidien des PME : lorsqu’une entreprise livre un bien ou réalise un service, la validation par la signature du bon de livraison constitue une étape décisive. Cependant, que se passe-t-il si le maître d’ouvrage temporise ou reporte cette signature ? Cette situation crée une ambiguïté juridique majeure : sans validation formelle, la livraison reste non reconnue, mettant en péril la capacité du fournisseur à exiger un paiement dans les délais légaux.

Contacté à ce sujet, Issam Maguiri, expert-comptable, insiste sur le rôle crucial du bon de livraison dans le cadre de la loi 69-21. « Si le maître d’ouvrage ne signe pas le bon de livraison, le fournisseur est juridiquement considéré comme n’ayant pas effectué la livraison. Cela place l’entreprise dans une position de vulnérabilité, car sans ce document, elle ne peut prouver que la vente a bien eu lieu et donc exiger le paiement », explique-t-il.

Par ailleurs, Rachid Abbih, également expert-comptable, apporte une importante nuance à ce sujet. « Le délai de paiement commence automatiquement à courir à la fin du mois de livraison, sauf si le maître d’ouvrage conteste la prestation ou le bien livré. Cependant, une contestation valide doit être accompagnée d’un bon de retour ou d’une justification formelle ».

Autrement dit, même en l’absence de bon de livraison signé, le cadre légal protège le fournisseur. L’article 78-2 de la loi 69-21 précise que si la réception du bien ou du service n’est pas formalisée, le délai de paiement est automatiquement déclenché à la fin du mois où la livraison ou l’exécution ont été effectuées, même en l’absence de facture émise ou de bon de réception signé, à condition que :

En d’autres termes : si le bon de livraison n’est pas signé mais que la livraison est prouvée, le délai légal de paiement (60 jours par défaut, ou 120 jours si convenus contractuellement) commence à la fin du mois où la livraison a eu lieu.

Comment réagir face à une absence de validation 

Les experts s’accordent à dire qu’une absence de signature du bon de livraison n’est pas une impasse définitive.

Voici les étapes à suivre pour les PME :

  1. Émettre une mise en demeure formelle
    • Exiger la validation du bon de livraison ou le paiement sous un délai précis.
    • Envoyer ce document par recommandé avec accusé de réception.
  1. Recueillir des preuves supplémentaires
    • Utiliser des correspondances, des photos, des enregistrements de livraison ou tout autre document pour démontrer que la prestation ou la livraison ont bien été effectuées.
  1. Privilégier la voie judiciaire en cas de blocage persistant
    • Si le maître d’ouvrage persiste dans son refus ou son silence, une action en justice peut être engagée. Sur la base des preuves présentées, le tribunal peut valider la réception et ordonner l’application des délais de paiement ainsi que des pénalités pour retard.

Anticiper pour éviter les litiges

Pour éviter ces blocages, les entreprises doivent intégrer des mécanismes préventifs dans leurs contrats :

Bien que la loi 69-21 prévoit des sanctions strictes pour les retards de paiement, leur application nécessite une action proactive de la part du créancier. La prestation ou le bien livrés doivent être dûment documentés, et le retard de paiement doit être constaté officiellement dans un cadre judiciaire.

Comme le souligne Issam Maguiri : « Sans preuves solides, il est difficile pour le tribunal d’ordonner l’application des pénalités. Les PME doivent donc veiller à sécuriser toutes les étapes de leur transaction. »

Important : les exceptions prévues par la loi

Les dispositions de la loi 69-21 ne s’appliquent pas aux transactions effectuées avec des personnes non résidentes, à condition que ces dernières ne possèdent pas de siège social, de domicile fiscal ou d’établissement au Maroc.

De plus, les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes (HT) est inférieur à 2 MDH sont également exclues du champ d’application de cette loi.

Créations d’entreprises : un démarrage maussade en janvier 2024

En 2023, les créations d’entreprises avaient stagné avec 93.675 entités enregistrées. A fin janvier 2024, le nombre d’entreprises créées a reculé de près de 2% par rapport au même mois en 2023 à 6.969 créations. Il s’agit, pour un mois de janvier, du chiffre le plus bas depuis 2017 et qui est en constante baisse depuis 2019.

