SGTM : de l’IPO à la 6ᵉ capitalisation, où en est le titre en bourse ?

SGTM a suscité un intérêt considérable dès l’annonce de son introduction en bourse, un engouement qui s’est confirmé lors de la concrétisation de l’opération.

Introduite à la Bourse de Casablanca le 16 décembre 2025, la valeur a signé l’un des plus grands succès boursiers de ces dernières années. L’entreprise a procédé à une cession de 20% de son capital, pour un montant proche de 5 milliards de dirhams, attirant un nombre record de souscripteurs.

Dès la première séance de cotation, l’action SGTM a été réservée à la hausse, une dynamique qui s’est prolongée tout au long de la première semaine suivant son introduction. Séance après séance, le titre a cristallisé l’attention, porté par un déséquilibre marqué entre une demande très soutenue et une offre limitée.

Puis est venue la séance du vendredi 26 décembre, restée dans toutes les mémoires. Une journée particulièrement agitée, marquée par des volumes exceptionnels, de fortes variations de prix et de nombreuses interrogations.

Comme Médias24 l’a expliqué dans son précédent article, cette séance avait concentré à la fois des facteurs techniques, des effets de calendrier de fin d’année, ainsi que des dysfonctionnements observés sur certaines plateformes de trading, dans un contexte de trafic record.

Sans conclure à l’existence de pratiques irrégulières, les autorités de marché sont attendues sur ce point, l’analyse menée alors par Médias24 a retracé, selon les données disponibles, un épisode de marché atypique, révélateur des tensions qui peuvent apparaître lors des premières séances post-IPO, lorsque l’euphorie, les règles de marché et les contraintes opérationnelles se rencontrent.

Dans ce contexte, où en est aujourd’hui SGTM en bourse, et quels sont les facteurs qui continuent de soutenir la trajectoire du titre ?

SGTM en bourse : évolution du titre et positionnement actuel

Depuis son introduction en bourse, SGTM affiche une progression de plus de 127% par rapport à son prix d’IPO. Une hausse qui s’est construite progressivement au fil des premières séances de cotation.

À la séance du 6 janvier, le titre SGTM cote 943 DH, en légère baisse de 0,7% sur la journée. Cette évolution intervient après une phase marquée par plusieurs séances de réservation à la hausse lors de la première semaine suivant l’introduction.

Sur le plan de la capitalisation, SGTM a été introduite avec une valorisation d’environ 25 MMDH. Actuellement, elle affiche désormais une capitalisation de 56,6 MMDH. Ce niveau lui permet de devenir la sixième capitalisation de la Bourse de Casablanca.

Avec cette capitalisation, SGTM dépasse TGCC, valorisée autour de 33 MMDH, ainsi que Jet Contractors, dont la capitalisation avoisine 8,9 MMDH.

SGTM occupe la première place en termes de capitalisation dans le secteur du BTP coté

Plusieurs analystes interrogés expliquent que la trajectoire du titre s’inscrit d’abord dans un fort engouement des investisseurs depuis l’introduction en bourse.

« La valeur a connu un intérêt très marqué dès son IPO, ce qui explique en grande partie la hausse rapide observée en bourse », résume l’un d’eux.

Cette confiance s’appuie aussi sur des éléments plus structurels. « SGTM est aujourd’hui l’un des grands acteurs du BTP au Maroc. Elle dispose surtout d’un carnet de commandes important qui, selon nos calculs internes, dépasse actuellement les 40 MMDH« , explique notre analyste. Cela donne de la visibilité sur l’activité à venir et contribue à la lecture de solidité du titre ».

D’autres professionnels du marché rappellent toutefois que l’évolution du cours ne se fait jamais de manière linéaire. « Après un mouvement haussier aussi rapide, il est naturel d’entrer dans une phase de prises de bénéfices. Certains investisseurs choisissent de dégager leurs plus-values, ce qui fait partie de la vie normale d’un titre en bourse », observe notre interlocuteur.

Dans cette lecture, SGTM reste perçue comme une valeur suivie sur un horizon plus long. « C’est un titre qui s’inscrit davantage dans une logique de moyen à long terme. Le marché continue de le regarder comme tel, même si des ajustements de cours peuvent intervenir à court terme ».

Dans cette lecture, SGTM reste perçue comme une valeur suivie sur un horizon plus long. « C’est un titre qui s’inscrit davantage dans une logique de moyen à long terme. Après les phases de volatilité observées depuis l’IPO, le marché continue de le regarder comme tel. Je pense que le titre va dépasser le seuil des 1.000 DH », ajoute-t-il.

Sur le volet valorisation, notre analyste attire toutefois l’attention sur les niveaux atteints par le titre. « Il faut suivre de près les niveaux de valorisation. Aujourd’hui, le PER de SGTM ressort autour de 48,1 fois, ce qui traduit les anticipations élevées intégrées par le marché », explique-t-il.

Pour rappel, le portefeuille de projets contractualisés ressortait à 37 MMDH à fin mai 2025, dont 16,6 MMDH de carnet de commandes à fin 2024 et 20,5 MMDH de prises de commandes sur les cinq premiers mois de 2025. Ces projets sont étalés sur plusieurs exercices, avec une reconnaissance progressive du chiffre d’affaires jusqu’en 2028.

Sur cette base, le business plan présenté lors de l’IPO repose sur un chiffre d’affaires consolidé projeté à 14,3 MMDH en 2025, puis 17,8 MMDH à l’horizon 2028, avant une phase de croissance plus modérée sur la période suivante.

Les hypothèses de marge retenues s’inscrivent dans la continuité des performances historiques du groupe, avec une marge brute moyenne proche de 37,7% et une marge EBITDA autour de 16,9% sur l’horizon du business plan qui s’étend jusqu’en 2031.

Transactions : un ressenti encore présent sur le terrain

À ce jour, plusieurs investisseurs ont fait part de difficultés rencontrées lors d’opérations de vente. Il s’agit essentiellement de décalages dans l’exécution des ordres, d’opérations qui mettent du temps à apparaître comme exécutées, ou encore de situations perçues comme peu lisibles dans le suivi des portefeuilles.

Dans un contexte de volumes élevés et de forte activité sur le titre, ces décalages ont parfois généré de l’incompréhension, notamment lorsque des investisseurs pensaient disposer encore de leurs titres alors que des ordres étaient en cours de traitement. Le ressenti exprimé n’est pas celui d’un dysfonctionnement généralisé, mais plutôt d’une phase d’ajustement, où la rapidité des flux met à l’épreuve les chaînes d’exécution et les outils de suivi.

Dans une phase post-IPO marquée par un afflux massif d’opérations, la fluidité des transactions et la lisibilité pour les investisseurs deviennent des éléments aussi importants que l’évolution du cours lui-même.

IPO de SGTM : Attijariwafa bank concentre près de 45% des souscripteurs

Dans le cadre de l’introduction en Bourse de SGTM, Attijariwafa bank a concentré près de 45% des souscripteurs, selon les données communiquées à l’issue de l’opération.

Il s’agit de la part la plus élevée enregistrée pour un établissement lors d’une IPO sur le marché marocain.

Cette opération intervient après celle de Cash Plus, lors de laquelle la banque avait déjà dépassé le seuil des 40% des souscripteurs, avec une part de 42%, confirmant une récurrence de ce niveau de participation sur les introductions récentes.

Au total, l’IPO de SGTM a mobilisé plus de 173.000 souscripteurs, un volume inédit sur la Bourse de Casablanca. Ce chiffre dépasse celui observé lors de l’introduction de Maroc Telecom, longtemps considérée comme l’opération de référence en matière de diffusion auprès du grand public.

À l’issue de l’opération, SGTM se retrouve avec la base actionnariale la plus large jamais constituée pour une société cotée au Maroc. Cette configuration est susceptible de soutenir la liquidité du titre et sa visibilité sur le marché secondaire.

Plus largement, cette introduction illustre la capacité du marché marocain à mobiliser l’épargne des investisseurs particuliers autour d’opérations d’envergure, dans un contexte de regain d’intérêt pour le marché actions.

Attijariwafa Bank demeure la première capitalisation de la Bourse de Casablanca, avec une valorisation dépassant 158 MMDH. Son résultat net consolidé s’établit à 9,6 MMDH à fin septembre 2025, en hausse de 13,4% sur un an.

De son côté, le résultat net part du groupe atteint 8,3 MMDH, en progression de 14,9% par rapport à septembre 2024.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en hausse et la capitalisation la capitalisation franchit les 1.000 MMDH

La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 16 décembre 2025 sur une note légèrement positive. 

L’indice MASI a progressé de 0,16% à 18.583,78 points, tandis que le MASI 20 a avancé de 0,07% à 1.503,32 points.

L’indice MASI ESG s’est inscrit en hausse de 0,41% pour s’établir à 1.260,15 points. 

La capitalisation boursière s’est établie à 1.021,88 MMDH, franchissant le seuil symbolique des 1.000 MMDH. 

Le volume global des échanges a atteint 5,43 MMDH.