Parmi ces nouvelles créations en 2024, 4.766 sont des entreprises personnes morales et 2.203 sont des entreprises personnes physiques.

Les deux tiers, soit 66,4% des entreprises créées en janvier 2024, sont des sociétés à responsabilité limitée à actionnaire unique (SARLAU), une tendance qui ne fait que s’accroître depuis plusieurs années. Pour rappel, lors du même mois cinq ans auparavant, 59,5% des entreprises créées étaient des SARLAU.

Un regain d’intérêt pour les entreprises du BTP

Dans le sillage des bonnes perspectives qui se dressent pour le secteur du « BTP et activité immobilières » avec la CAN et la CDM 2030, la part des créations d’entreprises dans ce secteur a progressé, passant de 15,97% en janvier 2023 à 17,66% en janvier 2024. Le secteur vient même détrôner celui des « services divers » à la seconde position des secteurs les plus attractifs.

Le secteur du commerce continue de perdre son attractivité malgré sa position de secteur le plus attractif. 36% des entreprises créées en janvier œuvrent dans ce secteur, contre 38,27% en janvier 2023.

Casablanca-Settat capte 27% des créations d’entreprises

La région de la capitale économique a dénombré 1.884 nouvelles entreprises créées en janvier 2024, soit 27% du total. Une part en baisse par rapport à l’année dernière, où la région accaparait 29,5% des créations d’entreprises.

Suit la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 1.164 créations, soit 16,7%. Une part en hausse par rapport à 2023 où elle se fixait à 15,4%

La région Marrakech-Safi arrive en troisième position avec 823 entreprises enregistrées courant du premier mois de l’année, soit 11,8% du total contre 11,3% en janvier 2023.

La légère baisse globale des créations d’entreprises en janvier est causée par plusieurs facteurs, notamment le phénomène durable d’incertitude depuis 2022.

Un contexte global encore défavorable pour les entrepreneurs et un accompagnement faible

Avec le début de la guerre en Ukraine, l’inflation et l’incertitude se sont installées de façon durable dans le monde. Pour Zakaria Fahim, président de l’Union des auto-entrepreneurs Bidaya, « il est clair que le contexte n’arrange rien. A la base, il n’y a pas une culture de l’entrepreneuriat ; beaucoup y vont par défaut car ils ne trouvent pas d’emploi dans le salariat. Et quand ils y vont, malheureusement, ils ne sont pas très bien armés. Si en plus de cela, le contexte est compliqué, avec une inflation qui s’est maintenue un certain temps à un niveau élevé, ça n’arrange rien ».

Pour lui, la stagnation du nombre de créations d’entreprises provient également d’un échec dans le développement du statut d’autoentrepreneur, censé être l’antichambre de la création d’entreprise. « Des erreurs ont été commises sur ce statut, notamment une paupérisation qui a été faite en limitant à 80.000 dirhams le chiffre d’affaires réalisable avec un seul client. Il y a eu le sentiment de devoir payer 30% à partir de 80.000 dirhams même si l’on est une toute petite entreprise. Les gens ont perdu confiance ; je crois qu’il y a un lien de causalité entre ces erreurs et les baisses de créations d’entreprises. L’auto-entrepreneuriat est l’antichambre de la création d’entreprise », explique Zakaria Fahim.

Pour notre interlocuteur, un accompagnement est nécessaire pour faire redémarrer les créations d’entreprises et permettre aux petits entrepreneurs de développer leurs marchés. « Souvent ils n’ont pas les codes, ni l’accompagnement adéquat pour s’en sortir, c’est pourquoi il faut revoir cette politique d’accompagnement de la TPME. Il y a une culture commerçante qui vise à vendre ce que l’on sait que le marché va consommer, et non une culture où l’on communique, où on promeut et on market le produit avant de vendre. Il y a un manque de valorisation. Il ne faut pas non plus donner de l’argent sans avoir un accompagnement non-financier », conclut-il.

https://medias24.com/2024/03/27/ompic-pres-de-7-000-entreprises-creees-a-fin-janvier-2024/

Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 23% depuis février 2022 !