Détail des volumes : 

Les valeurs les plus actives de la séance ont été : 

Du côté des variations, les principales hausses de la séance ont concerné : 

Il convient de noter que le site de la Bourse affiche une hausse de 35% pour SGTM, alors que le maximum autorisé est de 10%. Selon un analyste, il s’agit d’un problème technique, la clôture effective du titre s’établissant à 461,9 DH. 

À l’inverse, les principales baisses ont été enregistrées par : 

IPO SGTM : 171 MMDH de demande pour une offre de 4,8 MMDH

L’introduction en Bourse de SGTM, réalisée par cession d’actions, a suscité une demande très largement supérieure à l’offre. L’opération portait sur 12.000.000 d’actions, au prix de 420 DHhors décote spécifique applicable à deux types d’ordres, pour un montant global maximal de 5,04 MMDH. Le montant alloué finalement est de 4,8 MMDH. La période de souscription s’est déroulée du 1ᵉʳ au 8 décembre 2025. 

Au terme de l’opération, le montant total souscrit atteint 171,1 MMDH, pour 408,8 millions d’actions demandées, traduisant un taux moyen de satisfaction de 2,94%. L’IPO a mobilisé 171.377 souscripteurs, issus de 12 régions et représentant 95 nationalités.

L’IPO de SGTM a été sursouscrite à plus de 34 fois. 

L’action SGTM a été admise à la cotation à la Bourse de Casablanca sous le ticker GTM. Elle est inscrite au marché principal, en mode de cotation continue (Groupe 1), dans le secteur du bâtiment et des matériaux de construction. 

À son admission, la société affiche une capitalisation boursière de 25,2 milliards de dirhams, pour un nombre total de 60.000.000 d’actions, ce qui la place au 11ᵉ rang sur 80 sociétés cotées. 

Lecture par type d’ordres

Les ordres de type I constituent un cas à part. Limités en volume, ils ont porté sur 398.016 actions, intégralement attribuées, soit un taux de satisfaction de 100%.

Cette catégorie ne concerne toutefois qu’un nombre restreint de souscripteurs, 320 au total, et un montant souscrit de 135,3 MDH, sans incidence significative sur l’équilibre global de l’opération. 

À l’inverse, l’essentiel de la pression sur la demande provient des ordres de type II, III et IV, qui concentrent la quasi-totalité des volumes demandés. Les ordres de type II, les plus nombreux en termes de participants, avec 168.017 souscripteurs, ont généré une demande de 13,55 millions d’actions.

Sur ce total, 4,54 millions de titres ont été attribués, correspondant à un taux de satisfaction de 33,48%. 

Les ordres de type III et type IV affichent, pour leur part, des taux de satisfaction nettement plus faibles. Les ordres de type III ont porté sur 186,5 millions d’actions demandées, pour seulement 2,27 millions attribuées, soit un taux de 1,21%, tandis que les ordres de type IV ont concentré 208,35 millions d’actions demandées pour 4,8 millions attribuées, correspondant à un taux de satisfaction de 2,3%. 

Répartition de la demande par qualité de souscripteurs 

Les personnes physiques représentent 168.745 souscripteurs, pour une demande totale de 157.794.583 actions. Sur ce volume, 6.643.864 actions ont été attribuées, soit un taux de satisfaction de 4,21%.

Les personnes physiques concentrent ainsi 98,46% du nombre total de souscripteurs, 38,6% des actions demandées et 55,37% des actions attribuées.

Les personnes morales totalisent 2.632 souscripteurs, avec une demande portant sur 250.984.466 actions, soit 61,4% de la demande globale. L’allocation correspondante s’est élevée à 5.356.136 actions, représentant 44,63% des actions attribuées, pour un taux de satisfaction de 2,13%. 

En parallèle, la distinction entre souscripteurs institutionnels et non institutionnels fait ressortir 170.897 souscripteurs non institutionnels, ayant demandé 200.427.334 actions, pour 7.200.000 actions attribuées, soit un taux de satisfaction de 3,59%.

Les souscripteurs institutionnels, au nombre de 480, ont exprimé une demande de 208.351.715 actions, pour une allocation finale de 4.800.000 actions, correspondant à un taux de satisfaction de 2,3%. 

Répartition géographique de la souscription 

La région Casablanca-Settat concentre la part la plus importante de l’opération. Elle totalise 90.421 souscripteurs, soit 52,76% du total, pour une demande de 358,3 millions d’actions, représentant 87,65% des actions demandées.

L’allocation attribuée dans cette région s’élève à 9.014.701 actions, soit 75,12% des actions attribuées, correspondant à un taux de satisfaction de 2,52%. 

La région Rabat-Salé-Kénitra arrive en deuxième position avec 27.894 souscripteurs (16,28% du total). La demande y a porté sur 23,8 millions d’actions (5,82%), pour une allocation de 1.218.376 actions, soit 10,15% des titres attribués, et un taux de satisfaction de 5,12%. 

Les autres régions affichent des volumes plus limités, tant en nombre de souscripteurs qu’en actions demandées. Fès-Meknès compte 14.524 souscripteurs, pour 6,75 millions d’actions demandées et 468.393 actions attribuées, tandis que Tanger-Tétouan-Al Hoceima enregistre 9.995 souscripteurs, avec 8,29 millions d’actions demandées et 380.758 actions attribuées. Les taux de satisfaction correspondants s’établissent respectivement à 6,94% et 4,59%. 

https://medias24.com/2025/11/19/sgtm-plus-grosse-ipo-bourse-casablanca/

SGTM : analyse de la valorisation à 25 milliards de DH du géant du BTP

SGTM signe l’une des plus importantes introductions en bourse de l’histoire récente du marché marocain, avec une valorisation d’environ 25 milliards de DH.

L’opération d’introduction à 5 MMDH, réalisée par cession d’actions, advient dans un contexte exceptionnel où le secteur du BTP bénéficie d’une visibilité rarement atteinte : programmes d’infrastructures, chantiers structurants et, surtout, dynamique d’investissement liée au Mondial 2030.

Dans un autre environnement, cette valorisation aurait sans doute été plus basse, mais aujourd’hui, le marché est porteur et la fenêtre est idéale pour une opération de cette taille.

Valorisation de SGTM

La valorisation retenue pour l’introduction de SGTM repose sur deux méthodes explicitement détaillées dans le prospectus : le DCF comme approche principale, et les comparables boursiers à titre indicatif. Ensemble, ces deux méthodes permettent de cerner la valeur économique de l’entreprise dans un contexte de marché où la demande pour les grands dossiers industriels est particulièrement forte.

La méthode DCF, fondée sur les flux futurs projetés sur la période 2025-2031, constitue le socle de l’évaluation. Elle s’appuie sur un business plan prenant en compte un carnet de commandes arrêté à fin mai 2025, des marges consolidées sur les dernières années, un BFR maintenu à 76 jours et un niveau d’investissements calé sur le rythme normatif attendu à l’horizon 2031.

Le taux d’actualisation, fixé à 7,96%, intègre un taux sans risque de 2,88%, une prime de risque de 6,07% et un bêta désendetté de 0,90, soit un coût des fonds propres de 9,93%. Par prudence, le taux de croissance à l’infini est limité à 2,5%, un niveau inférieur aux projections macroéconomiques du FMI et de Fitch.

Sur cette base, le DCF aboutit à une valorisation des fonds propres de 26.692 MDH, soit 445 DH par action, ce qui place le prix d’introduction de 420 DH dans la partie basse de la fourchette théorique.

L’analyse de sensibilité renforce cette lecture : selon les hypothèses retenues sur le CMPC et la croissance terminale, la valeur par action oscille entre 371 DH et 552 DH. Autrement dit, même dans les scénarios les plus prudents, la valeur économique de SGTM reste supérieure au prix proposé en IPO.

La méthode des comparables, utilisée uniquement à titre indicatif, conduit à des niveaux de valorisation du même ordre de grandeur. En appliquant les multiples VE/EBITDA des entreprises internationales comparables, la valorisation ressort à 453 DH par action, tandis que la méthode P/E aboutit à 481 DH. Ces estimations, bien qu’indirectes, indiquent que le prix d’introduction a été fixé en deçà des valorisations théoriques issues des modèles.

Pourquoi la SGTM affiche une valorisation inférieure à TGCC

L’IPO de SGTM valorise le groupe à environ 25 MMDH, alors que TGCC, déjà cotée, pèse actuellement plus de 31 MMDH au cours d’environ 900 DH.

Pourtant, les indicateurs opérationnels disponibles montrent que SGTM présente un chiffre d’affaires, un résultat net et un carnet de commandes supérieurs à ceux de TGCC.

Cet écart provient d’un point fondamental : SGTM est valorisée dans un cadre d’introduction en bourse, tandis que TGCC est valorisée par le marché, après quatre années de cotation.

Une IPO suit des règles spécifiques : la valorisation retenue doit généralement intégrer une décote par rapport aux modèles théoriques, de manière à sécuriser la demande et à faciliter le placement.

Dans le cas de SGTM, le prospectus montre que les différentes méthodes d’évaluation – DCF, comparables boursiers et analyses de sensibilité – aboutissent toutes à des valeurs supérieures au prix retenu de 420 DH.

À l’inverse, la valorisation de TGCC reflète quatre années d’évolution boursière, marquées par une forte demande sur le titre, une progression régulière du cours et un positionnement sectoriel porté par les programmes d’investissement du pays.

La capitalisation de TGCC est donc le résultat d’un prix de marché, influencé par la liquidité, les anticipations des investisseurs et le momentum sectoriel, notamment dans la perspective du Mondial 2030.

Autrement dit, la comparaison entre les deux groupes doit tenir compte de la nature différente des valorisations :

Le timing choisi par SGTM intervient toutefois dans un contexte jugé porteur pour le secteur : hausse de la liquidité sur le marché actions, intérêt institutionnel pour les valeurs industrielles et visibilité accrue sur les investissements publics et privés. Ce cadre influence la demande potentielle, mais il n’annule pas la mécanique propre à toute IPO, qui reste distincte de la valorisation d’une société déjà cotée.

« C’est clairement le bon moment pour SGTM. Le carnet de commandes est à un niveau historique, autour de 35 MMDH, alors qu’il était à peine à 17 MMDH fin 2024. Le groupe a aujourd’hui trois années de chiffre d’affaires quasiment sécurisées grâce à cette visibilité », commente un analyste de la place.

« Les comparables boursiers, TGCC et Jet Contractors, sont eux aussi sur leurs plus hauts historiques en termes de valorisation. Le marché paie très cher ces valeurs. Donc même en utilisant des comparables, SGTM arrive à une valorisation qui reste élevée ».

« La valorisation proposée autour de 25 MMDH est franchement attractive. Quand on met ça en face de TGCC, qui vaut plus de 31 MMDH sur le marché, l’écart est très visible. Dans une logique linéaire, SGTM devrait valoir plus, parce que c’est un groupe plus grand et plus rentable ».

« Très clairement, si SGTM était déjà cotée, elle serait valorisée autour de 40 MMDH. Et le marché finira par corriger cet écart. Ce n’est pas logique d’avoir une grande entreprise comme SGTM en dessous de TGCC. L’écart va se refermer avec le temps ».

« Franchement, c’est une bonne opération et une valorisation bien positionnée. Elle sera souscrite, parce que le prix proposé laisse de la marge pour que le marché fasse son travail derrière ».

Selon SGTM, la marge brute consolidée devrait atteindre 37,7% en moyenne sur l’horizon du business plan, soit un niveau similaire à celui enregistré entre 2022 et 2024 (37,7% en moyenne). Il est à noter que la marge brute 2024PF ressort également à 37,7%.

En marge nette, SGTM présente des niveaux globalement supérieurs à ceux de TGCC sur la période 2022-2023, avant un repli en 2024, puis un rebond marqué au S1-2025 (10,4% contre 7,4% pour TGCC).

L’introduction de SGTM se fait exclusivement par cession d’actions existantes, un choix pleinement assumé dans la note d’opération. L’opération « n’a aucun impact sur les fonds propres » ni sur l’endettement de la société, confirmant qu’il ne s’agit pas d’une levée de fonds, mais d’une mise sur le marché d’une partie du capital détenu par certains membres de la famille fondatrice.

Les objectifs affichés montrent que SGTM cherche avant tout à institutionnaliser la société, à renforcer la transparence et à s’aligner sur les standards de gouvernance propres aux entreprises cotées. L’IPO vise également à accroître la notoriété de la société, à améliorer son accès aux financements externes et à offrir de la liquidité aux actionnaires actuels, tout en donnant aux salariés la possibilité de participer au capital.

Ce choix s’inscrit dans une dynamique de pérennisation du groupe, sans modifier sa structure financière. SGTM dispose déjà d’une situation robuste et d’un carnet de commandes exceptionnel, ce qui explique qu’aucune augmentation de capital ne soit jugée nécessaire. La cession vise donc à organiser l’ouverture du capital, à diversifier progressivement l’actionnariat et à ancrer la structure familiale dans un cadre de marché plus institutionnalisé, sans dilution du contrôle.

IPO de SGTM : voici combien encaisse chaque membre de la famille Kabbaj

L’introduction en bourse de SGTM prévoit la cession de 12 millions d’actions, au sein d’une grille de prix s’étendant de 340 DH à 420 DH selon les catégories de souscripteurs. Cette opération, qui représente un montant global de 5,04 MMDH, est entièrement réalisée par les actionnaires familiaux historiques du groupe et représente 20% du capital de SGTM.

Cinq des huit membres de la famille Kabbaj – M’hammed, Mohammed, Hamza, Hicham et Myriam Kabbaj –, cèdent les 12 millions d’actions mises sur le marché.

Entreprise familiale par excellence, SGTM a été fondée dans les années 1970 par les frères Ahmed et M’hammed Kabbaj. « Depuis la fondation de SGTM, mon père et mon oncle partageaient un bureau », raconte Hamza Kabbaj, directeur général, lors de la conférence de presse de présentation de l’IPO. « Un bureau, un seul compte bancaire et une signature Ahmed et M’hammed », ajoute l’oncle M’hammed Kabbaj, président-directeur général.

Cela a duré presque vingt-cinq ans. « Lorsqu’on a construit le nouveau siège, on s’est demandé s’il fallait désormais deux bureaux. La réponse a été claire : un bureau. Et c’est resté ainsi jusqu’au dernier jour de mon père », poursuit Hamza Kabbaj.

Depuis l’origine, l’actionnariat était réparti à parts égales entre les deux frères : 50% pour la branche d’Ahmed, 50% pour celle de M’hammed. Avec le temps, les enfants ont rejoint l’entreprise familiale, entraînant mécaniquement l’éclatement de l’actionnariat, un phénomène classique dans les groupes familiaux transmis sur plusieurs générations.

Cet exemple peut être un cas d’école de transmission et de pérennisation de l’entreprise à travers les générations. L’IPO vise à « pérenniser l’entreprise », résume M’hammed Kabbaj. Dans le cas présent, l’introduction via une cession d’actions va permettre à certains membres de la famille de réduire leur participation dans l’entreprise tout en préservant l’équilibre initial entre les branches.

Combien empoche chaque membre 

Les calculs établis sur les volumes d’actions effectivement cédés montrent que M’hammed Kabbaj encaisse 2,52 MMDH, tandis que chacun des quatre autres membres : Mohammed, Hamza, Hicham et Myriam reçoit 630 MDH chacun.

Au total, la famille perçoit ainsi 5.04 MDH, correspondant au produit de la vente des 12 millions d’actions au prix d’introduction.

L’opération ne comporte aucune augmentation de capital et ne crée donc aucune action nouvelle. Elle se limite à une cession par les actionnaires familiaux. L’ensemble du produit de l’IPO revient donc exclusivement aux actionnaires familiaux.

L’IPO de SGTM modifie sensiblement la répartition du capital entre les membres de la famille Kabbaj.

M’hammed Kabbaj, principal vendeur, passe de 47% à 37% du capital après l’opération.

Les quatre enfants de feu Ahmed Kabbaj cèdent au total 10%. Mohammed, Hamza et Hicham Kabbaj voient chacun leur part passer de 3,94% à 1,44%. Myriam Kabbaj, qui détenait 2,94%, ressort à 0,44% après la cession.

L’IPO introduit un flottant de 20%.

BTP marocain : un marché qui a changé d’échelle sous l’effet des investissements publics et privés

Le secteur du BTP marocain évolue dans un paysage particulièrement concurrentiel, porté par plusieurs acteurs de référence aux profils complémentaires.

Six groupes structurent aujourd’hui le marché. TGCC, SGTM, Jet Contractors, Somagec, Sogea Maroc et Bymaro concentrent aujourd’hui l’essentiel des grands chantiers du Royaume et interviennent sur des projets variés, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’ouvrages d’art, de bâtiments ou d’équipements stratégiques.

Deux d’entre eux, TGCC et Jet Contractors, sont déjà présents en bourse, tandis que SGTM s’apprête à les rejoindre à travers son introduction. Le reste n’est pas coté.

Et comme 2025 est une année dynamisée par les chantiers de la CAN et les premiers travaux liés à la Coupe du monde 2030, l’ensemble du secteur bénéficie d’une visibilité accrue, ce qui a naturellement ravivé l’intérêt des investisseurs pour les valeurs du BTP.

SGTM ressort comme l’acteur le plus important du trio coté, avec un chiffre d’affaires de 7,12 milliards de DH, un carnet de commandes de 34,5 MMDH et un RNPG de 738,9 MDH, c’est un niveau d’activité nettement supérieur.

TGCC suit avec un chiffre d’affaires de 5,07 MMDH, un carnet de 19,1 MMDH et un RNPG de 416 MDH, position qui reflète un périmètre intermédiaire. Jet Contractors affiche des volumes plus contenus, avec une production de 1,69 MMDH, un carnet de 9,2 MMDH et un RNPG de 126 MDH, ce qui correspond à une échelle plus réduite. L’ensemble met en évidence trois positions clairement différenciées, structurées autour des niveaux de chiffre d’affaires, de carnet de commandes et de résultat net.