Pour le mois d’octobre 2023, le haut-commissariat au Plan (HCP) a annoncé une baisse du taux de l’inflation sur une année à 4,3%. Ce chiffre est interprété (à raison) comme un relâchement , un ralentissement de l’inflation, qui avait culminé à 10,1% en février dernier. Mais cela signifie-t-il que les prix ont baissé, comme le laissent entendre plusieurs analyses ? Pas du tout. Les prix du panier de produits pris en compte par le HCP dans ses calculs continuent d’augmenter de mois en mois. La seule différence avec les mois précédents réside dans l’ampleur de cette hausse, qui s’allège de plus en plus. Ce qui est plutôt bon signe. Mais cela ne veut en aucun cas dire que les prix sont revenus à des niveaux normaux. Loin de là.

Le budget de l’alimentation des familles a augmenté du quart en vingt mois…

Si on veut faire une lecture globale des effets de l’inflation, l’analyse la plus parlante est de comparer la valeur de l’indice des prix à la consommation avant le début de la guerre en Ukraine, qui a produit les tensions inflationnistes dans le monde et au Maroc ; soit février 2022 et octobre 2023. Cela élimine l’effet de base qui peut être trompeur dans les calculs des variations annuelles et donne une idée plus claire de l’emballement des prix dans l’économie marocaine.

La courbe de hausse de l’indice des produits alimentaires et celle de l’indice général des prix ont la même forme et montrent bien que les produits alimentaires tirent l’inflation générale.

Calculs étant faits, par type de produit, on s’aperçoit que le chiffre de 4,3% communiqué par le HCP dans sa dernière note sur les prix à la consommation est loin de rendre compte, de manière parfaite, du sentiment général de cherté de la vie.

Exemple : le HCP annonce dans sa dernière note que le taux d’inflation générale de 4,7% comprend une hausse de l’indice des prix à la consommation des produits alimentaires de 8,8%, et celui des produits non alimentaires de 1,3%. Le HCP signale même des baisses de prix sur certaines catégories de produits alimentaires… Des conclusions qui ne sont pas en cohérence avec la perception des consommateurs et le discours que tiennent plusieurs acteurs de la société civile, experts de l’économie et partis politiques de l’opposition.

Car la réalité est bien plus grave que ce que laissent entrevoir les variations annuelles. Prenons l’exemple des « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées ». Les prix de cette catégorie de produits ont augmenté depuis l’éclatement de la crise ukrainienne de 23,6%. Autrement dit, le budget d’un ménage en produits alimentaires et boissons non alcoolisées a dû augmenter du quart en vingt mois. Une famille qui dépensait par exemple 2.000 dirhams pour ses courses alimentaires a vu sa facture, dans l’hypothèse de quantités achetées inchangées, passer à 2.472 dirhams, soit 472 dirhams de plus.

Transport, école, restaurants… Ces services qui s’emballent

Et ce, sans compter les autres produits et services indispensables à la vie de tous les ménages, comme les « Transports », dont les prix ont augmenté sur la même période de 10,36%. Cette hausse aurait pu être plus importante si le gouvernement n’avait pas débloqué les aides directes aux professionnels du transport. Mais à plus de 10%, cette hausse des prix dans les transports reste tout de même assez marquée. Elle s’explique de toute évidence par la hausse des prix des hydrocarbures, le gasoil essentiellement.

Autre exemple parlant : le coût de l’enseignement. L’indice des prix à la consommation du HCP montre que ce service vital s’est renchéri de 6,62%. Et ce n’est encore une fois qu’une moyenne, puisque la hausse peut être plus importante pour certains ménages que d’autres, selon le type d’établissements scolaires fréquentés et leur politique de prix.

Les « Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer » sont aussi concernés par cette vague de hausse des prix, avec une progression moyenne de 7,49% sur vingt mois. Même tendance à la hausse pour les « Articles d’habillement et chaussures » qui ont vu leurs prix augmenter de 7,02%.

La catégorie « Restaurants et hôtels » n’est pas en reste, comme le ressentent d’ailleurs beaucoup de familles. Le prix de ce service a connu une hausse moyenne de 9,20% depuis février 2022. Ce qui explique pour beaucoup l’atonie dans ce secteur des services que nous avons évoquée, témoignages à l’appui, dans cet article.

LIRE AUSSI : Ce que dit la baisse de la consommation de la situation financière des familles marocaines

Bref, la vie à fin octobre 2023 est beaucoup plus chère qu’en février 2022, mois durant lequel la situation des prix était encore stable, avant de s’emballer en mars avec l’invasion, par la Russie, de l’Ukraine. Et cette situation ne s’estompe pas, bien au contraire, puisque l’inflation dépasse la norme admise des 2% tous les mois, ajoutant aux hausses des prix déjà consommées de nouvelles hausses que le consommateur subit de plein fouet sur les produits les plus essentiels à sa vie : alimentation, ménage, école, transport, habillement, sorties…

Voici par ailleurs l’historique et les détails de l’indice des prix et du taux d’inflation, puisés dans les tableaux de bord de Médias24:

 

OMPIC : 64% des entreprises nouvellement créées sont à associé unique

Selon les dernières statistiques de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), la création d’entreprises en personne physique ou morale, à fin septembre 2023, demeure stable par rapport à la même période en 2022.

Au total, 69.414 entreprises en personne physique ou morale ont été créées sur les neufs premiers mois de l’année. Un niveau très semblable, à quelques dizaines près, au niveau observé à fin septembre 2022. Parmi ces entreprises, 47.523 sont des entreprises en personne morale et 21.891 sont des entreprises en personne physique. Les parts des entreprises en personne morale et celles en personne physique, dans le total des entreprises créées, sont similaires à celles de l’an dernier.

À fin septembre 2023, on observe une démocratisation constante des créations d’entreprises à actionnaire unique, les SARLAU. Elles représentent 64% des entreprises créées contre 35,4% pour les SARL (société à responsabilité limitée, ndlr). Notons qu’il y a dix ans, à fin septembre 2013, 49,7% des entreprises créées étaient des SARL et 47,8% des SARLAU.

Des créations de plus en plus nombreuses dans le secteur des services

En termes de répartition, les créations, à la fin du troisième trimestre 2023, se maintiennent dans les secteurs habituels. Au total, 35,85% des entreprises créées concernent le commerce, 18,63% les services divers, et 17,43% le BTP et les activités immobilières.

Des chiffres qui demeurent globalement alignés sur ceux observés à la même période l’an dernier. Le commerce regroupait 35,8% des créations d’entreprises, suivi des services divers avec une part de 18,2% et enfin le BTP avec 16,68%.

La région Casablanca-Settat rassemble près de 29% des créations d’entreprises

Parmi les 69.414 créations d’entreprises enregistrées, près de 29% se situaient dans la région de Casablanca-Settat. Au total, 19.912 entreprises y ont été créées à fin septembre. La région connaît un dynamisme semblable à celui de la même période l’an dernier, en amélioration d’un point. À la même période en 2022, elle regroupait 27,8% des créations d’entreprises.

La seconde région qui regroupe le plus grand nombre de créations d’entreprises est Tanger-Tétouan-Al Hoceima, avec 10.095 entreprises créées sur la période, soit 14,5% du total. Cette part a très légèrement augmenté par rapport à la même période l’an dernier, où la région du Nord abritait 14% du total des entreprises créées.

En troisième position vient la région de Rabat-Salé-Kénitra avec 8.164 entreprises créées à fin septembre 2023. Un chiffre en nette baisse par rapport à la même période en 2022 où la région captait 9.389 créations, soit un retrait de 13%. Cette région capte 11,7% des entreprises créées à fin septembre contre 13,5% à la même période l’an dernier.

La blockchain au Maroc, une technologie de plus en plus demandée, mais une offre encore timide

L’intelligence artificielle et la blockchain, deux technologies qui ont le vent en poupe aussi bien au Maroc qu’à l’international. Au niveau national, au cours des derniers mois, de nombreuses entreprises se sont emparées de cette technologie, mais son utilisation se limite à quelques secteurs.