Tableau : comparatif S1 2025 des trois acteurs cotés du BTP

Une accélération marquée sur la décennie 2014-2024

Il faut rappeler que l’évolution du BTP au Maroc entre 2014 et 2024 s’appuie sur une dynamique très solide, marquée par une montée en puissance continue du marché et par une contribution croissante à la richesse nationale.

Entre 2014 et 2019, la valeur absolue du secteur progresse de 53,6 MMDH à 66,7 MMDH, soit un taux de croissance annuel moyen de 4,5%, porté par une vague d’investissements dans les infrastructures, les projets hydrauliques, le transport et l’urbanisation.

Le secteur avance ainsi plus rapidement que le PIB national, ce qui traduit un rôle moteur dans la transformation économique du pays.

La pandémie interrompt cette progression en 2020, avec une activité ramenée à 64,2 MMDH. Dès 2021, l’ensemble du secteur retrouve un rythme ascendant grâce à la relance des chantiers structurants et au maintien d’une demande soutenue.

L’année 2024 marque une véritable rupture d’échelle : la valeur ajoutée atteint 89,8 MMDH, soit une progression de 24% par rapport à 2023.

Cette hausse exceptionnelle reflète l’intensification des investissements dans les infrastructures stratégiques (transport, énergie, équipements sportifs), l’accélération des programmes d’habitat et les opérations liées à la reconstruction post-sismique dans la région d’Al Haouz. La nouvelle Charte de l’investissement contribue également à stimuler les initiatives privées, ce qui renforce la dynamique générale.

Sur le plan social, l’impact du secteur se confirme. Le BTP représente 12,3% de l’emploi national en 2024, avec 13.000 nouveaux postes créés au cours de l’année, après 19.000 en 2023. Sur la période 2022-2024, le secteur génère plus de 30.000 emplois, ce qui illustre sa capacité à absorber une main-d’œuvre nombreuse et à accompagner l’expansion économique du pays.

L’année 2025 prolonge cette tendance, avec une trajectoire proche de la barre symbolique des 100 MMDH de valeur ajoutée, soutenue par un environnement porteur : taux d’intérêt plus favorables, politiques incitatives pour le logement, montée en puissance des programmes d’eau et d’énergie.

L’ensemble de ces paramètres dessine une perspective de croissance régulière, qui pourrait conduire le marché à 122 MMDH à l’horizon 2030, soit une progression annuelle moyenne de 5,8% sur la période 2024-2030.

Les perspectives 2024-2030 : un marché structuré autour de trois moteurs

La trajectoire du BTP pour la période 2024-2030 s’appuie sur une dynamique d’investissement qui dépasse tout ce que le secteur a connu au cours des dernières décennies. Depuis plus de dix ans, le marché avance à un rythme soutenu, avec une croissance cumulée de 61% entre 2014 et 2024.

L’année 2024 illustre cette tendance, car la valeur ajoutée atteint près de 90 MMDH et confirme l’ancrage du BTP au cœur de la Formation brute du capital fixe, dont il capte plus de la moitié. Cette progression s’organise autour de trois moteurs complémentaires qui structurent l’ensemble du marché.

Le premier levier repose sur l’investissement public, qui concentre plus de 75% de la demande adressée au secteur.

À l’horizon 2030, les programmes publics prévoient près de 1.000 milliards de DH d’investissements dans des chantiers d’envergure nationale

L’eau constitue l’un des blocs les plus significatifs, avec environ 285 MMDH consacrés aux barrages, aux stations de traitement et aux infrastructures de sécurisation hydrique. L’industrie suit la même logique, car le programme d’investissement du groupe OCP mobilise près de 260 MMDH pour l’extension des unités, le renforcement des chaînes logistiques et les infrastructures énergétiques associées.

L’énergie représente elle aussi un axe stratégique, avec environ 167 MMDH destinés aux projets solaires, éoliens, gaziers et aux réseaux de transport électrique.

Enfin, la mobilité et les transports s’inscrivent dans un effort significatif, avec près de 189 MMDH qui alimentent les chantiers routiers, ferroviaires, métropolitains et le plan « Aéroports 2030 », destiné à porter la capacité nationale à 80 millions de passagers. La préparation de la Coupe du monde 2030 accentue encore cette dynamique et accélère la modernisation des infrastructures sportives, urbaines et touristiques.

Le deuxième moteur renvoie à l’investissement privé productif, qui entre dans un cycle de transformation profond. Le ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques fixe une ambition claire à l’horizon 2026, avec 550 MMDH d’investissements privés et 500.000 emplois pérennes. Cette stratégie vise également une part de 50% de l’investissement total portée par le privé, portée par une nouvelle génération de mesures qui modernisent l’écosystème.

La Charte de l’investissement joue un rôle décisif à travers des mécanismes de soutien territorialisés, une simplification du climat des affaires et une gouvernance unifiée incarnée par la réforme des Centres régionaux d’investissement. Cette dynamique se traduit par un volume annuel d’investissement privé compris entre 110 et 130 MMDH entre 2023 et 2025, enrichi par 377 MMDH d’investissements approuvés par la Commission nationale de l’investissement sur une période de deux ans.

Le Nouveau modèle de développement projette même une montée progressive vers une part de 65% d’investissement privé à l’horizon 2035, ce qui place le secteur productif au centre de la transformation économique du pays.

Le troisième pilier s’observe du côté du résidentiel, fortement influencé par les tendances démographiques et l’urbanisation. Le Maroc pourrait atteindre 39,3 millions d’habitants en 2030, avec un taux d’urbanisation qui progresserait de 65,2% actuellement à près de 67,8%. Cette dynamique crée une demande soutenue en logements, en infrastructures de proximité et en équipements collectifs. Les dispositifs incitatifs, tels que « Daam Sakane », accompagnent cette évolution et soutiennent l’accès à la propriété, tandis que la modernisation des villes renforce la place du résidentiel comme composante essentielle du marché.

L’ensemble de ces moteurs dessine une trajectoire de croissance durable pour la période 2024-2030. La valeur ajoutée du BTP pourrait croître à un rythme annuel proche de 5,8%, pour atteindre environ 122 MMDH d’ici 2030. Cette accélération confirme le rôle structurant du secteur dans le développement économique du Royaume, tout en offrant une visibilité longue aux entreprises et aux investisseurs qui accompagnent cette nouvelle phase d’expansion.

https://medias24.com/2025/11/20/deux-ipo-6-mmdh-cash-plus-sgtm-bachir-tazi/

Two IPOs, 6 bln MAD, and a market ready to absorb: « We are entering a new cycle » – Bachir Tazi

Autumn on the Casablanca bourse looked calm. Then two giants arrived in quick succession — Cash Plus and SGTM — seeking to raise nearly 6 bln dirhams.

It is the biggest fundraising in two decades, a historic moment for the Casablanca Stock Exchange, coming at year‑end during a market correction phase.

Questions arise quickly: Can the Moroccan market absorb two IPOs of this size? At what price? And what will be the impact on liquidity, arbitrage and the MASI’s balance?

To explore these issues, Médias24 spoke with Bachir Tazi, director of CFG Bank Capital Markets, and other analysts.

Putting 6 bln MAD in perspective: a market that has grown deeper

« This may be a first in the history of the Casablanca Stock Exchange, or at least in its recent past. We are seeing two public offerings back‑to‑back, just days apart, and of significant size — nearly 6 bln dirhams, » said Bachir Tazi.

« But the 6 bln dirhams must be seen in the new market context. Historically, there were even years without any public offerings. And for a long time, when they did occur, it was at most one a year — sometimes two — but with far more modest amounts. »

« Since 2022, market dynamics have shifted. The 6 bln dirhams may look high compared with the ‘old’ Casablanca Stock Exchange, but they must be seen in the context of today’s market. The bourse now has a capitalization of more than 1,000 bln dirhams — over 100 bln dollars. »

The float is about 260 bln dirhams. Relating the 6 bln dirhams from the two IPOs to this float gives barely 2.2%. In other words, it is not that large for the market in its current configuration.

« So it is not a large percentage. Especially as we are facing a market whose volumes have surged over the past three to four years. The market traded on average about 50 mln dirhams a day, and now revolves around 450- 500 mln dirhams per session. »

Bachir Tazi explains that liquidity has increased tenfold in four to five years. This change is not by chance: it comes with the arrival of larger institutional players. Equity UCITS assets now stand at 83 bln dirhams, and diversified UCITS at 106 bln dirhams. With 40-50% of diversified funds exposed to equities, this represents nearly 50 bln dirhams in additional potential resources.

In addition, bond funds and OMLT funds have about 10% exposure to equities, with total assets of more than 370 bln dirhams. This gives an idea of the combined firepower of these professional players. And that is without mentioning the weight of traditional institutional investors — pension funds, insurers, or foreign investors.