Au sujet de l’évolution de l’usage de cette nouvelle technologie et des secteurs les plus demandeurs à l’échelle nationale, Badr Bellaj explique : « Nous avons remarqué une tendance de fond au cours des derniers mois. Il s’agit de l’utilisation de la blockchain pour des projets BtoB (business), notamment dans le secteur bancaire, la régulation et la prévoyance. »

Top 3 des secteurs utilisateurs de la blockchain

« Aujourd’hui, les trois secteurs qui utilisent le plus la blockchain au Maroc sont, par ordre d’importance, la logistique, les activités bancaires et celles relatives au paiement », révèle Badr Bellaj.

Il place les télécoms au quatrième rang des utilisateurs de cette technologie. Et il est formel : « Les entreprises marocaines utilisatrices de la blockchain ont généralement pour objectifs de proposer des solutions ou des services innovants, mais aussi d’accélérer leurs process et de réduire leurs coûts. »

L’un des atouts majeurs de cette technologie a trait, entre autres, au stockage et à la transmission de l’information, réalisée de manière décentralisée. Ce qui offre la possibilité aux utilisateurs de se passer des tiers de confiance, avec à la clé, l’amélioration de la sécurité, la transparence, la traçabilité et la rapidité des informations enregistrées.

Une offre encore étriquée

Au Maroc, la demande de cette technologie augmente de plus en plus même si le marché est encore jeune, selon  les professionnels. Autre particularité nationale : les entreprises spécialisées dans la blockchain sont très peu nombreuses.

« Le manque de sociétés spécialisées est dû au fait que le secteur est capitalistique. De plus, le retour sur investissement se fait sur plusieurs années. Ces obstacles, assimilés aux barrières à l’entrée, peuvent être dissuasifs pour beaucoup de jeunes entreprises, aussi innovantes soient-elles », analyse notre expert. Ce dernier évoque également l’une des principales exigences de l’activité : celle pour une entreprise de disposer d’un niveau élevé de technicité, lequel s’acquiert avec le temps, à mesure que les références s’accumulent. Notre interlocuteur souligne qu’il existe tout de même au Maroc des entreprises qui tentent d’intégrer la blockchain dans un service dédié.

Enfin, il attire notre attention sur l’intérêt croissant des projets tournés vers l’international pour la blockchain (Web3). Dans le même ordre d’idées, l’annonce faite par Abdellatif Jouahri, wali de Bank-Al Maghrib, en novembre dernier, est très bien accueillie par les professionnels. Cette annonce concerne l’ouverture du chantier de préparation de l’encadrement juridique des crypto-actifs, ainsi que le lancement de la réflexion sur l’émission potentielle d’une monnaie digitale de la Banque centrale utilisant la technologie de la blockchain.

Au final, dans l’optique de démocratiser davantage l’usage de la blockchain au Maroc, tout en renforçant le stock des entreprises spécialisées dans cette technologie, Badr Bellaj travaille à la mise sur pied d’une blockchain au niveau national. Un outil qui devrait permettre aux entreprises spécialisées de développer rapidement leurs propres solutions.

Tiers de confiance national : la procédure à suivre pour les fournisseurs de services intéressés

Né d’une collaboration entre l’Agence de développement du digital (ADD) et la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), le nouveau service d’identification et d’authentification des usagers des services numériques, « tiers de confiance national », a pour ambition de renforcer la confiance dans les transactions digitales.

En plus de faciliter les transactions numériques via un canal sécurisé, il répond aux besoins des fournisseurs de services publics et privés en termes de gestion des identités et des accès.

Les fournisseurs n’auront plus à saisir et à vérifier les données de leurs utilisateurs. Le nouveau service garantit l’exactitude des informations, transférées directement depuis les puces intégrées dans les cartes d’identités nationales électroniques de seconde génération (CINE2).

Le service assure également aux fournisseurs une réduction du coût des investissements liés au développement de solutions d’authentification, dont des modules d’authentification ou de reconnaissances faciales.

La procédure à suivre pour les fournisseurs de services 

Si les usagers des services numériques doivent d’abord activer leur compte afin de profiter pleinement des fonctionnalités du nouveau système d’authentification, la procédure est différente pour les fournisseurs intéressés.

Dans un premier temps, le fournisseur doit envoyer une déclaration d’intérêt à l’Agence de développement du digital via l’adresse authentification-identification@add.gov.ma

L’Agence étudie les besoins du fournisseur de service et son champ d’activité. Une fois ces points éclaircis, une convention est signée entre l’ADD et le fournisseur de services, donnant lieu à son intégration à la plateforme.

L’ADD indique que l’ensemble des services sont inclus dans la plateforme, en vue d’une intégration rapide et simplifiée de la solution, via le mode portail et l’application mobile. Etablis selon le même processus, ils sont disponibles en ligne et hors ligne.

Pour toutes informations complémentaires, l’ADD a mis en place un helpdesk à disposition des fournisseurs de services au 05 37 56 93 30.

Différentes utilisations possibles

Pour l’heure, 9 millions de détenteurs de la CINE2 sont intégrés au système d’authentification “tiers de confiance national”. L’ajout des cartes d’identité de première génération est prévu courant 2022.

Les fournisseurs de services ont la possibilité d’utiliser cette solution dans différents cas de figure, notamment lorsqu’ils souhaitent lancer un nouveau service en ligne pour lequel il est nécessaire de gérer des comptes clients.

En intégrant les moyens techniques proposés par la plateforme, le fournisseur de services pourra autoriser les futurs accès au service sur présentation de la CINE du titulaire du compte.

Le deuxième cas de figure concerne les organismes qui disposent d’un service en ligne, auquel la majorité des utilisateurs sont inscrits. Ils souhaitent par conséquent lancer une campagne de fiabilisation de leur base de données. 

La plateforme répond à ce besoin en fournissant une solution de vérification d’identité avant de transmettre les données d’identification du porteur. Ensuite, la plateforme s’assure que l’utilisateur est bien le titulaire du document d’identité avant d’envoyer les données au fournisseur.

Pour finir, ce dernier vérifie que les données fournies par la plateforme sont identiques à celles associées au compte de son client. Ainsi, le fournisseur renforce la sécurité de l’accès à ses services en ligne et mène une campagne de rectification et certification de ses données clients.

Le dernier cas de figure met en scène des fournisseurs de services à la recherche d’une sécurisation de l’accès à un service en ligne, sans pour autant avoir accès aux données personnelles des utilisateurs.

Saweblia, la startup qui cible les services à domicile et au bureau

Saweblia a été initialement fondée par Mohammed Ait Addi, ingénieur en informatique et entrepreneur dans le secteur du digital et de la communication. Marié et père de trois enfants, il a souvent été confronté à des problèmes de petits travaux chez lui sans pour autant savoir qui contacter.

Suite à plusieurs échanges avec ses proches et des acteurs de l’écosystème startup au Maroc, Mohammed Ait Addi s’est rendu compte que ce problème était largement répandu et a décidé de lancer Saweblia. Après avoir développé une application mobile, constitué une première équipe de professionnels (électriciens, plombiers, peintres, etc.) et séduit ses premiers clients, il rencontre Réda Lakhlifi qui le rejoindra plus tard dans l’aventure entrepreneuriale.

Financier de formation, Réda Lakhlifi évoluait au sein de l’accélérateur de startups Endeavor, une ONG basée à New York qui a accompagné les fondateurs de Careem, Glovo ou Flutterwave pour n’en citer que quelques-uns. Séduit par l’idée et la capacité d’exécution de Mohammed Ait Addi, Réda Lakhlifi met ses compétences de stratège et de business développement au profit de Saweblia.

Saweblia est un full service provider qui mise sur la qualité de service

« La satisfaction de nos clients est notre priorité et c’est pour cela que nous avons décidé de nous positionner en tant que full service provider », affirme Mohammed Ait Addi, fondateur et responsable des opérations de Saweblia. Et de poursuivre : « Lorsque le client nous contacte, nous sommes son interlocuteur unique : nous identifions son problème, nous lui envoyons un devis qui comprends la fourniture et la prestation du professionnel ». En effet, Saweblia maîtrise toute la chaîne de service en fixant le prix aux professionnels et en s’occupant d’acheter la fourniture. L’intervention a lieu au jour et à l’heure choisis par le client. Pour rassurer ce dernier, « nous lui offrons une garantie sur nos interventions pouvant aller jusqu’à 6 mois », ajoute-t-il.