« The new element in this market is the rise of another player: retail investors, now far more active in both transactions and overall liquidity. »

« This element should not be underestimated, and is evident in the latest figures. Today, retail investors account for around 28% of total market volume, according to the latest available statistics. This is significant and underscores the buying power of this investor category. »

« Looking at the latest operations, the trend is even more striking. During TGCC’s 2025 capital increase, subscriptions from individuals totaled almost 39 bln dirhams. In Vicenne’s IPO, the figure was 14 bln dirhams, and in CMGP’s, 14.8 bln dirhams. These are huge amounts that show how influential retail demand has become in primary operations. »

« So yes, there is currently a stronger demand and genuine purchasing power, from institutional and retail investors. »

« Another point worth noting: with each IPO — especially in a dynamic market where past deals have been successful — new investors are drawn in. »

« The figures I mentioned reflect the current reality. But with each secondary public offering, we manage to attract new clients — individuals, non‑qualified investors, Moroccans and foreigners alike. All are encouraged by the positive momentum the Stock Exchange has enjoyed in recent months. »

These two IPOs will deepen market liquidity

« Firstly, the more securities are listed on the Casablanca Stock Exchange, the more liquidity improves and portfolios diversify. This automatically translates into greater depth and smoother flows. »

« Each IPO is also an opportunity to bring in new investors. Many enter the stock market for the first time through IPOs. The challenge is not only to attract them but to retain them — preventing quick sell‑offs and disengagement. The goal is to integrate them permanently into the market. »

Arbitrage, rotation, short-term correction: a classic market pattern

« In the short term, this type of operation always triggers arbitrage and a rotation effect in the market. This is perfectly normal: investors reassess their portfolios, adjust certain holdings, and free up cash to position themselves for IPOs. It is therefore logical to observe, briefly and occasionally, a minor correction linked to this rotation effect. »

« But we must also look at the positive side: this rotation, this slight correction we are witnessing, is neither dramatic nor exceptional. On the contrary, it creates new entry points in the market, which can encourage other investors to come and position themselves. »

« So yes, IPOs attract new investors — individuals as well as foreigners — and the current correction is completely normal. Managers are making arbitrage moves to free up cash, which is exactly what we are seeing now. It is a normal, temporary, and very short phase. »

« And this is not the first time. Such brief corrections have already occurred during previous public offerings. The only difference this time is the scale: we are dealing with a total operation of nearly 6 bln dirhams, a level never reached before. »

There is still room for additional IPOs and secondary offerings

It is simply a new market context. The Casablanca Stock Exchange has already experienced several major cycles: the big bang of 1993, followed by another around 2010, notably marked by Maroc Telecom’s landmark operations. Today, since 2021‑2022 in the post‑Covid period, we are clearly entering a new era for the Casablanca Stock Exchange.

Analysts’ perspective: a market able to absorb 6 bln dirhams, despite technical pressure

Analysts agree: the Moroccan market has ample capacity to absorb the combined 6 bln dirhams of Cash Plus and SGTM, even if this double operation produces short‑term technical effects. « The flows exist, the depth is there, and the current rotation is not alarming, » one analyst summed up.

« The first logical reaction comes from equity UCITS, which need to free up cash by trimming liquid positions or trimming some high‑performing small caps. This creates a temporary breathing space: profit‑taking, lower volumes and scattered technical pressures. It is a normal rotation, not market stress. »

« Monetary funds are also being tapped, with many corporate investors temporarily withdrawing amounts to take part in the IPOs. As a result, we anticipate slightly less buying activity in the days leading up to the operations. »

« Institutional investors such as insurers and pension funds adopt the same logic: targeted arbitrage, full disposals and visible moves on certain large caps — but this is normal. »

« Small caps remain the most sensitive to this liquidity-drying phase, potentially losing a few percentage points in the T‑5/T+5 window, unrelated to fundamentals. Once shares are allocated and credited, liquidity quickly returns: managers rebuild positions, flows resume and values stabilize. »

« Finally, if SGTM or Cash Plus are included in benchmark indices, a mechanical eviction effect will occur: existing securities will see their weightings adjusted, and benchmarked funds will have to rebalance portfolios. This automatically triggers outflows on certain lines and inflows on new entrants. Nothing unusual — it is the classic mechanism of index portfolios. »

Source : Bourse de Casablanca

SGTM launches Morocco’s largest IPO since 2004: strategy, vision, and ambitions

SGTM held its press conference on November 19 to unveil the details of its stock market debut, an operation structured around the sale of 12 million shares for a maximum of 5.04 billion MAD.

The meeting highlighted the group’s fundamentals and presented the key forecasts underpinning its business plan, offering a degree of visibility rarely achieved in the construction sector.

100% IPO by sale: a strategic choice

« For us, a capital increase should serve to finance development. Today, SGTM’s growth is self-financed, » explained Mr. Berrada.

« We operate within a structure that is not indebted. Our debt amounts to around 1.4 billion, more than 75% of which is leasing. In consolidated accounts, it appears as a debt, but in reality it finances equipment. It is not genuine debt. »

« Today, we have a structure with solid equity. But above all one with significant borrowing capacity. Proposing a capital increase now to secure limited liquidity is more typical of high-value structures. »

« It should be noted that numerous past operations on the Casablanca Stock Exchange have been conducted through sales. A capital increase is not, in itself, the norm. »

Of course, if tomorrow SGTM undertakes a major investment project, whether an acquisition, an industrial investment, or any initiative requiring capital contribution, it is obvious that a capital increase will be considered.

« Financial agility is precisely what gives us access to these markets. We have seen it in other listed companies, TGCC, Mutandis, Managem. The IPO serves two objectives: to institutionalize and ensure sustainability, and to achieve a financial objective, being present in the market and able to react when needed. »

Acknowledged timing amid market correction

Certainly, several questions arise regarding the timing and the Moroccan market’s capacity to absorb an operation of this scale, as well as its impact on stock market dynamics. This aspect will be examined in depth in the following article.

Regarding the market, Mohamed Idriss Berrada, Managing Director of Attijari Finances Corp noted: « The market has experienced significant developments. There has been a very strong upward trend in recent years. In recent weeks, we may be seeing some profit-taking, which is quite normal in a market, but it does not reflect a fundamental trend. »

« We are in a dynamic where investment is currently very strong, with projects underway. Activity is abundant across infrastructure, industry, or energy. This represents a fundamental trend, unaffected by the profit-taking movements currently observed in the market. »

« We have confidence in the quality of the stock. We know that the financial market is not only about rising prices, but also about their fluctuations. We believe the current trend is normal, and there is no reason to wait until 2026. »

The second aspect concerns the group’s internal timing. « The idea of going public is not new; we set a meeting 15 years ago and were already discussing it then. It should be recalled that in 2007, SGTM had obtained approval. […] Timing and perfection do not exist; there are opportune moments. I believe the timing is right for the sector, for the Moroccan stock market. Our economy is growing, » explains Hamza Kabbaj, Managing Director of SGTM.

« There is a macroeconomic solidity in what is happening in our country. We do not assess a country’s solidity based on daily market fluctuations. We are convinced of the solidity of both the company’s and the country’s fundamentals. I believe the timing is excellent. The company has undertaken structuring projects, internal, organizational, and capital restructuring, among others. Precisely, to prepare for this, I think in terms of readiness, they are ready, » explains Mr. Berrada.

Some figures and forecasts from SGTM

By the end of 2024, SGTM’s order book stood at 16.5 billion MAD. Between January and May 2025, this volume increased by 20.4 billion MAD, bringing the total to 37.05 billion dirhams.

This operation remains natural for a construction company, as projects are executed over several years and gradually extinguish as they are delivered. From 2029 onwards, revenues from currently signed contracts will reach their term, which is inherent to the nature of the activity.

For the following years, forecasts are based on an additional pipeline of 15 billion MAD per year of projects that should take over from the current order book.

The company anticipates a continuity of activity and growth in line with the macroeconomic trends of the sector.

Visibility after 2028

« The fact that our order book extends until 2028 is linked to the intrinsic functioning of a construction company. The order book consists of projects to be delivered. We secure them as we go along. »

« Visibility, I believe, in 2028 is already exceptional. Projects continue to emerge. There is a project pipeline, as I mentioned earlier, of nearly 1 trillion. SGTM will have its share of this pipeline, which will generate additional order book entries and be updated over the years.

It is a transparency move to demonstrate that there is a solid capacity to execute and win business. We are clearly not in a slowdown vision for 2028. This is not our narrative at all. We believe that 2030 is a starting point and not a finish line, » explains Hamza Kabbaj.

« This is not our narrative at all. On the contrary. We believe that 2030 is a starting point and not a finish line, » he adds.