Mohammed Ait Addi insiste sur la standardisation de ses prix, quel que soit le quartier. « Les personnes qui ne nous connaissent pas pensent souvent que parce que nous offrons un service de qualité, nous coûtons cher, or ce n’est pas le cas. En plus de deux ans d’activité, nous avons développé une expertise en interne qui nous permet de standardiser les prix des prestations. Nous sommes même parfois moins chers que le secteur informel. Nos clients sont ainsi assurés de payer le juste prix et nos Pros de générer un revenu supplémentaire mensuel suffisant, afin que tout le monde soit dans une relation gagnant-gagnant », explique-t-il.

Saweblia compte aujourd’hui plusieurs centaines d’artisans sur plusieurs familles de service : électricité, plomberie, peinture, menuiserie bois et aluminium, désinfection, dératisation, désinsectisation, bricolage, revêtement… et compte étoffer son offre de service pour devenir l’acteur leader des services à domicile et au bureau.

Par ailleurs, « les professionnels qui collaborent avec Saweblia évoluent pour la grande majorité dans le secteur informel », souligne pour sa part Réda Lakhlifi, cofondateur et CEO de Saweblia. Pour qu’ils puissent offrir leurs services aux client de la startup, ils sont accompagnés pour devenir autoentrepreneurs. « Nous leur permettons d’être bancarisés, d’avoir accès au crédit, aux assurances, à la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR), à des outils neufs et à des formations métiers auprès de nos partenaires. Faire monter en compétence et en cadre de vie nos professionnels a de facto un impact positif sur la qualité de service et de nos interventions », assure Réda Lakhlifi.

Une startup bien entourée

Suite à une incubation de Saweblia pendant 6 mois dans le cadre du programme 212 Founders, la CDG Invest a été séduite par le potentiel de croissance de la startup, aussi bien sur le marché local qu’international, et par l’impact social sur nos professionnels, ce qui l’a convaincu de se positionner sur le tour de table avec un ticket de 3 millions de dirhams.

Grâce à cette première levée de fonds et à la complémentarité de ses co-fondateurs, Saweblia compte renforcer sa présence à Casablanca avant d’étendre ses services à Rabat, Marrakech, Tanger et Fès. La startup a également débuté la phase d’accélération du programme 212 Founders afin de préparer sa Série A et son internationalisation. Pour cela, la startup est entourée de plusieurs conseillers et business angels : Ilan Benhaim, cofondateur du site Ventes Privées en France, business angel, Nawal Khayatei Houssaini, Senior Partner de Valyans, DG de Akumenia et business angel, Omar Benmoussa, ex cofondateur de Chauffeur Privé/Kapten en France et advisor, et Youssef Mamou, ex DG de Careem Maroc et advisor.

Saweblia a d’ores et déjà séduit plusieurs milliers de clients B2B et B2C et « ne compte pas s’arrêter là ». La jeune pousse ne sera peut-être pas la première licorne marocaine mais ses cofondateurs ont « comme ambition minimale de devenir une gazelle, c’est-à-dire d’atteindre une valorisation supérieure à 100 millions de dollars ».

Recruter des talents : grand défi des startups

Tous les voyants semblent être au vert pour cette startup à l’avenir prometteur. Les cofondateurs nous ont confié qu’ils rencontrent néanmoins un challenge au niveau des ressources humaines.

« Lorsque j’ai commencé mes études supérieures, tout le monde, moi y compris, voulait être trader. Dix ans plus tard, avec la crise des subprimes et l’émergence de plusieurs licornes, les nouveaux entrants du marché de l’emploi souhaitaient devenir entrepreneurs ou travailler pour une startup. Ce qui est une réalité en Amérique du Nord et en Europe l’est moins au Maroc. Le fait qu’il n’y ait pas encore eu de success story marocaine n’encourage pas les talents à rejoindre une startup », regrette Réda Lakhlifi.

Dans ce cadre, Saweblia est en pleine recherche « d’une vingtaine de talents dans les départements développement, ventes et opérations qui souhaitent évoluer dans une startup innovante ayant un impact social, et où les cofondateurs organisent pour les collaborateurs un monthly barbecue ».