Working Capital Management: advance payment, pre-financing, and innovation

Regarding working capital management, the management provides a very detailed response. « In the 37 billion MAD, there are contracts, a significant part, where the contractual conditions give us an advance at the start. This advance at the start is essential to ensure the working capital needs, » explains Hamza Kabbaj. « Unfortunately, it is not generalized as other contracts do not provide it. This requires a bit more engineering and a bit more agility. »

« When there is a large project that contractually does not provide an advance at the start, we have structured financing tools with our banking partners or others. The classic scheme is bank pre-financing: based on the contract, the bank provides us with a financing line that allows us to fund the startup working capital. »

« We have innovated on other projects, notably at the Dakhla port, where we introduced in Morocco what we call the project bond. That is, we issue a bond on the market that allows us to raise funds to meet these startup working capital needs. »

« Equity and part on supplier debt provide us with a healthy financial structure and allow us to meet these major working capital needs. »

Africa Strategy: cautious but assertive presence

« I said we were cautious, but that does not mean we are not there. We are present in seven countries… Each country has its political, economic realities, » explains the MD.

« The caution comes from the choice to pursue projects backed by international financing organizations to avoid payment risks, to avoid putting the company in difficulties. »

« The way to deal with it is to structure ourselves and provide financing schemes that accompany certain projects — for a greater presence in the countries where we already operate, or even opportunistically in countries where we are not yet present. »

Competitive Differentiation: integration, expertise, and industrial EPC

Finally, on what sets SGTM apart from its competitors:

« You know, we can quickly make the mistake of saying that all construction companies are the same. But SGTM’s specificity lies in the presence of a truly specialized team. »

« We are the most integrated company in the sector. We do not depend on a technical ecosystem for subjects such as special foundations, significant lifting, or the manufacture of metal structures. Today, it is an integrated group. This integration sets us apart from the sector, » explains Mr. Kabbaj.

SGTM is the only Moroccan company to have built industrial units — including the technological process — to deliver a cement plant or a fertilizer plant with 100% of the necessary skills. »

« This is an extremely important element in Morocco’s future. Major clients want to go through strategic EPCs, and I think SGTM is becoming the essential player in this type of setup. »

Operation Details and Subscription Terms

The maximum amount of the operation is set at 5.04 billion MAD, corresponding to the listing of 12 million shares on the market.

The reference introduction price is 420 MAD per share, but two types of orders benefit from significant discounts: 340 MAD for employees (Type I) and 380 MAD for individual investors and certain legal entities (Type II).

The subscription period runs from December 1 to December 8, 2025, at 3:30 p.m., and the first listing is scheduled for December 16, 2025.

The operation takes place in the form of a firm price offer, and the shares will be admitted to the main market, compartment A, under the ticker GTM.

The offer is structured around four types of orders, each with its own conditions, prices, and ceilings.

« Institutionalizing the company for sustainability »

SGTM’s IPO pursues several structuring objectives that are in line with its development.

One of the main challenges is to institutionalize the company by opening up its capital further and associating new partners with its trajectory. This openness should allow SGTM to consolidate its governance and establish its model sustainably.

The operation also aims to strengthen the group’s visibility and bring it closer to institutional investors as well as the general public. The IPO is thus a decisive step to broaden its visibility and assert its position in the Moroccan market.

SGTM also seeks to continue and intensify the logic of transparency and performance that it has been deploying for several years. The listing formalizes this approach by introducing increased requirements in terms of financial information and governance.

Another essential objective is to increase the group’s financial agility. Direct access to the capital markets should facilitate the use of external financing, optimize costs, and offer SGTM enhanced capacity to support its future projects. This is part of a broader desire to have more flexible financing tools, particularly in a sector where size and speed of execution are crucial.

The operation also provides liquidity to current shareholders, while opening the door to a broader shareholder base. Finally, SGTM wishes to involve its employees in the company’s dynamics and share with them the value creation, in a logic of long-term commitment and motivation.

https://medias24.com/2025/11/03/de-la-vision-des-freres-kabbaj-a-un-groupe-integre-comment-la-sgtm-sest-mue-en-geant-du-btp/

Deux IPO, 6 MMDH et un marché qui peut absorber : “Nous sommes dans un nouveau cycle” (Bachir Tazi)

L’automne boursier s’annonçait calme. Puis deux géants sont arrivés presque en même temps, Cash Plus, puis SGTM, pour un total de près de 6 milliards de DH à lever.

Du jamais vu depuis deux décennies et un moment historique pour la Bourse de Casablanca. Ces deux IPO interviennent dans un contexte de fin d’année, mais aussi au milieu d’une phase de correction du marché.

Très vite, des questions s’imposent : le marché marocain est-il réellement capable d’absorber deux opérations de cette taille ? À quel prix ? Et surtout, quelles en seront les implications concrètes sur la liquidité, les arbitrages et l’équilibre du MASI ?

Pour y répondre, Médias24 a échangé avec Bachir Tazi, directeur de CFG Bank Capital Markets, qui nous fait part de son analyse sur ces questions. Nous avons également sollicité plusieurs analystes de marché, qui partagent à leur tour leur lecture de cette double opération inédite.

Relativiser les 6 MMDH : un marché devenu beaucoup plus profond

« C’est vrai que c’est peut-être une première dans l’histoire de la Bourse de Casablanca ou du moins dans son histoire récente. On se retrouve avec deux offres publiques quasiment simultanées, à quelques jours d’intervalle, et surtout de taille importante. On parle de près de 6 MMDH », explique Bachir Tazi.

« Mais il faut replacer ces 6 milliards dans le nouveau contexte du marché. Oui, historiquement, il y a même eu des années sans aucune offre publique. Et pendant longtemps, quand il y en avait, c’était au mieux une par an, parfois deux, mais avec des montants beaucoup plus modestes ».

« Or depuis 2022, la dynamique du marché a changé. Donc oui, les 6 milliards peuvent paraître élevés si on se réfère à “l’ancienne” Bourse de Casablanca, mais il faut les relativiser par rapport à ce qu’est la place aujourd’hui. Nous parlons désormais d’un marché qui pèse plus de 1.000 MMDH de capitalisation, soit plus de 100 milliards de dollars ».

Le flottant, lui, tourne autour de 260 MMDH. Et si on rapporte les 6 MMDH des deux opérations à ce flottant, on arrive à peine 2,2%. Dit autrement : ce n’est pas si énorme que ça pour le marché dans sa configuration actuelle.

« Donc ce n’est pas un pourcentage énorme. D’autant plus que nous sommes face à un marché dont les volumes ont littéralement explosé au cours des trois à quatre dernières années. On est passé d’une place qui traitait en moyenne 50 millions de dirhams par jour à un marché qui tourne aujourd’hui autour de 450 à 500 MDH par séance ».

Bachir Tazi explique que la liquidité a été multipliée par dix en l’espace de quatre à cinq ans. Et ce changement ne vient pas de nulle part : il s’accompagne de l’arrivée de players professionnels beaucoup plus importants. Les encours des OPCVM Actions atteignent désormais 83 MMDH, et ceux des OPCVM Diversifiés 106 MMDH. Si l’on considère que 40% à 50% des fonds diversifiés sont effectivement exposés au marché actions, cela représente près de 50 MMDH de ressources potentielles supplémentaires.

À cela s’ajoute l’exposition actions d’environ 10% des fonds obligataires et des fonds OMLT, dont l’actif total dépasse 370 MMDH. Cela donne une idée de la force de frappe cumulée de ces intervenants professionnels. Et je ne parle même pas du poids des institutionnels classiques : caisses de retraite, compagnies d’assurance, fonds de pension, ou encore investisseurs étrangers.

« La nouveauté dans ce marché, c’est aussi la montée en puissance d’un autre acteur : le retail, qui participe désormais de manière beaucoup plus active aux opérations et à la liquidité globale ».

« Il ne faut pas négliger cet élément-là, et on le voit clairement dans les chiffres les plus récents. Aujourd’hui, le petit porteur représente environ 28% du volume total échangé sur le marché, selon les dernières statistiques disponibles. C’est considérable, et cela illustre bien la force de frappe de cette catégorie d’investisseurs ».

« Et si l’on regarde les dernières opérations, la tendance est encore plus marquante. Lors de l’augmentation de capital de TGCC en 2025, la collecte auprès des personnes physiques a atteint près de 39 MMDH. Sur l’IPO de Vicenne, on parle de 14 MMDH, et sur celle de CMGP, de 14,8 MMDH. Ce sont des montants énormes qui montrent à quel point la demande du retail est devenue structurante dans les opérations primaires ».

« Donc oui, il y a aujourd’hui une demande accrue, et une vraie puissance d’achat, qu’il s’agisse des institutionnels ou des particuliers ».

« Et il faut ajouter un autre point : à chaque IPO, surtout dans un contexte où le marché est dynamique et où les précédentes opérations ont été des succès, on recrute de nouveaux investisseurs ».

« Les chiffres que je viens de citer reflètent la situation actuelle, l’existant. Mais à chaque offre publique secondaire, on parvient à attirer de nouveaux clients : des personnes physiques, des investisseurs non qualifiés, des Marocains, des étrangers… Tous sont encouragés par la dynamique positive que connaît la Bourse depuis quelque temps ».

Ces deux IPO vont renforcer la profondeur du marché

« D’abord parce que plus il y a de titres cotés à la Bourse de Casablanca, plus on améliore la liquidité et la diversification des portefeuilles. Cela se traduit mécaniquement par davantage de profondeur et une meilleure circulation des flux ».

« C’est aussi, à chaque fois, l’occasion de recruter de nouveaux investisseurs. Beaucoup de personnes viennent en bourse pour la toute première fois grâce aux IPO. L’enjeu ensuite, ce n’est pas seulement de les faire entrer, mais de réussir à les garder : éviter qu’ils participent à l’opération, vendent leurs titres immédiatement et disparaissent. L’idée, c’est de les intégrer durablement dans le marché ».

Arbitrages, rotation, correction courte : un phénomène classique

« À court terme, ce type d’opérations entraîne toujours des arbitrages et un effet de rotation sur le marché. C’est parfaitement normal : les investisseurs revoient la structure de leurs portefeuilles, arbitrent certaines valeurs et dégagent un peu de cash pour pouvoir se positionner sur les IPO. Il est donc logique d’observer, de manière ponctuelle et très courte, une petite correction liée à cet effet de rotation ».

« Mais il faut aussi regarder le côté positif : cette rotation, cette légère correction à laquelle on assiste, n’a rien de dramatique ni d’exceptionnel. Au contraire, elle crée de nouveaux points d’entrée intéressants sur le marché, ce qui peut encourager d’autres investisseurs à venir se positionner ».

« Donc oui, les IPO attirent de nouveaux investisseurs : particuliers comme étrangers, et la correction actuelle est tout à fait normale. Les gérants réalisent des arbitrages pour dégager du cash, c’est exactement ce que l’on observe en ce moment. C’est une phase normale, actuelle et très courte ».

« Et ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Ce genre de correction ponctuelle a déjà eu lieu lors de précédentes offres publiques. La seule différence, cette fois, c’est la taille : nous sommes sur une opération globale de près de 6 MMDH, ce qui n’avait jamais été atteint auparavant ».

Il y a encore de la place pour d’autres IPO et d’autres offres secondaires

C’est tout simplement un nouveau contexte de marché. On a connu plusieurs grands cycles dans l’histoire de la Bourse de Casablanca : le big bang de 1993, puis un nouveau grand cycle autour de 2010, marqué notamment par les opérations majeures de Maroc Telecom. Aujourd’hui, depuis 2021-2022, post-Covid, on entre clairement dans une nouvelle ère pour la Bourse de Casablanca.

La lecture des analystes : un marché capable d’absorber 6 MMDH, malgré des tensions techniques

Les analystes sont unanimes : le marché marocain a largement la capacité d’absorber les 6 MMDH cumulés de Cash Plus et SGTM, même si cette double opération entraîne des effets techniques à court terme. « Les flux existent, la profondeur est là, et la rotation en cours n’a rien d’inquiétant », résume un analyste de la place.

« La première réaction logique est celle des OPCVM actions, qui doivent libérer du cash en allégeant quelques lignes liquides ou certaines small caps très performantes. Cela crée une respiration temporaire : prises de bénéfices, volumes plus faibles et quelques pressions techniques ici et là. C’est une rotation normale, pas un stress de marché ».

« Les fonds monétaires sont aussi sollicités, beaucoup d’investisseurs corporate retirant provisoirement des montants pour participer aux IPO. Donc on anticipe un peu moins de contrepartie acheteuse dans les jours qui précèdent les opérations ».

« Les institutionnels (assurances, retraites) adoptent la même logique : arbitrages ciblés, ventes de lignes pleines et mouvements visibles sur certaines large caps, mais c’est normal ».

« Les small caps restent les plus sensibles à cette phase d’assèchement, pouvant perdre quelques « pour cent » dans la fenêtre T-5/ T+5, sans rapport avec leurs fondamentaux. Une fois les actions allouées et créditées, la liquidité revient rapidement : les gérants reconstituent leurs positions, les flux reviennent et les valeurs se stabilisent ».

Enfin, « si SGTM ou Cash Plus intègrent les indices benchmark, un effet mécanique d’éviction jouera : les valeurs déjà présentes verront leur pondération ajustée, et les fonds benchmarkés devront rééquilibrer leurs portefeuilles. Cela déclenche automatiquement des flux sortants sur certaines lignes et des flux entrants sur les nouveaux entrants. Rien d’inhabituel : c’est la mécanique classique des portefeuilles indiciels ».

Source : Bourse de Casablanca

SGTM signe la plus grosse IPO depuis 2004 : détails, vision stratégique et ambitions du groupe

SGTM a tenu sa conférence de presse ce 19 novembre pour présenter les contours de son introduction en Bourse, une opération structurée autour d’une cession de 12 millions d’actions pour un montant maximal de 5,04 MMDH.

Cette rencontre a permis de mettre en lumière les fondamentaux du groupe ainsi que les principales prévisions qui encadrent son business plan, offrant une visibilité rarement atteinte dans le secteur du BTP.

IPO 100% en cession : une décision assumée

« Pour nous, une augmentation de capital doit financer un développement. Aujourd’hui, le développement qui est porté par la SGTM est autofinancé », explique M. Berrada.

« Nous sommes dans une structure qui n’est pas endettée. On est sur un endettement de l’ordre de 1,4 milliard, dont plus de 75% qui sont sur le crédit-bail. En termes de consolidation, il apparaît dans l’endettement, mais c’est pour financer des engins. Ce n’est pas du réel endettement« .

« Aujourd’hui, on est sur une structure qui a des fonds propres intéressants. Mais surtout, une structure qui a une capacité de s’endetter qui est très importante. Proposer aujourd’hui une augmentation de capital pour obtenir des liquidités peu utiles est davantage caractéristique de structures de valeur ».

« Pour rappel, il y a quand même eu beaucoup d’opérations par le passé sur la Bourse de Casablanca qui se sont faites par cession. L’augmentation de capital n’est pas une règle en soi ».

Bien évidemment, si demain, la SGTM a un projet d’investissement majeur… que ce soit une acquisition, un investissement industriel ou autre qui nécessite un apport de fonds, il est évident que l’augmentation de capital sera une option envisagée.

« L’agilité financière… c’est justement l’accès à ces marchés qui nous la donnent. Et on l’a vu sur d’autres sociétés cotées… TGCC, Mutandis, Managem. (…) L’introduction en Bourse répond à deux objectifs : institutionnaliser, pérenniser… et un objectif financier, être sur le marché financier et pouvoir réagir le moment voulu ».

Un timing assumé malgré la correction du marché

Évidemment, plusieurs interrogations se posent quant au timing et à la capacité du marché marocain à absorber une opération de cette envergure, ainsi que son impact sur la dynamique boursière. Ce volet sera détaillé en profondeur dans l’article suivant.

Du côté du marché, Mohamed Idriss Berrada, directeur général d’Attijari Finances Corp explique que « le marché a connu des évolutions assez importantes. Il faut rappeler qu’on a eu une tendance de hausse très forte sur ces dernières années. On est en train de vivre, sur les dernières semaines, peut-être quelques prises de bénéfices qui sont assez normales sur un marché, mais qui ne sont pas une tendance de fond ».

« On est sur une dynamique où l’investissement est très soutenu actuellement, avec des chantiers qui sont lancés. Il y a énormément d’activités, qu’elles soient en termes d’infrastructures, en termes industriels, en termes énergétiques. C’est une tendance de fond qui n’est pas touchée par les mouvements de prises de bénéfices que nous voyons aujourd’hui sur le marché ».

« Je pense qu’on a confiance dans la qualité du papier. On sait que c’est un marché financier, ce n’est pas le cours qui monte, c’est sa montée, sa descente. On pense que la tendance actuelle est une tendance normale. Et il n’y a pas de raison de penser à attendre 2026 ».

Le second volet porte sur le timing interne du groupe. « Cette idée d’introduction en Bourse, c’est une idée qui n’est pas nouvelle. On s’était donné rendez-vous il y a 15 ans. On se parlait déjà il y a 15 ans. Il faut rappeler qu’en 2007, SGTM avait eu un visa. […] Le timing, la perfection n’existe pas. Il existe des moments opportuns. Je pense que le timing est bon pour le secteur, pour la bourse marocaine. Notre économie est en croissance », explique Hamza Kabbaj, directeur général de SGTM.

« Il y a une solidité macroéconomique de ce qui se passe dans notre pays. On ne surveille pas la solidité d’un pays à ses variations quotidiennes du marché. Nous, on est convaincus de la solidité des fondamentaux de l’entreprise et du pays. Je pense que le timing est excellent. La société a mené des chantiers structurants en termes de restructuration interne, organisationnelle, capitalistique et autres. Justement, pour se préparer à ça, je pense qu’en termes d’être prêts, ils sont prêts », explique M. Berrada.

Quelques chiffres et prévisions de SGTM

À fin 2024, SGTM disposait d’un carnet de commandes de 16,5 MMDH. Entre janvier et mai 2025, ce volume s’est renforcé de 20,4 MMDH, portant le total à 37 MMDH. Sur cette base, 100% du chiffre d’affaires prévu en 2025 est déjà sécurisé. Cette part passe à 72% en 2026, 46% en 2027 et encore 23% en 2028.

Ce fonctionnement reste naturel pour une entreprise de construction, puisque les projets s’exécutent sur plusieurs années et s’éteignent progressivement à mesure de leur livraison. À partir de 2029, les revenus provenant des contrats actuellement signés arriveront à leur terme, ce qui est inhérent à la nature même de l’activité.

Pour les années suivantes, les prévisions reposent sur un pipeline additionnel de 15 MMDH par an de projets qui doit prendre le relais du carnet actuel.

L’entreprise anticipe une continuité de l’activité et une croissance en phase avec les tendances macroéconomiques du secteur.

Visibilité après 2028

« Le fait que notre carnet de commandes porte jusqu’en 2028 est lié au fonctionnement intrinsèque d’une entreprise de construction. Le carnet de commandes est fait de projets à livrer. On sécurise au fil de l’eau ».

« La visibilité, je crois qu’en 2028, est déjà exceptionnelle. Les projets continuent à sortir. Il y a un pipeline de projets, comme je le disais tout à l’heure, de près de 1.000 milliards d’investissement public prévus à l’horizon 2031. La SGTM aura sa part de marché pour ces 1.000 milliards, qui généreront un carnet de commandes complémentaire et qui sera mis à jour au fil des exercices. C’est un coup de transparence pour démontrer qu’il y a une solidité de la capacité à exécuter et à gagner des affaires. On n’est clairement pas dans une vision de ralentissement de 2028. Ce n’est pas du tout notre narratif, au contraire. Nous, on pense que 2030 est un point de départ et non une ligne d’arrivée », explique Hamza Kabbaj.

« Ce n’est pas du tout notre narratif. Au contraire. Nous, on pense que 2030 est un point de départ et non une ligne d’arrivée« , ajoute-t-il.

Gestion du BFR : avance de démarrage, préfinancement et innovation

Sur le pilotage du BFR, le management apporte une réponse très détaillée. « Dans les 37 MMDH, il y a des contrats, une partie importante, où les conditions contractuelles nous donnent une avance au démarrage. Cette avance au démarrage est essentielle pour pouvoir justement assurer les besoins en BFR », explique Hamza Kabbaj. « Malheureusement, elle n’est pas généralisée parce que d’autres contrats ne l’ont pas. Cela nécessite un peu plus d’ingénierie et un peu plus d’agilité ».

« Quand il y a un grand projet qui contractuellement ne donne pas d’avance au démarrage, on a structuré des outils de financement avec nos partenaires bancaires ou autres. Le schéma classique, c’est un préfinancement bancaire. La banque, sur la base du contrat, nous donne une ligne de financement qui permet de financer le BFR de démarrage ».

« On a innové sur d’autres projets, notamment sur le port de Dakhla, où on a introduit ce qu’on appelle project bond. C’est-à-dire qu’on émet une obligation sur le marché qui permet de lever des fonds pour faire face à ces besoins de BFR de démarrage ».

« Les capitaux propres et une partie sur l’endettement fournisseur… nous donnent une structure financière saine et permettent de faire face à ces grands besoins en BFR ».

Stratégie Afrique : prudence mais présence affirmée

« J’ai dit qu’on était prudent, mais ça ne veut pas dire qu’on n’y est pas. On est présent dans 7 pays… Chaque pays a ses réalités politiques, économiques », explique le DG.

« La prudence vient du choix d’aller sur des projets qui sont backés par des organismes de financement internationaux pour ne pas prendre un risque de paiement, de mettre l’entreprise dans des difficultés ».

« La façon d’y faire face… c’est de nous structurer nous-mêmes et d’apporter une certaine forme de financement qui accompagne certains projets… pour une présence plus importante dans les pays où nous sommes, voire opportuniste sur des pays où nous ne sommes pas ».

Différenciation concurrentielle : intégration, expertise et EPC industriel

Enfin, sur ce qui distingue SGTM de ses concurrents : »Vous savez qu’on peut vite faire l’amalgame et dire que toutes les boîtes de construction sont pareilles. Mais la spécificité de SGTM, c’est la présence… d’une véritable équipe spécialiste ».

Puis : »Nous sommes l’entreprise la plus intégrée du secteur. Nous ne dépendons pas d’un écosystème sur des sujets techniques… les fondations spéciales, levage important, la fabrication d’une charpente métallique… Aujourd’hui, c’est un groupe intégré. Cette intégration nous différencie du secteur », explique M. Kabbaj.

SGTM est la seule entreprise marocaine à avoir construit des unités industrielles, y compris le process technologique… de livrer une usine de ciment, de livrer une usine d’engrais à 100% des compétences nécessaires ».

« C’est un élément extrêmement important dans le Maroc qui arrive… Les grands donneurs d’ordre veulent passer par des EPC stratégiques. Et je pense que SGTM est en train de devenir l’acteur incontournable de ce genre de montage ».

Détails de l’opération et modalités de souscription

Le montant maximal de l’opération est fixé à 5,04 MMDH, correspondant à la mise sur le marché de 12 millions d’actions.

Le prix d’introduction de référence est de 420 DH par action, mais deux types d’ordres bénéficient de décotes importantes : 340 DH pour les salariés (type I) et 380 DH pour les investisseurs particuliers et certaines personnes morales (type II).

La période de souscription s’étend du 1er au 8 décembre 2025 à 15h30, et la première cotation est prévue pour le 16 décembre 2025.

L’opération se déroule sous la forme d’une offre à prix ferme, et les actions seront admises sur le marché principal, compartiment A, sous le ticker GTM.

L’offre est structurée autour de quatre types d’ordres, chacun ayant ses propres conditions, prix et plafonds.

« Institutionnaliser l’entreprise pour la pérenniser »

L’introduction en Bourse de SGTM poursuit plusieurs objectifs structurants qui s’inscrivent dans la continuité de son développement.

L’un des premiers enjeux consiste à institutionnaliser l’entreprise. En ouvrant davantage son capital et en associant de nouveaux partenaires à sa trajectoire. Cette ouverture doit permettre à SGTM de consolider sa gouvernance et d’asseoir durablement son modèle.

L’opération vise aussi à renforcer la notoriété du groupe et à le rapprocher des investisseurs institutionnels comme du grand public. L’introduction en Bourse constitue ainsi une étape déterminante pour élargir sa visibilité et affirmer son positionnement sur le marché marocain.

SGTM cherche par ailleurs à poursuivre et intensifier la logique de transparence et de performance qu’elle déploie depuis plusieurs années. La cotation vient formaliser cette démarche en instaurant des exigences accrues en matière d’information financière et de gouvernance.

Un autre objectif essentiel est d’accroître l’agilité financière du groupe. L’accès direct au marché des capitaux doit faciliter le recours à des financements externes, optimiser les coûts et offrir à SGTM une capacité renforcée à accompagner ses projets futurs. Cela s’inscrit dans une volonté plus large de disposer d’outils de financement plus flexibles, notamment dans un secteur où la taille et la rapidité d’exécution sont déterminantes.

L’opération permet également d’offrir de la liquidité aux actionnaires actuels, tout en ouvrant la porte à une base actionnariale élargie. Enfin, SGTM souhaite associer ses salariés à la dynamique de l’entreprise et partager avec eux la création de valeur, dans une logique d’engagement et de motivation à long terme.

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Une introduction en bourse en préparation, confirme le directeur général de SGTM

Selon les informations recueillies par Médias24, le groupe SGTM prépare une introduction en bourse. Si elle se concrétise d’ici la fin 2025, il s’agirait de la troisième IPO de l’année sur le marché casablancais.

Dans un entretien accordé à Médias24, le directeur général du groupe, Hamza Kabbaj, confirme qu' »il y a effectivement une réflexion en cours, et elle avance bien. […] Ne pas envisager cette option serait, à mon sens, une erreur de management ».

En bourse, le secteur du BTP est représenté par l’indice « MASI Bâtiment et Matériaux de Construction », qui regroupe huit valeurs cotées, dont TGCC et Jet Contractors. L’arrivée éventuelle de SGTM en bourse viendrait renforcer la présence du secteur sur le marché casablancais et offrir une nouvelle profondeur à cet indice sectoriel.

« Notre chiffre d’affaires poursuit une progression soutenue. En 2024, il s’établit autour de 11 milliards de DH, contre 8,5 MMDH en 2023, soit une croissance d’environ 30% en une seule année », indique le directeur général.

SGTM anticipe un chiffre d’affaires proche de 14 MMDH en 2025, tandis que son carnet de commandes, qui avoisinait 34 MMDH à fin septembre 2025, témoigne selon lui de la solidité de sa position sur le marché et de la diversification croissante de ses activités.

Le secteur du BTP profite actuellement d’une forte dynamique d’investissement public et privé, alimentée par les grands projets d’infrastructures et les chantiers liés à la Coupe du monde 2030.

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